Adèle était en face de thomas. Il semblait démuni, perdu à son tour. Ses yeux imploraient qu'elle lui parle. Et en même temps semblait redouter ce qu'elle pouvait lui dire :

« Depuis quelques années, j'ai malmené tout le monde avec mon histoire… J'ai été égoïste. J'ai vécu à travers lui, à travers sa présence. Il avait raison, il a toujours raison, même mort on est toujours liés. Je pensais pouvoir me reconstruire aller de l'avant... Mais là, je ne peux pas, je n'y arrive pas. J'ai plus la force de continuer le travail, aider les gens… Je peux plus vous comprenez. J'ai basé ma vie entière sur Argos, le traquer… Encore et encore…mais là, plus rien à de sens, J'ai besoin de renouveau, pour moi pour Ulysse… »

Elle n'avait pas enlevé ses lunettes de soleil. Mais pour autant, thomas pouvait observés, les larmes coulées le long de ces joues, qu'elle n'avait même pas pris la peine de camoufler. Adèle était la devant lui, vulnérable comme jamais. Il avait du mal à comprendre après toutes ces épreuves qu'elle puisse lâcher aussi vite tout ce qu'elle avait réussi à construire... Mettre tout entre parenthèses et vouloir fuir à nouveau.

« Adèle, il est mort, c'est terminé… vous avez enfin le droit de vivre… de partager cela avec Ulysse…vous avez enfin le droit de vous laisser aller. Vous manquez à vos amis…vous me manquez…je…je ne pourrais pas continuer sans vous, tout ça, le boulot, la DPJ, ça n'auraient plus de sens, pour aucuns de nous d'ailleurs… On a appris à vous faire confiance. On a appris à vous connaître, comme vous avez appris de chacun de nous. Tout ça, ce n'est pas votre faute. Ça fait partie de vous, mais vous n'êtes en rien responsable des agissements de ce malade. Vous avez enfin le droit d'être heureuse. Pour de bon »

Thomas avait ouvert une partie de son cœur à adèle. S'il savait qu'il lui manquait aussi. Il avait pris soin de se rapprocher d'elle, petit pas par petit pas, évitant de la brusquer. Il était clairement qui a quelques mètres l'un de l'autre maintenant. Il pouvait la sentir. Il pouvait également sentir son chagrin, elle tremblait tant l'émotion était forte. Elle baissa la tête, semblant chercher quoi répondre. Vraisemblablement bloqué, il continua :

« Je suis désolée pour tout ça, je suis désolée pour ce que vous avez vécu. Mais ce n'est pas en vous infligeant toutes les erreurs du monde que ça ira mieux, faite le pour Ulysse…pour Sarah…faite le pour moi… »

Tentant le tout pour le tout, il attrapa une de ses mains. Essayant à nouveau de capter son regard. Il savait qu'à cet instant même, elle avait deux choix. S'enfuit ou rester et parler. Elle releva la tête, retira sa main et murmura :

« Je suis désolée…je ne suis pas prête… »

Elle monta dans sa voiture, et démarra. Rocher se retrouva seul, abattu, bras ballant. Il ne voulait pas la perdre à nouveau.