Bonjour à tous !
Voici la suite, avec un peu de retard. Je m'excuse, mais je n'avais guère le moral et je ne voulais pas bâcler ce chapitre.
J'espère qu'il vous plaira.
Bonne lecture et pensez aux reviews. Ca m'aide beaucoup !
Chapitre 5 : Le Poudlard Express
Les derniers jours d'août passèrent lentement, s'écoulant avec ce rythme parfois lent et parfois rapide, qui dépendait de la perception des événements vécus.
La jeune asiatique avait passé le temps en jonglant entre ses nouveaux livres et sa tablette, squattant les multiples réseaux Wifi qui étaient à sa portée. Elle avait tout particulièrement apprécié la connexion provenant d'un fast-food proche, dont les menus caloriques n'avaient pas ébranlé sa promesse de faire attention à son poids. La connexion internet était tellement importante pour elle.
Sumireko était actuellement dans sa chambre, sirotant une boisson gazeuse en produisant un son d'aspiration peu élégant avec sa paille. Elle éructa légèrement, songeant qu'elle n'était pas en public et qu'elle pouvait se laisser aller un peu.
D'un geste lent, elle tourna son gobelet, observant la rue en contrebas, notant un grand nombre de sorciers. Le cliquetis des glaçons sembla cependant la ramener à la réalité.
Sumireko regarda son téléphone, dont l'écran lui donnait l'heure précise. Elle jugea qu'il était temps de partir.
La jeune fille jeta sa boisson gazeuse dans une poubelle, avant de bâiller sans la moindre distinction.
Sumireko saisit sa valise, qu'elle avait soigneusement préparée depuis la veille. La japonaise saisit son sac et vérifia une dernière fois qu'elle n'avait rien oublié.
L'adolescente remonta ses lunettes, avant de quitter la mansarde qu'elle avait louée.
Elle ne regarda pas en arrière, se contentant de descendre les escaliers. Elle posa la clé sur le comptoir, attirant l'attention du sympathique barman. Elle régla rapidement la note, avec un agacement visible dans ses gestes, alors qu'elle tapotait sur le bois, avec un rythme qui s'accéléra à mesure que son impatience croissait.
La jeune impatiente n'avait guère envie de rester ici, dans ce pub, alors que la promesse de pouvoir apprendre la magie était à sa portée.
Une fois le débit de boissons quitté, la lycéenne se dirigea rapidement vers la gare de King's Cross, hélant un taxi avec un ton inhabituellement sec.
Sumireko était si enthousiaste, qu'elle ne put s'empêcher de regarder à travers la fenêtre, essayant de repérer l'immense façade de la gare. Dès qu'elle aperçut la façade de briques jaunes, son cœur fit une embardée.
L'immense façade moderne était réellement impressionnante, mais elle côtoyait la gare de Saint Pancras. Cette autre construction, avec ses flèches néo-gothiques et ses briques rouges était bien plus photogénique et l'asiatique ne put s'empêcher de l'admirer.
Le taxi s'arrêta devant la grande façade, laissant l'asiatique sortir avec sa lourde valise.
La magicienne grommela lorsqu'elle se retrouva sur le trottoir. En son cœur, son mépris pour les gens normaux ne fit qu'enfler. Elle devait de nouveau mentir, se dissimuler, cacher le fait qu'elle était exceptionnelle. Les dents de la japonaise crissèrent, alors qu'elle sentit un filet gris s'insinuer en elle, gangrenant doucement son être.
Lorsqu'elle franchit l'une des larges portes, elle put apprécier la charpente métallique et l'armature interne, ainsi que la belle horloge typique de l'architecture du XIXème siècle britannique. L'immense verrière laissait filtrer le soleil et la voyageuse songea que le verre gagnerait à être nettoyé, ne serait-ce que pour être plus présentable.
La jeune asiatique regarda les nombreux quais, ainsi que les nombreux panneaux installés sur les murs. Ces immenses affichages indiquait les heures de départ et d'arrivée de train provenant de tout l'est du pays.
Ses yeux noisette se posèrent partout, observant les multiples détails qui s'offraient à elle.
Elle relut la petite brochure éditée par le Ministère, recherchant le neuvième quai. Elle repéra une colonne de briques massive, que rien ne différenciait des autres.
Du moins, lorsque l'on était un de ces cafards normaux qui pullulaient sur les voies.
