Salut, je suis de retour pour vous jouez un mauvais tour ! (...) J'ai tenu ma parole, j'avais dit au moins trois chapitres cette semaine. Et donc je vous laisse avec ce chapitre 3 ^^. Bonne lecture.


Chapitre 3

En réalité, si Malia n'avait pas été son ex-petite amie, Stiles n'aurait trouvé aucun problème à faire ce devoir de maths avec elle, pas même s'ils avaient gardé une relation potable. Malheureusement, ce n'était pas le cas. Cela faisait plus d'un an qu'ils s'ignoraient royalement, qu'ils soient dans la même pièce, la même bande ou à deux mètres l'un de l'autre.

Stiles pouvait parfaitement le comprendre. Il n'avait pas été correct avec la louve coyote et elle avait tout à fait le droit de ne plus vouloir le côtoyer pour quoi que ce soit. Mais alors, comment faire le devoir de maths s'ils ne se parlaient pas ? Délicat, assurément. Et puis, Derek n'aimait pas quand Malia était à proximité de son humain favori, il détestait ça et serait capable d'entrer dans une violente colère s'il l'apprenait. Pour être franc, Stiles avait peur de sa réaction s'il venait à l'apprendre. Derek avait encore beaucoup d'effort à faire côté sociabilité.

Lorsqu'il ferma son casier, il sursauta. Malia était là, appuyée sur le casier de droite, le fixant comme si elle allait d'un instant à l'autre lui arracher la tête et l'écraser jusqu'à ce qu'elle explose. Stiles se raidit.

- Chez moi à 19 heures, grogna la jeune femme. Et il va de soi que je ne veux pas avoir à croiser ton copain le basketteur.

Et sur ces mots, elle s'en alla comme si de rien n'était. Stiles était un peu plus rassuré, la jeune femme avait fait le premier pas et ne s'était pas renfermée … ou presque.

Il ne s'inquiéta pas jusqu'à ce qu'il réalise que Malia, étant une coyote-garou, pourrait déceler la moindre odeur anormale. Malédiction.

oOoOo

19 heures, ça y est. Malia était installée sur son lit, essayant de résoudre l'un des problèmes proposé par le professeur. Elle peinait à réussir et Stiles le voyait bien ; en fait il l'entendait surtout raller à tout va. Cependant, il refusait de s'approcher, préférant rester au bureau. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'était pas entré dans cette chambre. Dans ses souvenirs, les murs étaient plus verts, le lit plus grand et la moquette différente. Peut-être avait-elle été changée. Voilà, son esprit recommençait à vagabonder ! Son stylo dans la bouche il se reconcentra sur le cours de maths, qu'il s'efforça de terminer au plus vite.

- Je n'y arrive vraiment pas, c'est trop difficile, j'abandonne, lança Malia en froissant brutalement sa feuille d'exercices.

Voyant que Stiles persistait à ne lui porter aucune attention, elle fit une boule de papier qu'elle lui balança sur le crâne. Stiles finit par pivoter sur sa chaise et osa la regarder dans les yeux, comme s'il la voyait enfin.

- Laisse, je vais le faire, fit-il simplement avant de se retourner et d'oublier à nouveau la jeune coyote.

Malia, contrariée, fit une petite moue boudeuse. Elle n'en pouvait plus de ce silence. Elle avait connu un Stiles bavard qui ne laissait jamais de blanc s'installer, et non pas un Stiles muet qui se réfugiait dans le silence.

- Comme tu voudras, gronda-t-elle avant de bifurquer vers un autre sujet d'un ton plus léger : avec Derek, ça se passe bien ?

- Je n'ai aucune envie de parler de Derek, répondit Stiles sans prendre la peine de se retourner, surtout avec toi.

- Oh. D'accord. Mais fais au moins un effort pour avoir un sujet de conversation ! Je m'ennuie.

- Cool.

- Viens m'expliquer le devoir au moins !

- Je t'ai dit que j'allais le terminer.

- Stiles, insista la jeune fille d'une voix suppliante.

Comment refuser ? Quand Malia prenait sa petite voix de chien triste, il était difficile de lui résister. Il hésita cependant encore un peu, puis finit par se lever et rejoignit la jeune femme sur le lit. Elle n'allait pas lui sauter dessus de toute façon, et puis en ce qui concernait l'odeur, personne n'avait rien senti de la journée. Inutile de s'en faire pour ça.

Malia ouvrit à l'une des pages du livre et Stiles commença ses explications. C'était difficile pour la jeune coyote de rester concentrée sur tous ces chiffres. Ennuyée, elle se contenta donc de fixer la bouche de son camarade. Cette bouche qu'elle désirait dévorer là, maintenant, tout de suite.

- Malia ? Tu m'écoutes ? s'agaça Stiles en soupirant. C'est pas moi que tu dois regarder mais l'exercice.

- Oui, oui …

Il reprit et Malia rêvassa de plus belle. Si Derek ne s'était pas brusquement intéressé à son ex-petit ami l'année précédente, Stiles serait certainement toujours à elle. Elle en voulait beaucoup aux deux garçons, ce qu'ils lui avaient fait était impardonnable, et pourtant son cœur battait toujours la chamade quand elle se retrouvait à côté du fils du Shérif. Elle l'aimait encore. Il était difficile de tirer un trait sur une personne qu'on voyait tous les jours, qu'on entendait parler et rire constamment, à deux pas de soi. Elle prétextait le détester, mais c'était faux. C'était simplement plus facile de mentir que de faire face à une réalité bien trop froide et blessante.

Malia se mordit la lèvre inférieure et, sans crier gare, plaqua brusquement sa bouche sur celle du jeune homme. Réalisant ce qu'elle était en train de faire, elle s'éloigna aussi brusquement qu'elle était arrivée.

- Je suis désolée. Je … je n'aurais pas dû faire ça. Je sais que ce n'est pas correct. On n'est plus ensemble.

Elle laissa échapper un rire nerveux, qui fit plus facilement apparaitre son désespoir. Stiles, quant à lui, n'avait encore rien dit, mais hésitait entre foutre le camp sous la colère ou essayer de comprendre encore une fois le comportement de Malia. Il ne resta pas pour autant de marbre. Il avait été surpris. Alors qu'il expliquait la formule utilisée pour ce problème mathématique, elle s'était jetée sur lui sans prévenir. Il l'avait vu venir pourtant ; il aurait dû s'éloigner dès qu'elle avait commencé à le fixer avec un peu trop d'insistance.

- Je suis désolée, répéta la jeune femme en soupirant. Vraiment. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Tu … tu étais là en train de m'expliquer cet exercice et ça m'a rappelé ... rappelé quand...

Stiles s'aperçut que les yeux de Malia étaient humides. Elle était sur le point de pleurer.

Voilà pourquoi il n'avait pas voulu venir ; voilà pourquoi il aurait préféré ne pas être seul avec Malia : pour éviter ce genre de scènes gênantes où il ne saurait plus où se mettre. Malia était littéralement en train de craquer devant lui et il ne le supportait pas. Des larmes coulaient désormais sur ses joues et il ne voulait pas la faire pleurer, ça lui faisait bien trop mal. Après tout, il l'avait aimé, ne serait-ce qu'un temps, et il ressentait encore de la tendresse pour elle.

Il finit par la prendre dans ses bras pour tenter de la réconforter du mieux possible, lui répétant que ce n'était pas grave, mais Malia ne semblait pas vouloir se calmer. Il passa sa main dans les cheveux de la coyote et attendit. Si cela pouvait permettre de la soulager et l'aider à tourner enfin la page, cela en valait la peine.

