Bonjour à tous !

Voici la suite, avec l'arrivée de Sumi-chan et ses premiers pas dans le monde sorcier.

Bonne lecture à tous !


Chapitre 3 : Le chemin de Traverse

Sumireko somnolait encore, les paupières closes et l'esprit brumeux, lorsque l'hôtesse s'approcha d'elle.

La japonaise ressentit la présence de cette femme en son esprit, comme une déformation ondulant dans sa psyché. L'hôtesse prononça quelques mots incompréhensibles à son oreille. Surprise dans son sommeil, Sumireko ouvrit lentement ses paupières, marmonnant involontairement un « Gomenasai » à l'adresse de la femme.

L'hôtesse comprit le mot et s'adressa immédiatement à la touriste en utilisant la langue natale de la jeune fille, lui indiquant qu'elle devait boucler sa ceinture pour l'atterrissage.

La voyageuse s'exécuta et une heure plus tard, Sumireko quittait l'aéroport de Heathrow, tirant sa grosse valise. Elle héla un des fameux cabs britanniques et soupira de soulagement en se défaussant de sa malle, s'asseyant sur un siège de cuir parfaitement nettoyé.

Assise dans le taxi noir, elle se laissa tomber, les bras ballants. D'un ton las, elle demanda au chauffeur de la conduire à Charing Cross Road, plus précisément au numéro 84.

Le véhicule avança doucement au milieu de la circulation dense, circulant dans les larges artères de la capitale britannique. Sumireko reconnut une part du trajet, pour être déjà venue à Londres l'année précédente, passant par le même aéroport avant de se rendre vers un hôtel, le temps de se reposer pour aller visiter Stonehenge. Elle repassa devant la fameuse colonne Nelson sur Trafalgar Square, observant le pilier blanc qui se dressait et s'élançait vers les cieux.

Le taxi s'aventura dans une rue adjacente, s'enfonçant dans le labyrinthe d'avenues. La voiture au chauffeur silencieux poursuivit son trajet en douceur, menant finalement la japonaise à sa destination.

Sumireko remercia poliment le conducteur et paya la course en laissant un léger pourboire, tout en se retenant de soupirer à propos de cette tradition exotique consistant à payer plus que ce qui était prévu.

Elle préféra ne rien dire de plus et se contenta de partir, tirant sa lourde valise jusqu'à un pub situé entre une librairie et un disquaire.

Autour d'elle, personne ne semblait faire attention au pub, comme s'il n'existait pas. Des clients entrèrent dans le magasin de musique et de DVD, mais le petit bistrot semblait invisible.

Lorsque la jeune fille poussa la porte, elle fut assaillie par une forte chaleur, mêlant une odeur amère de bière et un parfum acre de fumée, auquel se mêlait un relent de sueur.

Sumireko grimaça, mais lorsqu'elle s'essuya le front, elle remarqua une auréole sur sa robe et songea qu'elle n'était pas non plus dans un état très reluisant. Elle frotta ses yeux, dont l'épuisement était tel qu'ils ressemblaient plus à de simples fentes, avant de se diriger vers le comptoir, là où plusieurs personnes sirotaient des boissons fortes.

Sumireko s'avança, toujours coiffée de son chapeau noir, avant d'interpeller le tenancier au ventre proéminent.

- Excusez-moi, hélà t-elle. Je souhaiterais une chambre pour au moins une nuit.

- Bien entendu, répondit le patron en dévoilant une bouche édentée, pour le plus grand dégoût de la japonaise. Je suis Tom, pour vous servir. Souhaitez-vous une chambre avec petit déjeuner inclus ?

- Oui, je vous remercie, répondit-elle avec formalisme. Combien ça coûte ? demanda t-elle en bâillant légèrement, passant sa main devant sa bouche pour ne pas leur offrir le dégoûtant spectacle de ses amygdales.

