CHAPITRE 7: DEAR BROTHER

Rodrigue dans mes bras, Mary rangea leurs affaires. Nos adieux fais au docteur, nous sommes partis en direction de l'ascenceur. Rodrigue n'en était pas très fan vu comme il s'était pelotonné à moi. Mary nous regarda visiblement attendrie par la scène, tandis que moi... Et bien, je me sentai bien, étonnemment bien à la vue des derniers évènements... Mon mal de tête était passé, seul mon corps restait endolori par les différents coups de Julian lors de notre lutte. Mais mon esprit était enfin apaisé. J'allais rentrer chez moi, accompagné des personnes que j'aimais. Faire mon deuil, me reposer... À 25 ans, je me sentais déjà épuisé, épuisé par la vie, si seulement j'avais su! J'attendais un second souffle à cette misérable vie. Ce nouveau souffle se tenait devant moi... Mary, une femme douce, Rodrigue, un petit bonhomme adorable qui comme sa maman méritait un nouveau départ. Nous méritions tous un nouveau départ, ensemble... Les portes s'ouvrirent, Mary sortit la première, Rodrigue s'agrippa un peu plus, je le rassurai d'une caresse sur sa petite tête. Soudain sa tête retomba sur mon épaule, il s'était endormi. P'tit bonhomme, il était encore crevé... En route versla sortie, j'aperçu le vieux Smith de la veille. Était-il ici, pour moi? Pour Terry? Je devais en avoir le coeur net! Je fis signe à Mary de prendre le petit, elle déposa leur sac sur un fauteil et prit délicatement Rodrigue dans ses bras, sans le réveiller. Je lui montrai d'un mouvement de tête Smith, elle comprit et s'assit avec le petit. Smith n'était certainement pas là par hasard. D'un pas décidé je me dirigeai vers lui en un instant.

" - Qu'est-ce que vous foutez-là?!

- Ah! Bailey! C'est vous que je cherchais!

- Tiens-donc! Je vous préviens tout de suite! Si vous ne me dîtes pas tout de suite où est Terry... - il me coupa net.

- Donc j'imagine que vous ne voulez pas entendre parler de cette lettre? - il tenait la lettre encore souillée du sang de mon ami dans une pochette plastique.

- Vous n'en avez plus besoin?

- Que voulez-vous que l'on en fasse? On l'a examinée et on a rien pu en tirer. En revanche, son contenu vous concerne alors je serais vous je ne cracherais pas dessus. - il me tendit la lettre.

- Très bien, je la lirais... - je la glissai dans la poche intérieure de ma veste - Même si je vous avoues ne pas en avoir envie... Rien qu'à sa vue...

- Écoutez mon p'tit vieux, je comprends que la situation ne soit pas évidente pour vous... Moi-même j'ai perdu un coéquipier dans des circonstances vaguement similaires. Si je peux te donner un conseil, vivez votre vie maintenant. À ce que je vois là-bas - il désigna Mary et le petit - tu t'efforces de leur fournir une belle vie. Et c'est quelque chose qui je dois bien l'avouer, m'épate. Je suis sur le dossier de Mary depuis des années tu sais, et je dois dire, qu'elle nous en a fait voir de toutes les couleurs, mais la dernière fois que je l'ai vue, avant aujourd'hui, lorsque vous êtes venus pour la confrontation elle était transformée. Tu as eu une influence incroyablement positive sur elle... Sans toi, ils se seraient étripés elle et son abruti de mari, si on peut appeler ça un "mari". Je pense que tu as été l'élément déclencheur, celui qui lui a ouvert les yeux sur la vie et ce qu'elle pouvait lui offrir. À l'époque, elle venait après chaque coup, puis se rendant compte qu'elle n'avait nulle part où aller et que tôt où tard il la retrouverait, elle retournait toujours auprès de ce sac... J'ai vraiment essayé de l'aider tu sais et aujourd'hui, tu as fais plus que moi durant toutes ces années... Alors pour elle, merci...

- Je ne sais pas quoi dire... Dire que je vous prenais pour un sale con incensible! Je me suis sacrément trompé on dirait! Veuillez m'excuser...

- Ahaha! J'aime bien ta franchise gamin!

