Bonjour à tous !

Voici la suite, avec la fameuse réponse à la lettre envoyée par Sumireko. N'hésitez pas à me faire part de vos commentaires.

Bonne lecture.


Chapitre 2 : La visiteuse de Poudlard

Sumireko était assise dans le salon de l'appartement familial, attendant en compagnie d'une femme plus âgée aux courts cheveux noirs.

La baie vitrée donnait sur la ville, mais les stores inclinés diminuaient considérablement la visibilité, de façon à limiter l'impact des rayons du soleil sur les fenêtres.

Malgré cela, la température extérieure était étouffante. A l'intérieur de l'appartement, la climatisation tournait à plein régime, essayant de rafraîchir l'air dans cette pièce.

Les rares rayons du soleil estival traversant les vitres donnant sur le balcon, projetaient une douce lueur dorée sur la table du salon.

Les rayons de lumière frappaient les bouteilles de saké et de boisson fruitée, traçant de splendides reflets argentés sur le bois verni, tandis que le liquide contenu dans les bouteilles dessinait des rosaces.

Sumireko et sa mère attendaient, observant calmement l'horloge murale, dont l'écran aux cristaux liquides indiquait qu'il ne restait que quelques minutes avant l'arrivée du visiteur tant attendu par la jeune fille.

Elles étaient calmes, bien que Sumireko s'éventait légèrement à cause de la lourdeur de l'atmosphère qui pesait sur la région.

Sa mère restait relativement passive, attendant calmement avec une expression lasse qui exaspérait intérieurement Sumireko. Cette femme avait toujours été trop douce et trop écrasée, n'évoluant guère en société. Son existence se limitait à se consacrer à sa fille et à accomplir les tâches subalternes de ses employeurs, dont le salaire minimum payait à peine les factures. Sans la pension alimentaire versée par son ex-époux, elle n'imaginait pas comment elle pourrait éduquer sa fille.

Cependant, Sumireko savait que sa mère n'était pas idiote. C'était une femme simple, mais extrêmement aimante et se souciant profondément de sa fille. Elle voulait le meilleur pour son enfant et faisait beaucoup de sacrifices pour cette adolescente.

Les deux restèrent silencieuses, n'ayant guère de choses à se dire. Sumireko fixait le mur, avec une expression pensive. C'était comme si elle voyait une chose surnaturelle, mais que personne ne pouvait voir et sa mère ne souhaitait pas la déranger lorsqu'elle était dans cet état. Sumireko était si tendue que la sortir brutalement de sa torpeur pouvait être assez dangereux.

Lorsque quelqu'un sonna à la porte, Sumireko fut sortie de son état second. Elle cligna plusieurs fois des paupières, revenant à la réalité, avant de se lever. Elle réagit spontanément, sans attendre le moindre mot de la part de sa mère.

La jeune fille à la robe carrelée traversa l'étroit corridor, saisissant la clé déposée dans une panière en osier. Elle déverrouilla deux verrous et ouvrit alors la porte, observant la femme âgée qui lui faisait face.

- Bonjour Madame, salua la jeune lycéenne en la détaillant soigneusement. A qui ai-je l'honneur ?

- Je suis le professeur McGonagall, se présenta la femme vêtue d'une tenue de tweed typiquement écossaise, s'appuyant sur une canne à pommeau rond. Je souhaiterais m'entretenir avec Mademoiselle Usami Sumireko et sa famille, à propos de sa lettre d'inscription à l'école de Poudlard.

- C'est moi, répondit la jeune fille en rehaussant ses lunettes qui glissaient sur son nez. Entrez, je vous prie.

La jeune fille s'écarta, laissant entrer la femme aux cheveux gris impeccablement noués en un chignon serré.

Sumireko referma la porte, avant d'inviter la femme à passer dans le salon de leur appartement meublé d'une façon extrêmement sobre et fonctionnelle.

Les yeux verts de la dame âgée observèrent rapidement les environs, avec une discrétion qui lui éviterait de passer pour une bête curieuse. Elle nota les équipements électroménagers dernier-cri, tout comme le mur lambrissé orné de bibelots et de rouleaux typiques du pays dans lequel elle se trouvait. C'était un mélange de moderne et de traditionnel, suffisamment bien dosé pour ne pas être trop contrasté et ridicule.

Une petite dame brune était assise sur un canapé. Dès que McGonagall entra dans le salon, la femme se leva et s'inclina respectueusement, invitant la femme âgée à s'installer.

- Maman, interpella Sumireko, il s'agit du professeur McGonagall, de l'école de Poudlard.

- Bonjour, honorable enseignante, salua la mère en la laissant prendre place. Souhaitez-vous un rafraîchissement ? J'ai de l'eau, du thé ou du saké, si vous le désirez.

- Du thé, je vous remercie, indiqua la femme aux lunettes carrées.

