Un peu d'action…

Dédicace aux irremplaçables et fidèles mousquetaires :

Paige0703, (Alors cet avis de recherche ?)

Jade181184, (Coucou à la petite merveille !)

Coljayjay (Rendez vous au chapitre 10 !)

Val81, Daniela et CoolMhouse (Vos remarques m'inspirent : )

Merci pour votre intérêt, vos commentaires et vos encouragements !

Et merci à tout les lecteurs

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Reese gagna son véhicule juste à temps pour voir passer celui d'Hamilton et le suivre. Il conduisit jusqu'au restaurant. Le professeur se gara dans le parking souterrain et gagna la salle par l'ascenseur. Il appela son associé.

-« Nous arrivons au restaurant. C'est plutôt select. Je crois que je vais devoir m'installer au bar »

-« Ce serait mieux si vous pouviez vous rapprocher un peu M Reese »

-« J'ai peur que ce soit complet »

-« Par chance M John Randall a justement une réservation, une table à proximité de celle réservée par le professeur Hamilton. Bon appétit M Reese »

-« Vous êtes incroyable » soupira l'ex agent avant de raccrocher pour se présenter à l'accueil. Il devina le sourire de son associé et songea qu'il aurait préféré le voir en vrai.

Une fois installé à quelques mètres de leur numéro il écouta la conversation via son portable tout en surveillant les alentours. L'avocat était aussi son chargé d'affaire et leur relation semblait plutôt amicale. Reese remarqua un homme assis au bar qui semblait observer les deux hommes. Il finit par prendre discrètement un cliché de lui au cas où.

La soirée s'acheva un peu après minuit. Reese suivit Hamilton jusqu'à l'ascenseur où il se glissa à sa suite. Une fois au sous sol, il fit mine de prendre une direction différente sans toutefois le quitter des yeux. Il n'avait pas fait trois pas qu'il aperçu une ombre tapie derrière un pilier. Son instinct en éveil il anticipa l'attaque et s'élança vers l'agresseur au moment précis où celui-ci se jetait sur Hamilton, cherchant à lui enfiler une cagoule. Surprit, l'homme lâcha prise immédiatement. Le professeur, bousculé, tomba en avant et se cogna la tête contre sa voiture. Un bref combat s'engagea entre Reese et l'agresseur. Ce dernier se battait adroitement, pourtant il préféra abandonner le combat après quelques instants. Il lança une petite matraque à la tête de John qui l'esquiva de justesse et profita de son mouvement de recul pour s'enfuir. L'ex agent allait s'élancer à sa suite quand un gémissement l'arrêta. Il hésita puis se tourna vers Hamilton qu'il aida à se relever.

-« Tout va bien ? » lui demanda t-il

-« Ca va. Juste un peu sonné »

-« Asseyez vous je vais appeler les secours »

-« Non, non, ça ira je me suis juste cogné le front »

-« Vous avez une belle bosse » constata Reese en examinant la blessure « Il vaudrait mieux vous faire examiner »

-« Ne vous inquiétez pas. Je suis médecin je peux gérer cela »

-« Si vous le dites. Au moins je vais appeler la police vous avez été victime d'une agression »

Le professeur le stoppa en posant la main sur son bras.

-« Laissez tomber, c'était surement un pauvre gars qui en voulait à mon portefeuille. Je passerais au commissariat dans la journée »

-« Vous êtes sur ? » demanda John suspicieux devant les réticences évidentes du professeur. Il n'avait visiblement pas envie d'ébruiter l'affaire.

-« Oui. Je vous remercie de votre intervention »

-« Vous devriez appeler un taxi pour rentrer chez vous. Ce ne serait pas prudent de conduire alors que vous êtes encore un peu désorienté »

-« Heu oui. Je crois que cela vaudra mieux »

-« Je vais en appeler un » proposa Reese.

-« Merci M…. »

-« Randall »

-« Merci M Randall » répéta le médecin « Sans votre réaction je crois que je me serais fait dépouiller »

John ne releva pas et fit quelques pas pour contacter son associé.

-« Finch pouvez vous appeler un taxi pour Hamilton ? »

-« Bien sur. Que se passe t-il ? »

-« Il vient d'échapper à une tentative d'enlèvement et n'est pas en état de rentrer seul et je vais bien » précisa t-il en insistant sur les derniers mots.

Il entendit le soupir de son partenaire.

