Le temps de la réconciliation, pour autant le travail n'est pas terminé…
Dédicace aux irremplaçables et fidèles mousquetaires :
Paige0703, (Experte en roman fleuve, et il vaut vraiment la peine de s'embarquer !)
Jade181184, (Re-Coucou à ta petite merveille, reste zen !)
Merci pour ton enthousiasme Val81, mais je vais quand même finir celle là avant d'en poster une autre )
CoolMhouse : hé oui ! Il ne peut pas résister !
Coljayjay, Daniela et Nourann
Merci pour votre intérêt, vos commentaires et vos encouragements !
Et merci à tous les lecteurs
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Vers 7H00 John sentit qu'Harold quittait le lit tout doucement. Il n'essaya pas de le retenir. Il le suivit discrètement du regard jusqu'à la porte puis referma les yeux pour se reposer encore un peu se laissant glisser à la place que son compagnon venait de quitter pour profiter encore un peu de sa chaleur.
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Finch sortit de la chambre le plus silencieusement possible pour ne pas éveiller les éventuelles autres personnes dormant à cet étage. Pour Reese il n'était pas dupe. Il savait qu'il était réveillé mais il lui fut reconnaissant de ne pas l'avoir retenu. Une fois dans son appartement, il préféra se préparer et attendre le petit déjeuner.
Son agent vint le rejoindre à 7H45
-« Bonjour Harold » dit-il en l'embrassant.
-« Bonjour John. Comment vous sentez vous ? »
-« Je n'ai pas mal. Sans doute parce que j'ai bien dormi » ajouta t-il avec un clin d'œil.
-« Tant mieux » répondit Finch en rougissant un peu. En se réveillant, il s'était senti mortifié de constater qu'il n'avait pu s'empêcher inconsciemment de se rapprocher de son compagnon, jusqu'à se retrouver allonger tout contre lui comme il aimait le faire au quotidien. Cela lui ôtait beaucoup de sa crédibilité !
Le serveur apporta le plateau et Finch lui demanda de prévenir la directrice qu'il souhaitait la voir.
-« Je vais passer le message M Wren. Mais Miss Hamilton ne sera pas disponible avant 13H, elle l'a annoncé ce matin à tout le personnel »
-« J'attendrais 13H dans ce cas » consenti l'informaticien un peu contrarié. « Nous aurons largement le temps de refaire nos bagages » ajouta t-il à l'intention de son agent lorsque le serveur fut sorti.
-« Cela ne vous semble pas étrange que nous ne l'ayons pas croisé cette nuit ? Tout était éteint dans la villa lorsque nous avons regagné l'immeuble, pourtant les voitures de police n'étaient pas vraiment discrètes et c'est son mari qui a été arrêté ! »
-« J'ai remarqué. Mais au vu de leur relation ce n'est pas si étonnant » jugea Finch.
-« Sauf que le scandale l'atteindra forcement. Cela risque de porter un coup terrible à son établissement. Vous croyez qu'elle était au courant ?»
-« Difficile à dire. Toutefois je repense à cette tentative du professeur il y a quatre ans. Il avait bien entamé une procédure de divorce ? Et il l'a abandonné un peu rapidement »
-« C'est vrai. Peut être que sa femme avait découvert quelque chose et s'en ai servi ? »
-« Si c'est le cas elle avait tout intérêt à garder le silence. Lorsqu'un couple est désuni à ce point comme savoir ? »
-« Oui » jugea Reese « Il n'y a plus rien à en tirer »
La phrase fit tressaillir l'informaticien « Il n'y a rien à en tirer » Fusco la lui avait dites aussi. Une lumière se fit dans son esprit, et il comprit cette pensée qui le gênait depuis plusieurs jours sans qu'il puisse la définir. Il se leva pour prendre son ordinateur.
-« Que se passe t-il Harold ? » interrogea Reese étonné de sa brusque réaction.
-« Je dois vérifier quelque chose » répondit-il
-« Et cela ne peut pas attendre la fin du petit déjeuner ? »
Finch ne répondit pas, déjà absorbé par ses recherches. John s'approcha de lui et observa l'écran par-dessus son épaule.
-« C'est la liste des anciens clients de ce centre ? » demanda t-il
-« En effet. Je veux la comparer avec les fichiers des plaintes enregistrées par la police. Voir si d'autre patients que le professeur Langdon ont été victime d'un cambriolage pendant leur séjour ici »
-« Vous avez des soupçons ? »
-« Vous souvenez vous de cette conversation, lorsque la directrice est passée me signaler que je n'utilisais pas les services de son personnel et excuser son infirmière pour son ingérence ? »
-« Oui parfaitement. Vous aviez même écouté ses commentaires après sa sortie » approuva Reese.