Sauf que Malia commença à percevoir une odeur. Celle de Stiles évidemment, mais aussi une autre, bien plus subtile, dont elle n'arrivait pas à comprendre l'origine. Elle se redressa, dubitative ; ses joues étaient toujours humides mais ses yeux ne versaient plus de larmes. Elle fronça les sourcils et renifla profondément Stiles pour tenter de capter plus précisément cette odeur étrange. Le jeune homme écarquilla les yeux avant de comprendre et de s'éloigner rapidement. « Putain ! » pensa-t-il affolé. Malia était celle de la meute à avoir l'odorat le plus développé, tout ce qui lui passait sous le nez, elle en détectait rapidement la présence. Stiles pria intérieurement pour qu'elle ne comprenne pas. Il se leva du lit et recula tellement loin de la jeune femme qu'il s'en retrouva plaqué contre le mur. Malia se leva à son tour, les sourcils toujours froncés et renifla encore une fois, profondément.

- Qu'est-ce que..., souffla-t-elle. C'est impossible.

- J'ai changé de parfum, lança précipitamment Stiles, conscient que son mensonge ne passerait pas inaperçu.

- Ne mens pas. Tu mens Stiles, continua Malia en s'approchant encore du garçon, jusqu'à se retrouver à moins d'un mètre de lui. Tu sens comme...comme ma voisine Lily. Je veux dire, quand elle était enceinte … tu as exactement la même odeur maintenant que j'y fais attention. C'est fin mais c'est exactement pareil.

Le regard interrogatif de la jeune femme s'ancra dans celui de Stiles. Elle n'avait jamais entendu dire que les hommes avaient la faculté d'abriter un bébé, et lorsqu'elle le comprit, elle se sentit idiote d'avoir réagi ainsi.

- Non, rit-elle nerveusement ; puis en voyant le visage décomposé de Stiles, son sourire s'effaça de nouveau et elle prit peur. Stiles, reprit-elle plus sérieusement, dis-moi que tu n'es pas enceint.

Stiles sentit son cœur tomber comme une pierre au creux de son estomac. Sa bouche s'était ouverte pour répondre mais il resta finalement muet. Que dire ? S'il mentait Malia l'entendrait, alors autant dire la vérité non ? Mais il n'y parvint pas, alors il se contenta de refermer la bouche sans rien dire. La jeune femme, cependant, comprit sans qu'il ait à dire quoi que ce soit ; elle mit ses deux mains devant sa bouche et ouvrit grand les yeux avant de se retourner pour commencer à faire les cent pas. Elle avait du mal à enregistrer et comprendre cette information, c'était trop incroyable. Elle jeta un énième coup d'œil à Stiles, qui n'avait pas bougé, et le dévisagea des pieds à la tête comme si elle le passait aux rayons X. Finalement, elle détourna le regard vers un autre point de la pièce. Elle ne savait plus quoi dire. En fait, si.

- Comment c'est arrivé ? hurla-t-elle presque, emportée malgré elle par sa surprise et sa colère.

- Comment tu veux que je le sache ? s'énerva l'humain. Tu sais très bien comment les bébés se font non ?

- C'est pas ce que je voulais dire ! Comment ? … Oh ! Mais... Et ... Derek est au courant ? Parce que j'imagine que c'est lui qui t'a transformé en homme porteur ? sourit-elle, moqueuse.

- Il le sait pas … encore, répondit timidement Stiles, douloureusement touché par le sarcasme de la jeune femme.

- Quoi ?! Mais tu comptes lui annoncer quand ? Et puis par où il va sortir le gosse ? s'énerva brusquement Malia avant de souffler en grimaçant : et moi qui t'embrassais i peine 5 minutes, j'y crois pas …

Stiles ignorait quoi dire. Il n'avait pas prévu que quelqu'un découvre si tôt son petit secret, et surtout pas que ce soit Malia. Alors que personne ne s'en était rendu compte pendant un mois. Pourquoi fallait-il que quand Stiles ne cherchait plus de réponse à son problème, quelqu'un découvre malencontreusement ce qui lui arrivait ? Il était maudit.

oOoOo

Après un long silence, Malia finit par poser d'autres questions, sa curiosité l'emportant sur sa surprise.

- Qui d'autre est au courant ? demanda-t-elle, ayant du mal à contrôler sa colère. Scott ? Lydia ? Allison ? Ou Isaac ?

- Personne à part Deaton. Je … Je l'ai appris hier Malia, je suis aussi choqué que toi, répondit doucement Stiles, tentant de calmer la jeune femme en la prenant par les épaules. N'en parles à personne s'il te plait, je vais régler ça moi-même.

- Mais…, commença Malia avant de se raviser en voyant le regard suppliant du jeune homme qui la tenait toujours. D'accord, je ne dirais rien. Mais tiens-moi au courant. Pour tout. Je ne veux pas que tu vives ça seul.

- Je te rappelle qu'i peine deux heures ça faisait un an qu'on ne s'adressait plus la parole.

- Oui, et bien il y a un an je ne pensais pas qu'un mec puisse tomber enceint. Il n'y a qu'à toi que ça arrive ce genre de truc, Stiles, lui reprocha la coyote avec un petit sourire.

oOoOo

Derrière le volant de sa Jeep, Stiles soupira, soulagé. Pas parce que Malia avait décidé de garder le secret, mais plutôt parce qu'il avait à présent quelqu'un à qui parler s'il avait besoin d'aide. Malia s'était étrangement montrée compréhensive.

C'est donc avec un petit poids en moins que Stiles rentra chez lui. Une voiture de police était garée devant la maison, son père était donc déjà là. Stiles prit une grande inspiration pour tenter de se calmer. Il fallait qu'il reste naturel. Alors il plaqua un sourire maladroit sur son visage. Voilà, ça c'est naturel.

Lorsque Stiles passa la porte, il surprit son père un verre de whisky dans la main. Il venait sûrement d'arriver puisqu'il portait toujours son uniforme.

- Derek était devant la maison, l'accueillit le Shérif, je lui ai dit d'attendre dans ta chambre.

- Quoi ? s'affola l'hyperactif. Dis-lui que je ne suis pas là ! Dis-lui que je suis chez Scott ! Dis-lui que je me suis pété une jambe et qu'il a fallu m'abattre !

- Stiles, si tu t'es disputé avec ton ami débrouilles-toi, soupira son père, manifestement épuisé par sa journée de travail. Et entre nous, continua-t-il d'une voix plus basse, j'espère que tu ne comptes pas fréquenter davantage les Hale.

Stiles butta sur cette dernière phrase. Si son père apprenait pour lui et Derek, il piquerait certainement la colère du siècle. Déjà qu'il passait son temps à se plaindre de cette famille, alors en avoir un membre pour gendre n'allait certainement pas le réjouir. D'ailleurs, qu'est-ce que Derek faisait ici, surtout en présence de son père ? Stiles et lui en avaient déjà discuté, il ne devait pas venir quand son père était là. C'était mieux, moins risqué.

oOoOo

Derek était bien là. Le lycéen avait attendu assis sur le lit de Stiles, avec dans les mains un livre qu'il avait piqué sur la commode du plus jeune. Livre dont il ne décolla pas, pas même lorsque son copain se planta à côté du lit.

Stiles leva les yeux au ciel, agacé, puis arracha le livre des mains de Derek.

- Qu'est-ce que tu fais là ? cracha l'hyperactif en maltraitant nerveusement l'ouvrage.

- L'entrainement s'est terminé plus tôt, répondit simplement Derek.

