Bonjour à tous !

Voici le nouveau chapitre, avec notre voyageuse qui fait quelques intéressantes découvertes.

J'espère qu'il vous plaira. N'hésitez pas à commenter et à laisser des reviews.

Bonne lecture !


Chapitre 4 : Découvertes

Sumireko avait rarement quitté sa chambre depuis qu'elle était arrivée à Londres. A l'heure actuelle, alors que le soleil était encore à son zénith, elle était barricadée dans sa chambre.

L'asociale s'était réfugiée dans ses nouveaux livres. Elle était couchée sur les chaudes couvertures, seulement vêtue de ses sous-vêtements, confortablement calée dans les oreillers à lire un de ses manuels.

Cependant, alors qu'elle était intensément concentrée, son téléphone portable vibra.

Elle se força à bouger et nota que l'écran tactile de son mobile affichait une petite alerte lui indiquant qu'il ne lui restait que 15% de batterie.

L'adolescente se releva et saisit un haut pour se dissimuler, avant de se lever. Elle regarda dans sa valise, trouvant rapidement son chargeur.

L'asiatique regarda au niveau du sol pour trouver une prise, mais les plinthes de bois nues n'étaient surmontées par aucun de ces salvateurs dispositifs.

Paniquée, Sumireko regarda autour d'elle pour trouver une prise électrique. Elle chercha, rampant sous le lit, en étant même réduite à déplacer l'armoire, mais il n'y avait aucune prise dans cette chambre.

Il devait forcément y avoir de l'électricité, songea la lycéenne, puisque la lumière de chevet fonctionnait. Cependant, dans ce monde, tout n'était pas ce qu'il semblait être. Intriguée, elle y regarda de plus près et remarqua que l'ampoule était une simple boule de lumière piégée dans un globe de verre. Le petit interrupteur était en réalité un sortilège et elle n'y avait pas fait attention au début, trop habituée à appuyer sur un simple bouton.

Après quelques secondes ou son cerveau sembla redémarrer, elle dut se rendre à l'évidence.

Il n'y avait pas d'électricité.

Ces sorciers avaient un siècle de retard !

IL N'Y AVAIT PAS D'ELECTRICITE !

Sumireko resta figée, avant que son cœur ne s'emballe et ne pulse l'adrénaline dans ses veines. Un frisson glacé grésilla dans ses muscles, alors qu'elle sentit son corps trembler.

La jeune fille poussa un cri d'horreur et se rua hors de sa chambre, saisissant son sac du bout des doigts. Elle redescendit en trombe les marches la séparant du rez-de-chaussée, bousculant sans ménagement un homme distrait qui ne vit pas arriver la furie.

Sumireko arriva à l'intérieur du pub bondé et courut au comptoir. Elle écarta deux clients qui buvaient calmement, renversant la bière de l'un deux, plaquant ses mains sur le bois pour attirer l'attention.

- Ou est la prise électrique ? exigea t-elle, paniquée, sans s'embarrasser de formules de politesse. Il me faut de l'électricité.

Cette jeune dame faisait vraiment peur à voir. Tous les clients purent admirer sa respiration haletante, les tremblements dans ses doigts et ses pupilles dilatées à l'extrême. Tous ces syndromes concordaient avec ceux des personnes dépendantes.

Une vieille dame baissa la tête et soupira. Ce spectacle navrant était d'une tristesse. C'était véritablement affligeant de voir une personne aussi jeune être devenue dépendante, exigeant des doses toujours plus importantes de poudre de fée.

La jeune fille tremblait, alors qu'une expression d'angoisse abjecte était plâtrée sur son visage.

- Qu'est-ce que c'est que l'éclectrikzité ? demanda prudemment le barman, tout en ayant un mouvement de recul.

Sumireko le regarda, paniquée, avec tous les symptômes d'une femme en manque.

Elle quitta le bar, les yeux écarquillés par une profonde angoisse, sous les regards intrigués et désapprobateurs de beaucoup de clients.

- La jeunesse n'est plus ce qu'elle était, soupira l'un des habitués du bar, avant de commander une nouvelle boisson forte.

La jeune fille sortit sur l'avenue commerçante, pleine de monde. Tout le monde l'ignora et sembla ne pas voir d'où elle pouvait bien venir. La plupart d'entre eux semblèrent sciemment ignorer l'existence de tout ce qui pouvait être surnaturel. Elle devait juste avoir surgi dans leur champ de vision, préalablement dissimulée par la porte d'une boutique, voire par une autre personne.

