Je ne l'avais pas précisé : cette histoire se compose de 14 chapitres

Pour savoir de quoi souffre Finch il va falloir patienter jusqu'au chapitre six (mais non ce n'est pas long)

Dédicace aux mousquetaires :

Paige0703, toujours fidèle, Jade181184 (vive l'imagination !), Nourann (merci Lulu !)

Coljayjay (oui Fusco mène l'enquête : ) et Val81(ça remonte le moral)

Merci Daniela pour tes commentaires

Merci CoolMhouse pour ton commentaire. Bienvenue dans cette session, je suis contente que mes histoires te plaisent, je fais de mon mieux !

Bonne lecture…

.

.

-« On prend ma voiture ? » demanda Reese en sortant de l'immeuble.

-« Ok. Je t'indiquerais la route »

-« J'ai lu le dossier. Vous n'avez pas grand-chose, même pas le nombre de voleur »

-« Non. Pas de témoin, pas d'indice suffisamment explicite pour nous renseigner. Je dirais qu'ils sont au moins trois mais sans certitude »

-« Au vu de ce qu'ils emmènent, je pense de même. Et ces types sont visiblement organisés et pointilleux dans la préparation de leurs cambriolages »

-« Sans parler des précautions. Pas la moindre empreinte ou trace quelconque » grogna Fusco.

-« Finch va chercher le lien entre les vols »

-« Ouais. Quand il aura trouvé ce sera plus facile de les démasquer » affirma l'inspecteur.

Son enthousiasme fit sourire son vis-à-vis.

-« Qu'est ce qui t'amuses ? »

-« Toi non plus tu ne doutes pas de la réussite de ses recherches »

-« Pourquoi ? Ça lui arrive de se tromper ? » Ironisa Fusco.

-« Jamais » approuva John avec un certain sentiment de fierté.

-« Et au fait tout va bien ? » demanda Fusco pensant que c'était le bon moment pour lancer le sujet qui le préoccupait.

-« Que veux-tu dire ? » demanda l'ex agent et l'inspecteur nota la brusque tension dans sa position.

-« Ben Finch a l'air bizarre depuis quelques jours. Je le trouve …nerveux » tenta t-il

-« Finch est facilement stressé » répliqua John platement.

-« Il a l'air fatigué aussi » insista Lionel

-« Nous avons eu pas mal de boulot ces derniers temps »

-« Dans ce cas il devrait se reposer un peu »

-« Ca tombe bien, notre nouvelle mission est prévue dans un établissement de repos »

-« J'espère qu'il en profitera » constata Fusco tout en cherchant comment continuer la discussion « Donc tu l'emmènes ? » demanda t-il alors.

-« Contraint et forcé »

-« Appelez-moi en cas de besoin » répondit l'inspecteur se demandant si c'était le fait que son associé allait se retrouver sur le terrain qui avait provoqué la dispute qu'il avait entendu plus tôt.

-« Bien sur. Au moins pour l'arrestation » jugea Reese.

-« Ouais c'est ça. Pour l'arrestation » il jeta un regard en coin à son vis-à-vis. John semblait toujours aussi tendu « Il y a autre chose ! » songea t-il frustré.

Ils arrivèrent sur la scène du dernier cambriolage. John l'inspecta consciencieusement.

-« Du boulot de professionnel » commenta t-il

-« Ouais je confirme »

-« L'alarme ? »

-« Désactivée. Ils l'ont piraté avant. La serrure a été forcée proprement et cela n'a pas dû leur demandé plus de quelques secondes. Ca n'aurait même pas attiré l'attention si quelqu'un était passé à ce moment là. Le plus fort c'est qu'ils n'ont même pas essayé d'ouvrir le coffre ! »

John observa le dispositif.

-« Pourtant le système d'ouverture est assez simple et le plus intéressant devait se trouver à l'intérieur »

-« Justement non ! » précisa Fusco.

-« Pourtant d'après le rapport ils ont emporté des bijoux ? » demanda Reese en se tournant vers lui étonné.

-« Oui et c'est encore un mystère de plus ! Le proprio planquait juste ses bons au porteur dans le coffre, pas le plus pratique à écouler. Il gardait son argent dans le double fonds d'un tiroir de son bureau et sa femme cachait ses bijoux dans un coin du dressing»

-« Ils n'avaient pas confiance en leur coffre ? » se moqua Reese.

