Guest : Trop bien, j'adore

_ Merci ^^

Guest 2 : Super! J'ai trop envie de lire la suite !

_ Elle s'est fait attendre mais la voilà :) Merci !

Akane : J'ai adoré j'ai trop hâte de découvrire la suite de cette histoire ainsi que la réaction de derek face a un stiles enceint trop drôle mon dieu vraiment trop trop hâte de lire la suite

_ Peut-être que tu es au bon chapitre alors (héhé, je dois rien dire!) Merci de me suivre :D


Chapitre 5

Stiles lui dit tout. Jusqu'aux moindres détails, en passant par le préservatif accidentellement craqué jusqu'à la rupture toute fraîche d'i peine quelques heures. Il pensait se sentir soulagé après cet aveu complet, mais c'était sans compter sur la colère dévastatrice et disproportionnée de son père. Depuis une heure, Stiles était assis sur la même chaise, la tête baissée à écouter les sermons incessants du Shérif. Le visage de l'homme en face de lui était rougeâtre d'énervement. Ses mains faisaient de grands mouvements saccadés et ce regard, oh oui, ce regard, Stiles ne l'oublierait jamais. Un mélange de dégoût, de froideur et de déception baignait dans les pupilles de son père, lui glaçant le sang. L'adolescent avait l'impression qu'on lui enfonçait, avec une lenteur insupportable, des milliers de lames aiguisées dans le cœur, les unes après les autres. L'hyperactif ne pouvait plus rester là, dans cette pièce et sur cette chaise, à écouter son père jeter la faute sur les Hale et leur cracher au visage.

- Ne dis pas ça d'eux tu ne les connais pas ! s'écria-t-il finalement, n'y tenant plus.

- Je les connais très bien ! répliqua son père, piqué au vif. Et si Derek n'est toujours pas au courant c'est que tu n'en penses pas moins !

- Je vais lui en parler … je voulais !

- Vas-y donc ! le coupa son père, les mains sur les hanches. Tu ne comprends pas Stiles. Des gamins comme lui j'en ai connu des tonnes, et j'en vois encore tous les jours de son espèce au commissariat. Si tu penses qu'en apprenant la nouvelle il va te soutenir, si tu penses qu'il sera là pour toi, tu te trompes complètement ! Je sais des choses sur sa famille que tu ignores !

- Tu es ridicule, souffla Stiles, exaspéré. Tu es prêt à inventer n'importe quoi pour les rabaisser.

Le Shérif ferma les yeux quelques instants et poussa un long soupir pour essayer de se tempérer. Cela ne servit strictement à rien, il était trop hors de lui. La personne qui était en face de lui ne pouvait pas être son fils. Comment Stiles pouvait-il être aussi naïf ? Comment pouvait-il avoir autant confiance en des personnes aussi peu respectables que les Hale ?

- Peter a rejeté sa fille avant d'enfin prendre ses responsabilités ; il était très jeune, mais un peu plus âgé que Derek à cette époque, commença le Shérif d'une voix grave et basse. C'était un vrai délinquant. J'étais là quand il préférait jouer les vagabonds et agresser les personnes âgées du voisinage avec ses copains juste pour le « fun », au lieu de s'occuper de sa fille qui était entre les mains d'une mère qui ne valait pas mieux. J'ai assisté à beaucoup venant de cette famille, que ce soit les cousins, les parents ou les frères et sœurs. J'étais là quand Laura Hale menaçait de mort ses professeurs de lycée. Quand elle harcelait l'une de ses camarades de classe, jusqu'à la pousser au suicide. Aujourd'hui, ils peuvent paraître plus responsables et calmes à tes yeux, mais ce n'est qu'une façade. Tu finiras par t'en rendre compte ! Et tu veux que Derek soit différent de sa propre famille ? !

Le ton était monté de façon totalement incontrôlable. Lorsqu'il en prit conscience, il fit une pause, fixa son fils dans les yeux, prit une grande inspiration pour se calmer, soupira, et reprit :

- Le mois dernier à peine, j'ai dû l'arrêter pour une bagarre de rue vers les deux heures du matin alors qu'il rentrait d'une soirée visiblement bien arrosée. Dès qu'il sera au courant de ta situation, il fuira, Stiles. Parce qu'il est comme eux, il est un Hale ! Les personnes de son type sont de simples égoïstes persuadés que tout leur est permis ! Il t'abandonnera sans problème, il faut que tu en prennes conscience !

Stiles respirait bruyamment et trop vite. Il tenta de ravaler les quelques larmes qui lui montaient aux yeux, mais elles parvinrent tout de même à s'échapper et à couler sur ses joues pâles. Il les essuya maladroitement d'un revers de main puis garda la tête basse. « Ne l'écoute pas. » se dit-il intérieurement. Le bourrage de crâne de son père commençait malheureusement à faire effet. Peut-être qu'il avait raison ? Peut-être que ce qu'il attendait de Derek était complètement surréaliste ? Idée bien douloureuse.

Il sentit les deux mains de son père se poser doucement sur ses épaules. Ses yeux larmoyants remontèrent vers le Shérif, dont l'expression s'était soudainement apaisée.

- Stiles, reprit-il d'une voix plus calme, est-ce que tu veux le garder ? Est-ce que tu veux cet enfant ?

L'adolescent se mordit les lèvres jusqu'à en avoir mal et resta un bon moment muet. Ce n'était plus le moment d'hésiter, il devait prendre une décision maintenant et s'y tenir quoi qu'il puisse se passer. Il avait été sincère tout le long de cette discussion, alors autant l'être jusqu'au bout. Au moins pour lui-même.

Avec hésitation, Stiles hocha doucement la tête en signe d'acquiescement, appréhendant une nouvelle fois la réaction de son père.

