Bonne Lecture ^^
Guest : JE DETESTE LES PERSONNES QUI CROIENT QUE L'IVG EST UN CRIME. Donc par conséquent je déteste Malia dans ta fiction. Elle veut que Styles garde l'enfant mais il un peu juste carrément un homme, il a un peu juste carrément 17 ans. Donc elle me saoule complètement. BREF je je trouve aussi bien que styles garde l'enfant ou non, mais stp, sue s'il le fait c'est parce qu'il le veut et non parce que Malia lui a mit dans la tête que c'était inhumain, alors que c'est SON corps, qu'il n'a que 17ans, qu'ile peut pas s'en occuper, qu'il ne veut pas s'en occuper et que ces SON CHOIX.
_ Il en fallait bien un personnage comme ça x) Puis Malia est assez butée quand elle a une idée en tête (du moins dans cette fanfiction c'est comme ça que je la vois) Je t'assure que si Stiles décide de garder ou d'avorter l'enfant se sera sa propre décision et non celle de quelqu'un d'autre ;) Merci de me suivre, j'espère que la suite te plaira !
Dara : J'adore ton histoire j'ai hate de voir la reaction de Derek vite vite la suite :)
_Merci ! ^^ La voila !
Chapitre 4
Scott avait promis à Lydia qu'il essaierait de découvrir ce qui se passait du côté de Stiles, mais deux jours s'étaient écoulés sans d'autres nouvelles, et la jolie rousse commençait à s'impatienter. Elle décida donc de faire son investigation toute seule. Du moins, presque toute seule. Puisqu'elle n'avait pas de surnaturelles oreilles capables d'entendre n'importe quoi à des kilomètres, elle réquisitionna celles de Jackson afin d'épier Malia et Stiles. En ce moment même, caché derrière une rangée de casiers, le couple observait minutieusement les deux jeunes, alors appuyés sur cette même rangée de casiers.
- Qu'est-ce qu'ils disent ? demanda Lydia sans les quitter des yeux et tout en se limant les ongles.
- Attends, laisses-les au moins terminer une phrase ! gronda Jackson, agacé.
Lydia leva les yeux au ciel et poussa un long soupir. Elle détestait devoir compter sur les autres ; si elle pouvait faire tout ce qu'elle désirait elle-même, elle ne se gênait généralement pas, mais quand elle devait compter sur quelqu'un, la jeune femme autoritaire qu'elle était en était vite frustrée. Et là Jackson était le parfait exemple de ce qui l'agaçait indéniablement. Pourquoi ses pouvoirs de Banshee n'avaient aucune utilité dans des moments comme celui-ci ?!
- Stiles dit qu'ils doivent arrêter de se voir mais qu'il doit aussi trouver un moyen de passer le moins de temps possible avec nous, lui souffla finalement son compagnon.
- Bon, c'est validé, ils le font exprès, en déduisit Lydia. Mais pourquoi ? Ça leur coûte quoi de venir manger avec nous le midi ?
- Et si t'allais leur demander ? Ils en sauront peut-être plus que moi !
- S'il te plait, concentres-toi Jackson, pesta la jeune femme.
Le jeune homme à ses côtés se redressa en soupirant et se rapprocha de quelques centimètres, assez pour ne pas être vu. Il sentait Lydia lui tenir le bras avec insistance, comme pour lui rappeler sa présence.
- Deaton a dit que ce serait pour bientôt, tu es sûr de vouloir faire ça ? demanda Malia avec espoir.
- On en a déjà discuté, et je t'ai déjà demandé de ne plus en parler ici ! répliqua Stiles en jetant des coups d'œil nerveux autour de lui.
- Il n'y a personne, arrête un peu ! On peut le garder tu sais … C'est ton enfant. L'avortement n'est pas une solution.
Lydia les observa s'éloigner jusqu'à les voir disparaitre dans un couloir adjacent. Puis elle se tourna vers Jackson, prête à le noyer de questions, mais fronça les sourcils en voyant le visage de son compagnon se décomposer. Il avait la bouche ouverte, les yeux écarquillés, les sourcils levés très haut sur le front ; en bref, une face ahurie. Lydia l'avait perdu.
- Jackson, qu'est-ce que tu as entendu ? lui demanda-t-elle en lui secouant le bras. Jackson !
- On ne devrait pas s'impliquer là-dedans, répondit le jeune homme d'une voix blanche en se tournant vers elle. Vraiment pas. Ce ne sont pas nos oignons.
Pour la première fois, la rousse vit son petit ami dans un état proche de la panique. Une première pour le très stoïque ex-co-capitaine de l'équipe de Lacrosse. Jackson était toujours partant pour semer des troubles un peu partout, alors pourquoi réagissait-il ainsi ?
- Mais... murmura Lydia, qui n'eut malheureusement pas le temps de terminer sa phrase car son copain lança :
- Si Derek apprend ce que je viens d'entendre c'est la fin !
- Parles bon sang ! s'énerva la jeune femme.
- Lydia, dit Jackson en ancrant ses yeux bleus dans les siens, n'en parle à personne c'est mieux ! Même pas à Scott, on garde ça pour nous !
- Oui, oui, si tu y tiens, je n'en parlerais à personne, maintenant craches le morceau !
- Je crois que Malia est enceinte et que Stiles est le père.
Ce fut au tour de Lydia de tomber des nues. Sa bouche s'ouvrit en grand pour se refermer presque aussitôt, et ses lèvres se déformèrent en une petite grimace pincée, comme si elle venait d'avaler du vinaigre. Et tout le monde sait que le vinaigre est particulièrement difficile à avaler, tout comme ce qu'elle venait d'entendre. Jackson avait dû se tromper ; comment Malia pouvait être enceinte de Stiles ?! Depuis quand ces deux-là se fréquentaient de nouveau ?
- Jackson, on ne peut pas garder ça pour nous, déclara-t-elle finalement en se relevant.
- Bien sûr que si, si on tient à la vie ! répliqua vivement Jackson, en panique, se redressant à son tour. De toute façon à ce que j'ai pu entendre, Stiles veux qu'elle avorte absolument, et même si Malia n'avait pas l'air d'être vraiment d'accord je pense qu'elle va l'écouter.
oOoOo
Comme d'habitude Scott, Allison et Erica mangeaient ensembles sur l'une des tables extérieures du lycée, mais quelque chose sortait de l'ordinaire cette fois : Derek s'était joins à eux. Le très asocial et renfermé Derek qui avait su, pour une raison inconnue d'eux trois, trouver sa place dans le cœur de Stiles. Bref, pour une fois qu'il quittait sa bande d'amis pour passer un peu de temps avec eux, ils n'allaient certainement pas s'en plaindre. Pour Erica, ça tenait d'ailleurs du miracle.
