Après une longue attente, le chapitre 6 est enfin sortie. Désolé pour cette attente mais je n'avais vraiment pas le temps cependant j'espère que ce chapitre vous plaira tout de même ^^.


Isa : J'adore ce chapitre...enfin ! oui enfin tout le monde le sait...oui Stiles est enceint et non Malia. Et Derek choqué sur le coup et c'est normal a l'air de réfléchir et de vraiment tenir à Stiles. Hâte de lire la suite et je reste optimiste!

_ Il était temps effectivement ! Merci pour ta review et de me suivre ^^

nathydemon : deux cchose bouaaahhhh pourquoi couper ici? enfin au moins ca m'a permit d'aller au boulot arf ...et deuxième kyyyaaa trop bien

_ Ah bah tu vois, sinon tu allais être en retard et j'aurais ça sur la conscience haha ! Merci beaucoup !

akane : j'ai adoré hâte de lire la suite j'espere que derek va resté et vouloir du bébé vraiment trop hâte

_ Peut-être que la réponse est dans ce chapitre ! Merci d'être encore là ^^


Chapitre 6

Stiles resta un moment sans bouger, fixant Derek avec des yeux un peu éteints, avant de finalement laisser la porte ouverte et de se rendre de nouveau dans la cuisine, invitant silencieusement le loup à entrer. Entre temps, il vérifia si son père dormait toujours dans le salon. Si jamais il se réveillait maintenant et qu'il voyait Derek dans sa maison, une catastrophe pourrait arriver.

Il entendit la porte de la cuisine se fermer tandis qu'il se servait un verre d'eau. Tout se bousculait dans sa tête. Il avait construit, déconstruit, revu et corrigé de longs discours dans sa tête, avait fait face à ses propres arguments, et même peut-être développé une thèse. En bref, il s'était préparé longuement à l'éventuelle discussion que Derek et lui allaient forcément avoir un jour. Seulement, maintenant, son cerveau était complètement vide. Adieu les belles phrases toutes construites et bonjour le débit de paroles extrêmement faible !

Sentir les bras de Derek s'enrouler autour de sa taille ; sentir la chaleur de son corps ferme contre son dos ; sentir son visage s'enfouir dans son cou, le détendit légèrement tout en le surprenant. Cette odeur épicée si forte, ce toucher si doux et rugueux à la fois ! Stiles ne pouvait pas le nier, tout ça lui avait terriblement manqué. Cependant ceci ne refréna pas la colère qui l'animait. Il avait tout de même attendu Derek deux jours, alors que ces mots « on en reparlera plus tard » raisonnaient à l'infini dans sa tête ! Deux jours de cogitation extrême pour l'hyperactif, sans recevoir un seul message, un seul coup de fil pour le rassurer. Il avait même cru que Derek ne reviendrait pas. Il eut brutalement envie de jeter sa bouteille d'eau à moitié remplie en plein dans la figure du lycanthrope, mais ne le fit pas, se retenant à grande peine. Il se contenta de passer doucement sa main dans les cheveux doux et soyeux du loup-garou, lui massant le crâne.

- Deux jours, murmura-t-il d'un ton plein de reproches.

Stiles se tourna vers le loup après avoir bu, faisant méticuleusement attention à ne pas se défaire complètement de son emprise. Derek se redressa, plongeant ses pupilles dans celles whisky de l'humain. Stiles ne l'avait jamais vu aussi sérieux.

- Tu comptes le garder ? demanda le basketteur après un moment de silence.

- Oui.

Stiles sentit Derek reculer et son premier réflexe fut de lui attraper les bras pour l'empêcher de s'éloigner.

- Hey…

- Stiles, c'est complètement inconscient comme décision ! Tu ne te rends pas compte ! lança Derek en s'éloignant définitivement.

- Dis-le simplement si tu n'en veux pas Derek.

- C'est pas la question ! C'est…Deaton a dit que…

- Je sais ce que Deaton a dit, le coupa Stiles plus froidement qu'il ne l'aurait voulu. Je suis au courant pour les risques mais pour le moment rien de grave ne s'est produit, et avec un peu de chance ça continuera comme ça. Deaton l'a dit, pour le moment tout va bien.

Stiles observa longuement Derek secouer la tête de gauche à droite, rejetant en bloc tous ses arguments. Il était évident que ce n'était pas ce que le loup avait envie d'entendre, et ça lui fit terriblement mal.

- De la chance ? pesta Derek, la mâchoire serrée. J'appelle ça jouer avec le diable ! C'est quoi au juste ton problème ?! Tu as besoin de finir six pieds sous terre pour comprendre qu'il faut t'en débarrasser ?

- Bien sûr que non, mais Deaton est là et je suis certain que si il y a le moindre problème, on finira par trouver une solution, persista l'humain, buté. Ne me regarde pas comme ça. Je ne changerais pas d'avis.

Derek leva les yeux au ciel. Il respira profondément pour tenter de tempérer ses émotions. S'ils continuaient à se disputer ainsi ils risqueraient de réveiller le père de Stiles, et c'était bien la dernière chose qu'il voulait. Mais l'humain avait l'air déterminé et ne semblait pas prêt à changer d'avis. Derek savait à quel point son copain pouvait se montrer têtu à certaines occasions, et aujourd'hui l'illustrait parfaitement.