-« Précisément. Et elle avait achevé sa diatribe en disant "Il n'y a rien à en tirer" »
-« Et l'infirmière lui avait répondu que vous n'étiez pas un bon patient, quelque chose comme ça »
-« Elle a dit exactement "Je te l'avais dit. Ce n'est pas un bon client " » je m'en souviens car cette phrase m'avait interpellé »
-« Cindy tutoie sa patronne ? » remarqua Reese en fronçant les sourcils.
-« C'est précisément ce tutoiement qui m'avait parût étrange » confirma Finch mais je n'avais pas vraiment creusé la question, elles n'étaient pas vraiment en tête sur la liste de nos suspects »
-« Et elles n'étaient réellement pas la menace pour Hamilton. En revanche, elles ont peut être d'autre choses à se reprocher ? » Suggéra l'ex agent suivant les déductions de son associé.
-« C'est pourquoi je veux vérifier s'il existe des précédents »
Finch se concentra sur ses recherches tandis que Reese restait près de lui. A un moment il décida d'aller déposer le chariot dans le couloir afin qu'ils ne soient pas interrompu par le serveur, puis il revint s'asseoir à ses côtés. Il observait son air concentré, ses doigts glissant sur le clavier avec une dextérité retrouvée. Un instant il se cru de retour dans leur repaire, il manquait juste Bear à leurs pieds.
Des listings s'affichèrent à l'écran, Harold afficha les fenêtres l'une à coté de l'autre. A droite, la liste des patients et la date de leur séjour, à gauche, la liste des plaintes. Reese se pencha pour vérifier avec lui. Ils remontèrent patiemment sur les cinq dernières années et découvrirent pas moins de 14 cas pour les trois dernières. Cinq plaintes pour cambriolages, quatre pour détournement, trois pour vol et deux pour escroqueries. Mais toute étaient restées non élucidées.
-« C'est varié » jugea Reese « Bon cambriolage c'est facile, vol, apparemment quelqu'un a vidé le compte des victimes après leur avoir subtilisé leur carte bleue, ce qui se produisait toujours deux jours après avoir quitté le centre »
-« Je parierais qu'à un moment ou à un autre Cindy trouvait le moyen d'obtenir le code. Ensuite Ils laissaient partir la victime. Deux jours plus tard un complice volait la carte. Le vol n'ayant pas lieu dans l'établissement il n'y avait pas de raison de croire qu'il existait un lien »
-« Et les détournements ? » interrogea John
-« Il semble que deux des victimes aient eu leur compte piraté »
-« Mais peut être avaient-elles sans le vouloir divulgué leur mot de passe dans un certain questionnaire ? » suggéra l'ex agent.
-« On n'imagine pas le nombre de personnes qui choisissent le nom de leur animal de compagnie pour mot de passe » approuva Finch.
-« Ah oui ? J'ai une chance avec Bear ? » Interrogea John l'air intéressé.
-« A vous de voir M Reese, c'est votre chien » répliqua Finch pas dupe.
-« Je dirais plutôt chacun pour moitié » constata Reese.
-« Dans ce cas nous pourrons chacun utiliser une moitié de son nom pour mot de passe » se moqua Finch.
-« En tous cas cela explique pourquoi Cindy se montrait si avenante avec les patients. Son fameux questionnaire était tout sauf désintéressé » jugea l'ex agent « Il devait probablement lui permettre de recueillir les informations les plus personnelles. Vous avez bien fait de ne pas remplir le votre. Elle m'a même abordée plusieurs fois à ce sujet. Elle ne ménageait pas ses efforts jusqu'à ce qu'elle finisse par comprendre qu'un patron paranoïaque ne confie pas ses secrets à son employé ».
-« Elle avait des arguments » grinça Finch, un peu contrarié et peinant à le dissimuler. Reese ne put s'empêcher de sourire à sa réaction.
-« Et les escroqueries ? » demanda l'informaticien en observant à nouveau l'écran, redevenu sérieux pour couper cours à tout réflexion de son compagnon.
-« Des placements qui ont mal tournés ? » suggéra celui ci
-« Non, à priori des dons à des associations fictives » énonça Finch après avoir vérifié.
