NdlA : Bien, je ne voulais pas vous faire attendre plus longtemps, et comme ce chapitre, qui n'est pas fini d'écrire, est assez long, j'ai décidé de le scinder en deux et de vous poster la première partie.


Chapitre 18 – Tout s'éclaire (1e partie)

Riza pressentait plus qu'elle ne sentait réellement le froid sur elle. Tout son corps était ankylosé et elle ne sentait plus ses membres.

Elle voulait ouvrir ses yeux, mais là aussi, aucune réponse malgré toute la concentration qu'elle mit pour faire ce simple geste.

Que lui arrivait-il ? Où était-elle ? Quelle heure pouvait-il bien être ?

Elle était allongée, ça c'était une certitude. Elle tenta de se redresser sans aucun succès.

La panique la submergea. Qu'avait-elle ? Pourquoi cette paralysie ?

Elle chercha dans sa mémoire les souvenirs qui pourraient expliquer son état, mais il n'y avait rien qu'un grand trou noir.

Avait-elle été victime d'un accident ou d'une agression ? Avait-elle été malade ?

Elle se rappelait la tentative de capture de l'ishbal qui en voulait au Colonel Mustang. Cela avait-il mal tourné ? Avait-elle été blessée ?

Il lui semblait que non, elle avait le souvenir d'avoir passé la nuit avec Mustang, mais était-ce un vrai souvenir ou bien un rêve ?

Et pourquoi avait-elle autant froid ?

Si elle était dans un hôpital, ne devrait-il pas y avoir une infirmière pour prendre soin d'elle et veiller à son confort ?

Peut-être qu'elle dormait et faisait un horrible cauchemar… Ce devait être ça, un horrible rêve qui mélangeait réalité et fiction.

Il fallait qu'elle se réveille. Elle se concentra de toutes ses forces et s'ordonna : « Réveille toi, ouvre les yeux ! »

Mais rien.

Si j'hurle dans mon rêve, je devrais pouvoir me réveiller, non ?

Elle tenta de pousser un cri, mais elle n'émit qu'un faible grognement.

Il fallait qu'elle se rende à l'évidence, elle ne rêvait pas. Elle se trouvait consciente dans son corps paralysé.

Son cœur s'emballa. Comment était-ce possible ?

Un élan de révolte la gagna et elle tenta désespérément de remuer, n'importe quoi, un simple mouvement, même d'un doigt et elle serait heureuse.

Mais son corps refusait de lui obéir.

Un sanglot lui monta dans la gorge et vint mourir sur ses lèvres.

C'est alors qu'elle entendit des pas se rapprocher. Au moins n'était-elle pas devenue sourde ! Quelqu'un était avec elle, peut-être était-elle finalement dans un hôpital ?!

« Tu commences à revenir à toi ? C'est un peu tôt, mais ce n'est pas grave. »

La voix lui était connue. Que faisait-il là avec elle ? Elle aurait voulu lui poser la question, mais là aussi, aucune réaction.

« J'imagine que tu ne peux pas bouger ma chérie. C'est normal. C'est le principal effet de cette drogue, elle brouille les neurotransmetteurs, du coup les ordres donnés par ton cerveau ne parviennent plus à tes membres d'où une paralysie générale. De même, les sensations perçues par ton corps ne parviennent plus à ton cerveau qui ne peut plus les analyser non plus. Mais rassure-toi, ça ne devrait pas durer. »

Riza sentit comme des petits chatouillis.

Que faisait-il et qu'est-ce qu'il racontait ? C'était quoi cette histoire de drogue ?

« Ca va être un peu long à revenir, mais en attendant c'est pratique. J'ai besoin que tu gardes la pause comme ça encore un petit moment. Ca va, tu n'as pas froid au moins ? »

Mais de quoi parlait-il bon sang ? Sa voix bien que douce et posée lui glaçait les sangs.

Il eut un rire de gorge :

« Que je suis bête, tu ne peux pas me répondre. Bon, j'en ai presque fini, sois patiente encore un petit peu. »

L'homme se releva et regagna son chevalet sur lequel reposait une toile encore inachevée. On pouvait déjà y deviner l'esquisse d'une femme blonde, allongée nue sur un lit, les cheveux détachés flottant librement tout autour d'elle, une jambe fléchie, une main posée en travers de son ventre alors que l'autre tombait nonchalamment du lit comme pour toucher le sol.

L'homme prit sa palette et se remit au travail. Il lui fallait se dépêcher un peu avant que son modèle ne devienne réticent. D'un autre côté, il avait hâte qu'elle puisse ouvrir les yeux pour qu'il puisse en saisir l'expression.

