Voici enfin le fin mot de l'énigme Finch !

(Je précise que les soins sont une histoire vraie.)

Une pensée très spéciale pour Jade181184, Bienvenue à ta petite merveille ! Je lui souhaite toute une vie de bonheur !

Dédicace aux irremplaçables et fidèles mousquetaires :

Paige0703, Nourann (Bon Anniversaire Ninja !), Coljayjay et Val81

Et à Daniela et CoolMhouse

Merci pour votre intérêt, vos commentaires et vos encouragements !

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John avait repris sa surveillance. Il observait le professeur qui terminait sa dernière consultation. La réceptionniste ferma les portes derrière les derniers patients mais contrairement à ses habitudes elle ne se rendit pas au vestiaire pour prendre son manteau et son sac. Elle se dirigea vers le bureau du médecin. L'ex agent déclencha aussitôt le portable de leur numéro.

-« Tout va bien professeur ? »

-« Oui merci Hilda »

-« Les Vermeer sont passés tout à l'heure. Dois-je copier vos notes ? »

-« Elles sont prêtes » répondit Hamilton en sortant des feuillets d'un tiroir. Il se leva pour laisser la secrétaire s'installer devant son ordinateur

-« Mieux vaut compléter le dossier au plus vite » jugea t-elle « est ce que la grossesse se déroule normalement ? »

-« Sans problème. La mère est en parfaite condition physique »

-« Le père avait l'air ravi en partant. Vous leur avez dit que c'est un garçon ? »

-« En effet. Il a toujours dit que le sexe de l'enfant lui importait peu mais il est évident qu'il est plus heureux que ce soit un fils »

-« Si c'est dans l'espoir qu'il suive ses traces c'est raté ! » estima l'assistante « Cet enfant sera bien trop intelligent pour devenir un simple policier »

-« Il aura l'air de tenir davantage de sa mère » affirma le professeur

-« En mieux. Elle n'est qu'un simple professeur et de danse seulement ! » Reese l'entendait pianoter rapidement sur le clavier « Voilà, je crypte vos dernières notes et votre dossier est à jour » ajouta t-elle après un moment.

-« Bien merci. Je ne sais pas ce que je ferais sans vos talents d'informaticienne » répondit Hamilton. La secrétaire se rengorgea sous le compliment.

-« Celyna a-t-elle hérité de vos talents en informatique ? »

-« Elle est douée en ce domaine mais c'est une sportive avant tout. D'ailleurs Darla ne comprend pas comment Celyna peut montrer d'aussi bonnes dispositions pour le sport. Elle n'a jamais été sportive et son père non plus, Alex était plutôt casanier. Quand a cet imbécile de Luc, il est greffé la journée entière sur son canapé, heureusement qu'il n'a aucune influence sur elle » trancha l'assistante, méprisante

-« Il travaille de nuit maintenant je crois ? »

-« Oui, depuis son nouveau boulot. "Technicien de surface" » grinça Hilda « Il a toujours manqué d'ambition mais là ! Jamais je ne comprendrais comment ma sœur a put quitter Alex pour cet idiot ! Elle dit qu'il n'y a pas de sot métier ! C'est stupide. Bon Alex était seulement fonctionnaire mais c'était tout de même mieux ! Nous devons penser à favoriser l'épanouissement de la petite. Et je ne vous remercierais jamais assez d'avoir permis à Celyna d'intégrer une section sport étude, grâce à vous elle deviendra une grande championne »

-« Disons que c'est en remerciement de votre contribution Hilda. Et il aurait été dommage de gâcher nos efforts pour des considérations pratiques ! » Affirma Hamilton.

-« C'est un honneur de servir la science professeur » Elle se leva « c'est terminé » précisa t-elle

-« Bien. Merci Hilda. A demain »

-« A demain professeur » répondit l'infirmière en quittant le bureau. Elle récupéra ses affaires puis sortit de la clinique. Hamilton l'imita vingt minutes plus tard, rentrant chez lui comme chaque soir.

Reese le suivit, puis après s'être assuré qu'il ne ressortirait pas, il regagna l'immeuble. Aussi discrètement que possible, il se glissa au premier étage et toqua à la porte de son associé selon le signal convenu. Finch vint ouvrir.

