Lucy trébucha sur une pierre et s'écorcha le genou. Elle se releva avec une grimace, comme si elle avait besoin d'une égratignure en plus. Des dizaines de coupures faites par l'éclat des vitrines des magasins lui parcouraient le corps. Par on ne sait quel miracle, elle n'avait rien de plus grave. L'image des cadavres d'Erza et Kagura, tordus dans tout les sens, lui fit ravaler un sanglot. Qu'est ce que les habitant de Seattle avait fait pour mériter ça ? Une petite main serra la sienne. Elle rencontra le regard bleu de son frère, qui avait un pansement de fortune sur l'arcade sourcilière. Lui aussi était un miraculé. Tout ça grâce à Natsu.
Le regard de la blonde se porta sur le jeune homme qui marchait à un mètre devant. Lorsque tout s'était mit à trembler, tout le monde avait paniqué et Lucy avait perdu Sting de vue. Elle avait vu Erza et Kagura percuter par un bus devenu fou, et comme bien des gens étaient restée au sol alors que du verre lui pleuvait dessus. Du coin de l'œil, elle avait vu son petit frère, perdu au milieu de la foule. Les poutres qui soutenaient la verrière menaçaient de céder et il se trouvait juste en dessous. Elle avait voulu hurler, lui dire de se sauver, mais aucun son n'était sortit de sa gorge que déjà un jeune homme courrait vers l'enfant et le balançait sur son épaule pour traverser l'allée à toute vitesse. L'instant d'après, des tonnes de métal s'effondraient à l'endroit où ils étaient une seconde auparavant. Le bruit assourdissant avait rendu sourde la blonde pendants quelques secondes, et quand elle avait enfin retrouvé l'ouïe, elle avait entendu Sting l'appeler. Sans noter que la secousse était terminée, elle s'était levé et avait rejoins les deux garçons, étreignant son frère et inondant de remerciement son sauveur.

Celui-ci lui avait dit s'appeler Natsu. Ils avaient décidé de rester ensemble pour sortir de la ville, et le jeune homme les guidait au travers de la ville en ruine. D'autres survivants, comme eux, prenaient la direction du nord de la ville. Plusieurs hélicoptères passaient en trombe au dessus de leur tête, et une colonne de fumée noire s'élevait au loin. Un incendie.

- J'en peux plus de marcher, gémit Sting. J'ai mal à la cheville.

Natsu leur jeta un regard et s'arrêta, étudiant les alentours. Il désigna un building à quelques rues de là.

- On va s'arrêter là bas. Il doit y avoir de quoi manger et boire, et si le p'tit peu pas marcher sa sert à rien de continuer à avancer. On se repose deux trois heures et on continue. Ça vous va ?

Elle hocha la tête. Elle aussi était exténuée. Au pied de l'immeuble, ils n'eurent aucun mal à s'imaginer la fuite des employés. La porte était défoncée, la plupart des vitres brisées, la façade fissurée. Pas très accueillant. Ils s'avancèrent dans le hall, désert et relativement en bon état. Sting s'effondra aussitôt dans un des fauteuils et se roula en boule comme un chat. L'instant d'après, il dormait. Pauvre gamin. Après s'être assuré qu'il dormait, sa sœur passa derrière le comptoir de l'accueil et fouilla entre les dossiers pour trouver quelques choses d'intéressant. Victoire ! Une trousse de secours et deux bouteilles d'eau. Un peu revigorée, elle fit signe à Natsu de s'assoir sur le comptoir. Il avait une méchante coupure dans le cou et son poignet était bien enflé, surement une entorse.

- Relève la tête, ordonna-t-elle.

Il s'exécuta et grimaça quand elle versa le désinfectant sur sa plaie.

- Ça pique, protesta-t-il.

- Ne fait pas l'enfant, le gronda gentiment la blonde. Il ne vaut mieux pas que sa s'infecte, croit moi.

Elle appliqua une compresse et scotcha le tout, avant de s'occuper de ses propres égratignures. Natsu regardait Sting d'un air pensif. Est-ce que son frère à lui savait où il était ? Etait-il inquiet ? Surement. Il savait que Natsu avait emménagé à Seattle quelques semaines plus tôt, même s'il n'était pas encore venu le voir. Quand à son père... Il devait être fou d'inquiétude à cette heure, bloqué à San Francisco.

