Chapitre 4 – Premières déductions
« Il est tard, trouvons un endroit où manger.
« Je n'ai pas faim.
« Moi si, vous n'aurez qu'à me regarder manger. » Lui répondit sèchement Riza.
Elle arrêta la voiture près d'un petit restaurant et descendit de voiture.
Elle s'installa à une table et commença la lecture du menu. Roy s'installa en face d'elle.
« Bonjour Messieurs Dame. Avez-vous fait votre choix ? »
Sans consulter Roy, Riza commanda une salade complète et une omelette.
« Et pour vous Monsieur ?
« La même chose. Merci »
Ils attendirent leurs plats dans un silence gêné.
« Lieutenant, écoutez. Je vous assure que je ne me rappelais pas de cette femme. Sinon, je vous l'aurai dit.
« Ne revenons plus dessus. Ca suffit.
« Mais Hawkeye, je vous assure que…
« Vous savez Colonel, au fond je m'en fiche complètement. Comme vous dites, vous n'avez pas à justifier votre vie privée. »
La serveuse revint à ce moment les bras chargés de leurs assiettes qu'elle déposa devant eux.
« Bon appétit.
« Merci » lui répondirent-ils en chœur.
« C'est juste que je voudrais que les choses soient claires entre nous…
« Ecoutez Colonel. Vous m'appelez catastrophé à pas d'heure ce matin. Je viens aussi vite que possible chez vous pour me retrouver face au cadavre d'une femme nue dans votre lit. Sur ce, vous me demandez mon aide, que je vous donne sans broncher. Je crois que tout est clair. Alors maintenant, si vous voulez bien, je vais manger ma salade et mon omelette et je vous conseille d'en faire autant, la journée n'est pas encore finie et elle risque d'être extrêmement longue. Il nous faut encore découvrir qui est derrière tout ça.
« Bien lieutenant, à vos ordres lieutenant » lui répondit Roy en plantant rageusement sa fourchette dans sa salade.
Riza excédée jeta sa serviette sur la table et se leva.
« Vous m'avez coupé l'appétit. »
Roy la retint par son poignet.
« Je vous en prie Riza. Restez. Je suis désolé, je ne voulais pas être désagréable. »
Elle se rassit au grand soulagement de Roy.
« Je suis juste sur les nerfs. Jamais je n'avais imaginé me réveiller un jour au côté d'une femme morte.
« Je sais. Je suis désolée aussi. Cette situation ne m'amuse pas non plus. »
Ils reprirent leur fourchette et se remirent à manger. La tension était retombée.
« J'ai réfléchi et je ne vois pas qui peut avoir manigancé cette mise en scène. Je sais bien que j'ai des ennemis, mais iraient-ils jusqu'à tuer une femme innocente pour me faire condamner ? Il serait plus simple pour eux de s'en prendre à moi directement.
« C'est ce qu'il nous faut découvrir mais j'avoue que je suis un peu à court d'idée pour le moment. Et puis, l'endroit n'est pas idéal pour discuter de tout ça. Les gens autour de nous nous écoutent. Nous devrions aller ailleurs où nous serons plus tranquilles. »
L'image du cadavre de Jézabel toujours dans le lit de Mustang leur traversa l'esprit.
« Si vous voulez, nous pouvons aller chez moi. »
Roy acquiesça. Ils finirent leur repas, payèrent et sortirent.
Roy prit les clés des mains de Riza.
« Je conduis.
« Mais vous ne savez pas où j'habite.
« Faux, je sais parfaitement où vous habitez. »
L'appartement de Riza était beaucoup plus petit que la maison de Mustang. Mais d'une part, elle y passait vraiment peu de temps et d'autre part, son salaire de premier lieutenant ne lui permettait pas de prétendre à plus grand. Cependant, elle l'avait arrangé avec goût et simplicité.
Ils furent accueillis par les jappements de Black Hayate. Roy lui gratta le dessus du crâne pour lui souhaiter le bonjour.
Un ordre de Riza suffit à calmer le chien qui retourna à son panier.
« Entrez Colonel, installez vous dans le salon. Je vais nous préparer du café. »
Roy retira son manteau et s'installa sur une chaise. Riza revint peu de temps après avec papier et crayon, puis deux tasses et une cafetière pleine.
Elle s'assit à son tour, prit une feuille et un stylo. Elle commença à écrire en même temps qu'elle résumait les éléments qu'ils avaient.
« Donc, nous avons une femme, avec laquelle vous avez eu une aventure il y a de cela quelques temps, déposée pendant votre sommeil dans votre lit, un mystérieux inconnu à l'accent de l'est et pour finir, on vous a drogué. »
Roy la regardait tracer les mots et des flèches sur le papier. Riza releva la tête.