-« Est-il blessé ? »

-« Il s'est cogné la tête, rien de grave. Son agresseur l'a repoussé par reflexe au moment où j'essayais de le neutraliser. Il n'a qu'une bosse et des égratignures. Malheureusement l'homme s'est enfuit »

-« Je vois. Mais pourquoi parlez-vous de tentative d'enlèvement ? »

-« C'était clairement l'intention. Hamilton pense à une agression mais le type l'a abordé en essayant de le cagouler »

-« En effet, ce n'est pas une simple agression alors »

-« Je ne le pense pas. Je vais attendre le taxi et je le suivrais »

-« Appelez-moi lorsque vous serez rentré » intima Finch

-« Promis » affirma l'ex agent avant de raccrocher.

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Le taxi arriva un quart d'heure plus tard. Reese en profita pour échanger quelques mots avec leur numéro. Visiblement celui-ci ne doutait pas d'avoir croisé un simple voleur ou, en tout cas, il faisait tout pour en convaincre son vis-à-vis. John, lui, était persuadé qu'il y avait autre chose et l'attitude d'Hamilton ne faisait que renforcer son intuition. Il suivit le taxi jusqu'au domaine puis guetta le médecin mais celui-ci gagna immédiatement sa chambre et se coucha sans tarder.

John regagna l'immeuble, contactant son associé en chemin.

-« Je suis rentré, enfin presque »

-« Tout va bien ? » soupira Finch

-« Oui, je n'ai rien je vous l'ai dit. Vous voulez une preuve ? » Le taquina Reese tout en ouvrant la porte de sa chambre. Il stoppa net en percevant une présence. Finch se leva et s'approcha de lui.

-« Je ne serais pas contre » approuva t-il

-« Harold ? » murmura John en l'enlaçant « vous devenez vraiment doué en effraction » constata t-il.

-« J'ai le meilleur des professeurs »

L'ex agent l'embrassa tendrement.

-« Et vous êtes un infirmier consciencieux aussi »

-« Vous n'êtes jamais raisonnable. Il faut bien que je vous surveille ! » Protesta l'informaticien. Il laissa son regard parcourir la silhouette de son partenaire.

-« Alors ? Satisfait de votre inspection ? »

-« Ca ira » Jugea Finch. Reese resserra son étreinte.

-« Vous savez que je ne vais pas vous laisser redescendre immédiatement ?» chuchota t-il en l'embrassant dans le cou.

Finch prit son visage entre ses mains.

-« Je sais » murmura t-il avant de l'embrasser.

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OoooooooooO

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Au matin John reprit la surveillance dès 7H mais Hamilton se révéla moins matinal le samedi. Il ne bougea pas de la villa, s'installant dans un bureau adjacent à sa chambre. L'ex agent l'observait par les fenêtres et grâce aux dispositifs qu'il avait posé dans la maison. Vers 10H30 il décida de s'absenter un moment. Le docteur Oblin devait repasser à 10H et il espérait la croiser discrètement.

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Finch était installé devant son ordinateur, fouillant à nouveau, cherchant une piste quelconque, étudiant la photo que son agent avait prit. Il avait appelé l'inspecteur Fusco pour qu'il passe récupérer la petite matraque ayant appartenu à l'agresseur du professeur que Reese avait réussi à récupéré sans être vu.

Un brusque remue ménage attira son attention, venant à nouveau de la chambre voisine. Peu désireux d'être sollicité, il préféra enclencher le portable du professeur pour écouter discrètement.

-« Et moi je vous jure que je n'avais pas laissé mon carnet dans ce tiroir, c'est impossible ! »

-« Pourtant il était sous ce meuble. Il a dû glisser du tiroir à l'arrière et de l'arrière jusqu'au sol. Ce ne serait pas la première fois que cela arrive » constata la directrice.

-« Non, non et non » s'entêta le professeur.

-« Au moins vous avez retrouvé votre précieux agenda » affirma une voix féminine que Finch identifia comme celle de l'infirmière « J'espère qu'il songera à prévenir l'inspecteur Fusco qu'il s'agit seulement d'une perte » songea t-il. Des coups contre la porte le tirèrent de ses réflexions, il éteignit son portable.

-« Oui ? » demanda t-il

Le docteur Oblin entra.

-« Bonjour M Wren. Comment allez-vous ce matin ? »

-« Bonjour docteur. Plutôt bien. Je suis étonnement détendu en fait »

-« Excellent. Installez vous nous allons passer aux choses sérieuses »

Finch gagna la chambre et s'allongea docilement pendant que la doctoresse installait son matériel.

-« Vous n'avez pas été trop sévère avec vos amis ? » demanda t-elle

-« Non rassurez vous » répondit Finch

-« Tant mieux. Lionel n'aurait pas mérité cela et M Randall non plus »

-« En effet » approuva l'informaticien qui ne put retenir un sourire au souvenir du stress des deux complices et de la scène qui avait suivi la première séance lorsqu'ils l'avaient rejoint pour vérifier le résultat de leur "piège". Leurs airs inquiets l'avait bien amusé, il ne se sentait pas si redoutable pourtant.