-« Recommandées par le centre ? »
-« C'est possible. Quoique cela pourrait attirer l'attention, ils ont dû employé une astuce. Quoiqu'il en soit tout ceci n'est pas clair, il faut continuer les recherches »
-« Pourquoi ne pas chercher d'abord un lien entre la directrice et l'infirmière ? »
-« C'est une idée » approuva Finch en ouvrant les fichiers qu'il avait constitué sur les deux femmes. Reese voyant la tension apparaitre dans son dos, se leva et posa machinalement ses mains sur ses épaules pour le masser.
-« M Reese, je suis en plein travail » protesta vaguement Finch.
-« Et je ne vous en empêche pas » répliqua l'ex agent d'un ton innocent.
-« Vous me déconcentrez et vous le savez bien ! » grogna l'informaticien. Reese se contenta de rire et ne s'arrêta pas pour autant.
-« Je vous soulage aussi »
-« Vous risquez votre place M Randall ! » affirma Finch, changeant de stratégie.
-« Aucune importance M Wren. Je retournerais avec mon ancien patron »
-« Je pourrais le convaincre de ne pas vous reprendre » menaça l'informaticien.
-« D'accord. J'arrête. Ca devient trop risqué » se moqua Reese mais il prit le temps de poser un baiser dans le cou de son partenaire, satisfait de le sentir frissonner.
-« Voilà la biographie de Cindy Stadler. Elle a 29 ans. Fille adoptive de Gary et Alison Stadler. Diplômée à 22 ans. Elle travaille ici depuis trois ans »
-« Comme par hasard » commenta Reese.
-« Elle est célibataire apparemment »
-« Et ce type avec elle sur la photo ? » demanda John comme Finch faisait défiler la page de la jeune femme.
-« Son demi frère, Henry. Fils naturel des Stadler lui. Il travaille dans…. » Finch leva les yeux vers son partenaire « une société de développement de logiciel »
-« Il pourrait donc être notre pirate » jugea Reese.
-« C'est une possibilité. Mais cela ne nous donne pas de lien avec Miss Hamilton »
-« Pourtant il doit exister. Si Cindy et son demi frère sont derrière toute ces affaires et qu'elle est au courant, ce qui semble bien être le cas, elle doit avoir une bonne raison de les couvrir, sinon pourquoi tolérerait-elle une voleuse parmi son personnel avec tout les risques de scandale que cela comporte pour son établissement si elle se fait prendre ? »
-« Continuons » suggéra Finch
Ils cherchèrent une nouvelle piste, Finch au clavier, Reese en soutient moral, mais cela ne donna pas grand-chose, jusqu'à ce l'ex agent suggère de fouiller le passé des parents adoptifs de Cindy. Finch découvrit alors que Gary Stadler était un ancien employé du père de Laura Hamilton. Un employé qui avait connu une évolution de carrière aussi importante qu'inattendue juste à l'époque de la naissance de sa fille adoptive. Coïncidence qui ne pouvait qu'attirer l'attention…
-« Cindy serait une Downay ? » interrogea Finch « une enfant illégitime que son père aurait prit soin de dissimuler mais qui aurait fini par apprendre la vérité ? »
-« Dans ce cas elle aurait un argument de poids pour convaincre Laura de la couvrir ou même de l'aider »
-« C'est un bon moyen de pression et il y aurait un bel enjeu » constata Finch « si elle prouve sa filiation elle peut prétendre aux biens laissés par Downay dans son héritage. Elle a donc tout intérêt à la ménager. Quoique Miss Hamilton semblait plutôt consentante »
-« Je trouve aussi »
-« Je vais rassembler toute ces informations et les remettre à l'inspecteur Fusco, il pourra faire des recherches »
-« Je comprends pourquoi elle ne semblait pas ravie de l'intervention de Lionel lorsque le professeur avait "égaré" son carnet. Elle ne doit pas précisément apprécier la présence policière » Jugea Reese.
-« Ce qui explique aussi son manque de réaction cette nuit »
-« Elle ne souhaite pas attirer l'attention » approuva l'ex agent
Son portable vibra à ce moment là « Quand on parle du loup » affirma t-il avant de décrocher en branchant le haut parleur.