La jeune fille sentit une aura émise par la cinquième colonne, comme un éclat blanc illuminant le pilier.
Sumireko sourit, essuyant ses petites lunettes. Elle sentait la magie vibrer dans cette zone, brillante comme un soleil. Lorsque l'on savait où chercher, il était impossible de ne pas voir les runes et les lignes de magie qui grouillaient dans la pierre et le ciment.
L'adolescente de courte taille approcha et observa le pilier, prenant quelques notes dans son petit calepin. D'un geste expert, elle recopia quelques symboles visibles et les lignes, notant tous les éléments intéressants, avant de ranger le carnet dans une poche de sa robe.
La jeune fille saisit sa valise roulante et traversa rapidement le pilier.
Sumireko se sentit happée et la brique sembla se liquéfier autour d'elle, comme de l'eau tiède, sans pour autant la mouiller. C'était un sentiment curieux, mais pas désagréable.
La lycéenne ressortit de l'autre côté, se trouvant dans ce qui semblait être une version miniature de la gare. Une vieille locomotive rouge et noire était à quai, crachotant des nuages de vapeur par intermittence.
- Qu'est-ce que c'est que cette antiquité ? s'étouffa t-elle en voyant cette vieille locomotive.
Pour une jeune tokyoïte habituée à voyager dans des rames électriques, à utiliser le Shinkansen et des trains à suspension magnétique, cette chose était digne d'un musée.
Sumireko regarda sa montre aux aiguilles écaillées, dont le bracelet de cuir était légèrement lâche, de façon à ce qu'elle ne lui serre pas le poignet. Elle avait l'habitude de regarder son téléphone pour consulter l'heure, mais une vieille montre à aiguilles avait l'avantage de ne pas se dérégler à cause d'interférences électromagnétiques, en particulier celles dégagées par les objets concentrant la magie.
Il lui restait encore deux heures avant le départ et elle n'avait pas envie de s'enfermer immédiatement dans un compartiment. Cependant, l'idée d'être entourée de personnes, de gens braillards et de devoir les supporter n'était pas non plus très agréable.
Pourtant, elle allait faire l'effort. Elle tenait à avoir un aperçu de ses futurs camarades et elle voulait voir si elle apercevrait la seule personne qu'elle avait jugée digne d'intérêt pour le moment.
La jeune adolescente aux cheveux étrangement noués décida de s'asseoir, rangeant sa malle sous le banc, observant les sorciers qui passaient.
Elle vit des familles très diverses traverser le pilier et rejoindre le quai à l'étrange numérotation. Il y avait des couples avec un ou deux enfants, tandis que d'autres venaient avec juste un parent. C'était comme si de nombreuses familles avaient été déchirées par le passé.
Elle repéra un homme basané, accompagné de deux jumelles à la peau cuivrée. Au vu de leurs tenues, elles étaient soit indiennes, soit pakistanaises, bien qu'elle penchait pour la première solution.
Au moins, songea t-elle, elle ne serait pas la seule à avoir une apparence ethnique différente. C'était d'ailleurs assez logique, étant donné que la Grande Bretagne, héritière du plus grand empire de l'histoire, avait été un formidable creuset pour des peuples multiples, bien que ces relations furent souvent violentes et parfois dramatiques.
Cependant, elle sursauta lorsqu'elle reconnut une langue orientale.
La japonaise se retourna et sentit son cœur battre plus vite, lorsqu'elle aperçut une belle asiatique, accompagné de ses parents. La femme à l'embonpoint léger était belle, tandis que son époux plus âgé avait un visage sévère.
Lorsque l'homme l'aperçut, à l'instant précis où elle croisa le regard perçant du père, elle vit un éclat mauvais briller dans ses yeux, tandis que la courte moustache du chinois frémit légèrement.
Sumireko se contenta de lui adresser un sourire cordial, avant de l'ignorer.
C'était exactement pareil avec l'ancienne génération de japonais.
Il y avait un vieux passif entre le Japon et la Chine et le racisme était encore une réalité. Les haines n'avaient jamais correctement été éteintes depuis la guerre et elle était certaine que son père et ses grands parents auraient réagi avec un dégoût similaire. Elle n'osait même pas imaginer leur réaction si elle leur annonçait qu'elle sortait avec un coréen, un chinois, ou pire, un indien.