- Mais je dois vous avouer que je m'inquiète énormément pour Terry... Je vous en prie, dîtes-moi où est elle?

- Sois patient d'accord... Elle est encore sous le choc, elle est avec des experts en attendant que... Enfin... Tu sais, la pauvre gamine est traumatisée, une séquestration ne doit pas être prise à la légère, la psychée de l'enfant est fragile. Tout ce sang hier, elle t'a vu baigné dedans... On ne peut pas te la confier pour le moment bien que tu sois désormais son tuteur légal.

- Très bien... Elle me tient pour responsable, c'est ça?

- C'est encore trop tôt pour le dire. Elle s'est enfermée dans une sorte de mutisme. Ne t'en fais pas, je me chargerais de vous tenir au courant, s'il y a un éventuel retour chez vous...

- Merci... Et bien, sur ce je crois que nous allons rentrer, au revoir Smith.

- Bailey. "

Il prit la direction opposée à la nôtre, Mary s'approcha de moi, le petit toujours endormi. Je pris leur sac, lui fit signe que je lui expliquerais une fois à la maison et le gosse couché. Prêts à partir, elle passa sa main sur la mienne d'un geste rassurant. Elle me souria, je le lui rendis, nous étions partis. Sur le trajet, je sentai son regard pesé sur moi, je fis mine de ne rien voir, elle était probablement inquiète à mon sujet... Arrivés à la maison, elle s'occupa de coucher Rodrigue. De mon côté, je rangeai leurs affaires. Une fois Rodrigue endormi dans sa chambre, elle vint me rejoindre sur le canapé et se blottit contre moi.

" - Vince... Que t'as remis Smith tout à l'heure? - je sorti la lettre.

- Ce sont les derniers mots de Fred... Je t'avoues que je n'ose pas les lire... J'ai peur...

- Tu veux qu'on la lise tous les deux?

- Je préfèrerais attendre plutôt... J'aimerais profiter de vous avoir de nouveau à la maison, vous m'avez tellement manqué... - je la serrai contre moi, elle passa ses bras autour de ma taille.

- Tu m'as fais peur Vince... Te voir avec ce bandage plein de sang... Jamais je n'aurais imaginé Fred t'embarquer dans cette histoire de fous...

- J'ai insisté. Il n'était plus le même ces derniers temps, Julian devait être dans les parages bien avant tout cela... Il faut que je le retrouves... Tant qu'il sera dehors, Terry sera en danger. Ce type est un vrai malade...

- Tu ne peux rien faire qui ne te mette en danger toi aussi! N'oublies pas ce que tu portes depuis deux jours sur la tête, c'est à lui que tu le dois! Le docteur Diederick m'a dit que tu avais eu de la chance. À quelques centimètres près tu y passais... Je ne veux pas te perdre... - elle resserra son étreinte.

- Hé... - j'embrassai le haut de sa tête - Il ne m'arrivera rien, je ne suis pas fou non plus...

- Pas convaincue... Bon, et si je te changeais ton bandage tiens?

- Avec plaisir, mais avant je prendrai bien une douche. Ca doit bien faire 2 ou 3 jours que je n'en ai prise! Je dois commencer à sentir non?

- Pas plus que d'habitude petit crasseux!

- Peau de vache!

- Pardon?!

- Je t'aime ma chérie!

- C'est ça oui! Va te laver!

- J'y files maîtresse! "

Je retrouvai bien là, la Mary joueuse qui m'avait tant manquée... Cette touche de malice dans le moindre de ses faits et geste, rendait tout de suite le monde plus attrayant. Rien ne me paraissait impossible à ces côtés. Avant notre rencontre jamais je ne me serai douté que je puisse un jour avoir la chance d'être aimé par une aussi douce et belle femme. De plus, moi et les enfants, ce n'était pas vraiment ça, et pourtant Rodrigue était là... Comme quoi tout peut basculer du jour où lendemain... Et ça aujourd'hui, je ne le sais que trop bien... Passons! Devant le miroir je pris le temps pour défaire mon bandage et il faut dire qu'il était sacrément serré. Et pour cause, la lésion était assez impressionante, il avait dû y mettre du coeur l'enfoiré. Cela dit, la blessure était propre, ce qui loin d'être le cas des cheveux à proximité. Encore tâchés et collés par le sang. C'est alors qu'en me dévêtant, j'aperçu les marques des liens de l'autre jour. Ma peau était rougie et égratignée, elle avait gardé par endroit la forme de la corde, comme ancrée. Je me massai doucement les poignets, en effet ils étaient endoloris. Je n'étais pas un poids lourd, certes, mais je savais me défendre. Et pourtant il avait réussi à m'avoir, alors imaginez ce qu'il aurait pu faire à Terry... Avec ses sous-entendus malsains... Mes mains tremblaient à cette idée. La veille je regrettais mon geste, mais dans cette salle de bain, je savais que la prochaine fois, serait la dernière.