Stiles soupira et se détourna du jeune homme foutrement sexy allongé sur son lit, faisant mine de trouver plus intéressant de remettre de l'ordre dans le bordel de sa chambre ; bordel très certainement dû à Derek, qui avait sans doute tenté de tromper son ennui. Néanmoins, il entendit nettement son copain se lever du lit et venir vers lui, avant de sentir ses mains brusques et fortes l'enlacer au niveau de la taille et sa tête s'enfouir au creux de son cou. Stiles se raidit immédiatement. Si Malia avait réussi à déceler quelque chose d'anormal, pourquoi Derek ne pourrait-il pas lui aussi ? Après tout, il était un loup-garou de naissance également, il y avait donc tout autant de chance qu'il se rende compte du problème. Néanmoins, ça faisait un mois et Derek n'avait strictement rien remarqué. Faut dire qu'avec les entrainements et ses fichues sorties avec sa bande, ils ne s'étaient pas beaucoup vus ces derniers temps.

Stiles frémit violemment lorsque Derek déposa tout à coup ses lèvres sur sa nuque. Maladroitement, il se défit de l'emprise de son copain, se retourna et installa un périmètre de sécurité entre eux en reculant de deux pas. Son excuse ?

- Mon père est à côté, chuchota-t-il, les joues incroyablement rouges et le cœur affolé.

Derek fronça les sourcils, visiblement contrarié. Puis commença à renifler. Stiles sursauta. « Ça y est ça recommence ! » angoissa-t-il en reculant. Derek croisa les bras, l'air en colère. Ses yeux gris s'étaient assombris. Un grognement monta nettement dans sa gorge.

- Pourquoi tu sens autant Malia ? cracha t-il d'un ton plein de reproche.

- Hey tout doux, répliqua immédiatement Stiles en fronçant les sourcils à son tour, avant de pointer un doigt accusateur sur son petit ami. Si t'étais venu en cours ce matin tu aurais su qu'on a un devoir à rendre en binôme, monsieur Derek Je-m'en-fous-de-ma-réussite-scolaire-Hale !

- Tu n'aurais pas pu te mettre avec quelqu'un d'autre, Stiles Tu-fais-chier-Stilinski ?!

- Et encore une fois, si tu avais été là tu aurais su que je n'avais pas le choix ! lança furieusement Stiles avant d'aller s'assoir sur le bord du lit. Tu peux pas ne pas être là et toujours tout me reprocher !

Stiles entendit Derek soupirer pour essayer de se calmer et ne pas parler sans réfléchir. Leur relation était plutôt tendue ces derniers temps. Derek avait eu de nombreuses relations avant lui mais n'arrivait toujours pas à résoudre le Théorème Stiles Stilinski. Un jour tout allait pour le mieux et c'était génial, vraiment, puis le lendemain c'était l'apocalypse avec le jeune homme. Parfois, le jeune Hale ne savait plus sur quel pied danser. Aujourd'hui manifestement Stiles était en plein jour apocalyptique. Il alla tout de même le rejoindre sur le lit, à la seule différence qu'il s'adossa au mur. Il savait que Stiles s'énerverait s'il tentait une approche trop tôt.

Un long silence s'installa tandis que les crampes de Stiles reprenaient. Il allait devoir prendre son médicament, mais pour ça il fallait qu'il se débarrasse de Derek au plus vite.

- Ok, fit Derek, bien décidé à briser la glace. Qu'est-ce qu'il y a encore ?

- Rien, répondit immédiatement Stiles sans le regarder.

- Mais oui bien sûr. Alors pourquoi tu fais encore la gueule ? J'ai fait quoi au juste ? Et puis t'avais quoi hier au téléphone ?

- Derek, j'ai vraiment pas envie de débattre sur le pourquoi du comment ce soir. Vas trainer avec tes putains de potes sans cervelle et lâches-moi !

- Quoi ?! C'est encore ça le problème ? Je sais que tu ne les aimes pas, mais je ne t'oblige pas à leur parler ! Je ne me plains pas de Scott et Lydia, moi !

- C'est pas ça le problème, j'ai pris l'habitude de passer après tout le monde de toute façon.

- Stiles, soupira l'ainé en essayant de s'approcher, mais l'hyperactif s'éloigna, tenant à garder son périmètre de sécurité. S'il te plait, insista-t-il néanmoins.

Le fils du Shérif sentit Derek se rapprocher encore une fois. Il était trop près, beaucoup trop près. Stiles commençait à perdre patience, ses douleurs reprenaient et s'il ne prenait pas le médicament de Deaton dans la minute à venir, il allait exploser. Il fallait vraiment que Derek parte, sinon il y avait de fortes chances pour qu'il découvre son secret. Malheureusement, il ne semblait pas vouloir abandonner, pas ce soir. Il essaya de l'embrasser mais Stiles détourna vivement la tête, refusant le contact, le rejetant une nouvelle fois. Derek se leva, en colère ; il n'allait pas pouvoir se retenir très longtemps. Stiles l'énervait au plus haut point. Il en avait assez de faire des efforts qui ne servaient visiblement à rien.

- Regarde-moi putain, gronda-t-il en l'attrapant par le tee-shirt. Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?! Si c'est encore l'histoire du préservatif...

Derek s'interrompit en voyant que Stiles avait enfin levé les yeux vers lui. Et à voir son expression, il avait mis dans le mille.

- Tu ne peux pas m'en vouloir éternellement pour ça ! s'énerva-t-il en le lâchant. C'était un accident ! Je ne vais pas te refiler le choléra !

« Parce qu'un gosse c'est mieux, peut-être ? » pensa Stiles avec colère. Ses yeux se mirent à lancer des éclairs, mais une crampe l'obligea à réprimer un gémissement de douleur.

- Ok, quand tu auras fini de faire la gueule tu m'appelleras, lui balança Derek avant d'ajouter : tu fais chier !

Sur ces mots, il partit en claquant la porte.

oOoOo

Erica adorait passer chez les Hales sans prévenir. Derek n'était pas encore rentré, mais avec Boyd et Isaac ils s'étaient déjà accaparés la télé du salon pour jouer à un vieux jeu vidéo qu'ils n'auraient pas pensé aussi coriace. Isaac, allongé sur le canapé, était visiblement le joueur perdant car il n'arrivait pas à comprendre les règles. Tout le monde lui tapait dessus et il tombait toujours dans le vide. Au bout d'un moment, inévitablement, il en eut assez. Même Cora, pourtant bien plus petite, le battait.

- J'en ai marre, grogna-t-il en abandonnant la manette. Ce jeu est nul à chier.

- Pas de gros mots devant Little-Derek version girl, le taquina Erica, concentrée au maximum.

- Il a raison ce jeu est médiocre, ralla Boyd à son tour.

- Dites plutôt que vous faites pas le poids devant nous, lança fièrement la petite Cora.

Isaac s'apprêtait à répondre mais il entendit la porte d'entrée s'ouvrir. Il reconnut tout de suite l'odeur de Derek qui venait de traverser le couloir et qui n'avait pas l'air très heureux de les voir ici.

- Fait chier, vous faites quoi chez moi ? s'énerva-t-il immédiatement.

- Etant donné qu'on n'avait nul part où aller on s'est dit « Tiens ! Et si on rendait visite à notre bon vieux Derek ! » Et voilà, on est là, répondit Erica avec un sourire moqueur.

Elle se décala sur la droite, afin que Derek puisse s'asseoir par terre à côté d'elle.