Sumireko observa tous ces britanniques. Ils n'étaient pas si différents des tokyoïtes, marchant à vive allure, faisant leurs courses en se montrant tout à fait indifférents à leur entourage.

- Excusez-moi, sir, interpella Sumireko, se faisant copieusement ignorer.

Oui, c'était vraiment comme chez elle, songea t-elle.

L'homme au smoking noir trébucha, s'écrasant dans la poussière et dans l'eau boueuse du caniveau, tandis que Sumireko s'éloigna, un sourire aux lèvres.

Elle interpella un autre individu, qui eut non seulement la politesse de lui accorder quelques secondes, mais qui réussit à lui indiquer où se situait ce qu'elle cherchait avec tant d'avidité.

La jeune fille le salua en soulevant son chapeau, reprenant sa marche rapide en direction d'une boutique de téléphonie et d'équipement moderne.

Lorsqu'elle découvrit son sésame, une bouffée de soulagement la gagna. Elle contint difficilement ses émotions, avant de pénétrer à l'intérieur. Son regard affûte et observateur parcourut les étagères, détaillant tous les produits exposés sur les présentoirs. Après moins d'une minute, son impatience avait de nouveau pris le dessus.

L'urgence devenait de plus en plus absolue, alors que son téléphone n'avait plus que 12% de batterie. Sumireko décida de se diriger vers le vendeur le plus proche.

- Bonjour, l'interpella t-elle en présentant son téléphone. Vous auriez des chargeurs photovoltaïques ?

Le vendeur lui présenta différents modèles de chargeurs et d'adaptateurs, afin que cette étrangère puisse se connecter au réseau anglo-saxon.

Le gérant du magasin se frotta les mains, essayant de vendre ce qu'il avait de plus cher à cette japonaise, ainsi que des ustensiles supplémentaires pas forcément indispensables. Les étrangers qui avaient du mal avec les monnaies étrangères étaient les plus faciles à arnaquer. Cela ferait grossir ses chiffres de ventes et remplirait plus facilement ses objectifs.

- Au fait, murmura t-elle en l'observant du coin de l'œil, je déteste quand on essaye de m'arnaquer.

Les grands sourires de Sumireko étaient généralement de mauvaise augure. Cependant, elle n'avait guère envie de faire de l'esclandre et se contenta de son regard noir.

L'adolescente prit soin de ne prendre que le nécessaire, choisissant l'indispensable à bas prix. Le visage du vendeur se décomposa, tandis que la jeune fille compta soigneusement ses livres et ses penny, les déposant sur le comptoir.

Le simple fait d'avoir brisé les petits rêves de l'homme, d'imaginer son état lorsqu'il avait découvert que sa prime lui passerait sous le nez, était suffisamment jouissif pour le moment. Elle s'en contenterait pour le moment.

L'étudiante repartit, bien plus chargée qu'au départ. Elle porta ses courses contre sa poitrine, les serrant comme s'il s'agissait de précieux trésors. Lorsqu'elle retourna au Chaudron Baveur, elle avait le regard presque lubrique, se léchant légèrement les lèvres avant de retourner dans sa chambre.

La jeune fille, totalement frémissante d'excitation, s'enferma dans la pièce. D'un coup de sa baguette nouvellement acquise, elle verrouilla la porte avec un réflexe presque automatique.

Elle se dépécha de déballer ses achats, arrachant le carton avec ses ongles, rappelant presque une bête sauvage furieuse. Une fois la totalité du matériel sorti des emballages plastifiés, Sumireko déploya le petit capteur solaire, qu'elle s'empressa d'orienter vers l'extérieur, captant les rayons du soleil qui traversaient le verre poussiéreux.

Le connecteur dans une main et son mobile dans l'autre, elle relia l'ensemble d'un geste précis, contenant les spasmes de ses tendons. Lorsque le petit voyant de son téléphone s'alluma en vert, elle poussa un soupir soulagé.

Sumireko se laissa tomber au sol, atterrissant sur les fesses, expirant longuement tout en ayant un sourire ravi sur ses lèvres.

Après quelques secondes où elle savoura ce répit, elle se redressa. Elle reprit son téléphone, les doigts légèrement tremblants, avant de parcourir la liste de ses contacts.

- C'est vraiment cher pour appeler à l'international, grommela t-elle en composant le numéro de son domicile.

La jeune fille voulut appeler sa mère, afin de la rassurer. Même si la lycéenne n'était pas très fière d'avoir une mère avec une personnalité docile, cette femme restait sa mère. Malgré les difficultés et la solitude, sa mère l'avait aimée, éduquée et soignée. C'était déjà beaucoup, puisque beaucoup de personnes n'avaient pas la chance d'avoir grandi avec des parents aimants et Sumireko lui en était reconnaissante.