En même temps, l'idée de sortir avec quelqu'un ne l'intéressait pas vraiment.
Après une autre demi-heure, Sumireko vit un groupe plus important arriver. Une famille de roux, avec quatre enfants, ainsi qu'un brun maigrichon et un couple mixte, venaient de traverser la barrière magique.
La japonaise reconnut la fille de ce dernier couple. L'adolescente à la peau métissée et aux cheveux crépus était la jeune fille avec qui elle avait eu une conversation distinguée et intéressante lors de sa visite du Chemin de Traverse.
Sumireko se leva donc et s'approcha du groupe. Le garçon brun sembla nerveux, voire méfiant, comme s'il s'attendait à ce que toute la verrière lui tombe dessus. A l'inverse, le regard d'Hermione brilla légèrement.
- Bonjour, Granger-san, la salua t-elle, faisant de même avec les géniteurs de l'intellectuelle.
- Bonjour Sumireko, répondit Hermione, faisant preuve d'une familiarité plus occidentale. C'est une surprise de te revoir.
- Effectivement, approuva l'asiatique. Une agréable surprise, même, renchérit-elle.
Sumireko se présenta aux amis d'Hermione, avant de rencontrer le célèbre Harry Potter.
C'était donc lui, la légende du monde sorcier, celui que l'on appelait le Survivant. Maintenant qu'elle était devant cette légende vivante, elle fut choquée de se rendre compte qu'il était si banal. Potter n'avait rien de très spécial, avec ses cheveux dépeignés et ses lunettes, ainsi qu'avec sa carrure osseuse. Il ne se distinguait pas tellement de la masse des autres sorciers.
Cependant, lorsqu'elle l'observa avec plus d'attention, elle vit une aura dorée l'entourer, teintée de paillettes sombres.
Cet être avait vraiment un potentiel et une puissance incroyable, songea t-elle en restant muette devant cette découverte.
- Je ... je suis enchantée, répondit-elle avec des trémolos dans la voix.
Le tremblement dans sa voix fit soupirer le brun, qui se retint de rouler des yeux devant elle, refusant de montrer qu'il était blasé d'être ainsi considéré.
A cet instant, alors que la conversation allait se poursuivre, une petite mélodie entraînante résonna.
La jeune fille s'excusa et s'éloigna d'eux, avant de fouiller dans sa poche.
D'un geste expert, elle dégaina son téléphone miniature, dont la coque rose était reliée à un porte-clefs décoré d'une tête de chat minimaliste.
- Moshi moshi ? déclara t-elle par réflexe, avant que son regard ne s'illumine. Otou-san ! salua t-elle avec allégresse.
La jeune fille s'éloigna, poursuivant sa conversation dans sa langue maternelle, trouvant un coin un peu plus éloigné pour ne plus être perturbée par les sifflements du train et par le brouhaha de la foule.
Sumireko passa à peu près dix minutes avec son père, la rassurant quant à sa situation, avant de raccrocher.
Elle regarda autour d'elle et se rendit compte que les autres étaient montés dans le train. L'asiatique haussa les épaules et monta calmement dans un wagon. Maintenant qu'elle pouvait soulever sa valise par la seule force de sa volonté, elle eut tout loisir pour chercher un compartiment lui convenant.
A force de chercher, elle localisa celui ou Potter et ses amis s'étaient installés. Elle préféra les laisser et trouver un endroit plus calme. Elle en trouva un de vide, qu'elle décida de monopoliser.
Sumireko installa sa valise et verrouilla le compartiment, s'assurant d'être au calme.
Elle sortit la robe noire qui lui servait d'uniforme et se changea, arborant cette tenue dont la sobriété et la monotonie lui semblait être un crime contre l'exubérance et l'esthétisme. Cependant, elle était habituée à porter un uniforme scolaire et connaissait, ne serait-ce que de nom, la légendaire austérité des uniformes obligatoires dans les établissements scolaires britanniques.
Sumireko s'installa dans les banquettes, profitant des sièges moelleux et qui étaient plus confortables qu'ils n'y paraissaient au premier abord.
Elle utilisa sa baguette et marmonna quelques mots, faisant surgir un coussin moelleux. Ce n'était pas trop mal pour une de ses premières tentatives et elle posa son postérieur sur ce pouf improvisé.