- Tu sens Stiles, et un peu Malia, analysa-t-elle en reniflant brièvement, avant d'ajouter : tu sens la colère, tu sens la frustration. Et merde ! déclara-t-elle brusquement avant de lancer sa manette sur le tapis. J'abandonne !

Elle se redressa et se tourna légèrement vers Derek. A son expression, on pouvait deviner qu'il ne comptait pas se dérider. La jeune femme soupira. Elle qui avait espéré pouvoir passer une soirée amusante ! Stiles et Derek n'auraient-ils pas pu se disputer un autre jour ? C'était fréquent ces derniers temps. Cependant, puisqu'elle et Lydia avaient réussi à avoir les rôles de confidentes auprès d'eux, Erica comptait bien s'informer plus précisément des raisons de leurs engueulades répétitives.

- Boyd, Isaac, allez chercher de quoi boire dans la cuisine, et des trucs à manger aussi, plein de truc à manger, ordonna la blonde.

- Bouges ton cul toi-même, répliqua Isaac, qui semblait trouver le jeu vidéo brusquement très intéressant.

Cependant, il sentit le regard de son amie se poser froidement sur lui sans avoir besoin de tourner la tête pour le voir ; il pouvait sentir tous les éclairs d'autorité féminine d'Erica lui foudroyer la nuque. Il se mordit les lèvres et déposa sa manette avant de se lever et d'entraîner Boyd avec lui dans la cuisine, sans dire un mot. Il faut dire qu'ils venaient tous si souvent ici que la maison de Derek était à présent comme la leur, aussi savaient-ils où se réfugier en cas de danger.

- Cora, tu veux bien monter dans ta chambre ? J'ai une petite discussion à avoir avec ton ronchon de grand frère, demanda Erica à la petite fille, non sans oublier de sourire.

Cora pouvait être vraiment mignonne dans ses bons jours. Elle ne montra aucune opposition et monta à l'étage, rejoignant sa grande sœur, Laura, qui se trouvait en haut.

Maintenant qu'Erica était seule avec Derek, ce serait nettement plus facile de lui tirer les verres du nez. Elle déposa sa tête sur l'épaule du jeune homme après avoir récupérer la manette sur le tapis.

- Qu'est-ce qui s'est passée cette fois ? demanda-t-elle dans un soupir qu'elle voulut agacé – alors qu'en fait, elle était plus curieuse qu'autre chose.

- Rien, comme d'hab, répondit froidement Derek, qui s'empara à son tour d'une manette de jeu. Il m'énerve, il est toujours en train de trouver des problèmes partout !

- Tu as au moins fait des efforts depuis la dernière fois ?

- J'ai fait que ça ! Si Stiles veut que je me libère, je me libère ! Si Stiles veut que je m'investisse plus dans notre relation, je le fais ! Et il trouve encore le moyen de se plaindre ! Si ça n'avait pas été lui, ça ferait longtemps que je serais allé voir ailleurs. Et tu aurais dû sentir l'odeur qu'il avait sur lui !

Erica ne put s'empêcher de glousser. C'était vraiment amusant de voir Derek perdre tous ses moyens face au petit Stiles, cet humain si imparfait, bruyant et remuant. Elle connaissait Derek depuis qu'ils étaient petits, et jamais il ne s'était pris la tête pour une quelconque relation amoureuse. Il était plutôt le genre de garçon à vouloir que tout se passe comme il le désire. Il obtenait toujours ce qu'il voulait. Si Derek voulait quelqu'un, il l'obtenait, c'était aussi simple que ça, et ça avait toujours marché.

Seulement, avec Stiles c'était différent. L'ancienne copine de l'hyperactif était la cousine de Derek, Malia Hale. Vous ne pourrez jamais imaginer la dispute familiale qu'il y a eu lors du réveillon de Noël quand Malia apprit qu'elle s'était fait larguer à cause de Derek. Un repas de famille qui avait pourtant réussi à réunir tous les Hale. Peter était venu avec sa fille et d'autres oncles et tantes, ainsi que des cousins éloignés qui avaient fait acte de présence. Rien qu'en y repensant, Erica en avait des frissons. Elle qui s'était attendue à une ambiance chaleureuse ce soir-là avait été servi. La blonde avait amèrement regretté de ne pas être restée chez elle ce jour-là. Elle s'en souvenait comme si c'était hier.

- Malia, Derek, vous êtes bien silencieux ce soir, avait fait remarquer Talia Hale, la mère de Laura, Derek et Cora.

Malia et Derek étaient assis juste en face l'un de l'autre. La semaine précédente avait été mouvementée pour tous les deux, et tout ça à cause d'une seule personne : Stiles, qui n'était même pas là.

- Peut-être que si ma propre famille ne me trahissait pas, j'aurais envie de communiquer, avait amèrement lâché Malia, attirant tous les regards vers Derek.

Erica se souvenait parfaitement des regards foudroyants que s'envoyaient les deux concernés.

- Voyons, de quoi tu parles ? avait gloussé Laura.

- Dis-moi au juste, ça a commencé quand ? Ou plutôt, non ! J'ai une meilleure question ! avait souri Malia tout en levant sa fourchette. Est-ce que ça te dérange si je dis à tout le monde ici présent que mon propre cousin couche avec mon copain, et qu'en plus de ça il ne se gêne pas pour me l'arracher ?

- Il doit y avoir un malentendu. Derek, ce que dit Malia est exact ? avait demandé sa mère, qui semblait sur le point de perdre son sang-froid, chose qui n'arrivait pas souvent chez elle.

Ce qu'il fallait savoir avec les Hale, c'est que la famille passait avant tout. On ne trahissait pas un membre de sa propre famille, de sa propre meute, et surtout pas pour une histoire de sexe. Ce genre d'action énervait tout particulièrement l'alpha, Talia. Erica avait senti Derek bouillonner de colère juste à côté d'elle, et ses yeux avaient changé de couleur pour devenir jaune vif.

- Derek, qu'est-ce que c'est cette histoire ? avait également demandé Laura, perdant son sourire.

Tandis qu'Erica se faisait petite sur sa chaise, et que la tension augmentait, elle put clairement voir un petit sourire narquois redessiner les lèvres de Derek. Cet adolescent arrogant ne savait décidément pas tempérer et gérer ce genre de situation. Elle s'était doutée que, dès qu'il ouvrirait la bouche, ce serait pour lancer des propos déplacés et cinglants à Malia. Et elle avait vu juste. En moins de quelques secondes, la jeune coyote s'était transformée, les crocs et les griffes sortis et armée de ses grands yeux bleus lumineux. Derek avait fait de même et tout avait valsé, que ce soit la dinde pas encore entamé, que Laura avait mis une après-midi à préparer, les verres remplis qui se brisèrent par terre ou encore la table, qui fut retournée et envoyée au sol. C'était allé très loin, loin au point que si Talia Hale n'était pas intervenue, cette dispute aurait pu dégénérer gravement, comme c'était souvent le cas lors d'un conflit entre loup-garou et coyote, qui s'entendaient difficilement. La colère noire de Talia, heureusement, avait tout stoppé avant qu'il y ait plus de dégâts.

- Je la déteste, j'ai l'impression qu'elle est toujours là à guetter la moindre occasion, déclara soudainement Derek, sortant Erica de ses souvenirs.

- Tu l'as mérité, tu ne crois pas ? le raya-t-elle.

- J'ai rien mérité du tout ! C'est pas de ma faute s'il a préféré venir vers moi parce que mademoiselle Malia Coyote-dominatrice-Hale ne le satisfaisait pas !

