Bonjour à tous !

Voici le nouveau chapitre, avec le choix de la maison pour notre nouvelle élève.

J'espère que ce chapitre vous plaira.

N'hésitez pas à me faire part de vos remarques, de vos commentaires.

Bonne lecture à tous !


Chapitre 6 : La Répartition

Le cortège des nouveaux élèves s'avança sous les portes, entrant dans une salle massive.

Sumireko observa la salle aux dimensions colossales, dont les fenêtres immenses montaient jusqu'au plafond. Elle se sentait dominée et écrasée par la taille des piliers de pierre qui soutenaient la voûte, voûte qui semblait d'ailleurs ne même pas être là. Le plafond s'ouvrait sur un ciel splendide, qui dévoilait des milliers d'étoiles en formant un rideau laiteux se détachant dans les ténèbres d'un bleu minuit.

L'adolescente dominait le groupe des nouveaux étudiants, lui permettant d'avoir une meilleure vision de la salle. Elle nota que quatre grandes tables étaient dressées, occupées par des dizaines d'étudiants qui observaient les nouveaux et échangeaient quelques murmures. Les grandes tables linéaires étaient surmontées de blasons médiévaux, dont les armes représentaient respectivement un serpent, un blaireau, un aigle et un lion.

La jeune fille nota la présence d'une estrade occupée par les enseignants, tandis que McGonagall attendait à l'avant. Elle était droite, presque raide, debout à côté d'un tabouret sur lequel était posé un chapeau rapiécé.

L'asiatique espérait qu'elle n'aurait pas à mettre cette chose usée sur ses cheveux propres et qui dégageaient un agréable parfum de cerise.

Un accroc situé à l'avant du vieux couvre-chef s'ouvrit et, à la stupeur des nouveaux, ainsi que pour l'amusement des anciens, le chapeau se mit à parler.

Sumireko écarquilla les yeux, avant que le vieil artefact ne se mette à chanter.

Aux temps anciens lorsque j'étais tout neuf

Et que Poudlard sortait à pein' de l'œuf

Les fondateurs de notre noble école

De l'unité avaient fait leur symbole

Rassemblés par la même passion

Ils avaient tous les quatre l'ambition

De répandre leur savoir à la ronde

Dans l'école la plus belle du monde

« Ensemble bâtissons et instruisons ! »

Décidèrent les quatre compagnons

Sans jamais se douter qu'un jour viendrait

Où la destinée les séparerait.

Toujours amis à la vie à la mort

Tels étaient Serpentard et Gryffondor

Toujours amies jusqu'à leur dernier souffle

Tell's étaient aussi Serdaigle et Poufsouffle.

Comment alors peut-on s'imaginer

Que pareille amitié vienne à sombrer ?

J'en fus témoin et je peux de mémoire

Vous raconter la très pénible histoire.

Serpentard disait : « Il faut enseigner

Aux descendants des plus nobles lignées »

Serdaigle disait : « Donnons la culture

À ceux qui ont l'intelligence sûre »

Gryffondor disait : « Tout apprentissage

Ira d'abord aux enfants du courage »

Poufsouffle disait : « Je veux l'équité

Tous mes élèv's sont à égalité. »

Lorsqu'apparur'nt ces quelques divergences

Elles n'eur'nt d'abord aucune conséquence

Car chacun ayant sa propre maison

Pouvait enseigner à sa façon

Et choisir des disciples à sa mesure.

Ainsi Serpentard voulait un sang pur

Chez les sorciers de son académie

Et qu'ils aient comme lui ruse et rouerie.

Seuls les esprits parmi les plus sagaces

Pouvaient de Serdaigle entrer dans la classe

Tandis que les plus brav's des tromp'-la-mort

Allaient tous chez le hardi Gryffondor.

La bonn' Poufsouff' prenait ceux qui restaient

Pour leur enseigner tout ce qu'ell' savait.

Ainsi les maisons et leurs fondateurs

Connurent de l'amitié la valeur.

Poudlard vécut alors en harmonie

De longues années libres de soucis.

Mais parmi nous la discorde grandit

Nourrie de nos peurs et de nos folies.

Les maisons qui comme quatre piliers

Soutenaient notre école et ses alliés

S'opposèrent bientôt à grand fracas

Chacune voulant imposer sa loi.

Il fut un temps où l'école parut

Tout près de sa fin, à jamais perdue.

Ce n'étaient partout que duels et conflits

Les amis dressés contre les amis

Si bien qu'un matin le vieux Serpentard

Estima venue l'heur' de son départ.

Et bien que l'on vît cesser les combats

Il laissait nos cœurs en grand désarroi.

Et depuis que les quatre fondateurs

Furent réduits à trois pour leur malheur

Jamais plus les maisons ne fur'nt unies

Comme ell's l'étaient au début de leur vie.

Maintenant le Choixpeau magique est là

Et vous connaissez tous le résultat :

Je vous répartis dans les quatr' maisons

Puisque l'on m'a confié cette mission.

