NdlA : N'aviez-vous pas remarqué le "?" dans le titre ? hihihihi, nan nan nan, ce n'est pas encore fini...
Chapitre 17 – L'obscurité au bout du tunnel
Des mouvements dans la chambre réveillèrent Riza alors qu'il faisait encore nuit. Elle se redressa à demi et fit le tour de la pièce du regard.
Elle repéra la forme de Roy qui se mouvait dans l'obscurité.
« Roy, qu'est-ce que tu fais ? »
Il s'assit sur le bord du lit près d'elle et prit sa main dans la sienne.
« Excuse moi, je ne voulais pas te réveiller. Il est tôt, tu peux encore dormir.
« Où vas-tu ? » Lui demanda-t-elle lorsqu'elle remarqua qu'il s'était rhabillé.
« Je vais rentrer chez moi, j'ai besoin de changer de vêtements. Rendors toi. »
Il se baissa pour lui déposer un baiser sur les lèvres.
« On se voit tout à l'heure.
« D'accord. »
Roy embrassa la main de Riza et la relâcha en se levant.
Il lui murmura avant de sortir : « Je t'aime. »
Riza pivota sur elle pour le regarder avec un joli sourire : « Moi aussi je t'aime. Allez va-t-en, ou tu seras en retard tout à l'heure. »
« Pas de danger, tu me manques déjà. »
Riza se cala de nouveau dans ses oreillers et se rendormit.
Lorsqu'elle se leva un peu plus tard, elle commença sa journée comme d'habitude : petit-déjeuner, se doucher, revêtir son uniforme, sortir Hayate… mais aujourd'hui tout était différent.
C'est d'un pas léger qu'elle se rendit au quartier général. Elle se sentait heureuse et amoureuse comme jamais.
Elle se sermonna intérieurement, elle devait garder la tête froide et ne pas s'emballer.
Elle n'avait passé qu'une nuit avec Roy. Qui plus est juste après qu'il ait failli perdre la vie dans son combat de la veille. Riza savait pertinemment que la crainte de mourir augmentait le désir. Et s'il ne s'agissait que de cela… ?
Peut-être Roy avait-il voulu coucher avec elle juste parce qu'elle se trouvait là à ce moment précis ?
Son moral prit un sérieux coup dans l'aile. Elle ralentit son pas.
Après tout, ne s'était-il pas sauvé comme un voleur ce matin ? Ils auraient très bien pu se réveiller ensemble et passer ensuite à son domicile. Ils l'avaient déjà fait après tout.
Alors pourquoi ce besoin urgent de rentrer chez lui alors qu'il faisait encore nuit ?
A ce stade de ses réflexions, le moral de Riza frisait le zéro absolu.
Il ne lui restait plus qu'à prendre sur elle et faire comme si tout cela ne comptait pas et n'avait aucune importance.
Pas la peine de jouer la grande scène du 2 à Roy et de se ridiculiser plus que nécessaire. Ce serait déjà assez pénible comme ça, surtout s'il s'avisait d'aller en plus tout raconter aux autres.
Elle était arrivée devant la grande grille du QG. Elle leva les yeux sur le bâtiment qui soudain lui parut hostile.
Elle hésita à faire demi-tour. Mais finalement sa conscience professionnelle eut le dessus et c'est d'un pas décidé qu'elle s'avança et se rendit à son poste.
Comme d'habitude, Mustang n'était pas encore là. Elle bénéficierait au moins d'un peu de répit pour se reprendre avant son arrivée.
Malheureusement, elle ne pouvait s'empêcher de guetter la pendule et son cœur battait plus fort chaque fois qu'elle entendait des bruits de bottes dans le couloir.
Enfin le bouton de la porte tourna et le Colonel Mustang fit son entrée.
Il salua tout le monde en jetant à peine un regard à Riza qui avait toutes les peines du monde à cacher son émotion.
Après qu'il eut fait le récit des évènements de la veille au reste de son équipe, ce qui l'occupa une bonne partie de la matinée, il s'assit à son bureau pour entreprendre la rédaction de son rapport.
Il jetait de discrets coups d'œil vers Riza, mais elle gardait obstinément son nez dans ses dossiers et ne relevait pas la tête.
Roy se demanda si elle essayait d'éviter son regard. Regrettait-elle la nuit qu'ils venaient de passer ensemble ?