Ils furent vite rejoins par Lydia et Jackson qui, à la vue de Derek, eurent l'air particulièrement gêné. Lydia avait même carrément blêmît.
- Vous avez quoi, le couple royal du lycée ? plaisanta Allison.
Lydia leva ses yeux verts en direction de Derek. Lui dire, ne pas lui dire ? Cruel dilemme. Maintenant qu'elle se trouvait face à lui, elle mesurait l'importance du secret dont elle venait de prendre connaissance. Un secret susceptible de briser trois vies, trois avenirs. Ce n'était pas qu'elle se dégonflait ! Non, jamais Lydia Martin ne se dégonflerait, jamais ! Mais elle pouvait peut-être retarder l'inévitable. L'agacement l'emporta sur son indécision. Elle était en colère, énervée par le comportement de Malia et Stiles, mais surtout de Stiles, qui semblait jouer avec les sentiments des deux loups sans se soucier réellement des conséquences. Il n'était plus question de simples coucheries, d'amants ou de tromperies mais d'un enfant, un bébé, et plus précisément un louveteau. Révéler la nouvelle maintenant signifierait faire davantage de dégâts et dissoudre la meute, peut-être définitivement. Elle ne savait même pas si elle serait capable de regarder Stiles en face tout en sachant ce qu'il cachait, ou de lui pardonner si jamais Derek souffrait par sa faute. Elle aimait Stiles, c'était son meilleur ami, mais elle ne pouvait pas cautionner son comportement ; malheureusement, elle ne pouvait pas non plus le trahir en déballant tout ce qu'elle venait d'apprendre. Ce n'était définitivement pas le bon moment, ni le bon endroit.
- Rien, rien ! répondit-elle finalement avant de demander, feignant l'entrain : qu'est-ce que tu fais là Derek ? Tu t'es soudainement rappelé qu'on existait ?
- Ouais … tu t'appelles comment déjà ? répondit Derek avec un malicieux sourire en coin, provoquant le rire chez chacun de ses camarades.
- Au fait Lydia, tu ne devais pas aller voir Stiles et Malia ? demanda innocemment Allison.
- On ne les a pas trouvés. Ils sont certainement encore à la ... bibliothèque.
Personne ne répondit rien, même si cela sautait aux yeux que la jolie rousse mentait. Sentant le malaise s'installer, Lydia décida une fois pour toute de changer de sujet : justement, elle organisait une petite soirée, juste après le match de basket, pour apaiser les tensions et peut-être que si le triangle amoureux venait, ils pourraient s'expliquer. Lydia était définitivement prête à gâcher l'une de ses petites soirées dont elle avait le secret juste pour pouvoir les aider. Sa bonté la perdra. Si elle-même ne parvenait pas être honnête avec ses amis, elle devait trouver un moyen pour que Malia et Stiles disent la vérité à tout le monde. Cette soirée serait un bon prétexte pour organiser tout ça. Mais il fallait qu'elle ait d'abord une discussion avec Malia.
oOoOo
Pendant le cours de littérature, tout le monde était dans la même salle, et Lydia ne pouvait s'empêcher d'observer le comportement du trio. Son stylo rouge à la bouche, elle remarqua que Stiles avait changé de place : il se trouvait désormais carrément à l'opposé de tout le groupe, concentré sur le cours, alors que d'habitude il se plaçait toujours derrière ou devant Scott afin qu'ils puissent passer l'heure entière à discuter sous l'agacement de leur professeur. Malia, quant à elle, n'avait pas bougé de sa place habituelle, mais jetait régulièrement des coups d'œil vers le jeune homme. Une vingtaine depuis le début du cours si Lydia avait bien compté. Derek, pour sa part, s'était mis au fond de la salle et les observait tous les deux. Il était avachit sur son bureau mais, contrairement aux autres cours de littérature, il ne dormait pas ; il avait plutôt l'air de vouloir détecter tout comportement suspect chez ses deux camarades.
Et c'était compréhensible. Si le comportement de Jackson changeait du jour au lendemain, Lydia aurait certainement réagit de la même manière. Bien sûr, elle n'aurait pas été aussi agressive qu'Allison avec Scott – difficile de faire pire que sa meilleure amie niveau jalousie ! – elle aurait d'abord écarté toutes les possibilités du genre : Jackson la trompe, ou Jackson change de bord. Après tout, elle était Lydia Martin, la fille la plus populaire du lycée ! Alors pourquoi Jackson irait voir ailleurs ? Elle aurait ensuite observé son copain afin de le prendre en flagrant délit tout en espérant que cela n'arrive jamais, puis l'aurait fait souffrir comme il se doit, lui faisant la pire crise de jalousie, les pires crasses du siècle, juste avant de rompre en beauté devant le lycée. Non le monde entier ! Parce que tout le monde devait comprendre qu'on ne jouait pas avec Lydia Martin.
Oui mais voilà, Derek n'était pas Lydia, et la jeune rousse n'avait jamais connu le jeune homme aussi patient et observateur, aussi calculateur et passif que maintenant. C'en était presque plus effrayant que s'il avait piqué une colère apocalyptique. Que préparait-il ? Derek et elle se ressemblaient un peu sous quelques aspects. Bien sûr, le jeune homme n'était pas roux, mais il était aussi populaire qu'elle et, en tant que capitaine de l'équipe de Basket, il aidait beaucoup ; sans parler de son visage à tomber par terre. Elle l'avait vu sortir avec de nombreuses personnes depuis qu'elle le connaissait, garçon ou fille, mais jamais elle ne l'avait vu ainsi, si jaloux, si possessif. Ça n'était pas dans ses gênes. Mais le lycée, toute la ville et même le comté entier de Beacon le savaient : quand on touchait à ce qui lui appartenait, le jeune Hale pouvait partir au quart de tour.
La preuve : deux ans plutôt, il sortait avec Jessica Barton, une belle blonde plantureuse mais pas très futée, qui eut le malheur de trainer un court instant avec l'un des pires ennemis d'enfance de Derek, James Devis, et Lydia se souvenait parfaitement de la façon dont ça s'était terminé. Son entourage n'avait pas arrêté d'en parler pendant plus d'un mois. Derek avait largué Jessica comme une vieille chaussette usée et malodorante devant l'ensemble du lycée, au beau milieu du réfectoire, et il avait été si agressif, si violent dans ses mots, si méchant, qu'elle en avait pleuré toutes les larmes de son corps. Puis il avait rendu une petite visite à ce grand James et l'avait littéralement bourré de coups de poings jusqu'à lui faire perdre connaissance. Un James bien mal en point qui était resté plus d'une semaine à l'hôpital, le visage à peine reconnaissable, et qui n'avait plus jamais touché à une seule des conquêtes de Derek. Cette histoire était d'ailleurs l'une des nombreuses raisons pour lesquelles le Shérif de la ville dénigrait si souvent les Hale. Lydia se souvenait même d'une des remarques du père de Stiles, quand elle était venue à l'improviste rendre visite à son meilleur ami : « Après Laura et Peter Hale, on a le droit au petit dernier, Derek Hale ! Cette famille à un problème. » Cette animosité évidente était sans doute la principale raison pour laquelle Stiles avait toujours refusé de présenter concrètement Derek à son père comme étant son copain. Déjà que le Shérif avait très mal réagit lorsque son fils lui avait annoncé être en couple avec Malia, Stiles ne voulait sûrement pas revivre cette expérience, et Lydia comprenait parfaitement pourquoi.