- Il a quel âge ? Demanda le jeune homme en désignant le garçonnet.

- Dix ans, répondit la blonde. J'ai que lui maintenant, murmura-t-elle. Notre père est trop occupé par son boulot pour s'occuper de nous et ma mère... C'est mon demi-frère, en fait. Mon père c'est remarié avec sa mère quand j'avais huit ans. Et neuf mois après... Pouf, un bébé Sting.

Natsu sourit.

- Et toi ? Des frères et sœur ?

- Un grand frère. Lui et mon père vivent à San Francisco. Sa copine est enceinte – à mon frère, pas le daron. Ne petite fille, apparemment. C'est prévu pour dans un mois.

- C'est chouette ça, sourit la blonde en débouchant une bouteille d'eau.

Comme s'était étrange de discuter normalement, alors que des milliers de gens venaient de mourir, qu'ils étaient blessés et que le monde tombait en ruine. Là, dans ce hall de building plein de poussière, un petit espace de bonheur avait réussi à naître au milieu du chao. Ils échangèrent un sourire. Et encore une fois, les dieux décidèrent de les punir.
La terre se remit brusquement à bouger. C'était bien moins fort que la deuxième secousse, mais suffisant pour se faire détacher ne plaque du plafond. Elle tomba à un mètre des deux adolescents. Natsu attrapa Lucy par le bras et la força à s'agenouiller sous le comptoir. Sting, réveillé en sursaut, se redressa et trébucha aussitôt.

- Met toi sous la table ! lui cria Natsu pour couvrir le bruit du tremblement.

Chancelant, le petit garçon lui obéi en serrant contre lui un des coussins du fauteuil. Après la secousse monstrueuse qu'ils venaient d'essuyer, celle-ci leur semblait ridicule, mais Lucy pensa au pauvres gens dehors qui voyait l'enfer revenir. Elle se sentait si mal qu'au début, elle pensa imaginer les voix et les cris. Ce fut quand Natsu releva la tête qu'elle comprit qu'elle ne rêvait pas.

- Dépêchez-vous !

- Par là !

Abasourdis, ils virent apparaitre du coin de la rue toute une bande d'ados paniqués. Deux d'entre eux en portaient un troisième qui était pâle comme la mort. Leurs mains étaient pleines de sang. Une jeune fille soutenait une espèce de punk qui avait du mal à marcher, et une autre tenait par la main un petit garçon qui tenait serré contre lui une peluche défoncée. Un type avec une manche de veste enroulée autours de la tête fermait la marche. Sans réfléchir, les deux occupants du hall sortirent le leur cachette pour venir leur prêter main forte. Natsu attrapa l'autre épaule du punk et d'un regard avec la jeune fille ils foncèrent vers le building. Lucy attrapa le garçonnet et fit signe a la fille au bras cassé de partir devant pendant qu'elle attendait le type à la veste. Un poteau tomba juste derrière celui-ci et il fit un bond de trois mètres. Lorsqu'elle rentra dans le hall, les deux type avaient allongé le blessé sur le comptoir et tentaient d'arrêter le flot de sang qui s'écoulait de son ventre. Elle posa le garçon et vit du coin de l'œil son frère le rejoindre. La terre avait cessé de trembler, mais personne n'y faisait attention. Le blond – celui qui avait le visage en sang – tentait de réanimer son ami.

- Allez, Bix, respire, fait pas le con !

Le jeune homme restait immobile, pâle comme un cachet d'aspirine. Il ne respirait déjà plus. L'autre refusait de voir la vérité en face. Une larme salée coula le long de ses joues couvertes de poussières.

- Ça ne sert à rien, murmura Lucy en posant une main sur son épaule. Il a perdu trop de sang. J'suis désolée.

Le blond la regarda avec un air perdu, et il se laissa glisser au sol, la tête dans les mains. Le punk s'assit, le souffle court. Le bandage qui entourait sa jambe était poisseux de sang. Le silence s'installa, mal à l'aise. Au final, Natsu enleva sa veste et recouvrit la tête du jeune homme qui venait juste de mourir sous ses yeux, sans qu'il ne puisse rien faire. Son ami blond semblait complètement anéantit. La plus grande des jeunes filles fit les présentations. Le gamin à la peluche était donc le petit frère du punk éclopé de la jambe, et les deux garçons que tout opposait étaient également frères. Son propre frangin lui manqua soudainement beaucoup plus.