- Si c'est ce que tu veux vraiment on fera ce qu'il faut, ne t'inquiètes pas, lui sourit ce-dernier en se voulant rassurant. Tout ce qui compte maintenant, c'est la santé de ce bébé et la tienne. Tu n'as pas besoin du soutien de qui que ce soit temps que tu as le mien. D'accord ?

oOoOo

Un week-end, une semaine, puis une autre encore s'écoula. Il ne fallut pas longtemps pour que le lycée entier, et même toute la ville, soit au courant de la rupture de Derek et de Stiles. Le capitaine de basket était de nouveau célibataire ! Libre comme l'air, et cette fois-ci cela semblait sérieux. Derek n'était pas revenu sur sa décision et avait plus ou moins coupé les ponts avec la bande. Erica était la seule personne qu'il acceptait encore de voir.

Ce midi la meute mangeait au réfectoire, car le soleil avait laissé la place à d'énormes nuages grisâtres qui déversaient sans relâche d'ignobles averses, sans parler de la complicité du vent puissant et glacé. Comme presque deux mois maintenant, les membres de cette table étaient toujours composés d'Isaac, Boyd, Erica, le couple McCall et Argent, puis Lydia et Jackson. L'ambiance n'était pas ce que l'on pouvait appeler de fun, mais tant qu'ils évitaient les sujets fâcheux, celle-ci restait plus ou moins potable.

- Il faudrait qu'on retourne à la piscine un de ces jours, proposa Isaac avec entrain. Il paraît qu'ils ont installé un nouveau toboggan, un vrai...

Il s'arrêta brusquement sans terminer sa phrase. Les autres relevèrent finalement les yeux lorsque son silence s'éternisa, puis ils se tournèrent d'un même mouvement vers la direction que les pupilles bleutés d'Isaac ne quittaient plus. Malia était juste là, son plateau dans les mains, debout au bout de la table. Cette situation était gênante autant pour eux que pour elle qui n'avait plus déjeuné avec ses amis depuis longtemps, du moins si elle pouvait toujours les appeler ainsi. Puisqu'aucun d'eux ne parla, elle s'installa en bout de table à côté d'Allison et en face de Lydia. Tous, ils la dévisageaient sans se gêner.

- Tu n'es pas avec Stiles ? demanda Scott d'une voix sèche, ce qui n'était pas dans ses habitudes, lui qui était d'ordinaire toujours si joyeux et accueillant.

- Il...Il n'a pas pu venir ce matin, révéla la jeune femme.

- Donc en gros on est tes bouches trous ? T'es pas la bienvenue Coyote, déclara Erica en se penchant au-dessus de la table afin de capter le regard de Malia.

- Laissez-la tranquille, lança Lydia en recommençant à manger normalement sous l'étonnement de la plupart.

- Laissez-la tranquille ? s'insurgea la blonde, la voix vibrante de colère. Je te rappelle que si Derek et Stiles ne sont plus ensembles, c'est à cause de miss Malia Hale !

Lydia murmura quelques mots à l'attention de Malia : « Ignores-la. ». La coyote essaya du mieux qu'elle put, mangeant ses carottes et le bœuf chaud dans son assiette comme si rien ne pouvait la déconcentrer. Seulement, les paroles d'Erica continuaient à tourner dans sa tête et se faisaient de plus en plus blessantes. Serrant sa fourchette de toutes ses forces, Malia essaya encore une fois de faire abstraction de ses sentiments, mais elle sentait bien qu'une goutte d'eau supplémentaire suffirait pour faire déborder sa colère.

- Tu nous expliques ? grinça Erica après s'être levée, attirant sur eux tous les regards des autres élèves présents dans le réfectoire. Tu as trouvé ça amusant ? C'est vraiment super de se venger après une année d'attente, n'est-ce pas ?

Lydia sursauta quand elle sentit la table trembler lorsque Malia se leva à son tour, les dents serrées et les yeux pleins de rage. La rousse aurait à ce moment donné voulu être un loup-garou elle aussi, aussi puissante que ses camarades, pour pouvoir s'interposer si l'échange venait à devenir violent. Malia était enceinte, et se mettre dans des états pareils n'était pas recommandé dans son état.

- Je n'ai jamais voulu me venger de qui que ce soit ! hurla celle-ci en pointant un doigt rageur sur Erica. Accuses-moi si tu veux d'avoir brisé leur couple, même si je ne suis pas la seule responsable, mais ne redis jamais que j'ai voulu me venger !

Erica croisa les bras sur sa généreuse poitrine, adoptant inconsciemment une position défensive face à l'agressivité de la coyote, mais resta étonnamment silencieuse. Dans le réfectoire, le temps semblait s'être arrêté. Tous les élèves sans exception étaient tournés vers la table de la meute. Le silence, d'habitude rare en ces lieux, était maître à présent. Malia regarda autour d'elle et, dans une dernière tentative désespérée, essaya de plaider sa cause.

- Je ne suis pas Derek, articula-t-elle froidement. C'est mon cousin ! Je sais ce que ça fait quand on vous arrache brutalement quelqu'un à qui vous tenez, que tous les signes que vous avez perçu et volontairement ignoré s'avèrent être vrais, et qu'il est trop tard pour y remédier. Mais, je le répète, Derek est mon cousin, et même si j'ai des milliers de raisons de le détester, je ne voudrais jamais qu'il ressente le quart de ce que j'ai ressenti quand il m'a volé mon, et je dis bien, mon copain ! Alors maintenant, si vous voulez tous me détester pour ce que j'ai fait, et ce que je vais continuer à faire, faites-le, mais réfléchissez plutôt à ce que vous êtes tous actuellement en train de rater !

Sur ces derniers mots, Malia quitta le réfectoire laissant son plateau sur la table, et une bonne partie des élèves abasourdis.

oOoOo

Stiles était plusieurs fois retourné voir le vétérinaire ces derniers temps à cause des douleurs qui avaient repris et qui persistaient malgré le médicament qu'il avait reçu lors de ses premières visites, mais c'était la première fois que son père l'accompagnait. Assis torse nu sur cette même table d'auscultation pour les animaux, Stiles se sentait légèrement mal à l'aise simplement à l'idée de savoir que son père se trouvait dans la même pièce et assisterait à tout.