Ils parlèrent longtemps, plus d'une heure à peser le contre et le pour, à se balancer des répliques plus ou moins cinglantes. Un dialogue laborieux. Parfois le ton montait puis redescendait d'un cran pour augmenter de nouveau la minute suivante. Chacun voulut défendre son point de vue de la meilleure manière possible. Malheureusement, ni l'un ni l'autre ne semblait vouloir céder. Puis le silence finit par revenir après leur dernier échange un peu trop violent. Stiles avait la mâchoire serrée. Les bras croisés, appuyé sur l'un des plans de travail de la cuisine, il commençait à saturer, submergé par la colère et l'indignation. La discussion n'avait fait que tourner en rond. Il comprenait parfaitement les raisons de Derek, elles étaient tout à fait justifiables, mais le jeune Stilinski voyait les choses autrement. Oui, ils étaient encore jeunes, n'avaient pas de travail ni de réel diplôme, mais ce n'était pas comme si leurs parents ne pouvaient pas leur apporter un petit coup de main, même si leurs familles respectives ne s'appréciaient pas particulièrement. S'occuper d'un nouveau-né serait difficile et éprouvant mais ils y arriveraient, et s'ils restaient ensemble il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. Du moins, c'est ce que croyait Stiles.

Derek respira profondément pour tenter de se calmer. Il remarqua que Stiles avait légèrement blêmit, ses yeux whisky fixaient le sol et il restait muet. Le loup soupira avant de s'approcher de l'humain pour l'attraper par la taille.

- Est-ce que tu as pensé à moi ? A ton père ? Je le supporterais pas s'il t'arrive quelque chose, tenta encore une fois Derek, plus calmement, en collant son front contre celui de Stiles.

- Je ferais attention, je te le promets, murmura celui-ci.

Il déposa un doux baiser sur les lèvres de son loup, puis enroula ses bras autour de son cou, l'embrassant de manière plus profonde. Retrouver le goût de ces lèvres après avoir eu l'impression de ne plus jamais pouvoir les savourer était un soulagement.

- Ok, murmura Derek les yeux fermé. Ok. Si c'est ce que tu veux.

Le raclement de gorge de Jackson juste à l'entrée de la porte les firent sursauter.

- Désolé de te l'enlever Stiles, mais on a entrainement, déclara le co-capitaine de basket.

oOoOo

Dès que Lydia avait vu Erica rentrer maladroitement par la fenêtre de la chambre de Stiles, elle avait su que Derek était sûrement au rez-de-chaussée avec son meilleur ami.

Elle observa la blonde s'installer à côté de Malia et lui arracher un paquet de chips épicées des mains, avant de poser sa tête sur l'épaule de la coyote et de lui attraper le bras. Lydia eut envie de rire devant la tentative peu habile d'Erica pour se faire pardonner. La rousse ne réfréna cependant pas le grand sourire qui naquit rapidement sur ses lèvres pulpeuses en constatant que la bande entière était réunie dans une atmosphère paisible et joyeuse. Les entendre crier devant la télévision, se chamailler comme des gosses et se provoquer les uns les autres, était bien mieux que de les voir se faire odieusement la guerre.

oOoOo

Le reste de la soirée se déroula ainsi, du moins jusqu'à ce que Lydia se réveille en pleine nuit en sentant que l'hyperactif ne dormait plus à côté d'elle. En se redressant, elle aperçut un rayon de lumière sous la porte, venant du couloir. Le reste de la meute dormait profondément sur des matelas déposés à même le sol ; Scott avait la bouche grande ouverte et serrait fortement Allison dans ses bras ; Erica avait les cheveux en bataille et s'étalait sur tout le matelas qu'elle partageait avec Malia ; Isaac, quant à lui, ressemblait à un bambin dans les bras de Boyd. D'ailleurs comment avaient-ils pu finir dans une telle position ?

L'entente d'une personne vomissant dans une autre pièce fit définitivement sortir Lydia de ses songes, et elle se leva, essayant laborieusement d'atteindre la porte sans écraser qui que ce soit.

La lumière provenait des toilettes à deux pièces de là. La belle Martin éprouva un sentiment d'appréhension grandissant au fur et à mesure qu'elle s'approchait. Mais elle ouvrit tout de même la porte des toilettes. Stiles était assis sur le sol, la tête penchée au-dessus de la cuvette. Il tremblotait et respirait bruyamment. Lydia s'accroupit à ses côtés et lui tapota le dos avant de l'entendre vomir à nouveau. Les gémissements de douleur de son ami l'inquiétèrent. Elle se pencha pour voir à l'intérieur de la cuvette et eut une petite grimace de dégoût.

- Tu sais, j'ai toujours pensé que ce serait Allison la première à tomber enceinte. Dire qu'il y a deux mois elle paniquait parce qu'elle avait oublié de prendre sa pilule, déclara Lydia en levant les yeux au ciel.

oOoOo

Dix jours s'écoulèrent. Stiles se sentit revivre. Enfin, c'était un bien grand mot après avoir passé la semaine précédente à supporter des nausées affreuses, mais la plupart de ses problèmes étaient maintenant résolus. Toutes les personnes de son entourage proche étaient désormais au courant pour sa grossesse, il n'avait donc plus besoin de cacher quoi que ce soit. Il n'avait qu'à faire en sorte qu'aucun individu n'ayant pas connaissance des créatures surnaturelles de Baecon Hills ne découvre son petit secret. Malheureusement, au fil des jours, cela devenait plus difficile : il était obligé de porter des manteaux et hauts plus épais, bien que ce soit de plus en plus visible malgré tout. Il en était certain, d'ici deux petites semaines, ou peut-être moins, il devrait rester chez lui le plus possible ou prétexter avoir bu un peu trop de bière et que du jour au lendemain son ventre avait pris une dizaine de centimètre en plus. Peu plausible n'est-ce pas ?