La jeune femme reprit la même pierre que la veille et recommença la même manœuvre qui fut beaucoup moins longue cette fois. Puis elle saisit son poignet droit entre deux doigts et le retint un moment. Comme la veille il voyait ses lèvres remuer lentement tandis qu'elle semblait fixer un point imaginaire devant elle. Elle finit par reposer son bras puis imposa à nouveau la main contre son torse avant de contourner le lit pour saisir son poignet gauche et agir comme précédemment. A nouveau Finch voyait ses traits se tendre sous la concentration. Il sentait en même temps une sensation de légèreté l'envahir. Il ferma les yeux pour s'y abandonner. C'était comme une trêve dans ses douleurs quotidiennes et c'était très agréable. Il sursauta en entendant la voix chantante de la doctoresse.

-« C'est terminé M Wren »

-« Ah oui ? » bredouilla t-il

-« Envie de dormir ? Ne vous gênez pas. Votre corps a besoin de détente »

-« C'était reposant » confirma Finch

-« Et je crois que le résultat sera à la hauteur des espérances de vos anges gardiens »

-« Ce qui serait une bonne nouvelle »

-« N'est ce pas ? Vous êtes bien plus réceptif que je ne le pensais, ça aide. Sentez-vous une différence ? »

-« Je sens un peu moins de tension » reconnu Finch

-« Voudriez vous porter ceci autour du cou pour ces trois prochain jours ? » demanda t-elle lui tendant un petit sachet attaché à un cordon « Ce ne sont que des huiles essentielles mais cela pourra vous aider »

-« D'accord docteur » consenti l'informaticien en passant le cordon au dessus de sa tête.

-«Parfait. Je reviendrais lundi pour finaliser. D'ici là ne forcez pas trop sur vos mains »

-« Entendu docteur merci »

La jeune femme quitta la chambre d'un air satisfait.

« Elle aime son métier » songea l'informaticien en la voyant si réjouit « Et elle le fait bien » constata t-il en bougeant doucement ses poignets nettement moins douloureux depuis ses interventions.

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John attendait patiemment au fond du couloir. Il apostropha la doctoresse dès qu'elle sortit de la chambre.

-« Tout s'est bien passé docteur ? »

-« Très bien. Beaucoup mieux que je ne l'espérais en commençant les soins. Je pense que, même s'il n'y croyait pas au départ, votre ami a décidé de coopérer. Il tient à faire honneur à vos efforts »

-« Cela ne m'étonne pas de lui »

-« Je crois pouvoir affirmer que le résultat sera positif »

-« Je ne regrette pas d'avoir suivi l'idée de Lionel » constata Reese.

-« Il a été bien inspiré » s'amusa la jeune femme. Puis elle reprit plus sérieusement « Votre ami est quelqu'un de fort mais il n'en reste pas moins qu'il a connu des traumatismes qui ont laissé de nombreuses traces. Vous devriez veiller à ce qu'il se ménage. Physiquement et psychologiquement aussi. C'est juste un conseil mais ce serait bon pour lui »

« La théorie du livre » songea John se rappelant ce que Finch lui avait raconté de la première séance.

-« Notre métier ne va pas rendre votre prescription facile à appliquer » répondit-il.

-« Je me doute. Mais au moins physiquement vous pouvez agir. Il n'est pas policier comme vous ou Lionel »

-« Non. Je le garde le moins exposé possible »

-« Vous faites bien. Au quotidien aussi ménagez le, ce serait préférable »

-« Heu oui » approuva l'ex agent, prêt à tout pour l'aider mais se demandant ce qu'il pourrait faire de plus pour le ménager qu'il ne faisait déjà.

La doctoresse le salua, précisant qu'elle reviendrait le lundi pour une dernière séance. John hésita puis décida de s'accorder encore quelques minutes et rejoignit son partenaire dans sa chambre.

-« Tout va bien Harold ? » demanda t-il en entrant.

-« Très bien »

-« Le docteur Oblin semble très satisfaite »

-« C'est ce qu'elle m'a laissé entendre. Je vais peut être échappé à la chirurgie. Ce qui implique que vous devrez continuer à me supporter » ironisa Finch.

-« Avec plaisir » répliqua John. Il avait saisit ses mains, les serrant doucement, il y posa un baiser léger.

-« Un peu plus haut serait bien aussi » jugea l'informaticien amusé. Reese lui sourit et posa ses lèvres sur les siennes.