- Stiles, il faut absolument que tu relâches la pression, soupira Deaton tout en écrivant dans son carnet de notes. Si tu veux le garder, il faut que tu vives dans une atmosphère paisible. Je te l'ai déjà dit, ton corps se développe et ce surplus d'ondes négatives qui te traversent peut non seulement causer des problèmes à ton bébé, mais aussi compliquer le bon développement de ton corps. Même si pour le moment tu sembles le supporter, il est fort probable que ton corps ne puisse bientôt plus résister. Alors fait un effort, d'accord ?

- J'essayerais, grimaça l'adolescent.

A chaque fois qu'il venait ici, Stiles avait envie de rappeler à Deaton que tout ce stress qu'il ressentait était normal vu les circonstances mais, d'un autre côté, le vétérinaire avait raison, il fallait penser au bébé avant tout, alors Stiles était prêt à faire le maximum pour que tout se passe bien.

- Il y a d'autres risques que je devrais connaître ? demanda le Shérif, les sourcils légèrement froncés.

Deaton se tourna vers lui en rajustant sa blouse blanche.

- D'après mes recherches et quelques contacts, il faut que vous sachiez que les symptômes hormonaux normaux d'une femme enceinte seront certainement plus forts chez Stiles.

- C'est-à-dire ?

- Hum...Manger pour quatre, les nausées, changements d'humeur inexpliqués et peut-être bien d'autres choses. Le plus important est de garder constamment un œil sur lui, et au moindre signe anormal, venez absolument me voir. Au pire des cas, amenez-le à l'hôpital et je me débrouillerais pour vous y rejoindre, j'y ai des connaissances et je pourrais accéder aux zones interdites au public sans encombre. Ne prenez aucun risque, c'est très important.

« Les mois qui suivent vont être fantastiques » pensa Stiles avec une bonne d'ose d'ironie.

Son attention se tourna alors vers son ventre, se détachant complètement de la conversation qu'entretenaient son père et Deaton. Il avait effectivement grossit, et ça sans s'en rendre compte lui-même. Ce n'était certes pas flagrant, et il pouvait encore sortir sans que personne ne se doute de quoique ce soit – enfin aucun loup-garou à l'odorat ultra fin – mais à partir du moment où il le remarqua, il ne vit plus que ça. Son ventre était légèrement plus arrondit que le mois dernier. Il passa sa main dessus, le caressant avec précaution et une légère curiosité, sans s'apercevoir qu'un sourire discret et attendrit s'était formé sur ses lèvres. Les vibrations de son portable dans sa poche le firent sursauter. Il le prit, le cœur battant plus fort tandis qu'il espérait, mais poussa un petit soupire de déception. C'était des messages de Malia qui voulait savoir si tout se passait pour le mieux, alors qu'il aurait tant aimé que ce soit Derek. Après y avoir répondu, Stiles ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil aux derniers messages qu'il avait envoyé à Derek ces deux dernières semaines. Entre trente et cinquante SMS en tout. Et le loup n'avait répondu à aucun d'entre eux. Il l'ignorait complètement.

« Je suis désolé pour la dernière fois. J'ai besoin de te parler. C'est important. » « S'il te plait arrêtes de m'éviter, on a vraiment besoin de discuter. Je ne peux pas te l'annoncer par message. » « Derek réponds à mes appels ! » Les messages défilaient sous son pouce, sans jamais obtenir de réponse.

Stiles ne savait plus quoi faire. Il avait tenté de trouver Derek au lycée, mais celui-ci n'assistait plus à leur cours en commun et restait introuvable lors des pauses. Malgré ses efforts surhumains, il avait l'impression que c'était peine perdue. Sa seule solution était de se rendre chez les Hale au plus vite, ou peut-être réussir à le croiser à la fin d'un entrainement de basket, dans les vestiaires. Et ça tombait bien, Derek avait justement entrainement cette après-midi, et même si Stiles devait sécher le cours de monsieur Arnold, un professeur d'anglais particulièrement odieux, et se retrouver avec deux heures de colle pour motif injustifié dans le seul but de s'assurer d'arriver à temps au vestiaire, cela en valait la peine.

oOoOo

Lydia était restée bloquée sur le discours que leur avait servi Malia au réfectoire. Elle n'arrivait pas à passer à autre chose, et Jackson l'avait bien remarqué, ainsi qu'Allison et Scott. Ils étaient tous les quatre à leur casier, alors que le couloir était bondé.

- Ça suffit Lydia, parles ! Tu ne vas pas rester la journée à faire cette mine et à te ronger les ongles alors que tu détestes ça ! s'agaça Jackson en levant les yeux au ciel.

- Je pensais avoir réuni plus de la moitié des pièces du puzzle, déclara la rousse, le regard perdu.

- De quoi est-ce que tu parles ? demanda Allison en effectuant une grimace d'incompréhension tout en réajustant son sac sur son épaule droite.

- Il doit y avoir autre chose … Jackson, tu es sûr de ce que tu as entendu dans les couloirs la dernière fois ? Lorsque je t'ai demandé d'espionner Malia et Stiles ?

- Bien sûr, répondit Jackson à sa copine, un brin agacé. Aucun doute. Je n'aurais jamais pu me tromper.

- Quoi ? Vous les avez espionnés et vous avez gardé ça pour vous ?! s'énerva Scott. Si même vous, vous nous cachez des choses, on n'en a pas fini !

- Ecoutes Scott, on a fait ce qu'on a pu ! hurla presque Lydia. T'aurais pu faire quelques choses de ton coté, te montrer un peu plus entreprenant ! Je te rappel que tu as des supers pouvoirs qui auraient dû te permettre de découvrir ce qui se passe ! C'est à se demander si tu tiens vraiment à Stiles !

- Bien sûr que je tiens à lui, c'est mon meilleur ami ! Tu sais très bien que j'ai essayé d'aller chez lui le week-end dernier, et même le précèdent après ta fête, mais toutes les fenêtres étaient fermées et son père a refusé que je le vois ! Au lycée c'est pas mieux, il m'évite comme la peste et ne réponds à aucune de mes questions. Je le connais, si je force trop il va finir par utiliser des moyens extrêmes, du genre entourer sa maison de sorbier.

- Il en serait parfaitement capable, confirma Isaac.