-« Ils avaient déjà subit un cambriolage où le coffre avait été consciencieusement vidé. Ils en ont déduits qu'en cas de vol les cambrioleurs s'attaquent toujours au coffre donc ils n'y laissaient pas ce qu'ils avaient de plus précieux. Ils croyaient qu'avec cette astuce ils seraient à l'abri »

-« C'est particulier comme raisonnement mais ça peut marcher »

-« Sauf que là ils ont tout raflé comme s'ils étaient au courant ! La question est comment ? »

-« L'œuvre d'un proche à qui ils avaient confié leurs habitudes ? »

-« A chaque fois on a interrogé l'entourage mais ça n'a jamais rien donné »

-« Etrange » émit Reese perplexe « Est-ce que les autres couples cambriolés avaient ce genre de "particularité" ? »

-« J'en ai remarqué chez deux autre cas mais peut être qu'ils en avaient tous. Je n'ai pas forcement étudié ce sujet avec les premiers. Au départ je ne pensais pas qu'il y aurait une telle série de cambriolage » répondit Fusco.

-« Peut être une piste mais vague tout de même. Il faudrait quelqu'un au courant des habitudes des victimes, en commun sur chaque affaire. Ce qui me parait presque impossible »

-« Surtout que les différentes victimes ne se connaissaient pas. Enfin d'après mes premières recherches » précisa Fusco

-« Nous aurions pu inspecter les autres immeubles. Je regrette de ne pas avoir plus de temps pour t'aider »

-« T'inquiète, toute les scènes sont nettes comme celle-ci. Je pense que les recherches de Finch seront plus efficaces dans un premier temps. Et si j'ai besoin pour l'arrestation tu auras peut être fini ta nouvelle mission ? »

-« Peut être » jugea Reese sans rien ajouter. Ce qui augmenta la perplexité de l'inspecteur. D'ordinaire il aurait obtenu un « Alors Finch est plus intéressant que moi ? » ou un « C'est plutôt Harold que tu préfères ? » Mais rien. Pas un mot. Il se passait vraiment quelque chose. Et il était bien décidé à comprendre quoi !

Ils restèrent encore un peu sur les lieux puis regagnèrent la voiture.

-« Bon on reste en contact. Finch te transmettra ce qu'il trouvera »

L'inspecteur lui jeta un regard en coin puis passa à l'attaque :

-« Ok. Et si je veux de ses nouvelles je l'appellerais directement c'est plus sur »

Reese sursauta.

-« Pourquoi cela ? »

-« Vu que vous êtes en froid… »

L'ex agent se braqua aussitôt.

-« Nous ne sommes pas en froid qu'est ce que tu racontes ? »

-« Vous n'êtes pas détendus non plus » se moqua Lionel. John pinça les lèvres sans répondre.

-« Tu veux des preuves ? » insista Lionel pas décidé à lâcher l'affaire « tu ne l'as pas appelé une seule fois par son prénom depuis que nous sommes en route »

-« Reflexe » marmonna Reese.

-« Et tu n'as même pas fait de réflexion lorsque je t'ai dit que j'avais besoin de ses talents avant les tiens »

-« Et alors ? C'est vrai » répliqua l'ex agent de plus en plus mal à l'aise.

-« Tu es nerveux dès que je parle de lui »

-« T'es observateur Lionel » affirma John cherchant à éluder la remarque.

-« Je suis flic je te rappelle. Ca fait partie de mon boulot de savoir observer »

Cette fois Reese ne répondit pas.

-« Je vous ai entendu vous disputer » lança alors l'inspecteur à bout d'arguments.

John lui lança un regard en coin.

-« Ce n'était pas une dispute » répliqua t-il spontanément.

« Comme s'il voulait s'en convaincre lui-même » songea Fusco.

-« Ca y ressemblait beaucoup » insista t-il « Ne serait ce que par le ton de Finch »

-« Depuis quand tu écoutes aux portes Lionel ? » demanda l'ex agent agacé.

-« Depuis que ça me rends service ! » répliqua ce dernier. John allait risquer une réplique plus cinglante mais l'inspecteur l'interrompit « Et depuis que j'ai des vrais amis et que j'y tiens » ajouta t-il.

L'aveu stoppa net la réplique que John s'apprêtait à lui assener.