Le tenancier, au crâne rond et bombé comme une noix, lui indiqua le prix et la jeune fille sortit une pièce d'argent de sa poche, avant de le suivre.

Elle monta les marches, tirant sa lourde valise, avant que le barman ne lui offre de l'aide, lui suggérant de faire léviter la lourde malle pour ne pas avoir à se fatiguer davantage.

Sumireko se frappa le front. Elle était dans un monde magique, là ou l'usage de ses pouvoirs ne serait pas répréhensible et ne lui vaudrait pas d'être traquée par des services secrets.

L'asiatique se concentra et claqua des doigts par réflexe, faisant flotter sa valise derrière-elle, à une trentaine de centimètres au-dessus du sol.

- Vous n'avez pas de baguette ? s'étonna Tom. Pourtant, tous les élèves de Poudlard en ont une.

- Je suis nouvelle, répondit Sumireko. Je n'ai pas encore de baguette et ce sera ma première année à Poudlard. Cependant, j'ai dix-huit heures de voyage derrière moi et tout ce que je veux maintenant, c'est une bonne douche et un bon repos.

Tom ouvrit la porte, présentant une petite chambre prévue pour une personne. Il y avait un lit avec un édredon épais, tandis que le parquet, les lambris et les poutres apparentes correspondaient à l'idée qu'elle se faisait d'un cottage typiquement britannique.

- Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas à demander, déclara l'homme avec un sourire affable.

- Merci, répondit la jeune fille, alors que Tom refermait la porte, plaçant la clé à l'intérieur de la pièce.

Sumireko ferma la porte à clé, avant de se diriger vers la petite salle de bain. Après une rapide douche fraîche, elle se vêtit d'une simple nuisette, avant de s'effondrer dans les draps, s'endormant comme une masse de plomb.

De nombreuses heures plus tard, un rayon de soleil taquin franchit le petit interstice entre les rideaux pour venir lui titiller les paupières.

La lycéenne gémit, se cachant avec ses bras, tandis que des coups furent portés contre la porte.

- Quoi ? gémit-elle avec une voix lasse, observant sa montre à aiguilles, tandis qu'elle sentait sa bouche pâteuse. Il est à peine 21 h 30.

- Pardonnez-moi, répondit la voix qu'elle reconnut comme étant celle du barman, mais il est déjà 12 h 30 P.M. Le service du déjeuner cessera bientôt. Souhaitez-vous que je vous fasse porter un plateau ou préférerez-vous manger en salle ?

- Je vais descendre, répondit Sumireko en bâillant. Donnez-moi un quart d'heure et j'arrive.

Le pas lourd de Tom se fit entendre sur les marches de bois, tandis que Sumireko rejeta à regret la couverture.

D'un geste tâtonnant, elle attrapa ses lunettes posées sur le meuble de chevet et les enfila, observant la petite chambre dont la seule fenêtre était dissimulée par les rideaux rouges.

Sumireko mit quelques secondes à observer ses environs, analysant les lieux avant de se souvenir qu'elle était à Londres, dans une auberge menant au mystérieux monde sorcier.

Elle regarda sa montre et la régla, reculant de neuf heures, pour ne pas être de nouveau perturbée par le décalage horaire.

La jeune fille se leva, marchant pieds nus jusqu'à la salle de bain. C'était une pièce assez sommaire, mais propre et bien équipée.

Le contact avec l'eau tiède fut une bénédiction, puisqu'il lui permit de se débarrasser de la sensation de nuit inachevée qui lui collait à la peau. Pouvoir se débarrasser de toute cette sueur était également agréable et Sumireko s'attarda un peu dans l'eau, avant de se forcer à s'habiller.

La jeune fille enfila un gilet à carreaux de couleur rouge et blanche, assorti à une robe comme celles qu'elle aimait porter, prenant son petit sac contenant ses affaires essentielles.

Elle saisit son téléphone et pianota sur les touches pour envoyer un message rapide à sa mère, de façon à la rassurer, avant de fermer la porte à clef et de descendre.

