CHAPITRE 6: LOST
Terry hurla. Je lui fis signe de m'attendre dehors. En panique, je ne me rendis pas compte de suite que je venais de lui hurler dessus, pauvre gosse... Je courus jusqu'au salon. Là sur la table, une lettre et au sol, mon ami qui gisait dans un bain de sang... Il avait choisi sa punition et je l'y avait iconsciemment poussé. Mort de peur, je lui hurlai son nom, dans l'espoir qu'il me réponde. - Fred! Fred! Fred! - Ai-je répété à m'en briser la voix. Une balle dans la tempe. Du sang partout. Je le secouai frénétiquement. - Réveilles-toi enfoiré! Me laisses pas! - Hurlais-je. Mes mains tremblaient, j'étais transi de froid. Mes forces m'abandonnaient. Je pris le corps sans vie de mon ami, de mon frère, contre moi... - Réveilles-toi... - Rien. Le sang continua de couler sur moi et se répandit autour de moi. Je baignai dans le sang, hurlant à l'aide... Terry apparue dans l'encadrement de la porte.
" - N'approches pas! Ne regardes pas ma puce! "
La porte s'ouvrit. Terry les yeux noyés dans les larmes accouru vers son père.
" - Recule! Sors d'ici! Va me chercher le téléphone! "
Elle pleurait, hurlait de toutes ses forces. Elle était incapable de stopper ses larmes et ses sanglots. Elle sortit de la pièce et couru je ne sais où. Elle revint avec le téléphone. Je composai le numéro des urgences.
" - C'est... C'est mon ami! Il-il s'est tiré une balle! ... Du sang! Du sang partout! - je n'arrivais pas à formuler mes phrases, cela ressemblait plus à un débit de mots qui sortaient au hasard - Je vous en prie envoyez quelqu'un! "
Le reste de la conversation fut aussi saccadée, je parvins tout de même à leur donner l'adresse. Terry pleurait toujours. Je ne parvenai pas à me lever. Mes jambes ne me portaient plus. Seules mes mains s'aggripaient encore au corps lourd et inerte de Fred. Crispés et gelées, même avec la plus grande volonté, je ne pus les en séparer. Terry se tenait là, contemplait la scène, trempée par ses larmes. Quelques minutes plus tard une ambulance et trois voitures de police arrivèrent. Les policiers entrèrent les premiers leurs armes à la main. Terry fut terrifiée. Elle se blottit contre moi. À la vue du spectacle, ils rengainèrent leurs foutues armes. Ils firent signe aux ambulanciers d'entrer. Deux d'entre eux me relevèrent par les aisselles et m'accompagnèrent jusqu'à l'entrée. Mes jambes ne me tenaient plus du tout, je m'affalai dans la cour. À genoux, mes larmes trempèrent le gravier qui se fonçait petit à petit. Tout était de ma faute. C'était moi qui l'avait poussé à se rendre. C'était moi qui avait refusé de l'aider à passer tout ça sous silence. Terry avait perdu son père par ma faute... À la vue du brancard et la housse mortuaire dans laquelle ils avaient mis Fred, j'eus un haut le coeur, pour la troisième fois de la journée je rendis mes tripes sur le sol. J'étais en proie à la culpabilité. Ce sentiment, si fort, qu'ilvous ronge les entrailles de l'intérieur... Dans un ultime espoir de réponse, je tendis ma main vers l'ambulance - Fred...
Après ça, les flics m'embarquèrent. Terry fut emmenée dans une autre voiture. Pauvre gosse... Jamais elle n'aurait du voir ça... On me remit des vêtements propres, les mens pouvant leur servir pour l'enquête et il fallait avouer que je n'avais aucune intention de les reporter un jour... Je fus interrogé quant au faits qui conduisirent Fred à commettre l'irréparable. Je leur contai le plus important. Il n'avait pas besoin de savoir pour l'effet que je faisais à ce taré. Il me fallu leur donner sa description. Il était plutôt grand, très mince, s'en était presque cadavérique et revêtait un look plutôt singulier. Pour l'époque c'était assez étrange. Aujourd'hui c'est devenu banal! M'enfin! Il était habillé d'un jean déchiré, qu'il devait le traîner depuis un bon moment... D'un sweat à capuche et d'une espèce de doudoune à laquelle il avait coupé les manches. Le jour où je l'ai vu pour la première fois, il portait une casquette le tout sous sa capuche. Ce n'est que le jour où nous nous somme battus que j'ai pu distingué les traits de son visage. Il avait la peau d'une paleur fantomatique et malgré son jeune âge, des yeux cernés qui renforçaient son côté malsain. Sa lèvre inférieure portait un cicatrice allant jusqu'à mi-menton et était placée entre deux piercings. Ses cheveux bruns en bataille cachaient en partie ses yeux verts d'une lueur malsaine... Rien qu'à son souvenir j'en ai encore des frissons... D'horreur! Attention n'allez pas croire autre chose! En bref une fois sa description terminée, l'agent en charge de l'affaire il l'entra dans sa base de données. Entre temps lui demandai où était Terry. Il ne me répondit pas.