La jeune femme se tourna vers Jackson, assit à ses côtés, et essaya discrètement de lui faire part de ses doutes.
- Peut-être que c'était un accident, spécula-t-elle.
- Tu parles de quoi ? lui demanda son copain en haussant un sourcil, comme si ce qu'il avait entendu quelques heures plus tôt était déjà sortis de sa tête.
- A ton avis ? Trio infernale, débile !
- Ah ... Franchement, tu penses vraiment que Stiles a voulu se taper son ancienne copine une dernière fois et que, par grand malheur, mademoiselle a oublié de prendre sa pilule ? Ou peut-être que la visse est rentré dans le trou toute seule ?
Lydia grimaça face au manque de tact de Jackson, puis lui fit les gros yeux pour lui rappeler qu'ils étaient entourés de plusieurs loup-garou à l'ouïe fine. Elle ne put cependant réprimer un petit sourire, qu'elle effaça très vite face à l'humour du co-capitaine de basketball.
- Tu as toujours été très classe Jackson, tu le sais ça ? gronda-t-elle, pas franchement crédible.
- C'est pour ça que tu es tombée sous mon charme, s'amusa Jackson.
- Ou que je vais bientôt me décider à rompre avec toi, abruti, j'ai encore du mal à me décider.
- De quoi vous parlez ? s'immisça Isaac, tout sourire.
- De rien, occupes-toi de tes bouclettes, ralla Jackson. On ne peut jamais avoir une conversation privée ici !
- Quoi, vous parliez de sexe ?
- Décidément, les hommes de cette bande sont tous des chiens en chaleur, soupira Lydia, consternée.
oOoOo
Dès que le cours de littérature se termina, Malia se précipita comme à son habitude vers le bureau de Stiles, mais fut cette fois-ci retenue de justesse par Lydia.
- Quoi ? lança-t-elle, dubitative.
- Il faut qu'on parle, décréta la rousse.
Malia jeta un coup d'œil à Stiles comme pour obtenir son approbation, ou pour qu'il l'aide à sortir de cette situation plutôt gênante, mais le jeune homme n'en fit rien, se contentant seulement de quitter la salle.
Une fois que la classe fut vide, Lydia s'installa sur l'une des chaises, vite imitée par Malia.
- Tu sais que tu peux me parler de n'importe quoi, commença Lydia d'une voix rassurante.
- Je sais mais … de quoi tu parles exactement ?
Lydia soupira et chercha un instant ses mots en fixant le tableau. Devait-elle y aller franchement ou opter pour plus de tact ?
- J'étais là pour toi quand Stiles t'a quitté pour Derek, et je serais là pour n'importe quoi d'autre, et ça même si Stiles est mon meilleur ami.
- Et je ne vois toujours pas de quoi tu parles, lança brutalement Malia en se levant. Je peux y aller maintenant ? J'ai cours d'économie.
- Je te jure que si tu ne t'assois pas maintenant Malia, je t'arrache les globes oculaires et j'en fais de la purée que je donnerais à manger à mon chien !
Malia frissonna, réfléchit quelques secondes à la possibilité que la rousse puisse mettre sa menace à exécution, puis se rassit. Non seulement Lydia faisait vraiment peur dès qu'elle haussait le ton, mais elle était également capable des pires choses pour obtenir ce qu'elle voulait. Autant ne pas prendre de risque.
- Je suis au courant, déclara brusquement Lydia.
- Tu es au courant, répéta Malia en haussant un sourcil, surprise. Au courant de quoi au juste ?
- De ce que vous cachez Stiles et toi. Du bébé.
- Oh.
Malia releva ses prunelles vers la reine du lycée et déglutit. Elle était brusquement devenue très pâle. Comment avait-elle pu être au courant ? Est-ce que quelqu'un d'autre l'était ? Est-ce que tout le monde l'était ?! Malia se mordit la lèvre inférieure, prise de panique. Peut-être que Lydia bluffait pour la faire parler, mais si Stiles apprenait qu'elle avait tout déballé, il ne lui pardonnerait jamais. Une petite grimace de nervosité déforma malgré elle son joli visage.
- Je sais aussi pour l'avortement, continua Lydia avant de balancer soudainement : est-ce que tu es au courant que Derek risque de très mal le vivre ? Comment ... Comment pouvez-vous faire ça ?!
- Figures-toi qu'on n'a pas vraiment eu le choix ! Tu veux qu'on lui dise comment, dans quelles circonstances ? De toute façon, Stiles à choisit de s'en débarrasser, ce sera bientôt fait.
- Stiles ? répéta Lydia en fronçant des sourcils. Comment ! Mais et toi ? Tu n'en as pas envie ?
- Bien sûr que non. J'essaie sans arrêt de le convaincre qu'il devrait changer d'avis, mais il ne veut pas m'écouter. Il dit qu'il ne peut pas assumer toutes les responsabilités de cet enfant, soupira Malia, fatiguée. Et je n'arrive pas à me faire à cette idée. Mais s'il te plait, ne dis rien aux autres d'accord ? Il me tuera quand il saura qu'on en a parlé.
Lydia poussa un long soupir agacé. Comment Stiles pouvait-il ignorer l'avis de Malia ? Comment pouvait-il la contraindre à avorter ? C'était tout bonnement méchant et stupide. Malia ne devait pas se laisser faire, elle avait le droit de faire ce qu'elle voulait avec son corps et garder l'enfant si elle le désirait ! Lydia ne permettrait jamais que Stiles lui dise quoi faire ; entre femme, on se soutient !
Lydia attrapa les mains de son amie pour capter son attention, et lui montra son soutien d'un petit sourire qui n'affecta pas sa mine sérieuse.
- Malia, je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, même si techniquement c'est déjà fait, mais tu dois le convaincre, ou alors tout simplement faire comme tu en as envie !
Malia fronça légèrement les sourcils. Elle ne comprenait plus très bien où voulait en venir la rousse, mais elle acquiesça tout de même d'un mouvement de tête, dégagea ses mains de celles de son amie, puis attrapa son sac et sortit de la pièce tant qu'elle le pouvait encore.
oOoOo
Scott était fier de lui : il avait habilement manœuvré afin de se retrouver à côté de Stiles pour ce cours. Il avait promis d'agir et il le ferait, même si engager une réelle discussion avec son meilleur ami était un peu plus compliqué ces derniers temps.
