Chapitre 6 – Chez Riza
Par sécurité, ils décidèrent de ne pas retourner tous chez le Colonel et de se séparer là.
Comme c'était la voiture de Riza qui avait servi à transporter le corps, elle proposa à Mustang de le raccompagner chez lui.
Roy prit le volant. Riza regardait obstinément par sa vitre le paysage défiler. Une larme coula sur sa joue qu'elle s'empressa d'essuyer avant que Roy ne l'aperçoive, mais c'était trop tard.
« Je suis désolé. Je n'aurai jamais du vous entraîner là dedans
« Ce n'est rien. C'est juste la pression de cette journée qui tombe et la vision de Jézabel nue abandonnée comme ça sur ce terrain vague m'a fait un choc. Nous devons choper la pourriture qui a fait ça. »
Roy se sentait cent fois plus bouleversé par cette unique larme sur la joue de Riza que par la découverte du corps de Jézabel.
« Je vous le promets. »
Riza s'essuya le visage et se recomposa une contenance. Elle n'avait pas voulu que Mustang la voit dans cet état, mais toute cette journée était complètement irréelle.
« Il nous reste une dernière chose à faire pour ce soir.
« Quoi ?
« Il faudrait que le corps soit découvert assez tôt. Il faut que l'un de nous donne l'alerte. »
Roy arrêta la voiture près d'une cabine téléphonique. Riza le vit sortir un mouchoir de sa poche qu'il enroula sur le combiné.
Riza en profita pour l'observer. Il avait les traits tirés et ses yeux étaient cernés de noir, mais il semblait tenir le coup. Elle-même se demandait sur quelle énergie elle fonctionnait encore. Elle abaissa son pare-soleil pour se regarder dans le petit miroir. Elle n'était pas en meilleur état que son Colonel.
Quelques minutes plus tard, il était de retour dans la voiture.
« C'est fait.
« Ils n'ont pas posé trop de question.
« Non, j'ai raccroché lorsqu'ils ont voulu que je leur décline mon identité. Je crois que je les ai convaincu.
« Il nous reste plus qu'à aller nous coucher et attendre demain. »
Roy stationna le véhicule devant chez lui et coupa le moteur.
Ils restèrent ainsi plus d'une minute.
« Merci pour tout Lieutenant.
« Je ne fais que mon travail Colonel.
« Me seconder et me protéger, je sais. Mais aujourd'hui vous avez fait bien plus que cela.
« N'en soyez pas si sûr et puis, vous n'êtes toujours pas sorti d'affaire. Tant que nous n'aurons pas mis la main sur celui qui a tué Jézabel, vous êtes en danger. »
Roy regardait sa maison à travers la vitre. Il ne se sentait pas le courage de retourner dans sa chambre et de dormir dans son lit. Riza dut suivre le cours de ses pensées.
« Si vous voulez, vous pouvez venir dormir chez moi. Mon canapé n'est pas bien large mais il est confortable.
« J'avoue que même la perspective de dormir dans un canapé me parait cent fois plus attirante que dormir dans mon lit cette nuit.
« Alors allez chercher vos affaires et partons vite d'ici. Je suis fatiguée et je voudrais dormir. »
Il ne fallut que quelques minutes à Roy pour réunir ses affaires de toilette et des vêtements de rechange.
Riza lui prépara des draps, une couverture et dénicha un oreiller.
« La salle de bain est au fond du couloir. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, vous vous servez. Les serviettes sont sous l'évier ainsi que les gants de toilettes. Je vous laisse la petite lampe. Bonne nuit.
« Bonne nuit, à demain. »
Riza le laissa seul dans son salon. Il se sentait bizarre à dormir chez elle. Il s'assit sur le lit improvisé et commença de défaire les boutons de sa chemise. Il en profita pour observer la pièce dans laquelle il était. Cet après-midi, il n'avait pas vraiment pris le temps de regarder autour de lui. Il sourit, même si Hawkeye travaillait dans l'armée et maniait les flingues comme personne, elle restait néanmoins une femme, avec des goûts tout à fait féminins. Des plantes étaient installées ici et là, quelques tableaux aux dessins naïfs étaient accrochés aux murs. Il remarqua quelques photos encadrées posées sur le buffet. Il se leva pour les regarder de plus près.