-« Salut Lionel. Nous parlions justement de toi »
-« Ah ouais ? En bien j'espère ? »
-« Nous pourrions bien avoir du travail supplémentaire pour toi »
-« Tu trouves que j'en ai pas assez avec ce que tu m'as collé cette nuit ? C'est la révolution ici ! Le professeur ne ciblait pas que des gens "super intelligents" ils étaient aussi plus ou moins connu. Inutile de préciser qu'ils n'apprécient pas spécialement leur statut de cobaye ! »
-« Mais comment sont-ils déjà au courant ? » s'étonna Reese.
-« Oh la plupart ne font que supposer, on a pas fini d'éplucher les fichiers donc, on a pas encore reconstituer les "couples" et on ne peut encore ni confirmer ni infirmer quoi que ce soit, seulement la rumeur s'est répandu à une telle vitesse qu'on a rien put empêcher »
-« D'où vient la fuite ?
-« D'Hilda bien sur ! Nous n'avons pas eu besoin de la pousser beaucoup pour la faire parler, elle est trop contente de vanter à tout le commissariat le génie de son employeur ! Le problème c'est qu'un des agent de garde cette nuit est client du professeur »
-« L'agent Vermeer ? »
-« Ouais. Il a complètement paniqué en entendant les confessions d'Hilda, il redoute d'être parmi les cobayes »
-« A juste titre malheureusement » confirma Reese.
-« T'es sur ? » s'exclama Fusco.
-« Oui. Son dossier fait partie des fichiers cryptés »
-« Et merde ! Va me falloir un autre tube d'aspirine ! »
-« Harold pourrait arranger ça » se moqua Reese.
-« En attendant je voulais savoir si vous étiez toujours là bas, je dois passer interroger la directrice »
-« Nous devons la voir avant de partir mais elle n'est disponible qu'à partir de 13H. En revanche si tu viens tout de suite tu pourrais l'arrêter et nous permettre de rentrer plus tôt ? »
-« L'arrêter ? Elle était dans le coup pour les expériences ? »
-« J'en doute. Elle devait savoir quelque chose mais je ne pense pas qu'elle participait. Non ses spécialités ce seraient plutôt le vol, l'escroquerie ou les détournements avec la complicité de l'infirmière »
Fusco émit un soupir désespéré.
-« Voilà autre chose ! Et vous avez des preuves évidemment ? »
-« Evidemment » répéta John amusé.
-« C'est bon. Je passerais vous voir avant et je prévois plusieurs paires de menottes »
-« A tout de suite Lionel ! »
-« Ouais c'est ça à plus »
John raccrocha.
-« Lionel se met en route, vous pouvez préparer les fichiers »
-« J'ai déjà commencé M Reese »
-« Il n'est pas spécialement enchanté du surcroit de travail »
-« Cette fois nous résolvons deux affaires au lieu d'une, je peux le comprendre » jugea Finch.
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Fusco débarqua 45 minutes plus tard, l'air fatigué.
-« Bonjour inspecteur » le salua Finch « je suis désolé de vous voir aussi épuisé » compatit l'informaticien.
-« C'est le cirque au commissariat. Au moins ca va me faire deux heures tranquille ici. Le professeur ne lâche rien mais son infirmière nous a déjà dit tout ce que nous avions besoin de savoir. Mon chef va constituer une cellule spéciale avec trois agents pour gérer les suites. Je ne suis pas fâché de passer la main »
-« Alors le professeur n'a rien dit de ces motivations ? »
-« Rien. Il est muet comme une tombe » affirma Fusco « Hilda parle pour deux mais elle ne fait que raconter ce qui s'est passé »
-« Il n'avait pas d'emprise sur ces créations. Je ne vois pas où était son intérêt. L'amour de la science ? » Suggéra Finch peu convaincu
-« M'étonnerait ! Je dirais plutôt que pouvoir décider à la place des futurs parents ça devait lui donner l'impression d'être tout puissant. Il devait être mégalomane »
-« Peut être » émit l'informaticien perplexe « Et M Harmon ? »
-« Il sera inculpé pour l'agression de cette nuit mais compte tenu du contexte, avec un bon avocat sachant choisir ses arguments, il ne risquera pas grand-chose »
-« C'est une bonne nouvelle » approuva l'informaticien.
-« Par contre pour récupérer son gamin biologique ce sera une autre paire de manche ! » affirma l'inspecteur
-« Un dur combat en perspective » jugea Finch.
-« Bon. Vous me faite un résumé ? » Demanda Fusco « que je liquide l'autre affaire en même temps »
-« Volontiers inspecteur » répondit l'informaticien en désignant le siège près du sien.