Aussitôt, la mère encore vêtue d'un costume de travail se retira dans la cuisine, laissant l'écossaise seule avec la lycéenne.

Sumireko semblait très différente de sa mère, nota la femme aux cheveux gris. Elle avait le regard vif, une stature raide et qui exsudait la confiance, voire l'arrogance. Plus que tout, elle semblait attendre et observer, comme si elle voyait quelque chose d'inaccessible au commun des mortels. C'était comme si elle pouvait lire les gens et en savoir beaucoup sur eux rien qu'en les regardant.

Quelques minutes plus tard, la femme divorcée revint, offrant une tasse à son invitée, qu'elle emplit d'un liquide ambré.

Une fois son invitée servie, la mère se rassit, avant d'observer cette femme à la stature légèrement carrée, dont les traits étaient aussi durs que les côtes de ses terres natales des Highlands.

- Si je comprends bien, Madame, commença la mère de Sumireko en abordant véritablement le sujet, vous souhaitez offrir une place dans votre établissement à ma fille, c'est bien ça ?

- C'est exact, répondit McGonagall. Poudlard est une école très sélective et en général, peu d'étudiants étrangers peuvent y accéder. Cependant, il nous est apparu que votre fille disposait d'aptitudes si spéciales, que des dispositions particulières peuvent être prises pour elle.

Sumireko observa sa mère, lui adressant un petit sourire complice, comme un code qu'elles partageaient.

- Madame, reprit la myope, je souhaiterais savoir quelles sont les disciplines enseignées et les opportunités offertes par votre établissement. Je suis actuellement scolarisée au collège de Hibiya, qui offre une formation d'excellente qualité. Vous n'êtes pas sans savoir que notre système scolaire est très sélectif et qu'il est particulièrement difficile de s'inscrire dans un établissement. Si j'acceptais de faire une année de scolarité dans un établissement étranger, ce qui serait une expérience très enrichissante d'un point de vue éducatif, je ne suis pas certaine de pouvoir retrouver une place ici l'an suivant. Comprenez que si les programmes sont différents, que si je venais à prendre du retard, j'aurais des difficultés à poursuivre ma scolarité. Je ne peux pas me permettre de compromettre ma réussite.

- Je comprends vos inquiétudes, tempéra McGonagall. Cependant, notre formation est l'une des meilleures au monde, comme en témoignent les résultats académiques de nos diplômés. Près de 96 % d'entre eux parviennent à trouver un emploi l'année de leur sortie sur le marché du travail.

Le regard de Sumireko sembla luire d'un éclat amusé, tandis qu'elle saisit son verre, contenant une boisson fruitée légèrement alcoolisée.

- Vraiment ? demanda t-elle en faisant tourner la boisson en l'agitant doucement. Pourtant, lorsque j'ai fait mes recherches, je n'ai trouvé aucune trace de votre établissement. J'ai contacté des ambassades, des sites internet et des services éducatifs, mais j'ai fait chou blanc. C'est ... curieux, non ? minauda t-elle en avalant une gorgée de cette boisson fraîche.

- C'est prudent, la contredit la femme à la longue robe verte ornée de motifs rappelant celui d'un tartan. Poudlard n'est pas une école ordinaire, commença t-elle en songeant qu'il allait falloir briser les incrédulités de ses interlocuteurs. C'est une école de magie.

La jeune fille plissa ses yeux noisette, passant une main devant sa bouche, chassant une de ses couettes châtain.

- Ainsi ces rumeurs étaient vraies, murmura t-elle en réfléchissant intensément. Il y en a d'autres ...

- Vous ne semblez guère choquée, s'étonna McGonagall.

En général, on la regardait avec incrédulité et elle devait faire un exemple. Transformer une table en cochon donnait d'assez bon résultats et parvenait à convaincre les plus récalcitrants.

- Sumireko est spéciale, répondit doucement sa mère, osant enfin intervenir. Elle voit des choses que personne ne peut voir, elle comprend très vite et ... elle a des pouvoirs spéciaux. C'est une explication.

La sorcière se détourna de la mère et observa la jeune lycéenne, qui était toujours en pleine réflexion. Sumireko se pinçait le menton, tout en arborant une mine impassible.

A cet instant, McGonagall aurait bien aimé pouvoir lire le regard de la plus jeune, mais ses lunettes reflétaient un éclat provenant d'une lampe, dissimulant l'expression emplie de curiosité en son regard.

- Je comprends, sourit l'adolescente en adoptant une expression avenante simplement par formalisme. Je suppose qu'il pourrait être intéressant de maîtriser ce pouvoir et de mieux le comprendre. Que pouvez-vous me dire de plus sur Poudlard ?

