Le Calendrier de Sherlock

Disclaimer : L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas et sont à sir ACD, et leurs versions modernes à Mark Gatiss et Steven Moffat. Je ne touche aucun argent pour mes écrits.

J-2 !

Bonjour à tous !

Aujourd'hui, mon chapitre préféré ! J'espère qu'il vous plaira autant que moi.

Merci à Nauss pour m'avoir proposé ce fanart, je dois dire qu'il m'a inspiré ! Je ne pense pas que j'aurais eu cette idée sans ça :)

Enjoy !


Chapitre 6 : Sous le soleil Afghan

John referma l'armoire à pharmacie, et se baissa pour ouvrir un des placards. Il allait bientôt manquer de bandages. Rajoutant ça sur sa liste d'inventaire, il parcouru des yeux les différents flacons, tout en s'épongeant le front. La journée était très chaude, même pour l'Afghanistan, et il avait toujours du mal à supporter cette chaleur, bien que ce soit déjà sa 4ème année de service.

« - Docteur ? » L'interpella-t-on depuis l'entrée de la tente. John releva la tête vers l'officier. « Il a recommencé. » lui dit celui-ci.

John ne fit que soupirer en réponse, exaspéré. Il sortit de la tente, prenant sa trousse de premier secours et une pomme au passage.

Il se dirigea rapidement vers une tente placée en retrait du camp, près de celle du commandant en chef, et rentra sans s'annoncer. Ce n'était de toute façon pas la peine, l'occupant savait qu'il arrivait et ne se serai pas donné la peine de répondre.

A l'intérieur, c'était un vrai bordel. Outre le lit de camp et l'armoire réglementaire, il y avait un fatras de matériel scientifique, de produits en tous genres, de tubes à essais remplis de liquides bizarres. La tente avait même sa propre arrivée d'eau, avec un petit évier et une douche. Mais il n'y avait par contre aucune arrivée de gaz, ni produits pouvant entraîner une explosion massive.

Les privilèges de Sherlock Holmes avaient quand même des limites.

L'homme en question était assis sur son lit, se tenant le bras. John alla s'asseoir à côté de lui, et observa la brûlure qui s'étendait sur son avant-bras.

« - C'est quoi cette fois ? Demanda-t-il, blasé.

- A ton avis ? Demanda le brun, boudeur.

- Explosion ? »

Sherlock se contenta d'acquiescer.

Soupirant, John sorti le désinfectant, et commença à le soigner.

Sherlock Holmes était une sorte d'ovni, qui était arrivé il y a trois mois dans le camp militaire. On l'avait présenté comme stratège, c'est-à-dire qu'il décidait s'il fallait attaquer, comment, où placer les effectifs, si il y allait avoir une embuscade… bref un rôle totalement inventé, et assez bizarre en soi. Beaucoup de rumeurs avaient couru dans le camp sur ce Sherlock Holmes. On avait notamment parlé de Mycroft Holmes, un haut placé dans le gouvernement qui serait à l'origine de son placement à ce poste. Pourquoi, c'était une autre histoire. C'est vrai, pourquoi envoyer quelqu'un de sa famille en Afghanistan !?

John s'était donc attendu à beaucoup de chose. Mais pas à ça.

Ça, s'était un homme grand, avec des pommettes tellement saillantes que c'était presque inhumain, des boucles noires, un teint pâle qui promettait de sacré coups de soleils, et surtout, un Belstaff. Un putain de Belstaff en Afganistan ! Et pas une goutte de sueur, en plus.

Il avait aussi un air de profond ennui, et avait lancé sur le comité d'accueil un regard perçant, semblant les scanner du regard. Puis il s'était détourné, et son regard si clair s'était arrêté sur John.

Et il avait déballé toute sa vie. Son père alcoolique, sa sœur lesbienne, son parcours scolaire. Et ce, devant toute son unité, des gens qu'il soignait, qui devait lui faire confiance. Bon, évidement en y repensant, c'était idiot de penser que savoir ces informations allait leur faire perdre confiance en lui, mais sur le coup, il avait été très en colère, et un peu honteux.