Pourtant elle ne lui avait pas donné cette impression ce matin lorsqu'il l'avait laissée…
Il lui faudrait patienter jusqu'à ce qu'il puisse lui parler seul à seul pour éclaircir la situation.
D'ici là, il ne lui restait plus qu'à travailler son rapport… Mais avant, il avait besoin de se rafraîchir.
Il se leva et sortit du bureau sous l'indifférence générale.
Roy s'était absenté depuis plus d'un quart d'heure. Riza se demandait où il pouvait bien être et ce qu'il faisait.
Elle n'en pouvait plus de rester assise ici, il fallait qu'elle prenne l'air ou elle allait grimper aux rideaux et hurler à la mort.
Ses yeux tombèrent sur une vieille pile de dossiers qui attendaient toujours d'être rapportés aux archives.
Elle s'en saisit et sortit à son tour du bureau les bras chargés.
Roy venait à peine de sortir des toilettes qu'une jeune stagiaire l'avait interpellé et maintenant elle était là devant lui, à lui faire les yeux doux et à rougir en se mordant la lèvre inférieure, en lui débitant les mêmes stupidités qu'il avait déjà entendues des millions de fois, sans qu'il puisse faire autre chose que subir son discours insipide.
Le point positif dans tout ça, c'est qu'il n'avait qu'à la laisser parler en acquiesçant de temps à autre, et son esprit pouvait vagabonder vers une autre jeune femme.
Il revoyait en pensée Riza penché vers lui alors qu'elle venait d'ouvrir sa portière pour l'inviter à monter, ses joues légèrement rougies quand elle l'avait conduit jusque dans sa chambre et qu'il l'avait déshabillée, sa propre gêne à lui quand se fut son tour… mais quel bonheur de se retrouver dans ses bras et de pouvoir la serrer contre lui !
Il se mit à sourire. Il ne remarqua même pas que la jeune stagiaire lui passait sa main sur son épaule comme pour en retirer une poussière imaginaire.
Ce fut un vacarme soudain qui le ramena sur terre et fit sursauter la jeune fille. Roy s'écarta pour chercher d'où cela pouvait venir.
Il retrouva Riza accroupie au sol en train de ramasser des montagnes de papiers avec l'aide d'une secrétaire.
Il n'eut pas besoin d'une longue réflexion pour comprendre ce qu'il venait de se passer. Riza l'avait vu avec cette fille et avait cru qu'il flirtait. Il lui fallait à tout prix la détromper.
Il s'approcha et se mit à sa hauteur pour l'aider à rassembler les dossiers, mais que lui dire ? Surtout avec la présence de cette secrétaire.
Riza gardait ses yeux baissés et les lèvres pincées.
Enfin elle lui dit : « Ca va aller Colonel. Je vous remercie, mais je vais me débrouiller. »
« Je vous en prie Lieutenant. »
Ils terminaient de ramasser les dossiers, la secrétaire s'était éloignée après que Riza l'ai remerciée de son aide.
Une dernière feuille était à terre, Riza voulut s'en saisir. Roy en profita pour tendre sa main et frôler celle de Riza, mais celle-ci la retira vivement comme si elle s'était brûlée à son contact.
Roy murmura : « Riza. »
Elle ne lui laissa pas le temps d'en dire plus, elle se releva et s'éloigna d'un pas vif.
Il se demanda s'il devait la suivre ou non. Finalement, il se dit que se lancer à sa poursuite ne manquerait pas d'attirer l'attention. Il préféra donc se retirer dans son bureau en formulant le vœu que cette journée se termine rapidement pour qu'il puisse enfin parler à Riza.
Riza était au trente-sixième dessous. Elle devait lutter contre les larmes à chaque instant. Elle se sentait vidée, démoralisée et par-dessus tout flouée.
Quelle imbécile elle avait fait de croire que Roy puisse être réellement amoureux d'elle !
Il avait profité de cette affaire et de sa vulnérabilité pour se glisser dans son lit après lui avoir arraché des souvenirs intimes douloureux. Il avait réussi à lui faire tomber ses défenses et à lui faire croire qu'il tenait à elle.
Mais tout ça, ce n'était que du vent.
Ne lui avait-elle pas dit que ses bleus et le récit de son combat feraient tomber les filles dans ses bras ?
Elle le savait bon sang ! Il y avait toujours des draps chauds quelque part pour accueillir l'alchimiste de flammes.
Elle aurait dû se méfier, mais elle avait tellement envie de croire en ses sentiments, qu'elle s'était laissée prendre par la fragilité qu'il montrait depuis l'instant où il avait découvert le corps de Jézabel dans son lit.