- Demain Lydia organise une petite fête après le match de basket, juste la bande, tenta-t-il en se penchant vers Stiles. Il faut que tu viennes.
- Euh... Je ne crois pas que je pourrais, répondit son ami sans le regarder, j'ai des trucs à faire.
- Stiles ne mens pas, tu sais très bien que je l'entends.
Stiles leva les yeux au ciel avant de les planter dans ceux de Scott qui le fixait toujours, suppliant et pourtant munit d'un sourire taquin.
- Bah fais comme si tu ne savais pas que je mentais, et écoute le cours pour une fois, ça changera.
- Tu es bizarre ces derniers temps.
- Je sais tout le monde me le répète, merci. Mon père m'a déjà servi ce discours pas plus tard qu'hier figures-toi.
- Non, ce que je veux dire, c'est que tu es distant. Trop distant. Il s'est passé quelque chose avec ton père ? Et puis c'est quoi ton délire de rester collé à Malia depuis votre devoir de maths ? Je croyais que vous ne vous supportiez plus !
- C'est très gentil de t'inquiéter Scotty, vraiment, mais je suis un grand garçon, maintenant. Si tu es jaloux, dis-le-moi simplement.
- Oui, c'est exactement ça ! Pour apaiser ma jalousie maladive, ô grand Stiles, il faut que tu viennes demain ! Et puis, Lydia risque de très mal le prendre sinon, fit Scott avec de grands mouvements comiques qui arrachèrent un petit sourire à son interlocuteur.
- Idiot va. Derek sera là ?
- Bien sûr que...
Scott s'interrompit de justesse. S'il devait mentir à Stiles pour qu'il vienne, ça ne le dérangeait pas le moins du monde.
- Bien sûr que non, sourit-il innocemment. Tu sais très bien qu'il préfère vagabonder avec ses potes du basket.
- Ok, je viendrais.
- Qu'est-ce qui ne va pas avec Derek ?
- Mais bordel de ! hurla presque Stiles, à bout de nerf, faisant se retourner tous les élèves de la salle.
Scott posait vraiment trop de questions.
- Monsieur Stilinski, un problème ? Peut-être devriez-vous sortir pour quelques temps ? demanda le professeur avec un froncement de sourcil autoritaire.
- Non, sourit le jeune homme en repoussant Scott, toujours penché sur lui. Je vais merveilleusement bien.
oOoOo
Quand Stiles rentra chez lui ce soir-là, ce fut le même rituel que les jours précédents : il monta dans sa chambre sans un mot pour son père et s'y enferma avant de s'allonger sur son lit. Cette situation devenait insupportable. Il voulait parler à Derek, il voulait l'embrasser, passer du temps avec lui, mais juste parce qu'il avait peur que son copain découvre qu'il abritait un loup dans son ventre, il se refusait tout contact avec lui. Bien sûr, il pourrait répondre au message que Derek venait de lui envoyer, ça ne risquait pas grand-chose, mais il avait peur que l'autre prenne ça pour une ouverture.
Deaton mettait décidément trop de temps à trouver cette plante idiote. Stiles ne pouvait-il pas prendre des médicaments et s'en débarrasser lui-même ?
Il se redressa soudainement. Peut-être que ce n'était pas aussi dangereux que ce que Deaton avait tenté de lui faire croire. Stiles était toujours aussi fatigué et avait encore quelques douleurs, mais elles étaient beaucoup moins intenses ces derniers jours, et rien ne montrait qu'il pouvait mourir d'une minute à l'autre. Et puis, si le médicament ne fonctionnait pas sur le loup, au moins aurait-il essayé.
Il bondit hors du lit et se précipita dans la salle de bain, puis se mit à chercher dans la pharmacie le moindre médicament potentiellement dangereux pour les femmes enceintes. Il vida sur le sol les deux gros bacs qui contenaient les médicaments ; du doliprane, rien que du doliprane. Combien de boite jaune son père avait-il inutilement acheté? Se droguait-il au doliprane ?! Stiles devrait peut-être surveiller ça de plus près, son père était peut-être un dealer de doliprane caché dans la police ? Il trouva enfin une tablette de pastille sans boite mais avec une notice, qu'il lut attentivement à voix haute :
- Attention ! Ne pas utiliser si : vous avez déjà consommé des aspirines, si vous êtes enceinte. ».
Il descendit les escaliers sur la pointe des pieds – son père dormait sur le canapé du salon – et pénétra dans la cuisine, se remplit un verre d'eau puis éjecta des pastilles violettes de la tablette directement dans le creux de sa paume.
Il allait pouvoir lâcher prise.
Il pourrait dire adieu au stress, à la douleur et aux prises de têtes un peu trop régulières à son goût.
Il allait enfin pouvoir respirer et oublier, tout oublier et reprendre une vie normale.
oOoOo
Le match allait commencer d'une minute à l'autre. Tout le monde était dans les tribunes, impatient de pouvoir voir l'équipe de Beacon Hills jouer contre une équipe rivale de longue date. Malia s'était assise près de Stiles, lui-même installé tout au bout de la rangée à côté de Lydia. Cette-dernière était déjà debout, hurlant des encouragements pour son copain qui n'était même pas encore sortit des vestiaires, tandis qu'Allison l'aidait à tenir une grande pancarte colorée, un peu trop même au goût de Malia, et pleine de cœurs dégoulinant. Le nom de Jackson était écrit en grand, mais la rousse n'avait pas oublié Derek, alors même si celui-ci n'était pas son petit ami, son prénom figurait en un peu plus petit sur l'affiche.
- Stiles, tu n'as pas parlé de toute la journée, fit doucement remarquer Malia, et venant de toi c'est assez inquiétant.
- Je suis fatigué, c'est tout, répondit le jeune homme avec un pauvre sourire.
- Arrêtes un peu, je sais très bien que ce n'est pas pour ça. Il s'est passé quelque chose ? Tu... Tu en as parlé à Derek ?
- Non, bien sûr que non ! s'énerva presque l'hyperactif.
Stiles ne s'inquiétait plus de savoir si quelqu'un pouvait les entendre, et de toute façon les tribunes étaient bien assez bruyantes pour couvrir leurs voix et les rendre inaudibles, même pour un loup-garou.
- Le...Il va bien ? demanda Malia, ne pouvant s'empêcher de poser sa main sur le ventre de son ex-copain.