Apparemment il n'était connu d'aucune préfecture. De par son statut d'enfant non désiré, sa mère n'a pas du vouloir se casser la tête à le faire recenser. Dommage pour nous, pratique pour lui. Il n'était qu'un fantôme. Ce nom ne valait pas grand chose. Ils pouvaient chercher du côté de sa mère, mais là encore, ils doutaient de l'utilité de la chose. Ils m'assurèrent pourtant de le faire. Je fus relâché un peu après 20h une fois mes effets personnels restitués... J'avais raté le repas avec Mary et le gosse... Je n'avais plus la tête à rien, je voulais juste rentrer chez moi et finir la bouteille de ce vieux Jack Daniels... Dans les couloirs du comissariat, je croisai le jeune cadet de la dernière fois.
" - Ah! Mr Bailey! Je voulais vous voir! Nous avons réussi! L'ex-époux de votre amie est derrière les barreaux pour 5 ans! - soudain je fus pris d'un accès de colère.
- Bravo! Félicitations! Ca me fait une belle jambe! Je me fous bien ce salopard! Tout ce que je veux c'est que l'on me dise où est Terry!
- Terry? M-Mr Bailey...
- Mais fermes-là! Avec ton Mr Bailey! Fermez tous vos grandes gueules là-dedans! Vous arrivez toujours trop tard! Avec vos gros flingues pointés sur une gamine! Vous n'avez pas honte de ce que vous-êtes?!
- Je ne comprends pas... - le vieux Smith sorti de son bureau et posa une main sur l'épaule du cadet.
- Laisses-le... Je t'expliquerais...
- C'est ça! Expliquez-lui votre incompétence! Il a tant à apprendre de vous et votre équipe de branques! Dîtes-moi où est ma filleule!
- Elle est entre de bonnes mains. Une fois que cette affaire sera réglée, nous prendrons contact avec vous.
- Vous savez-quoi? Allez vous faire mettre! "
Je pris la porte fou de rage. Une fois dehors, je scrutai le ciel. Il faisait nuit. Les étoiles brillaient au-dessus de ma tête. Et pourtant toute cette beauté ne suffit pas à m'apaiser. L'hôpital n'étant pas loin du commissariat, je pris la décision de récupérer la voiture de Rosie et rentrer chez moi. La nuit s'annonçait longue... Oh oui! Très longue... Je commençai ma route, éclairé tantôt par la lumière de la lune, tantôt par celle des lampadaires. Sur le chemin je croisai un clochard, endormi et visiblement transi de froid. Il me restait un peu de monnaie, ce serait ça de moins dans le bocal à juron de Rosie... Au son des pièces qui tombèrent parmi une où deux autres dans son gobelet, il se réveilla et relevai son chapeau. Il me sourit, moi je n'en avais pas le coeur.
" - Pour un bon café chaud...
- Merci. La nuit va être longue avec ce froid, enfin, comme toutes les autres...
- À qui le dîtes-vous... Bon courage monsieur...
- Prenez soin de vous jeune homme!
