Les deux jeunes gens étaient donc arrivés. Drago était assez étonné de l'endroit. Il n'avait pas l'habitude de voir des maisons entassées les unes sur les autres. Et puis toutes les maisons se ressemblaient. Seuls les portails, la taille ou les couleurs pouvaient les différencier. Drago observa l'endroit. Les maisons étaient si différentes de son manoir. Déjà par la taille, elles étaient toutes beaucoup plus petites, même si c'était tout de même plutôt convenable. On voyait que toutes les personnes habitant ici avaient les moyens. Elles étaient aussi plus chaleureuses, peut être que cela venait des couleurs claires. Le manoir de Drago était plongé dans l'obscurité avec la dominance du noire. Ces réisdences inspiraient la confiance. Mais elles trahissaient aussi le caractère automate des moldus, ou du moins de ceux-ci. Dans le monde des sorciers, les maisons n'étaient jamais ressemblantes, chacune faite comme le propriétaire le souhaitait, même si bien évidemment un manoir reste un manoir. Ici, on dirait de simples copiés-collés les unes des autres. Les personnes devaient en être de même.

Drago se reprit et chercha du regard Hermione qui avait avancé vers une des maisons. Celle-ci était bloquée devant le portail noir.

Hermione était chez elle, ou du moins dans la maison où elle avait vécue durant toute son enfance. Cette maison avait bercé ses années en tant que moldu, là où elle retrouvait une vie "normale", elle devait jongler entre deux mondes, et cette maison était son point de repère moldu. C'était ici qu'elle venait pour prendre ses distances avec le monde magique, lorsqu'elle rentrait après certaines choses tragiques qui arrivaient à Poudlard ou dans le monde sorcier. Ici elle pouvait être loin de tout ça, faire une pause. C'était son endroit de repos, où elle trouvait tout le calme dont elle avait besoin. Mais voilà qu'aujourd'hui elle allait devoir faire entrer et vivre une autre personne. Une personne qu'elle avait détesté, qui lui avait fait vraiment du mal, une personne qui était l'une des raisons de son besoin de se retrouver dans cette maison pour s'éloigner de son autre monde. Aujourd'hui elle allait faire entrer Drago Malefoy dans son antre.

"Granger ? T'as un problème, tu t'es trompé de maison ? lança-t-il, sarcastique.

- Ferme là Malefoy !

- Ce n'est pas très gentil."

Hermione se retint de ne pas le frapper comme lors de leur troisième année. Elle n'osait pas pousser le portail, elle ne voulait pas entrer, elle ne voulait pas le faire entrer. Mais elle y était obligée, alors elle poussa le portillon, avança jusqu'à la porte d'entrée et pénétra dans la maison. Elle rejoignit le salon après avoir enlevé ses chaussures. Drago en fit de même avant de la suivre.

"Papa, maman, je suis contente de vous voir. Hum et bien je vous présente..., Hermione était gênée et n'osait pas dire son nom.

- Drago Malefoy, dit-il en serrant la main de M. Granger."

Monsieur Granger resserra la poigne qu'il exercé sur Drago et le dévisagea avant de se tourner vers sa fille.

"Hermione, Malefoy comme le...

-Oui, papa...

-Pourquoi lui ? Je ne veux pas qu'il reste dans cette maison !

-Papa !

-Non !

- Je n'ai pas le choix, c'est une directive du ministre.

- Et bien je vais aller le voir moi ce fichu ministre et lui expliquait que ce...garçon ne peut pas rester chez nous après ce qu'il t'a fait.

-Non papa, il restera là et tout se passera bien ne t'en fais pas, c'est du passé."

Monsieur Granger ne dit rien de plus, se contentant de fixer Drago d'un air accusateur, tandis que les joues d'Hermione venaient concurrencer le rapeltout de Neville. Elle se sentait si honteuse de la scène que venait de lui faire son père, et savait que Drago avait compris qu'elle s'était plainte à eux sur son comportement durant leur scolarité. Drago quant-à lui paraissait aussi gêné, et presque honteux, désolé ? Non ce ne pouvait pas être ça dans son regard. Hermione ne savait plus où se mettre et madame Granger dû le comprendre et tenta de calmer les tensions en proposant du thé. Alors que Drago allait accepter avec beaucoup d'amabilité, Hermione le coupa pour lui dire de venir avec elle, qu'elle lui montre où il dormirait. Il la suivit alors, montant à sa suite à l'étage portant son bagage très léger malgré tout ce qu'il comportait.*

"Tu dormiras ici Malefoy, j'ai changé les draps avant de venir te chercher, désolée ils ont beaux être lavés j'ai déjà dormi dedans, tu devras te glisser dans un tissu déjà souillé par mon être.

-Tu m'avais dis de ne faire aucune remarque, mais c'est toi qui l'ai fait.

- Tu penses à voix haute."

Drago souffla, il n'avait même pas pensé une telle chose. Et puis la voix ironique de la jeune fille était aussi blessé, maintenant Drago se rendait compte à quel point elle avait dû souffrir de toutes ces remarques. Il voyait tellement plus clair, la guerre l'avait tellement fait mûrir, il avait eu tant de temps pour réfléchir à tout ça, à lui, et aujourd'hui il culpabilisait.

