kujou_ Merci pour ce message ! Pour le moment aucune morsure n'a été envisager mais on ne sait jamais, il peut y avoir des complications et ça pourrait tout changer ! Mystère...(héhéhé)


Chapitre 8

Scott ne put s'empêcher de se retourner pour la cinquième fois depuis le début du cours. Lydia, assise juste à côté de lui, ne parvenait de ce fait pas à se concentrer, d'autant que le jeune homme n'était pas spécialement discret. Sèchement, elle ne manqua pas de le ramener à l'ordre :

- Arrête de les fixer comme ça ou tourne directement ta chaise de leur côté !

Scott soupira et se retourna définitivement entendant le rire d'Isaac, il fronça les sourcils, vexé. Le garçon aux bouclettes se moquait ouvertement de lui avec Jackson et Erica, mais il n'y pouvait rien, c'était plus fort que lui il ne pouvait s'empêcher de jeter un coup d'œil à Stiles et Derek assis au fond de la salle. Cela faisait trois semaines et quelques jours que Stiles était revenu en cours, et Scott en avait plus qu'assez d'être obligé de partager son meilleur ami. Il avait également le droit de passer un peu de temps avec lui bon sang !

- Je ne sais pas, ça me fait bizarre, chuchota-t-il vers Lydia. Ils sont tout le temps ensemble ! J'en ai marre de partager mon meilleur ami !

- C'est pas comme si tu faisais exactement la même chose avec Allison, lui fit remarquer la jeune rousse avec une petite moue moqueuse.

- Des vraies ventouses ! Beurk ! J'ai bien cru ce matin que vous n'arriveriez pas à décoller vos bouches ! s'exclama Isaac en effectuant de grands mouvements comiques des bras.

- Oh, arrêtez ! On a fait des efforts depuis le début de notre relation ! se défendit piteusement Scott.

- Si tu veux passer du temps avec Stiles tu n'as qu'à lui dire, intervint Jackson en prenant enfin part à la conversation tout en affichant un air blasé.

- Pour une fois que tas-de-muscles-et-rien-dans-la-cervelle donne un bon conseil, tu devrais l'écouter Scotty !

A peine Erica eut-elle lancé sa réplique qu'elle reçut un énorme coup de pied dans le tibia de la part de la belle rousse. Personne n'avait le droit d'insulter son copain sauf elle !

- Aïe ! gémit la blonde avec une grimace.

-C'est un peu impossible d'aller lui parler vu qu'ils sont toujours ensembles ! insista Scott en levant ses mains au ciel, sans se préoccuper de savoir si le professeur le voyait ou pas. En plus je ne peux même pas aller le voir pendant la plupart des pauses, parce que monsieur fait des trucs pas très catholiques avec son copain dans les toilettes, et je tiens à mon ouïe moi !

Les trois garçons et Erica se tournèrent à l'unisson vers Lydia qui avait baissé la tête et essayait avec difficulté de retenir son fou rire. Scott était si naïf par moment.

- Mademoiselle Martin, peut-on savoir ce qui vous fait tant... ! commença le professeur, avant d'être coupé par la sonnerie. Bon, pour la semaine prochaine faites les exercices jusqu'à la page 173. C'est à rendre bien sûr !

La plupart des élèves se précipitèrent hors de la salle de cours, mais ce ne fut pas le cas de Stiles, qui se dirigea rapidement vers les tables où étaient encore Lydia et le reste du groupe. Il se planta devant le bureau et Scott interrompit sa discussion avec Isaac. Son meilleur ami fronça les sourcils et fit une mine boudeuse.

- J'aurais besoin de toi Lydia, on peut parler ? commença l'hyperactif en regardant son copain sortir de la salle.

- Ah ! Parce que tu ne peux pas demander de l'aide à Derek ? grimaça Scott, pas du tout crédible en personne énervée malgré ses efforts.

- Scotty tu es vraiment mignon quand tu es jaloux, on te l'a déjà dit ? sourit Stiles avant de lui donner une petite tape amicale sur l'épaule.

Lydia, Isaac et Jackson ne purent s'empêcher de sourire à leur tour, se moquant du petit ami d'Allison.

- Qu'est-ce que tu veux Batman ? demanda Erica, accoudée à la table, le menton au creux de la main. On ne peut pas tous être mis au courant ?

- Si j'ai demandé à parler à Lydia, c'est que j'ai mes raisons, répliqua le jeune homme avec une certaine autorité qui les laissa tous sans voix.

Stiles lança un regard insistant à la petite rousse qui finit par se lever en soupirant. Mais elle cacha son impatience, curieuse de découvrir ce que son ami lui voulait, car ça avait l'air suffisamment important, ou alors personnel, pour qu'il désire n'en parler qu'à elle. Elle fit cependant un sourire victorieux et moqueur à ses amis, surtout à Scott, qui était manifestement vexé d'avoir été mis de côté par son meilleur ami.

Lydia se laissa conduire par Stiles dans une salle de cours vide, la tête pleine de questions. Elle s'installa sur une chaise, croisa les jambes puis commença à se ronger l'ongle du pouce, en attendant que son ami ferme la porte et vienne se poster devant elle. Il garda le silence un instant, ses lèvres se tordant en une petite moue à la fois gênée et adorable, tout en se tortillant les doigts. Lydia le connaissait assez pour savoir que soit il préparait quelque chose, soit un détail le tracassait. Elle préférait largement que ce soit la deuxième option, parce que les plans de Stiles n'étaient pas toujours les plus agréables à suivre.

Stiles se décida lui aussi à s'asseoir, jugeant qu'il serait peut-être ainsi plus à l'aise pour parler.

- Voilà, commença-t-il avant de se racler la gorge et de se lancer franchement : j'aimerais que tu me rendes un petit service. Juste un tout petit ! s'empressa-t-il de préciser en voyant Lydia lever les yeux aux ciels. C'est pas grand-chose sur l'échelle de tous ce que vous m'avez déjà demandé de faire pour vous, du genre vous sauver la vie à de nombreuses reprises ! Te consoler quand Jackson fait son imbécile ou quand ton chien est mort l'année dernière !

- J'ai compris Stiles, soupira Lydia en se frottant le front avant de lui répondre : et ma réponse est oui, je vais te rendre ton satané service. Qu'est-ce que tu veux ?