Arrivée près du comptoir, elle commanda un repas simple, composé d'un plat de poisson et de frites. En guise de boisson, elle eut la surprise de découvrir que le plat était accompagné d'un jus de citrouille dont le goût sucré lui était inconnu, mais pas désagréable.

Sumireko déjeuna, tandis que les gens passaient. Seules quelques personnes adressèrent un regard à l'étrangère à la peau jaune et aux yeux bridés, qui mangeait avec une certaine élégance.

Lorsqu'elle eut finalement fini, elle reposa ses couverts et retourna vers le tavernier, déposant quelques pièces de bronze.

- Je vous remercie pour le repas et je vous demanderais si vous pouviez me mener vers le chemin de Traverse, demanda t-elle avec une politesse non feinte.

L'aimable tenancier lui adressa un sourire et Sumireko replia une petite note dans sa poche, ou figuraient les informations essentielles, afin de ne pas devoir relire toutes les brochures mises à sa disposition.

Tom ouvrit la porte de derrière, la menant dans une ruelle humide, occupées par deux poubelles métalliques.

Sumireko sembla intriguée, se demendant comment un lieu aussi miteux pouvit être aussi célèbre. Elle eut un mouvement de recul, se souvenant de tous les récits glauques, dans lesquels des jeunes filles étaient violées dans des ruelles sales et isolées.

L'asiatique se tendit. A la vue de la baguette du sorcier, ses doigts furent parcourus d'une fine aura.

Tom ne remarqua pas la gêne de l'adolescente et frappa successivement sur quatre briques, incitant la jeune fille à retenir le code.

Il frappa la brique un peu plus claire en dernier et aussitôt, le mur s'anima. Les pierres bougèrent devant les yeux écarquillés de Sumireko, s'écartant pour former une arche ocre, dévoilant une rue pavée, bordée de nombreuses boutiques colorées aux façades ornées d'écritaux dorés et d'enseignes animées.

- Bienvenue au chemin de Traverse, Mademoiselle, sourit Tom, le regard aussi brillant que son crâne rond et chauve.

La jeune fille observa le spectacle avec ravissement. Partout ou ses yeux se posaient, elle voyait des écriteaux animés, des animaux exotiques et des boutiques aux façades colorées.

Le tenancier sourit et disparut. Lorsque la voyageuse voulut remercier Tom, elle se rendit compte qu'il était parti. Son remerciement mourut sur ses lèvres et elle haussa les épaules. Elle avança, sa liste en poche, avant de se diriger vers le grand bâtiment de marbre blanc situé à l'extrémité de la rue.

Ce n'était peut-être qu'une impression, mais la rue était étrangement calme. C'était silencieux et les rares personnes étaient soit des camelots, soit des clients qui hâtaient le pas en passant de magasin en magasin sans s'attarder. C'était suspect qu'une artère marchande soit si vide et abandonnée.

La jeune fille au chapeau noir passa son chemin, atteignant la banque dont le fronton était orné d'une longue inscription, menaçant poétiquement les voleurs.

Sumireko se dirigea vers le premier gobelin venu, un être de courte taille, au nez pointu et proéminent, dont les favoris bougeaient au rythme de sa main tenant une longue plume.

- Excusez-moi, appela t-elle en passant une main dans ses cheveux, remettant approximativement sa frange en place, j'aimerais accéder à un compte.

Le gobelin leva les yeux, l'écoutant, mais elle vit bien que le banquier était pressé et ne désirait rien d'autre que de retourner à ses livres de compte.

- Je souhaiterais accéder au fonds spécial de l'Ecole Poudlard, comme prévu par cette créance, expliqua t-elle en lui tendant une lettre.

Le gobelin parcourut le document que Sumireko avait déjà lu. Elle savait déjà qu'elle disposait d'une allocation de cinquante gallions pour couvrir ses frais de scolarité, ainsi que pour l'achat de ses fournitures.