- Vous de même... "
Je repris ma route, les mains dans les poches. Mon corps tout entier me paressait de plus en plus lourd à chacun de mes pas. Sur le chemin, je passai devant la boutique de Rosie. Je restai planté là comme un con. - Je sonne ou pas? - Hésitation. Je repris ma route. Mon esprit était ailleurs. Pourquoi ne m'avaient-ils pas dit où se trouvait Terry? Voulait-elle encore me voir? Comment allait-elle? Tant de questions qui bousculèrent mon esprit déjà à l'Ouest... Et je continuai ma route, inlassablement. Elle me parut longue, si longue... Avant d'arriver à l'hôpital, j'aperçu le cimetière où reposaient mes parents. J'eus un pincement au coeur. Eux aussi connurent Fred, jamais ils ne l'auraient soupçonné d'être coupable de ce genre d'affrosités... Heureusement, ils n'étaient plus là pour le savoir. Fred allait être enterré avec sa femme, quand? Je l'ignorais encore, la police ne sétait pas montrée très coopérative avec moi. J'écrasai une larme fuyante sur ma joue et repris ma route. Sur le parking, il ne restait plus que la voiture de Rosie. Le coffre était entrouvert - Sûrement un problème de serrure... - Je le claquai et il se referma. L'enjoliveur côté passager était enfoncé.
" - Putain! Mais qui est le con qui a fait ça?! "
Bien sûr, pas de réponse. Je pouvais bien rêver. Il n'y avait plus qu'à amener tout ça à réparer avant de rendre sa voiture à Rosie. Les clés dans le contact, la voiture démarra. En route vers chez moi. Ma tête me fasait un mal de chien, l'éclairage des lampadaires m'aveuglaient par moment. J'en voulais à la terre entière. Vraiment, je ne savais pascomment faire face à la situation. Fred était mort, sa femme aussi et Julian toujours dans la nature. Terry, certainement terrifiée quelque part... Mary devait être furieuse après moi, et moi? Et bien j'étais seul, seul face à tout ça. En peu de temps je fus chez moi. Jamais ces marches ne parurent aussi hautes. Tout ce que je voulais c'était rentrer chez moi, m'allonger et cesser de penser à tout ça, mais mon esprit lui en était purement et simplement incapable. Arrivé en haut, je sortis mes clés mais mes yeux embrumés me firent rater à plusieurs reprises la serrure. Dans un élan de colère je frappai la porte.
" - Putain de merde! "
Puis finalement je réussis à rentrer, claquant la porte derrière moi. Dos à celle-ci, je me laissai glisser jusqu'au sol. J'en pouvais plus, tous ces évènements semblaient me tuer à petit feu. Je sentais mon coeur prêt à exploser, je serrai les dents pour ne pas me laisser envahir par la douleur qui faisait battre mes tempes. Tout mon corps semblait être envahi par la haine et la colère. La rage m'envahissant, je poussai un hurlement de colère et de désespoir. Furieux, je commançai à parcourir toute la maison, pris des bibelots, les renversai, j'envoyai les tabourets de bar valser. Quand je fus epuisé, je m'affalai dans le canapé, la main sur mes yeux... Je ne voulais plus rien voir, j'avais vu trop de choses horribles au cours de cette journée. Tout ce sang... Le sang de mon ami qui s'était déversé sur moi, sous les yeux de sa propre fille... J'en étais malade! La bouteille de la veille était toujours sur la table basse... Je partis me chercher un verre, m'en servi un, deux, trois... Je ne les comptais plus... Malgré ma vue troublée, je parvins jusqu'à ma ch ambre, tombai sur le lit, à bout de force et me laissai sombrer...
Un bruit sourd résonna jusqu'à mes oreilles, une migraine avait altéré le son. Il s'agissait du téléphone. Les yeux embrumés je tâtai les murs jusqu'à trouver la porte de la chambre. Sur le chemin, le pied eu le plaisir de rencontrer le pied d'un malheureux tabouret de bar, le même ayant subi ma colère le soir même. Un juron sorti de ma bouche. Je parvins tout de même à atteindre le téléphone avant la dernière sonnerie. Un - Allo? - des plus frais sorti de ma bouche.
" - Vincent?! Où étais-tu hier?! Je t'ai appelé je ne sais combien de fois dans la journée!
- Écoute ma chérie, je t'expliques tout dès qu'on se voit...
- Tu as fais la bringue avec Fred avoues-le! Ca s'entend à ta voix!
- S'il te plaît, je vais t'expliquer...
- Rodrigue a pleuré toute la soirée... - sa voix avait changée - Écoute, on a pas envie d'être des boulets à tes pieds. Si tu veux retourner à ta petite vie de célibataire tu n'as qu'un mot à dire.
