La suite... enfin! J'ai réussi à atteindre le PC, malgré la montagne gigantesque de dossiers/livres/devoirs/rapports qui s'accumulent sur mon bureau. Ca n'a pas été sans mal! (arfarf... totalement essouflée... ) Acte 3, donc, où l'on découvre enfin le châtiment de Bélial... quoique... je ne sois pas sûre qu'il soit vraiment dévoilé de façon eplicite, ce châtiment... À vous de juger!
Ephemersis: achevé le chapitre précédent de cette façon, et de t'avoir fait souffrir... (sniiiif...) Mais ne t'inquiète pas: voici la suite. Je te promets que Bélial ne va pas s'en tirer à si bon compte... (niark!) Non, ce ne sera pas un châtiment violent... quoique... c'est une sorte de violence psychologique que Lucifer va faire peser sur elle. J'ai bien réfléchi à ton idée: Lucifer s'offrant à Bélial de son plein gré; elle, totalement dégoûtée... intéressant. Je crois que je vais gardé cela en réserve, pour la deuxième partie de cette fic. Pour l'instant... disons que Bélial vera son "amour" satisfait. Mais hélas, elle ne sera, encore une fois, qu'un jouet... J'espère que cette suite te plaira! À très bientôt!
Cruel Amour
Histoire d'une pauvre folle.
" Ta perversité n'a d'égale que ta folie. Tu es une aberration de la Création, une erreur démentielle qu'il faut éradiquer "
Acte III :
Une pièce sombre aux lourdes draperies de soie. Dans le fond, un âtre de marbre où ronflait un feu rougeoyant ; un fauteuil à haut dossier, symbole de pouvoir. Des tapis chatoyants, écarlates, émeraude. Un plafond perdu dans l'obscurité, des colonnades de marbre supportant les lourdes voûtes de pierre. Adossé à un mur, un immense miroir rectangulaire, au cadre d'argent ciselé avec finesse. Des rayonnages de livres rares, grimoires anciens recelant de redoutables secrets. Et des milliers de bougies, en guise d'éclairage...
Elle y pénétra avant lui, et il referma la porte sur eux. Progressivement, ses yeux s'habituèrent à la pénombre ambiante. Avec un calme froid, il s'assit sans un mot dans l'imposant fauteuil, son regard de jais rivé sur elle. Tremblante, elle se balançait d'un côté de l'autre. Que voulait-il ? Cela ne lui ressemblait pas. Elle n'osait pas relever la tête ; elle attendait, anxieuse. La voix glacée lui vrilla délicieusement les tympans :
« - Je croyais pourtant avoir été clair, Bélial.
Elle frémit de plaisir en l'entendant prononcer son nom. Il n'y avait qu'entre ses lèvres que ce mot maudit déployait toute sa morbide perversité. Enhardie, elle lui fit face, en lui adressant un sourire aguicheur, insolent :
« - Votre Majesté avait l'air si attendrissante. Je n'ai pas pu retenir mon geste...
Le regard glacé qu'il lui adressa hérissa sa peau. Elle savait qu'elle n'aurait pas du... mais il était trop tard. Elle n'avait plus rien à perdre. Elle s'approcha de lui, poussant l'affront jusqu'à effleurer sa joue, une main posée sur son torse.
« - Les fous défient toujours les interdits, n'est-ce pas... ?
Sa voix n'était qu'un murmure chaud, pressant. Le désir la consumait lentement, sans qu'elle puisse lutter.
Il resta immobile, silencieux. Il la regardait sans la voir ; ses yeux transperçaient la frêle carapace de sa peau.
« - Tu as raison, susurra-t-il. Tu n'es qu'une pauvre folle...
Un grand frisson la parcourut. Ce ton, elle le connaissait. Elle l'adorait, et le haïssait. C'était la voix de la vérité, la voix du mépris et de la haine, de la colère et de la peine. La main insolente remonta sur la gorge de Lucifer, et elle soupira en sentant enfin la douceur de la peau sous ses doigts.
« - Une pauvre folle... à qui j'avais interdit de me toucher.
Brusquement, elle fut plaquée contre un mur. Prisonnière d'une force terrifiante, elle suffoquait. L'emprise implacable de son Seigneur l'empêchait de bouger. Son corps, aussi fragile qu'une aile de papillon, menaçait de se briser. Le souffle court, elle gémit de douleur. Mais elle lui tenait tête, ne lâchant à aucun moment son regard. Cette douloureuse promiscuité la ravissait, en réalité. Elle humait par à-coups son odeur enivrante, s'émerveillait de la douceur de la chevelure qui caressait son front. Le visage de son Maître n'était qu'à quelques centimètres du sien ; elle aurait aisément pu y déposer un baiser, si seulement elle avait pu bouger.
« - Pour qui te prends-tu... ? Tu n'es rien, Bélial... rien. Une poussière insignifiante, une ordure abjecte et repoussante. Ta perversité n'a d'égale que ta folie. Tu es... un papillon aux ailes brisées, s'offrant au premier venu, dévoilant son corps, jouant de ses charmes pour emprisonner ses proies. Et tu les rejettes ensuite ; tu les empales sur une pique et tu les regardes lentement agoniser. Cela te réjouit. Jamais tu n'aurais dû voir le jour. Ni homme, ni femme, tu es une aberration de la Création, une erreur démentielle qu'il faut éradiquer. Tu me dégoûtes.
Avec une froide violence, il saisit sa gorge frêle et serra, lentement. Les mots se plantaient dans son cœur, plus cruelles qu'un millier d'épine de glace. Elle tremblait de plaisir, de désir, de jouissance. C'était si bon de se sentir méprisée par lui. Elle aimait les insultes écarlates qui coulaient sur sa peau ; elle aimait cet homme qui la haïssait. Malgré la douleur, elle poussa un gémissement de contentement. Dédaigneux, il relâcha son étreinte et s'éloigna d'elle. Immobile contre le mur, elle ne fit aucun geste pour le retenir. Son chapeau haut-de-forme tomba au sol avec un bruit mat. Il lui lança un dernier regard glacé.
« - Tu es pathétique.
Il fit volte-face, dans un claquement de tissu et ouvrit la porte, prêt à sortir.
C'est tout! Votre avis? cet acte était-il à la hauteur de vos attentes? Pour la suite, un peu de patience. Vous découvrirez bientôt ce qu'il va advenir de notre cher Chapelier...
Bisouxxx baveux à toutes et tous!