-« John ? » s'étonna t-il

-« Je dois vous parler » chuchota t-il

-« Allez-y » répondit Finch dès qu'il eut enclenché le brouilleur d'onde.

-« J'ai une conversation à vous faire écouter » Il sortit son portable « En voyant la secrétaire rejoindre Hamilton dans son bureau je me suis interrogé puis lorsqu'elle lui a demandé si elle devait recopier ses notes sur les Vermeer j'ai eu l'intuition que ce serait une bonne idée d'enregistrer leurs échanges » Finch approuva de la tête et se concentra sur l'enregistrement que son agent venait d'enclencher.

-« Qu'en pensez-vous ? » interrogea Reese à la fin.

-« Visiblement ils sont complices » jugea Finch perplexe.

-« Oui mais de quoi ? Ils font des projets pour l'enfant des Vermeer. Ce n'est donc pas un hasard si leur dossier est à part dans l'ordinateur»

-« Non. Et cela explique la complexité du cryptage dont il fait l'objet. Mais je ne vois pas ce qui peut leur permettre de faire des estimations de ce genre. Pourquoi l'enfant serait-il plus intelligent qu'un autre ? »

-« Le professeur a peut être étudié les gênes des parents et trouvé quelque chose de spécial ? »

-« Je ne suis pas sur que cela suffise pour deviner le degré d'intelligence future d'un nouveau né » constata l'informaticien.

-« J'avoue ne pas avoir une parfaite maitrise du sujet » remarqua Reese avec un geste vague.

-« Moi non plus mais je peux me renseigner »

-« Il faudrait aussi savoir qui est cette "Célyna" évoqué par le professeur et qu'apparemment il a "prit en charge" »

-« Oui en échange de la "contribution" de son assistante »

-« Ce serait la fille de Hilda ? Pourtant elle évoque un couple qu'elle semble bien connaitre comme s'il s'agissait de ses parents. Elle ne semble pas les apprécier toutefois »

-« J'ai un dossier sur elle » Finch se tourna pour saisir son ordinateur mais fit un faux mouvement et ne put retenir un geste de recul. Reese le capta. Il se leva et saisit le portable pour le lui donner sans faire de commentaire. Finch lui lança un regard en coin et se sentit soulagé qu'il ne fasse aucune remarque sachant bien que rien ne lui avait échappé.

-« Merci » dit-il simplement en ouvrant l'ordinateur et en commençant à ouvrir les fichiers « Ah voilà. Hilda Weber, standardiste à la clinique depuis 19 ans. Célibataire, sans enfant. A priori elle ne semble pas en avoir eu »

-« Donc Célyna n'est pas sa fille. Pourtant à sa façon d'en parler un doute se créé »

-« Je pense comme vous, ses paroles prêtent à confusion » approuva Finch.

-« C'est forcement quelqu'un de proche » émit Reese tandis que son associé faisait quelques manipulations.

-« J'ai trouvé » annonça celui-ci « Celyna Baxter, 17 ans. C'est la nièce de Miss Weber, fille de sa sœur Darla et de Alex Baxter son premier mari. Elle est actuellement remariée à Luc Messon »

-« D'accord. Elle s'occupe de l'avenir de sa nièce »

-« D'après son dossier scolaire cette jeune fille est championne d'athlétisme de son université. Elle est effectivement inscrite en section sport étude et dans l'un des établissements les mieux notés de l'état »

-« Je comprend qu'elle le remercie. Ca doit être couteux »

-« Trop pour une caissière à mi temps et un technicien de surface en tout cas » approuva Finch.

-« Donc en résumé Hilda a participé à une expérience pour le professeur et en échange il s'est sentit obligé de financer les études de sa nièce. Ca devait être important »

-« Certainement. Quel rapport pourrait-il y avoir avec les Vermeer ?»

-« Est-ce que les parents de Celyna ont aussi un dossier crypté ? » demanda John prit d'une intuition. Finch consulta l'ordinateur.

-« En effet. C'est l'un des premiers enregistrés »

-« Donc il fait parti des exceptions comme celui des Vermeer. Mais pourquoi sont-ils des exceptions ? » Interrogea l'ex agent.