- Tu as raison, soupira Lydia, vaincue.

- Bon, on va faire simple, reprit Scott avec autorité, à partir d'aujourd'hui on va faire en sorte de ne jamais perdre Stiles des yeux. Même si j'ai toujours été contre s'introduire dans sa vie privée, ce n'est plus la question, alors on va espionner toutes les conversations qu'il peut avoir avec Malia, sans exception.

- Oui bah, déjà faudrait que Stiles se pointe, ralla Jackson, pas très motivé. Les cours vont reprendre, on ferait mieux d'y aller. A plus tard.

Sur ces mots, les autres partirent tous au cours de monsieur Arnold, le professeur d'anglais. Scott était désormais motivé à bloc, mais aussi très énervé contre lui-même car, il fallait bien l'avouer, il n'avait pas été un ami en or ces temps-ci. Il allait devoir se rattraper, et même si Stiles piquerait sûrement une grande colère en apprenant ce que Scott avait fait pour arranger la situation, il était bien décidé à prendre les choses en main pour aider son ami. Tout ce qui comptait maintenant était de recoller le vase brisé sans qu'aucun morceau ne manque.

oOoOo

Le cours allait bientôt commencer. Le professeur installait ses affaires avec une lenteur extrême et une grande concentration, et il restait encore cinq bonnes minutes avant le début du cours. A cet instant, Scott sentit l'odeur de son meilleur ami ; il n'était pas loin, sûrement dans l'un des couloirs voisins, et l'odeur de Malia semblait s'y être mélangée. Ils étaient ensembles. Encore. Quand Scott le réalisa, il se concentra pour éloigner tout autre son n'appartenant pas à la voix de Malia ou Stiles, et ferma les yeux avant de parcourir les couloirs par la seule force de son ouïe. Trouvés.

- Ça y est, tu vas lui en parler ? Tu es sûr ? demandait Malia d'un ton trahissant une légère inquiétude.

- Il le faut, maintenant que j'ai décidé de le garder il va falloir qu'il soit au courant. J'irais le voir après le cours. Si j'ai de la chance, je le trouverais.

- Et les autres ? J'en peux plus, ils me regardent comme si j'étais un monstre. Parles-leur avant ton cours !

- Non, je ne veux pas courir le risque que Derek l'apprenne de quelqu'un d'autre. Je leur parlerais après, promis.

- D'accord. Mais quoi qu'il se passe tiens-moi au courant, Stiles, s'il te plait.

- Promis.

- Je te laisse, j'ai cours.

Quand Scott ouvrit les yeux, il n'attendit pas longtemps avant de voir Stiles débarquer dans la salle. Le jeune homme lui fit un petit signe de tête pour le saluer, puis s'installa comme à son habitude à l'autre bout de la salle.

A qui Stiles pouvait bien vouloir parler ? Scott n'avait pas mille prénoms en tête, et il pouvait se tromper, mais il avait sa petite idée. Il voulait absolument savoir pour quelle raison personne ne devait être au courant avant cet individu mystère. D'après ce qu'avait affirmé Stiles, il avait l'intention d'aller le retrouver après le cours, alors Scott n'hésiterait pas à le suivre pour enfin éclaircir les zones d'ombres.

oOoOo

Dès que la sonnerie retentit, Stiles sortit de la salle de classe d'un pas plus que pressé, envoya son sac sur ses épaules d'un large geste nerveux, et prit la direction des vestiaires du complexe sportif du lycée. Il espérait juste que le Coach ne serait pas présent, sinon il se ferait sévèrement incendier pour avoir raté tous les entrainements de lacrosse des dernières semaines, mais il n'y avait plus à hésiter : il devait parler à Derek.

Après quelques minutes de marche, alors que sa nervosité avait énormément gagné en intensité, il s'arrêta devant la porte des vestiaires. Il n'était pas du tout confiant. Ses mains tremblaient et son cœur battait trop fort dans sa poitrine. Si jamais Derek n'y était pas ? Pire : et s'il refusait toute conversation, ou qu'il avait déjà tourné la page sur leur relation ? Stiles déglutit.

- Aller, vas-y bon sang ! marmonna-t-il pour tenter de se donner du courage. C'est pas comme s'il allait te planter les crocs dans la gorge !

Il ouvrit la porte. Les vestiaires étaient pleins. Les élèves se changeaient, bruyants, et l'odeur de sueur masculine était étouffante tant elle était brûlante. L'ambiance était cependant au rire et à la taquinerie, détendue ; fière camaraderie entre garçon. Stiles finit par trouver Derek, qui n'avait pas encore enfilé de haut. Il riait avec l'un de ses coéquipiers, beau comme jamais. Au moins, même si rien ne se passait correctement, Stiles aurait pu voir une dernière fois ce torse magnifique.

- Derek ?

L'interpelé leva les yeux et son sourire disparut lorsqu'il vit Stiles se tenant nerveusement au milieu de la pièce, parmi les autres joueurs. Il fronça alors les sourcils, ce qui assombrit son regard et fit tomber une expression froide et crispée sur son visage. Jackson était à ses côtés, attentif au point d'en être indiscret, mais cela faisait maintenant deux semaines que les deux jeunes hommes n'avaient pas échangé un seul mot, alors il était hors de question pour lui de rater ça.

- Qu'est-ce que tu veux ? cracha brusquement Derek.

- Faut qu'on parle. Seul à seul, répondit doucement Stiles en jetant un coup d'œil à Jackson.

Il se triturait les mains tant il était nerveux et ses yeux d'ambres grands ouverts semblaient le supplier. Derek n'avait jamais pu résister à ce regard. Alors il poussa un long soupir d'agacement et acquiesça.

Ils attendirent que les vestiaires se vident entièrement sans s'adresser la parole. Miraculeusement, Derek avait accepté qu'ils se parlent, et Stiles avait envie de croire que c'était bon signe, mais il y avait aussi la possibilité que ce soit simplement parce que Erica n'était pas là pour l'en dissuader. Il avait bien remarqué que la blonde avait soudainement changé de comportement à son égard, lui offrant des regards presque haineux.

