Ça y est, enfin! Ce chapitre comporte une scène de SEXE! Mais oui, je sais, c'est la seule raison pourquoi vous avez continué à lire jusqu'ici, avouez donc.

Je vous avertis donc malgré tout. La lecture comportera des moments TRÈS explicites. Et TRÈS tordus aussi. Parce que c'est un peu ça le plaisir des Fanfics, non?

Donc, coeurs sensibles s'abstenir, et pour tous les autres profitez bien de ma délinquance.


Poe eut une première surprise sur la route vers les appartements de la reine Doreah. Elle aussi résidait plusieurs mètres sous le niveau de la mer. Ces réseaux sous-marins ne sont pas tant des lieux de confinement, mais plutôt des bunkers confortables et élaborés, pour se cacher ou se protéger d'un assaut à la surface.

Un des gardes ouvrit une porte, et fit signe à Poe de la franchir. Il s'exécuta. La porte se ferma derrière lui. Il était seul.

La pièce était ovale, immense et luxueuse. Comme une grande cloche de verre, appuyée sur un sol fait de marbre luisant. Tout était dans les tons de noir et d'indigo. L'éclairage était tamisé, reposant.

- Pas mal! Un peu lugubre, mais original.

À l'autre bout de la pièce, il vit Doreah s'approcher de lui, vêtue d'un long peignoir en soie. Elle tenait dans les mains deux verres d'un alcool ambré et luminescent.

Poe croisa les bras derrière son dos, impassible. Il avait bien l'intention de jouer les impertinents. C'était le meilleur moyen qu'il imaginait pour ne pas laisser ses pensées vaguer dans des zones dangereuses.

- Comme ça, vous vouliez me voir?

- Vous avez mis fin à ce dîner un peu trop vite. Nous avions encore tant à discuter, capitaine Dameron.

- Oui c'est vrai, je suis parti avant de vous donner mon appréciation sur les hors-d'oeuvre. Toutes mes excuses.

- Poe. Je peux vous appeler Poe? Si j'ai demandé à vous voir, c'est pour trouver un moyen de vous sauver la vie. Suite à notre rencontre, tous les membres du Conseil ont décidé qu'il vaudrait mieux de vous faire exécuter.

- Ça alors, je leur ai laissé une très mauvaise impression on dirait.

Elle lui présenta l'un des deux verres. Il hésita, s'en empara, mais n'en pris pas de gorgée.

- Vous devriez boire un peu, vous en avez besoin. Vous êtes vraiment dans le pétrin, Poe. Mais voyez-vous, en mes qualités de reine, j'ai pu m'opposer à votre mise à mort.

- Et pourquoi cela?

- Oh, vous savez, je n'aime pas trop la violence.

- Non, vous préférez manipuler les gens.

- Et vous, vous êtes si simpliste.

Doreah commença alors à tourner lentement autour de Poe, comme un prédateur avec sa proie.

- Vous me trouvez menaçante, Poe?

- Non.

- Oh c'est vrai. Vous aimez les femmes de pouvoir, les fortes têtes.

- Je les trouve beaucoup plus intéressantes, en effet.

Elle glissa un doigt le long du pli de son pantalon en continuant de valser nonchalamment autour de lui.

- En apparence, vous faites tout pour atteindre cette image du parfait petit champion, le fils à maman, le premier de classe, le héros aux grands idéaux. C'est pour cela que vous aimez tant les femmes de pouvoir. Vous fantasmez à l'idée de les posséder un moment. Qu'elles vous disent à tête renversée, les joues roses, à quel point vous êtes un bon garçon.

- Quelle clairvoyance, ironisa-t-il.

- Et moi je vous plais, non? Mais ce n'est pas parce que je suis une reine et que je dirige cette planète. Non, c'est autre chose. Je vous plais parce que vous me désavouez. Ça doit être difficile de toujours être exemplaire. Vous souhaitez libérer vos impulsions refoulées, me donner la correction que je mérite. Est-ce que je me trompe?

Les joues de Poe s'enflammèrent et son coeur s'emballa alors que la rencontre se précipitait totalement ailleurs. Il ne pourrait pas résister longtemps à ses avances directes.

