CHAPITRE 3: IN THE DARK
Le lendemain, le doux son du téléphone me réveillai. Je bondis hors du lit et fonçai vers le combiné. La pendule du hall indiquait 8h00. Me remémorant les évènements de la veille, je crains le pire.
" - Fred?!
- Non, ici Docteur Simons. Vous êtes bien Mr Bailey?
- Heu oui, excusez-moi j'attends des nouvelles d'un ami.
- Ca ne fait rien. Je vous appelle pour vous informer de l'état de votre fils. Nous allons devoir le garder plus longtemps que prévu. Il a fait une crise vers 2h cette nuit. Pour ne prendre aucun risque nous préférons rallonger son séjour parmi nous.
- Bon très bien... Quand pourra t'il rentrer?
- C'est à nous de voir. Aussi j'aimerais clarifier une chose avec vous.
- Allez-y.
- Nous avons remarqué plusieurs traces de coups sur son corps mais nous avons également constaté qu'il s'est brisé deux côtes par le passé. Vous avez une explication à nous fournir Mr Bailey?
- Le fumier...
- Je vous demande pardon!
- Excusez-moi, je ne m'adressais pas à vous. C'est son père... Il devait sûrement le battre lui aussi... Je suis le nouveau compagnon de sa mère. Tous deux se sont enfuis de chez lui et logent désormais chez moi. Croyez moi je n'ai rien à voir dans tout ça. J'ai moi-même subi ses coups, demandez au docteur Diederick, c'est lui qui fut chargé de me rafistoler...
- Très bien je lui demanderais. En ce qui concerne votre amie...
- Je passerais la prendre dès que j'aurais un moyen de transport ne vous en faîtes pas.
- Pas la peine, nous avons aménagé une chambre pour elle et l'enfant. Ce petit... Comment dire... Il est traumatisé, il ne supporte pas d'être séparé de sa mère. C'est pourquoi afin de ne pas aggraver son état nous avons permis à Mme Fitzgerald...
- Mme Fitzgerald?!
- Oui votre amie, Mary si je ne me trompe pas?
- Oui, oui... Donc vous disiez?
- Oui, donc, nous avons permis à votre amie de rester auprès du petit. Le stress n'est pas bon pour un enfant surtout lors d'un séjour à l'hôpital. Vous pourrez passer quand vous voudrez et nous vous tiendrons au courant de son état si vous ne pouvez vous déplacer.
- M-merci docteur... S'il vous plaît dîtes-leur que je les aime, tous les deux...
- Ce sera fait monsieur. Je dois vous laisser, au revoir.
- Au revoir docteur. "
Je lâcha le combiné, collai mon dos au mur et me laissai glisser jusqu'au sol. Ce "Fitzgerald" je l'avais déjà vu quelque part... Sur la fiche d'accusation de Jeremy. Alors non seulement elle lui avait donné un enfant mais également sa main... Et elle ne m'en avait rien dit. Ah! J'aurais eu l'air fin le jour de ma demande! Vous imaginez! " Chérie veux-tu m'épouser? - Ah bah non désolée je suis toujours mariée à l'autre con en prison! " J'étais sur le cul, littéralement. J'ai bien mis dix minutes à digérer la nouvelle. Et puis je me suis relevé et dirigé vers la cuisine afin de préparer mon petit déjeuner. Le café chauffait doucement, mes toasts bondirent du toaster. Cette journée aurait pu ressembler à toutes les autres... Si seulement... Le tout sur un plateau, je pris la route du salon. Soudain tout me revint à l'esprit. Fred, le taré, Terry, le morceau de papier! Je déposai mon appétissant plateau et dépliai le papier.