La jeune femme fronça les sourcils lorsqu'elle croisa le regard de Stiles. Son cœur s'arrêta de battre une seconde et des milliers de frissons l'envahirent. Le jeune homme à ses côtés ne répondait pas et les quelques secondes qui s'écoulèrent en silence lui semblèrent interminables. Elle avait peur de ce qu'elle lisait dans le regard de Stiles. Sans se contrôler, elle secoua la tête de gauche à droite tout en se mordillant la lèvre inférieure. Il n'avait pas fait ça ?! Malia se tourna vers le terrain de basket et réajusta son bonnet bleu ; passa ses deux mains dans ses cheveux puis sur son visage. Ses traits étaient tirés et elle sentait le regard de son ex-petit ami posé sur elle avec insistance. Ses yeux commencèrent alors à s'humidifier.
- Oui, soupira finalement Stiles.
Malia lui lança un regard meurtrier, presque haineux, mais ne répondit rien ; elle avait posé son menton dans ses mains, et ses bras sur ses cuisses. Elle aurait aimé rester passive à cette « révélation », elle était d'ailleurs convaincue, avant aujourd'hui, qu'elle soutiendrait Stiles dans tous les cas, mais c'était plus fort qu'elle. La colère montait en elle, insidieuse, dangereuse, et rien ne la retiendrait d'exploser.
- Oui, il va bien, termina alors Stiles dans un souffle tremblant à peine audible, même pour elle.
Dès que ces mots vinrent à l'oreille de la jeune coyote, elle se redressa et poussa un grand et bruyant soupir de soulagement, les deux mains sur la bouche.
- Alors qu'est-ce qui se passe bon sang ? s'énerva-t-elle tout de même.
- Hier... Hier j'ai voulu m'en débarrasser.
- Quoi ?! Deaton t'a pourtant dit de ne rien faire, que c'était dangereux pour toi ! Tu es vraiment buté ! Qu'est-ce que tu lui as fait ?
- Je n'ai rien fait. J'ai...J'avais des médicaments qui auraient peut-être pu le tuer, mais quand ça été le moment de passer à l'acte, je me suis complètement défilé. Je les ai vomis volontairement. J'étais sûr il y a encore un jour que je n'en voulais pas et maintenant... rien n'ait plus très clair. J'avais l'impression que je tuais une partie de moi-même, que j'allais peut-être rater quelque chose … C'est ridicule.
- Non, ce n'est pas ridicule Stiles.
- Bien sûr que si ! Tu veux que je fasse comment ? J'ai pas de job, je vis encore aux crochets de mon père, j'ai pas une pièce d'un centime dans les poches et je ne sais même pas me gérer moi-même ! Si je décide de le garder, je vais perdre Derek, et je ne sais même pas si mon père acceptera que son fils se pointe un jour la bouche en cœur avec un... et puis j'arriverais jamais à m'en occuper.
- Si Derek ne comprend pas ton choix, ce n'est qu'un pur crétin, et ton père ne t'abandonnera pas il t'aime trop pour ça. Je suis certaine qu'il acceptera n'importe quoi venant de toi. Il faut que tu arrêtes de penser aux autres ! Il ne s'agit pas seulement des autres, Stiles, il s'agit aussi de toi, c'est à toi que revient le choix définitif. Tu as encore le choix, Deaton n'a toujours pas cette plante, et comme il l'a dit tu peux encore avorter si tu le désires vraiment, il suffit juste que tu prennes ton temps pour être sûr de prendre la bonne décision. Au début, il était clair pour moi que tu devais le garder quoi qu'il arrive, mais maintenant je comprends mieux … ou du moins j'essaie. Je ne te dirais plus de le garder si ce n'est pas ce que tu veux. Promis. Même si je n'arriverais pas forcément à contenir une petite partie de ma colère.
Malia lui offrit un sourire sincère qu'il lui rendit. Des vivats et des cris mirent fin à leur conversation et ils se concentrèrent de nouveau sur le match de basket : les joueurs de l'équipe du lycée venaient de marquer. Quand étaient-ils rentrés sur le terrain ?
- Jackson ! hurla littéralement Lydia en agitant sa banderole.
- Elle me casse les oreilles ! sursauta Isaac, faisant rire Erica et Boyd.
oOoOo
Le match venait de se terminer ; Lydia et le reste de la bande attendaient Jackson et Derek devant la porte extérieure des vestiaires. Il faisait froid mais l'ambiance joyeuse réchauffait l'atmosphère. Lydia sautillait partout. Isaac, les mains dans les poches, clamait haut et fort qu'il ne la supportait plus, tandis que Scott et Allison se bécotaient un peu plus loin.
- Jackson a vraiment été super, sourit Lydia, radieuse.
- Oui, oui, ralla Isaac, excédé, en levant les yeux au ciel.
- En attendant si Derek n'avait pas été là, on aurait perdu, fit remarquer Erica. Il a marqué la majorité des points !
- Et si Jackson n'avait pas été là on aurait aussi perdu, contra Lydia en perdant son sourire. A ton avis qui faisait les passes décisives ?
- Bien sûr. Si tu le dis.
Les deux concernés sortirent enfin des vestiaires. Les basketteurs étaient tout sourire et excités face à leur victoire ; on pouvait entendre la folie des autres joueurs qui étaient encore dans les vestiaires tant ils hurlaient et tapaient sur les murs.
- Bon, maintenant qu'on est au complet, direction ma merveilleuse maison ! s'écria Lydia avec excitation.
Stiles fronça les sourcils quand il comprit que Derek serait de la partie et il sentit une petite pointe de colère le titiller. Scott ne perdait rien pour attendre, vraiment. Mais, brusquement, il se calma ; Derek venait de le prendre par la main tout en discutant et riant avec le reste du groupe, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. Stiles ne put s'empêcher de sourire un peu timidement avant de resserrer ses doigts sur la main de Derek.
oOoOo
A présent, à peine deux heures après la fin du match, ils étaient assis sur le sol à former un rond. Le jeu de la bouteille, vieux comme le monde. Et parmi eux, celle qui détestait le plus ce jeu semblait être Allison, parce que voir Scott embrasser une personne sous ses yeux, ce n'était pas ce qui l'enchantait le plus. Mais elle n'était pas la seule, Stiles aussi l'avait en horreur. En plus, ce jeu n'était-il pas un peu trop fossilisé pour des lycéens ? C'était quand même « une bande loups-garous-banshee-humain-qui-survivent-à-tout » comme il le disait si souvent lorsqu'il était de bonne humeur. Dès le premier tour, Allison se décida à intervenir.
- J'ai une meilleure idée, fit-elle en se redressant.
- Hallelujah ! s'exclama Isaac, soulagé. J'avais aucune envie d'embrasser Jackson, prenons sa merveilleuse idée en considération s'il vous plait.
- Puisque certaines personnes ont des choses à cacher, j'aimerais qu'on remplace les baisés par des questions.
- Parfait, concéda Lydia sous l'étonnement général.