"Je descends Malefoy, tu peux mettre tes affaires dans l'armoire, elle est vide. La porte donne dans la salle de bains de la chambre, j'y ai aussi fait de la place.

- Merci, susurra Drago alors qu'elle venait de passer la porte."

Hermione s'installa dans le canapé pour souffler un peu. La tension s'accumulait et elle ne savait pas comment gérer cette nouvelle situation pour le moins étrange. Elle devait vivre avec le garçon qu'elle avait le plus détesté durant Poudlard, celui qui l'avait insulté tellement de fois qu'elle ne pouvait pas compter. Il s'était toujours montré si méprisant et cruel, avec son air arrogant et son ton supérieur. Il avait été le plus dur avec elle. Mais le plus étrange dans tout ça c'était qu'il avait l'air différent. Il n'était plus le même, et ce comportement troublé Hermione, elle s'attendait à chaque fois à ce qui lui lance une critique acerbe dont lui seul avait le secret, la rendant encore plus méfiante.

Hermione fut finalement interrompue dans ses pensées par son père qui venait la rejoindre. Il avait l'air soucieux, était-ce par rapport au garçon qui cohabitait désormais avec eux.

"Comment peux-tu le laisser mettre les pieds ici, accepter qu'il vive avec toi ?

- Je n'ai pas vraiment le choix papa.

- Oui je sais ton ministre. Mais est-ce qu'il sait ce que tu as vécu pendant toutes ces années à cause de ce garçon ? Est-ce qu'il sait à quel point il t'a rendu malheureuse ?

- Papa, ce n'était rien, et c'est du passé maintenant.

- Ce n'était rien ? Mais Hermione, tu rentrais à la maison si soulagée de ne plus avoir à subir leurs insultes, notamment les siennes. On t'entendait pleurer la nuit, parce que tu ne pouvais plus contenir toute la souffrance qu'il t'infligeait. Dois-je te rappeler dans l'état que tu t'es mise lorsque tu as dû retourner à Poudlard en deuxième année parce que tu avais peur de devoir resubir ses insultes. Hermione tu en étais malade rien qu'à l'idée que tu allais devoir le revoir. Il était si cruel avec toi, il te traitait comme jamais personne ne devrait traitait quelqu'un d'autre. Il n'était pas seulement arrogant mais aussi cruel. Tu te souviens la discussion qu'on a eue pendant l'été te menant à ta cinquième année ? Je ne pourrais jamais oublier l'état dans lequel nous t'avons trouvé en rentrant du travail ta mère et moi. Tu étais assise en plein milieu du salon, tremblante, le thé répandu par terre, tu étais à bout de force, pleurant et t'excusant pour la tasse. Tu pleurais pour une tasse cassée, parce que tu étais à bout de nerf, parce que tu venais d'exploser, de relâcher toute la pression de ces quatre dernières années, parce que tu voulais te montrer forte devant lui pour ne pas que ce soit pire, parce que tu ne voulais pas montrer à ceux de ton autre monde à quel point c'était difficile pour toi. Parce que tu savais que ce serait pire maintenant parce que le mage noir était revenu et que tu n'étais plus la bienvenue, tu avais peur que ce soit pire avec ce blond délavé. Tu pensais que maintenant que le mage noir était revenu, il penserait qu'il aurait tous les droits sur toi et que tu ne pourrais pas supporter pire. Tu hurlais que ce n'étais pas ton monde, qu'ils avaient raison et que tu n'étais qu'un parasite là bas, à quel point tu étais inutile. Tu étais si brisé, et c'était de sa faute."

Hermione ne pouvait plus rien dire, les larmes coulaient sur ses joues, la tête sur l'épaule de son père qui lui aussi semblait brisé de voir de sa fille comme ça et de se rappeler le souvenir de sa crise. Hermione se souvenait bien évidemment de tout ça, jamais elle ne pourrait l'oublier. C'était parfois si difficile là-bas. Mais le pire était qu'elle ne devait pas flancher, elle ne le pouvait pas. Elle ne se l'autorisait pas parce qu'elle se sentait déjà chanceuse de n'être qu'une simple moldue, qui avait connaissance de l'existence de cet autre monde. Cette chance n'était pas donnée à tout le monde. Et puis il y avait ses amis, il ne pourrait pas comprendre. Eux, faisaient partie intégrante de la communauté magique, il ne pouvait pas s'en sentir exclu. Et surtout elle ne voulait pas les inquiéter. Il y avait Harry aussi, il vivait tellement d'horribles aventures qu'elle se devait d'être là pour lui, il avait le monde sur les épaules, elle n'avait pas le droit de se plaindre devant lui, elle se devait de rester forte. Et puis il y avait Malefoy et sa petite bande. La non plus elle ne pouvait pas craquer, ils sentiraient sa faiblesse et l'utiliseraient contre elle, ils s'en serviraient pour la mettre plus bas que terre. Non elle n'avait pas pu se le permettre, cette maison était le seul endroit où elle avait pu montrer sa faiblesse, où elle avait pu craquer.

Hermione repensait à tout cela, mais ce qu'elle était encore loin d'imaginer, c'est que Drago avait voulu descendre les rejoindre. Il s'était arrêté en entendant Hermione parlait à son père. Il s'était assis et avait entendu le long monologue du père. Il avait entendu cette voix brisé dire à quel point elle avait souffert par sa faute. Tout était de sa faute, il avait raison.