Elle rapprocha son visage du sien. Il pensait qu'elle allait l'embrasser, mais elle ne fit que lui chatouiller l'oreille de son souffle.

- Pourquoi ne pas vous déshabiller, Poe?

Elle recula, et s'allongea sur une ottomane, prête pour la suite.

Poe prit enfin une gorgée de son verre et le déposa. Il s'exécuta; il retira sa blouse et fit un pas vers Doreah.

- Oh, non non non. Vous enlevez tout.

C'était donc un jeu de domination. Il accepta l'invitation à se prêter à la danse. Il retira tous ses vêtements en prenant son temps, pour ne pas gâcher le plaisir.

Il se tenait nu devant elle, fébrile, mais calme. Elle l'observa de la tête aux pieds comme un butin, tout en prenant une gorgée de son verre.

- Allongez-vous sur le lit.

Il fit ce qu'elle demanda. Dressé sur ses coudes, il attendait qu'elle vienne le rejoindre.

Elle se leva, mais se dirigea plutôt vers un immense vase à quelques pas du lit dont elle retira le large couvert. En sortirent alors de grandes branches élancées aux couleurs violacées.

Ces larges tiges se mouvaient drôlement vite pour un végétal…

C'étaient des tentacules! Les tentacules d'un gigantesque mollusque! Un Bor Gullet? Non, c'était impossible.

Trop tard. Deux grands appendices s'enroulèrent autour de ses avant-bras et de ses épaules, le clouant au lit.

Il tentait bien que mal de ne pas se laisser emporter par la panique. Il n'avait jamais vu un Bor Gullet auparavant, mais en avait souvent entendu parler. C'étaient des créatures qui infiltraient votre tête; on en trouvait dans certains centres carcéraux pour interroger les prisonniers. Mais de tout ce qu'on lui avait dit sur eux, nul doute qu'ils étaient laids et dégoûtants. Celui-ci était élégant et gracieux.

- Il est magnifique, non?

- On peut pas faire ça simplement? Juste vous et moi? Il est un peu intimidant votre ami.

- Ce serait d'un tel ennui…

Plaqué sur le lit, Poe tenta en vain de se redresser.

Doreah retira son peignoir. Sa peau blanche et laiteuse était magnifique. Ses longs cheveux noirs cascadaient le long de son corps, lui conférant l'allure d'une nymphe des mers.

Un tentacule l'enlaça et la caressa longuement entre les jambes.

Poe se contracta. Que venait-il d'éprouver? Il était soudainement haletant, extasié, comme si la créature était en train de le caresser, lui aussi.

Ses sensations se compartimentèrent. Il ressentait en superposition ses propres perceptions et celles de Doreah, tout à la fois. Le Bor Gullet les connectait.

- Woh… soupira-t-il, subjugué.

- Alors, est-ce qu'on continue? Mon ami te plaît finalement?

Doreah s'engagea à son tour sur le lit. Le mollusque ne relâchait pas la prise qu'il avait sur Poe. Il restait captif, incapable de bouger. Doreah caressa son entrejambe, ses testicules puis son pénis, de plus en plus redressé. Elle lui offrit une vigoureuse fellation avant de se relever et de le surplomber. Elle s'accroupit et fit lentement pénétrer le sexe de Poe en elle. Ils eurent tous les deux le souffle coupé un moment, leurs sensations mutuelles galvanisées par leur connexion psychique. Ce fut comme avoir un orgasme sans qu'il ne soit survenu.

Elle se servait de lui comme un objet. Totalement impuissant, incapable d'interagir avec Doreah alors qu'elle profitait de son corps. C'était lui qui subissait la correction. Il dut se l'avouer, ça l'excitait.

- Embrasse-moi.

Il la supplia, le menton levé. Il n'en pouvait plus d'être passif. Il voulait caresser ses hanches, lui mordre les seins. Il voulait la voir jouir. Et il savait qu'elle en avait envie, il pouvait le sentir.

Elle plongea plutôt ses doigts dans la bouche de Poe tout en continuant de se cambrer lascivement sur lui.

Il sentit enfin la pieuvre relâcher sa prise et il se redressa férocement en s'agrippant à Doreah. Ils s'embrassèrent dans le désordre de leurs corps emmêlés aux membres de la créature.