Le banquier appela un de ses subordonnés et ajouta quelques mots dans leur langue. Il ne s'écoula pas plus d'une minute pour que l'employé ne revienne avec une bourse.

Il l'ouvrit, dévoilant le contenu. Cinquantes pièces brillantes y étaient présentes et Sumireko insista pour les compter, faisant sourire le gobelin.

Lorsqu'elle referma le sac de cuir, le gobelin lui tendit un reçu et un document à signer, avant de lui remettre officiellement la bourse.

Sumireko le salua très vite, avant de quitter les lieux et de retourner sur l'allée principale. Le temps, c'était de l'argent, comme disaient les occidentaux, alors mieux valait éviter de le gaspiller.

De retour sur le parvis de marbre blanc, elle vit plusieurs rues autour d'elle et décida de faire ses courses en suivant tout simplement les boutiques dans l'ordre de leur présence. Elle détestait faire les courses et préférait rationaliser sa présence dans les magasins, afin d'avoir plus de temps libre pour faire ce qu'elle aimait.

Sumireko acheta rapidement toutes ses fournitures, incluant chaudrons et matériel d'astronomie, avant d'atteindre la boutique du plus célèbre fabricant de baguettes du pays.

La japonaise ouvrit la porte, faisant tinter la cloche. A peine eut-elle mis un pied dans l'échoppe ornée de nombreuses étagères poussiéreuses, qu'elle sentit que l'atmosphère était frémissante. Elle pouvait aisément sentir le parfum de magie vibrant autour d'elle, tandis qu'un vieil homme au visage constellé de tâches de vin s'approcha d'elle.

- Bonjour Mademoiselle, je suis honoré de vous recevoir dans ma boutique. A vous voir, je suppose que vous venez pour une première baguette ?

Sumireko acquiesca, tout en se demandant si c'était son expression qui l'avait trahie. Les sorciers achetaient leur première baguette dès onze ans, alors comment avait-il fait pour la percer à jour ?

Elle venait pour obtenir une baguette, bien qu'en son for intérieur, elle trouvait le concept ridicule. Elle n'avait jamais eu besoin d'un catalyseur pour utiliser ses dons et dépendre d'un tel outil lui semblait absolument méprisable. Cependant, elle utiliserait tout ce qu'elle pouvait et ne dédaignerait rien.

Ollivander utilisa sa baguette pour attirer un ruban, qui prit de nombreuses mesures, de son tour de crâne à ses mensurations, de la longueur de son bras à l'écartement entre ses narines.

Le fabricant de baguettes nota les mesures, avant de faire de nombreux calculs et de regarder dans son stock.

- Tenez, dit-il en tendant une baguette. Bois de rose, cœur de dragon, 19 centimètres.

Sumireko fit un geste et dès qu'elle leva son bras, elle fit exploser un bocal.

Elle repose très vite cette baguette, tandis que Ollivander semblait plus intrigué que fâché.

- Essayez celle-ci, demanda t-il. If et plume de phénix, 28 centimètres.

Sumireko dévasta une armoire, signifiant que cette baguette ne convenait pas du tout à la jeune fille.

Quinze minutes plus tard, alors que Sumireko avait l'impression que la moitié du stock du magasin soit passé entre ses doigts, elle testa une énième baguette.

Lors de l'essai, un éclair fendit le bois, détruisant la baguette.

- Etrange, siffla le vieil homme. Je n'avais jamais vu quelque chose de semblable. Auriez-vous en votre possession un objet pouvant générer la foudre ?

La jeune fille hésita, mais face à ce regard inquisiteur, Sumireko sortit une plume dorée, dont les rémiges semblaient crépiter.

- Oh ! Une plume d'oiseau tonnerre ! s'extasia le fabricant en regardant la plume avec l'excitation d'un enfant devant un cadeau de Noël. Cela fait un moment que je n'en ai pas vue de semblable.