" Voir au premier resto. Cave. Retour à la case départ. "
Le retour à la case départ était souligné plusieurs fois. Cela n'avait aucun sens, je m'y trouvais justement pas plus tard que la veille avec Mary et le petit! Comment aurais-je pu ne pas les entendre si elles s'y trouvaient?! Soudain ce fut le déclic! L'orage! On entendait rien! En revanche, Mary et le gosse auraient dû les entendre durant le laps de temps où je suis allé chercher de l'aide! À moins que... Je préférais ne pas y penser... Je devais m'y rendre! Mais sans voiture, ça risquait d'être compromis. Avec un peu de chance Rosie allait me préter sa voiture si je lui faisais mon plus beau sourire. J'abandonnai mon petit déj' encore fumant, m'emparai de la première veste venue et fermai la maison. Direction la boutique de Rosie. Les rues commençaient à se remplir de parents accompagnant leurs enfants à l'école. Je m'imaginai déjà accompagner Rodrigue à l'école... Je souriai inconsciemment alors que la situation était des plus graves. Je devais permettre à Fred de pouvoir continuer ce trajet avec sa fille... Et pour ça, c'était à moi de la retrouver... Rosie ouvrait sa boutique au moement où j'arrivai.
" - Mon Vinny! Quelle bonne surprise! Quel bon vent t'amènes?
- J'aurais besoin d'un petit service Tatie?
- Je t'écoutes mon grand, de quoi as-tu besoin?
- Il me faudrait ta voiture. J'ai eu accident hier et la mienne est actuellement logée sous un tron d'arbre...
- Oh mon Dieu! Mary et le petit vont bien?!
- Oui ils ne sont pas blessés, heureusement... En revanche Rodrigue nous a fait une violente crise d'asthme et Mary est avec lui à l'hôpital.
- Oh mon dieu! Tu veux ma voiture pour aller les voir? Tiens mon grand, voilà mes clés, je suis garée là-bas. Gardes-là aussi longtemps que tu veux, je n'en ai pas besoin avant jeudi.
- Merci Tatie je te revaudrais ça, je te le promets!
- Aller! Files mon grand embrasses-les de ma part! "
Je courai vers sa voiture, démarrai en trombe et pris ma route du vieux restaurant abandonné. Tout pouvait être qu'une question de minutes. Si elles se trouvaient bien là, je ne pouvais plus attendre. Et par la suite m'attendai le cas Bisham... Tout cela ne présageait rien de bon. Arrivant devant l'épave qu'était ma pauvre Titine, que personne n'avait déplaceé malgré les multiples signalements, je me garai sur le bas-côté et m'engouffrai dans la forêt quand soudain je réalisai. Je n'avais rien sur moi pour me défendre en cas de besoin. Quand vint l'image de la clé à molette de la veille! Je continuai à enjamber les branches, les troncs, les ronces, écrasant au passage des dizaines de champignons vu l'odeur qu'il se dégageait depuis quelques mètres. En effet le coin était réputé pour ses satyres puants, Fred et moi avions eu la malchance de nous vautrer en plein dans un coin de satyres durant une de nos courses de rallyes, à VTT bien sûr. L'odeur qui se dégageait de nous fit partir tous les clients ce jour-là! Ma mère et sa grand-mère nous avaient passés un de ces savons! Au sens propre comme au figuré! On dégageait une odeur de charogne à kilomètres à la ronde. En revanche l'odeur que je sentai en traversant cette forêt semblait devnir encore plus forte et bien plus nauséabonde à l'approche du restaurant - Ptié non! - pensai-je. Je courai de plus belle, sans oublier de passer chercher la clé à molette. À bout de souffle j'arrivai à l'appentis. Je franchi le pas de la porte avant que ne s'abatte la-dite clé sur mon crâne...
À mon réveil je sentis le goût du sang dans ma bouche. Je voulu m'essuyer mais mes mains étaient attachées. Mes chevilles aussi d'ailleurs. J'étais assis et attaché à une chaise. Mon crâne me faisait un mal de chien, je manquai de m'évanouir pour la seconde fois mais un rictus malsain dans la pénombre m'en empêcha.
" - Alors Pru-pru! On n'a pas pu s'empêcher de jouer au héros? Comme ça c'est chevaleresque tout ça! Rah! Tu me donnes des frissons!
- Encore toi...
- Et oui! C'est moi! Je t'ai manqué n'est-ce pas? C'est pour ça que tu es revenu? C'est pour me voir...
- Où sont-elles?!
- Cachées! Comme nous deux d'ailleurs...
- Je ne rigole pas! Que leur as-tu fais?!