Il n'était pas vraiment dans ses habitudes de céder si facilement, mais ce que venait de proposer Allison tombait à point, car Lydia avait des centaines de questions à poser et ne s'en gênerait pas. C'était même peut-être un moyen de faire avouer en douceur ce que cachaient Stiles et Malia. Lydia savait que si elle en avait l'occasion aujourd'hui, elle se débrouillerait pour que tout se passe au mieux.
Au second tour, ce furent Scott et Erica. Erica posa une question et Scott y répondit assez facilement. Allison s'en sentit soulagée d'avoir changé les règles du jeu. Le troisième tour fut pour Jackson, encore une fois, et Boyd.
Boyd fit ensuite tourner une nouvelle fois la bouteille, qui s'arrêta sur Scott et Derek. Lydia commençait à désespérer. Pourquoi cette foutue bouteille ne lui permettait pas d'interroger Stiles ?! Il était juste en face d'elle, silencieux comme jamais et légèrement absent, mangeant tout un paquet énorme de chips goût bacon à lui tout seul. Bizarre d'ailleurs, parce qu'il n'avait jamais vraiment aimé cet arôme.
Puis elle vit Stiles se lever brusquement et se rendre dans la cuisine sans prononcer un mot. Avant même qu'elle ne se lève pour le rejoindre, Derek l'avait devancé. Alors elle se rassit tout en grimaçant d'agacement.
- Zut, siffla-t-elle entre ses dents serrées.
oOoOo
Stiles s'était assis à la table en bois rectangulaire placée au milieu de la cuisine. La tête entre les bras, il inspira profondément. Ses douleurs reprenaient. Ça n'avait rien de très intense, mais c'était tout de même douloureux, et il ne pouvait s'empêcher de se crisper à chaque fois que son ventre se tordait. Il entendit la porte de la cuisine s'ouvrir puis se refermer. Quelqu'un venait de s'asseoir en face de lui. Il sentit une main caresser doucement ses cheveux alors redressa la tête, le menton posé sur son avant-bras.
- Je suis sûr qu'Allison avait la trouille que Scott embrasse Erica, ricana-t-il. Lydia et ses jeux débiles ... Au fait, félicitation pour le match.
Il se tut un instant, observant avec attention Derek qui le regardait sans un mot. Le loup avait un petit sourire craquant sur les lèvres qui fit battre le cœur de Stiles plus fort, lui faisant oublier, un instant, ses crampes douloureuses.
La cuisine. Ce n'était pas la première fois qu'ils se retrouvaient tous les deux ici, isolés de la meute à discuter de tout et de rien, ou à s'enlacer innocemment. En fait, c'était presque chaque fois que Lydia organisait une petite soirée en comité réduit, c'est-à-dire rien qu'eux, sans le reste du lycée. Ce n'était pas qu'ils n'aimaient pas la compagnie de la meute, mais ils s'isolaient généralement en fin de soirée, vers les premières heures du matin, quand les autres commençaient à somnoler, rattrapés par la fatigue. C'est alors qu'une conversation qu'il eut avec Derek près de trois mois plus tôt lui revint en tête.
- Vraiment ? Laura projette d'avoir un enfant avec son copain ? s'était étonné Stiles ce soir-là en se redressant sur sa chaise, la bouche grande ouverte.
- Ouais, enfin, elle n'arrête pas d'en parler, comme quoi ce serait « fantastique ». Fantastique mes fesses ! Elle va nous ramener un énième Hale et qui va devoir se taper les gardes ? Moi. Déjà que Cora m'épuise, avait grimacé Derek.
- Cora est un pur ange de gentillesse, tu abuses Sourwolf. Et puis ça pourrait être sympa, tu vas devenir oncle !
- Ça se voit que tu ne l'as jamais vu péter une crise dans un centre commerciale. La dernière fois elle s'est carrément transformée et a crié dans tout le magasin juste pour une putain de poupée ! Et pour ta gouverne, m'occuper de mes petits cousins quand ils débarquent, c'est déjà accomplir une tâche d'oncle. J'ai eu l'avant-goût, ça me suffit.
- Donc si je comprends bien Derek Hale ne veut pas d'enfant ? s'était amusé Stiles.
- On va dire que c'est pas dans mes projets.
- Si ça se trouve t'as déjà dix-huit gosses avec toutes les meufs que tu t'es tapé avant que je ne débarque dans ta vie ennuyeuse pour la rendre plus folle !
Derek avait grimacé et roulé des yeux avant de donner une petite tape sur la tempe de Stiles.
- Tu penses que je t'ai choisi pourquoi ? Aucun risque que tu me pondes un môme.
- Merci beaucoup, très romantique. T'aurais quand même pu choisir un truc plus flatteur Derek Romantisme-je-ne-connais-pas-Hale, avait boudé Stiles.
La moue de l'humain s'était vue offrir un baisé chaste de la part de Derek pour se faire pardonner. Et ça avait suffi pour que Stiles pardonne à ce crétin de loup. Il lui avait juste retourné sa tape, visant le front.
Ce qui avait été dit sur un ton badin ce soir-là avait beaucoup plus d'importance pour Stiles maintenant. Il se redressa, les poings serrés, et inspira par le nez pour se gonfler de courage. Ce moment était parfait pour parler. C'était maintenant. C'était le bon moment, il pouvait lui dire. Il le pouvait. Malheureusement, quand il se décida enfin à ouvrir la bouche, Erica les appela pour qu'ils reviennent se joindre à eux.
oOoOo
Lydia vit les deux garçons se réinstaller à leur place initiale. Bien décidée cette fois-ci à atteindre son but, elle se redressa et pris appuis sur ses genoux pour faire tourner la bouteille en verre sur le sol, bien que ce fut le tour d'Isaac et non le sien.
- Scott.
Mais pourquoi ? Pourquoi les cieux s'acharnaient-ils sur elle ce soir ?!
La jeune femme poussa un petit soupir de frustration puis s'assit de nouveau correctement. Ce fut à cet instant qu'elle entendit la question de Malia, qui coupa littéralement la parole à Scott.
- Derek, tu t'es déjà demandé si Stiles voudrait des enfants plus tard ?
- Malia ! s'écria Stiles d'un ton reproche, toute couleur ayant brusquement disparu de son visage.
Tout le monde avait les yeux grands ouverts et remplient d'incompréhension. Enfin, tout le monde sauf Malia. Stiles ne comprenait pas pourquoi cette-dernière avait abordé le sujet maintenant et aussi brusquement, ce n'était vraiment pas le moment. Pas devant tout le monde. Pas comme ça. Jackson et Lydia, pour leur part, ne s'attendaient pas à ce que Malia soit aussi directe et prenne les choses en mains de cette façon. Le couple échangea un regard surpris mais resta silencieux.