-« Je ne veux pas m'incruster » continua Fusco « Et tout à l'heure j'aurais surement pas dû écouter, je sais. Mais je veux juste aider mes amis » affirma t-il un peu gêné de s'exprimer ainsi lui qui n'était pas très expansif de nature. Reese se rendit compte de ses efforts. L'agacement qu'il ressentait à son encontre à le voir se mêler de leur histoire s'évanoui devant sa bonne volonté. Il soupira et stoppa le véhicule. En le voyant faire Fusco se demanda s'il allait avoir une explication ou un coup de poing dans la figure. L'expression fatiguée sur le visage de John le rassura.

-« Ok. Tu as raison. Harold a un problème et nous avons eu quelques petits accrochages à ce sujet mais ce n'est pas sérieux et nous allons trouver une solution » Il se tourna vers son passager « pas besoin de jouer les conseillers conjugaux » se moqua t-il.

Fusco ignora la provocation.

-« Quel genre de problème ? » demanda t-il sérieux « c'est grave ? »

-« Non. Ce n'est pas grave mais il se sent diminué et il déteste ça » John se décida à évoquer brièvement le problème, conscient que Lionel n'était pas décidé à lâcher prise.

-« Je vois, faut que ça tombe sur lui » jugea Fusco « pas vraiment une bonne idée ! Et en résumé toi t'essaie de le convaincre de se soigner et lui refuse catégoriquement à cause du temps de la convalescence et comme vous êtes tout les deux les types les plus entêtés que je connaisse ça accroche ! »

-« On peut dire ça » émit Reese qui ne pouvait pas vraiment le contredire.

-« Ouais. Franchement je suis plutôt de ton côté »

-« Ravi de l'apprendre Lionel »

-« Mais je comprends aussi Finch » ajouta Fusco « Si il se retrouve à ne pas pouvoir assumer sa part de boulot pendant plusieurs semaines il ne l'acceptera pas et on ferait pareil reconnais le »

-« Je sais. Je peux le comprendre » admit Reese « Le tout c'est de résoudre le problème sans casse » soupira t-il

-« En attendant évite de lui mettre la pression, ca ne va pas aider. Et à force vous pourriez finir par vous dire des trucs que vous ne pensez pas et aller trop loin. Je connais ça »

-« Tu aurais dû être psy Lionel. Tu as raté ta vocation »

-« Tu parles ! C'est des cas comme le tien qui m'ont fait renoncer ! » Se moqua Fusco. Puis il ajouta, sérieux « vraiment, laisse pas un petit problème comme ça tout gâcher »

-« Ce n'est pas mon intention Lionel mais je ne sais plus comment m'y prendre pour le convaincre. Et il doit se soigner »

-« On va y réfléchir »

-« Tu as une idée ? » demanda John étonné.

-« Peut être. Je te dirais. En attendant rentrons, il doit t'attendre »

-« Tu as raison. Pas la peine de le braquer encore plus »

Reese reprit la route. Ils restèrent silencieux, chacun perdu dans ses pensés. Il déposa Fusco au bas de l'immeuble

-« On se tient au courant » lança celui-ci en regagnant sa voiture.

-« A plus Lionel »