La japonaise sortit un livre, tandis qu'elle sentit le train démarrer. La mise en branle des essieux et le cahot de la locomotive poussive la fit grimacer, lui rappelant ce voyage éprouvant dans l'ouest américain, lorsqu'elle avait voyagé dans un wagon dépourvu de tout confort, au toit métallique et aux bancs de bois, le tout sous une température caniculaire.
Cela avait été épuisant, alors que le pittoresque n'avait pas été suffisant pour excuser cet inconfort. La route à travers les rocheuses et le désert avait été un de ses pires voyages, bien qu'il se soit révélé intéressant sur nombre d'aspects.
Au moins, le climat britannique lui épargnerait de suffoquer sous la chaleur. A part les vibrations et les toussotements de la locomotive à charbon, il n'y avait pas grand chose pour la gêner.
La jeune fille sortit un petit bento, qu'elle avait commandé auprès d'un vendeur de sushis londonien. Elle dégusta rapidement ce déjeuner, gardant cependant un morceau de pudding pour plus tard. Le gâteau massif et épais semblait défier son estomac et elle savait qu'elle ne serait pas capable de le digérer maintenant.
L'heure suivante s'avéra être plus calme. Personne ne toqua à sa porte, personne ne la dérangea, jusqu'à ce que des voix se firent entendre depuis le couloir.
La japonaise fronça les sourcils. Qui est-ce qui pouvait bien mugir autant ?
Elle ouvrit la porte et nota deux groupes de personnes faisant de l'esclandre dans l'allée. Pour être plus exacte, un trio était dans le couloir et avait une discussion avec un autre groupe assis dans un compartiment.
- Excusez-moi, les héla t-elle grossièrement. Serait-il possible que vous puissiez aboyer moins fort ? C'est extrêmement désagréable.
Toutes les têtes se tournèrent vers elle. Outre le trio qu'elle avait brièvement rencontré sur le quai, il y avait un bel adolescent blond, impeccablement coiffé et avec une expression fière sur son visage élégamment dessiné. Cette personne aux traits aristocratiques était flanquée de deux élèves lourdauds, ressemblants à des gardes du corps ... où à des gorilles, si l'on voulait poursuivre la description en s'autorisant un mauvais jeu de mots.
Le garçon roux l'observa avec une étrange expression, rappelant celle d'un primate devant une énigme particulièrement ardue.
- Je ne t'ai jamais vue à Poudlard, questionna le rouquin en réfléchissant, sans pour autant se souvenir de son visage.
- C'est normal, je suis nouvelle, rétorqua Sumireko avec une expression neutre. Je vais passer une année à Poudlard, afin d'avoir un aperçu plus large dans le cadre de mes études.
Le blond l'observa avec dédain, comme si elle n'était qu'une punaise.
- Tes parents étaient sorciers ? exigea t-il de savoir, comme s'il s'agissait d'une priorité absolue dans ses relations.
- Absolument pas, répondit-elle. Je suis la première. J'étais toujours entourée de gens normaux et j'ai perfectionné mes dons par moi-même. En fait, c'est ma première année dans une école de sorciers.
- Alors écoute-moi bien, sang de bourbe, rétorqua le blond avec un ton agressif et hautain. Je suis Drago Malefoy, un préfet et à Poudlard, tout le monde me respecte.
A ces mots, Harry poussa un ricanement méprisant, recevant un regard noir de l'aristocrate.
- Si tu ne veux pas que je fasse de ton année un enfer, reprit-il en s'adressant à l'asiatique, tu as intérêt à faire ce que je te dis, le citron.
Sumireko fronça les sourcils, tandis que les autres étaient scandalisés par l'insulte. Harry et Ron furent arrêtés par les gorilles, alors que Malefoy s'avançait, intimidant.
- Tu as compris ? exigea t-il de savoir. Je veux t'entendre le dire.
La japonaise n'avait pas l'intention de se soumettre. Elle le regarda et lorsqu'elle ouvrit la bouche, ce ne fut pas pour dire ce que l'aristocrate souhaitait entendre.
- A ta place, persifla Sumireko, je m'achèterais de nouvelles robes et je changerais mes caleçons.
Sur ces mots, une onde de choc attira Malefoy. Le mouvement sec le fit trébucher en avant. Il s'écrasa sur le sol, se brisant le nez, les fesses en l'air.