Il la posséda de nombreux coups de bassin de plus en plus intenses en suivant une suite chaotique de positions. Le Bor Gullet se plaisait à freiner leurs ardeurs lorsque l'un d'eux frôlait le spasme ultime, créant une éternelle boucle d'euphorie suivie d'une subite privation.

Poe surplomba Doreah et la plaqua sur le dos. Elle lui empoigna les fesses à deux mains et glissa discrètement un doigt dans l'orifice de Poe. Il la dévisagea, les yeux ronds de surprise, et soudainement inquiet que Doreah ait à ce point accès à la portée de ses envies.

Cela amusait manifestement la femme. Il se crispa contre elle alors qu'un tentacule entreprit de le pénétrer. Il grogna à la fois de douleur et de félicité, partagé par la révulsion et le fantasme de se faire sodomiser par une créature inconnue.

Sensible à sa vulnérabilité, Doreah caressa ses cheveux détrempés avec tendresse. Son corps était perlé de sueur. Il continuait de lui faire l'amour malgré son épuisement. Il était à bout de souffle.

Ce fut que quelques instants plus tard que la créature leur offrirent la grâce de pouvoir enfin atteindre l'orgasme. Ils poussèrent tous les deux des cris de soulagement, alors que le Bor Gullet retourna tranquillement dans sa tanière de verre, repu.

Essoufflé, les jambes molles, Poe se redressa et chercha à marcher jusqu'à ses vêtements. Il était si tenté par la fraîcheur du sol en marbre qu'il finit par s'y allonger en riant.

Doreah vint lui présenter son verre qu'il avait entamé il y a de cela ce qui lui semblait avoir été une éternité. Il s'assied et se retint de ne pas tout boire d'un coup tant il était assoiffé.

Doreah prit place sur l'ottomane derrière lui d'une humeur tout aussi resplendissante que lui. Ils étaient deux enfants qui venaient de faire un très mauvais coup.

Il appuya son dos contre le rebord du meuble bas, la tête posée sur l'une des cuisses de Doreah. Elle lui caressa le visage.

- J'ai tout de suite su qu'on finirait par s'entendre.

Ce qui ne manqua pas de faire ricaner Poe.

- Je crains malgré tout qu'on ait certains différends impossibles à réconcilier.

- Et cela te fait rire?

- La créature m'a permis de lire aussi dans ton esprit pendant un moment. Tu as peur. Cette guerre te fait peur. Tu as perdu beaucoup de gens que tu aimes par le passé, et l'idée de tout perdre à nouveau te terrifie. C'est pour ça que tu as créé Azamo. Est-ce que j'ai raison?

Doreah ne répondit rien. Il sut alors qu'il avait visé dans le mille. Il continua.

- Tu sais, moi aussi tout cela me fait peur. J'ai perdu mes parents, et je perds des amis tous les jours à cause de tout ça. Mais c'est pour ça que je me bats. Je ne peux pas rester les bras croisés. Je suis prêt à donner ma vie pour qu'on ne finisse pas à nouveau dans une dictature.

- C'est un combat qui ne finira jamais, tu dois le savoir? C'est une roue qui tourne sans arrêt. Le mal revient toujours, d'une manière ou d'une autre. Si tu meurs pour tes idéaux, alors tu meurs pour rien.

- Je préfère me battre en sachant que je fais tout pour protéger la justice, plutôt que de ne rien faire.

- Et pourtant je fais exactement la même chose ici. Je protège ce en quoi je crois. Notre galaxie ne sera jamais à l'image de mes aspirations, alors j'ai décidé de tout créer par moi-même.

Poe expira bruyamment, exaspéré. Ni l'un ni l'autre ne pourra être raisonné.

- Alors, me laisseras-tu partir d'ici en vie? demanda-t-il en se mordant les lèvres.

À ce moment, le portail de la chambre s'ouvrit en un fracas. Paniquée, un blaster au poing, Rey pénétra dans la pièce, prête à tirer sur la première menace. Elle pointa immédiatement son arme vers Doreah, puis constata avec stupéfaction qu'ils étaient tous les deux nus.

- Poe? Qu'est-ce que tu fais?