John resta un instant sur le seuil, soucieux. Il se demanda s'il avait bien fait de parler à Fusco. Mais après trois semaines à se débattre seul face à ce problème il avait eu envie d'en parler avec quelqu'un. Et Lionel avait été particulièrement insistant ! En tout cas il valait mieux que Finch ne l'apprenne pas. Il soupira et se décida à entrer. Ces deux heures auraient-elles atténué la tension chez son compagnon, née de leur dernier accrochage ? Il l'espérait. Après des débuts un peu chaotiques, leur relation était devenue harmonieuse, ils avaient leur rythme, s'apprivoisant peu à peu. Puis Finch lui avait ouvert les portes de son domaine et John avait réalisé ce jour là qu'ils faisaient chacun réellement partie intégrante de la vie de l'autre, qu'ils étaient vraiment ensemble, un couple, un être. Et ils étaient heureux. Du moins jusqu'à ces dernières semaines quand ce problème était survenu et que Finch, en réalisant les conséquences qu'il pouvait avoir sur leur vie quotidienne, s'était refermé brusquement sur lui-même comme s'il devait forcement affronter seul cette nouvelle épreuve. John, dès le départ, avait tout fait pour le soutenir, le réconforter. Il ne s'était pas attendu à cette réaction de sa part. Un moment il s'était sentit exclu et cela l'avait blessé. Mais il avait vite compris que c'était juste pour son compagnon une sorte de reflexe d'auto défense. La réaction d'un homme qui avait longtemps dû se battre seul et qui en avait un peu trop pris l'habitude. John ne l'avait pas blâmé, se disant qu'il aurait été bien capable d'agir de même. C'était ce même reflexe qui lui avait fait se préserver si longtemps au début de leur relation et qui lui avait fait garder son domaine secret pendant plusieurs mois. Lorsque Finch avait fini par réaliser qu'il n'était plus seul, un peu aidé par la maladresse de Fusco d'ailleurs, il lui avait enfin ouvert son cœur. C'est ce qui faisait penser à Reese qu'il pourrait de nouveau le faire, le laisser veiller sur lui et le convaincre de se soigner. En attendant, ils avaient eu quelques accrochages à ce sujet. Ils s'étaient même renouvelés assez fréquemment en fait. Et John s'en inquiétait. Il lui semblait que leur relation en était fragilisée. « Nous avons traversé tant d'épreuves bien plus terribles ensemble, nous n'allons tout de même pas être séparé par si peu ? » songeait-il. Pourtant si Finch continuait à le maintenir à distance comme il le faisait John ne savait pas comment il l'accepterait sur le long terme. Il savait seulement que sa priorité serait toujours de le garder près de lui.

.

OoooooooooO

.

Finch était rentré à la maison une heure plus tôt et avait commencé à préparer sa valise et une autre pour son compagnon. Il était nerveux. Il repensait sans cesse à leur dernière conversation. Il avait peut être été un peu dur et craignait d'avoir heurté son partenaire « Mais pourquoi insiste t-il autant ? » se plaignit-il « Parce qu'il t'aime » cru t-il entendre comme une évidence. « Mais s'il m'aime autant il doit respecter mon choix ! » songea t-il alors. Même s'il n'est pas le bon. Finch était trop honnête pour ne pas reconnaitre que cette fois John avait raison et qu'il ferait mieux de le suivre, mais ce serait au détriment de leur mission et cela il ne pouvait l'admettre. Reste que leurs débats incessants menaçaient l'équilibre de leur relation et Finch commençait sérieusement à avoir peur que John ne lui en veuille et ne finisse par se lasser de son attitude. Et de lui par la même occasion. Si cela devait arriver il sentait qu'il ne pourrait pas le vivre. Mais en même temps il ne voulait pas changer d'avis. Tout en sachant qu'il avait tort. Il soupira. Le dilemme lui semblait insurmontable.

Ses pensées furent interrompues par le bruit de la porte d'entrée et la voix de son agent.

-« Finch ? »

-« A l'étage » répondit-il

Il l'entendit gravir les escaliers puis le vit entrer dans la chambre. Il remarqua immédiatement son air incertain. Il était tendu et une fois dans la pièce il resta près de la porte.

.

Dès son entrée dans la chambre John avait remarqué le visage fermé de son associé et en avait déduit qu'il était toujours énervé. Ne sachant pas comment réagir, et surtout ne voulant pas le braquer davantage, il n'osa pas avancer vers lui, même s'il mourrait d'envie de le faire. Il constata que Finch ne semblait pas se formaliser de sa retenu, ni de la distance qu'elle créait entre eux, et cette remarque le blessa. Pour se donner une contenance, il avança vers la penderie, le côté qui lui était réservé, et vit qu'une partie de ses vêtements était déjà rangée dans une valise. Il se rappela le jour où il avait déménagé quelques une de ses affaires ici. Une valise pour ses vêtements et un grand sac de sport pour les quelques "outils de travail " que Finch lui avait autorisé avec beaucoup de réticence. L'informaticien l'avait observé d'un œil désapprobateur tandis qu'il envahissait l'un des meubles du salon avec le contenu du sac et John avait rit de son air dégoûté. Il s'était empressé de tout ranger puis avait entreprit de faire changer l'expression sur le visage de son partenaire. Quelques minutes plus tard le canapé avait accueilli leur étreinte et John avait constaté avec satisfaction qu'il ne subsistait dans le regard de son compagnon que l'amour qu'il lui inspirait et le plaisir qu'il lui faisait ressentir. C'était il y a seulement trois mois. Soudain cela lui parut une éternité. Il soupira sans même s'en rendre compte tout en continuant de plier ses vêtements.