Rien n'était pour autant tout rose. Bien qu'il fût persuadé que sa relation avec Derek se soit améliorée, cela ne semblait pas être totalement le cas. Stiles le sentait, quelque chose avait changé. Derek et lui ne se parlaient que pour échanger quelques formalités. Certes, en ce qui concernait la grossesse, Derek était présent quand Stiles avait besoin de lui, il était toujours là, mais pour le reste c'était une autre histoire. Plus de signes d'affections, de tendresse ou d'amour. Le loup ne l'avait pas embrassé, enlacé ou même touché une seule fois depuis leur discussion dans la cuisine.

Stiles n'avait pas voulu se plaindre jusqu'ici. Il se doutait que Derek n'avait peut-être pas la tête à ça, et espérait que tout redeviendrait comme avant d'ici peu de temps. Seulement, l'humain commençait sérieusement à douter, et sentait qu'il craquerait bientôt pour laisser libre court à sa peur et sa frustration. Ce n'était pas comme s'ils ne s'étaient abstenus qu'une semaine, cela faisait quand même plusieurs mois que Derek et lui n'avaient rien fait, et même s'il était en partie coupable, Stiles sentait ses hormones en ébullition. C'était une torture de ne pas pouvoir profiter de ce corps qui lui faisait tant envie.

oOoOo

Il y avait tout de même un autre détail important qu'il ne pouvait ignorer : la famille de Derek. Jusqu'ici, Stiles avait toujours réussi à les éviter, et ça depuis qu'il avait quitté Malia. Il pouvait compter sur les doigts d'une main le nombre de fois où il avait vu, ou ne serait-ce qu'entraperçu, Laura, Cora et Talia Hale. Stiles savait que Talia Hale lui en voulait particulièrement pour avoir fait souffrir sa nièce, et était ouvertement contre le fait qu'il sorte maintenant avec son propre fils. Bref, Stiles avait l'impression d'être plongé dans un bon vieux film pour teenager. Difficile de faire plus cliché !

Cette fois-ci, le problème n'était pas de mettre au courant la mère du loup-garou, puisqu'Erica avait tout déballé la semaine précédente à l'alpha des Hale. Résultat, quand Derek était rentré chez lui, il avait dû subir les affreux sermons de son oncle et de sa mère. Sa mère qui, depuis, ne lui adressait plus la parole.

- Radicale comme réaction, avait conclu Stiles quand son copain le lui en avait parlé.

Il n'aurait jamais pensé qu'une Alpha aussi populaire parmi les lycanthropes, et connu pour sa maturité, puisse avoir une réaction aussi puérile.

- Elle s'énerve rarement mais je te jure que quand ça arrive, tu n'as que deux options : tu te tais et tu l'écoutes sinon tu le regretteras pour le restant de tes jours, lui avait expliqué Derek une semaine auparavant.

Stiles se redressa sur sa table de cours avant de lever les yeux vers le tableau. Avait-il rêvassé pendant toute l'heure ? Parce qu'en visualisant le tableau vert remplit de craie et son cahier complètement vide, il n'y avait que cette possibilité. A peine eut-il le temps de se remettre dans le cours ennuyant, que la dernière sonnerie de la matinée retentit.

- Bouah ! hurla presque Isaac en s'étirant. Mon ventre cri famine ! J'ai faim ! Réfectoire, tout de suite ! Allez, on traine pas !

- D'après ce que je sens c'est pâte bolo' aujourd'hui, sourit Boyd en rejoignant rapidement Isaac, déjà sorti.

oOoOo

Pâtes bolognaises avez-vous dit ? Maintenant trente longues minutes que Stiles fixe Isaac se débattre avec les spaghettis dans son assiette. Lui qui avait tellement faim n'avait pas encore réussi à manger la moitié de son repas, et ce n'était pas par manque de détermination et de voracité. Quant à Stiles, il avait fini son assiette depuis maintenant dix minutes, dix longues, non ! dix atrocement longues minutes ! Et bordel il avait encore tellement faim, qu'une seule assiette ne suffirait, il lui en faudrait une bonne vingtaine. Il voulait nager dans une marée de pâtes bolognaises, et l'odeur qui taquinait ses narines était pour lui un supplice. Pourquoi, lorsque la cantine se décidait à nourrir aussi gracieusement ses élèves, n'y avait-il jamais de deuxième service ? Stiles était tellement obnubilé par cette assiette juste en face de lui qu'il ne s'était même pas aperçu que Lydia et Derek le fixaient depuis un bon moment maintenant. D'abord parce que Stiles n'avait pas dit un mot depuis qu'il avait fini son plat, ensuite parce que Scott déblatérait encore sur la jolie moto qu'il s'était acheté. Par conséquent, Martin et Hale avaient vite trouvé autre chose sur quoi se concentrer.

Quand Isaac arriva enfin à démêler les spaghettis et à convenablement les enrouler autour de sa fourchette - bien qu'à ce niveau-là il puisse encore mieux faire - qu'il ouvrit la bouche en grand en fermant les yeux pour mieux savourer son plat, il fut amèrement surpris de ne sentir qu'un métal froid se poser sur sa langue. Il ouvrit grand les yeux, les sourcils froncés à leur maximum, puis constata que Derek, assis à ses côtés, échangeait son assiette avec celle de Stiles.

