CHAPITRE 8: YOU MISSED ME?
Comment faire pour reprendre le restaurant sans risquer d'exposer ma famille? Là était la question qui me torturait l'esprit depuis la lecture de cette foutue lettre. Mary était partie faire les courses et Rodrigue était à la sieste. De mon côté je tournais comme un lion en cage dans la maison. Comment?! Oui, en effet ce resto comptait énormément pour moi, mais le risque était trop grand. Je ne voulais pas les exposer... Et surtout ne pas les inquiéter... Je n'étais sûr de rien, mais je sentai que Bisham n'en avait pas fini avec moi. Et si je suivai son raisonnement, pour parvenir à ses fins, il s'en prendrait à eux. Et ça je ne pouvais me l'imaginer.
Pour me changer les idées, je décidai d'aller faire un tour à l'atelier. Bricoler allait me changer les idées. Arrivé en bas, j'eus la surprise de trouver la porte ouverte. Le verrou avait été forcé à envoir les traces de coups et les pièces au sol. Sur mes gardes, je reculai d'un pas avant de faire demi-tour en direction de la maison, histoire de m'armer. Enfin c'est ce que je comptais faire plutôt. Surgirent de la pénombre deux mains qui m'entraînèrent de dos vers l'intérieur. Un rire résonna, la porte claqua. Cette voix je commençai à la connaître.
" - Mon Vinny... C'est bien comme ça qu'elle t'appelle Pru-pru? - il plaqua son couteau glacé sous ma gorge.
- Comment t'es arrivé là?!
- Chut... Tu n'es pas content de me revoir? Oh... Tu me déçois, moi qui ai fais tant d'efforts pour te retrouver! Et une fois que j'y suis arrivé! Quelle surprise, je tombe sur un jeune père de famille! Accompagnée d'une ravissante rouquine! Mais ma parole c'est Noël!
- Laisses-les! Ils n'ont rien à voir la-dedans! - je tentai de m'extirper mais il colla le tranchant sur ma gorge.
- Comment as-tu fait? Après la chute! J'étais persuadé que tu t'étais briser la nuque!
- Et bien... J'ai eu de la chance! C'est vrai je suis resté sonné un p'tit moment, mais je vous ai retrouvés chez Fred... Tu devrais faire plus attention au contenu de ton coffre des fois...
- Alors c'était toi?! La serrure, l'enjoliveur?!
- Et oui! Tu m'as abandonné sur le parking de ce foutu hôpital! C'est pas très gentil ça...
- Comment tu m'as retrouvé?!
- Hum... C'est vrai que sur ce coup je ne suis pas peu fier de moi... Cette voiture, ce n'est pas la tienne, n'est-ce pas? À moins que Rosie ne sois ton petit nom pour aller jouer le tapin au coin de la rue?
- Qu'est-ce que tu lui veux?!
- À elle? Rien, je t'assure! Comme je disais, j'ai trouvé le permis de cette brave dame dans la boîte à gants. Par chance, ce coffre communique avec l'habitacle et mince comme je suis, j'ai pu m'y faufiler et farfouiller à mon gré.
- Accouches!
- Et c'est moi qui racontes! Je disais... Ah oui! Donc, je suis tombé sur ce permis, loin d'être intéressant, du loins c'est ce que je pensais. Je sortis alors de cette foutue bagnole afin de partir à la recherche, quand sur ma route, une enseigne m'interpella!
- Ne me dis pas...
- Et si! La roseraie de Rosie!
- Enfoiré! - je tentai de me débattre mais la lame me rappela à l'ordre.
- Chut... Tu n'écoutes pas quand je te parle... Je reprends mon récit si tu me le permets. Je me suis donc présenté à cette gentille dame comme étant l'un de tes collègues de travail. Je lui ai dis que j'avais besoin d'un document que tu avais malencontreusement emmené chez toi après le travail.
- Et tu vas me faire croire que Rosie à gober ça?!
- C'est ça le hic! Elle avait vu clair dans mon jeu alors je n'ai pas eu d'autre choix que de la menacer...
- Tu vas me le payer!