Lorsque Sumireko tomba sur le répondeur, elle ferma les yeux quelques secondes, lasse. Elle laissa un message sur cette boite vocale automatique, avant de raccrocher et de laisser son mobile en charge sur le chevet.

Elle regarda à travers la vitre, posant une main sur le carreau, pensive. Maintenant qu'elle était ici, de l'autre coté du monde, elle se rendait compte que sa mère lui manquait.

A chaque fois qu'elle voyageait, la japonaise se sentait coupée en deux. D'un coté, elle était excitée de découvrir le monde, de voir de merveilleux paysages et de s'intéresser à de nouvelles cultures. Cependant, elle avait le sentiment de se déraciner, de laisser ceux qu'elle aimait derrière et elle avait peur de ne plus les revoir.

Elle avait le sinistre pressentiment qu'elle ne les reverrait plus, comme si cette coupure serait définitive, envahie par une impression sinistre, mais qui s'était révélée fausse à chaque fois.

Sumireko s'assit sur l'édredon et observa ses livres. Elle caressa la tranche d'un manuel, avant de le retirer délicatement. Elle lut le titre : Défense contre les Forces du Mal, Théorie des stratégies de défense magique, écrit par WIlbert Eskivdur.

Curieuse, elle commença à l'ouvrir et lut la préface. Le style lourd, alambiqué et pénible était pesant. Elle se força à essayer de lire le premier chapitre, avant de refermer le livre après trois pages.

- J'ai claqué mon fric pour ça, murmura t-elle en le rejetant dans le fond de son sac. C'est cher payé pour le papier toilette.

Sumireko se concentra sur un autre livre qu'elle avait acheté, un manuel qui n'était pas dans la liste, mais qui avait l'avantage de mettre l'accent sur la pratique et la maîtrise des sortilèges.

Sa lecture s'avéra beaucoup plus instructive. Même s'il s'agissait seulement de bases, il fallait bien commencer quelque part.

Elle saisit sa baguette et testa un sortilège qu'elle avait lu, désireuse de s'entraîner à maîtriser ce nouvel outil.

- Lumos, murmura t-elle avec un léger accent, faisant surgir une bulle lumineuse à l'extrémité de sa baguette.

Son regard devint extatique, alors qu'elle éteignit sa baguette. Elle avait la capacité de générer des flammes, mais le feu était un élément versatile et dangereux, qu'elle avait peine à maîtriser et à contrôler.

Cette magie offrait tellement de possibilités, bien plus que les capacités dont elle faisait preuve. Sa force interne était brute et sauvage, tandis que ce catalyseur et ces mots l'aidaient à donner une autre force à son pouvoir.

Sumireko réfléchit. Si la magie était tirée par des mouvements dans ses muscles et par des mots, peut-être qu'elle pouvait essayer avec une autre langue.

- Yagami, chuchota t-elle dans son idiome natal.

La pointe de sa baguette prit une teinte blanche, entourée d'un éclat semblable à de l'or liquide.

L'effet était le même, mais la matérialisation était différente.

- Intéressant, chuchota t-elle en essayant de comprendre. Est-ce que c'est la formule ou la visualisation qui cause ces changements ?

Sumireko réitéra ses expériences en autodidacte, apprenant à employer quelques sorts basiques. Elle joua sur l'intonation, les différentes langues étrangères qu'elle savait parler et aussi sur l'intention au moment de lancer le sort.

Le soir même, Sumireko se coucha en se forçant à ranger sa baguette dans l'étui de cuir qu'elle avait acheté. Elle aurait bien aimé la garder contre elle, mais elle ne voulait pas prendre le risque de la briser.

Les jours suivants, ceux qui la séparaient de la rentrée scolaire, la jeune fille passa le plus clair de son temps dans sa chambre. Chez-elle, sa principale activité aurait été de geeker sur son ordinateur et de fouiller les recoins les plus obscurs d'internet à la recherche d'éléments occultes ou de pornographie, mais ici ...

Elle lut avec avidité ses livres nouvellement achetés. La jeune fille, férue de découvrir de nouvelles informations sur la magie avait dévoré ses livres. Elle avait longuement visité le Chemin de Traverse, en découvrant toujours plus.

Sumireko avait noté la présence d'une petite ruelle parallèle qui jouxtait Gringotts, dont l'entrée était formée par une arche de pierres sombres étrangement agencées.

Curieuse, voire trop pour son bien, la collégienne décida de se rendre dans cette allée. Alors que tout le monde terminait de déjeuner, Sumireko mangea sur le pouce et se dirigea vers cette impasse obscure.

