Chapitre 10 – Déposition
Pendant ce temps au QG, Mustang relisait pour la énième fois les rapports qu'on lui avait remis. Falman vint le trouver pour lui signaler qu'un certain Eric Vaughan était arrivé pour faire une déposition.
« Très bien Falman, faites le entrer, je vais le recevoir. Dites à Fuery de venir pour prendre des notes. »
Deux minutes après on frappait à sa porte et Eric Vaughan entra accompagné de Fuery. Roy regarda cet homme qui avait couru après Hawkeye pour lui remettre son numéro de téléphone. A son grand déplaisir, il devait convenir qu'il était séduisant avec ses yeux verts et son sourire de jeune premier.Il se demanda si Riza avait été sensibleau charmedecet homme et si elle allait le rappeler. Une pointe incidieuse de jalousie le transperça.
« Monsieur Vaughan, bonjour.
« Bonjour Colonel. Nous sommes nous déjà rencontrés ? J'ai l'impression de vous connaître.
« Je ne pense pas Monsieur. Mes subordonnés m'ont dit que vous aviez été témoin d'évènements importants pour notre enquête sur le décès de Jézabel Hartfield.
« Oui en effet, j'ai raconté au lieutenant Hawkeye tout ce que j'avais vu. Un beau brin de fille ce lieutenant. Vous avez de la chance de bosser avec elle. J'espérai bien la revoir ici d'ailleurs.
« Le lieutenant Hawkeye est en mission. Restons concentrés sur ce qui nous intéresse Monsieur Vaughan.
« Très bien Colonel. Que voulez vous savoir ?
« Tout ce que vous avez raconté à mes subordonnés, le sergent Fuery va prendre des notes. »
Eric Vaughan se lança une nouvelle fois dans le récit de la nuit où il avait vu l'assassin de Jézabel. Mustang l'interrompait de temps à autre pour lui demander des détails et de préciser certains points.
« Vous m'avez dit que vous auriez vu le suspect vers 00h45, c'est assez précis comme horaire.
« C'est que j'ai regardé l'heure sur mon réveil lorsque j'ai entendu le bruit de portière.
« Et c'est là que vous êtes allé à votre cuisine.
« Oui pour prendre un verre d'eau. C'est ce que j'ai dit à Riza.
« Vous voulez dire au Lieutenant Hawkeye. » Le reprit avec une pointe d'agacement Mustang.
« C'est cela, au lieutenant Hawkeye bien sûr. C'est vraiment une jolie fille. »
Mustang se tourna vers Fuery :
« Pas la peine de noter ces commentaires Sergent. »
Puis se tournant vers Vaughan :
« Je vous en prie une nouvelle fois, restons concentrés sur notre affaire et évitez les commentaires sur mes collaborateurs. »
Eric Vaughan lui adressa son plus beau sourire d'excuse du genre 'Je suis désolé, mais je n'y peux rien quand je vois une belle fille', il reprit :
« Entendu Colonel. Voyez-vous, mon évier se trouve juste sous ma fenêtre de cuisine. C'est lorsque j'ai bu que j'ai remarqué cet homme qui portait Jézabel. J'ai cru que c'était l'un de ses amants qui la rapportait chez elle après une soirée arrosée. Ca lui arrivait souvent…., il fit une nouvelle pause, …C'est étrange, j'ai vraiment l'impression de vous avoir déjà vu… vous êtes sûr que nous ne nous sommes jamais rencontrés avant ?
« Monsieur Vaughan, je pense que si je vous avais rencontré, je m'en souviendrai. Mais je suis relativement connu ici à Central, peut-être mon nom vous est familier. Je ne sais pas.
« Ce doit être cela alors… »
Mustang s'agita sur son fauteuil, il se demandait si Eric Vaughan ne l'avait pas aperçu lorsqu'il était venu chez Jézabel… mais la nuit était déjà bien avancée ce soir là, alors à moins que cet Eric soit insomniaque, il y avait peu de chance…. Et puis ce n'était arrivé qu'une seule fois.
Il reprit l'interrogatoire, il avait hâte d'en finir.
« Vous avez dit qu'il était grand et costaud. Vous l'avez donc assez bien vu ?
« Oui il y a un lampadaire juste devant chez moi… »
Vaughan se tut un instant et sembla réfléchir. Il reprit la parole comme s'il se parlait à lui-même :
« Je me rappelle à présent, il est passé sous le réverbère, juste un instant, mais assez pour que je remarque qu'il portait un tatouage dans le cou. Un de ces dessins tribaux.
« Vous sauriez le dessiner ?
« Très sincèrement Colonel, je n'ai fait que l'entrevoir, je suis incapable de le reproduire.
« Bon, tant pis. Ce n'est pas grave. Ca vous reviendra peut-être plus tard. »
L'entretien se poursuivit encore quelques minutes jusqu'à ce qu'Eric Vaughan déclare qu'il ne se souvenait de rien de plus.