Sa robe déchirée laissa voir son caleçon, également fendu. La vue des fesses blanches fit pouffer de rire le trio qu'elle avait déjà rencontré.
- Toi, grogna Malefoy en se relevant, le visage rose de honte. Je ne sais pas comment tu as fait, mais je sais que c'est toi. Attends un peu qu'on soit à Poudlard et je vais te le faire regretter. Toi, ainsi que ta maison.
L'envie de dégainer sa baguette le démangea, mais il n'était pas complètement stupide. Le trio de Gryffondor n'attendait que ça pour riposter et le blond songea qu'il serait préférable de se charger de l'étrangère plus tard, lorsqu'elle ne s'y attendrait pas.
Il s'éloigna en s'efforçant de conserver une expression arrogante, tandis que ses gardes du corps couvrirent son arrière-train.
Sumireko l'observa avec un air hautain, avant de se dérider lorsqu'elle s'intéressa au trio.
Ron l'observait comme si elle venait d'accomplir un miracle, tandis que les deux autres étaient plus mesurés. Hermione avait une expression réprobatrice dans le regard, démentie par son sourire en coin, tandis que le brun était inquiet pour celle qui venait de se mettre à dos Drago Malefoy.
- Qui est-ce, ce clown ? questionna t-elle avec intérêt, désireuse d'avoir le plus d'informations.
- Drago Malefoy, répondit sombrement Ron, une sale fouine. Il est raciste, arrogant et froussard. Fils de Lucius Malefoy, un Mangemort qui a échappé à la prison après avoir fait de nombreux dons à Sainte Mangouste.
Corruption manifeste, comprit l'adolescente. Une fois de plus, elle ne combattrait pas à la loyale.
- Et maintenant qu'il est préfet, poursuivit Hermione, il se retrouve avec du pouvoir entre ses mains. Il faudrait que plus de gens osent lui tenir tête. J'espère pour toi que tu ne seras pas dans sa maison.
Sumireko haussa les épaules.
- Franchement, je m'en moque, avoua t-elle avec une honnêteté déconcertante. J'ai rencontré beaucoup de ce genre de personnes et je sais comment traiter avec elles. C'est toujours la même chose.
La lycéenne rejeta une mèche de cheveux qui lui tombait sur les yeux, avant de se racler la gorge.
- On ne m'a pas appelé Akuma no Sumiweirdo pour rien, ajouta t-elle avec un sourire forcé.
Ce nom, c'était comme un titre pour elle. Certes, il s'agissait d'une insulte et d'une étiquette que tous collaient sur le dos de celle qui était trop bizarre pour être intégrée, mais Sumireko avait adopté ce pseudonyme. C'était comme un hommage, une désignation qui montrait qu'elle n'était pas une banale humaine, avec toute cette ennuyeuse normalité. Elle était perçue comme différente et elle avait bien vite réalisé qu'elle adorait ça. Elle sourit, appréciant cette sensation de puissance entre ses mains.
C'était un plaisir malsain, mais lorsqu'elle avait pu humilier ce garçon, lorsqu'elle avait vu une lueur de crainte et de surprise dans ses yeux d'un splendide gris acier, elle avait retrouvé ce sentiment exaltant.
La jeune fille plissa ses yeux derrière ses lunettes, observant la direction où Malefoy s'était enfui.
- Il est dans quelle maison ? questionna t-elle par pure curiosité.
- Serpentard, répondit Ron. Un nid de racistes et de mages noirs.
- Tu es préfet, Ron ! coupa sèchement Hermione. Tu dois rester impartial ! Il y a eu des Mangemorts à Serpentard, mais ce n'est pas non plus l'exclusivité. C'est juste que cette maison regroupe les ambitieux, les gens déterminés et avides de puissance. Ce n'est pas une surprise que beaucoup d'entre eux rejoignent les factions leur offrant la possibilité d'obtenir plus d'influence, d'argent et de puissance.
A cet instant, Harry interrogea Sumireko sur la maison qu'elle comptait rejoindre, lui présentant rapidement les différentes maisons à Poudlard. Bien entendu, elle les connaissait pour avoir survolé l'Histoire de Poudlard, mais elle le laissa finir par politesse.
- Je n'en sais absolument rien, avoua t-elle honnêtement. J'aviserais le moment venu. Si je suis à Serpentard, eh bien nous verrons. Ce serait amusant, sourit-elle en poussant un petit rire.