- J'aimerais que toute la meute vienne demain chez Derek, même Malia. Faudrait que tu la persuade de venir et que tu la … conditionnes, à une possible réconciliation avec Derek.

Lydia resta muette un instant, stupéfaite face à ce que venait de lui demander son ami. Avait-elle bien entendu ? Stiles n'avait tout de même pas osé lui demander ça ?! Elle laissa échapper un petit rire nerveux avant de se reprendre et de demander, moqueuse :

- Et pourquoi je ferais ça ? Malia va me rembarrer dès qu'elle entendra le nom de Derek, et j'aurais de la chance si elle accepte encore de croiser ma route après ça !

- Oh, aller, je te demande pas la mort ! gémit Stiles en l'implorant du regard.

- A peine ! J'aimerais éviter de me faire égorger par une coyote, si tu n'y vois pas d'inconvénients.

La rousse vit l'humain commencer à utiliser cette expression qu'elle détestait temps et elle soupira, agacée. Elle était si faible quand Stiles faisait cette mine de petit chien abattu, et il n'y avait que lui qui fut capable de la faire plier avec ce genre de regard. Pourtant, elle fit bloc, bien décidée à résister, et répondit d'un « non » catégorique.

- Je suis enceint je te rappelle, tenta encore une fois Stiles. On ne refuse rien à une personne enceinte !

- Et qu'est-ce que je suis censée dire à Malia pour la convaincre ? répliqua Lydia avec autorité. Et puis tu veux une raison pour te disputer avec Derek ou je n'ai définitivement rien comprit à tes motivation ?

- C'est pas ça, soupira Stiles en passant une main fébrile dans ses cheveux déjà ébouriffés.

- Pourquoi tu veux que les deux cousins Hale se rabibochent ? C'est pas juste pour le plaisir de les voir se reparler, je me trompe ?

- C'est juste que...La mère de Derek ne lui adresse plus la parole, et d'après Derek ce qu'il s'est passé avec Malia n'aurait rien à voir là-dedans, mais je suis sûr qu'il ment ou qu'il ne me dit pas tout. J'ai beau lui demander ou insister il évite toujours la conversation ou me dit carrément de ne plus en parler. Je vois bien que cette situation avec sa mère l'affecte, et je me disais que si Malia et Derek arrêtaient cette guerre froide, peut-être que Talia passerait elle aussi à autre chose.

- Ok. Bon, je ne te promets rien, l'avertit Lydia en levant l'index telle une donneuse de leçon, mais je vais essayer de faire mon possible pour que Malia vienne avec nous demain, et qu'on réussisse notre coup.

- Merci ! Je savais que je pouvais compter sur toi !

Lydia descendit de sa chaise et s'approcha de Stiles pour lui ébouriffer amicalement les cheveux. Puis elle fronça les sourcils et se mit à le détailler en silence, ce qui mit le jeune homme très mal à l'aise.

- Quoi ? balança-t-il non sans une certaine agressivité.

- Tu as pris des joues et il va falloir arrêter de venir en cours, lâcha la jeune femme sans se laisser démonter. Je ne veux pas te contrarier, mais même si il pleut très souvent ces temps-ci, il fait une chaleur à en crever et te voir avec autant de couche de vêtements me donne envie de te déshabiller sur le champ !

- J'essaie juste de rater le moins de cours possible. Je te rappelle que redoubler ou ne pas passer les examens de fin d'année c'était pas vraiment dans mes projets. Enfin bref, soupira le jeune homme avant que la sonnerie ne se fasse de nouveau entendre, de toute façon c'est mon dernier jour au lycée aujourd'hui, sourit-il tristement. Toi, il est temps que tu reprennes ta petite vie de lycéenne assidue, allez !

Stiles se leva, prêt à partir, mais Lydia le retint par le bras. Elle n'en avait pas fini avec lui.

- Montre-moi ton ventre, lui ordonna-t-elle assez brusquement. Aller dépêche ! reprit-elle en voyant le regard peu convaincu de Stiles.

Il se rassit en soupirant mais, après un moment d'hésitation, ouvrit son sweat et souleva ses vêtements. Il frissonna et poussa une petite injure quand la main gelée de Lydia se posa sur sa peau pâle, juste au-dessus du nombril.

- C'est la première fois que je te vois avec autant de ventre ! souffla la jeune femme avec un petit sourire. J'ai l'impression que tu as pris beaucoup de poids depuis le mois dernier.

- Dans un peu plus d'une semaine mon quatrième mois sera fini, se réjouit Stiles avec une certaine fierté dans le regard. Deaton m'a dit qu'on pourrait bientôt savoir le sexe du bébé.

- Il faudra réfléchir à un prénom.

- Un prénom ?

- Bah oui, c'est pas à la dernière minute qu'il faudra y réfléchir. Vous parlez de quoi, toi et Derek, toute la journée ? Vous êtes toujours collé l'un à l'autre ! s'indigna Lydia en levant les yeux au ciel.

oOoOo

Toute la journée, Stiles poussa Lydia à s'adresser à Malia. Il lui fit des signes bien voyant en plein cours, fit en sorte qu'elles soient assises l'une à côté de l'autre au réfectoire bref, il insista de manière abusive et Lydia, assise juste deux rangs derrière l'hyperactif, commençait à perdre patience, agacée par ce comportement qu'elle jugeait puéril. Tourné vers elle, il effectuait des mouvements de têtes encore très explicites. Lydia secoua vivement la tête pour lui montrer qu'elle avait compris le message et fut rassurée quand il se retourna enfin après lui avoir fait un clin d'œil.

Lydia se tourna alors vers Malia, sa voisine de table, et décida d'attaquer directement, sans prendre de gants :

- Tu voudrais pas venir chez Derek demain ? On y sera tous !

Elle put voir la jeune coyote s'arrêter d'écrire et froncer excessivement les sourcils. Ses pupilles perçantes d'un bleu translucide dévirent vers la rousse pour la fusiller du regard. Lydia déglutit puis, tout en se mordant la lèvre inférieure, adressa tout de même un regard interrogateur à Malia, attendant simplement une réponse.

- Tu te moques de moi Martin ? gronda son interlocutrice.

