Merci à ceux qui ont lu et plus particulièrement à ceux qui ont laissé un commentaire.

Merci beaucoup à toi, grolleaueve!

ChicagoPDFire, je pense pas que tu auras la fin de ton suspense dans ce chapitre ;) !

Poc, poc, poc, poc. Il fait froid. Poc, poc. Une douleur aigue me brûle l'épaule gauche, j'y porte ma main. Je ressens une sensation au bout des doigts, un espèce de liquide visqueux inonde mes doigts et mon T-shirt. A ce moment, je me rends compte que mon gilet par balle a disparu. Mes paupières sont lourdes mais je dois absolument ouvrir mes yeux. J'ouvre légèrement et faiblement les yeux. Je vois rien. Je suis dans le noir, pas une once de lumière pénètre jusqu'à moi. Je me raidis. Je n'ai jamais été dans le noir depuis…. Je sens quelque chose bougé. Je bouge mon bras droit pour tâter le terrain. A ma droite, je sens uniquement du gros sable humide. Je passe difficilement mon bras de l'autre côté. Mes doigts atteignent une masse lourde et tiède. Il y a tissu dessus. Je continue de tâter, c'est un bras. Un bras. Il y a quelqu'un d'allonger à côté de moi, mais qui est-ce ? Aucun son n'arrive à franchir mes lèvres. Je réactive mes souvenirs.

- Unité 14 des Rangers, vous allez être envoyé en mission à l'extérieur de la base. Cette opération ne suivra pas le protocole habituel ni les missions habituelles. Des agents sous-couvertures nous ont permis de trouver la localisation Rachid Raja, le responsable une trentaine d'attentat au Sahel, il aurait été promu est voudrait maintenant s'attaquer à l'Europe par le biais de kamikazes. Il serait dans une ferme à 3 km de Deir ez-Zor. Demain matin, départ 2h00. Vous prendrez un avion qui vous parachutera à 7000 mètres à 5h00. Votre déplacement se fera ensuite uniquement à pieds sans lumières seulement avec la lune. Vous aurez environ 5 kilomètres à parcourir. Ils ne doivent ni vous entendre ni vous voir venir. Des questions ?

- Non, répondit l'unité en une seule voix.

Je comprend que j'ai été en opération avec mon unité.

Des craquements me sortirent de mes remémorations. Je pris la décision de fermer les yeux et de faire semblant de dormir, tout en observant discrètement la scène. Les voix se rapprochaient de plus en plus. Je sentis une légère chaleur sinisée dans ma prison. Mes geôliers sont à quelques mètres de moi, est-ce que je devrais agir ou rester comme ça à faire semblant de dormir ? Ou me réveiller et les affronter même avec mon état affaibli ? En me rappelant ce qui c'était passé la dernière fois, je décidai de rester dans mon état végétatif. Ils discutèrent quelques temps dans la pièce à quelques centimètres, me croyant peut-être mort ou en bonne voie. Je distinguais à peine le bras d'un des deux bougé. Il semblait pointer quelqu'un ou quelque chose, malheureusement je ne pouvais pas me retourner pour regarder dans cette direction. Je n'avais plus aucune notion du temps, je ne savais pas combien de temps ils sont restés à me/nous épier. Une fois sorti, je remarquai juste que ma gorge me brula. Depuis combien de temps, je n'ai pas bu, manger ? Depuis combien de temps je suis ici ? Où est mon unité ? Suis-je le seul survivant ? La personne à côté de moi est-elle morte ? Est-ce Billy, Robin, Matthew, Franck, Leo, Paul ou le commandant ? Ils ne peuvent pas être morts, ils ne peuvent pas mourir. Billy doit aller à Las Vegas pour parier et perdre toute sa solde. Il en parle depuis qu'on est arrivé ici, 4 mois. Robin doit survivre pour s'occuper de son chien, Melchior, et Leo doit avouer son homosexualité à ses parents. Et s'ils l'apprenaient, ces salauds qu'est ce qui lui feraient ? Paul est trop jeune. Il a seulement 21 ans. Je me demande toujours comment on peut être envoyé faire la guerre à un si jeune âge. Matthew doit assister à la naissance de son enfant, il a refusé de nous révéler le sexe, ça porte malheur. Même si on n'est pas forcément superstitieux en entrant dans l'armée, on le devient vite quand on y rentre surtout dans une unité d'élite. On fait tout pour s'accrocher à la moindre chance de survivre. Franck est le doyen de l'unité, il a 35 ans. Un âge qui pour la plupart signifie le début de la vie « sérieuse », dans notre métier c'est la fin, le début de la fin de notre carrière et peut-être la fin de notre vie. L'espérance de vie des Rangers est de 55 ans, énorme par rapport à celui des forces spéciales qui est 42 ans, même si les Rangers sont déjà une unité d'élite. Cette faible espérance est sûrement due au stress, aux nombreuses blessures, à la dureté du travail et au fait que des gamins soldats meurent. Au bout de plus de 5 ans de déploiement, on a 65% de chance de revenir. J'essaie de trouver la probabilité de survivre dans de telle condition, retenu captif par des terroristes et blessés. Un petit bureaucrate qui ne connaît rien à la guerre à bien dû la calculer. Il doit rentrer pour assister au match de baseball de sa fille et pour l'anniversaire de son fils. Son couple est en difficulté. Nous le savons tous. Nous connaissons tous la vie des uns et des autres. Sa femme souffre qu'il soit tout le temps en déplacement et qu'il puisse que très peu de nouvelles, en 12 ans de mariage et 15 ans d'engagement, il a été déployé l'équivalent de 5 ans, l'âge de son petit dernier. Sa femme est enceinte, tout le monde le sait, sauf lui, encore une question de superstition, il doit rester concentrer. Le commandant, c'est la première fois que je suis déployé avec celui-ci. Je suis nouveau dans l'unité, ils se connaissent depuis quelques temps déjà. Je me suis bien intégré dans l'unité et assez rapidement. Frank doit être témoin du commandant pour son mariage, 7 ans qu'ils se connaissent. Je connais Jay depuis 10 ans, je connais comment ces liens peuvent être forts. D'ailleurs est ce qu'il sait que j'ai disparu ? Qu'est-ce qu'il fait ? Il dort ? Peut-être qu'il mange une pizza ? Ou qu'il est en train de boire une bière au Molly's ? De penser me permet de ne pas penser au temps qui passe lentement ou rapidement, j'en sais rien. Ça me permet aussi d'oublier que je suis dans le noir. Je n'aime pas le noir depuis mon dernier déploiement, il faut que je m'occupe, que j'essaie de sortir, que je me repose, mes pensées commencent à s'embrouiller. Je veux juste sortir, sentir une dernière l'air sur mon visage, le soleil me brûler le visage, la pluie dégouliner sur mon visage, je veux vivre. Je reviens vite à la réalité, je suis enfermé, blessé à l'épaule, détenu par des terroristes pas connu pour leur clémence. Le froid me transperce, des petits gouttes d'eau gouttent dans la pièce, j'entends leur atterrissage incessant. Elles font toujours le même bruit : poc. Mon bras me fait mal, je n'arrive pas à appeler, ni à me retourner pour savoir s'il y a quelqu'un dans la pièce ou même toute mon unité. Je meurs d'envie de dormir mais je sais que si je suis blessé et que je m'endors, je risque de ne plus jamais me réveiller. Mes paupières deviennent de plus en plus lourdes, je tente de résister au sommeil mais il m'emporte petit à petit, je veux pas. Poc, poc, poc…..

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