- Ou peut-être qu'il est venu vers toi parce que tu l'as chauffé à mort pendant plus d'un mois. Moi j'crois plutôt que t'étais jaloux.

Derek lui balança l'un de ses regards mauvais dont il avait le secret avant de se lever brusquement.

- Tu sais quoi ? lui balança-t-il méchamment. Je ne sais même pas pourquoi je te parle. Que ce soit juste ou pas, Stiles n'a pas intérêt à trop s'approcher de Malia !

oOoOo

Cela faisait une semaine que Stiles avait appris pour sa grossesse et les seuls à être au courant étaient Deaton et Malia. Il n'en avait parlé à personne d'autre.

Il avait réussi, grâce à la coyote, à éviter la plupart de ses amis durant la semaine malgré que ce fut extrêmement difficile.

Scott avait évidemment décidé de passer moins de temps avec Allison pour on ne sait quelle raison, alors que Stiles aurait préféré qu'il continue à le délaisser pour la belle brune. Il avait peut-être senti que son meilleur ami s'éloignait, et ça l'avait sans doute effrayé, mais au mauvais moment ; là, Stiles aurait préféré qu'il lui foute la paix. Avec Derek, leur relation battait de l'aile mais Stiles préférait le tenir éloigné de lui par tous les moyens tant que Deaton n'avait pas reçu cette fameuse plante miracle qui le débarrasserait enfin de ce qu'il avait dans le ventre. Il n'aimait pas se disputer avec lui, mais c'était le seul moyen de le garder à l'écart pour un petit moment.

« Plus que quelques jours et ce sera fini. » C'était-il dit alors qu'il essayait de terminer son devoir d'histoire à l'une des tables de la bibliothèque du lycée, près d'une des fenêtres du deuxième étage. Il adorait s'installer ici pour pouvoir observer les matchs de basket qui se déroulaient sur le terrain extérieur les jours de beau temps, comme aujourd'hui. Ce serait mentir que de dire qu'il ne savait pas quand Derek y était. Si Stiles refusait d'avoir tout contact avec lui, il trouvait quand même toujours un moyen pour voir jouer son Hale préféré, même de loin. Son corps puissant qui luisait de sueur sous le soleil, ses muscles saillants qui se tendaient dès qu'il bougeait, courait ou attrapait le ballon ; sa vitesse, sa force, son autorité naturel sur le terrain.

Malia était assise en face de lui. Ils passaient considérablement plus de temps ensemble maintenant, puisque le reste de la meute n'était et ne devait ! – Stiles avait bien insisté sur ce point – être au courant de rien. Stiles n'avait aucune envie d'être seul toute la journée et en plus de ça, Malia savait trouver de superbes excuses pour que le jeune homme puisse échapper à ses amis. Ce midi, pour l'aider à leur fausser compagnie, elle leur avait clairement balancé : « On n'a vraiment pas avancé sur le devoir de maths, il faut absolument qu'on termine, désolé, à tout à l'heure. ». Tout le monde, évidemment, s'était posé des questions sur la relation des deux adolescents. Et il y avait de quoi. Une semaine plus tôt encore, ils se fuyaient et s'ignoraient royalement.

- Comment quelques heures pour résoudre des problèmes de maths abominables ont pu les rapprocher autant et leur faire oublier leur guerre froide d'un an ? avait demandé Isaac à Lydia une heure plus tôt, alors Malia et Stiles s'éloignaient ensembles en direction de la bibliothèque. Derek va vraiment finir par mal le prendre.

- C'est juste pour un devoir de maths, avait répliqué Lydia en levant les yeux au ciel.

D'un autre côté, Stiles était bien obligé d'entretenir une relation convenable avec son ex-copine s'il ne voulait pas qu'elle balance tout à tout le monde. Même s'il avait confiance en Malia – sans compter que, depuis qu'il avait vu Allison piquer sa première crise de jalousie, il avait décidé de ne jamais sous-estimer une fille en colère.

La jeune coyote s'impatientait sur sa chaise. Ayant oublié son sandwich du midi sur son bureau dans sa chambre, elle n'avait pas mangé et la faim la rendait grognonne – comme beaucoup de membre de la famille Hale. Elle se tortillait donc à chaque grognement de son ventre, l'accompagnant parfois d'un soupir et, souvent, d'un grommellement.

- Tu comptes aller voir Deaton aujourd'hui ? demanda-t-elle d'un ton ennuyé et agacé.

- Pourquoi tu me poses cette question tous les jours ? chuchota Stiles en réponse tout en se penchant sur la table. Je t'ai dit de ne pas en parler au lycée ! Tes amis les loups ont des oreilles partout je te rappelle !

- Oh, ça va ! On est dans la bibliothèque, les autres mangent à des lieux d'ici et Derek ne viendra jamais ici. Et je m'inquiète.

Stiles leva les yeux au ciel. Il ne comprenait pas pourquoi Malia donnait tant d'importance à ce parasite qu'il rêvait d'expulser de son corps au plus vite.

- Tu as réfléchi au prénom ? lui demanda brusquement la jeune femme. Tu penses que c'est une fille ou un garçon ? J'aimerais vraiment que ce soit une fille.

Stiles leva les yeux de son livre d'histoire pour dévisager Malia, dont les yeux s'étaient remplis d'étoiles. Il n'aurait jamais pensé que parler d'enfant puisse la rendre aussi joyeuse et pleine d'entrain. Elle qui était toujours en train de se plaindre de ses petits cousins. Bon, d'accord, ses cousins étaient vraiment des petits montres – des Hale quoi ! – que tout le monde sur cette planète aurait envie d'étrangler, mais quand même, il y avait de quoi être étonné.

Outre cela, Malia éveilla un peu de curiosité chez le jeune homme. Une fille ou un garçon ? Si c'était un garçon, il lui apprendrait à jouer à lacrosse c'était certain. Mais si c'était une fille ce serait un peu plus difficile de jouer à la poupée avec elle … sauf si elle était garçon manqué. Non, Lydia ne permettrait jamais ça. Elle se sentirait obligée de l'habiller comme sa copie conforme et de la maquiller comme une vraie star.

Stiles se redressa et secoua légèrement la tête pour se remettre les idées en place. Il n'avait pas à imaginer quoi que ce soit. Il allait avorter. Oui, avorter, et le plus vite possible.

- Ça n'a aucune importance, se contenta-t-il de répondre avant de fermer son livre et de se lever.

Malia le dévisagea avec de grands yeux interrogatifs alors qu'il rassemblait ses affaires. Stiles ne lui avait rien dit de sa décision concernant l'enfant. Il ne lui avait pas dit qu'il ne comptait pas le garder et encore moins mettre d'autres personnes au courant. D'abord parce qu'il avait eu peur qu'elle ne le comprenne pas, mais à présent il en avait la certitude : elle ne comprendrait pas. Elle était bien trop excitée à l'idée que cet enfant naisse. Il devrait cependant lui annoncer, un jour ou l'autre.

oOoOo

La meute était comme convenu sur l'une des tables extérieures en train de manger et de discuter sur les derniers changements de cette semaine, et bien évidemment le sujet « Stiles, Malia et Derek », les trois absents, était sur toutes les lèvres. Bien curieusement, ce fut Lydia, agitant sa fourchette en l'air, qui lança la discussion. Peut-être parce qu'au fond, elle était aussi curieuse que les autres, voire plus.

- C'est un peu bizarre que Stiles passe moins de temps avec Derek et plus avec Malia, spécula-t-elle telle une conspiratrice.

- Quoi ? Tu penses qu'il se passe un truc entre eux ? lui demanda Allison, à la fois inquiète et curieuse.