- Ne t'en fais pas je ne lui ai rien fait de mal... Juste un petit cou sur le crâne pour l'envoyer dormir deux ou trois heures, le temps de fouiner chez elle. Et là, bingo! Ton adresse! Mon jour de chance! Et c'est ainsi que je pus mettre la main sur le petit chaperon violet... Et maintenant, si tu me présentais à ta petite famille?
- Va crever!
- Mauvaise réponse! - il retira le couteau et me fit tourner sur moi-même avant de me retrouver face à lui, la pointe du couteau appuyée sous mes côtes - Tu sais Vinny... Je ne suis pas jaloux! Je pourrais très bien partager ton petit cul avec cette charmante créature à la chevelure flamboyante...
- Ne parles pas d'elle comme ça.
- Et pourquoi pas? Tu ne peux rien faire! Tu es ma proie, je peux faire de toi tout ce que je souhaite! Comme le ferais un marionnettiste avec ses pantins...
- Tu as déjà réussi avec Fred p'tit enculé! Ca ne t'as pas suffit?!
- Je dois bien l'avouer, je ne m'attendais à une si grande réussite! Un véritable coup de maître! Et je dois bien t'accorder la majeure partie du mérite! Tu m'as été d'une grande aide en le poussant à s'éclater la cervelle! Un vrai mélo-drame!
- Fermes-là! - je tentai de le repousser mais la pointe de la lame me rappela à l'ordre.
- Tu vois! Tu sais qui est en position de faiblesse! C'est bien de le reconnaître... - il appuya et remue légèrement du bout de la lame, jusqu'à déchirer une petite partie de mon T-shirt - Hum... Je donnerais cher pour voir ce qui se trouve en-dessous... Tu permets? - d'un coup sec, il le déchira laissant la trace de sa lame sur ma peau maintenant mise à nue - Mazette! Elle en a de la chance ta rousse! Regardez-moi ces pecs! Ces abdos! - il s'avança maintenant sa lame sur mon coeur - Pourquoi serait-elle la seule à en profiter... "
S'en était de trop! D'un geste rapide de la main je fis voler le couteau et bondis sur lui les mains sur sa gorge. Il se débatttait comme un diable. D'un coup de pied énergique dans le ventre il parvint à se dégager de mon emprise. Le souffle coupé, je mis un temps avant de réaliser qu'il se tenait maintenant derrière moi. Il passa l'un de ses bras autour de ma gorge. Le sang me montait à la tête, je faillis m'évanouir.
" - Oh non ma p'tite pune, je n'en ai pas terminé avec toi! "
Il me releva avant de m'envoyer dans le mur. Dans le choc, je m'éclatai l'arcade droite. Lui revint à la charge, de nouveau son couteau entre les mains. J'eus à peine le temps d'esquiver l'attaque que le couteau se planta dans le mur. Ses yeux luisaient de rage et son visage arborait un sourire diabolique. Il riait aux éclats à chaque tentative de me planter son couteau dans les chairs. Tout à coup la lame atteint mon avant-bras droit avant de se planter dans le mur. J'hurlai de douleur. Lui riait toujours et s'approcha dangereusement de moi. La main toujours sur le manche de sa lame, il commença à la faire tourner dans mes chairs. Je la sentit même effleurer l'os. La douleur était intenable. Il en profita pour m'asséner un dernier coup de genou dans le ventre, ce qui acheva mon équilibre. À genoux au sol, mon bras entravé par l'énorme couteau de boucher planté dans le mur. Il s'agenouilla à ma hauteur et approcha son visage du mien.