- Est-ce que j'ai l'air de rigoler ? répliqua vivement Lydia d'une voix qui ne tremblait pas. Je trouve simplement idiot qu'à chaque fois que la meute décide d'aller chez Derek tu ne veuilles jamais venir !

- Et lui, il viendrait chez moi dans le cas contraire ? cracha la coyote avant de se remettre à prendre des notes.

- Un de vous aurait dû faire le premier pas depuis longtemps. Tu ne trouves pas cette situation complètement ridicule ? Vous trainez avec les mêmes personnes, mangez au réfectoire ensemble, avez la même famille mais refusez de vous parler ! Je trouve ça triste.

- Je me passerais de tes états d'âme, Martin.

Lydia se pinça les lèvres et adressa un regard suppliant à Stiles, malheureusement le jeune homme ne s'était pas retourné et leur présentant toujours son dos. C'était un peu trop facile de sa part de lui donner tout le sale boulot, il pourrait l'aider, même un petit peu ! Mais il en fallait plus pour décourager Lydia Martin !

- Ok, je vais te dire ce que Stiles m'a confié ce matin, reprit-elle après une grande inspiration, attirant vers elle toute l'attention de Malia par son ton autoritaire et confidentiel. Il m'a dit que Derek voulait s'excuser.

Ce mensonge agit comme un mot magique sur la coyote qui se redressa subitement et posa son stylo sur le bureau.

- C'est vrai ? demanda-t-elle, les yeux brillant d'espoir.

- Oui. D'après Stiles ça fait un moment que Derek veut reprendre contact avec toi mais tu le connais, il est trop fier pour faire le premier pas ! Mais si c'est toi qui prends les devants en venant chez lui avec nous, demain, je suis certaine que ça marchera.

Malia réfléchit un moment. Cette réaction affirma à Lydia que son travail était presque accomplit et elle se retint à grande peine de ne pas sourire triomphalement. Puis elle remercia Jackson de lui avoir appris à mentir sans se trahir.

- Je viendrais peut-être, finit par lâcher Malia.

Cette fois, Lydia sourit, satisfaite. Elle se tourna une nouvelle fois vers Stiles, qui cette fois-ci lui lançait un regard interrogateur, avide de réponses. La rousse se contenta de discrètement lui montrer son pouce levé et de lui faire un clin d'œil. Mission accomplie !

oOoOo

Maintenant, c'était au tour de Stiles de convaincre Derek de rompre le silence radio avec Malia. Bien que ce fût son but premier, l'humain n'avait pas pu passer outre sa dernière discussion avec Lydia. Le prénom. « Vous parlez de quoi toi et Derek à longueur de journée ? » Cette question raisonnait en boucle dans sa tête, comme une mauvaise ritournelle ou les paroles d'une chanson mauvaise dont il n'aurait pu se défaire.

Bien sûr que si, ils parlaient de la grossesse. Parfois, Derek faisait preuve de curiosité et posait quelques questions précises, ce qui fut utile quand les douleurs de Stiles reprirent la semaine précédentes, les médicaments de Deaton ne faisant plus effet. Grâce au loup, ils avaient fini par trouver une solution solution si évidente que Stiles se fustigea de ne pas y avoir pensé plus tôt : un loup-garou peut apaiser les maux de n'importe qui, il avait donc suffi que Derek lui prenne la main pour que Stiles se sente mieux, ses souffrances remplacées par un doux sentiment d'apaisement.

Finalement, Stiles se rendit compte que Lydia avait dit vrai : Derek et lui ne discutaient pas souvent du bébé, du moins n'avaient-ils parlé que des côtés pratiques et des dangers de la grossesse. De l'après, quand cet enfant viendrait au monde, ils n'en avaient que peu parlé, mais Stiles sentait une impatience croissante le dévorer de l'intérieur.

C'était tout de même étrange de ne pas avoir encore réfléchit au prénom du bébé. Il se rendit compte avec une légère honte que ce petit être dans son ventre n'avait pour le moment aucune identité, et qu'il n'appartenait qu'à lui de lui en donner une. Lydia avait raison, mieux valait ne pas s'y prendre à la dernière minute au risque de lui donner un prénom équivalent à celui qui était inscrit sur sa carte d'identité. À quoi avaient pensé ses parents quand ils l'avaient choisi ? Vraiment ?!

Derek entra dans la chambre et Stiles se redressa sur son lit en s'efforçant d'effacer son air pensif. Il écarta les bras, signifiant au loup qu'il le voulait contre lui, et son compagnon ne perdit pas de temps pour le rejoindre et commencer à l'embrasser tendrement.

- Faut qu'on discute, souffla Stiles en se détachant des lèvres de son petit ami.

- Ok, répondit simplement Derek en s'allongeant sur le dos avant d'attraper la main de Stiles pour entremêler ses doigts aux siens. Qu'est-ce qui se passe ?

Derek passa sa main libre sur le ventre désormais bien apparent de Stiles. Il n'arrivait pas encore à concevoir qu'il s'agisse de son enfant, c'était encore bien trop étrange et précipité à ses yeux. Néanmoins, il était curieux, et se demandait parfois à quoi pourrait ressembler cet enfant une fois né. Ressemblerait-il plus à un Hale, ou à un Stilinski ? Ressemblerait-il aux deux ? Des grains de beauté parsèmeraient-ils l'entièreté de son petit corps ? Aurait-il les yeux aussi clairs que ceux des Hales ou, au contraire, seraient-ils bruns chauds, comme ceux de Stiles ? Encore un peu moins de 5 mois et il aurait les réponses à toutes ces questions, il le rencontrerait enfin. C'était trop long.

Stiles sourit timidement en observant l'air presque fasciné de son compagnon. Il passa sa main dans la chevelure noire d'encre du loup et se décida à reprendre la conversation.

- Tu sais qu'il peut sentir tes caresses maintenant ? introduit-il d'une voix douce. Je sais que ce n'est pas la chose la plus importante, mais ce serait bien de trouver un prénom, histoire de se mettre d'accord.

- On ne sait pas encore si c'est une fille ou un garçon, bâilla Derek sans cesser de le caresser.

- Réfléchis-y au moins, ok ?

Derek se contenta d'acquiescer de la tête en fermant les yeux ses caresses devinrent plus lentes, formant des cercles autour du nombril de l'humain.

