Note : Et voilà la clôture de cette petite fic, idée en l'air que j'avais besoin de "coucher sur le papier". En espérant que ça vous ait plu !


Septième jour

Jeanne priait. Toute seule, perdue dans la plantation de la vallée, que pouvait-elle faire d'autre ? Elle était à genoux, elle n'avait pas froid, mais cela faisait plusieurs heures qu'elle était dans cette position et ses muscles commençaient à lui faire affreusement mal. Pourtant, elle ne desserrait pas ses mains jointes.

Yoh et les autres, s'ils réussissaient, s'ils « sauvaient » Hao… Est-ce que les rêves de Tamao pouvaient se réaliser ? Jeanne avait tellement envie d'y croire, elle aussi.

Ça avait dû être dur, pour Tamao, de ne pas pouvoir venir sur Mû avec eux. De les regarder partir, Hao et elle, sans savoir ce qui allait se passait. Jeanne arrivait à l'imaginer car elle avait eu l'impression qu'une part d'elle se déchirait quand elle avait laissé les cinq soldats continuer sans elle. Ne plus pouvoir agir, rester sans savoir, être impuissante… Totalement impuissante.

Brusquement son cœur fit une embardée dans sa poitrine. Elle sentit sa gorge se serrer, commença à manquer d'air pour respirer. Cette sensation, ce sentiment, est-ce que… Etait-ce cela, le réveil du roi ?

Les lumières de la plantation s'éteignirent brutalement autour d'elle. Elle sentit des âmes passer dans le monde des esprits. Beaucoup d'âmes. Et un sentiment de solitude et de tristesse l'envahit, presque suffocant. Mais ça ne venait pas d'elle, ce n'étaient pas ses pensées.

- Il n'y a plus de doutes, il est réveillé à présent, chuchota-t-elle. Hao.

Elle sentit une douce chaleur l'envelopper et elle eut juste le temps de penser que tous leurs espoirs étaient vains avant de mourir.

Jeanne chercha Tamao au milieu de la foule de shamans sur la plage. Ils riaient, plaisantaient, se tapaient sur l'épaule, tombaient à genoux sur le sable, éclataient de joie… L'ambiance était au beau fixe, apparemment.

Elle finit par trouver Tamao, ou plutôt Tamao finit par la trouver et l'appeler d'une petite voix. Jeanne se précipita dans sa direction et s'arrêta juste devant elle, ne sachant plus quoi faire. Elles étaient toutes près, quelques centimètres, tout au plus, alors elles s'enlacèrent, front contre front, en se serrant fort les mains.

- Il est… parti ? demanda Tamao d'une voix hésitante.

- Oui, confirma Jeanne d'une voix triste. Mais il est heureux et…

Jeanne plissa les yeux.

- Il va me manquer, réalisa-t-elle en redressant un peu la tête.

Tamao lui retourna un sourire triste.

- À moi aussi.

Elle n'avait pas fini ses mots que le sable s'effrita sous les deux jeunes filles qui s'enfoncèrent de plusieurs centimètres dans le sol.

- Qu'est-ce que…

Jeanne regarda le sable, surprise, qui commençait à les avaler petit à petit.

- Seigneur Maiden !

Lyserg accourut près d'elles.

- Ce sont des sables mouvants, dit-il. Mais ne vous inquiétez pas, on va vous sortir de là. Veillez juste à ne pas trop vous agiter. Horo-Horo, reste avec elle.

Et tandis que Lyserg repartait chercher Yoh et ses pouvoirs de la Terre, Horo-Horo se mit à examiner le sable en grognant que, franchement, ce n'était pas de chance.

- Shamash, appela Jeanne.

Elle avait sûrement récupéré suffisamment de furyoku pendant tout le temps qu'elle avait attendu dans la plantation de la vallée pour être capable de les sortir de là par le haut, non ? Elle se rendit assez vite compte que non, mais elle n'était pas sûre que ce soit le manque de furyoku qui soit le seul responsable de sa déconfiture.

- En fait… il est partout autour de nous, murmura Tamao tout bas à côté d'elle.

Effectivement, il était un peu partout autour. Et si Jeanne ne se trompait pas sur ce que voulait dire Tamao, elle retirait ce qu'elle avait dit précédemment. Hao n'était pas près de leur manquer.