Sur ces mots légèrement inquiétants, Sumireko laissa ses nouvelles connaissances, avant de retourner dans son compartiment. Elle reprit ses marques, avant de poursuivre la lecture de son livre.
Le reste du voyage fut totalement calme. La verte campagne britannique défila à sa droite, tandis que le paysage devint de plus en plus accidenté, laissant place aux highlands d'Ecosse.
Sumireko resta le nez dans ses livres, ne levant la tête qu'à de rares occasions. Durant ces moments, elle essuyait ses lunettes et observait l'extérieur avec une expression incitant à la rêverie.
La nuit tomba rapidement, enveloppant les collines d'un drap de velours sombre. L'obscurité avala les vallées, plongeant le monde dans une aura étrange, ouvert sur les ténèbres et tous les mystères qui se cachaient à l'intérieur d'elles.
Le croissant de lune perçait faiblement à travers les nuages, projetant une lueur pâle, donnant à la brume une teinte spectrale et surnaturelle.
Sumireko appréciait la nuit. L'obscurité était le moment le plus intimidant, lorsqu'on était seul, aveugle dans l'inconnu, et que l'on ne devait compter que sur ses autres sens. Cette impression de mystère, cette sensation de solitude glacée au milieu de l'immensité la faisait toujours frissonner, tout en lui tirant un sentiment d'excitation.
Elle se remémora ses voyages et excursions, notamment lorsqu'elle avait été seule dans les grands espaces des Andes. Elle se souvint de ce froid qui l'avait transie, emmitouflée dans sa couverture, mais où la vie sauvage l'avait grisée. Seule, avec les hululements de quelques animaux, elle s'était retrouvée isolée de tous, ne comptant que sur elle-même et avec ses seules pensées, insignifiante sous l'immensité de la voûte céleste dont les constellations dessinaient des motifs inconnus.
Sumireko ramena ses jambes contre son torse, essayant de retrouver ces sensations. Elle ferma les yeux, revoyant les cieux barrés de la voie lactée, alors que des milliers d'étoiles scintillaient, telles des gemmes précieuses blanches, rouges ou bleues.
Elle adorait ces moments, lorsqu'elle était près d'un feu, faisant chauffer une boîte de soupe, seule avec elle-même, pouvant réfléchir et apprécier cette solitude qui l'aidait à relativiser sur sa place dans l'univers, tout en lui permettant de rompre avec sa vie connectée en permanence.
Sumireko resta dans cet état second, prostrée sur elle-même durant un temps non négligeable.
Ce n'est que lorsqu'elle sentit le train ralentir, ainsi qu'une annonce informant les élèves de l'arrivée imminente, que la japonaise se reprit.
La myope rangea sa valise et se contenta de jeter un sort sur les cadenas, afin de s'assurer qu'un éventuel voleur ne puisse pas facilement ouvrir sa valise.
Comme tous les autres élèves, Sumireko quitta le train et descendit sur le quai. Au milieu de la masse des autres étudiants, elle aperçut une silhouette voûtée se dessiner dans la brune.
L'être tenait une énorme lanterne, qu'il agitait comme un phare dans la nuit.
- Tout le monde est sorti ? questionna t-il assez niaisement. Je suis Argus Rusard, le concierge de Poudlard ! Tous les premiers années, suivez-moi ! s'exclama t-il. Les autres, empruntez les diligences.
Sumireko suivit l'homme au visage âgé et sinistrement amer. Bien qu'elle n'était pas une étudiante de première année, elle n'avait jamais été répartie et elle avait été informée par avance de la marche à suivre.
La lycéenne suivit le concierge, dépassant les autres d'une petite tête. Plusieurs regards curieux, voire inquisiteurs, l'observèrent. Quelques élèves chuchotèrent, mais la plupart d'entre eux étaient trop intimidés pour dire quoi que ce soit. Ce ne serait certainement pas elle qui engagerait la conversation.
La colonne, composée d'une quarantaine d'élèves, se dirigea vers l'embarcadère, ou de nombreuses barques étaient amarrées.
- Allez, montez ! cria le concierge pour couvrir le mugissement du vent. Pas plus de quatre par barque, précisa t-il, alors que les premiers groupes se formaient en fonction des affinités qui s'étaient formées durant le voyage dans le Poudlard Express.