Le type avec les cheveux blancs –Leon- avisa la trousse de secours, le désinfectant et les bandages.

- On peut s'en servir ?

- Bien sur, répondit Lucy.

Elle s'approcha de la jeune fille au bras cassé. Il était enflé comme jamais et un bleu noir s'étendait sous la peau.

- Qu'est ce qui t'es arrivé ?

- Coincée dans une voiture. On ne peut rien faire pour l'instant, malheureusement... toi ?

- Vitrine de magasin.

- Ouch. T'a eu de la chance de ne pas finir comme Gajeel, murmura-t-elle. Sa jambe est en charpie.

La blonde hocha la tête, regardant Natsu et Leon s'affairer autours des blessés. Luxus restait assis et ne releva même pas la tête quand Jubia s'accroupit près de lui pour désinfecter la coupure qui lui barrait le visage. Les deux enfants discutaient à voix basse.

- Vous avez essayé de monter ? Demanda Gajeel en levant les yeux au plafond.

- Non, on vient juste d'arriver. Mais je pense que les escaliers sont bloqués vers le dixième, répondit Lucy. L'étage à l'air effondré.

- On cherchait une borne relai pour le réseau, lui appris Levy. La mère de Jubia à un hélico.

- Doit y'en avoir une dans les étages inférieur, réfléchit Natsu. On aura peut être pas besoin de monter sur le toit.
Grey hocha la tête. Il ne se sentait pas du tout de monter vingt étages sans ascenseur, sans même parler de Gajeel ou de Luxus, qui semblait en état de choc. Ce n'était pas surprenant. Ils venaient de vivre l'apocalypse et le blond avait perdu ses deux meilleurs amis en l'espace de quelques heures. Il pensa à sa tante Ul. Est-ce qu'elle était toujours en vie ?

- Il faut qu'on explore tout les étages pour trouver une borne relais.

- J'suis pas sure que Gajeel pourra tous les monter...

- Te bile pas pour ça, crevette. Si faut que j'monte, je monterais.

- Pas besoin, regardez !

La voix de Rogue fit s'interrompre tout le monde. Il était passé derrière le comptoir avec son nouvel ami et désignait une prise dans le mur. Une prise téléphone. Et donc, une prise terrestre...

- Rogue, t'es un génie, souffla Grey.

Le garçonnet sourit et tendit le combiné à Jubia. Elle composa aussitôt le numéro de portable de sa mère. Le silence se faisait tendu dans la pièce alors que le téléphone sonnait. Et enfin, une voix féminine décrocha.

- Allo, maman, c'est Jubia !... Oui, oui, ça vas, je n'ai rein, je suis avec Leon et Grey, ils n'on rien non plus ! Oui, on et blessé mais ça va, rien de grave... On est dans un immeuble au nord de Seattle, le Horney Building, avec d'autres gens... Est-ce que Macao peut venir nous chercher ? On a plusieurs blessés et on arrivera jamais à traverser la ville !... Mm... Oui, je sais... On est... On est 9... Dans combien de temps ?... Oui d'accord, j'ai comprit, on monte sur le toit, Mac' nous récupère là, oui, merci maman, tu nous sauve la vie ! ... Oui, moi aussi je t'aime, au revoir maman !

Elle se tourna vers les autres, des larmes plein les yeux et un grand sourire aux lèvres.

- Macao est déjà en route pour Seattle. Il vient nous chercher !

Explosion de joie dans le hall du building. Ils étaient sauvés ! Fini les morts, fini les tremblements, fin la peur, ils allaient enfin pouvoir sortir de cette enfer ! Même Luxus eu un sourire à travers ses larmes. Natsu ébouriffa les cheveux du petit Rogue. Ce gosse était un génie ! Sting fit un câlin monstre à sa grande sœur. Par-dessus son épaule, il vit quelque chose qui attira son attention derrière la baie vitrée. Il se détacha de sa sœur –qui sauta sur Levy- et s'avança vers le verre jusqu'à ce que son nez l'effleure. Une fine ligne s'élevait au dessus de l'océan.

- Lucy ? C'est quoi ça ?

Intriguée, la jeune blonde se détacha de Levy et s'approcha de la baie vitrée. Son visage se peignit de la plus profonde des horreurs. La panique lui bloqua la gorge et elle ne réussit qu'a souffler quelque mots.

- C-c'est un... un tsunami...