Mais cette année je vais en dir' plus long

Ouvrez bien vos oreilles à ma chanson :

Bien que condamné à vous séparer

Je ne peux pas m'empêcher de douter

Il me faut accomplir ma destinée

Qui est de vous répartir chaque année

Mais je crains que ce devoir aujourd'hui

N'entraîne cette fin qui m'horrifie

Voyez les dangers, lisez les présages

Que nous montrent l'histoire et ses ravages

Car Poudlard est en grand péril

Devant des forces puissantes et hostiles

Et nous devons tous nous unir en elle

Pour échapper à la chute mortelle

Soyez avertis et prenez conscience

La répartition maintenant commence

Alors c'était comme cela que les jeunes étudiants étaient répartis dans les quatre maisons, songea Sumireko, tandis que des pensées similaires traversaient l'esprit d'autres étudiants. Cependant, l'avertissement qu'il avait distribué semblait presque prophétique. Elle vit bien que plusieurs élèves étaient surpris, comme si le Choixpeau avait pour habitude de ne pas se mêler d'affaires étrangères.

La directrice adjointe appela un à un les élèves.

Les élèves passaient donc sous le chapeau et l'artefact annonçait leur maison, après un temps plus ou moins long. Un jeune brun fut envoyé à Gryffondor au moment ou le chapeau effleura ses cheveux, tandis que une jeune fille rousse mit plus de trois minutes avant d'être envoyée dans la maison de Pouffsouffle.

McGonagall continua d'appeler les étudiants, avant d'arriver dans les derniers noms. Sumireko n'était plus qu'en compagnie de deux élèves et tous les regards étaient désormais tournés vers elle.

- Usami Sumireko, appela l'enseignante, avec une prononciation impeccable.

L'adolescente avança, décidant de lever la tête, marchant normalement. Elle ne voulait pas passer pour une peureuse, ni pour une candide naïve trop pressée. Les impressions étaient déterminantes, elle se souvint bien de la nouvelle élève dans sa classe, il y a deux ans. La petite était timide, avait des difficultés à s'intégrer et à socialiser. Résultat, ses faiblesses avaient incité toutes les harceleuses à se déchaîner. La timide avait craqué avant de se suicider, à peine deux mois après son arrivée. Sumireko n'avait pas levé le petit doigt pour l'aider, restant dans son coin, protégée par la terreur qu'elle inspirait.

La japonaise avança, ignorant tous les murmures à propos de sa taille, avant de s'installer sur le tabouret.

- Pas à Poufsouffle, pensa t-elle alors avec force. N'importe ou, mais pas avec les cas sociaux. Pas Poufsouffle.

Le chapeau tomba sur ses cheveux et elle sentit quelque chose fouiller son esprit.

- Oh, très intéressant, chuchota alors l'artefact à l'oreille de la jeune fille.

- Tu dis quoi que ce soit à qui que ce soit, prévint-elle, je te brûle.

- Ne crains rien, répondit le chapeau qui savait qu'elle mettrait parfaitement sa menace à exécution. Je suis enchanté pour ne rien révéler.

Le vieux couvre chef de Godric Gryffondor reprit sa recherche, marmonnant des paroles inintelligibles.

- Alors, certainement pas Poufsouffle, jugea t-il, ni Gryffondor.

La jeune fille sembla s'impatienter, bien qu'elle ne put s'empêcher de soupirer de soulagement. Cependant, elle détestait attendre sans avoir rien à faire. Chaque seconde sans être en mesure de réfléchir ou de satisfaire ses envies lui semblait perdue. Elle aurait bien aimé pouvoir lire un bon livre ou observer les autres, afin de déceler le moindre indice pouvant l'aider.

- Serpentard ! s'exclama alors le Choixpeau.

De nombreux applaudissements provinrent de la table la plus à droite, bien que l'expression de quelques personnes signifiait que c'était davantage par politesse, que par réelle approbation.

Sumireko se releva et remercia McGonagall, lui tendant le chapeau avant de se diriger vers sa nouvelle maison. Tous purent noter qu'elle avança avec un regard brillant, empli d'une étrange malice, tandis que la façon dont les commissures de ses lèvres se relevaient était presque sinistre. La plupart de ceux assistant à ce spectacle eurent l'impression qu'elle avait hâte de se jeter dans la fosse aux serpents et qu'elle parvenait à peine à contenir son excitation.

Sumireko observa la longue table et décida de prendre place au milieu. Elle se plaça pile en face de Drago Malefoy, à côté d'une jeune fille au visage écrasé lui rappelant le faciès d'un bouledogue.

- Tu sais que les places au centre sont réservées à l'élite ? siffla la brune à la droite de Sumireko.

- Effectivement, la moindre des choses était de reconnaître une généreuse attention à porter à l'encontre de mon auguste personne, rétorqua alors Sumireko, sans se départir de son sourire.

Parkinson venait de se faire clouer le bec. Elle ne dit rien d'autre, surtout que Dumbledore commençait son discours, mais la préfète se jura qu'elle ferait payer cette impertinente lorsqu'elles seraient dans la salle commune.