-« C'est ce que nous allons devoir découvrir M Reese et je pense que cela pourrait nous donner une piste pour découvrir la menace qui plane sur notre numéro »

-« A moins qu'il ne soit la menace lui-même » estima John « il faut découvrir son secret »

-« Soit il s'agit d'un secret qui le mets en danger, soit il pourrait devenir dangereux pour le préserver » résuma Finch « Dans tout les cas, il nous faut percer le mystère »

-« Vous allez devoir entreprendre des études de biologie Finch » se moqua son agent « dans quoi nous sommes nous embarqués cette fois ?» ajouta t-il plus sérieusement.

-« Je crois que nos missions nous réserverons toujours des surprises » jugea Finch. Il se leva et s'approcha de son agent « Heureusement que nous aimons résoudre les énigmes » dit-il en posant une main sur son épaule. Reese se leva à son tour et prit doucement ses mains dans les siennes.

-« C'est notre spécialité maintenant » approuva t-il. Il avança son visage vers celui de son compagnon qui combla spontanément la distance. Ils échangèrent plusieurs baisers puis Finch affirma :

-« John je sais à quoi vous pensez et c'est non »

-« Non ? » répéta l'ex agent contrarié.

-« Je ne retournerais pas à la bibliothèque. Je ne suis pas en danger ici »

-« Comment savez-vous… » Commença Reese puis il soupira « Ok, c'est bon, je n'ai rien dit » marmonna t-il

-« Maintenant allez vous reposer un peu. Vous l'avez bien mérité » intima l'informaticien.

-« Hum ? » émit John

Finch eut un petit rire moqueur.

-« Il est temps d'achever votre journée M Randall »

-« D'accord patron » répondit Reese avec une moue contrariée « Je n'ai rien contre les heures supplémentaires vous savez ? »

-« Je n'en doute pas un instant »

-« Surtout quand elles sont payées d'une "certaine manière" » insista Reese avec un nouveau baiser.

Son portable vibra à ce moment précis.

-« Jamais tranquille » grogna t-il en saisissant son téléphone pour consulter l'écran « Lionel. Je ne l'ai pas encore rappelé » réalisa t-il

-« Un problème ? »

-« Non. J''ai oublié de rappelé Lionel »

-« Oh vous pourrez lui dire que j'ai commencé quelques recherches sur les victimes des cambriolages cet après midi »

-« Je transmettrais le message » Il embrassa son compagnon « Bonne nuit patron ! »

-« Bonne nuit M Randall » répliqua celui-ci amusé.

John quitta son associé pour aller rejoindre sa chambre et recontacter Fusco.

-« J'ai eu ton message Lionel »

-« C'est prêt pour demain »

-« Ok. J'espère que ça va marcher »

-« Moi aussi. Surtout que si ça marche, il sera moins fâché »

-« Harold te fais peur Lionel ? » se moqua John.

-« J'ai pas envie d'avoir à dos le hacker le plus doué de sa génération c'est trop risqué ! » affirma l'inspecteur.

L'ex agent eut un petit rire.

-« Je ne pense pas qu'il se venge sur toi »

-« Tant mieux. Je préfère que ce soit toi plutôt »

-« Charmant ! »

-« Logique. Toi tu auras toujours la possibilité de l'amadouer. T'as des arguments que je n'ai pas ! »

-« Et tu crois que ça suffira face à son entêtement ? »

-« Ouais. Je suis sur qu'il ne pourra pas te résister longtemps »

« C'est réciproque » songea Reese « Nous verrons bien » affirma t-il « A demain »

-« A plus » répondit Fusco.

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Le lendemain au petit déjeuner, Finch trouva son agent singulièrement nerveux. Il tenta de l'interroger mais n'obtint aucune réponse claire. Il mit sa nervosité sur le compte de la mission et de cette enquête qui prenait une tournure si mystérieuse. Il se promit de veiller tout de même. Finalement John le quitta pour aller assurer la surveillance et il s'installa devant son ordinateur.

L'ex agent se glissa au fond du couloir et rejoignit son complice.

-« Salut John »

-« Salut Lionel. C'est prêt ? »

-« Elle arrivera pour 9H »

-« Bon j'irais le voir après la séance »

-« Si il la laisse faire » remarqua Fusco

-« Je pense que nous lui avons donné les bons arguments et c'est dans son intérêt » estima l'ex agent.