Il en était tout excité d'avance.


Roy porta une énième fois son regard sur cette foutue pendule qu'il avait commencée à détester.

L'après-midi était bien entamée et toujours pas de Riza ! Etait-elle rentrée chez elle ? Elle ne pouvait pas croire qu'il avait réellement voulu flirter avec cette fille ce matin ! Les apparences étaient contre lui certes, mais n'avait-elle pas confiance en lui et en elle ? Elle ne pensait tout de même pas qu'après avoir passé cette nuit ensemble, il la jetterait ?

Si ?!

C'était leur faire peu d'honneur à l'un comme à l'autre que de croire cela.

Ce matin, il avait préféré partir tôt de chez elle pour ne pas être remarqué par quelque mauvaise langue qui irait tout de suite colporter la rumeur.

Comme il était encore vraiment très tôt, il s'était allongé sur son canapé et s'était endormi. D'où son retard.

Il avait presque couru pour venir au bureau, pressé qu'il était de la revoir. Il avait dû s'arrêter au début du couloir pour reprendre son souffle et se composer l'apparence calme et sereine qu'il affichait chaque jour. Et surtout prendre sur lui pour ne pas sauter au cou de Riza et l'embrasser devant tout le monde !

Avait-elle cru qu'il l'ignorait sciemment ?

Les femmes étaient parfois tellement compliquées ! Il avait toujours l'impression de devoir marcher sur des œufs avec elles ! Riza ne semblait pas échapper à cette règle…

Mais que faisait-elle bon sang ????

Et ce fichu rapport qui n'avançait pas. L'impression de passer à côté d'un détail important ne le quittait plus.

Il reprit les différentes dépositions des témoins pour en recommencer la lecture.

Il regarda une nouvelle fois les aiguilles de la pendule et poussa un juron.


Riza recommençait à sentir les sensations sur son corps. Par exemple, elle sentait la douceur des draps sur lesquels elle était allongée. Et ça ne lui avait pas vraiment fait plaisir.

Elle savait maintenant pourquoi elle avait froid. Elle était vraisemblablement entièrement nue, exposée à sa vue.

La peur et la rage se mélangeaient en un sentiment détonnant.

Elle ne pouvait toujours pas bouger, mais elle avait ouvert les yeux depuis peu et dardait un regard meurtrier sur celui qui l'avait mise dans cette situation.

« Tu es parfaite ma chérie. Même Jézabel ne faisait pas mieux. »

Riza aurait voulu l'insulter, mais elle ne pouvait toujours pas parler.

« Je parie que tu ne savais pas que je peignais. Je suis très doué. Tu veux voir ? »

Il fit pivoter son chevalet vers Riza. Le tableau était presque fini. A son grand déplaisir, Riza dut reconnaître qu'il avait un véritable talent. Le tableau aurait pu être magnifique si ce n'était elle le modèle !

« Tu ne savais pas que Jézabel avait posé pour moi ? Non bien sûr, sinon vous auriez agi différemment avec ton Colonel. »

Il cracha les derniers mots.

« Pourtant, elle l'a fait pendant quelques mois. Nous avons même été amants. Episodiquement bien sûr, elle voyait toujours un tas d'autres hommes, mais ils ne comptaient pas. »

Il marqua un long silence.

« Et puis, il a fallu qu'elle rencontre le beau, le grand, le tellement charmant, le si spirituel Colonel Roy Mustang ! Je pensais qu'elle serait plus intelligente que toutes ces péronnelles qui se pâment devant lui. Mais non ! »

Il arrêta de peindre pour la regarder par-dessus la toile,

« Ils n'ont passé qu'une nuit ensemble, et elle est tombée amoureuse. Lui n'en avait rien à faire d'elle, ce n'était pour lui qu'une histoire sans lendemain, alors qu'elle, elle venait pleurer sur mon épaule combien elle était malheureuse, elle le voulait, il le lui fallait à tout prix. Il l'obsédait complètement. »

Il reprit sa peinture.

« Ce n'était plus que Colonel Mustang par ci, Roy par là… J'ai voulu lui faire oublier, mais lorsque j'ai voulu l'embrasser, elle a éclaté de rire et m'a repoussé. Elle m'a craché à la figure que je n'étais pas à la hauteur de Roy Mustang et que jamais je ne lui donnerais du plaisir comme elle en avait eu avec lui ! Encore et toujours lui !!! Il ne cesserait jamais de se mettre sur mon chemin. »

Il serrait tellement fort son pinceau qu'il le brisa en deux dans un craquement sec. Il le regarda un instant avant de le jeter et d'en prendre un nouveau comme si de rien n'était.