" - Hum... C'est fou comme la douleur te va si bien... -je lui crachai au visage - On fait sa farouche?! Très bien! "
Il me mit un coup de boule qui me déstabilisa, mais pas autant que son baiser. Je m'efforçai de me dégager mais à chaque mouvement de tête, cet enfoiré torturait mon avant-bras de sa lame. Il n'avait pas l'intention de s'en arréter là! Heureusement, malgré moi, je lui mordis la langue si violemment qu'il se retira immédiatement, lui et sa lame. La douleur lui donna des vertiges. Une fois redressé, je l'envoyai valser contre la table de l'atelier d'un puissant coup de pied dans le ventre. Je me saisis d'une hache et m'apprétai à lui donner le coup de grâce quand ce dernier eu la bonne idée de m'envoyer un niveau en pleine tête. Le choc fut si violent que tout autour de moi me parut disparaître dans un grand flou. J'entendis la porte de l'atelier battre, un faisceau de lumière apparu dans mon flou. Il s'était enfui! Ne parvenant pas à retrouver une vision claire, je me fiai à la lumière que laissait entrevoir la porte ouverte. Elle s'intensifia d'un coup, j'étais sûrement dehors. Il m'attendait. Je ne pus l'esquiver, la lame s'enfonça dans mon dos, puis plus rien. La sensantion de chuter lourdement au sol.
Un crissement de pneus, un sirène, puis une autre, des cris, des voix. Je les reconnurent et pourtant, impossible de leur répondre. Impossible de bouger le moindre muscle, tout semblait n'être qu'un vacarme incessant, désirant me tenir éveiller. Puis plus rien. Le néant le plus total. Je ne ressentai plus la moindre sensation. Comme si j'étais hors de mon corps. Plus la moindre douleur. Je me souviens encore de cette sensation... Sur le coup, je crus que c'était la fin, je venais de mourir. Mais ça c'était avant qu'un bon coup d'électrochoc ne me ramène à la douloureuse réalité. J'étais bien vivant, mais salement amoché. Le goût du sang dans ma bouche, les ambulanciers affairés avec leurs éléctrochocs. D'un mouvement incontrôlé de tête, je scrutai l'intérieur de l'ambulance. Pas la moindre trace de Mary. J'avais pourtant entendu sa voix lorsque j'étais allongé sur le sol. Je cherchais désespérément sa présence, en vain. Un dernier électrochoc et je perdis de nouveau connaissance.
À mon réveil, j'étais dans une salle. Où étais Mary? Je priai pour que Julian ne leur soit pas tombé dessus... Je regardai mon bras, il était bandé d'une sacrée épaisseur. Même chose pour le ventre, à la moindre respiration je sentai les fils tirés sur mes chairs. La tête n'en parlons pas. Le niveau m'avait réouvert la plaie de l'autre jour et mon arcade droite avait elle aussi bien morflée... Je comprenais maintenant pourquoi Mary n'était pas là... Ce devait-être la salle de réveil. Le tuyau enfoncé dans ma gorge aurait dû me mettre la puce à l'oreille. Pour faire entendre au personnel que j'étais réveillé, je commençai à retirer l'affreux tuyau qui irritait ma gorge puis les diverses aiguilles qu'ils m'avaient si gentiment enfoncées dans la peau. J'avais une sainte horreur de ces conneries! Les machines autour de moi se mirent à biper dans tous les sens. Un infirmière commença à me hurler dessus et me remit ces affreuses aiguilles dans le corps. Elle me fit signe d'attendre et que quelqu'un viendrait me chercher pour me ramener dans ma chambre. Pas trop tôt! Je détestais les hôpitaux, plus vite j'étais dans ma chambre, plus vite j'étais près de la sortie. Après dix bonnes minutes d'attentes, deux infirmiers m'emmenèrent dans mon lit jusqu'à ma chambre. Je ne m'étais pas trompé, Mary était là, c'était bien elle que j'avais entendu malgré les sirènes. Rodrigue sur ses genoux ils lisaient un livre pour enfant. Une fois les infirmiers partis, elle posa Rodrigue sur le fauteuil et s'approcha de moi.
" - Qu'est-ce qui s'est passé?
- Julian, il m'a retrouvé. Il m'est tombé dessus quandje suis descendue à l'atelier.
- Comment a-t'il réussi à nous retrouver?! Ce type est un grand malade!
- Si ça ne t'embête pas on parlera de tout ça plus tard. - je lui montrai Rodrigue - Comment va Rosie?!
- Comment sais-tu que... Attends! Ne me dis pas que...