- « C'est clair. Entre une solution qui peut tout régler rapidement et deux opération avec six semaines de convalescence sans pouvoir toucher à un ordinateur, y'a pas photo ! »

-« Il ne pourrait pas supporter une telle inactivité » affirma Reese.

-« Je sais, mais tu l'as dit toi-même : Finch est têtu ! »

Reese soupira.

-« Il faut qu'il se laisse convaincre » pria t-il.

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Finch entendit des coups frappés à sa porte selon le code de John.

-« Entrez » lança t-il prudemment.

Une femme, la quarantaine, entra dans la pièce, portant une petite sacoche.

-« Bonjour M Wren »

Finch la détailla : brune, élégante, elle lui souriait d'un air doux. Il remarqua qu'elle portait une blouse médicale sous son manteau.

-« Vous êtes ? » demanda t-il brusquement, fidèle à son rôle.

-« Docteur Dany Oblin. Je suis ostéopathe »

-« Je n'ai requis aucune présence médicale » répliqua l'informaticien. « Encore une idée de la directrice » songea t-il agacé.

-« Je sais M Wren. Je suis envoyée par deux de vos amis très proche »

Finch lui lança un regard surprit.

-« Deux amis ? »

-« Oui. Je connais très bien l'un d'eux en particulier. Il m'a contacté pour me faire part de vos problèmes de santé et me demander de vous aider »

-« Je suis désolé docteur mais je ne vois pas de quoi vous voulez parler »

La jeune femme sourit.

-« Ils m'avaient prévenus que j'aurais à vous convaincre » affirma t-elle d'un ton amusé « Et aussi de ne pas me laissez impressionner »

-« Vraiment ? » demanda Finch contrarié.

-« Ecoutez M Wren, je n'ai pas l'intention de vous forcer à quoi que ce soit mais je pense pouvoir vous aider. Laissez-moi-vous expliquer. Au moins par égard pour vos amis » plaida la jeune médecin.

-« D'accord » consenti l'informaticien avec réticence.

-« Bien vos amis m'ont indiqué que vous souffrez depuis quelques semaines du syndrome du canal carpien. Je connais bien ce problème et ce qu'il engendre de douleur et de gêne. Votre médecin vous a préconisé la chirurgie. Prescription normale avec ce diagnostic »

Finch eut un geste de recul.

-« Je n'ai pas l'intention d'accepter cette intervention. Inutile d'essayer de me convaincre » affirma t-il.

La jeune femme eut un geste d'apaisement.

-« Je sais M Wren et je ne suis pas là pour ça. En vérité dans certain cas il existe une alternative »

-« L'ostéopathie ? »

-« Exactement. En connaissez-vous le principe ? »

-« Je sais en quoi cela consiste même si je n'y ai jamais eu recours »

-« Bien. Vous savez donc que cette médecine n'est pas invasive. J'ai souvent traité le problème qui vous préoccupe. Huit fois sur dix je parviens à rétablir l'équilibre et à guérir ce syndrome. Mon patient n'a alors plus besoin de recourir à la chirurgie »

L'informaticien lui adressa un regard perplexe.

-« J'ai traité certain de mes patients il y a 15 ans déjà. Ils ne sont jamais revenus me voir pour ce problème. Si je peux vous soigner le résultat sera définitif »

-« Et si vous échouez ? »

-« Alors vous resterez au point de départ. Si mes soins ne vous guérissent pas ils n'aggraveront pas non plus votre état » répondit tranquillement la jeune femme d'un ton assuré.

-« Je ne pense pas que cela soit suffisant » murmura l'informaticien tout de même ébranlé par l'attitude du médecin. Son calme avait quelque chose de rassurant, elle était apaisante. « De quoi réconforter ses patients » jugea t-il

-« Vous n'avez jamais essayé l'ostéopathie M Wren, vous ne pouvez pas affirmer que cette méthode ne vous conviendra pas »

-« Non » concéda Finch « J'ai pourtant essayé de nombreuses méthodes » constata t-il un peu amer.

-« Je le devine. Pourquoi ne pas en tenter une autre dans ce cas ? Une de plus ou de moins ?»

-« Je suis las des traitements » soupira l'informaticien.

