Titre : In White, Red and Pain
Rating : K+ ou T
Characters : Arthur Kirkland (England)
Oui, j'ai mis énormément de temps à sortir ce texte, mais syndrome de la page blanche, cours, tout ça tout ça… Je ne promets pas qu'il y en aura un autre bientôt, mais e planche sur d'autres projet, donc j'espère être un peu plus protective ! Review, vous connaissez la chanson, tschuss !
Blanc.
Tout blanc.
Tout était blanc.
Les murs, le sol, le plafond, les meubles, les gens…
Tout était blanc sauf lui.
C'était normal. Il ne pouvait pas être blanc avec autant de sang sur les mains. Ca ne part pas, le sang. Ca tâche à vie. On a l'impression que ce n'est plus là, mais on ne réussit jamais vraiment à s'en, débarrasser. On fait semblant de ne rien voir parce que c'est plus facile. Et puis il suffit d'un souvenir, d'une phrase, d'un geste, et on se souvient. On se souvient qu'on a tué, qu'on a vu des gens mourir, qu'on n'a rien fait pour empêcher ça, que parfois, on était même la personne qui avait orchestré tout ça. On vit avec. On le pense. Et puis un jour, ça vous revient en pleine face, on ne vit pas, on survit seulement, on essaye.
-Monsieur Kirkland ?
Il ne releva pas la tête, fixant ses mains. C'était facile de faire semblant d'aller bien. Un sourire, un semblant de discussion, et les gens pensaient que tout allait bien. Vraiment facile. Il y avait les sentiments contradictoires, la douleur morale et physique, l'impression de n'être rien, d'avoir fait plus de mal que de bien, de n'être utile pour personne, de pouvoir disparaitre sans manquer à personne… C'était horrible, et on n'en montrait jamais rien, parce que les autres ne devaient pas savoir, il fallait toujours faire semblent, et s'était lassant, usant, tellement fatiguant… On s'enfermait peu à peu dans sa solitude. On s'y faisait, cela dit. Il suffisait de se dire qu'on n'avait pas besoin des autres, et que les autres n'avaient pas besoin de nous. Facile, ça aussi. Ca marchait un temps.
Pourquoi tout était-il aussi blanc…
-Le médecin va bientôt arriver, vous devriez prendre vos médicaments, ça calmera la douleur…
Cet homme était agaçant à lui parler. Il ne savait rien. On ne calmait pas une douleur pareil, les antidouleurs arrêteraient seulement la brûlure dans son bras droit, rien de plus. Ce n'était pas de ça dont il avait besoin. Cette douleur là, il savait la gérer. Ce n'était pas de ces plaies là qu'il voulait qu'on s'occupe. Mais il ne pouvait pas le dire, pas en parler, il fallait faire semblant, encore et encore, il savait faire, il n'y avait pas de problème… Il devait juste continuer d'ignorer cet infirmier, et tout irait bien. Bientôt il sortirait de cet hôpital et il devrait mentir de nouveau au monde entier. Tellement fatiguant…
Et tout ce blanc, autour de lui, ça l'agaçait. Ca faisait ressortir le sang sur ses mains, ce sang qu'il semblait être le seul à voir. Un rouge qui détonait, qui attirait l'attention, et qu'on ne pouvait pas effacer. Un rouge vif. Un rouge sang.
Il avait mal à la tête. Encore. Habitude. Son dos aussi lui faisait mal. Son bras. Mais il ne prendrait pas les antidouleurs. Il valait mieux que ça. Il pouvait supporter la douleur, il n'était pas faible, il était puissant, il pouvait… Dieu, ça faisait tellement mal…
Un faisceau de lumière passa devant ses yeux, et il releva lentement la tête pour croiser le regard du médecin, qui pointait une petite torche devant ses pupilles.
-Bon réflexes pupillaires… Finit-il par marmonner.
Il le laissa faire. Il le laissa le toucher pour vérifier qu'il n'avait rien de cassé, le laissa retirer le lourd bandage qui entourait son bras droit, le laissa lui en refaire un, le laissa marquer des choses dans son foutu dossier… Tout ça serait bientôt finit. Après tout, il guérissait vite, c'était l'avantage de ne pas être humain. Il prenait les chocs physique, la douleur restait, mais les plaies se refermaient rapidement.
-Vous pourrez sortir ce soir. Vous avez énormément de chance de ne pas avoir été plus blessé que ça. Vous auriez pu y rester. Vous avez quelqu'un pour venir vous chercher.
Il haussa les épaules. De toute façon, d'ici là, il pourrait bouger seul. Le médecin ne dit rien et quitta la pièce. Tellement facile. Il fit basculer sa tête en arrière, contre l'oreiller, et fixa le plafond. Blanc. Personne ne viendrait le chercher de toute façon. Les autres ne s'inquiéteraient pas. Il était une nation, il guérissait plus vite, donc être blessé n'était pas une raison suffisante pour que ses semblables s'inquiètent. C'était peut-être normal. Personne ne viendrait le chercher. On se moquerait gentiment de lui à la prochaine réunion, sans savoir à quel point il souffrait, combien il était las de tout ça, épuisé de devoir lutter en permanence. Ca faisait mal.
Une larme solitaire coula sur sa joue.
Après tout, Arthur avait l'habitude d'être seul. Ce n'était pas comme si c'était grave de monter dans une voiture piégée et de se voir presque arraché le bras. D'autres larmes coulèrent silencieusement, mais il resta impassible, les yeux vides.
Et tout était beaucoup trop blanc.