- C'est un souvenir d'un voyage en Amérique, expliqua alors Sumireko. Je l'ai trouvée lors d'une randonnée en Californie.

- Intéressant, rumina t-il, pensif. Une voyageuse ...

Il se retourna vers la jeune ville et l'observa avec détermination.

- Tous mes clients ont trouvé une baguette leur convenant, annonça t-il avec sérieux. Puisqu'il semble que des matériaux exotiques vous conviennent mieux, j'aimerais pouvoir disposer de cette plume pour vous confectionner une baguette plus ... personnalisée.

Sumireko hésita mais décida de lui tendre la plume. Ollivander retourna dans l'arrière salle, sautillant légèrement, un peu comme un enfant qui aurait trouvé un objet amusant.

Le fabricant revint après une demi heure de travail. Il tenait un coffret contenant une baguette d'une teinte sépia, qu'il présenta à la jeune sorcière, faisant un geste insistant pour qu'elle s'en saisisse.

Sumireko la saisit délicatement et dès qu'elle serra le manche, elle sentit un fourmillement en elle, glissant en son cœur, tandis que de petites étincelles magenta jaillirent de l'extrémité.

- Je pense que vous serez satisfaite, se félicita Ollivander. Bois d'érable, plume d'oiseau tonnerre, trente-deux centimètres. Une baguette épaisse et flexible en même temps. C'est une combinaison rare et puissante. Faites-en bon usage, Mademoiselle Usami.

Sumireko le remercia et paya, demendant un étui renforcé et un nécessaire pour l'entretenir, avant de sortir. Lorsqu'elle referma la porte, faisant sonner le carillon, elle se rendit compte qu'elle n'avait jamais donné son nom au vendeur.

Elle se retourna, mais lorsqu'elle regarda à travers les vitres, elle vit que le vieil homme avait déjà disparu au milieu de ses rayonnages.

- Etrange, murmura t-elle tout en arborant un sourire léger, avant de poursuivre ses achats.

La jeune fille dévalisa la librairie, achetant de nombreux opus en plus de ses manuels de cours.

Lorsque Sumireko saisit un autre livre, interrogeant le vendeur, une petite voix l'interpella.

- Cette édition n'est plus à jour, la prévint une jeune fille au teint basané, dont les cheveux touffus atteignaient le milieu de son dos. Je vous conseille cet ouvrage, ajouta t-elle en désignant un autre livre. Il est plus complet et plus détaillé.

Sumireko se figea, avant de sourire, prenant le livre en question.

- Merci beaucoup de cette éclairante information, déclara t-elle en tendant sa main. Je suis Usami Sumireko.

- Hermione Granger, répondit la jeune fille aux yeux noisette. Enchantée de faire votre connaissance.

- De même, Granger-san, répondit l'intellectuelle. Etes-vous également étudiante à Poudlard ?

- En effet, répondit Hermione en souriant, dévoilant ses dents légèrement proéminentes. Cependant, je ne vous ai jamais vue à l'école.

Sumireko lui expliqua rapidement sa situation, depuis l'étrange rencontre avec un hibou, qui avait changé sa vie il y a seulement deux semaines.

La japonaise discuta encore une bonne demi-heure avec Hermione, échangeant quelques informations avec celle qui était un véritable puits de science, se révélant être d'une agréable compagnie, du moins si l'on appréciait les intellectuels pouvant avoir des conversations d'un haut niveau.

La jeune fille observa distraitement sa montre, se rendant compte de l'heure qui avançait.

- Cette conversation est vraiment plaisante, déclara Sumireko, mais j'ai encore beaucoup de courses à faire. Aussi, je suis dans l'obligation de l'interrompre. Je vous souhaite une bonne journée, Granger-san.

- J'espère que nous pourrons nous revoir à Poudlard, la salua Hermione avec les yeux brillants.