Fusco s'assis à côté de lui et l'écouta tout en suivant sur l'écran le déroulement du fichier qu'il avait préparé. A la fin Lionel se leva et prit la clé que Finch lui tendait.
-« Bon c'est parti » annonça t-il
Reese qui s'était tenu un peu à l'écart pendant la discussion avança vers l'inspecteur.
-« Tiens Lionel : cadeau ! » se moqua t-il en lui tendant un tube d'aspirine.
-« Trop aimable » grogna Fusco en le prenant.
-« Je t'accompagne pour l'arrestation ? »
-« Allons-y » approuva Lionel en se dirigeant vers la porte.
Finch les suivit des yeux. Il décida de terminer les bagages. Et une fois de retour à la bibliothèque il avait bien l'intention de continuer les recherches pour l'inspecteur sur la série de cambriolages, ils lui devaient bien ça !
Reese revint une heure plus tard, alors qu'il commençait à trouver le temps long.
-« C'est bon Finch, le problème est réglé. Miss Hamilton et sa demi sœur sont en route pour une cellule »
-« Elles étaient bien demi sœur alors ? »
-« Oui » Reese prit place dans le fauteuil près de lui et Finch tourna son siège pour l'écouter. « Cindy est la fille de Jerry Downay et d'une de ses assistantes. A l'époque il ne voulait pas risquer son mariage. Il avait trop besoin de l'argent de son épouse, donc il avait prévu de payer discrètement la mère, mais elle est morte quelques jours après la naissance alors il a fait adopter l'enfant par un de ses employés en échange d'une meilleure situation dans l'entreprise. L'employé a gardé le silence jusqu'à ce qu'il tombe malade il y a quatre ans. Il devait subir une grave intervention alors il a décidé de soulager sa conscience avant au cas où. Il en a réchappé mais bien sur il ne pouvait pas rattraper ses paroles. Apparemment Cindy avait déjà certaines "habitudes " avec les patients de l'hôpital où elle travaillait, elle en a profité pour changer d'air avant de se faire prendre mais bien sur en arrivant ici elle a reprit ses petites combines même si l'accord passé avec Laura lui assurait un certain train de vie »
-« Un accord concernant l'héritage ? »
-« Exact. Elle s'est engagée à ne pas revendiquer de droit sur le domaine, en échange Laura devait lui payer une certaine somme. Comme elle n'était pas en mesure de lui verser l'argent en une fois elle faisait semblant de l'employer et lui versait un salaire. Entre parenthèse je ne connais aucune infirmière qui dispose d'un salaire aussi conséquent même si dans cette profession ce ne serait pas usurpé. Et fatalement Laura était contrainte de fermer les yeux sur les écarts de Cindy. Pour ce que j'ai pu comprendre je ne suis pas sur que Cindy faisait cela seulement pour l'argent. Je crois qu'elle apprécie aussi l'action »
-« Elle aurait pu se trouver une activité plus honnête pour se défouler » marmonna Finch
-« En tout cas maintenant qu'elles sont découvertes l'entente cordiale ne semble plus vraiment de mise. Nous avons dû les séparer avant qu'elles ne se battent. Laura a conscience de ce qu'elle va perdre »
-« Les jours de cet établissement sont comptés » jugea Finch « comme ceux de la clinique »
-« Et je pense qu'elles vont se battre pour l'héritage autant que pour se défendre des accusations diverses qui pèsent sur elles »
-« Elles auraient mieux fait de trouver un arrangement officiel »
-« Je doute que Laura aurait accepté une association sur la gestion du domaine. C'est son œuvre et elle voulait rester seule aux commandes » estima Reese.
-« Si Laura n'a fait que les couvrir elle risque moins que si elle a participé. En revanche je crois que les Stadler n'ont pas fini de regretter l'adoption de Cindy si elle a entrainé leur fils dans ses exactions, car visiblement c'était elle le cerveau » jugea Finch « Je ne l'aurais pas imaginé suffisamment rusée pour cela mais les apparences peuvent être trompeuse »
-« Nous pouvons rentrer maintenant, plus besoin d'attendre, la directrice n'est plus en mesure d'honorer son rendez vous avec M Wren » estima l'ex agent. Il se leva de son siège et saisit les mains de son compagnon pour l'obliger à se lever à son tour « et en plus j'ai faim d'un repas digne de ce nom !» affirma t-il avant de l'embrasser profitant de l'effet de surprise. « Je vais récupérer ma valise » ajouta t-il en le lâchant et en se dirigeant vers la porte avant toute protestation.