- Mais tu fous quoi ? Mes pâtes bordel ! s'indigna Isaac.

- Tu peinais tellement à les finir de toute façon, fit Lydia, amusée. Puis on a une personne en plus à nourrir je te rappel.

- Mais...

- Je t'achèterais un sandwich, en attendant bois de l'eau, ça remplit aussi, répondit Derek en arborant un sourire moqueur.

- Un sandwich énorme alors, bouda Isaac en observant Stiles déguster ses pâtes à la bolognaise.

oOoOo

Malia arriva dans la salle juste avant que la porte ne se ferme définitivement. Elle alla rejoindre la partie de la meute présente : Scott et Lydia.

- Stiles n'est pas avec vous ? demanda-t-elle tout en jetant des coups d'œil alentour.

- On avait le même cours avant, il va bientôt arriver, répondit Scott les yeux rivés sur son téléphone, sûrement occuper à envoyer de doux messages à Allison.

Malia sortit aussi son portable, mais ce fut pour envoyer un message à Stilinski : « Tu es où encore ? Le cours a commencé. ».

Mais ce n'est que vers la fin du cours d'histoire qu'une odeur familière fit se redresser la jeune femme, qui ne semblait cependant pas être la seule à l'avoir sentie, puisqu'elle entendit Scott, derrière, faire de même.

Selon son odorat, Stiles était tout près mais quelque chose n'allait pas. A peine eut-elle le temps de réagir que Scott se leva brusquement et sortit de la salle de manière précipité, laissant le professeur sans voix et contrarié.

- MCcall revenez tout de suite ! hurla-t-il en vain.

Pas de chance pour le professeur d'histoire, Malia et Lydia se levèrent elles aussi, ne prenant même pas leurs affaires, pour suivre leur camarade à grande vitesse.

Une fois à l'extérieur de la salle, elles virent le brun entrer dans les toilettes pour hommes dans l'un des couloirs qui se trouvaient assez loin de la classe. Elles se retrouvèrent donc bloquées devant la porte.

- Pourquoi on n'entre pas ? demanda finalement Malia, agacée.

- Ce sont les toilettes pour homme, répondit Lydia avec évidence.

- Et alors ?

- Et alors ça ne se fait pas.

- C'est vraiment idiot.

- T'as raison, c'est pas un stupide dessin sur une porte qui va me dire quoi faire, aller !

oOoOo

Scott parcourut rapidement les toilettes des yeux. Son odorat ne l'avait pas trompé, Stiles était bien là, les mains accrochées à l'évier, la respiration saccadée et les membres tremblant. Quelque chose semblait le faire souffrir, mais Scott ne parvint pas à déterminer ce que cela pouvait être. Il hésita puis finit doucement par s'approcher, essayant de comprendre ce qui n'allait pas chez son ami visiblement mal en point.

- Stiles est-ce que ça va ?

Sa question posée, immédiatement il put voir Stiles lâcher l'évier, se redresser puis entrer à toute vitesse dans l'une des cabines pour vomir dans l'une des cuvettes. Le fils du Shérif poussa plusieurs gémissements de douleur. Scott l'entendit vomir une seconde fois, puis une troisième fois. Lorsqu'il fut enfin assez près pour voir l'intérieur de la cuvette, il écarquilla les yeux à la vue de la couleur qu'avait pris l'eau. Stiles était littéralement en train de se vider de son sang

- Scott, qu'est-ce qu'il a ? demanda Lydia, affolée, alors qu'elle et Malia les rejoignaient.

- Il faut t'emmener à l'hôpital ! lança Scott à son meilleur ami.

- Scott, parvint à articuler Stiles en se redressant, appel...appel...

Scott lui attrapa le bras dans l'espoir de le maintenir debout. Son ami était tellement blême qu'il craignait qu'il ne s'évanouisse d'une seconde à l'autre. Des cernes violacées redessinaient ses yeux injectés de sang. Scott était perdu, tout ce qu'il voulait c'était emmener Stiles à l'infirmerie ou à l'hôpital et comprendre ce qui lui arrivait. Malheureusement, il eut à peine le temps de prendre l'initiative de trainer Stiles jusqu'à la sortie, qu'il vit son ami tourner de l'oeil et glisser le long du mur. Stiles venait de perdre connaissance.

- Hey, Stiles ! Ne me fais pas ça, réveil-toi ! Merde, merde, merde...

A la seconde où il saisit son portable pour appeler les urgences, Malia et Lydia s'accroupirent toutes les deux, la première le secouant en vain tandis que la seconde prenait son poult.

- Il faut l'emmener chez Deaton ! ordonna Lydia. Maintenant ! Faut pas perdre de temps !

Malia et Scott suivirent les instructions de Lydia sans broncher. Stiles fut mis sur le dos de Scott et ils sortirent tous les quatre des toilettes pour atteindre un véhicule le plus rapidement possible.

oOoOo

Allison se retrouva toute seule à se coltiner les affaires de ses trois camarades de classe désormais absents, et ce pour une raison qu'elle ignorait. Elle n'avait reçu qu'un bref message de sa meilleure amie « Récupère nos affaires en 345B ! » une demi-heure plus tôt, et avait bien essayé de les joindre, mais elle tombait systématiquement sur la messagerie. « Salut, vous êtes bien chez Lydia Martin. Je ne suis pas disponible pour le moment donc laissez-moi un message si c'est important. »

Résultat, mademoiselle Argent attendait dans la salle de classe désormais vide depuis plus d'une demi-heure. Quand elle mettrait la main sur Scott, elle lui trancherait la gorge.