Il était allé lui foutre son point dans sa gueule le soir même. Puis il lui avait dit qu'il était brillant, pour un con comme lui.

Sherlock l'avait regardé longuement, puis lui avait demandé de sortir avec lui. John, interloqué, lui avait dit non.

Depuis, ils avaient une relation bizarre.

« - C'est bon, j'ai fini. dit John, en mettant la touche finale au bandage. Sherlock le remercia du bout des lèvres, et le regarda ranger son matériel en silence.

- Tiens, dit John en lui tendant la pomme qu'il avait amené avec lui. Mais Sherlock ne fit aucun mouvement pour la prendre, alors il la lui mit de force dans sa main.

- Tu dois manger, Sherlock ! Si tu ne la mange pas tout seul, je te forcerais à le faire. Et tu sais que ce ne sont pas des menaces en l'air ! »

Boudeur, Sherlock croqua dans la pomme rageusement. Puis il fixa John longuement, de ses yeux trop clair pour le bien du blond. Avant même qu'il n'ouvre la bouche, le médecin sut ce que le brun allait lui demander.

« - John, tu veux sortir avec moi ?

- Non Sherlock, désolé, répondit John, presque machinalement.

Sherlock, désappointé, le regarda se diriger vers l'entrée de la tente.

« John ! L'arrêta-t-il. Tu sais que je suis sérieux, hein ? Je ne pose pas la question en l'air, je voudrais vraiment sortir avec toi. »

Et en disant ça, il avait presque l'air… misérable. John ne l'avais jamais vu exprimer autant d'émotion, lui qui était toujours maître de lui-même.

« - Oh, Sherlock… soupira-t-il, en retournant s'asseoir à côté de lui. En d'autre circonstance, j'aurais dit oui. Mais là, on est dans une zone de guerre, Sherlock. Toi, tu es relativement en sécurité au camp, mais moi, je suis au front. Je ne sais jamais si ce jour sera le dernier. Personne ne le sait, au camp. Et je ne commencerais pas une relation dans ces conditions.

- je peux te faire réformer, si tu veux, proposa Sherlock.

- Quoi ? Non ! s'écria John. Enfin, comment tu peux proposer une chose pareille !? J'ai choisis cette carrière, c'est ce que je veux faire !

- Ah oui, la Reine et la Patrie, dit dédaigneusement le brun.

- Et bien oui ! Ce n'est pas pour ça que tu es là, toi ?

- Bien sûr que non !

- Alors pourquoi ? » Demanda John, curieux.

Sherlock ne fit que grommeler dans sa barbe inexistante. Seul « 'croft » ressorti clairement.

« - Pourquoi, Sherlock ? Insista John, désormais amusé. Allez, dit-moi !

- Mycroft m'a puni, admit Sherlock du bout des lèvres.

- Mycroft Holmes, le membre du gouvernement ? C'est un membre de ta famille ?

- Mon frère.

- Et ton frère t'a puni en t'envoyant en Afghanistan ? Demanda John, sidéré.

- Et bien comme tu l'as fait remarquer, je suis plutôt en sécurité. Je ne vais jamais au front. Mycroft a fait ça pour m'éloigner de Londres, et de toutes… tentations, va-t-on dire.

- Quoi ? Quelles tentations ? Demanda John, reprenant son sérieux. Sherlock, de quoi tu parles ? Pourquoi ton frère t'a puni ?

- Les drogues John, lâcha finalement le brun. Tu n'es pas idiot, tu l'as deviné. Alors ne fais pas semblant. »

Un silence gêné s'installa. Sherlock sembla très absorbé par l'observation d'un bécher, évitant soigneusement de regarder le médecin.

Celui-ci se racla la gorge, voulant absolument briser ce silence qui s'éternisait.

- Je m'en fiche, tu sais ? Tu n'es pas idiot, tu l'as deviné, essaya-t-il de plaisanter.