- Oh! Que monsieur est rabat-joie! Je t'ai dis, je les ai cachées!
- Je vais te faire goûter à mon poing dans ta sale petite gueule...
- Oh oui! Frappes-moi dans la bouche grand fou! Mais que vas-tu faire Pru-pru? Tu es pieds et poings liés! Autrement dit, tu es à ma mercie... - il sortit de la pénombre et me souriait affreusement.
- Ne t'approches pas!
- Oh! Mais c'est qu'il mordrait l'animal!
- Pourquoi t'en prendre à elles?!
- À ton avis petit génie? Elles sont son bonheur! Et moi je ne veux que sa douleur!
- Mais pourquoi?!
- Pourquoi?! Tu veux vraiment savoir pourquoi?! Il y a 19 ans ce salaud et ses copains se sont amusés à se passer ma mère! Tour à tour ils lui sont passés dessus! Elle a eu beau, se débattre de toutes ses forces, hurler, les supplier! Pas un ne l'a écoutée! Ils se sont "amusés" avec elle toute une nuit comme ça! Ici même! Dans cette maudite cave!
- Écoute, je comprends... En rien je n'excuserais la conduite de Fred, mais Terry n'est qu'une enfant et sa mère une vieille femme fatiguée... Elles sont innocentes!
- Et ma mère alors?! Elle ne l'était peut-être pas à 15 ans! Sa mère! Parlons-en! Cette vieille folle l'a envoyée se faire foutre le jour où elle s'est pointée avec moi dans les bras!
- Attends tu dis qu'ils étaient plusieurs! Alors pourquoi t'en prendre à Fred en particlier?!
- Ce jour-là, ce con a commis la seule erreur qu'aucun des autres n'a fait... Jouir dans ma mère!
- Merde...
- Ca tu peux le dire! Aujourd'hui tu as devant toi le fruit d'un viol collectif et sans ce con, ma mère n'aurait jamais été vengée! Pour ça je lui suis reconnaissant, grâce à lui tous les autres y sont passés... Couteaux, hâche, tout objet contendant fit l'affaire... Malheureusement pour lui il est le dernier et l'instigateur de tout ça, alors il va souffrir plus que les autres! C'est dans l'ordre des choses mon cher!
- Tout ce que tu viens de m'exposer est horrible, certes. Mais je t'en prie ne fais pas de mal à Terry...
- Et la mère de Fred?
- À l'odeur qui se dégage d'ici, j'imagine qu'il ne sert plus à rien de te supplier...
- Hey bravo Sherlock! Mais comment savais-tu que cen'était pas le cadavre de Terry?
- Parce qu'elle est derrière toi.
- Hein? Qu'est-ce que tu... "
Je bondis sur lui encore attaché et mis tout mon poids sur lui. Avec le renfort de la chaise je m'efforçai de l'écraser contre le sol. Il hurlait, se débatait et soudain me fit rouler. Dans ma chute, l'un des pieds de la chaise se brisa et libéra ma cheville. Il revint à la charge armé de la clé que je fis valser du pied gauche. Il attrapa son poignet et lâcha un juron. Dans l'action ma main droite se libéra. Je m'en servis pour me débarasser du lien qui maintenait encore ma main gauche. Malheureusement, Julian chargea de nouveau avant que je n'ai pu entamer le lien. Un coup de pied dans le ventre me coupa le souffle. Je parvins finalement à libérer ma seconde main avant de me prendre un nouveau coup dans le visage. Je me saisis de son pied et le fit chuter. Un grand coup de pied dans le dernier lien qui retenait ma cheville prisonnière. J'étais enfin libre de mes mouvements, l'autre se releva furieux et vint m'empoigner et me plaquer au mur. Le choc me coupa de nouveau le souffle.
" - Alors p'tite prune! On se rebiffe! J'aime ça! "
Il renforça son emprise sur moi. Il me pressait contre le mur de tout son poids. Aucun doute, il était bien le fils de Fred il avait hérité de sa force le salaud! Il rapprocha dangereusement son visage du mien et vint m'embrasser dans le cou. Sous l'effet de la surprise mon genou aterri en plein dans ses parties. Il se retrouva à genoux.