Finch se doutait bien de la raison pour laquelle il avait agit aussi rapidement et ne put s'empêcher de sourire. « Bon. Je pense que demain matin je pourrais bien lui accorder mon pardon » songea t-il. « Mais seulement demain, pas question de paraître céder trop vite ! »
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Une heure plus tard les deux associés quittaient le domaine avec soulagement. Les arrestations successives des maîtres des lieux avaient rendu l'ambiance irrespirable. A en juger par l'agressivité de l'agent à l'accueil, ils comprirent que le personnel devait être au courant de leur contribution.
Reese fit une halte dans leur restaurant japonais préféré où ils prirent le temps de déjeuner tranquillement. John observait discrètement son partenaire. Cherchant à deviner s'il lui en voulait toujours. Cela ne semblait pas être le cas mais il se méfiait, sachant combien Harold pouvait se montrer têtu.
Après le déjeuner, ils se rendirent chez Léon pour récupérer Bear. Puis Finch demanda à passer à la bibliothèque avant de rentrer. Pendant qu'il vérifiait son système, Reese emmena le chien au parc. Ils revinrent au moment où l'informaticien terminait ses manipulations
-« Le système a besoin d'une petite mise à jour » commenta Finch « cela devrait prendre environ deux heures »
-« Ok. Dans ce cas j'irais chercher le dîner et nous rentrerons ensuite » proposa John en s'installant à proximité.
-« D'accord »
Un peu plus tard, Reese fit un aller retour rapide pour ramener le repas qu'ils partagèrent avec Bear cette fois, ce qui agaça quelque peu l'informaticien.
-« M Reese, je sais que vous êtes heureux de retrouver votre chien mais un peu de modération me semble bienvenue »
-« Ne vous en faites pas Harold, je connais les limites. Il n'aura pas besoin du vétérinaire cette fois »
-« Peut être pas, mais il aura besoin de davantage d'exercice » marmonna Finch.
-« Nous lui offrirons des promenades plus longues, ça ne devrait pas le déranger » s'amusa Reese en lui tendant une autre bouchée.
Finch fronça les sourcils.
-« Je suppose qu'il appréciera. Après tout il n'a pas besoin d'être "ménagé " lui » répliqua t-il contrarié.
Reese capta le message et comprit que Finch n'avait pas encore oublié leur accrochage. Ce qui au fond ne le surprenait pas vraiment. Il caressa Bear et rectifia sa position à la table ce qui fit comprendre au chien qu'il devait regagner son panier. Le dîner se termina en silence, l'ambiance un peu tendue entre les deux hommes après cette dernière réflexion.
Finalement Reese débarrassa la table pendant que Finch éteignait le système à la fin de la mise à jour et ils quittèrent ensemble la bibliothèque, Bear sur les talons.
Une fois à la maison, John porta les valises à l'étage et Finch entreprit un tri sommaire. Il aurait le temps de ranger le lendemain. Pendant ce temps Reese s'installa dans le bureau du rez de chaussée dont il ferma soigneusement la porte, le temps de réviser un peu les deux armes qu'il avait emmené au centre, même si elles n'avaient pas servies.
Au bout d'une heure, après avoir tout rangé, il décida de monter rejoindre son compagnon. Il gravit tranquillement les marches jusqu'à leur chambre.
John tourna la poignée mais la porte resta close, verrouillée de l'intérieur. Il fronça les sourcils, prit d'un doute.
-« Harold ? Ouvrez moi voyons »
-« La seconde chambre est sur votre droite M Reese »
-« Vous n'êtes pas sérieux ? »
-« Je me ménage John. C'est vous qui avez insisté à ce sujet »
L'ex agent soupira. Il n'avait décidément pas changé d'avis.
-« Je vous ai dit que j'étais désolé. Ne soyez pas si entêté ! » Plaida t-il
-« Je ne suis pas têtu, je suis raisonnable selon vos critères » affirma Finch en insistant sur les deux derniers mots.
John fut un instant tenté de forcer la serrure, cela ne lui aurait sans doute pas causé de grandes difficultés, mais il songea que cela ne ferait que braquer davantage son compagnon. Il finit par se tourner à contrecœur vers la seconde porte, l'ouvrit et observa un instant la chambre. La pièce était accueillante, décorée avec goût, mais vide. Trop pour l'ex agent, qui fit demi tour et redescendit silencieusement l'escalier. Il n'avait pas envie de rester dans la maison avec cette ambiance au risque de faire un autre faux pas en écoutant un peu trop son instinct protecteur. Pour l'instant le mieux était d'attendre que Finch se calme et que la tension retombe.