Après quelques minutes, ils finirent par se retrouver seuls, assis sur un banc au milieu des casiers. D'abord, aucun des deux ne parla. Derek, qui regardait ailleurs, n'avait manifestement pas l'intention de prendre la parole le premier. C'était à Stiles de se jeter à l'eau, mais ce-dernier était très mal à l'aise à cause d'un trop grand stress, et il ne savait pas par où commencer sans s'attirer la colère du loup.

- Je sais que c'est un peu tard pour les explications mais il ne s'est strictement rien passé avec Malia, lâcha-t-il finalement d'un seul trait.

- J'ai vraiment pas envie de parler de ça maintenant, Stiles ! répliqua brutalement Derek, retenant difficilement sa colère. Tu veux que je te dise quoi ? Oh c'est parfait, alors tout s'arrange ? Je t'ai demandé d'arrêter de la suivre partout comme un chien, et tu n'en as fait qu'à ta tête ! C'est ton ex, merde ! Tu peux comprendre que j'ai aucune envie de voir mon mec avec une fille qu'il a sauté !

- Je sais mais j'avais mes raisons, je te demande juste de me faire confiance. Je te promets que je vais tout t'expliquer.

Derek roula des yeux et soupira, les poings serrés. A quoi bon se remettre avec Stiles s'il continuait à lui cacher des choses, s'il n'en avait rien à faire de ce qu'il ressentait et continuait à voir Malia ? Le problème de Derek, c'est qu'il n'arrivait pas à passer à autre chose, et ça n'avait jamais été aussi long. Deux mois maintenant que sa relation avec Stiles était chaotique ; deux mois durant lesquels ils ne s'étaient pratiquement pas vus, et quasiment pas adressé la parole.

D'ordinaire, après une rupture, Derek passait facilement à autre chose ; en moins de deux jours il avait tout oublié et pouvait se remettre à draguer sans scrupule. Mais avec Stiles, ça faisait deux semaines que leur relation était finie, et maintenant qu'il avait enfin décidé de sauter le pas, sans se sentir mieux pour autant, voilà que le jeune homme revenait et bousculait ses sens. Deux putains de semaines, et Derek se sentait toujours aussi mal à chaque fois que ses pensées revenaient vers Stiles ; Stiles et ses yeux mordorés si francs et intenses ; Stiles et sa voix agaçante, intrusive, mais si sensuelle quand il gémissait au creux de son oreille ; Stiles et son corps souple, sa peau douce, ses grains de beauté, ses mains. Ah, ces mains !

Quand il se retrouvait seul dans sa chambre en pleine nuit, le seul instant dans la maison des Hale où le silence régnait, les monologues infinis de Stiles lui revenaient en tête. Quand il trainait avec sa bande d'ami, il pensait à lui. Quand il rentrait chez lui, il se faisait violence pour ne pas bifurquer et rentrer en douce dans la maison des Stilinski par l'une des fenêtres. Puis il y avait ces messages, que Stiles n'avait cessé de lui envoyer, et que Derek avait difficilement ignoré, même si l'envie de lui répondre avait été si forte qu'il en avait un jour envoyé son poing dans un mur, afin que la douleur l'aide à penser à autre chose. Il voulait lui parler, le toucher, l'entendre rire, l'embrasser, sentir le goût de sa langue dans sa bouche, chose qui ne semblait désormais plus possible.

Le jeune Hale secoua légèrement la tête de gauche à droite pour montrer son désaccord, mais aussi pour se remettre les idées en place.

- Pourquoi pas maintenant ? Qu'est-ce que tu as à cacher de si important pour préférer en parler à Malia et pas à moi ?

Face au silence de Stiles, Derek tourna les yeux vers celui-ci. Non, il connaissait ce regard que lui lançait Stiles, là, maintenant. Ce regard explicite qui le faisait toujours fondre en quelques secondes ; ce regard qui lui disait : « J'ai envie de toi. ». Seulement, cette fois, Derek savait que si Stiles se comportait ainsi, c'était uniquement pour le dissuader de poser les questions qui lui brulaient les lèvres. Derek ne parvint pas à détourner ses prunelles de celles de Stiles ; ces prunelles qui lui murmuraient : « On est seul, les vestiaires sont vides, personne ne nous entendra. S'il te plait. ». Soudain, Stiles se rapprocha doucement et attrapa son visage, plaçant les deux mains sur ses joues. Derek aurait voulu ne pas faiblir, mais ce fut lui qui initia le baiser, mettant violemment leurs lèvres en contact. Il essaya au bout d'un moment de reprendre le contrôle et recula pour mettre fin à l'échange, mais ce fut cette fois Stiles qui l'embrassa fougueusement tout en laissant échapper un petit gémissement.

Non, Derek devait résister, c'était lui le dominant, lui qui avait le contrôle. Hors de question de se laisser mener par le bout du nez chaque fois que Stiles faisait un caprice ou chaque fois qu'il se montrait entreprenant. C'était trop facile. Mais il réalisa bien vite qu'il en était incapable et finit par participer activement au baiser. C'était plus fort que lui, il avait besoin de son goût, de sa chaleur, de sa langue qui jouait avec la sienne. Jusqu'à ce que sa raison reprenne le dessus subitement lorsque les paroles que Malia avait prononcé lors de la soirée chez Lydia lui revinrent en tête.

- Non, finit-il par lâcher en se relevant carrément, histoire d'être sûr qu'il n'y aurait plus de contact entre eux. Pas cette fois. Je ne peux pas. Soit tu m'en parles, soit on arrête définitivement.

- Ce que tu peux être buté ! s'énerva Stiles en levant les yeux au plafond avant de soupirer.

- C'est toujours pareil avec toi, gronda Derek en refermant son casier d'une main et en reculant d'un pas. Je dois toujours m'écraser et faire tout ce que tu veux !