« Ca m'aide à y voir plus clair. C'est sans doute un peu archaïque comme méthode, mais il n'y a que cela qui marche.
« Non, c'est bien, continuez je vous écoute.
« Bon, il est temps d'échafauder des hypothèses. D'abord, Jézabel. Qui savait que vous aviez eu une aventure avec elle ?
« Et bien, je ne sais pas. J'imagine plein de monde. Les gens du bar, les habitués, même la serveuse s'en rappelait plus que moi. Et Jézabel l'a peut-être raconté à d'autres personnes.
« Mais vous ? L'avez-vous raconté à quelqu'un ?
« Non. La seule personne à qui éventuellement je l'aurai dit, c'était Maes et il est mort bien avant tout cela.
« Ok, où avez-vous été ? Chez elle ou chez vous ? »
Roy embarrassé par les questions de Riza, rougit un peu. S'il y avait bien un sujet qu'il n'avait pas envie d'aborder avec Riza, c'était bien sa vie sexuelle (NdlA : notez, j'ai écrit « sexuelle » et non pas « amoureuse »)
« Chez elle.
« Donc on peut imaginer que ses voisins ont pu vous voir aussi. J'ai l'impression que ça va être compliqué de partir de ce point là. Trop de monde pouvait être au courant de votre aventure. Y a-t-il eu d'autres femmes ?
« D'autres femmes ?
« Oui, avez-vous eu d'autres aventures en plus de Jézabel ?
« Je ne vois pas le rapport Lieutenant.
« Si le tueur s'en est pris à Jézabel parce qu'elle avait couché avec vous, il peut très bien s'en prendre aux autres. Vous le voyez maintenant le rapport ?
« Oui. Il y en a eu deux ou trois autres.
« Bon il faudra qu'on essaye de les retrouver.
« Mais je ne sais plus qui elles sont. Ce n'était pas important, juste des histoires sans lendemain. »
« Bon laissons ça de côté pour le moment. Penchons nous sur cet homme à l'accent de l'est. Jack vous a dit qu'il était sorti juste derrière vous lorsque vous êtes parti.
« Exact.
« Si on part de l'hypothèse que c'est notre coupable, on peut donc imaginer que c'est lui qui vous a raccompagné chez vous.
« Et Jézabel, comment est-elle arrivée dans mon lit ?
« Peut-être y était-elle déjà, ou bien il l'a déposée en même temps qu'il vous couchait. Vous étiez sans doute en plein trip. Votre porte ne portait pas de signe d'effraction, c'est donc qu'elle a été ouverte avec la clé.
« Je me suis réveillé en caleçon.
« Je suis désolée de vous poser la question, mais est-ce inhabituel ? Avez-vous une habitude pour dormir ? Vos vêtements étaient là où vous les posez ordinairement lorsque vous vous déshabillez ?
« Je dors toujours en tee-shirt et caleçon. J'accroche toujours mon uniforme dans la salle de bain pour le lendemain. Et là, il était sur le dossier d'une chaise.
« Donc il vous a déshabillé. Il a du passer un sacré bout de temps chez vous, il a du laisser des traces. Déshabiller un homme, surtout si celui-ci est inconscient, n'est pas facile. Sans compter qu'il a déposé en plus Jézabel. Il faudra que nous regardions s'il n'a pas laissé d'indice que nous n'aurions pas remarqué ce matin. »
Riza écrivit encore quelques lignes.
« Cet homme m'intrigue. Je me demande si toute cette histoire n'a pas un rapport avec votre rôle dans le conflit d'Ishbal.
« Je me posais la même question. Ce n'est sans doute pas une coïncidence s'il a un accent de l'est. »
Riza regarda l'heure.
« Il commence à se faire très tard et nous n'avons pas beaucoup avancé. Et puis, il nous reste encore à savoir ce que nous faisons du corps.
« Qu'entendez-vous par 'ce que nous faisons du corps' ? »
« Je pense qu'il faut trouver un moyen de sortir ce cadavre de chez vous.
« Mais que voulez-vous faire ? On ne peut pas simplement jeter cette femme comme si ce n'était rien !
« Je n'ai jamais dit cela. Mais il ne faut pas qu'on la trouve chez vous, sinon que croyez vous que penseront les enquêteurs ? Nous menons suffisamment d'enquêtes pour savoir que vous feriez le coupable idéal. Il faut qu'on la trouve, mais ailleurs. »
Roy resta silencieux.
« Colonel. Je crois qu'il est temps que nous appelions du renfort. »