- Et je voudrais parler d'autre chose qui ne va peut-être pas te plaire, reprit Stiles avec un peu de réticence. J'ai invité tout le monde demain …

- Ok, pas de problème.

- Malia sera là.

Stiles sentit la main de Derek s'éloigner de son ventre et ses doigts se démêler des siens, puis il grimaça, prêt à entendre grondements et reproches. Si seulement Laura pouvait s'occuper de parler à son frère ce serait plus simple, mais elle avait craint que Derek voit son intervention comme un piège tendu. Elle était marrante, elle, à élaborer des plans et à laisser Stiles s'occuper de les réaliser !

- Tu sais très bien que je n'ai pas envie qu'elle vienne ! Pourquoi tu fais ça ? demanda Derek d'une voix dure.

- Vous ne pourriez pas oublier tout ce qu'il s'est passé ? Rien que pour cette fois ? répliqua Stiles avec un soupire agacé.

- Non, cracha Derek en dévisageant Stiles d'un regard assassin.

- Derek, s'il te plait ! Malia a été très présente pour moi avant que tu ne sois mis au courant pour la grossesse, elle a vraiment été d'une grande aide ! Et vous vous entendiez bien avant.

- Ah bah voilà, ça doit certainement être pour ça que t'as attendu deux mois pour me mettre au courant !

- Non figures-toi, Malia a essayé plusieurs fois de me convaincre de venir t'en parler, avoua Stiles alors que Derek s'allongeait sur le côté, lui tournant le dos. Ne me dit pas que passer du temps avec ta cousine ne te manque pas !

- Désolé mais c'est bien le cas, j'en ai rien à foutre !

- Tu fais chier ! De toute façon elle sera là, que tu le veuilles ou pas !

Stiles serra les mâchoires, prêt à contrer n'importe quelle réplique, attendant une réaction sur laquelle rebondir, mais le loup semblait avoir tout bonnement abandonné la discussion. Ce qui l'arrangeait d'un certain côté, puisqu'il n'avait pas vraiment d'argument solide pour convaincre Derek de faire la paix avec sa cousine. Après tout, il avait de bonnes raisons pour ne plus lui adresser la parole, sa colère était justifiée, d'un certain point de vue, et si Stiles insistait pour qu'ils en parlent, Derek lui rabâcherait une nouvelle fois qu'il se faisait du souci pour rien. Et ça, Stiles ne voulait surtout pas l'entendre à nouveau.

Il poussa un soupir plaintif. Eteignit la lumière, puis s'allongea à son tour. Tant pis, il réessaierait demain matin, d'un ton un peu plus convainquant si possible. Il colla son front sur le dos du loup puis entoura sa taille large de son bras droit pour le serrer contre lui. La voix de Derek raisonna alors soudainement, forçant à son cœur un battement désordonné :

- Je veux bien faire un effort.

Stiles se redressa légèrement, surpris et n'étant pas certain de ce qu'il venait d'entendre. Puis il sourit.

- Mais n'attends pas de moi que je fasse des miracles, gronda brusquement Derek, comme pour réfréner sa joie. J'ai pas l'intention d'aller lui taper la discute.

- D'accord ! souffla Stiles contre la peau du loup, heureux de le voir faire un effort qu'il savait considérable. Je t'aime.

- Je t'aime aussi.

oOoOo

Le lendemain matin Stiles fut réveillé par la sonnerie dérangeante du portable de Derek, posé à même le sol au pied du lit. L'humain grogna, se tortilla dans tous les sens sous les draps puis, constatant que le téléphone ne comptait pas s'arrêter tout seul, il se redressa péniblement, ouvrit les yeux et plissa les paupières sous la lumière brûlante des rayons de soleil. Il regarda autour de lui. Derek s'était levé. Quelle heure était-il ? Sept heures ? Huit heures du matin ? Stiles avait l'impression que le réveil sur la table de nuit, qui affichait dix heures passées, lui mentait ouvertement. La sonnerie du téléphone s'arrêta avant qu'il ait pensé à faire un geste, toujours barbouillé de sommeil. Il bâilla, la bouche grande ouverte, et se frotta les yeux, et soudain il sentit quelque chose. Juste sous son nombril. Plus léger qu'une caresse. Suivit d'une courte sensation semblable à des milliers de petites bulles explosant à l'unisson. Il regarda son ventre, surpris, comme s'il le voyait pour la première fois. Ce n'était pas la manifestation d'un estomac réclamant de la nourriture. Il n'avait pas rêvé, le bébé venait de bouger, il l'avait senti. Un instant déstabilisé, figé, ignorant quoi faire il se décida finalement à poser sa main droite sur son ventre, puis le caressa du bout du pouce avec douceur, un sourire attendri aux lèvres. Il se sentait un peu perdu, dépassé, mais étrangement heureux, et se mit à sourire bêtement. Puis il eut brutalement envie de le dire à tout le monde. Quelque chose venait de naître en lui, de la fierté, une joie intense, un peu d'excitation aussi. Il avait bougé.

- Il faut vraiment que je te trouve un prénom, souffla-t-il en souriant pour lui-même.

Le portable de Derek se remit à sonner, interrompant ce tendre moment, et Stiles se décida enfin à bouger. Il tendit le bras, attrapa l'IPhone en se demandant qui pouvait être aussi insistant, et toute sa joie et sa bonne humeur disparut dès qu'il lut le nom de l'appel entrant sur l'écran. La colère gronda en lui et il serra les dents. Il serrait le téléphone tellement fort qu'il craignit un instant de le casser.

Rageusement, il appuya sur « raccrocher », tapa le mot de passe et ouvrit la boite de réception, fouillant sans une once de culpabilité la vie privée de son copain. Puis il fit défiler les messages. Et sentit son cœur tomber au fond de son estomac, lui donnant une terrible nausée. Non. Ce n'était pas possible. Non !

Stiles ferma les yeux et soupira dans l'espoir de se calmer mais sa colère ne désemplit pas. La sonnerie reprit et il se sentit fulminer davantage.