- Quoi ? s'insurgea Stiles, sentant la colère lui monter à la tête. Moi aussi j'ai dû faire des concessions parce que Monsieur Derek Hale le désirait, tu n'es pas le seul ! Qui a dû te partager avec tes potes écervelés et toutes ces groupies qui attendaient que tu me jettes pour te laisser les baiser ? Hein ? Le pape peut-être ?! Tu crois que c'était facile de te partager, tu crois que ça ne me dérangeait pas ?! T'imagines même pas ce que j'entends sur toi à longueur de journée dans les couloirs, ô grand capitaine de basketball si parfait !

- J'ai bien supporté que tu continues à sortir avec Malia pendant plus de trois mois avant que tu te décides enfin à la larguer !

- Oh c'est bon, je pourrais te dresser une liste entière de choses que j'ai faites juste pour toi !

- Ah oui ? Comme quoi ? Ça fait environ un an Stiles, et avec toi j'ai accepté bien plus, largement plus que ce que j'ai accepté de la part de quelqu'un d'autre ! De nous deux je suis celui qui me plie le plus à tes exigences ! Je t'ai demandé une seule chose, Stiles ! Une seule !

L'humain détourna le regard et préféra fixer l'un des bancs à sa gauche. Tout plutôt que de faire face à cette colère, cette rancune sincère qu'il lisait dans les yeux de Derek. Il inspira un grand coup, les poings serrés, et se mordit les lèvres jusqu'à ce qu'elles soient douloureuses. Une dispute, c'était bien la dernière chose qu'il avait voulu, et pourtant les mots étaient sortis d'eux-mêmes, sans qu'il le veuille, comme s'ils n'attendaient qu'une chose pour jaillir. Sa frustration avait parlé pour lui, mais tout était entièrement de sa faute, et il le savait. Stiles faisait entièrement le contraire des objectifs qu'il s'était fixé. Il se força à se taire, espérant que Derek ne remarque pas l'effort qu'il faisait, mais ce ne fut pas le cas. Le loup, les mâchoires serrées, prit ce silence pour un énième refus.

- Je t'ai juste demandé de ne pas t'approcher de ma cousine mais tu ne comprends pas, gronda-t-il d'une voix froide, comme pour mettre un terme définitivement à cette discussion, à cette relation.

Il attrapa son sac en ne voyant aucune réaction de la part de Stiles, puis lui tourna le dos, prêt à passer la porte. Mais la voix tremblante et calme de Stiles l'arrêta.

- Derek, je suis désolé, d'accord ? C'est parce que je ne sais pas comment tu vas réagir. Ça me fout la frousse, ok ? déclara-t-il, les mains légèrement tremblantes, alors que Derek lui tournait toujours le dos. C'est pas comme si ce que j'avais à te dire n'allait pas tout chambouler, c'est pas comme si je n'avais qu'à te le dire pour qu'on puisse passer à autre chose. On ne passera pas à autre chose. On ne pourra pas. Je crois… Je crois que je voulais garder ça pour moi parce que ça me donnait l'impression que rien de tout ça n'était réel, mais plus j'insiste plus tu t'éloignes.

- Dis-le simplement Stiles, soupira Derek sans pour autant bouger.

Stiles prit un grand bol d'air pour remplir ses poumons, comme si il s'apprêtait à plonger dans un grand bassin d'eau glacée. Il l'avait déjà avoué à son père, alors pourquoi était-ce si dur de le dire à Derek ? Il n'avait plus qu'à espérer que ces deux réactions soient tout à fait différentes sur certains points d'une personne à l'autre. Que Derek lui prouve que son père se trompe.

- Je suis enceint.

Comme un pansement qu'on arrache. Il le dit rapidement et se sentit instantanément plus léger, comme si un poids d'une centaine de kilos venait de le lâcher. Il respirait mieux, ses mains bougeaient moins, son cœur semblait plus léger. Derek, de son côté, était perdu. Il crut avoir mal entendu. Qu'est-ce que Stiles venait de dire là ? Il fronça les sourcils et se retourna, lançant un regard plus qu'interrogateur au jeune humain toujours assis sur son banc.

- Ce n'est pas le moment de faire des blagues stupides, cracha-t-il méchamment.

- Ce n'est pas une blague Derek, répliqua simplement Stiles avant de répéter, comme pour être sûr que ce soit clair : je suis enceint.

Derek laissa son sac tomber lourdement au sol et se jeta vivement sur lui, les yeux aussi froids que la glace, les mâchoires serrées, l'expression indéchiffrable. Il semblait capable d'être violent. Stiles eut un mouvement de recul, tenta même de l'arrêter, puis se rendit compte de ce que le loup voulait faire. Alors il ne fit plus un geste et se laissa attraper. Derek le remit debout avant d'enfouir son visage au creux de son cou, pour le renifler, tout comme Malia l'avait fait il y a de ça plus d'un mois maintenant. Mais les choses étaient différentes : la coyote avait fait ça avec curiosité, Derek, lui, faisait ça avec colère. Stiles se sentit brutalement oppressé, le cœur battant à tout rompre. Soudain, Derek se recula et le dévisagea avec une expression effrayante. Il semblait clairement décontenancé, prit de court, mais aussi effrayé et furieux. Il y avait tant d'émotions sur son visage d'ordinaire impassible, que Stiles ne parvint pas à toutes les lire. Et puis, il y eut cette grimace. Ce refus.

- Non, gronda le loup en le relâchant avant de reculer. Non, c'est impossible.

Stiles se retint de répondre. Aucun doute, Derek l'avait senti. Que dire maintenant ? Comment le rassurer, comment l'aider, comment lui faire comprendre ? Malheureusement, la colère qu'il lisait dans les yeux de Derek lui vidait totalement la tête. Il était incapable de construire une phrase, de trouver les mots.

- Depuis combien de temps ? lui demanda le loup d'une voix effrayante.

- Ça doit faire deux mois, ou peut-être un peu plus, répondit doucement Stiles après avoir déglutit.

- Deux mois ! répéta Derek en haussant le ton. Putain de ! Et tu !

Stiles essaya de se rapprocher, doucement, quémandant un geste, un contact, les yeux déjà humides, mais Derek recula instantanément.

- Me touches pas ! lança ce-dernier en repoussant sa main, les yeux pleins de rage et la voix pleine de dénis.