Lydia pouvait voir la colère déborder des yeux bruns de Derek tandis qu'il dévisageait sa cousine. Manifestement, il se retenait. Il se retenait vraiment de lui sauter à la gorge comme il avait pu le faire pour James. Cette question lui avait-elle été posée pour qu'il réalise que Malia pouvait donner à Stiles ce que lui ne pourrait lui offrir ? Sa cousine avait-elle voulu lui transmettre un message ? Il s'en foutait, il voulait juste voir cette peste égoïste se vider de son sang sur la moquette, là tout de suite !
- Pourquoi, vous en avez parlé ? demanda-t-il d'une voix sèche.
- Question suivante ! Derek je tourne la bouteille pour toi, se précipita Scott en relançant ladite bouteille.
Cette fois-ci, elle s'arrêta sur Stiles. Lydia enfouit son visage dans ses mains. « Merci bouteille magique, tu es vraiment la pire. » pensa-t-elle, désespérée. Scott s'apprêtait à la relancer une nouvelle fois mais une question fusa très vite, venant de Derek cette fois.
- Il se passe quoi entre Malia et toi ?
Tout le monde observait le spectacle comme s'il s'agissait de la plus grande scène d'action de tous les temps. La tension était palpable. Stiles sentait ses mains devenir moite alors que son cœur cognait plus fort dans sa poitrine devenue trop étroite. Que pouvait-il bien répondre ? « On essaye de cacher à tout le monde que j'attends un enfant de toi ? » Il ne pouvait définitivement pas répondre ça ! Il aurait tout donné pour ne pas être sorti de la cuisine et que ce jeu n'ait jamais été proposé. Il se contenta de détourner le regard et de rester silencieux. Il n'avait absolument rien à dire, ou alors beaucoup trop, mais pas maintenant, pas comme ça.
- Question suivante, se contenta-t-il de souffler tandis que Scott se ruait une nouvelle fois sur la bouteille.
- Votre devoir de math a ravivé quelques merveilleux souvenirs ? continua Derek, laissant un petit sourire cruel tendre ses lèvres. Tu l'as baisé et maintenant tu sais plus comment t'arrêter ?
- Derek ! intervint Allison, outrée.
Mais le jeune homme ne semblait pas vouloir l'écouter. Au contraire, il continua :
- Tu veux jouer à ça Stiles, vraiment ? Aucun problème, mais toi et moi c'est fini.
- Tu ne le penses pas Derek, tenta Lydia en fronçant les sourcils.
Pour toute réponse, Derek se leva, et la seconde suivante on put entendre la porte d'entrée de la maison de Lydia claquer violemment. Le sol en tremblait presque. Un long silence régna dans le salon. Stiles avait gardé la tête baissée. C'était embarrassant, gênant, insupportable. Profondément triste, tout bonnement incroyable. Il avait envie de pleurer. De rattraper Derek et de tout lui avouer, mais vu l'état dans lequel était le loup, cela ne ferait qu'aggraver la situation.
- Stiles, tenta Lydia en passant sa main sur celle du jeune homme.
L'humain se leva subitement avant de partir à son tour, sans dire un mot ; la porte d'entrée claqua une seconde fois. Il était partit, c'en était trop. Malia fixa quelques secondes de plus la place où avait été assis Derek, et s'aperçut des regards mauvais que lui lançaient Scott, Erica, Isaac et Boyd, avant de se lever à son tour et suivre les pas de Stiles. Un troisième claquement de porte se fit entendre.
Les autres restèrent un moment silencieux, légèrement gênés par la situation et extrêmement choqués pour la plus part.
- C'était quoi ça ? finit par demander Allison.
- C'est fou comme on s'amuse, soupira Isaac en s'allongeant sur le sol, la bouche pleine de chips.
- Pourquoi Malia lui parle d'enfant et pourquoi Stiles réagit comme ça ? demanda Scott, complètement perdu. Ça n'a aucun sens !
- Crois-moi, tu ne préfères certainement pas savoir, souffla Jackson.
Lydia lui donna une petite tape sur le bras.
- Où tu veux en venir Jackson ? demanda plus sérieusement Allison.
- Rien, je disais juste que ça doit être encore par rapport à ce qui s'est passé il y a un an, répondit l'interpelé en détournant le regard, signe que cette conversation le mettait mal à l'aise.
- C'est vrai que Malia ne s'en est toujours pas remise, intervint encore une fois Isaac. Il n'y a même pas un mois, elle m'a dit qu'elle avait toujours des sentiments pour Stilinski.
- Il serait grand temps qu'elle l'oubli et qu'elle passe à autre chose, grogna Scott.
- Je vais parler à Derek. Je reviens, dit Erica en quittant brutalement la pièce.
- Bon courage ! lui lancèrent ses amis.
oOoOo
Malia réussit à rattraper Stiles alors qu'il se trouvait près de sa Jeep, ses clefs en main. Elle lui attrapa le bras mais il se défit brutalement de son emprise. Ses yeux bruns mordorés étaient humides et ses mains tremblaient.
- Stiles, calmes-toi, tenta la jeune femme avec douceur.
- On peut savoir ce qui t'a pris ? lui hurla-t-il avec rage.
- Je voulais te pousser à lui dire ce que tu caches depuis des jours, Stiles !
- Oh, bien jouer ! Ta mission a parfaitement réussie ! Maintenant tu peux dégager !
- Ok je suis désolée d'accord ?! Je ne pensais pas que ça prendrait cette tournure.
- Et tu pensais que ça prendrait quelle tournure hein ?!
- Je...Pour être honnête, je ne savais pas vraiment, mais je ne pensais pas qu'il te larguerait comme ça !
Malia resta muette un instant devant un Stiles qui semblait avoir complètement perdu le contrôle de ses émotions. Une crise de panique.
Quand Malia s'en rendit compte, elle ne put s'empêcher de commencer à s'agiter, car elle ignorait complètement quoi faire. Alors, elle ouvrit la portière côté passager et aida le jeune homme à s'asseoir ; il avait beaucoup de mal à respirer, son regard était agité et ses mains tremblaient.
- Ça va aller, Stiles, tenta Malia en s'accroupissant devant lui. Derek va certainement revenir sur sa décision d'ici quelques jours, ok ? Calmes-toi. Ce n'est pas bon pour...
Elle s'interrompit. Ce n'était vraiment pas le moment de parler de l'enfant. Elle monta côté conducteur et essaya de calmer son ami du mieux qu'elle put. Puis elle sentit la culpabilité la frapper de plein fouet. Stiles pleurait, et c'était complètement de sa faute.
oOoOo
Erica mit du temps avant de retrouver son Hale favoris. Il n'était pas chez lui, et ne répondait ni à ses appels ni à ses messages, mais elle avait fini par le retrouver sur le terrain de basket extérieur du lycée. Ce fut un soulagement. Le jeune loup lançait violemment le ballon, usant de toute sa force et de toute sa rage, essayant de faire des paniers mais aucune de ses tentatives n'atteignaient sa cible. A ce rythme et avec cette puissance, le ballon allait bientôt exploser. La blonde s'approcha doucement mais avec détermination. Et si elle tremblait, ça n'était pas à cause d'une peur quelconque mais parce qu'elle avait oublié de prendre son manteau, et même si elle n'était pas complètement humaine, elle était frigorifiée.