Il se leva, sortit de la chambre en claquant la porte et gagna les toilettes. Il leva le couvercle de la cuvette, appuya de nouveau sur l'icône « raccrocher » de l'IPhone puis le laissa tomber au fond du trou. Il sortit ensuite de la pièce, laissant l'objet au fond de l'eau, espérant méchamment l'avoir bousillé. Il descendit au rez-de-chaussée et se dirigea dans la cuisine où mangeaient Laura et Cora. La plus âgée leva la tête de son bol de céréale et dévisagea le jeune homme qui venait d'ouvrir le frigo. Ses traits étaient fermés, tirés. Elle ne l'avait encore jamais vu ainsi, et son odorat l'informa que quelque chose n'allait pas. Peut-être cette soudaine mauvaise humeur n'était-elle due qu'à ses hormones ? Quand il s'assit en face d'elle, sans même lui dire un bonjour, elle se sentit obligée d'engager la discussion.

- Il y a un problème, Stiles ? lui demanda-t-elle prudemment.

- Aucun, répondit froidement le garçon en se servant un verre de jus de pomme sans daigner regarder la louve.

- Ce n'est pas ce que dit mon odorat ! fit la voix de Peter qui venait d'entrer dans la cuisine.

- Merci pour ta sublime déduction, Peter, pesta l'humain, les dents serrées.

Peter prit une chaise et s'installa en bout de table, près de Laura et Stiles. Un petit sourire amusé étira ses lèvres, comme toujours, ce qui agaça davantage Stiles, qui ne put s'empêcher de pousser un soupir agacé. Qu'est-ce que l'oncle de Laura allait encore lui balancer ? Ne s'arrêtait-il donc jamais ? Et puis que faisait-il ici à dix heures du matin ? Il ne dormait quand même pas ici ? N'avait-il pas sa propre vie ? Sa propre maison ? Etait-il toujours obligé d'imposer sa présence ?!

- Qu'est-ce que mon adorable neveu t'a fait ? Parce que je suppose que ce n'est pas ma gentille petite Cora qui te met dans un état pareil. N'est-ce pas ?

- Tu supposes bien, tu as un don pour ça, ironisa Stiles sans quitter son verre des yeux, avant de marmonner : en plus de toujours embêter tout le monde bien sûr.

Il ne manquerait plus que ça, qu'il se confie à Peter ! C'était bien la dernière chose qu'il désirait : voir le frère de Talia se délecter de ses problèmes de couple.

- Je devrais l'utiliser plus souvent, je sais, reprit Peter avec un soupir content. Bon ! Plus sérieusement, qu'est-ce qu'il a fait ?

La porte de la cuisine s'ouvrit une nouvelle fois. Laura se tourna vers son petit frère qui venait d'entrer dans la pièce, une bouteille de Cola à la bouche, bien loin de partager l'odeur de colère de son copain. Ses pupilles bleues revinrent sur Stiles, qui se crispa encore davantage.

- T'as pas vu mon portable ? demanda Derek à Laura tout en s'approchant de son copain.

- Non, répondit la jeune femme, sur ses gardes. Si tu arrêtais de le laisser n'importe où aussi !

Laura vit Stiles détourner le visage lorsque Derek lui quémanda un baiser. Le garçon s'était montré d'une froideur déroutante. Il y eut une étincelle d'incompréhension et de surprise dans le regard de son frère. Elle aurait voulu lancer une bonne plaisanterie pour détendre l'atmosphère, qui devenait progressivement pesante et insupportable, mais se contenta de grimacer et de reporter son attention sur Cora, qui était bien trop concentrée sur son bol de céréales, et bien trop jeune, pour se rendre compte de ce qui se passait autour d'elle. Les enfants sont en général moins sensibles que les adultes aux odeurs, ou ne les comprennent pas encore pour tirer des conclusions à partir de leur odorat. Stiles but d'une traite son jus de pomme puis fit claquer son verre sur la table. Cora sursauta et regarda pour la première fois les grandes personnes autour d'elle. Elle n'eut, comme tout le monde, aucun mal à lire à travers les traits tirés de l'hyperactif. Ça lui faisait bizarre de voir Stiles ainsi en fait, c'était la première fois qu'elle le voyait en colère. Il se leva, se dirigea vers l'évier pour y rincer son verre, tous les yeux braqués sur lui. Autant que Peter, Laura sentit le besoin de se faire toute petite sur sa chaise. Elle déglutit difficilement, hésitant entre intervenir ou feindre l'ignorance. Heureusement, Derek, inquiet, tenta à son tour de comprendre ce qui pouvait mettre son compagnon dans un tel état.

Il s'avança donc vers son petit ami, réfléchissant à la manière la plus adéquate d'engager la conversation sans que l'autre se braque. Il le regarda quelques secondes frotter avec insistance le verre couvert de mousse.

- Qu'est-ce qui ne va pas, hein ? souffla-t-il assez bas pour que même sa famille et leurs oreilles affûtées ne puisse rien entendre.

Stiles sentit sa mâchoire se contracter sous la colère. Les dents serrées, il se retenait vraiment de ne pas exploser, là, tout de suite, sous les yeux de Laura, Cora et Peter – ce Peter qui n'attendait que ça ! « Prend sur toi. » se dit-il. Dans quelques heures Scott, Lydia et tous ses amis seront là, il pourrait penser à autre chose, attendre que cette journée se termine pour avoir une discussion avec Derek. Il n'avait qu'à attendre de pouvoir être seul avec lui, il pouvait le faire ! Malheureusement il sentait que son impulsivité allait d'une minute à l'autre prendre le dessus.

Le cœur affolé, il se contenta de lancer un regard furibond à Derek. Il put voir ses sourcils épais se froncer alors que ses yeux lui lançaient des questions muettes. Stiles vit l'innocence et l'incompréhension la plus pure et la plus sincère sur le visage du loup, et ça ne l'énerva que davantage il le vit chercher en silence ce qu'il avait bien pu faire ces dernières vingt-quatre heures pour s'attirer ses foudres. Soit, il allait le laisser réfléchir, des heures, toutes l'après-midi même s'il le fallait, et Derek avait intérêt à trouver avant qu'il ne perde patience.

Stiles ferma le robinet, nettoya rapidement le verre avant de le ranger puis se dirigea vers la sortie, refusant de passer plus de temps en présence du loup. Il sentit Derek l'attraper par le poignet et le faire pivoter un peu trop brusquement à son goût. Sans trop réfléchir, Stiles tenta de se dégager de l'emprise de son copain, sans succès. Ce qui ne l'hérita que plus.

- Lâche-moi ! cracha-t-il d'un ton menaçant.