Heureusement pour son copain, le nom de Lydia s'afficha sur le portable d'Allison, il aurait donc peut-être la vie sauve.

- Allo ? fit la brune, ne pouvant s'empêcher de paraitre légèrement sur les nerfs. Lydia ça fait trente minutes que je suis assise comme une débile toute seule avec vos affaires ! C'est quoi votre problème ?...Attends ralentit, je ne comprends rien ! Répète ! (Allison se redressa) Stiles ? Qu'est-ce qui arrive à...Ok, ok j'arrive immédiatement, j'arrive !

Allison raccrocha, attrapa les trois sacs et courut les fourrer dans son casier. Par chance, ils y entrèrent tous. Elle sursauta lorsqu'elle vit Erica, Isaac et Boyd autour d'elle, alors qu'elle fermait son casier dans un claquement assourdissant.

- Ça va miss Argent ? demanda Erica, apparemment d'humeur taquine. Tu as perdu MCcall peut-être ?

- On n'a pas le temps de plaisanter ! Où est Derek ?

- Sur le terrain, en plein entrainement avec l'équipe de basket. Pourquoi ? répondit Boyd avec une légère touche d'étonnement quand il vit la brune se mettre à courir sans même attendre la fin de sa phrase.

- Allison ! hurla Erica, voyant Argent déjà loin. Qu'est-ce qui se passe ?

- C'est Stiles ! répliqua vivement Allison en réponse par-dessus son épaule.

A peine prononça-t-elle ce prénom que le trio sut que ce qui se passait devait être plus grave qu'un vol de pâte à la cantine. Ils se mirent à suivre Allison, courant eux aussi.

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Allison arriva essoufflée dans le gymnase. Elle soupira de soulagement quand elle vit l'équipe de Basket en pleine séance d'entrainement. Le coach venait de leur ordonner d'effectuer dix tours de terrain à cause de Greenberg. C'était toujours à cause de Greenberg, même quand ce n'était pas lui. Très vite, Isaac, Boyd et Erica la rejoignirent.

- Derek ! lança Erica en attrapant le jeune loup par le bras dès qu'il fut à leur hauteur. Il faut que tu viennes avec nous, c'est urgent.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Derek, alors que Jackson les rejoignait malgré les réprimandes du coach.

- Vous voyez pas qu'on est un peu occupé, le capitaine et moi ? rit Jackson, ne se rendant absolument pas compte de la situation.

- C'est Stiles, reprit Allison, il a été emmené chez Deaton, apparemment...

Allison n'eut pas le temps de finir sa phrase. Derek était déjà parti.

oOoOo

Lydia regarda sa montre. Sa lèvre inférieure était rouge sous la pression de ses dents l'écrasant sans ménagement. Cela faisait maintenant une heure qu'ils avaient laissé Stiles entre les mains de Deaton. Scott avait eu la permission de rester avec le vétérinaire, mais Lydia et Malia avaient été obligées de rester dans la salle d'attente où patientaient deux clients. Le premier avec un chat aux poils complètement hérisser, et dont le miaulement incessant arrachaient les tympans des deux jeunes filles, le deuxième était une petite fille avec sur ses genoux une petite cage contenant un cochon d'inde allongé, les oreilles baissées et l'allure déprimante. Malia et Lydia ne se souciaient même pas de l'expression plus qu'interrogative qu'arboraient les deux clients. Les trois adolescents avaient quand même ramené un jeune homme visiblement mal en point devant eux à un vétérinaire. Il y avait de quoi se poser quelques petites questions.

Mais ça n'était pas le plus important. Lydia cogitait tout autant que Malia. Elle faisait les cents pas, passait sans cesse ses mains dans ses cheveux roux, essayant de se rassurer du mieux qu'elle le pouvait. Elle avait envie de frapper à la porte du cabinet de Deaton sans s'arrêter, jusqu'à ce qu'il soit obligé de lui ouvrir pour qu'elle cesse. Comment pouvait-on la laisser dans un état pareil ? Ses ongles étaient maintenant complètement rongés. Malia, quant à elle, était assise sur une chaise, ses bras enserrant ses jambes, le front posé sur ses genoux. Elle essayait d'entendre ce qui se passait dans l'autre pièce, mais c'était à croire que les murs étaient d'une épaisseur extrême puisqu'elle arrivait à peine à déceler un murmure. L'ouverture de la porte d'entrée la fit sursauter. La jeune coyote se redressa, observant le reste de la meute arriver. Ils étaient tous visiblement très inquiet.

- Qu'est-ce qu'il a ? demanda Derek sans plus attendre. Est-ce qu'il va bien ?

- Je ne sais pas ! Scott, Malia et moi on l'a trouvé dans les toilettes, il y avait du sang partout et il s'est évanouit puis on a essayé de l'amener ici le plus rapidement possible ! Il s'est réveillé entre-temps dans la voiture, mais je ne peux vraiment pas te dire s'il va bien ! Deaton l'a emmené et Scott l'a accompagné il y a presque une heure maintenant, et depuis plus de nouvelle ! Deaton ne veut pas qu'on rentre pour le moment ! déclara Lydia avec une telle rapidité qu'elle en oublia de respirer.

- Lydia, ça va aller, respire, tenta Boyd en déposant une main rassurante sur son épaule.