Surpris, Sherlock tourna enfin les yeux vers lui. Un autre long silence s'installa dans la tente, cette fois chargé d'une toute autre tension.

Un cri venant de l'extérieur retentit soudain, les faisant sursauter.

« - WATSON ! La patrouille va partir, rapplique ! »

« - Bon… Et bien je dois y aller. » Dit John inutilement.

Il se leva et, sur une impulsion, embrassa Sherlock sur la joue. Puis il se dirigea vers la sortie de la tente.

« - John ? Rappela une dernière fois Sherlock. Sois prudent.

- Ne t'en fait pas, ce n'est qu'une patrouille de routine.

- Pourquoi tu en fais partie ? Tu es médecin, ce n'est pas ton job.

- On manque d'effectifs, je me suis proposé. On se voit au dîner ?

- Hum… grogna Sherlock.

- Sherlock, tu dois manger ! De toute façon, ce n'est pas négociable. Bon je dois vraiment y aller, à tout à l'heure ! »

Et il partit enfin.

oOo

Mais le médecin ne fut pas au dîner ce soir-là.

Ce soir-là, sa patrouille fut prise dans une embuscade, et John Watson reçu une balle dans l'épaule.

oOo

La première sensation qu'il eut, ce fut la douleur. Elle était partout, et particulièrement dans sa jambe. Ensuite, ce fut l'ouïe qui revient, sous forme de bips continus. Il en déduit qu'il était à l'hôpital, mais il ne savait pas pourquoi. La dernière chose dont il se rappelait, c'était cette conversation avec Sherlock, dans sa tente.

Alors qu'il reprenait de plus en plus conscience, il se rendit compte qu'il y avait un bruit incongru dans une chambre d'hôpital : quelqu'un tapotait sur un clavier. Pour savoir qui était dans sa chambre, une seule solution : ouvrir les yeux.

Plus facile à dire qu'à faire cependant. Il y avait trop de lumière dans cette chambre !

Après de nombreux efforts, il réussit à s'habituer à l'éclairage, et distingua enfin Sherlock, assit juste à côté de son lit, en train de taper frénétiquement sur son portable.

« - Sher… lock… » Parvint-il à murmurer.

Celui-ci releva immédiatement la tête, et lâcha son portable pour s'approcher du médecin.

« - John, tu es enfin réveillé ! Enfin, tu t'es déjà réveillé avant, mais c'est la première fois que tu es vraiment conscient, enfin ! ça fait plus de trois mois que tu es ici, je commençais vraiment à m'ennuyer. »

Il lui tendit un verre d'eau, que John but avidement. Une fois la gorge moins sèche, il se sentit enfin la force de prendre réellement la parole.

« - Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda-t-il d'une voix rauque.

« - Tu t'es pris une balle dans l'épaule, et tu as été rapatrié. On est à Londres, à St Bart plus précisément. »

Soudain, Sherlock fusilla John du regard.

« - Je t'avais dit d'être prudent ! Mais toi, bien sûr, tu t'arrange pour prendre une balle, rajouta-t-il en levant les yeux au ciel. Tu devrais m'écouter plus souvent, je te rappelle qu'entre toi et moi, c'est moi le génie, et toi l'esprit simple.

- Et si tu continue sur cette voie, alors je te rappellerai, avec force, lequel de nous deux est soldat et lequel est un ancien drogué.

- Tu es aussi médecin. Et tu es cloué au lit, présentement.

- Je pourrais casser chaque os de ton corps en les nommant, alors ne me sous-estime pas.

- Hum. En attendant, tu es toujours dans un lit, et moi je me suis ennuyé pendant tout ces mois à te veiller. »

Il aurait paru glacial à n'importe qui d'autre, mais John voyait bien la lueur inquiète dans ses yeux.

« - Tu t'es inquiété, dit-il avec un sourire.

- Bien sûr que non, réfuta Sherlock.