Sumireko embarqua, en compagnie d'un garçon pâle et silencieux et de deux jeunes filles emmitouflées dans leurs capes chaudes.
Alors que les autres embarquaient, l'une des filles détailla Sumireko de haut en bas, puis de bas en haut. Elle renifla légèrement, mais la japonaise ne sut pas si c'était à cause du froid ou par mépris. Elle supposa que c'était la seconde possibilité et prit son expression la plus neutre possible.
La jeune fille ouvrit la bouche, mais lorsque ses lèvres s'ouvrirent, elle vit un éclat étrange briller dans les iris sombres de l'asiatique. La mystérieuse adolescente était totalement immobile, dédaignant son entourage. Seules ses deux couettes étaient agitées par la brise froide qui ridait le lac.
Le concierge monta dans une barque massive, qui sembla gémir sous son poids, tandis qu'un chat décharné était caché sous une latte.
- Tout le monde est bien installé dans une barque ? demanda t-il, alors qu'un chœur d'affirmations lui répondit.
Satisfait, Rusard consulta sa montre. Il claqua des doigts, criant « Tippy » ce qui devait être une sorte de code. Aussitôt, tous les cordages furent immédiatement déliés.
Les bateaux commencèrent à glisser sur l'eau et Sumireko ne vit pas le moindre système de propulsion, ni même de rames. Les barques se déplaçaient par magie et la curieuse observa les choses avec intérêt, tentant d'ignorer les discussions pour se focaliser sur le claquement des vaguelettes et le souffle du vent.
Les navires contournèrent un piton rocheux et dès qu'ils dépassèrent l'obstacle naturel, le château de Poudlard se révéla pleinement à la vue.
Il y eut un halètement collectif, alors que même Sumireko fut stupéfaite par cette vision.
Le château était vraiment immense. Ses hautes tours s'élevaient fièrement depuis un promontoire rocheux, reliées par d'épaisses murailles. Le haut donjon disparaissait dans la brume nocturne, tandis que des centaines de fenêtres laissaient échapper les scintillements de milliers de bougies.
La forteresse aux murs massifs était un spectacle à voir. Ses hautes flèches se reflétaient sur les eaux du lac noir, faisant scintiller la surface miroitante.
Sumireko observa la forteresse avec une expression ravie, adorant voir ces vieilles pierres emplies de magie, qui avaient été témoins de l'histoire.
A mesure que les barques progressaient, la japonaise put admirer le château de plus près, passant sous le grand viaduc soutenu par une structure métallique lui rappelant la forme de la tour de Tokyo.
- Baissez-vous, ordonna l'homme au crâne dégarni, alors que les bateaux s'approchaient d'une caverne creusée à la base de la roche supportant l'une des façades de la grande salle de la forteresse.
Les élèves passèrent sous un rideau de lierres, sans avoir à se baisser, puisque seul un être à la carrure exceptionnelle aurait eu à le faire.
Les navires accostèrent sur un quai de pierres humides, entouré de quatre torches. Tous alignés, ils s'arrimèrent d'eux-mêmes, laissant les élèves descendre.
Rusard guida les élèves, les faisant monter deux escaliers, avant de les faire patienter dans une antichambre.
Seuls et livrés à eux-mêmes, les élèves entendirent des centaines de voix et de murmures provenir d'une pièce voisine.
Sumireko se douta que cette pièce devait être l'immense corps de pierre dont elle avait aperçu la façade extérieure lors de leur passage en barque. C'était sans doute là que la cérémonie d'accueil et le repas se tenaient.
Lorsque la porte s'ouvrit, une femme à l'air sévère en sortit. Cette sorcière âgée, aux cheveux tirés en un élégant chignon était la même dame que celle ayant rendu visite à Sumireko.
- La cérémonie de la Répartition va bientôt débuter, commença t-elle, avant de faire un court discours sur la coupe des quatre maisons et le système de points mettant les groupes en concurrence, soi disant pour favoriser l'émulation.
Sumireko écouta tout, essayant de comprendre tous les sous-entendus de ce discours, mais McGonagall était si claire qu'elle eut l'impression que la femme était d'une honnêteté et d'une intégrité sans faille.
La directrice adjointe les invita alors à la suivre, les faisant passer les portes de bois sculptées menant à la Grande Salle.