« Je me suis mis à le haïr et elle avec, elle qui m'avait rejeté comme un moins que rien. Il fallait qu'elle paye et qu'il souffre. »

Tout en écoutant le récit de la montée de la folie de son kidnappeur, Riza essayait de toutes ses forces de bouger ses mains. Des fourmis lui couraient dans tout le corps, signe encourageant qu'elle allait en récupérer le contrôle. Dans un ultime effort, elle réussit à lever très légèrement un doigt…


Roy reprit la déposition que Jack avait faite à Riza lorsqu'elle avait été l'interroger seule.

Il relut l'écriture élégante de son premier Lieutenant, jusqu'au passage où elle reprenait la description de l'ishbal : grand, costaud, avec un accent de l'est. Pantalon de couleur sombre et tee-shirt à col roulé sous une veste marron.

Qu'est-ce qui dans cette description clochait ?

Roy lut et relut ce paragraphe en tapant la pointe de son stylo sur son bureau. La solution était là à portée de main, il le savait…


« J'ai commencé à la suivre discrètement un peu partout. Je l'ai vu faire lorsqu'elle se trouvait soit disant par hasard dans les mêmes lieux que lui. Elle devenait complètement exubérante alors, tout était bon pour attirer son attention. »

Riza se souvint de ce que lui avait dit Jack concernant Jézabel qui riait plus fort, toujours entourée de beaucoup d'hommes, mais dont le cœur n'y était plus… blessée par l'indifférence de Roy.

Penser à Roy lui ramena le souvenir de sa nuit avec lui et de l'affreuse matinée qu'elle avait passée à douter devant son apparente indifférence. Elle comprenait tellement mieux Jézabel à présent. Elle-même avait accepté d'accompagner le tueur de dépit lorsqu'il l'avait invitée. Comment aurait-elle pu se douter qu'elle se jetait dans la gueule du loup ? Jamais elle n'aurait pensé que le vrai coupable pouvait être lui.

Son attention se reporta vers l'homme qui parlait toujours. La colère déformait son visage, le rendant méconnaissable. La folie avait totalement envahi son cerveau. Riza se demandait comment il avait réussi à tromper son monde aussi longtemps. L'agneau s'était transformé en loup.

« C'est comme ça qu'un soir alors que j'avais suivi Jézabel au Hard Eight j'ai repéré cet ishbal qui ne quittait pas des yeux Mustang. Je l'ai vu intercepter la serveuse pour lui demander confirmation qu'il s'agissait bien de l'alchimiste de flamme. J'ai même entendu cette cruche lui révéler qu'il avait couché avec Jézabel ! Ma haine s'est décuplée à ce moment précis. Ma décision était prise. J'avais déjà pensé à un plan. Il ne me restait plus qu'à saisir la bonne occasion. »

Cette fois, il avait toute l'attention de Riza.

« J'ai continué à venir soir après soir dans ce bar, attendant ma chance. Et enfin, elle s'est présentée. J'ai vu l'ishbal accoster Mustang, celui-ci était déjà bien imbibé, je me suis rapproché du comptoir à côté de lui et pendant qu'ils discutaient, j'ai versé le GhB dans son verre. Personne ne s'est rendu compte de rien. Et je suis parti. J'ai attendu dans ma voiture que Mustang sorte à son tour. Il était groggy. Je l'ai suivi jusqu'à ce qu'il s'affaisse, alors je l'ai attrapé et fait grimper dans ma voiture. J'ai vu l'ishbal dans mon rétro qui cherchait Mustang partout et fulminait. Je ne crois pas qu'il m'ait repéré. Je suis ensuite passé chez Jézabel. Je savais où elle cachait le double de ses clés, je suis entré et je l'ai surprise dans son lit. Je me suis servie de son oreiller pour l'étouffer. Cette garce s'est défendue ! Elle m'a griffé sur les bras, mais c'est moi qui ai eu le dernier mot. La suite tu la connais. »


NdlA : la suite va venir rapidement. Je voulais vous demander votre avis cependant pour l'écriture de la fin de cette histoire. J'avais envie de faire quelque chose d'un peu plus "trash" (avec contenu sexuel et sanguinaire) et qui méritera très certainement un rating "T" voire "M". Est-ce que cela vous dérange et préférez-vous que je reste soft ? Ou bien, je me lâche totalement ?

N'hésitez pas à me donner votre avis.

Frip'