Sumireko sourit, s'éloignant vers la sortie, cherchant du coin de l'œil la boutique de vêtements.

La jeune fille se dirigea vers l'échoppe de la couturière, lisant la pancarte indiquant le nom de la propriétaire, Madame Guipure. Elle observa la devanture contenant de nombreuses robes, la plupart étant d'un noir profond. Il y avait parfois des liserés argentés, voire des tissus colorés, mais tous ces vêtements étaient dépourvus de fantaisies car la sobriété semblait de mise en ces lieux.

- La mode est sinistre ici, constata t-elle en entrant dans la boutique.

A l'intérieur, une petite dame replète et souriante, vêtue d'une robe bleue bien taillée, l'accueillit en la gratifiant d'un sourire.

- Bonjour, salua la propriétaire. Que puis-je faire pour vous ?

Sumireko observa la femme aux cheveux gris élégamment coiffés, avant de passer commande pour obtenir un assortiment de robes.

La vendeuse l'invita à passer derrière un paravent opaque orné de plusieurs runes, avant de demander à la jeune fille de se déshabiller.

Ecarlate, l'adolescente pudique retira ses vêtements carrelés, mais resta dans ses sous-vêtements.

Cela suffit cependant à la propriétaire qui laissa la jeune fille seule, tandis qu'un ruban enchanté prenait toutes les mesures.

La jeune fille resta calme, mais lorsque le mètre s'éloigna en flottant dans les airs, elle se rhabilla avec une certaine précipitation.

Sumireko quitta le paravent pour voir que la vendeuse était située devant un mannequin et qu'elle utilisait sa baguette pour que la structure de plastique arbore une silhouette similaire à la carrure de la jeune collégienne.

- Souhaitez-vous un tissu de qualité supérieure, où bien des sorts auto-nettoyants ? questionna Mme Guipure.

- Juste un entretien contre les tâches et la poussière, demanda la jeune femme ennuyée, dont les yeux bridés se plissèrent davantage.

Elle détestait dépenser des fortunes dans des choses aussi triviales que les vêtements. Elle préférait réserver ses richesses à autre-chose de plus intéressant. Les livres par exemple et elle ne put de songer aux piles de connaissances qui attendaient dans son sac et qui ne demandaient qu'à être ouvertes.

Sumireko laissa ses pensées vagabonder, écoutant le son du tissu être cisaillé et cousu avec soin, jusqu'à ce que les robes soient terminées. Après seulement quelques minutes de travail, la couturière revint avec plusieurs ensembles soigneusement pliés.

La lycéenne toucha le tissu qui semblait très doux au toucher, tout en dégageant une chaleur légèrement agréable. Il y avait des uniformes d'été et d'hiver, ainsi que des écharpes et un bonnet épais pour affronter les rigueurs de l'hiver écossais.

- Merci beaucoup, répondit-elle en rangeant ses uniformes noirs dans sa valise. Je vous souhaite bonne journée.

La jeune fille s'éloigna, dédaignant le couple d'aristocrates blonds qui l'observèrent avec mépris, retournant rapidement dans la chambre qu'elle louait.

A l'intérieur du Chaudron Baveur, elle passa devant le tenancier qui nettoyait des verres. Elle nota qu'il n'y avait presque personne en salle, comme si les gens avaient déserté les lieux après l'heure du déjeuner.

Sumireko haussa les épaules, ne se souciant guère de ce problème. Elle saisit distraitement un journal mis à disposition des clients, avant de remonter dans sa chambre à l'étage.

Une fois la porte verrouillée, elle essaya de se concentrer sur le quotidien, mais les lignes étaient floues et semblaient danser devant ses yeux.

D'un coup d'œil distrait, elle regarda son téléphone et bâilla disgracieusement.

La jeune fille renonça alors à essayer de lire quoi que ce soit et se coucha dans son lit.

Sumireko s'endormit rapidement, alors que le soleil était encore haut dans le ciel.