A peine eut-elle franchi l'arche que la luminosité déclina. Cela était sans doute dû à la hauteur des étroites constructions, mais le ciel gris était comme voilé par une sombre présence. Sumireko frissonna à cause du vent qui sifflait dans les rues étroites et après quelques mètres de plus, elle se sentit étreinte par une force glacée, comme une main qui la comprimait. Cette sensation se glissait doucement en elle, s'insinuant dans ses veines, mais après quelques secondes, le frimas en ses veines fut vaincu, tandis qu'elle eut l'impression qu'une tendre chaleur gagna tout son organisme.

La jeune fille passa devant une boutique dont la devanture barricadée ne laissait rien voir, même si sa curiosité l'amena à essayer de voir ce qu'il pouvait y avoir entre les planches. Elle renonça après quelques secondes, poursuivant son exploration. Elle passa devant une boutique dont la devanture ressemblait à une étrange cage de verre. Elle distingua de nombreuses toiles de soie et de longues pattes noires. Dès que Sumireko constata que ces membres appartenaint à des araignées d'une taille indécente, elle s'éloigna rapidement.

Dans sa marche rapide, elle évita deux personnes vêtues de noir et sentit plusieurs regards suspicieux se poser sur elle.

L'adolescente sentit qu'elle attirait trop l'attention. Elle releva le haut de sa cape, dissimulant la moitié de son visage derrière le col, tandis que son chapeau projetait une ombre sur ses yeux.

Sumireko observa une étrange boutique et se sentit attirée par ce qu'elle contenait. Elle ne savait pas dire pourquoi, mais quelque chose s'accrochait à elle. C'était comme un doux martèlement dans sa poitrine, battant à l'unisson avec son cœur.

Elle poussa la porte, faisant tinter une petite clochette.

A l'intérieur, la lumière filtrait à travers les rideaux, formant de petites pattes lumineuses qui éclairaient les volutes de poussière flottant dans la pièce.

Beaucoup d'objets étaient exposés sous des cages de verre poussiéreuses et elle avait l'impression que la crasse elle-même résonnait de ce pouvoir inconnu, mais sinistre et familier.

Le propriétaire des lieux quitta l'arrière boutique. Son pas lourd résonna sur le parquet, avant qu'il ne salue la sorcière venant d'entrer, s'installant sur une chaise grinçante.

- Vous souhaitez quelque chose ? demanda le gérant, fixant la nouvelle de ses petits yeux perfides, qui s'agitaient sous ses cheveux huileux.

Sumireko regarda autour d'elle, s'approchant de l'homme aux épaules voûtées.

- Je cherche un objet précis, quelque chose qui m'attire. J'ignore de quoi il s'agit, mais je le sens dans votre réserve.

- Si vous voulez entrer dans ma réserve, il vous faut une bonne raison, voire un mandat de perquisition. Je ne veux pas que des clients indélicats ne fouillent dans mes stocks.

- Je ne suis pas du Ministère, répliqua Sumireko. Qu'est-ce qui pourrait vous convaincre de me laisser voir ?

Mr. Barjow sortit un petit flacon d'un tiroir, contenant un liquide translucide.

- Vous me payez cinquante gallions et vous avalez. Ce sérum de vérité est si puissant qu'il me donnera les garanties nécessaires pour entrer.

Sumireko hésita. C'était cher et rien ne garantissait qu'il ne s'agisse pas de poison. Cependant, cet homme était inflexible et ses mesures de sécurité exigeantes laissaient penser qu'il cachait des choses très intéressantes.

La brune pensa au bézoard qu'elle gardait dans sa poche, ainsi qu'à sa baguette.

Elle pesa le pour et le contre. La part logique d'elle même lui cria de refuser et de ne pas accepter de boire une chose dont elle ignorait totalement la nature, mais cette voix réfléchie fut chassée par un murmure mélodieux. Son cœur et ses pulsions lui criaient de se rendre dans cette arrière boutique.

Sumireko chassa la voix de la raison. Elle saisit la fiole et avala le liquide clair comme de l'eau. Elle se sentit nauséeuse, tandis qu'un voile violacé passa devant ses yeux, troublant davantage sa vision.

- Bien, déclara le propriétaire au nez crochu. Travaillez-vous au Ministère de la Magie ?

- Non, répondit-elle d'une voix morne et automatique, alors qu'elle restait figée, les bras ballants.

Sumireko tenta de bouger, mais ses membres ne lui obéirent plus. Elle n'arrivait pas à faire le moindre geste, comme si ses nerfs étaient déconnectés.