- Si, si, c'est lui... C'est comme ça qu'il m'a retrouvé... Alors comment va-t'elle?
- Elle est encore sous le choc mais elle s'en tire bien. Une grosse bosse sur le crâne, rien de plus. À voir dans quel état tu es, elle a eu de la chance...
- Ca tu peux le dire... Ils ne l'ont pas rattrapé?
- Non, il a réussi à s'enfuir... Vince, qu'est-ce qu'on va faire? On ne peut pas rester à la mercie de ce psychopathe! Il t'a retrouvé une fois, il va revenir...
- Je ne le laisserais pas vous approcher crois-moi...
- Mais Vincent! Regardes-toi! Tu espères me rassurer dans cet état!
- On va trouver une solution ne t'en fais pas... - quelqu'un frappa à la porte.
- Entrez! Smith et Diederick entrèrent, le doc fut le premier à prendre la parole.
- Bailey! Mon vieux! J'en ai marre de vous voir dans mon hôpital! Dès que je vous rafistole vous trouvez moyen de vous enfuir et de revenir deux jours plus tard encore plus mal en point! Smith, vous n'auriez pas de quoi le menotter à son lit par hasard?!
- Pas sur moi non, désolé doc! Elles sont au poignets de quelqu'un qui les mérite.
- Inspecteur! Vous l'avez eu?!
- Oui, il était retourné chercher des documents et de l'argent chez votre ami. Il devait être certain de t'avoir achevé...
- Merci, merci infniment inspecteur...
- Nous allons informer votre filleule de son arrestation, avec un peu de chance la pauvre gosse se remettra plus vite, sachant qu'elle n'a plus rien à craindre de lui.
- Merci...
- Bon je vais vous laisser, je vous tiens informer de l'évolution de l'affaire. Doc. - il porta la main à sa casquette.
- Inspecteur.
- Bailey. - même mouvement que le précédent.
- Au revoir inspecteur. - il se tourna vers Mary et le petit.
- Mary, bonhomme. Faîtes attention à vous maintenant... - il tourna les talons et sorti de la chambre.
- Bon maintenant que Smith est parti! À nous deux mon vieux! Alors vous avez: une arcade en miettes, une lésion crânienne, une lésion du brachio radial et du fléchisseur radial du carpe ainsi que des arrachements osseux du cubitus et du radius! Et pour finir en beauté l'éclatement de votre rein droit! Alors, qui dit mieux?!
- Ca va doc... C'est pas de ma faute...
- Je sais bien mais le fait est que vous êtes de retour dans mon hôpital... Ca commence à faire beaucoup de fois en peu de temps. Je vous en prie Bailey. Faîtes attention, on a failli vous perdre dans l'ambulance. Vous étiez mort pendant une minute trente, vous vous rendez compte?
- Oui.
- Bon, alors vous allez me faire le plaisir de rester ici, aussi longtemps que je l'ai décidé; est-ce que c'est bien clair?!
- Parfaitement clair.
- Très bien. Je vous en ai mis pour une semaine. Vous allez rester ici bien sagement et ne pas commencer à retirer vos perfusions.
- J'ai horreur des aiguilles doc, comprenez-moi!
- Vous voyez cette poche là-haut?
- Heu... Oui.
- Elle contient de la morphine, c'est ce produit qui vous empêche de geindre et d'hurler à la mort tant vos blessures sont douloureuses! Alors arrêtez de faire l'enfant!
- Ahah! Vince se fait gronder! - Mary ria, le doc aussi.
- Exactement! Bon sur ce je vous laisse j'ai d'autres patients à voir! Ciao la compagnie! - Rodrigue lui fit au revoir de la main.
- Ciao doc! "
Mary et Rodrigue passèrent la fin de la soirée avec moi. Quand sonna l'heure de fin de visite, ce fut dur. Rodrigue ne voulait pas partir, et moi je voulais qu'ils restent. Les savoir seuls à la maison, malgré l'arrestation de l'autre taré ne me rassurait pas. Une semain entière coincé dans cet hosto... Ca promettait d'être long!