Stiles se soumit sans discuter et recula même, comme pour se protéger. Il avait clairement envie de pleurer, et quand Derek s'en aperçut, il retint son souffle, surpris. Surpris des larmes qui naissaient dans les yeux de Stiles, mais aussi surpris par sa propre réaction violente. Et il eut honte. Mais quelque chose l'empêcha de rectifier son comportement. Et cette chose, c'était l'odeur qu'il avait senti. Une odeur sucrée, tendre et légère, qui lui avait confirmé qu'un petit louveteau grandissait en ce moment dans le ventre de Stiles.

- Désolé... Je... bégaya-t-il avant de se fermer totalement. On en reparlera plus tard. Je dois y aller.

Il récupéra son sac et sortit. Face à une situation difficile, les grands prédateurs n'avaient que deux réactions : l'attaque ou la fuite. Derek choisit de fuir. Stiles le regarda s'en aller sans un mot de plus et ravala ses larmes. Ça n'apportait rien de pleurer.

Qu'est-ce que ça signifiait « en parler plus tard » ? Stiles réfléchit aux significations que cela pouvait avoir, mais le stress le malmena très vite ; il avait peur de deviner ce que le brun avait peut-être réellement voulut dire. Ne plus aborder le sujet. Jamais.

Sa respiration s'accéléra dangereusement, ses mains commencèrent à trembler et son cœur à cogner violemment dans sa poitrine. Une crise de panique. Assurément. Il savait les reconnaître depuis le temps.

- Ça va aller, marmonna-t-il pour lui-même, ça va aller. Fermes les yeux et comptes jusqu'à dix, ça va passer.

Il sentit deux mains lui attraper les poignets et sursauta en ouvrant les paupières, qu'il n'avait pas eu conscience de fermer.

- Scott ? souffla-t-il avec incompréhension, mais qu'est-ce que ?

Et quand il vit l'expression soucieuse, surprise et fautive, dans les yeux de son meilleur ami, il comprit.

- Tu as tout entendu ? demanda-t-il d'une voix tremblante.

- Hum, affirma Scott avec un mouvement de tête.

Stiles fondit en larmes, incapable de se retenir plus longtemps. Scott, un nœud dans la gorge se dit qu'à cet instant il valait mieux apporter du réconfort à son ami en le serrant dans ses bras et en attendant qu'il se calme, plutôt qu'en utilisant des mots. Alors il le prit contre lui et patienta.

oOoOo

Vendredi. Stiles avait séché les deux derniers jours de cours, incapable de sortir de chez lui. Psychologiquement, physiquement, il se sentait fragile. Il préféra ne rien dit à son père sur ce qui s'était passé dans les vestiaires, mais celui-ci avait quand même accepté que Stiles manque quelques jours de cours si il en avait besoin. Alors le jeune homme resta enfermé dans sa chambre, laissant juste sa fenêtre ouverte, espérant secrètement que Derek viendrait le voir pour poursuivre leur discussion. Ou pour s'excuser. Ou pour lui dire qu'il l'aimait. Seulement, Derek ne venait pas. Stiles n'avait eu aucune nouvelle de lui, bien qu'il espère encore que cela arrive. Il se sentait encore plus mal maintenant en sachant que Derek était au courant. S'il avait su la douleur que ce serait, il aurait continué à lui cacher.

- Pauvre con, souffla-t-il en se retournant, s'allongeant sur le dos et enfouissant son visage dans les coussins.

Il entendit la porte grincer, signe que son père venait d'entrer dans sa chambre.

- Je t'ai apporté le repas.

- Pas faim, marmonna Stiles sans bouger, la voix étouffée par les coussins.

- Stiles, il faut que tu manges. Forces-toi un peu …

Il n'obtint aucune réponse de la part de son fils, ni aucun mouvement.

- Bon. Je pose le plateau sur ton bureau si jamais tu changes d'avis. Si tu as besoin de quoi que ce soit je suis dans le salon.

Sur ces mots le Shérif sortit de la chambre, laissant la porte grincer une nouvelle fois. Stiles ferma les yeux, trop triste pour bouger, trop déprimé pour penser, et se laissa doucement emporter par le sommeil. Mais la porte s'ouvrit de nouveau. Il sentit son self-control lui échapper. Ne pouvait-il pas être tranquille un moment ?!

- Sort ! lança-t-il vivement.

N'entendant aucun bruit, il se redressa avec nonchalance, curieux, mais quelqu'un lui sauta dessus avant qu'il ait le temps de se redresser totalement, et l'enlaça avec force. Stiles poussa un petit cri surpris et mit quelques instants à reconnaitre la tignasse rousse de Lydia, qui venait de lui rouler dessus. Il redressa la tête. A l'entrée de la porte Isaac, Allison, Jackson, Scott et Boyd. Ils étaient tous là, hésitant à rire de la maladresse de Lydia. Cette-dernière se redressa et plaqua ses deux mains sur les joues de son meilleur ami.

- Comment tu as pu nous cacher une chose pareille ? s'écria-t-elle, hésitant entre s'énerver et le prendre dans ses bras pour lui faire un gros câlin. On est sensé tout se dire !

- Ouais Stilinski, tu aurais pu abréger nos souffrances, soupira Isaac en posant ses affaires dans un coin avant d'allumer la petite télévision.

- Regarde ce qu'on a ramené !

Scott et Allison lui montrèrent quatre gros sachets apparemment remplit de nourriture, à priori chinoise et mexicaine d'après l'odeur qui s'en dégageait.

- On est venu dès la fin des cours, une soirée entre amis ça se refuse pas ! lança Boyd en s'asseyant près d'Isaac, qui sortait de sous le lit une console de jeu.

Stiles resta immobile un petit moment, se demandant quelle réaction adopter dans ce genre de situation. Mais il finit par simplement sourire devant toute l'excitation que ses amis montraient à passer leur soirée avec lui jusqu'au petit matin. Lydia le convia à venir s'asseoir avec eux sur le sol pour former un demi-cercle autour de la console de jeu, devenue le nouveau bijou d'Isaac. Allison et Scott déballèrent la nourriture, qui était bien du chinois et du mexicain.