Lorsqu'il l'avait appelée ce matin là, Riza avait cru qu'il avait réellement besoin d'elle, mais le Colonel Mustang n'avait besoin de personne. Le Colonel Mustang utilisait les gens comme bon lui semblait et les jetait une fois qu'ils n'étaient plus d'utilité pour lui.
Il avait eu ce qu'il voulait d'elle, maintenant elle n'existait plus à ses yeux.
Il était à présent débarrassé d'un ennemi et l'avait mise dans son lit. Une pierre – deux coups. Bravo. Maintenant sa vie pouvait reprendre son cours normal. Il pourrait de nouveau aller traîner dans les bars, se soûler autant que voulu, coucher avec toutes les femmes qui se présenteraient et comploter dans son coin pour prendre la tête de l'armée.
Mais elle, qu'allait-elle bien pouvoir faire à présent ?
Riza regarda sa montre, elle n'avait aucune envie de retourner dans le bureau et de se retrouver en sa présence. Heureusement, l'heure de la pause déjeuner arrivait.
Elle pouvait au moins sortir prendre un bon bol d'air pour s'éclaircir les idées et regagner son calme. Elle n'avait pas très faim, mais un petit tour dans les rues lui ferait du bien.
Elle déambulait ainsi depuis quelques minutes lorsqu'elle s'entendit appeler.
« Riza ! Quelle surprise. »
Elle se tourna vers l'homme qui lui adressait un sourire éclatant qu'elle lui retourna.
« On va prendre un verre ? »
Roy avait bien du mal à se concentrer sur son rapport. Non seulement l'attitude de Riza l'inquiétait, mais il y avait quelque chose qui clochait dans cette affaire. Il n'arrivait pas à savoir quoi, c'était agaçant comme un insecte qui viendrait inlassablement lui bourdonner dans les oreilles sans qu'il puisse le chasser.
Il avait beau tout relire et retourner dans tous les sens, il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.
Cette histoire avait un goût d'inachevé. Le coupable était à l'hôpital toujours inconscient, mais d'après les médecins, sa vie n'était pas en danger. Jézabel avait été vengée, son meurtrier serait jugé et condamné. Il n'avait plus rien à craindre et pourtant, il n'arrivait pas à se sentir soulagé et cela dépassait la culpabilité qu'il ressentait depuis qu'il avait compris que la mort de Jézabel était liée à ses agissements durant le conflit d'Ishbal.
Non, c'était autre chose de plus insidieux…
Il jeta un œil à la pendule, il y avait plus d'une heure qu'il avait croisé Riza dans les couloirs et elle n'était toujours pas réapparue. Où pouvait-elle bien être ?
Avait-elle décidé de déjeuner dehors ? Il aurait aimé qu'elle le prévienne, peut-être aurait-il pu se joindre à elle et enfin lui parler.
Havoc s'approcha de son bureau :
« Vous venez manger un morceau Chef ? »
« Non, merci. Je n'ai pas très faim. Et puis je dois encore finir ce rapport.
« Comme vous voulez. »
Enfin seul, Roy réunit toutes les pièces du dossier et en reprit la lecture depuis le début.
C'était forcément là, écrit noir sur blanc dans ces pages !
Riza ne se sentait vraiment pas bien, c'était comme si le paysage autour d'elle se distordait et devenait flou. Le sol n'arrêtait pas de monter et de descendre devant ses yeux.
Elle tendit une main pour se retenir à son compagnon.
« Je crois que j'ai besoin de m'asseoir un instant.
« Ca tourne ? »
Riza cligna des yeux, les sons lui parvenaient comme à travers de l'eau. Mais qu'avait-elle ? Un seul verre ne pouvait pas être la cause de son malaise tout de même !
« Oui. C'est infernal. »
Il la prit dans ses bras pour la retenir et l'empêcher de tomber.
« C'est normal, c'est la drogue qui commence à faire son effet. »
Lorsque la compréhension se fit dans le cerveau embrumé de Riza, elle essaya de se libérer, mais il était trop tard. La drogue avait fait son travail et elle était complètement molle dans les bras de son compagnon.
Elle eut un dernier éclat de lucidité avant de sombrer dans l'inconscience.
« Mon Dieu, nous nous sommes trompés. »
NdlA : haha ! Suspens quand tu nous tiens ! Une ch'tite review ?