La rousse respira profondément, ce qui lui permit de reprendre une partie de son calme et de tempérer ses émotions. Tremblante, elle préféra se mettre en retrait et s'installa en face de Malia, à l'opposé de la pièce.

oOoOo

Ils étaient maintenant tous assis, mis à part Isaac qui choisit de rester appuyé sur le mur. Les deux clients avaient quitté les lieux, estimant l'attente trop longue. C'était interminable. Lydia releva la tête et observa ses amis, pour la plupart silencieux. On entendait seulement Erica faire de son mieux pour rassurer Derek, assit entre Malia et elle.

- Arrêtes de dire ça, ce n'est pas de ta faute, répétait-elle inlassablement.

Rien qu'à voir le visage du jeune homme, cette phrase aurait du mal à faire effet ; pour le moment Derek n'avait qu'une envie : qu'on lui annonce que Stiles était en parfaite santé. Son cœur battait depuis trop longtemps à un rythme excessivement soutenu, il fallait que ça s'arrête. L'angoisse l'étreignait si fort qu'il en avait du mal à respirer. Si jamais...

La porte du cabinet s'ouvrit enfin. Ils se ruèrent tous vers le vétérinaire et Scott, le regard suppliant, des questions pleins les yeux et de l'inquiétude sur le visage.

- Il va bien, le bébé aussi, déclara Deaton, provocant plusieurs importants soupirs de soulagement. Cependant, une rechute est à tout moment possible et il est très fatigué donc il est préférable qu'une seule personne le voit pour le moment. Il doit se reposer.

Pour eux, il était évident que Derek serait le premier. Ils se tournèrent tous de concert vers lui, l'encourageant du regard, le suppliant presque.

Après avoir pris une grande inspiration, le loup entra dans le cabinet et emprunta la porte de droite qui menait à ce que l'on pouvait qualifier de petite chambre. Stiles était allongé dans un lit aux draps blancs collé au mur. Le voyant entrer, il se redressa légèrement. Derek alla s'asseoir sur la chaise à côté du lit. Deaton avait raison, Stiles semblait sur le point de s'écrouler à tout moment. Derek aurait pu le savoir même en fermant les yeux tellement l'humain sentait l'épuisement à plein nez. Il décida de le border, puis lui attrapa la main pour y emmêler ses doigts.

- Ça va ? lui demanda-t-il avec inquiétude.

- Hum. J'ai connu mieux mais ça va, sourit Stiles. Enlève cette mine inquiète de ton visage Sourwolf.

Derek sentit ses yeux s'humidifier. Qu'est-ce qu'il détestait ça ! Pourquoi était-ce devenu si difficile de contrôler ses émotions quand il s'agissait de Stiles ? Il ne répondit rien et se contenta de l'embrasser, non seulement pour rassurer son compagnon, mais également pour lui cacher son émotivité. Il était heureux, juste heureux que tous les scénarios désastreux et probables qui n'avaient eu de cesse de tournoyer dans sa tête ne se soient pas réalisés.

- Il va falloir que je prévienne mon père, sinon il risque de me tuer une fois que je rentrerais, déclara l'hyperactif lorsque le baiser prit fin.

- Je demanderais à Scott de le faire, répliqua le loup. Te préoccupes de rien, repose-toi.

Il aurait aimé entendre un peu plus longtemps la voix de son compagnon, mais Stiles s'endormit vite.

oOoOo

Le lendemain, Stiles se réveilla avec la sensation d'avoir manqué plusieurs nuits de sommeil et ça même s'il avait parfaitement dormi. Il se redressa lentement puis plissa les yeux sous la lumière aveuglante qui lui parvenait depuis la fenêtre. Ses pensées étaient encore brumeuses et il avait l'impression de se réveiller après une soirée trop arrosée. Ses souvenirs se bousculaient dans sa tête dans un ordre plus ou moins douteux. Il attendit quelques minutes où peut-être une heure, impossible pour lui de mesurer le temps qui passait tant il était désorienté, avant d'enfin reprendre ses esprits et une part de lucidité.

Il se leva, sentant les muscles de son corps légèrement douloureux. Il sortit de la petite chambre mais s'arrêta bien vite dans le couloir. Dans le cabinet, Derek et Deaton étaient en pleine discussion, et à voir les bras croisés et les sourcils froncés de son compagnon, Stiles devina que ça devait être sérieux. Cependant, ils se turent tous les deux dès qu'ils remarquèrent sa présence. L'humain s'approcha après quelques secondes d'hésitation. Il avait le sentiment que ce qui allait suivre n'allait peut-être pas l'enchanter.

- Allez-y, j'écoute, dit-il avec un petit sourire crispé sur les lèvres.

Deaton se redressa et mit les mains dans ses poches. Il jeta un regard en biais à Derek, lui adressant ainsi un message que Stiles ne parvint pas à décrypter malgré tous ses efforts. Puis le vétérinaire sortit de la pièce sans dire un mot.

- Je sais déjà que tu risques de ne pas être d'accord, commença immédiatement Derek avec prudence, mais on pense vraiment que c'est plus prudent.

- Qu'est-ce qui est plus prudent ? grimaça Stiles d'une voix plus faible qu'il ne l'aurait désiré.

- Ce serait beaucoup mieux si tu venais vivre chez moi, juste le temps de la grossesse … au minimum.