Il repéra une photo représentant une petite fille blonde dans les bras d'un homme tout aussi blond au coté duquel se tenait une femme au visage doux. Ainsi, c'est de sa mère que Riza tenait ses traits. Par contre, les yeux étaient à n'en pas douter ceux de son père.
A côté, une autre photo représentait Riza accroupie à côté de Black Hayate. Elle avait la tête enfouie dans la fourrure de l'animal et souriait. Roy se demanda qui avait bien pu prendre cette photo.
Un léger toc toc l'arracha à ses réflexions.
« Je peux entrer ? »
Roy se retourna, il était en caleçon.
« Un instant s'il vous plait. »
Il se précipita sous les draps.
« C'est bon. »
Riza entra. Elle portait un simple peignoir blanc et les pieds nus.
« Je suis désolée, mais je suis obligée de passer par le salon pour aller à la cuisine.
« Je vous en prie, vous êtes chez vous. »
Riza lui sourit et s'éclipsa dans la cuisine. Roy entendit l'eau couler.
« Avec tout ça, je ne vous ai même pas proposé à manger. Vous avez peut-être faim ?
« A vrai dire, non. J'ai l'appétit coupé.
« Moi aussi, nous verrons demain matin au petit déjeuner. »
Riza reparut dans le salon.
« Je ne vous embête plus. A demain. »
« Bonne nuit. »
Roy s'allongea sur le dos. Il ne pensait pas pouvoir s'endormir mais la fatigue physique et mentale eut finalement raison de lui.
Il fut réveillé le lendemain par l'odeur du café. Un instant déconcerté par l'endroit où il se trouvait, il ne lui fallut que deux minutes pour se rappeler les évènements de la veille et la découverte macabre.
Il se redressa sur le canapé à moitié groggy et alla dans la cuisine où il trouva Riza occupée à beurrer des toasts.
« Vous êtes réveillé ? »
Riza releva la tête de sa tâche et rougit à la vue de la tenue de son Colonel. Elle baissa aussitôt les yeux sur ses tartines. Roy se rappela qu'il ne portait qu'un tee-shirt et son caleçon.
Il fit rapidement demi tour et revint dans la cuisine cette fois-ci habillé d'un pantalon.
« J'ai préparé du café et des toasts. Une grande journée nous attend, nous devons prendre des forces. »
Roy prit place à la table en face d'elle. Riza lui servit son café.
« Vous avez bien dormi ?
« Oui, c'était parfait. Je pensais ne pas y arriver et finalement, je suis tombé comme une souche.
« Tant mieux. »
Elle débarrassa son bol et le nettoya dans l'évier. Roy la regardait faire. Il trouvait étrange d'être assis dans cette cuisine, à prendre son petit déjeuner avec Riza vêtue de son peignoir, Hayate couché à ses pieds. Etrange mais pas désagréable du tout, il ressentait même une sensation de confort. Il se prit à sourire.
Riza se retourna vers lui et lui retourna son sourire.
« Je vous laisse finir de déjeuner, je vais prendre ma douche. Je n'en aurai pas pour longtemps, vous pourrez prendre la place ensuite, j'en profiterai pour sortir Hayate.
« D'accord. »
Roy finit son café puis s'occupa à plier ses draps en attendant que Riza en ai terminé avec la salle de bain.
Il s'entendit appeler à travers l'appartement : « La place est libre, vous pouvez y aller. »
Il prit son nécessaire à toilette et se rendit à la salle de bain. Ce faisant, il passa devant la chambre de Riza dont la porte était entrouverte. Son regard fut attiré par des mouvements à l'intérieur. Riza, assise sur son lit, lui tournait le dos, elle était en culotte et se pencha pour attraper son soutien gorge, laissant entrevoir à Roy la rondeur de son sein.
Roy s'éloigna rapidement. Il rangea dans un coin de son esprit comme un trésor ce bref instant volé de l'intimité de Riza.
Pour ajouter à son émoi, la salle de bain était encore toute embuée et emplie du parfum de la jeune femme.
A travers la porte elle le prévint qu'elle sortait pour promener le chien.
Lorsqu'elle revint, Roy était prêt et l'attendait.
« Avez-vous besoin de repasser chez vous ou allons nous directement au bureau ?
« Au bureau. »
Riza acquiesça.
Un quart d'heure plus tard, ils franchissaient les portes de leur bureau.