-« Voilà qui encourage ma convalescence »

-« J'en suis heureux » John l'attira contre lui « Et toujours disposé à en faire plus pour vous »

Finch posa la tête sur son épaule.

-« Ca je n'en doute pas John » il redressa la tête et lui chuchota « Je l'ai constaté cette nuit encore »

-« Vous étiez dans ma chambre. C'est à vos risques et périls » protesta l'ex agent.

-« Et vous êtes infatigable. Je me demande parfois si j'arriverais toujours à vous suivre » se moqua son compagnon.

Reese se raidit imperceptiblement « Au quotidien aussi ménagez le, ce serait préférable » se remémora t-il.

-« Quelque chose ne va pas ? » demanda Finch surprit de la tension qu'il percevait soudain chez son partenaire.

-« Non… non rien »murmura John. Il lui donna un bref baiser « Je dois juste reprendre la surveillance » affirma t-il en se détachant de lui.

-« Heu.. . D'accord » répondit Finch perplexe. Avait-il dit quelque chose de mal ? Il observa John comme il quittait la pièce, l'air tendu, sans comprendre ce qui avait bien pu le perturber.

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John regagna son poste d'observation, essayant de se concentrer sur sa mission. Il réfléchirait plus tard à ses problèmes personnels. Comme il y parvenait Hamilton quittait sa villa. Il était à pied et gagna tranquillement son cabinet. « Il travaille même le samedi malgré ses horaires à rallonge pendant la semaine ? » songea Reese. Il le suivit des yeux tandis qu'il s'installait derrière son bureau. Il resta un moment devant son ordinateur puis se leva et se dirigea vers le fond de la pièce. John attendit mais il ne réapparu pas dans son champs de vision. « Il n'y a qu'une seule sortie donc il est forcement toujours dans son cabinet » jugea Reese perplexe. Il décida finalement de se rapprocher discrètement. Parvenu près de l'immeuble, il scruta l'intérieur du bureau par la fenêtre mais celui-ci était vide « ce n'est pas possible ! » songea t-il contrarié. Il contacta son associé

-« Finch pouvez vous examiner le cabinet d'Hamilton avec la web cam ? »

-« Bien sur. Y a-t-il un problème M Reese ? »

-« J'ai besoin de savoir si il s'y trouve »

Il entendit les touches actionnées par son associé puis celui-ci affirma :

-« Le bureau est vide pour le moment »

-« Je ne comprend pas. Il était à l'intérieur et brusquement il a disparu. Et je suis certain qu'il n'est pas sorti »

-« N'y a-t-il pas une seconde entrée ? Une issue de secours ? »

-« Je n'ai rien vu de tel lors de mon inspection »

-« Alors il n'y a rien. Mais M Hamilton ne peut pas devenir invisible je pense, donc…il doit y avoir une autre explication »

-« Je vais attendre un peu » répondit John dubitatif. Il s'éloigna pour reprendre sa position. Une demi-heure s'écoula, puis une autre. Il se demandait s'il devait rester encore lorsque Finch le rappela.

-« M Hamilton reçoit un appel M Reese »

John bascula aussitôt son portable pour écouter la conversation. C'était un appel d'un confrère lui rappelant la date d'un prochain congrès auquel ils devaient se voir. Ils discutèrent un long moment puis le professeur raccrocha affirmant que pour le moment il comptait profiter de son temps de repos pour aller faire un tour dans un club où il comptait passer la soirée « Je vais me mettre en route d'ailleurs, ou toute les tables seront prises » précisa t-il. Il salua son confrère et raccrocha tranquillement.

-« On dirait qu'il est chez lui » remarqua Reese.

-« C'est le cas en effet. Je peux le voir grâce à la caméra que vous avez installé dans sa chambre »

-« Je ne l'ai pourtant pas vu quitter le cabinet » insista l'ex agent frustré.

-« Ce qui est étrange »

-« J'ai du le manquer » soupira finalement John.

-« Ou il y a une autre issue » insista Finch.

-« Merci de me faire confiance Harold » remarqua l'ex agent.

-« Je sais de quoi vous êtes capable John. Vous allez vous rendre au club ? »

-« Oui. Il sera peut être à nouveau attendu à la sortie »

-« Prenez garde qu'il ne vous reconnaisse pas. Ce serait peut être gênant »

-« J'y ai pensé. Au pire cela passera pour une coïncidence. Mais après cela pas question de le croiser sur le domaine »

-« Soyez prudent » lui enjoignit son associé

-« Toujours Finch»

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OoooooooooO

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Hamilton quitta le domaine une demi heure plus tard suivit par John. La soirée parut interminable à l'ex agent. Le club était idéal pour les joueurs mais il n'offrait guère de distraction pour ceux qui ne jouaient pas. Du reste les protagonistes semblaient bien se connaître et n'acceptaient pas facilement de nouveaux adversaires. Il appela son partenaire au milieu de la soirée, plus pour le plaisir d'entendre sa voix que pour l'enquête.