- Je ne sais pas. Je dis juste que c'est bizarre. Vous pensez que Stiles pourrait encore changer de bord ? Il l'a fait une fois, pourquoi pas une deuxième ?

- Ah, non ! s'exclama Isaac d'un ton embêté. Ça foutrait encore le bordel ! Vous vous souvenez de la dernière fois ? C'était littéralement atroce. J'ose même pas imaginé ce qui arriverait si ça recommençait.

- Stiles m'en aurait parlé, s'incrusta Scott, sortant enfin de son silence – il avait tendance à éviter ce sujet. Et puis, il tient vraiment à Derek, il ne pourrait pas lui faire ça.

- Au cas où tu l'aurais oublié, la dernière fois tu as dit exactement la même chose concernant Malia, ricana Jackson de son ton sarcastique habituel.

- Il marque un point, l'appuya Erica, toute souriante. Et figures-toi que pour le moment, Derek et Stiles sont en froid.

Tout le monde jeta un coup d'œil interrogatif à la blonde, qui fit une petite grimace de surprise. Elle n'arrivait pas à concevoir que personne ne l'ait remarqué. C'était pourtant flagrant. Non, pour les autres c'était simplement que Derek et Stiles trouvaient peut-être moins de temps pour se voir, mais sûrement pas que leur couple battait de l'aile.

- Qu'est-ce que tu veux dire par « en froid » ? lui demanda Lydia, laissant paraître son incompréhension soudaine par des sourcils levés très haut.

- Ce que je veux dire c'est que Derek et Stiles se font la gueule, c'est tout.

- Mais comment tu sais ça toi ? ralla Isaac, agacé d'être toujours le dernier au courant.

- C'est à propos de quoi cette fois ? demanda Boyd à la jeune femme.

Erica réalisa qu'ils étaient tous pendus à ses lèvres, et elle adorait ça. Scott s'était presque mis sur la table et le cou de Lydia s'allongeait de minute en minute.

- Apparemment, commença la blonde avec un sourire, le problème viendrait de Stiles. Derek dit qu'il est bizarre, qu'il est distant et il ne sait plus quoi faire pour remédier à ça, donc pour le moment, à ce que je sais, il a décidé de laisser Stiles respirer un peu.

- Maintenant que tu le dis, commenta Allison, j'ai remarqué que Stiles passait moins de temps avec nous aussi. Surtout cette semaine. On dirait que Malia est la seule à pouvoir l'approcher.

- Scott, il faudrait que tu discutes avec lui, proposa Lydia d'un ton qui ne supposait aucune réplique. Il y a peut-être quelque chose qu'il ne nous a pas dit et qui le pousse à agir comme ça. Ça m'inquiète.

- On a entrainement de lacrosse tout à l'heure, abdiqua Scott. J'en profiterais pour lui en parler.

oOoOo

Scott réfléchit donc durant tout le cours de littérature à ce qu'il pourrait bien dire à son camarade juste assis devant lui. Lydia n'arrêtait pas de lui faire des signes pour qu'il entame enfin la discussion, mais avec Madame Goplin comme professeur, ce n'était pas le moment. De toute façon, dans à peine une minute la sonnerie allait retentir et il irait à l'entrainement avec Isaac et Stiles.

Dès que la sonnerie se fit entendre, Scott se précipita au bureau de Stiles. Toute l'attention des personnes présentes de la meute se dirigea vers eux.

- Stiles, il faut qu'on parle c'est important, attaqua immédiatement Scott.

- Ben, tu m'en parleras à l'entrainement, répliqua son ami en haussant un sourcil de surprise.

- Stiles, tu ne peux pas y aller avec …, s'interposa Malia, qui s'était rapprochée sans que les deux jeunes hommes s'en aperçoivent. Tu … tu as oublié que ma voiture m'a lâché ? T'avais proposé de me ramener. Maintenant, insista-t-elle en voyant que ni Scott ni Stiles ne bougeaient.

- Lydia ou Allison ne peuvent pas le faire ? demanda Scott en fronçant les sourcils, contrarié.

- Je préfère que ce soit Stiles, insista la jeune coyote.

Scott lança un regard insistant à son meilleur ami, lui montrant ainsi qu'il désapprouvait totalement l'idée que Stiles passe du temps avec Malia. Il hallucina quand Stiles prit le parti de Malia et s'en alla avec elle, comme si raté un entrainement, et en plus à cause de son ex-copine, était complètement normal. Lydia se rapprocha de lui, ainsi qu'Allison.

- Isaac avait raison, c'est complètement suspect, fit cette-dernière.

- Il faut en parler à Derek, suggéra Lydia avec détermination.

- Non, ce ne sont pas nos affaires, décréta Scott avec autorité. Si Stiles passe plus de temps avec Malia c'est qu'il doit y avoir une raison. Imaginez qu'on se trompe ! On serait responsable d'un énorme bordel !

- Tu veux que je te dise Scott ? lança Lydia en croisant les bras, irritée de ne pas avoir le dernier mot. Le bordel, il s'installe déjà ! Pour le moment, il n'y a pas encore les larmes et le groupe reste soudé, mais ça va venir. Rappelles-toi la dernière fois. Je ne veux pas que ça recommence, je ne veux pas voir tous mes amis se tirer dessus parce que le trio est encore une fois en train de tout faire exploser. Donc tu vas aller parler à Derek. Soit tu y vas, soit j'y vais. Plus vite il sera au courant, mieux ce sera.

Scott roula des yeux. Pourquoi était-il entouré de filles qui faisaient autant peur lorsqu'elles étaient énervées ? Lydia avait l'air d'être capable de lui planter son stylo dans l'œil en ce moment même. Scott regarda Allison, à la recherche de soutien, mais la jeune brune semblait tout à fait d'accord avec l'idée de sa meilleure amie. Scott n'irait pas parler à Derek. Il pouvait prendre la responsabilité pour tout ce qui était de vaincre des méchants monstres surnaturels, mais pas la responsabilité de peut-être détruire un couple, et en plus celui de son meilleur ami.

oOoOo

Derek venait de terminer son entrainement de basket. Il partit rejoindre Jackson et Isaac qui se changeaient dans les vestiaires. Jackson enlevait tout juste son maillot ; il avait cette année décidé d'abandonner lacrosse pour se lancer dans le basket à la demande très insistante de Lydia. La jeune rousse avait trouvé comme prétexte qu'un maillot de basket mettrait davantage en valeurs les muscles du jeune homme que le lourd accoutrement de crosse. Par conséquent, les filles du lycée seraient encore plus dingues de son homme, et jalouses par la même occasion. Il fallait dire que Lydia était vraiment particulière. Elle aimait savoir que tout ce qu'elle possédait était envié. De cette façon, elle arrivait à maintenir sa réputation au sommet.

- Alors comme ça on se dispute avec le petit Stiles et on ne dit rien à personne ? rit Jackson.

Isaac lui donna un coup de coude. Il n'avait vraiment pas envie que Derek s'énerve, lui qui semblait toujours d'une humeur massacrante. Mais un simple coup d'œil dans sa direction l'informa que c'était trop tard. Le visage de Derek venait de se durcir, et il parcourut rapidement le vestiaire d'un regard noir, avant de s'adresser très froidement à Isaac.

- Il est où ?

- Qui ? bredouilla le garçon aux bouclettes.

- Stiles, il est où ?

- Euh … Il ne devrait pas tarder. Scott et lui avaient cours juste avant.