.

Finch capta son soupir et se demanda ce qui le provoquait, même s'il avait un doute à ce sujet. Il s'était senti frustré en constatant que John avançait vers la penderie sans l'approcher et sans chercher à l'embrasser comme il le faisait toujours à chaque retour. Etait ce parce qu'il lui en voulait ? Ou craignait-il d'être mal reçu ? Brusquement il se rappela cette scène quelque mois plus tôt lorsque John l'avait forcé à lui parler pour dissiper le malaise qui s'était installé entre eux après une remarque de l'inspecteur Fusco. Ce jour là Finch avait réalisé que ce dialogue leur avait été bénéfique, désamorçant la tension, resserrant leur lien. Aujourd'hui c'était aussi ce qu'il leur fallait, il le savait. Il ne devait pas laisser une distance s'installer entre eux.

-« Tout s'est bien passé ? » demanda t-il pour amorcer le dialogue.

Reese sursauta.

-« Oui. Nous avons revu les lieux du dernier cambriolage »

-« Et vous avez trouvé un indice ? »

-« Aucun. Il n'y avait rien de particulier »

-« Si vous n'avez rien vu alors il n'y avait rien » tenta Finch. John ne releva pas.

-« Lionel pense qu'il existe forcement un lien entre les différentes victimes »

-« Et vous ? »

-« Je pense aussi que les lieux ne sont certainement pas choisit au hasard, mais il n'a pas trouvé d'éléments communs entre les affaires »

-« Je pourrais faire quelques recherches ? Explorer les fichiers que la police ne songe pas à utiliser ou ne peut consulter ?» suggéra l'informaticien.

-« En vérité Lionel compte là-dessus pour faire avancer son enquête »

-« Je peux aider notre "bon ami" ? » tenta Finch avec un sourire entendu.

-« Je suppose que oui. Je vous ai promis que vous pourriez le faire » répondit Reese. Mais si sa réponse cadrait avec la réflexion de son partenaire, le ton n'y était pas, neutre, sans joie. Finch pinça les lèvres. Il devait réagir.

-« Dans ce cas je ferais quelques investigations dès que l'enquête me le permettra»

-« Il sera content » constata platement l'ex agent. Reese se tourna alors pour quitter la chambre et se rendre à la salle de bains. Finch s'interposa, lui barrant le passage.

-« Harold ? » demanda t-il étonné, levant les yeux vers lui. L'informaticien le fixa. Il fit un pas et posa les mains sur son torse.

-« Vous ne m'avez pas embrassé à votre retour »

-« Heu… non » hésita John. Il se pencha et lui donna un bref baiser.

-« Vous m'avez habitué à mieux que cela » constata Finch « Est-ce votre façon de me faire comprendre que vous m'en voulez ? »

-« Non… » balbutia Reese « non, pas du tout »

-« Vous ne m'en voulez pas de mes refus alors ? »

-« Non. Je ne vous en veux pas » affirma John.

-« Mais ils vous contrarient ? » insista l'informaticien.

-« Oui. Parce que je ne veux que votre bien »

-« Je sais. Je comprends votre point de vue. Je devrais même le partager sans doute » admit Finch.

-« Si vous savez que j'ai raison, vous pourriez peut être reconsidérer les choses ? » tenta l'ex agent, têtu.

-« Le problème restera le même. Et je ne veux pas m'arrêter »

-« Croyez vous que j'ai envie d'être privé de votre assistance ? » murmura John.

-« Non. Je sais que non. Comme je ne veux pas être privé de votre présence » affirma l'informaticien.

-« Ne vaudrait-il pas mieux agir maintenant et que la convalescence dure un mois plutôt que d'attendre avec le risque que cela dure bien plus longtemps ? » argua Reese.

C'était la voix de la raison. Celle qu'il prêchait si souvent à son partenaire. Finch le savait bien.

-« Je vous promets d'y réfléchir après notre prochaine mission » finit-il par concéder.

-« Vous êtes sincère ? »

-« Oui. Laissez-moi juste un peu plus de temps »

-« Nous trouverons une solution. Je serais toujours là » affirma Reese en l'enlaçant pour l'attirer contre lui.