Bear l'attendait au pied de l'escalier comme s'il percevait un problème entre ses maîtres.
-« Tu n'as pas sommeil non plus ? » chuchota John « Moi je vais aller faire un tour » Bear alla aussitôt récupérer sa laisse et revint se placer devant lui.
-« Non toi tu reste ici. Tu dois veiller sur Harold en mon absence » le chien eut un petit gémissement plaintif.
-« Tu as vraiment envie de venir ? » Bear secoua sa laisse. « Bon d'accord. Pour une fois. La maison est dotée d'une bonne alarme et nous ne sommes pas en mission. Allez viens » l'invita t-il après avoir attaché la laisse au collier. Ils quittèrent l'immeuble sans bruit pour une longue promenade à travers les rues encore très animées de cette ville qui ne dormait jamais vraiment.
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Allongé dans son lit, Finch guettait les bruits de la maison. En vain. Tout était silencieux. Surtout, aucun son ne venait de la chambre voisine. Perturbé, il décida d'en avoir le cœur net. Cela faisait une demi-heure, John devait être couché. Il se glissa précautionneusement hors de sa chambre et vit que la porte de la seconde était entrouverte. Il la poussa légèrement, scruta l'obscurité et comprit vite que la pièce était inoccupée. Le lit n'était même pas défait.
-« Où est-il ? » s'interrogea l'informaticien. Il hésita une minute puis se décida à descendre. S'il le trouvait en bas, bien réveillé, il trouverait toujours une excuse. En avançant il remarqua qu'il n'y avait aucune lumière. Il passa la tête dans le salon, espérant trouver son compagnon assied dans le canapé mais là encore la pièce était vide. Mû par une intuition il se tourna vers l'entrée et remarqua aussitôt l'absence du manteau de John à la patère.
-« Il est parti » murmura t-il déçu. L'instant d'après il s'inquiétait déjà : « où est-il allé ? Dans son loft ? Ou ailleurs ? Et pourquoi ? Pour le fuir peut être ? Parce qu'il était contrarié ou blessé de son attitude ? » Dans ce cas il n'avait pas dû rentrer chez lui pour qu'il ne le retrouve pas. Il avisa alors qu'il manquait une autre présence. Bear n'était pas là lui non plus. « Il l'a emmené ? » Son cœur manqua un battement à la pensée qu'il puisse avoir décidé de retourner vivre dans son loft. Sans lui. « J'ai peut être été un peu dur » se morigéna t-il « Mais cela ne mérite pas une séparation ! ». Il décida de s'asseoir un instant dans le canapé pour réfléchir. Si John était parti pour de bon qu'adviendrait-il de leur histoire ? Et de leur mission ? Comme d'habitude son pessimisme l'emportait et lui faisait imaginer le pire en premier.
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Lorsqu'il revint deux heures plus tard, Reese se sentait nettement plus serein. Cette balade à travers la ville lui avait fait du bien. C'était apaisant. Et il avait eu le temps de vraiment réfléchir. Cette fois il s'était montré vraiment trop protecteur avec son partenaire. Il devait le protéger mais pas l'étouffer. Il en avait déduit qu'il lui faudrait se montrer vigilant à ce sujet. Finch lui s'était montré un peu trop véhément dans sa réaction, mais si cela l'avait blessé à ce point cela prouvait seulement à quel point il l'aimait. John était bien décidé à provoquer une bonne discussion entre eux et le plus tôt serait le mieux pour mettre fin à cette tension latente. Ce genre d'initiatives avait toujours un résultat positif. Il pourrait lui préparer son petit déjeuner et en discuter à ce moment là ?
Bear le précéda dans la maison. Il le vit marquer un temps d'arrêt sur le seuil du salon puis s'avancer tout droit. L'ex agent le suivit.
-« Ton panier est à droite Bear. Ne vise pas le canapé, sinon… » Il n'acheva pas sa phrase comme il venait de remarquer la silhouette allongée dans le fauteuil « Mais que fait-il dans le salon ? » S'interrogea t-il perplexe. Il hésita un instant. Il risquait peut être de se faire rembarrer à nouveau mais il n'était pas question qu'il le laisse dormir dans ce canapé où ses vertèbres ne seraient pas suffisamment soutenues ! Il s'approcha et s'accroupit près de son compagnon.