- D'après ce que Lydia vient de m'envoyer par sms, ton copain ne compte pas venir. Il est avec Malia, déclara Jackson, heureux de pouvoir s'amuser avec les nerfs de son ami.

Isaac n'eut pas le temps d'essayer de réparer la gaffe de l'ancien co-capitaine de lacrosse, que Derek sortit de manière précipité du vestiaire après avoir violemment claqué la porte de son casier.

- Jackson ! gronda Isaac, les dents serrées.

- Quoi ? répliqua l'autre d'un air parfaitement innocent et loin d'être crédible. Ça met un peu d'ambiance. Et puis comme ça ils vont peut-être pouvoir régler leurs différends. Grâce à moi, encore.

- T'es con, rit finalement Isaac.

oOoOo

Au volant de la Jeep, Stiles se demandait si Malia et lui n'en faisaient pas trop. Scott l'avait dévisagé comme s'il ne le connaissait plus, comme s'il ne le cernait plus, alors qu'ils leur suffisaient, avant, d'un seul regard pour se comprendre. Il jeta un coup d'œil à Malia, assise sur le siège passager.

- Tu aurais pu rentrer chez toi seule, osa finalement Stiles.

- Allison et Lydia nous observaient sur le parking, je ne pouvais pas, répondit simplement la jeune femme. Quand comptes-tu voir Deaton ?

- Je voulais passer le voir ce soir, mais puisque je te ramène, j'irais demain.

- Non, je t'y accompagne.

- Tu es sûre ?

- Puisque je te le dis. Aller, direction vétérinaire.

oOoOo

Par chance, Deaton n'avait pas encore quitté son cabinet, et Malia était impatiente de pouvoir poser des centaines de questions au vétérinaire. Stiles, lui, aurait préféré qu'elle ne soit pas présente. Assit sur la même table que la dernière fois, le tee-shirt ôté, il commençait déjà à stresser. Malia avait du mal à croire que sous ce ventre tout plat se cachait de la vie ; elle le fixait comme si elle essayait de voir au travers. Dans un premier temps, Deaton voulu vérifier si le corps de l'hyperactif n'avait subi aucune séquelle interne, aussi lui fit-il passer un long interrogatoire : « Est-ce que tes douleurs persistent ? As-tu remarqué quelque chose d'anormal ? Est-ce que tu bois régulièrement ? (…)». Et ainsi de suite.

- Il va bien ? demanda finalement Malia, impatiente.

- Pour le moment oui. Je vois que le médicament que je lui ai donné fait effet.

- Pas Stiles, le bébé.

- Lui aussi. Il se développe normalement. Le plus important c'est de surveiller de près la santé de Stiles, qu'elle ne se dégrade pas d'un seul coup. C'est déjà arrivé, c'est pour ça que je suis assez content qu'il y ait au moins une personne au courant et qui soit toujours avec lui.

- Comme moi, se réjouit innocemment Malia.

- C'est bien beau tout ça, l'interrompit Stiles qui perdait patience, mais j'ai pas vraiment envie de venir vous voir toutes les semaines pour une visite de contrôle. C'est pour quand l'avortement ? J'en peux plus de pouvoir approcher personne.

Le visage de Malia se décomposa littéralement, et Stiles regretta amèrement de lui avoir permis de l'accompagner, et encore plus de ne rien lui avoir dit. De toute façon, elle aurait fini par l'apprendre.

- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? demanda-t-elle, cherchant des réponses du côté de Deaton.

Ses yeux allaient de Stiles au vétérinaire, attendant une réponse, des précisions. Elle avait mal entendu. Ça ne pouvait être que ça.

- Alors c'était ça ta solution ? Te débarrasser du bébé et continuer ta vie comme si de rien était ?! s'énerva-t-elle finalement. Et Derek … il est d'accord avec ça au moins ? Il a le droit de donner son avis !

- Mais j'en ai rien à foutre de son avis ! explosa Stiles avec colère. Il m'a pas concerté pour me transformer en femme enceinte, lui !

La respiration de Malia devint saccadée. Elle était vraiment hors d'elle. Elle n'arrivait pas à croire ce qu'elle entendait. Sa mère l'avait abandonné quand elle n'était encore qu'une enfant, et cette situation lui rappelait la chance qu'elle avait eu elle-même : que ses parents n'aient pas pris la décision de l'éradiquer de ce monde avant sa naissance. Elle n'était pas d'accord avec la décision de Stiles, et s'y opposerait jusqu'au bout. C'était cruel et inhumain. Elle poussa un long soupir pour essayer de se calmer, et se rapprocha de Stiles pour poser ses deux mains sur les épaules nues du jeune homme.

- C'est ton enfant, Stiles, dit-elle d'une voix vibrante. Tu ne peux pas faire ça. Je … Je sais que ça te fout la frousse, j'aurais eu peur moi aussi à ta place, mais tu ne peux pas prendre cette décision. Réfléchit ! Et si jamais tu regrettais ? Hein ?

Stiles retira les mains de son ex-copine de ses épaules. Il n'était pas du même avis, loin de là. Il n'y avait rien à regretter. Son regard en disait long, mais Malia s'entêta :

- Si j'étais tombée enceinte un an plutôt, tu aurais fait quoi ?

- Je t'aurais dit que j'en voulais pas, répondit brusquement Stiles. Je t'aurais dit qu'on était trop jeune. Je t'aurais dit que tu avais le choix, même si j'avais été complètement opposé à ce que tu le gardes ! Mais je t'aurais laissé le choix parce que c'est toi qui l'aurait porté, alors laisses-moi prendre mes décisions tout seul. Je…

Stiles s'interrompit. Il ne sut jamais pourquoi, mais il ressentit une brusque envie de pleurer. Ses yeux s'humidifièrent très vite, mais la colère fut la plus forte et il ne pleura pas. En colère de devoir se justifier pour un choix qui lui était tout à fait légitime ! Il n'avait de compte à rendre à personne !

Mais il n'y avait pas que ça. Il ne pouvait pas le garder. Quand il imaginait cette solution, ça ne présageait rien de bon. Comment était-il censé s'occuper d'un enfant alors qu'il avait à peine 17 ans ? Comment allait-il expliquer ça à son père sans se faire foutre dehors la minute suivante ? Comment Derek allait-il réagir ? Il ne pouvait pas prendre le risque de tout perdre pour quelque chose qu'il n'était même pas sûr d'aimer.

- Je ne peux pas le garder, Malia, dit-il en détournant le regard.

- Bien sûr que si ! tenta encore la jeune femme.

- Ça pourrait le tuer, intervint Deaton.

- Vous ne comprenez pas, soupira Malia en s'éloignant légèrement. C'est un être vivant ! On ne peut pas le jeter comme un vulgaire déchet ! Tu ne peux pas le tuer !

Malia se mordit les lèvres, les yeux braqués dans ceux de Stiles. Voilà, elle allait craquer ; elle allait pleurer pour un problème qui ne la concernait même pas. Décidément, Stiles était doué pour la mettre dans des états impossibles ! Elle préféra quitter la pièce brusquement, sans plus dire un mot, et partit attendre Stiles dans la voiture. Elle ne pouvait plus rester dans ce cabinet à entendre une discussion sur comment tuer un bébé.

- Normalement tu obtiendras ce que tu veux dans moins de cinq jours, ou au pire des cas dans deux ou trois semaines, reprit Deaton avant de s'arrêter devant l'un de ses tiroirs et de se retourner vers Stiles. Tu es sûr de ne pas vouloir y réfléchir un peu plus longtemps ?

- Certain, répondit immédiatement le jeune homme avec fermeté.