- Fred est mort Mary. Il est mort.
- ... - silence - Comment c'est arrivé?
- Tu permets qu'on parle de ça à tête reposée? Je me suis fini au whisky hier, histoire de trouver le sommeil.
- D'accord... Excuse-moi, c'est juste que... Je...
- Je t'aime, d'accord? Tu ne pouvais pas savoir. Je viens vous voir dès que je me serais remis les idées en place, on fait comme ça?
- Ca me va... Moi aussi je t'aime.
- À tout à l'heure. "
J'avais raccroché sur des mots assez secs. Mais bon, comme je lui ai dis, elle ne pouvait pas savoir. En revanche, m'étais revenue cette histoire de mari. Elle était encore mariée à ce minable de Fitzgerald, et elle ne m'en avait rien dit... Je l'avais plutôt mauvaise, sans doute était-ce les dernières vapeurs d'alcool. Oui j'avais belle et bien la gueule de bois, pour quelqu'un qui avait soi-disant des ancêtres bretons, je ne faisais pas honneur à ma réputation... Et le joyeux foutoir mit la veille me ramena vite à la réalité. Après la prise d'une ou deux aspirines, je commençai à tout ranger, nettoyer, etc... Une fois la maison remise en ordre, j'allumai la télé, et découvris avec horreur à quel point les médias pouvaient être de vrais charognards...
" - Ici Erine Criss en direct du domicile de Fredéric Ernst, plus connu comme étant le gérant du restaurant familal: le Freddy Fazbear's Pizza. Nous venons d'apprendre sa mort ce matin. Selon les autorités, Mr Ernst aurait mit fin à ses jours par culpabilité. En effet, la police vient d'apprendre que cet homme dirigeant un restaurant pour enfant fut coupable d'un viol il y a de ça, une vingtaine d'années. La police est aujourd'hui à la recherche d'un individu nommé Julian Bisham, ce dernier étant coupable de multiples meurtres dont celui de la mère et de la femme de Frédéric Ernst, ainsi que de l'enlèvement et de la séquestration de leur petite fille. Aujourd'hui une question se pose? Continuerez-vous d'emmener vos enfants dans ce restaurant? Faîtes-vous toujours confiance à la firme Fazbear's Entertainment, après la découverte de ces faits? Et si oui, qui sera le futur gérant de ce restaurant déjà en difficulté? Autant de questions qui se soulèvent sont-elles bonnes pour l'image de la firme et celle du futur propriétaire? C'était Erine Cr... - je coupai la télé.
- Quelle bande d'enfoirés... Pourvu que Terry n'ait rien vu de tout ça... "
Décidément, je haïssai les médias, mais là, il faut dire qu'ils méritaient la palme des plus gros salopards que cette Tere n'ait jamais eu à porter! Et c'est toujours le cas cela dit! Mais, passons... Mary et Rodrigue m'attendaient eux. Je devais être là pour eux et continuer à avancer. Mais chaque pas devenait plus rude que le précédent, avec la mort de mon ami sur la conscience, comment pouvais-je ne serait-ce qu'avoir le droit de m'en sortir. J'avais la sensation de l'avoir moi même poussé dans la tombe et coyez-moi vous ne voulez pas savoir l'effet que ça fait... En partant je marchai sur un cadre, sans doute avait-il échappé à ma vigilance de lynx beurré de la veille. Le verre était brisé et la structure du cadre foutue, la photo elle n'avait rien, je l'attrapai, c'était une vieille photo... Une très vieille photo... Il y avait mes parents, moi, Fred et ses grands parents. Trop de souvenirs se trouvaient dans cette photo. Je la posai sur la table du salon, pris une veste, mes clés et pris la porte. J'avais terriblement besoin de les voir... Les serrer dans mes bras, me sentir utile. Mary et le petit m'avaient terriblement manqués. Durant la nuit, en cherchant désespérément Mary dans le lit, je me rendis compte de la place qu'elle et Rodrigue avaient pris dans ma vie. Désormais ils en faisaient partie intégrante, j'avais enfin le droit au bonheur. J'avais perdu un frère, certes, mais je ne pouvais pas me permettre de perdre ma famille. Celle qui jusque-là me paraissait futile, tant je ne savais plus à quoi ressemblait une famille. Mais aujourd'hui, j'en avais compris le sens et je désirais vivre ma vie avec eux. Mais je ne pouvais pas laisser Terry seule, personne ne m'avait donné de ses nouvelles. Me haïssait-elle? Elle aurait pu... Elle aurait du... Pour l'heure je n'en savais strictement rien, elle me paraissait loin, terriblement loin... La veille encore, je la tenais dans mes bras et le soir même, elle disparue de nouveau... Assis dans la voiture, je mis le contact et pris la direction de l'hôpital, il me tardait de les retrouver. Le chemin me parut moins long que la veille - Normal t'es en voiture andouille! - ai-je pensé. Enfin à destination, je repris le même chemin que la veille pour arriver à la chambre de Rodrigue. 3 coups, Mary ouvra, elle avait les yeux rougis et humides et se mordait sa lèvre inférieure toute tremblante. J'eus à peine le temps de refermer la porte qu'elle me serra contre elle.