-« Finch ? » chuchota t-il « Harold réveillez vous » il posa une main sur sa joue, la caressant doucement de son pouce. L'informaticien ouvrit les yeux, cligna des paupières un instant puis le fixa.
-« Vous êtes revenu ? » demanda t-il aussitôt.
-« Bien sur » répondit Reese surprit « j'avais juste besoin de me balader un peu » Il remarqua l'air perturbé de son compagnon « Qu'avez-vous imaginé Harold ? » demanda t-il perplexe.
-« Je… J'ai cru que vous étiez… retourné chez vous »
-« Pourquoi irais-je au loft puisque vous êtes ici ? »
Finch baissa la tête. Reese eut un mince sourire.
-« Vous avez encore laissé votre imagination s'emballer ? »
-« J'ai été un peu dur avec vous. Vous pourriez m'en vouloir »
-« Non. Moi j'ai été trop envahissant à vouloir vous protéger à tout prix. J'ai oublié que vous pouviez parfaitement vous débrouiller seul et surtout que vous sauriez me dire si quelque chose n'allait pas » Il prit sa main dans les siennes « Mais je n'ai jamais douté de vous Harold. Ce n'est pas un manque de confiance. Vous ne devez pas croire cela. C'était juste la volonté de vous préserver »
Finch posa sa main libre sur celles de son compagnon.
-« Je sais John. Je connais vos motivations. Je suppose que je suis trop habitué à me débrouiller seul. J'ai oublié que parfois on peut aussi laisser un autre veiller sur soi »
-« Vous n'avez pas réellement cru que je pouvais vous quitter ? »
-« Non. J'ai paniqué. Mais je réalise que c'était stupide de ma part »
-« Nous sommes un couple Harold. Je ne vais pas retourner vivre ailleurs au premier accrochage. D'ailleurs il n'y a plus de "chez moi" ou de " chez vous ", c'est vous qui me l'avait dit ! »
-« Il n'y a qu'un chez nous » approuva Finch.
Reese sourit.
-« Nous ferons face ensemble et nous réglerons le problème ensemble »
Finch lui rendit son sourire.
-«Bien sur » approuva t-il
-« Alors nous sommes d'accord ?»
-« Oui »
Reese posa ses lèvres sur les siennes et Finch lui rendit son baiser.
-« Maintenant vous allez quitter ce canapé qui blesse vos vertèbres et regagner votre lit » affirma l'ex agent en glissant un bras autour de lui pour l'aider à se redresser.
-« Vous recommencez à me ménager ? » le taquina l'informaticien.
-« Cette fois c'est justifié »
Il l'aida à se lever et le prit dans ses bras.
-« Je vous veux en pleine forme alors au lit ! Et si vous résistez je suis capable de vous porter jusque là ! »
-« Je n'y étais pas bien installé » chuchota Finch en se blottissant contre lui.
-« Vraiment ? »
-« Sans vous, il est trop froid »
-« A qui la faute ? Vous m'avez fermé votre porte ! »
-« Vous l'aviez mérité » répliqua Finch boudeur.
-« La prochaine fois je l'enfonce » menaça Reese d'un air convaincu.
-« Oh ! Vous ne pouvez pas faire cela ! »
-« Bien sur que je peux !, si c'est pour vous retrouver ce n'est pas une simple porte qui m'arrêtera »
-« Et après m'avoir retrouvé, vous ferez quoi ? » demanda l'informaticien en glissant ses bras autour de son cou.
-« Je m'installerais près de vous et je vous réchaufferais » répondit Reese en l'embrassant.
-« En me ménageant bien entendu ? »
-« Je n'en ai plus trop envie mais je suppose que je pourrais faire un effort » Jugea l'ex agent.
Finch pinça les lèvres.
-« Si vous faite ça je vous envoi dormir à l'hôtel ! » protesta t-il
John eut un petit rire. Il lui donna un autre baiser.
-« Et si j'oublie mes précautions ?» murmura t-il contre ses lèvres. Il se pencha davantage et lui chuchota à l'oreille « Et si je vous fais l'amour jusqu'au petit matin ? »
-« Alors je vous garderais près de moi » soupira Finch.
-« Je ne vous laisserais pas un instant de répit » le menaça Reese
-« Moi non plus » le défia son partenaire.
-« C'est ce que nous allons voir. Vous céderez le premier ! »
-« En êtes-vous sur M Reese ? »
-« En tout cas je relève le défi !» répondit John en l'entrainant vers l'escalier.