Les deux hommes se dirent au revoir et Eric prit congé. Il allait quitter le bureau lorsque Riza en ouvrit la porte.
« Ah, miss Hawkeye ! J'espérais bien vous revoir.
« Monsieur Vaughan.
« Je suis venu faire ma déposition comme promis. Votre Colonel m'a reçu. Je lui ai tout répété. »
Riza jeta un regard ennuyé vers Mustang qui se tenait debout à son bureau et les regardait.
« C'est très bien Monsieur Vaughan.
« Je vous ai déjà demandé de m'appeler Eric, et moi je vous appellerai Riza. Il me serait agréable de vous offrir un verre ou mieux encore un dîner après votre service.
« Hm, je suis désolée, mais le moment est très mal choisi, Monsieur Vaughan.
« Je comprends. De toute façon vous avez mon numéro et maintenant j'ai le vôtre ici, je vous rappellerai. »
Roy agacé par ce bellâtre intervint :
« Excusez nous Monsieur Vaughan, mais nous avons du travail et j'attends le rapport de mon Lieutenant.
« Très bien. Au revoir Colonel. »
Eric prit la main de Riza et la porta à ses lèvres, « Au revoir Riza. J'espère vous revoir très bientôt. » Et il partit.
« Je suis désolée Colonel.
« Ce n'est rien, vous n'avez pas à vous excuser du comportement de cet homme. Avez-vous appris quelque chose de plus au 'Hard Eight' ?
« Malheureusement rien de plus que ce que nous savons déjà, j'ai pu obtenir une description un peu plus précise de notre homme mais rien de bien intéressant.
« Bon, aujourd'hui nous ne ferons plus rien, il est trop tard. Vous pouvez rentrer chez vous.
« Avez-vous eu des nouvelles de Barry ?
« Non.
« Je vais l'appeler alors avant de partir. »
Riza sortit pour passer son coup de fil.
« Allo, Barry ? C'est Riza.
« Bonjour Riza. Tu vas bien ?
« Oui. J'ai vu que tout c'était passé comme prévu. As-tu des résultats ?
« Oui, mais pas tous, c'est pour ça que je n'ai pas encore appelé.
« Que peux-tu me dire ?
« Et bien, pas grand-chose. Les résultats sanguins sont cleans, pas comme ceux de qui tu sais. Je suis en train de pratiquer des examens sur les échantillons de peau que nous avons retrouvés sous les ongles. Dès que j'ai des nouvelles, je t'appelle.
« Ok, tu pourras me joindre chez moi, je rentre. »
Riza raccrocha après avoir salué son ami. Elle soupira. Elle était épuisée et surtout affamée. Elle n'avait rien mangé depuis ce matin et il fallait encore qu'elle s'occupe de Hayate. Elle rassembla ses affaires et dit au revoir à Mustang avant de partir.
Dans son bureau, Mustang se passa une main sur son visage comme pour en effacer la fatigue. Mais rien n'y faisait. Il regarda sa pendule. Il était temps pour lui aussi de rentrer chez lui.
La nuit était tombée, il remarqua que les lampadaires devant chez lui n'avaient pas été réparés, il faudrait qu'il le signale pour que la voirie remplace les ampoules.
Il remontait son allée lorsqu'il entendit un bruit derrière lui. Il se retourna et se prit un coup de poing en pleine face qui le fit vaciller.
Son assaillant ne lui laissa pas le temps de se reprendre et lui assena un nouveau coup qui lui fit voir mille chandelles. Roy tomba au sol. Il était trop tard pour enfiler ses gants, l'autre l'aurait tué avant qu'il ne les trouve et arrive à les mettre. A la place il chercha à atteindre son arme dans son holster.
Malheureusement pour lui, son agresseur anticipa son geste et lui envoya un violent coup de pied dans les côtes et lui prit l'arme. Une pluie de coups l'atteignit dans les côtes, le dos et le visage. Soudain Roy sentit sa tête tirée en arrière par les cheveux. Il sentait le goût métallique du sang dans sa bouche.
« Je vais te crever comme tu as tué ma famille, salopard d'alchimiste. J'étais sûr que tu te débrouillerais pour ne pas te faire prendre avec le corps de cette pute, mais tu ne m'échapperas plus.»
L'accent était à n'en pas douter celui des habitants d'Ishbal. L'homme relâcha sa tête qui cogna sur le sol. Roy sentit une vague odeur d'essence.
Il n'arrivait plus à bouger ni même à articuler pour appeler à l'aide. C'est alors qu'un miracle se produisit, son voisin sortit de chez lui, attiré sans doute par le bruit.
« Hé vous, qu'est-ce que vous faites ? J'appelle la police. »
Roy entendit son agresseur prendre la fuite. Mais pas avant que celui-ci ne lui ai promis de revenir terminer le travail.