-« Hamilton est un joueur acharné » commenta t-il « Mais peu chanceux »

-« A quoi joue t-il ? Au poker ? »

-« Non. Dans ce club on joue au whist »

-« Ah oui ? C'est peu courant »

-« Je n'ai pas dû y jouer plus de deux fois dans la vie» approuva Reese.

-« C'est plutôt pratiqué en Angleterre » remarqua Finch « Poe disait que le whist développe les facultés d'analyse davantage que les échecs. Toutefois il faisait aussi l'éloge du jeu de dame contre les échecs donc c'était peut être une façon de dénigrer un jeu qu'il n'appréciait pas beaucoup ? Toujours est-il que ce jeu est plutôt tombé en désuétude»

-« Sauf dans ce club. Je constate qu'il n'y a toujours pas de limite à vos connaissances Harold »

-« Je ne sais toujours pas comment vous résister John » répliqua l'informaticien comprenant l'allusion.

-« Et je ne vous donnerais pas la solution » rétorqua son compagnon.

Hamilton quitta le club après avoir laissé l'intégralité de sa mise à ses adversaires. Il regagna le domaine vers 1H du matin, sans incident, et John retourna à sa chambre. Il poussa la porte et sourit en apercevant une silhouette dans la pénombre.

-« Cela devient une habitude Harold. Vous comptez entamer une carrière de cambrioleur ? » demanda t-il, taquin, en enlaçant son compagnon.

-« Seulement pour vos domiciles John » répondit celui-ci en glissant les bras autour de son cou.

-« Sauf que vous avez déjà la clé de la plupart d'entre eux » chuchota Reese tout en l'embrassant. Des baisers légers, doux comme des caresses.

-« Je suppose que la soirée n'a rien donné ? »

-« Rien du tout. Même pas d'attaque cette fois ci »

-« L'inspecteur Fusco n'a rien obtenu des empreintes sur la matraque. Rien sur la photo non plus »

-« Je commence à perdre patience »

-« Je sais. Je vous connais »

Ils continuaient à échanger des baisers entre chaque phrase. Finch laissait ses mains errer dans les cheveux de son compagnon le faisant soupirer.

-« Toujours votre faiblesse » gloussa t-il.

-« Méfiez vous que je n'utilise aussi les vôtres» chuchota Reese en glissant son visage dans son cou, tirant sur son col pour obtenir un meilleur accès. Il le sentait frissonner entre ses bras. C'était tellement agréable. Il perçu vaguement l'horloge sonnant deux coups. « Deux coups » réalisa t-il brusquement. La nuit était déjà bien avancée. Les précédentes n'avaient pas été très reposantes non plus.

-« Vous n'êtes pas fatigué ? » demanda t-il alors, en s'écartant de son partenaire.

-« Hum ? » marmonna Finch surprit de son écart.

-« Il est tard. Vous devriez dormir »

-« Dormir ? » répéta l'informaticien interloqué.

-« Vous avez besoin de vous détendre » ajouta l'ex agent incertain.

-« Est-ce que tout va bien John ? »

-« Oui. Tout va bien. Je suis juste un peu las »

Finch lui lança un regard perplexe qui le mit mal à l'aise. Toutefois l'informaticien décida de ne pas insister.

-« D'accord. Vous avez raison. Les journées sont longues. Je vais retourner dans ma chambre »

Reese lui donna un baiser.

-« Reposez vous Harold. On se retrouve au petit déjeuner ? »

-« Bien sur. Bonne nuit John » il quitta la chambre, perturbé. Jusqu'à présent John ne l'avait jamais repoussé, bien au contraire. Et il se rappela de sa réaction quelques heures plus tôt, cette distance qu'il avait brusquement mit entre eux. Il ne savait que penser de son attitude et, évidemment, s'en inquiéta.

John le suivit des yeux jusqu'aux escaliers puis rentra dans sa chambre. « Au quotidien aussi ménagez-le…» Se répéta t-il. Son instinct protecteur lui imposait la prudence. Pendant les missions, ils étaient très sollicités. Mieux valait réserver leurs tête à tête pour leurs moments de répit entre deux enquêtes. « Sauf que c'est intenable. Je serais incapable de le tenir à distance trop souvent » jugea t-il en se laissant aller sur son lit et en serrant son oreiller contre lui, profondément frustré.