- Que cherchez-vous exactement ? ajouta le vendeur.

- Je ne sais pas, révéla t-elle.

Mr. Barjow lui posa de nombreuses autres questions, durant près d'un quart d'heure. Il était très curieux, mais il finit par juger les réponses satisfaisantes.

L'homme aux cheveux sombres observa l'extérieur de la rue à travers les rideaux opaques, avant d'ordonner à la visiteuse de le suivre.

Sumireko obéit par automatisme, se dirigeant dans l'arrière du magasin. Dès qu'elle eut pénétré dans le couloir, elle entendit le verrou s'enclencher derrière elle. Elle était désormais seule avec ce vendeur peu recommendable, là où personne ne verrait rien et où personne ne pourrait l'aider.

Elle arriva dans une pièce sobre et presque vide, dont les deux seules étagères étaient occupées par des livres de compte et des babioles sans grande valeur.

- Retournez-vous, ordonna l'homme au front dégarni.

Sumireko obéit. Ses membres bougèrent de façon désordonnée, comme un pantin mal contrôlé. Elle fixa le mur de la cave, n'entendant juste que le son d'une baguette retirée d'un étui, suivi de tapotements.

Lorsqu'elle put enfin se retourner, elle vit qu'un mur s'était écarté, dévoilant une intéressante collection.

- Qu'est-ce qui vous intéresse ? exigea de savoir Barjow.

Sumireko allait parler, se préparant à désigner un objet particulier, lorsqu'une étincelle jaillit en elle. Elle n'allait pas dévoiler l'objet qui l'attirait, surtout pas devant cet homme avide de richesses.

Une vague froide envahit chaque cellule de son corps, gelant ses terminaisons nerveuses et envahissant son esprit. Sa vision sembla redevenir normale, alors que la brume pourpre se dissipa.

Elle eut la sensation de retrouver le contrôle sur son corps. Un frémissement dans ses membres agita ses cellules à l'unisson, alors que son cerveau sembla établir de nouveau le contact avec le reste de son corps.

La collégienne parvint à faire bouger ses doigts, avant de sentir les pulsations de son cœur palpiter dans ses poignets, tandis que ses jambes étaient légèrement lourdes.

- Dites-moi quel est le prix de chacun des artefacts, demanda t-elle. Seulement ensuite, je vous dirai lequel m'intéresse partiulièrement.

Le vieil homme au regard pénétrant énonça une liste de prix, que la brune trouva indécents au point que son portefeuille allait pleurer, mais elle se reprit.

Elle avait de l'argent à disposition, puisqu'elle avait bénéficié d'une allocation pour Poudlard, mais qu'elle ne comptait pas poursuivre très longtemps sa scolarité dans cet établissement. La jeune fille avait d'ailleurs utilisé ses dons à des fins malhonnêtes plus d'une fois. Elle s'était entraînée et avait déjà volé des portefeuilles. Elle avait même réussi à imposer sa volonté à des faibles d'esprit pour qu'ils lui offrent leur argent spontanément.

Sumireko avança au milieu de l'ensemble des objets. Elle désigna le petit livre à la couverture de cuir noir, gravée de lettres pourpres. Les poils sur son bras se dressèrent en s'approchant, tandis que des coups sourds résonnèrent dans sa tête.

La jeune lycéenne acheta finalement ce livre.

Lorsqu'elle l'eut entre ses mains, ses muscles se crispèrent, raides. Ses dents grincèrent, alors qu'elle serra les cuisses, retenant de justesse ses muscles et évitant de vider sa vessie.

Sumireko rangea son livre nouvellement acheté dans le double-fond de son sac, sachant parfaitement qu'il était préférable de ne pas être prise avec ce genre d'artefacts.

Elle salua à peine le vendeur, quittant rapidement les lieux, avant de se réfugier dans sa chambre d'hôtel, songeant qu'elle aurait intérêt à étudier la liste des enchantements détectant la magie noire employés à Poudlard.

Lorsqu'elle se retrouva enfin seule, elle sentit que le livre lui parlait, lui sussurrant de réconfortantes paroles. C'était comme si une entité consciente vivante s'adressait à elle et l'implorait d'ouvrir les pages.

Sumireko se sentit envoutée par un parfum d'encre et de vanille, alors que l'ouvrage résonnait comme le vibreur d'un téléphone portable.

La jeune fille ne tint plus. Elle avait été attirée par ce livre. Depuis des jours, un lien s'était établi. C'était comme si le destin avait planifié ce moment.

Sumireko inspira profondément et ouvrit le livre.