La rousse s'accrochait fermement au bras de Stiles, à croire qu'elle avait peur qu'il s'enfuit. Mais où irait-il ? Stiles essaya de la rassurer en lui offrant un petit sourire sincère.

- Maintenant tout ira bien, lui chuchota son amie en lui caressant doucement la main. Je te le promets.

oOoOo

Peter Hale était venu rendre une petite visite à sa sœur ainée, bien qu'il vienne très souvent et qu'il n'était donc pas très surprenant de le voir prendre un café avec Talia Hale dans le salon de la maison. Mais il s'en vantait tout de même à chaque fois, arguant qu'il était un petit frère et un oncle très attentionné. Etrange personnage. Ils discutaient ensembles de tout et de rien, de leurs enfants, d'à quel point il était difficile d'avoir des adolescents en pleine surcharge hormonale sous leur toit.

Peter, assis sur sa chaise dégustant son café à la vanille, renifla dans le vide. Une odeur désagréable se mélangeait à celle de son merveilleux et succulent café. Qui osait le déranger en pleine heure d'épanouissement de ses papilles ? Il fixa longuement sa sœur, qui lui lança un regard interrogateur.

- Talia, arrêtes-moi si je me trompe, mais on dirait que Derek sent l'anxiété à plein nez.

- Oui, je sais, j'avais remarqué, soupira sa sœur aînée. C'est depuis mardi. Il refuse de me dire pour quoi.

- Tu lui as déjà fait le speech de « tu peux tout me dire » ou je dois m'en charger ?

- J'ai toujours adoré ton humour Peter, mais oui je lui ai déjà fait le « speech » comme tu dis. Erica est en haut avec lui, elle semble être au courant. Je lui tire les vers du nez dès que j'en ais l'occasion.

- Pourquoi ne pas simplement écouter à la porte ? C'est comme jouer aux espions ! Ou lire un journal intime en cachette !

- Tu oublies que les murs de cette maison sont insonorisés, pour … respecter la vie privée de chacun.

- On y croit … Moi je propose qu'on laisse trainer nos oreilles juste quelques petites secondes, une ou deux, pas plus !

Talia adressa à son petit frère un regard courroucé et agacé.

- Comme tu voudras, soupira Peter avant de pouffer, moqueur : toi et tes valeurs...

oOoOo

- Derek, oublis tout ce que j'ai pu te dire sur le fait que tu ne devrais jamais plus t'intéresser à Stiles, dit Erica, allongée sur le lit du jeune homme et fixant le plafond.

- Je n'ai pas besoin que tu me dises quoi faire Erica, gronda le loup.

Elle se redressa et dévisagea son ami, assis sur le rebord de la grande fenêtre.

- Alors pourquoi tu ne vas pas le voir ? Il doit être mort de trouille à l'idée que tu ne veuilles plus lui parler ! Ou que tu ne veuilles plus de lui ! Moi je le serais à sa place.

- J'avais besoin d'informations. Je suis allé voir Deaton hier, et il m'a dit que ça n'aurait jamais dû arriver. C'est un truc tellement rare que même ma mère ne doit rien savoir là-dessus ! Et Deaton m'a dit que Stiles voulait le garder. S'il s'en était simplement débarrassé, il ne m'en aurait sûrement pas parlé avant des siècles.

- Tu es contre ?

Derek déglutit difficilement et répondit :

- Non, j'imagine. Je ne peux pas le forcer à faire quelque chose qu'il n'a pas envie de faire, mais ce qui m'inquiète c'est que Deaton a été très clair sur le fait que ça pouvait mal tourner. Je ne veux pas qu'il arrive quelque chose à Stiles à cause de moi.

- C'est pour ça qu'il faut que vous vous parliez. Ça ne sert à rien de se poser des questions chacun de son côté.

Court silence avant que Derek ne soupire et dise :

- Tu m'énerves quand t'as raison.

oOoOo

Stiles descendit chercher une bouteille d'eau au rez-de-chaussée, quand il entendit retentir la sonnette de la porte d'entrée. Son père s'étant endormi sur le canapé du salon, Stiles alla ouvrir. Qu'elle ne fut pas sa surprise lorsqu'il croisa le regard de Malia.

- Salut, dit-elle en fourrant ses mains dans les poches de sa veste. Tu ne réponds pas à mes appels, est-ce que ça va ?

- Euh... Oui t'en fait pas. C'est pas la grande forme mais ça va.

Les cris d'Isaac et Scott, en pleine partie sur la Xbox, les interrompirent. Malia se mordit la lèvre inférieure, subitement gênée.

- Bon, bah ... J'imagine que maintenant que tout le monde est au courant, on peut refaire comme avant. Faire sa vie chacun de son côté, déclara la jeune femme en souriant légèrement.

- Malia...

- Non, c'est bon, tu n'es pas obligé de te forcer. Je le prends bien je t'assure.

- Ça va faire plus d'un mois qu'on est non-stop ensemble et tu veux que je te zappe sous prétexte que toute la meute est au courant ? Tu ne trouves pas que t'y vas un peu fort ? Ok, j'ai pas arrêté d'essayer de te repousser, mais tu as été là avec moi dès le début. Je veux juste te remercier, et je ne veux pas qu'on fasse semblant. On est amis, et tu vas me faire le plaisir de rentrer et de te joindre à nous !

Malia resta bouche bée quelques secondes puis un large sourire bien différent du précèdent éclaircit son visage.

Stiles la laissa entrer et monter à l'étage. Il s'apprêtait à fermer la porte mais quelqu'un l'attrapa brutalement, le faisant sursauter. Stiles rouvrit, légèrement décontenancé, et son visage se décomposa à la vue de Derek en chair et en os, juste en face de lui.


Nous voici enfin arrivé au chapitre 5. J'ai eut vraiment beaucoup de mal à l'écrire et j'ai en plus vraiment pas eut le temps (période d'examens) mais le voici et j'espère que vous avez apprécié :) Peut-être que comme Lydia l'a dit tout va s'arranger ou peut-être que ce n'est qu'une illusion, qui sait ?