Plongé dans mon bain chaud, je commençai par débarasser mes cheveux de tout ce sang coagulé, et croyez moi ce n'était pas beau à voir. Enfin débarasser de cette crasse, j'entrepris de me lever et de terminer par une douche mon eau étant sanginolante. Une fois debout, toute la pièce se mit à tourner sur elle-même, je me rattrapai au rideau de douche in-extrémis, puis tout revint. - Probablement la chaleur... - Me suis-je dis, n'y croyant qu'à moitié. Ma douche terminée, je me rendis devant le miroir afin d'examiner ma blessure, un peu de sang, sûrement l'avais-je égratignée durnat mon shampooing. Rien de bien alarmant. Je filai vers la chambre pour m'ahbiller. Mary m'attendait avec la trousse à pharmacie.

" - Bon! On sent bon maintenant?

- Oui madame!

- Aller, viens t'asseoir que je te refasses ton bandage.

- C'est peut-être pas nécessaire, la blessure est toute propre.

- Oui bien sûr! Assieds-toi. - je m'exécutai.

- D'accord mais après je veux un calin...

- Marché conclu! Donne te tête. "

Elle à genoux sur le lit, je m'allongeai et mis ma tête sur ses cuisses. La vue était imprenable... Avec une délicatesse incroyable, elle nettoya la plaie par mesure de précaution et et refit mon bandage. Une fois l'opération terminée, elle me regarda droit dans les yeux et caressa ma joue. Son autre main glissa sur mon épaule tandis que la mienne alla à sa rencontre. Elle se pencha vers moi, de mon côté je me redressai pour atteindre ses lèvres. Nous échangeâmes alors un baiser des plus passionné... Ses longs cheveux roux, créèrent une barrière entre nous et la pièce. Nous deux, rien que nous deux... Enfin ça...

" - Maman, j'ai faim.

- Rodrigue! J'a-j'arrive mon coeur!

- Bon, ce sera pour lus tard... "

Mary me fit un clin d'oeil et sortit de la pièce en prenant le soin de fermer la porte. Oui j'avais oublié un tout petit détail. Je n'étais vêtu que d'une courte serviette de bain. Il me fallait revêtir quelque chose de plus couvrant pour ne pas avoir affaire aux services de protection de l'enfance! Zou! Un caleçon, un pantalon par-ci, un T-shirt par là, et me voilà parti les rejoindre dans la cuisine.

" - Alors qu'est-ce qu'on mange?

- Oh, pour ce midi rien de bien élaboré... Il ne reste plus grand chose, aussi bien dans les placard que dans le frigo.

- Merde! Les courses! J'ai complètement oublié!

- C'est pas grave Vinny, on va se faire des pâtes. Les courses nous occuperont cette après-midi comme ça!

- Ouiii! Des pâtes! Est-ce qu'il y a celles en forme de papillons?!

- Tu as de la chance bonhomme, il n'en reste qu'un paquet!

- Bon les hommes, vous me mettez la table le temps que je fasse cuire les pâtes, interdiction de tourner autout du feu Rodrigue, compris?

- Oui maman! "

Sur ces mots, Rodrigue et moi sommes partis mettre la table comme convenu et après nous avons fini dans le canapé devant la télé. Je zappai jusqu'à tomber sur une chaîne d'infos en continu.