-« Je sais » murmura Finch. Il leva les yeux « Etes vous satisfait ? » ajouta t-il.

-« Non. Parce que jamais je ne le serais à l'idée de devoir vous obliger à faire quelque chose dont vous ne voulez pas. Même si je suis plutôt rassuré à l'idée que vous consentiez à vous soigner » Il posa son front contre le sien « Je ne veux plus vous voir souffrir Harold. Jamais »

Finch sourit à cette déclaration.

-« Il n'y a donc plus de malaise entre nous ?»

-« Non » affirma Reese en lui rendant son sourire.

Finch saisit son visage entre ses mains.

-« Prouvez le moi » demanda t-il. Il avait besoin d'être rassuré. John le sentit et ne se fit pas prier. Il l'embrassa tendrement aussi longtemps qu'il le put.

-« Etes vous convaincu ? » lui murmura t-il alors.

Finch riva son regard au sien.

-« Non » Il le repoussa, le plaquant contre le mur « Ne pouvez vous faire mieux que cela ? » lui chuchota t-il à l'oreille, tentateur. Reese plissa les yeux, sentant un violent désir s'éveiller en lui sous les provocations de son compagnon.

-« Je peux faire beaucoup plus » chuchota t-il avant de l'embrasser à nouveau. Puis il continua, faisant glisser ses lèvres le long de sa mâchoire, dans son cou, ses mains s'insinuant sous ses vêtements, caressant sa peau. Finch se pressa contre lui, passa ses main dans ses cheveux, il sentit de longs frissons le parcourir, un soupir de plaisir lui échappa. John voulait qu'il en soit de même pour lui et il laissa ses mains parcourir son dos lentement, remontant vers ses épaules avant de redescendre lentement plus bas, toujours plus bas. Finch se cambra sous sa touche, fermant les yeux sous les sensations qu'il faisait naître en lui.

-« Est-ce mieux ? » lui chuchota t-il

Finch rouvrit les yeux et le fixa un instant. Il l'embrassa puis murmura contre ses lèvres :

-« Je veux plus de preuves John. Faites moi oublier nos divergences. Rappelez moi qu'il n'y a que vous, rien que vous »

-« Non Harold » chuchota l'ex agent « Il n'y a que nous » corrigea t-il avant de l'entrainer vers le lit sans cesser de l'embrasser.

.

OoooooooooO

.

La tête posée sur la poitrine de son compagnon, John sentait les doigts de ce dernier jouait doucement avec ses cheveux « Quelque chose qu'il aime vraiment » songea t-il. Et lui ne demandait pas mieux. Il ferma les yeux sous la caresse et soupira de bien être. Tout était de nouveau aplani entre eux et Finch avait promis de réfléchir. John pensa alors à la mission qui les attendait. Il ouvrit les yeux et consultât le réveil.

-« Harold ? »

-« Hum ? »

-« Je crois que nous allons être en retard » annonça t-il à contrecœur. Il se redressa sur un coude et plongea son regard dans le sien « et pour une fois ça ne sera pas ma faute » gloussa t-il.

-« Vraiment ? »

-« C'est vous qui avez commencé » accusa John.

-« Peut être » marmonna l'informaticien.

-« C'est certain » répliqua l'ex agent.

-« Admettons. Mais vous êtes trop attirant lorsque vous boudez »

John eut un petit rire.

-« Ca c'est une piètre excuse, vous êtes de mauvaise foi ! »

Finch fit mine d'être vexé sans parvenir à être crédible. John se pencha pour l'embrasser, lui chuchotant :

-« En tout cas j'adore quand vous devenez entreprenant »

Finch rougit. Il songea que jamais auparavant il n'avait eu ce genre d'attitude. John avait le don de le faire agir inconsidérément. Mais il réalisa que s'il en était gêné, il n'avait pas le moindre regret. John se leva, fit le tour du lit et vint l'enlacer pour le forcer à se lever.

-« Vous êtes bien pressé de partir en mission » se moqua l'informaticien.

-« En mission non, mais sous la douche avec vous beaucoup. Et cessez de rougir ou je ne vous promets pas de rester sage ! » Ajouta t-il avec un nouveau rire tout en l'entrainant à sa suite.