-« Celui que je vous propose ne sera pas agressif M Wren. Et vous savez bien qu'un jour ou l'autre il vous faudra agir »

Finch lui lança un regard dubitatif.

-« Vous êtes têtue »

-« Cela m'arrive mais seulement pour les bonnes causes »

-« Et j'en suis une pour vous ? » interrogea Finch avec ironie.

-« Aux yeux de vos amis c'est une certitude. Et leur envie de vous aider est assez contagieuse je dois dire »

Finch pinça les lèvres. Il voyait bien d'où venait le coup.

-« Je vais vous faire un aveu M Wren. D'ordinaire je n'accepte jamais de soigner une personne qui ne vient pas me voir d'elle-même. Ne serait ce que parce que les soins que je prodigue sont plus efficaces avec un patient réceptif voir coopératif. Mais vos amis étaient si motivés à me convaincre que j'ai fini par céder. J'étais curieuse de rencontrer celui qui pouvait générer autant d'intérêt chez ses amis. Pour eux c'est une véritable priorité. Ca je pouvais le deviner rien qu'au nombre d'appel que j'ai reçu ! » Affirma t-elle amusée « J'avoue que j'étais admirative de tant de persévérance »

Finch ne put retenir un sourire. Il imaginait bien son compagnon, et son entêtement légendaire lorsqu'il s'agissait de sa protection ou de son bien être, prêt à saisir toute possibilité de l'aider "en douceur". Quand au second personnage il n'avait aucune peine à deviner son identité. « Il est loin le temps où je me méfiais de lui » Songea t-il.

La jeune femme remarqua son sourire et y vit un encouragement. Elle insista :

-« Ne serait-ce que par respect pour leurs efforts, vous devriez me laisser essayer de vous soigner M Wren »

« Par respect pour leurs efforts » se répéta Finch « oh après tout pourquoi pas ? Si c'est inefficace cela ne me rendra pas plus malade »

-« D'accord » concéda t-il « Je veux bien faire un essai »

-« Parfait » se réjouit la jeune femme.

-« Que dois-je faire ? »

-« Simplement vous allonger, vous détendre et me laisser faire » répondit la jeune femme en ôtant son manteau « Je vous préviens qu'il faudra deux ou trois séances pour parvenir au résultat, donc ne rejetez pas ma méthode si elle ne fonctionne pas dès ce soir » ajouta t-elle en installant sa mallette sur la table. Elle contenait des pierres minérales de différentes couleurs et de nombreux petits flacons.

-« C'est entendu » approuva Finch. Il s'allongea et tenta de se détendre, ce qui ne lui paru pas une évidence.

La jeune femme l'observa un instant, elle se frotta les mains l'une contre l'autre et posa une des pierres au niveau du plexus de son patient, elle la retira puis recommença son geste pour en poser une autre, puis à nouveau avec une troisième « ah celle là » murmura t-elle

-« Je dois trouver celle qui vous correspond » expliqua t-elle « D'abord dénouer les tensions sinon je ne pourrais pas intervenir efficacement »

Elle s'assit à côté de lui et commença à presser sur la pierre assez fort. C'était presque douloureux mais l'informaticien avait connu bien pire. Il voyait son regard concentré. Ses lèvres remuaient doucement et il se demanda ce qu'elle pouvait bien réciter.

-« Vous avez de nombreux nœuds. Certains très anciens » commenta t-elle

-« Ancien ? » interrogea Finch curieux.

-« Le corps est un livre M Wren, où reste inscrit chaque traumatisme physique mais aussi chaque choc émotionnel. Tout est gravé »

L'informaticien songea spontanément que dans son cas le livre devait être particulièrement volumineux. Puis il pensa à John et à ses innombrables cicatrices « lui serait une encyclopédie » songea t-il, souriant à l'idée sans même sans rendre compte.

La jeune femme le remarqua mais ne dit rien. Quel que soit la pensée qui le faisait sourire elle avait le mérite de le détendre et cela l'arrangeait bien. Elle garda la position de longues minutes, patiemment, avec de temps en temps un léger soupir lorsqu'elle obtenait un résultat positif. Finch voyait son visage tendu par la concentration. Il n'aurait jamais imaginé que cette méthode soit si éprouvante pour le praticien. Elle finit par se redresser.