- Malia a raison tu sais. Tu pourrais le regretter. Il faut que tu saches que même si tu as une grossesse plus que particulière, si tu prends la décision de le garder … Stiles, tu ne seras jamais plus comme avant, quel que soit la décision que tu prends.

Stiles ne répondit rien. Il enfila son tee-shirt et sortit sans un mot pour rejoindre Malia dans la Jeep.

Il monta du côté conducteur et resta un petit moment immobile, le regard dans le vide. Malia regardait par sa vitre, les bras croisés. Elle ne voulait plus parler à Stiles pour le moment.

Malgré l'atmosphère pesante et les milliers de questions qui se bousculaient dans sa tête, Stiles démarra et garda le silence tout le temps du trajet.

oOoOo

Une fois rentré, Stiles s'enferma dans sa chambre. Au moins, dans cette pièce, il était tranquille, avec ses jeux vidéo, son ordinateur, sa télé et ses livres pour se changer les idées. Sauf qu'aujourd'hui, ça ne marchait pas. La conversation agitée qu'il avait eue avec Malia et Deaton ne cessait de tourner en boucle dans sa tête. Il avait besoin de parler à quelqu'un, quelqu'un qui ne le jugerait pas ; malheureusement il n'avait personne à qui se confier. Forcé de tout garder pour lui. Malia était en colère et ne comprenait pas son opinion, et les autres n'étaient au courant de rien.

Soudain, une pierre frappa sa fenêtre. Surprit, Stiles ouvrit sans se méfier et Derek déboula dans sa chambre, le poussant sans ménagement pour passer. Il ne put s'empêcher de pousser un petit soupir agacé mais discret, qui n'échappa malheureusement pas aux sens aiguisés du loup-garou.

- Je t'ai déjà dit de ne pas venir quand mon père est là ! lança-t-il abruptement. Tu comprends vraiment rien ma parole !

- Et toi je t'ai déjà dit d'arrêter de trainer avec Malia ! s'énerva Derek.

Stiles prit le temps de regarder son petit ami. Il semblait excessivement en colère ; ses poings étaient si serrés que les jointures de ses doigts en étaient blanches, sa mâchoire était si crispée que ses mots avaient difficilement passé la barrière de ses dents, et ses sourcils épais étaient si froncés que ses yeux paraissaient noirs. Stiles essaya de chercher n'importe quelle excuse pour se justifier, mais rien ne semblait assez plausible pour que Derek se calme. Il ne voulait pas d'une autre dispute, pas ce soir. Il se sentait déjà assez mal pour que son copain en rajoute une couche.

Il se rapprocha de Derek et lui fit un petit et doux sourire avant de lui attraper les mains du bout des doigts et de coller son front contre le sien.

- Je vais arrêter, promis, souffla-t-il dans un chuchotement doux. Ne t'énerve pas, s'il te plait.

Avant de venir jusqu'ici, Derek s'était fixé un objectif : quitter Stiles sur un coup de tête. Mais maintenant qu'il était en face de lui, tout se bousculait dans son esprit. Il ne savait jamais comment Stiles pouvait réagir, mais il ne s'était pas attendu à le voir aussi concilient. Il pensait que Stiles allait encore le pousser à bout, hors c'était tout le contraire.

Derek déposa ses lèvres sur celles de l'humain, qui ne le repoussa pas comme il l'avait fait tout le mois précèdent. Un mois sans pouvoir le toucher c'était long, frustrant, énervant, injuste. Retrouver le goût sucré de ses lèvres, sentir son odeur douce et subtile, toucher son corps souple, caresser sa peau chaude. Tout en approfondissant son baiser, il attrapa l'hyperactif par la taille pour le coller un peu plus contre lui. L'humain répondit à son baiser avec le même enthousiasme, totalement réceptif, et Derek décida d'en profiter un maximum. Ne pas le lâcher, le maintenir contre lui, qu'ils ne se séparent pas. Rien que l'idée que Stiles puisse le rejeter à nouveau lui faisait peur, aussi s'accrocha-t-il plus fort à lui, jusqu'à lui arracher un grognement à mi-chemin entre la douleur et l'excitation.

Stiles glissa sa main dans les cheveux sombres de Derek, appréciant leur douceur. De sa main libre, il descendit la braguette de son jean, tout doucement mais avec détermination. Il en avait envie. Vraiment. Jusqu'à en brûler. Il avait oublié à quel point ce genre d'instant avec Derek lui permettait de tout oublier, jusqu'au plus insignifiant de ses problèmes. Ils étaient juste tous les deux, pas de Scott, pas d'Allison jalouse, pas de Cora trop collante, pas de tout le monde ; juste lui, Derek et leurs désirs, leurs corps vibrants. Très vite, sans trop comprendre comment, il se retrouva plaqué contre le mur, ses jambes entourant la taille du loup qui lui dévorait le cou. Stiles poussa quelques soupirs de plaisir. Juste lui et Derek. Juste eux. Tous les deux. Seuls. Il dégagea le visage de Derek de son cou en l'attrapant à deux mains pour ancrer son regard dans ses yeux vert d'eau.

- Tu me manques, souffla-t-il avant de passer de nouveau sa main dans les cheveux sombres du loup.

Derek lui offrit un petit sourire pour toute réponse, puis scella ses lèvres aux siennes, avide de désir.

Juste lui et Derek. Juste lui et son loup. Juste eux et … le bébé. Une pensée comme une gifle, qui l'arracha violemment à son plaisir. Stiles revint à la réalité et repoussa brusquement Derek avant de s'éloigner rapidement. Voilà, son périmètre de sécurité était de nouveau établit.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Derek, inquiet et désorienté par le changement soudain d'attitude de son compagnon.

Il essaya de s'approcher de nouveau mais Stiles recula. Derek fronça les sourcils et son regard se posa quelques secondes sur le sol tandis qu'il réfléchissait à ce qu'il avait bien pu faire pour susciter cette réaction chez l'humain.

- Stiles j'te comprends vraiment plus là, gronda-t-il en relevant les yeux.

- Je sais … Je suis désolé. Je … J'ai plein de truc à faire, tu devrais rentrer, hésita Stiles en fuyant son regard. On se verra demain au lycée.

- Donc, tu vas arrêter de m'éviter ?

Un petit silence s'installa. Et plus il s'éternisait, plus le regard de Derek devenait triste. Ce qui n'échappa absolument pas à Stiles, qui préféra détourner le regard. Il n'aimait pas le faire souffrir, lui faire du mal ; mais ce n'était que pour un temps, le temps qu'il remette de l'ordre dans sa vie.

- On se verra demain, insista-t-il, mettant ainsi un terme à la discussion.

Derek aurait voulu poser plus de questions mais se retint. Inutile, Stiles était complètement fermé. Et puis, finalement, il n'avait rien envie de savoir. Peut-être que Stiles réagissait comme ça à cause de Malia ? Peut-être que Malia avait réussi à le reprendre, peut-être que Stiles et elle avaient dépassé une limite qu'ils n'auraient pas dû dépasser, peut-être … Peut-être, mais Derek n'avait aucune envie de se voir confirmer quoi que ce soit. Il se glissa par la fenêtre et sortit comme il était arrivé, brusquement et sans un mot. Non, Stiles ne lui ferait pas ça n'est-ce pas ?


Stiles va t-il garder le bébé ? Est-ce que sa relation avec Derek va s'améliorer ? La bande commence à fouiner un peu :) !

Est-ce que ça vous a plus ? Dite le moi, je veux savoir :D Je mange personne... enfin...(nan j'aime plus le poulet !)