- Dis-moi ce qui se passe ! répliqua vertement Derek, partagé entre la colère et l'incompréhension.

Stiles sentait bien que Derek ne tiendrait pas longtemps, qu'il allait lui aussi s'énerver d'une minute à l'autre, mais il s'en foutait complètement.

- J'ai pas envie de te parler, j'ai encore le droit de faire ce que je veux ou ça te dépasse ?! gronda-t-il en se débattant de plus belle. Mais lâche-moi, putain !

- Tu peux pas agir comme ça et me reprocher de vouloir savoir pourquoi ! s'écria Derek en réponse

- Va te faire foutre ! J'agis comme j'en ai envie et si je décide de faire chier mon monde je le fais ! T'as absolument rien à me dire ! Tu fais avec !

Les yeux de Derek s'illuminèrent de colère. Sentant les esprits s'échauffer dangereusement, Laura se leva précipitamment et décida de couper court à la conversation houleuse du couple. Elle s'interposa en se plaçant entre eux et obligea son frère à lâcher le poignet devenu rouge de Stiles.

- Vous n'allez pas vous disputer maintenant ! lança-t-elle d'une voix ferme tandis que les deux jeunes hommes s'affrontaient du regard. Rappelez-vous, on est censé passer une bonne journée ! Alors vous allez vous calmer avant que vos amis n'arrivent ! Je ne veux pas avoir à vous contrôler quand ils seront là ! C'est clair ?!

Stiles soupira bruyamment puis sortit de la cuisine en marmonnant, de façon à ce que Derek l'entende :

- Loup-garou de merde.

Il monta à l'étage, pour s'isoler et se calmer, comme le lui avait demandé Laura. Elle n'avait pas à subir ça venant de lui, ni Cora elles n'étaient coupables de rien. Il s'arrêta dans le couloir à quelques mètres de la chambre et se frotta le poignet en grimaçant. En y regardant de plus près, il vit que sa peau s'ornait petit à petit de marques rouges, là où les doigts de Derek l'avaient serré. Ce fichu loup aurait quand même pu faire attention, Stiles avait l'impression d'avoir l'os broyé ! Un bruit de verre brisé, peut-être sur un mur ou à terre, il n'en savait trop rien, le fit sursauter. Il entendit Laura interpeler froidement son frère en lui demandant encore une fois de prendre sur lui puis Stiles, ne désirant rien entendre de plus, se contenta de s'enfermer dans sa chambre et de sortir son téléphone de sa poche. Parler à son père l'aiderait peut-être à penser à autre chose, le temps que la meute arrive.

oOoOo

L'après-midi, comme prévu, la meute débarqua. Malheureusement, Stiles était toujours sur les nerfs. Il avait bien tenté de se calmer, mais il avait été incapable de décolérer.

Ils étaient tous assis dans le salon : certains sur le canapé, d'autres à terre, certains sur des chaises en plastiques. Le bambin qu'avait ramené Malia attirait toute l'attention. Lydia et Allison avaient les yeux brillant d'admiration pour la petite cousine des Hale, Lyla, qui était née à peine six mois auparavant. C'était encore un être fragile qui ouvrait de grands yeux bleus émerveillés sur le monde et sur toutes les personnes qu'elle rencontrait. Laura souriait comme jamais, heureuse de pouvoir enfin mettre un visage sur la dernière-née de la famille Hale. Quant à Derek, Stiles avait beau tout faire pour ne pas le regarder, c'était comme si ses yeux étaient attirés par lui. Il le voyait rire avec Erica et Boyd, parler avec entrain comme si de rien était, comme si la dispute de ce matin n'avait jamais eu lieu. Et ça énervait Stiles bien plus que si le loup avait insisté.

- Elle est si belle ! s'exclama Laura, le tirant un instant de ses pensées. Tante Élodie doit être si heureuse !

- Elle avait plutôt l'air ultra fatiguée quand elle est venue me l'apporter hier soir, répondit Malia en pouffant de rire. Et elle était vraiment contente de me la laisser pour le week-end. Apparemment, Lyla pleure souvent mais pour le moment avec moi je trouve qu'elle est plutôt sage.

- C'est étonnant, moi d'après ma mère, à cet âge, je pleurais à chaque fois qu'on me séparait de ses bras, rit Allison.

- Une gamine épuisante, j'imagine, se moqua Isaac, allongé sur le sol. Je ne suis pas un tapis Erica retire tes pieds ! s'exclama-t-il ensuite en poussant la demoiselle assise sur une chaise juste au-dessus de lui.

Scott sortit une petite plaisanterie qui fit rire la plupart de ses amis. Stiles était assis sur l'un des fauteuils du salon, et son meilleur ami ne manqua pas de remarquer qu'il n'avait même pas souri une seule fois. Il avait peut-être sourit par politesse, mais il n'était pas dupe. Il suffisait de voir les quelques regards que Stiles lançait à son copain assit sur le fauteuil juste en face à discuter avec Boyd et Erica, pour comprendre que quelque chose n'allait pas. Il décida alors de prendre les choses en mains. Il se leva et fit un signe discret à son presque frère pour qu'il comprenne qu'il désirait lui parler seul à seul.

Ils se retrouvèrent dans une chambre d'ami.

Stiles s'assit sur le lit et Scott l'imita.

- Je t'ai rarement vu aussi peu réceptif à mes blagues, commença Scott en douceur.

- Tes blagues ne sont pas drôles, Scotty. Je suis meilleur dans ce domaine, sourit Stiles.

Un sourire qui n'avait rien de sincère, un sourire forcé. Certes, Stiles était bon avec les blagues, mais il mentait très mal.

- Et si maintenant tu arrêtais de faire semblant et que tu me disais ce qui t'arrive ? Histoire qu'on passe tous, et je dis bien tous, une bonne après-midi.

Stiles n'eut pas le temps de répondre que la porte de la chambre s'ouvrit sur une jolie rousse intrusive. Lydia referma derrière elle et vint s'installer à côté de Scott qui lui laissa un peu de place, l'air de rien, comme si tout était parfaitement normal.

- J'ai le droit de savoir moi aussi, n'est-ce pas ? lança la jeune fille, n'attendant aucune réponse particulière.

- Pourquoi il faut toujours que vous voyez tout ? pesta Stiles avec une moue boudeuse.