Stiles resta muet un instant, le temps d'analyser ce que son copain venait de lui dire. Bien sûr qu'il n'était pas d'accord ! Il n'allait tout de même pas abandonner son père pour vivre chez les Hale, et en plus avec la mère de Derek qui le détestait ! Stiles secoua rapidement la tête en signe de dénégation, puis croisa les bras, les sourcils froncés et la bouche boudeuse.

- J'ai pas l'intention d'aller jouer l'humain de service dans ta maison. Non merci, cracha-t-il, buté.

- Stiles je serais bien plus rassuré si tu déménageais chez moi ! Au moins il y aura toujours quelqu'un pour te surveiller.

- Me surveiller ? Je ne suis pas un gosse ! Et puis c'est pas comme si j'allais m'évanouir à chaque coin de rue non plus !

- Justement si, continua Derek d'une voix plus dure, si ça se reproduit et que tu es tout seul chez toi, ou que ça se passe en pleine nuit et que ton père dort à poings fermés, tu pourrais au final ne plus jamais te réveiller. Et c'est la dernière chose que je veux.

Stiles ne voulait pas l'admettre, mais Derek avait totalement raison. Avec son travail, son père était souvent absent et rentrait tard. En plus il avait le sommeil lourd, il n'entendrait même pas un cambrioleur casser une vitre pour s'introduire dans la maison. Les loups, eux, étaient capables de sentir les émotions et de décrypter l'état mental ou physique d'une personne juste en la reniflant, alors si jamais la santé de Stiles vacillait à nouveau, ils le sentiraient et réagiraient bien plus vite que le Shérif. L'humain poussa un soupir de défaite et baissa la tête pour regarder ses pieds. L'un d'eux battait la mesure tant il était nerveux.

- De toute façon ta mère ne voudra jamais, tenta-t-il en dernier recours. Je te rappelle que ça fait une semaine qu'elle t'ignore complètement jusqu'à ne même plus mettre une assiette pour toi à table. Comment elle va réagir quand le petit Stiles va débarquer comme une fleur en mode « Je viens m'approprier votre territoire ! » ?

Derek grimaça. Le genre de moue qui signifiait clairement : « c'est évident ».

- Elle n'aura pas le choix, dit-il finalement en haussant les épaules. Et puis je ne compte pas lui demander son avis. On a largement assez de place pour accueillir une quatrième personne à la maison. Peter est là tout le temps et personne ne s'en plaint alors je vois pas où est le problème. On aura qu'à l'ignorer aussi.

- Merveilleux, ironisa Stiles en levant les yeux au plafond. Il me reste plus qu'à espérer que mon père n'explose pas en apprenant la nouvelle.

oOoOo

Bien que Stiles doutât de l'efficacité de ce plan, il coopéra. A peine rentré chez lui il avait attrapé l'une des valises rangée au sous-sol de la maison, était monté avec jusqu'à sa chambre et, avec l'aide de Derek, avait essayé de la remplir. Jusqu'ici, Stiles ne s'était jamais rendu compte qu'il tenait à autant d'objet dans sa chambre. Il voulait emporter ses comics, prendre ses figurines, ses livres de science-fiction, ses albums de musique. Il y avait des tonnes de choses dont Stiles refusait de se séparer et ça même si une fois chez les Hale, il savait que ça resterait dans sa valise. S'il l'avait pu, il aurait tout emporté. C'était toujours dur de quitter son chez soi, surtout pour une période plutôt longue.

Assis à même le sol, Stiles observait Derek tenter de fermer la valise visiblement bien trop pleine. Ils étaient seuls depuis un moment. Le Shérif n'arriverait que dans quelques heures et Stiles débordait de désir, les yeux posés sur son petit ami, de plus en plus agacé. Il n'avait cessé d'envoyer des signes assez explicites à Derek, mais n'avait obtenu aucune réaction. Comme si Derek faisait exprès. Après tout, il était un loup-garou, il était censé sentir ces choses-là non ? Comment faisait-il pour rester si calme alors que Stiles devait certainement transpirer d'excitation ?

Quand Derek parvint enfin à fermer cette foutue valise, il s'installa près de Stiles et s'appuya, comme lui, tout contre le lit. Un long silence s'installa.

Stiles cogitait, incapable de détourner son regard du visage du loup. Passer à la manière forte était peut-être la solution. Cette situation était étrange pour lui, jusqu'ici Derek avait toujours été réceptif et Stiles n'avait jamais eu besoin de se montrer très insistant, alors cette situation lui procurait une légère gêne.

Tant pis, ça devenait critique. Stiles attrapa le visage de Derek pour l'obliger à le regarder puis s'empara violemment de ses lèvres. Il se sentait brûler de l'intérieur, et la participation torride de son compagnon y était pour beaucoup. Très vite, Stiles se retrouva à califourchon sur le loup, bien décidé à aller jusqu'au bout. Il n'aurait voulu interrompre ce moment pour rien au monde. Les gémissements qui leur échappaient à tous deux traduisaient amplement le plaisir que leur procurait ce simple échange. L'humain laissa ses mains parcourir librement le corps du lycanthrope. Des vêtements, trop de vêtements ; Stiles voulait aller plus vite, il voulait plus, pouvoir toucher chaque parcelle du corps de son copain, sans aucune retenue. Ce fut une énorme frustration quand il sentit les lèvres de Derek s'écarter brusquement des siennes. Il ouvrit automatiquement les yeux, plongeant ses pupilles brunes dans celle du loup. Il tenta d'approcher son visage, tenta de l'embrasser à nouveau, mais Derek se détourna brusquement, refusant catégoriquement le contact.