- Si, tu t'es inquiété ! » Le taquina-t-il en souriant plus largement.

Avant que Sherlock ne puisse répondre, une infirmière entra dans la chambre, et gronda Sherlock pour ne pas avoir prévenu que le patient était réveillé. Elle vérifia que tout allait bien, puis elle lui expliqua en détail ses blessures et son traitement. Elle s'en alla près ça, les laissant seuls.

John reprit la parole, et posa la question qui le taraudait depuis son réveil :

« - Qu'est-ce que tu fais là, au fait ? Tu ne devrais pas être là-bas ?

- Je me suis fait réformer, dit Sherlock négligemment.

- Que… Quoi !? Comment ça, tu t'es fait réformer ?

- Et bien, je n'avais plus aucune raison de rester là-bas, alors j'ai passé un coup de fil.

- à ton frère ?

- Bien sûr que non, il n'aurait jamais accepté. J'ai d'autre contact, tu sais.

- Donc, tu pouvais partir depuis le début ? Demanda John en s'essayant au bord de son lit tant bien que mal.

- Oui, effectivement, confirma Sherlock sans essayer de l'aider, ce dont il fut reconnaissant. Mais comme je te l'ai dit, j'avais une raison de rester. »

John le regarda intensément, sans rien dire. Gêné, Sherlock lâcha rapidement.

« - Une ancienne cliente a un appartement à louer dans le centre, à nous deux on devrait pouvoir… »

Il fut coupé par un bras qui s'enroula autour de son cou. Et John l'embrassa.

Surpris, il ne répondit pas tout de suite. Mais il finit par reprendre le contrôle, et participa alors activement à ce baiser, probablement le meilleur qu'il n'eut jamais reçu.

Ils finirent par se séparer par manque d'air. Après quelques minutes, Sherlock réussi à reprendre assez ses esprits pour dire :

« - Tu n'as pas répondu à ma question.

- ça m'a l'air parfait.

- Tu ne sais même pas de quel endroit je parle.

- Sherlock, tu parles trop ! »

Et John reprit ses lèvres pour le faire taire.

Il n'avait plus mal à la jambe.


Et oui, Sherlock réussira toujours à guérir sa douleur à la jambe, peu importe les circonstances :D !

D'ailleurs, il existe une théorie assez sympa (enfin autant qu'une théorie sur un tel événement peut l'être) qui dit que lorsque John s'est reçu la balle, il était en train de soigner la jambe d'un de ses compagnons, et que la balle a traversé son épaule et a atteint le cœur du blessé, ce qui l'a tué. Ce serait pour ça que la douleur traumatique de John se trouve dans sa jambe. J'aime bien cette théorie, ça explique pourquoi John a mal à la jambe alors qu'il est blessé à l'épaule (ce qui est vraiment bizarre quand on y pense !). En tout cas, c'est devenu un de mes headcanon.

Je sais que le fanart ne les montre pas en uniforme militaire, mais c'est manifestement dans le désert. Donc on va dire que ça marche ;-)

Et j'adore le dialogue de TAB que j'ai cité dans ce texte. TELLEMENT, TELLEMENT d'UST ! (n'est-ce pas Scribitur ;-) )
Bref, il s'insérait bien je trouve.

Cet OS a été écrit avec le film « Free Danse » en fond. Rapidement, c'est l'histoire d'une étudiante en école de danse qui rencontre un anglais sans visa qui joue du violon, et elle va l'aider à avoir un visa et une bourse grâce à un concours "cordes et danse". C'est vrai qu'il reprend tous les clichés du genre, la fille qui danse, le garçon qui joue du violon, l'amour immédiat, la rivale, la prestation finale qui sauve tout… Mais c'est une question de dosage, et c'est globalement bien dosé dans ce film. Et le niveau de danse et de violon est vraiment hallucinant (enfin j'y connais rien, mais j'ai été bluffée).
Enfin, bref, si vous aimez les films de ce genre, je vous le conseil :).

A demain !