" - Je suis désolée Vince... C'était ton ami, et... Et je n'ai rien trouvé de mieux que... - je l'interrompis.
- Chut... "
Je resserrai mon emprise sur elle, lui rendant son étreinte. La douceur de ses lèvres m'avaient tant maquée. Je l'embrassai, et posai sa tête contre mon torse.
" - Tu as vu les infos?
- Oui je les ais vues... Tu savais toi, pour... Enfin... Tu sais quoi? - Rodrigue dormait mais elle ne voulu pas prendre le risque qu'il entende parler de ce viol.
- Je l'ai appris hier... C'est en partie pour ça le bandage... "
Je lui racontai ma folle journée, accoudés au balcon de la fenêtre. Comment j'ai fait la connaissance de Julian, ainsi que de son passé et celui de mon ami, par le fait. Comment j'avais fait pour me retrouver avec ce foutu bandage. Pourquoi j'ai quitté l'hôpital aussi vite après m'être fait recoudre la caboche et aussi pourquoi Fred en était arrivé-là...
" - Mon chéri... Je m'en veux tu sais... Mais après toutes ces années... Je ne voulais pas commettre la même erreur...
- Tu veux dire que tu me croyais aussi con que l'autre?
- Non, ce n'est pas ce que je voulais dire... J'avais peur, peur rien de plus... L'abandon, la souffrance, je n'en veux plus...
- En parlant de ça... Ton mari en a pris pour 5 ans. - insistant sur le terme mari.
- ... - elle tourna la tête.
- Pourquoi tu ne m'en as pas parlé?
- J'avais honte.
- Tu imagines si javais appris ça plus tard, le jour de ma demande par exemple?! - elle se retourna.
- Tu es sérieux?
- Je ne dis pas ça pour maintenant, non... Mais imaginons...
- Je suis désolée... Mais! - je l'interrompis à nouveau.
- Il faudrait qu'on se charge de ça assez vite si tu veux mon avis... Pour le moment, j'ai bien envie de vous ramener tous les deux à la maison. Vous me manquez là-bas... - elle commença à pleurer.
- Je ne demandes que ça... "
Rodrigue toussa, Mary alla vers lui. Je restai adossé au balcon. Le petit s'était réveillé. Mary lui demanda s'il se sentait bien, lui, répondit qu'il était en pleine forme. Je lui fis "coucou" du balcon en souriant. Il me souria jusqu'au deux oreilles et sortit du lit et couru vers moi. Je l'attrapai et le pris dans mes bras. Ce petit bonhomme m'avait rendu le sourire en l'espace d'un instant... Je le serrai contre moi et lui me rendit mon étreinte. Mary observa la scène silencieuse, assise sur le lit, une larme au coin de l'oeil.
" - Vince? Pourquoi t'es pas venu hier?
- J'ai quelques problèmes bonhomme, rien de bien intéressant... "
Le médecin qui s'était occupé de Rodrigue l'avant-veille entra. Il nous observa un instant.
" - Mr Bailey?
- Oui.
- Mon confrère m'a confirmé vos dires. Je m'excuse de m'être montré insultant l'autre jour. Pour ce qui est de Rodrigue, il peut rentrer aujourd'hui si vous le souhaitez, à condition qu'il prenne convenablement son traitement.
- Très bien, merci. Alors? On rentre à la maison? "