" - Fredéric Ernst, propriétaire du restaurant familial le Freddy Fazbear's Pizza, a été reconnu coupable du viol d'une jeune fille, alors âgé de 15 ans lors des faits. Son fils Julian Bisham, est aujourd'hui recherché par la police pour meurtres, tentatives de meurtres et séquestration. Cet individu est dangereux, si vous le croisez, prévenez la police. Surtout n'agissez pas seul. La police n'a pas pu nous communiquer plus d'éléments sur l'affaire, nous vous tiendrons informer, lorsque nous en saurons davantage. C'était Erine Cr... - je coupai la télé.

- Vince? Pourquoi t'es en colère contre la télé?

- Pour rien bonhomme... Pour rien... - je lui caressai la tête pour le rassurer, mais en réalité c'est moi qui en avait besoin.

- À table!

- Ouiii! "

Rodrigue, fila vers son assiette. Mary le servit. En un instant, le simple fait d'avoir allumé ce téléviseur venait de rompre mon apaisement. Bisham n'attendait que ça, faire parler de lui. Traîner Fred dans la boue. Lui, son restaurant, tout ce qu'il avait construit... Mary me lança un regard inquiet, je lui souris. Le repas fut des plus calmes, seuls Mary et Rodrigue parlèrent. Moi je fixai la lettre laissée sur le bar. Je ne savais plus si je voulais l'ouvrir où non, j'avais peur de ce qui s'y trouvait. Les derniers mots de haine de mon ami pour l'avoir abandonner dans une telle situation? Non, je n'avais pas besoin de ça! Je quittai la table sous les yeux inquiets de Mary et me saisi de la lettre. Le sang séché dessus me donna un haut-le-coeur, pour ne pas inquiéter Mary davantage, je partis m'asseoir dans mon fauteuil au salon. Je sortis la lettre de sa pochette et la déplia. D'autres goutelettes rouges m'y attendaient... Je commençai alors la lecture...

Vincent,

Il n'y a pas un jour où je n'ai pas regretté ce que j'ai fais à cette pauvre Caren. J'ai été stupide et je ne peux m'en prendre qu'à moi-même.

Je sais que je dois aujourd'hui être un être ignoble à tes yeux et tu as toutes les raions de le penser. Mais je tenais tout de même à ce que tu saches à quel point tu as été un ami formidable toutes ces années, je t'en prie ne culpabilise pas sur mon acte. C'est ma décision et la conséquence de mes actes, pas des tiens.

Je n'avais pas l'intention de me rendre, alors plutôt que de perdre un ami et la chance de voir Terry grandir dans une famille heureuse, j'ai préféré l'option que tu connais.

Jamais je n'aurais pu vivre sans Terry et Eyleen partie pourquoi ne pas la rejoindre?

Je sais qu'avec toi Terry sera entre de bonnes mains. Oui je sais tu as toujours eu peur d'être père, mais souviens-toi la première qu'Eyleen te l'as mise dans les bras, tu ne t'en souviens peut-être pas, mais tu étais si calme qu'elle s'endormie dans tes bras peu de temps après. Elle savait déjà, sur qui elle pouvait compter cette petite.

Je voulais également te confier autre chose. Mon affaire. Tu trouveras les papiers dans mon bureau, tout te désigne comme le propriétaire à ma mort. Je sais à quel point tu as investis d'énergie dedans, il est normal qu'elle te revienne après tout.

J'imagine qu'à l'annonce de ma mort, les médias vont se ruer sur l'affaire et salir ma réputation ainsi que celle du restaurant...

Mais j'ai toute confiance en toi pour leur prouver qu'ils ont tort. Cet endroit doit rester un lieu magique où les enfants pourront continuer de rêver hors des dires des adultes.

Pour finir, merci Vince pour ta confiance, jusqu'au bout... Que j'ai finalement trahie.

Adieu mon frère.

Ce con je vous jures... Même après sa mort il continue de me faire chialer! Mary s'approcha de moi, elle vit quelques larmes qui vinrent entâcher à leur tour la lettre. Rodrigue vint s'asseoir auprès de moi et se caler contre mon épaule. Mary passa ses bras autour de mon cou et m'y embrassa. J'avais beau rester droit, le regard dans le vide, les larmes coulaient sans que je ne puisse rien y faire.

Fred venait de me confier les deux choses les plus chères à son coeur...