- Parce qu'on te connaît depuis le jardin d'enfant ! Allez, parle ! répondit énergiquement Scott. Qu'est-ce qu'il t'a encore fait ?

Stiles hésita un court instant. Il n'était pas sûr de pouvoir se contenir s'il commençait et faire rappliquer toute la meute ici n'était aucunement dans ses objectifs. Il avait essayé de paraitre normal une bonne partie de la journée, et finalement ça n'avait servi à rien, puisqu'il se retrouvait maintenant à devoir répondre aux questions de ses deux meilleurs amis. Il inspira dans l'espoir de ne pas trop s'emporter, puis se décida à parler.

oOoOo

- Tu as jeté son téléphone dans les toilettes ? lança Scott encore une fois, éberlué.

- C'est encore sympathique comme réaction, répliqua Lydia en levant les yeux au ciel

- Quand il l'a trouvé vous êtes arrivés donc on ne s'est pas disputé, reprit Stiles en passant sa main sur son visage. J'ai envie de rentrer chez moi. Tout de suite.

- Scott ! Dis quelque chose !

- Tu es certain de toi ? demande ce-dernier à son meilleur ami. C'est peut-être un mal entendu ! Je ne peux pas le croire ! Tu t'es peut-être trompé !

- Je ne me suis pas trompé ! s'énerva Stiles. J'ai vu les messages, Scott ! J'ai pas besoin de...

La porte s'ouvrit brutalement, interrompant net leur conversation. Erica, suivit de Cora, entra comme en territoire conquit, et attrapa le poignet de Lydia et Scott pour les contraindre à sortir de la chambre tandis que Cora faisait de même avec Stiles.

- On est censé être tous ensembles ! Pour une fois que Malia vient aussi vous n'allez pas vous enfermer ici et nous tenir tous à l'écart ! Bougez-vous ! lança la blonde sans leur laisser une chance de s'échapper ou de se défendre.

- N'en parlez pas, s'il vous plaît, murmura Stiles à l'attention de Scott et Lydia avant de se laisser emporter par Cora.

Le trio ne résista pas longtemps aux deux chipies, et ils se retrouvèrent à nouveau bien vite dans le salon. Isaac tenait le bébé comme si c'était la chose la plus précieuse au monde, l'amusant de petits bruitages de son cru. Stiles trouva cette scène touchante et plutôt drôle. Peut-être que, bientôt, la meute s'extasierait devant son enfant à lui.

Stiles remarqua que Derek avait changé de place : à présent, il se trouvait à côté de Malia sur le canapé. Un miracle. Certainement un stratagème de Laura. Il vit également l'album de photos déposé sur la petite table, que Boyd et Allison s'appliquaient à contempler. Stiles s'installa de nouveau sur son fauteuil, priant pour que cette après-midi se termine vite, que cette journée passe, et qu'il n'ait plus à voir personne.

- Derek était vraiment trop mignon quand il était gosse, déclara Laura en posant son doigt sur l'une des photos dans l'album, attirant le regard d'une grande majorité du groupe. Là c'est à l'époque où il me suivait partout ! rit-elle.

- C'est fou comme tu avais l'air mignon à l'époque ! lança Erica avec un sourire moqueur.

- On n'est pas obligé de regarder ça ! C'est gênant ! grogna Derek, les bras croisés et les yeux noirs.

Mais, évidemment, personne ne l'écouta. Ils l'ignorèrent même royalement.

- Là c'était à la plage ! continua Laura avec un grand éclat de rire. Malia et Derek avaient bien énervé nos parents parce qu'ils étaient partis « à la recherche du trésor du capitaine Crochet », et qu'on avait passé deux heures à les chercher, morts d'inquiétude !

Malia et Derek se regardèrent. Ils n'avaient pas l'air de se souvenir de cette après-midi à la recherche de ce fameux trésor, mais savaient tous les deux que ce que disait Laura était certainement vrai. Quand ils étaient plus jeunes, ils étaient toujours collés ensembles à faire les pires bêtises du monde. « Le duo infernale », comme les appelaient souvent les membres de leur famille. Ils détournèrent le regard l'un de l'autre, légèrement gênés.

oOoOo

Quand tout le monde fut enfin parti, ce fut un soulagement énorme pour Stiles. Il était fatigué d'avoir dû cacher ses émotions pendant des heures et avait terriblement mal à la tête. L'après-midi avait été longue mais pas catastrophique : la meute était repartie avec le sourire, Malia et Derek s'étaient même dis au revoir, certes un peu maladroitement mais tout le monde avait pu constater qu'ils étaient sur le bon chemin pour une possible réconciliation. Lydia et Scott avaient demandé discrètement à Stiles de les appeler si jamais il en avait besoin, et finalement la porte s'était refermée, laissant la maison retrouver un calme apaisant. Il ne restait plus qu'à nettoyer les verres, les boissons, la nourriture, les photos éparpillées un peu partout dans le salon, et la cuisine – ça, c'était la partie la moins marrante.

Sous l'approbation de Laura, Stiles ne les aida pas et monta directement à l'étage pour se reposer. Il se sentait complètement vidé de son énergie, et c'était suffisamment visible pour que Laura ne l'asticote pas. Il s'allongea sur son lit, se répétant toujours la même phrase :

- Pense à autre chose, ne pense pas à lui. Pense à autre chose, pense à autre chose !

Mais comment ne pas penser à Derek quand il dormait sur son lit, dans sa chambre imbibée de son odeur, chez lui ? Il eut envie de pleurer l'espace d'un instant mais se reprit. Il était plus fort que ça. Il ferma les paupières, espérant s'endormir rapidement.

Il n'eut que quelques minutes de répit avant d'entendre la porte de la chambre s'ouvrir. Pas besoin d'ouvrir les yeux et de se retourner pour voir que c'était Derek qui venait d'entrer. Il l'entendit ouvrir l'armoire, prendre des vêtements, la refermer, se diriger vers la table de nuit, y déposer son portable, puis plus rien. Silence complet. Il devait peut-être le regarder, attendant une réaction. Mais Stiles ne comptait pas bouger, ni lui faire croire qu'il se préoccupait de lui. Il garda les yeux fermés, feignant de dormir, même s'il savait pertinemment que Derek sentait qu'il ne dormait pas. Il entendit quelques mouvements nouveaux puis sentit une main se déposer sur sa hanche avec hésitation et tendresse. Comme un réflexe, d'un coup de coude Stiles délogea la main du loup.