-« Voilà c'est dénoué. Il y avait de quoi faire M Wren. Vous devez êtes quelqu'un de stressé au quotidien ? »

« Vous ne pourriez savoir à quel point ! » songea Finch.

-« J'ai un emploi stressant » répondit-il seulement.

Elle s'installa derrière lui et imposa ses mains sur sa tête.

-« Ne craignez rien. Je ne toucherais pas à vos cervicales » le prévint-elle en le sentant se tendre.

Elle garda ses mains un moment les bougeant régulièrement avec des gestes précis. Ce n'était absolument pas douloureux mais un peu étrange. Après quelques minutes elle se leva.

-« J'ai terminé pour aujourd'hui M Wren. J'ai obtenu ce que je voulais. Donc à la prochaine séance votre corps devrait être parfaitement réceptif pour que je traite votre problème principal »

Finch s'était redressé prudemment. Il nota qu'il se sentait moins raide que d'ordinaire et retint poliment un bâillement.

-« Envie de bailler ? » se réjouit la médecin.

-« Heu oui, un peu »

-« C'est une réaction de détente normale. C'est bon signe. J'ai bon espoir d'obtenir des résultats positifs avec vous M Wren »

-« Alors vous ne regrettez pas votre curiosité ? » se moqua Finch.

-« Non pas du tout. Vos amis ont bien fait de m'appeler » estima t-elle. Elle rangeait soigneusement le contenu de sa mallette.

-« Je les remercierais »

-« Je ne vous ai pas donné leurs noms »

-« Inutile. Je n'ai pas beaucoup d'ami docteur, surtout susceptible d'agir ainsi »

-« Ils tiennent beaucoup à vous » confirma la praticienne.

-« Je le constate »

-« Tant mieux. Je crois qu'ils redoutent un peu votre réaction »

-« Vraiment ? Pourtant ils ont insistés »

-« Parce que votre bien être était encore plus important pour eux que la crainte de votre colère. Mais moi je pense que vous êtes un homme juste et que vous saurez admettre qu'ils ont agit uniquement pour votre bien et que vous ne serez pas trop sévère, je me trompe ? »

-« J'aurais peu de reconnaissance de l'être » estima Finch.

-« Exact. Je reviendrais demain matin. D'ici là, évitez d'être trop stressé. Dans ce lieu cela devrait être possible »

« Voilà un conseil difficile à suivre » songea Finch « Merci docteur »

-« Vous me remercierez si je réussi M Wren » répondit celle-ci avec un sourire malicieux. Elle enfila son manteau « A demain ! » lança t-elle en se dirigeant vers la porte

-« A demain docteur »

Finch observa la porte se refermer sur la doctoresse. Cette fois il se sentait réellement victime d'un complot. Sauf qu'il était bien difficile de se rebeller face à autant de bonnes intentions. Comment leur en vouloir d'essayer de l'aider ? De vouloir le soulager à tout prix ?

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-« Bon. Dany n'est pas ressortie, ça fait dix minutes. Ca veut dire que Finch ne l'a pas éjecté » suggéra Fusco. Dissimulés au fond du couloir, les deux hommes surveillaient attentivement la porte de l'appartement.

-« Ca ne veut pas dire non plus qu'il se laisse faire »

-« Ouais. Enfin soyons optimiste ! »

-« Je dois aller prendre ma surveillance » constata Reese.

-« Je vais avec toi ça me fera passer le temps. On voit la sortie de ta position ? »

-« Oui »

-« Donc nous saurons quand Dany repartira »

Les deux conspirateurs se rendirent donc à l'extérieur, perturbés de ne pas savoir ce qui se passait dans la chambre. Après de trois quart d'heure d'attente ils finirent par voir passer le médecin. Il était temps pour John qui commençait sérieusement à s'inquiéter et était à deux doigts d'aller vérifier d'office.

-« Bon c'est le moment d'aller le voir » jugea Fusco.

-« Oui, j'y vais »

-« J'espère que tu ne seras pas trop mal reçu. Je t'attends ici »

-« Ok » répondit Reese avant de se diriger vers le bâtiment, anxieux de l'accueil que lui réserverait son partenaire.