- L'école est-elle sûre ? s'inquiéta sa mère d'un ton légèrement anxieux, interrompant sa fille. Même si je sais que Sumireko est très indépendante et capable de prendre soin d'elle-même, je nepeux m'empêcher de me soucier d'elle pour qu'elle soit dans un envionnement scolaire sécurisé.

L'écossaise insista sur la sécurité, les informant tout de même de l'existence de la forêt interdite et du lac situés hors des murs de la forteresse, rappelant qu'aucun étudiant n'avait le droit de s'y rendre sans être accompagné.

- C'est, après-tout, un lieu dangereux. Les endroits les plus profonds abritent centaures et licornes, avoua t-elle, taisant l'existence d'araignées géantes et de loups garous puisque personne n'était sensé s'y aventurer.

- Les licornes existent ? s'extasia Sumireko, se levant précipitamment avec des étoiles dans les yeux.

- Bien entendu, sourit la femme aux traits austères. Cependant, étant donné les puissants enchantements entourant Poudlard, beaucoup de ces êtres préfèrent se tenir loin des champs de force et des enchantements du château.

- L'école est donc dans un château ? questionna Sumireko. Comment est-il ? Est-il ancien ?

- Poudlard a été fondé il y a plus de mille ans, par quatre des plus grands sorciers médiévaux, à savoir Gryffondor, Pouffsouffle, Serdaigle et Serpentard. Aujourd'hui encore, leurs enchantements fonctionnent toujours et imprègnent encore les murs du château.

Lorsqu'elle eut fini sa phrase, McGonagall sembla gênée par l'expression lisible dans le regard de Sumireko. L'étudiante avait gardé son sourire cordial, mais le désir avait fait une obsédante apparition dans les prunelles noisette. Il semblait que la jeune fille soit subitement intéressée et qu'elle cachait quelque chose. Ce n'était pas juste l'idée de maîtriser sa magie et de profiter d'un environnement ancien, il y avait quelque chose d'autre qui l'intéressait. Etait-ce les noms qu'elle avait cité ? Serait-ce la mention d'enchantements, voire la durée de leur existence qui avait éveillé la curiosité de la japonaise ?

McGonagall n'en sut pas plus, mais ce qu'elle lut dans le regard de la jeune ne lui plut que très modérément. Elle avait trop vu ce genre de lueurs dans les yeux de nombre d'élèves ayant mal tourné.

- Votre école m'intéresse, répondit sobrement Sumireko, feuilletant distraitement le feuillet indiquant les différentes matières et le programme.

McGonagall n'était pas dupe. Même si l'adolescente n'avait pas trouvé d'intérêt à ces disciplines, elle aurait tout de même dit la même chose. La vieille écossaise avait deviné que quelque chose avait attisé la curiosité de la jeune élève au plus haut point, sans pour autant deviner quoi.

Sumireko pasa quelques questions, beaucoup plus diverses, tandis que sa mère resta assez passive. Elle se contenta de poser de banales questions, Sumireko faisant le reste.

McGonagall observa les deux femmes et commença à se demander si la plus jeune ne parvenait pas à dominer sa mère, bien qu'aucune magie n'imprègne l'atmosphère. C'était comme si la mère avait une personnalité si terne et effacée, qu'elle était naturellement réceptive à l'influence exercée par sa fille.

- Maman, déclara la jeune fille à la robe violacée, je veux effectuer au moins une année d'études à Poudlard.

- Si c'est ce que tu souhaites réellement, répliqua mollement sa mère. Tout ce que je veux, c'est ce qu'il y a de meilleur pour toi. Si tu arrives à ne pas prendre de retard dans tes cours, je ne m'oppose pas à ce que tu suives un programme différent à l'étranger. Tout ce que je te demande, c'est d'être prudente et de prendre soin de toi.

Sumireko se tourna vers l'enseignante, qui l'observait avec un regard inquisiteur.

- Je souhaiterais pouvoir officialiser l'inscription et surtout connaître toutes les modalités pour acheter mes fournitures et me rendre dans votre établissement.

L'enseignante lui conta tous les secrets pour atteindre les lieux secrets, là ou magiciens se rendaient et vivaient loin des regards des moldus, terme assez péjoratif qu'ils employaient pour nommer les personnes dépourvues de pouvoirs magiques.

Sa mère ne dit rien de plus, avec un manque de tonus qui inquiéta McGonagall. Cependant, l'enseignante n'avait rien à dire. Elle n'allait pas s'introduire dans la vie privée et dans l'esprit des gens. Elle détestait empiéter dans l'espace personnel de toute personne, quelle qu'elle soit.

Finalement, McGonagall remit un formulaire à la japonaise. La collégienne traça son nom, l'écrivant tant en kanjis qu'en caractères occidentaux, paraphant le pied du document, avant de lui sourire.

- J'ai hâte d'être à la rentrée, professeur, s'extasia alors Sumireko en lui rendant le document d'inscription.