- Stiles, je ne sais pas ce que tu as mais s'il te plait parle ! lança Derek d'une voix grondante et douloureuse. Je ne peux pas deviner tout seul et je n'aime pas te voir comme ça !

Stiles sentit le rythme de son pouls s'accroitre. Comment Derek pouvait-il encore se montrer face à lui ? Comment pouvait-il encore le toucher, faire comme si de rien était ? Etait-ce si amusant de jouer avec ses sentiments ? Il ne cessait de se remémorer les paroles de Scott. Peut-être s'était-il trompé. Peut-être qu'il divaguait. Mais non. Il avait très bien vu les messages, les appels. C'était elle, encore elle. Cette louve. Il lui avait promis de ne plus jamais avoir de contact avec elle.

Gabriella.

- Tu me calcules pas de toute la journée et tu détruits mon portable, donne-moi au moins une explication ! Regarde-moi ! hurla presque Derek, excédé par la réaction puérile de son copain.

Stiles perdit brutalement le contrôle. Il attrapa le téléphone sur la table de nuit et le jeta de toutes ses forces. Le portable heurta violemment le mur et tomba à terre. Ce n'était décidément pas son jour.

- Depuis quand tu lui reparles ?! explosa Stiles en se levant pour faire face au loup.

- De quoi est-ce que tu parles ?! répliqua ce-dernier sur le même ton.

- Arrête ! Tu sais très bien ! Ta putain de Gabriella !

Il parvint à voir une étincelle de surprise dans les yeux du lycanthrope, puis à l'instant où Derek détourna le regard, Stiles sut qu'il ne s'était pas trompé. Il aurait voulu, vraiment, que Derek lui dise qu'il se trompait sur toute la ligne, qu'il se méprenait, mais le loup ne dit rien et Stiles sentit son cœur se serrer. Bien trop en colère pour se laisser aller à la tristesse qui le submergeait, il continua à hurler :

- Oui parce qu'elle t'a appelé ce matin et j'imagine que ce n'était pas juste pour te passer le bonjour ! Putain tu m'avais promis ! continua-t-il en poussant, à plusieurs reprise, son copain qui semblait avoir perdu la voix. Tu te fous de ma gueule depuis combien de temps ?!

- Stiles... tenta Derek en essayant de lui attraper la main pour calmer la situation, mais Stiles se dégagea rapidement.

- Non ! le coupa-t-il avant de bégayer : Tu ... Tu ... !

Tremblant, ayant mal au crâne, Stiles préféra s'éloigner de quelques pas pour reprendre son calme ou du moins essayer d'y parvenir. Il sentait toutes ses émotions se bousculer en lui : colère, tristesse, indignation, peur. Sa respiration était rapide, tout comme le flot de pensés qui le traversait sans cesse. Il avait envie de hurler et il s'en foutait pas mal si la ville entière l'entendait. Ces yeux, les yeux implorant de Derek, il n'arrivait pas à les regarder. Il avait besoin de faire quelque chose, n'importe quoi qui puisse le décharger de sa rage.

- C'est pas ce que tu crois, Stiles ! se défendit Derek en s'approchant pour réduire la distance qui s'était creusée entre eux.

Le lit empêcha Stiles de reculer encore une fois. Il n'avait pas envie de l'écouter, mais d'un autre côté il voulait entendre un démentit, n'importe quoi qui puisse lui prouver qu'il avait encore cogité pour rien, que tout ça n'était dû qu'à son imagination, mais pour le moment il se sentait seulement trahit. Voilà, maintenant il commençait à pleurer alors que c'était la dernière chose qu'il voulait.

- On se disputait tout le temps, on s'était séparé ! Je voulais passer à autre chose à ce moment-là et quand je l'ai revu à cette soirée j'ai pas réfléchi ! On a couché ensemble deux ou trois fois mais j'ai tout stoppé dès qu'on s'est remis ensemble toi et moi, avoua Derek en bloc en s'approchant encore de Stiles pour prendre son visage dans ses mains et le forcer à le regarder. Ecoute-moi. Je te le jure. On n'était pas ensemble.

- Et l'appel, et vos messages ? Tu expliques ça comment ?!

- Elle n'a pas apprécié que je la largue une nouvelle fois, surtout pour toi. Tu as regardé la date des messages ? Je ne te mens pas.

Un petit silence persista. Stiles se maudit soudainement d'avoir jeté ce portable dans les toilettes, autrement il aurait pu vérifier, être un minimum rassuré, mais c'était impossible désormais, ce fichu téléphone ne fonctionnait plus. Stiles enleva les mains de Derek de son visage et l'obligea à se décaler pour le laisser passer et prendre de la distance. Il en avait besoin. Il inspira un grand coup et essuya ses joues.

- Tu aurais pu choisir quelqu'un d'autre, lâcha-t-il brutalement. Tu aurais pu attendre avant de décider de sauter sur n'importe qui ! On s'est séparé seulement deux semaines ! Il y a tellement de personnes à Beacon Hills, mais non ! Il a fallu que tu ailles voir Gabriella !

- Stiles je suis désolé, tenta Derek plus doucement. J'ai déconné mais je te l'ai dit, je pensais que c'était fini entre nous. Je voulais juste t'oublier le plus vite possible !

- Tu l'as déjà dit ça, gronda froidement Stiles avant de passer sa main dans ses cheveux et prendre une inspiration. On ne dort pas ensemble ce soir. J'ai besoin d'être seul. S'il te plait.

Derek acquiesça silencieusement. Stiles le vit, dans ses gestes, son regard, son attitude, qu'il était blessé et qu'il s'en voulait mais lui-même ne savait plus quoi penser, quoi croire, et désirait juste être seul pour pouvoir réfléchir tranquillement.

- Dort ici, j'irais dans une autre chambre, murmura presque Derek en s'avançant vers la porte. Bonne nuit.

Puis il ajouta dans un souffle, laissant Stiles perdu et pantois

- Je t'aime.


Chapitre 8 terminé ! Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Il ne finit pas sur une bonne note mais bon, un peu d'agitation c'est toujours bien. Non ?

A la prochaine ! ^^