- Oublie. Pas maintenant, se contenta-t-il de lui dire dans un grondement rauque.

Pour être refroidit, Stiles venait de l'être et totalement. Il fixa Derek, avec dans les yeux beaucoup d'incompréhension et de tristesse. Il n'allait tout de même pas devoir le supplier pour une partie de jambe en l'air ?! Voir Derek aussi froid alimentait davantage tout ce qu'il s'était imaginé. Stiles sentit sa respiration s'emballer quand l'une de ses hypothèses lui parut comme une évidence acide. En moins d'une seconde, il perdit tout contrôle sur ses émotions, et ses yeux commencèrent dangereusement à s'humidifier.

- Tu...Tu veux plus de moi ? balbutia-t-il, au bord des larmes.

Stiles avait l'impression de se déchirer en deux alors qu'il bégayait cette phrase comme un idiot et il ne se rendit même pas compte qu'il s'était mis à pleurer. Quand Derek le vit, il resta complètement paralysé, ignorant quoi faire. Tout simplement parce qu'il ne s'attendait pas à ce que Stiles réagisse ainsi. L'humain se releva et s'éloigna, tentant de faire disparaitre ses larmes en lui tournant le dos.

- Stiles, ce n'est pas ça, tenta Derek en se levant à son tour.

- C'est quoi alors ? s'énerva subitement l'hyperactif. Je suis désolé d'avoir agis comme ça avec toi, mais j'avais pas le choix ! J'aimerais bien t'y voir toi, apprendre du jour au lendemain qu'il t'arrive quelque chose que tu n'aurais « normalement » jamais dû connaitre ! Mets-toi à ma place une seconde ! Je pense pas mériter que tu sois aussi distant avec moi !

Là, Stiles sanglota, ce qui serra le cœur de Derek, mais il continua :

- Je suis désolé d'avoir passé plus de temps avec Malia qu'avec toi, ok ? Je suis désolé de t'avoir reproché des trucs complètement stupides, de...

- C'est bon, t'as fini ? le coupa Derek, visiblement à bout de nerf. Si je suis aussi distant c'est juste parce que j'ai la frousse que tu me rejettes comme tu l'as fait pendant plus de deux mois ! Bien sûr que j'ai envie de toi, mais le problème c'est que j'ai l'impression que tu peux me repousser d'un moment à l'autre, et je suis plutôt du genre à préserver le peu de dignité que tu m'as laissé !

Derek vit Stiles sourire, visiblement rassuré. Décidément, il changeait d'humeur comme de chaussettes.

- Je ne vais pas te repousser, certifia-t-il en essuyant ses joues à l'aide de sa manche. Putain d'hormones ! Deaton avait raison, c'est pire que ce que je pensais. Si j'emménage chez toi tu risques de vivre ça tous les jours.

Il rit. Derek se fustigea de ne pas avoir fait le lien plus tôt. Les hormones. Ce n'est pas comme s'il n'avait jamais vu une femme enceinte de sa vie, ni entendu sa mère et son oncle se plaindre de ses tantes éloignées qui attendaient un enfant et dont il était difficile de supporter les humeurs. Deaton avait même abordé le sujet avec lui deux ou trois fois pour le mettre en garde. Derek se sentit ridicule l'espace de quelques secondes. Au moins, il avait pu vider son sac auprès de Stiles grâce à ça.

- Je t'aime tellement, souffla timidement ce-dernier en se rapprochant. Alors s'il te plait, arrête de penser que je vais te foutre à la porte, on en est plus à ce stade.

- On est à quel stade ? sourit Derek en le prenant doucement contre lui.

- Je veux bien te montrer. Il suffit de continuer ce qu'on était en train de faire un peu plus tôt.

oOoOo

Le Shérif rentra tard dans la soirée. Stiles avait tenu à rester jusqu'à ce que son père débarque, afin de l'informer en personne de sa décision de partir vivre chez les Hale. Pour lui, il était hors de question qu'il parte comme ça sans explication.

N'étant pas idiot, le Shérif ne mit pas longtemps à comprendre ce qui se tramait derrière son dos. En fait, il comprit dès qu'il vit une valise posée dans le couloir, puis Stiles avait débarqué suivi du jeune Hale. Le Shérif avait espéré que l'appel qu'il avait reçu de Deaton hier soir ne soit qu'un mensonge : le vétérinaire lui avait longuement expliqué ce qu'il y avait de mieux à faire pour s'assurer de la santé de Stiles. Alors, puisqu'il n'avait pas réellement le choix le Shérif s'était fait à l'idée. Il était prêt à laisser Stiles vivre chez les Hale si cela lui permettait d'encourir le moins de risques possible.

- Ne te fatigue pas à essayer de tout m'expliquer Stiles, soupira-t-il alors que son fils s'emmêlait les pinceaux dans ses explications. J'ai déjà eu Deaton au téléphone hier. Si c'est ce qu'il faut faire pour que tu sois définitivement en sécurité, je préfère que tu ailles vivre avec eux le temps qu'il faudra.

Stiles resta bouche-bée, sans voix, complètement décontenancé par la réaction de son père. Il s'attendait à une nouvelle crise d'autorité, et même à des menaces, mais certainement pas à ça. Soudain, les yeux du Shérif brillèrent alors qu'il se tournait vers Derek et pointait un doigt menaçant sur lui.

- Toi, gronda-t-il froidement. Ne me déçois pas. Fais en sorte que tout se passe bien.


Je vous laisse sur cette fin :) A bientôt !