- Derek ? l'appela-t-elle d'une petite voix tandis qu'elle le regardait de dos.
- Rentre chez toi Erica ! l'agressa immédiatement Derek.
Il rattrapa le ballon et le lança avec force sur le panneau du panier. Erica sursauta tant le bruit fut fort. Il respirait déjà plus rapidement alors que la balle, cette fois, ne revenait pas. Les bras croisés, Erica s'approcha davantage, l'interpelant une seconde fois d'une voix plus assurée.
Après quelques secondes, il finit par se retourner. Erica eut un frisson de surprise à la vue des yeux humides de son ami. Non, il n'était pas humide. Derek Hale pleurait. Sourwolf était si bouleversé par ce qu'il venait de faire, qu'il en pleurait. Son Derek Hale. Son ami d'enfance. Le fils de la femme qui lui avait sauvé la vie il y a de ça plusieurs années en acceptant de la mordre. Lui qu'elle n'avait jamais vu pleurer. Elle ne pouvait pas le permettre. Stiles pouvait toucher à tout le monde s'il le voulait, mais pas à lui.
Erica sentit ses yeux s'emplirent de larmes également. Elle ouvra les bras pour accueillir le loup dans une forte étreinte, caressant automatiquement ses cheveux sombres.
- Hey, souffla-t-elle au creux de son oreille, ça va aller. Je suis là. Je suis là.
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Quand Stiles rentra chez lui, il ne désirait que s'enfermer dans sa chambre, comme il avait pris l'habitude depuis un moment maintenant, mais son père l'interpela dès qu'il mit un pied sur la première marche des escaliers. Il avait bien choisit son jour pour être pris d'un élan d'autorité paternel.
Le Shérif était installé à la table ronde du salon, une tasse de café dans les mains et un bon nombre de dossiers éparpillés sur la table.
- Assieds-toi, ordonna-t-il avec un léger mouvement de tête, les yeux toujours braqués sur ses dossiers.
Stiles obtempéra, espérant que moins il montrerait de résistance et plus son père serait enclin à le laisser partir. Apparemment, ce fut une mauvaise déduction.
- Tu n'as rien à me dire ?
Pour toute réponse, Stiles secoua la tête de gauche à droite.
- Vraiment ? insista son père.
- Rien. Tu travailles sur quoi ?
- Ne change pas de sujet.
Son père déposa sa tasse sur la table et leva les yeux vers son fils. Rien qu'à son regard, ce-dernier devina que c'était sérieux, mais le Shérif, s'il le remarqua, ne fit aucun commentaire sur les yeux gonflés de son fils, se contentant de le dévisager intensément quelques secondes.
Au bout d'un moment, Stiles commença à perdre patience. Son cœur ne tiendrait pas s'il était ainsi mis à l'épreuve cent fois par jour. Il chercha alors à comprendre, tentant de trouver lui-même les raisons qui pousseraient son père à lui parler de cette manière.
- Tu es allé à la pharmacie il y a quelques semaines, n'est-ce pas ? lui demanda justement celui-ci.
Frissons. Un courant électrique traversa la colonne vertébrale de Stiles, de la nuque jusqu'aux reins. Comment son père pouvait-il être au courant ? Oui bon, il était Shérif de la ville, il avait beaucoup de contact, d'accord. Stiles aurait dû porter une cagoule, un collant sur la tête ou même une combinaison et un masque en supplément !
- J'ai pas le droit ? se justifia-t-il en tentant de jouer la parfaite innocence. J'avais mal au crâne fallait bien que j'achète un truc.
- Stiles, je sais ce que tu as acheté, contra son père, l'air contrarié et agacé qu'il lui mente si ouvertement. Un test de grossesse. Pour ta gouverne, je ne suis pas stupide au point de croire qu'on utilise un test de grossesse pour un mal de crâne.
Stiles se renfrogna, s'enfonçant dans sa chaise en détournant le regard. Son père avait encaissé pour les loups-garous, mais il ne savait absolument pas dans quoi il s'embarquait, dans quelle discussion il s'aventurait, là, maintenant. Stiles essaya de trouver en une minute record une explication, un mensonge, quelque chose, n'importe quoi, mais se résolut, au bout de quelques secondes de réflexion infructueuse, à dire la vérité. Il en avait assez de mentir à tout le monde. Il en avait assez, surtout, de mentir à son père.
- Papa, commença-t-il après avoir pris une grande inspiration, tu sais quand je te parlais de loups-garous et tous ces trucs complètement incroyables qui se passent à Beacon Hills ? Bah j'ai un truc encore plus hallucinant à te dire là.
- Stop, l'arrêta le Shérif en ouvrant une main devant lui. Je peux tout entendre, tout, mais pitié ne me dis pas que tu as mis Malia Hale ou je ne sais qui enceinte ! Je croyais qu'on n'avait pas besoin de parler de ça Stiles ! Un préservatif bon sang, ça ne sert pas à regarder les cocotiers pousser !
- Papa... C'est pas Malia.
Il y eut un petit silence. Le Shérif fronça les sourcils et secoua la tête plusieurs fois, comme pour se remettre les idées en place. Qu'est-ce que son fils tentait encore de lui faire avaler comme bobards ? Il se leva brusquement, le teint rougeâtre tant il contenait sa colère. Stiles avala sa salive bruyamment en regardant son père passer plusieurs fois sa main sur son visage et dans ses cheveux de manière frénétique.
- Qu'est-ce que je vais faire de toi ? marmonna le plus âgé avant de demander, plus durement : C'est qui ? Réponds moi, c'est qui ?!
- Papa...
- Stiles Stilinski ! Je t'ai posé une question. Je ne peux pas croire que... Je suis sûr que c'est cette petite Hale ! Je savais le jour où tu me l'as présentée qu'elle ne nous causerait que des problèmes, qu'elle te ferait l'un des leurs ! Je ne peux pas croire que…
- Le test de grossesse, il était pour moi ! révéla brutalement Stiles sans plus aucun tact, bouillonnant de colère.
Fin du chapitre 4 ! :D Je sais que vous attendez que Derek soit mit au courant mais ça va arriver un jour promis :) Très bientôt ! En attendant dite moi si ce dernier chapitre vous a plus ^^ Est-ce que le père de Stiles va bien réagir ? Il est quand même assez long comme le dernier, non ? J'espère vous retrouver pour le prochain chapitre !