" - Hum... Cette vue la n'est pas désagréable non plus... "
Il tenta une nouvelle approche et me fixait d'un regard lubrique. Je l'empoignai et le relevai afin de lui asséner un nouvel upercut. Sonné il vola en arrière et avant qu'il ne se redresse je bondis sur lui. Une clé de bras pour le maîtriser, il était enfin immobile.
" - Maintenant tu vas me répondre! Où es Terry ordure!
- Vincent!
- Terry! "
Le choc me fit lâcher ma prise. Lui en profita pour m'envoyer un bon coup de coude en plein dans la mâchoire. Il hésita quant à sa prochaine action. Moi au sol, il fixait Terry d'un air malsain. Il commença à escalader l'escalier de la cave en direction de la lumière, là où se trouvait Terry.
" - TERRY! COURS!
- HIII! "
Il n'eut le temps que d'arriver à la moitié de l'escalier que je me saisis de l'un de ses pieds lui faisant perdre l'équilibre. Il tomba à la renverse et tomba dans un bruit sourd.
" - Vincent?
- J'arrive ma puce! N'aies pas peur j'arrive!
- Mamie, Vincent... Elle sent pas bon... "
Je montai l'escalier encore groggy, Terry était bien là. Elle était toute pâle dans sa jolie robe néanmoins crasseuse. Elle portait des traces de larmes et de morves, témoignage de la peur dont elle fut victime durant son macabre séjour. Elle me tendait les bras. Je la pris dans les miens.
" - Vincent, on ramène pas mamie?
- Non ma chérie, on ne ramène pas mamie...
- Mamie elle bouge plus depuis plusieurs jours et elle commence à sentir pas bon. Il faut qu'on la lave et qu'on la soigne!
- On va s'occuper de toi d'abord ma puce d'accord. - on arrivait enfin dehors, Terry ne put s'empêcher de se protéger les yeux - Ca fait combien de temps que tu es là ma puce?
- Je ne sais plus, il faisait tout le temps nuit en bas.
- On va rentrer ma chérie, papa t'attends... "
Je la portai jusqu'à la voiture de Rosie. Entre temps, ma Titine avait disparue. Voilà qui allait nous éviter un détour inutile. Sur la route, Terry s'endormie tout cela avait du être éprouvant pour une enfant de son âge... Après quelques minutes nous arrivâmes enfin chez Fred. Je découvris mon ami, allongé au sol inerte. Je quittai précipitemment la voiture et vint à sa rencontre.
" - Fred! Fred! Bordel! Réponds-moi!
- Vince...
- Elle est avec moi, Terry! Je l'ai retrouvée! Elle va bien!
- Papa!
-Ma chérie! - il se releva subitement.
- Elle était bien là-bas! Le papier! Tu avais raison!
- Qu'est-ce que tu racontes? Où était-elle?
- Mais si tu le sais bien! Le papier! : Voir au premier resto. Cave. Retour à la case départ. Tu ne t'en souviens pas?!
- Je n'ai jamais écris ça... J'avais écris: Ne t'en mêle pas, préservez-vous toi et ta nouvelle famille. Soyez heureux... Le fumier! Il a du échanger mon mot avec un autre... Pour t'avoir toi ausi!
- Tout ce qui compte c'est qu'elle est rentrée! Terry est là! Comme je te l'avais promis!
- Et ma mère? - je le regardai et lui désignai Terry - Je vois... Ma chérie, on va aller te nettoyer et tu vas aller faire un gros dodo d'accord?
- Oui papa... J'ai eu peur... Il faut pas oublier d'aller chercher mamie. Elle est malade et elle sent pas bon non plus.
- On va s'en occuper ne t'en fais pas ma chérie, mais toi d'abord...
- D'accord... "
J'aidai mon ami à se relever, sa fille dans les bras. Je lui fis signe que je l'attendais dehors. Il hocha la tête.
Dans quoi m'étais-je embarqué... Ma vie commençait enfin et voilà que je mettais tout en péril avec une histoire de viol datant de 19 ans, 2 cadavres sur les bras et une petite fille séquestrée et traumatisée à jamais... Il fallait que l'on trouve une solution, et vite...