Le directeur à la longue barbe, était vêtu d'une robe violette brodée d'étoiles d'argent. Cela aurait pu sembler ridicule sur n'importe qui, mais étrangement, cela lui allait plutôt bien.

- A ceux qui sont ici pour la première fois, déclara Dumbledore d'une voix claironnante, les bras écartés et le visage illuminé par un sourire rayonnant, je souhaite la bienvenue ! Et à nos anciens, je dis : bon retour parmi nous ! Il y a un temps pour les discours et justement, ce temps n'est pas encore venu. Alors, bon appétit !

Sumireko vit alors de nombreux plats apparaître par magie. Avec élégance, elle se servit en viande et en légumes, des plats exotiques qu'elle n'avait pas beaucoup l'occasion de manger au Japon et dont elle avait raffolé durant ses voyages.

Sumireko savoura les plats, allant même jusqu'à se resservir en tarte aux pommes. Elle aimait beaucoup les fruits, profitant de ces végétaux dont les prix étaient scandaleusement chers au pays.

Durant le repas, elle épia soigneusement ses camarades, observant son nouvel environnement. Elle nota plusieurs groupes et plusieurs factions, ainsi que quelques phrases à double sens, mais dont elle ne put noter tous les tenants.

Lorsque le repas fut fini, le directeur claqua des mains et tous les plats disparurent, laissant les tables immaculées.

Il fit un bref discours, mentionnant quelques règles, que Sumireko nota dans un coin de son esprit. Il était toujours bon de connaître les règles, afin de savoir comment les contourner. C'était en agissant par derrière et dans l'ombre que l'on pouvait régler ses problèmes avec la plus grande discrétion et avec certaines facilités évitant de longues procédures. Bien évidemment, elle avait pris soin de s'informer de tout le règlement par avance, s'intéressant notamment aux interdits et aux punitions.

Dumbledore présenta les nouveaux enseignants, mais alors qu'il allait reprendre la parole, il s'interrompit.

La femme vêtue de rose, qu'il avait présenté comme étant le Professeur Ombrage, s'était levée, avec la ferme intention de faire un discours.

- C'est Dolores Ombrage, chuchota un Serpentard. La sous secrétaire d'Etat du ministre.

Sumireko fronça les sourcils. Les membres du gouvernement n'avaient pas vocation à enseigner dans un collège, aussi prestigieux soit-il. Il se passait quelque chose d'étrange ici, peut-être un conflit avec le gouvernement, mais tant qu'elle n'aurait pas davantage d'informations, elle ne pourrait pas comprendre.

Elle détestait ne pas comprendre, tout comme elle détestait les magouilles politiciennes qui pouvaient l'affecter. Elle détestait les sales coup lorsqu'ils n'émanaient pas d'elle ou s'ils n'étaient pas à son avantage.

- Merci, cher directeur, pour ces aimables mots de bienvenue, minauda le professeur Ombrage.

Elle avait une voix de petite fille, haut perchée et un peu ridicule. Sumireko la trouva immédiatement antipathique, alors que tout en elle dénotait le mauvais goût, depuis sa petite voix stupide, jusqu'à son cardigan rose.

- Je dois dire que c'est un grand plaisir de revenir à Poudlard et de voir tous ces joyeux petits visages levés vers moi !

Sumireko renifla de mépris, n'appréciant pas d'être traitée comme une enfant de maternelle.

- J'ai hâte de vous connaître tous et je suis sûre que nous deviendrons vite de très bons amis !

Compte là-dessus et bois de l'eau, songea la japonaise avec sarcasme, alors que cette femme lui semblait des plus désagréables. L'enseignante de Défense contre les forces du mal commençait mal et ses cours avaient intérêt à être plus intéressants.

- Le ministère de la Magie a toujours accordé une importance primordiale à l'éducation des jeunes sorcières et des jeunes sorciers, commença t-elle avec un ton sec, comme si une autorité supérieure transmettait cette prose soporifique par les lèvres de cette femme. Les quelques dons que vous avez pu recevoir à votre naissance ne se révéleraient pas d'une très grande utilité si une instruction attentive ne se chargeait de les cultiver et de les affiner. L'ancien savoir dont la communauté des sorciers est l'unique dépositaire doit être transmis aux nouvelles générations, si nous ne voulons pas qu'il se perde à jamais. Le trésor de la connaissance magique amassé par nos ancêtres doit être conservé, enrichi, bonifié, par ceux qui sont appelés à la noble mission de l'enseignement.

Sumireko faillit décrocher, mais elle se força à rester attentive. Elle ne voulait pas fayoter et donner une bonne impression, mais elle ne voulait rien manquer de ce discours.

Beaucoup d'autres élèves chuchotaient et ricanaient sous cape, tandis que d'autres s'étaient assoupis.

Sumireko nota que les autres enseignants l'écoutaient attentivement, de même que Hermione. La Gryffondor à la peau mate avait l'air de boire ces paroles, bien qu'elle avait l'expression d'une personne forcée de boire du jus de citron concentré.

- … car certains changements seront pour le mieux alors que d'autres, à l'épreuve du temps, apparaîtront comme des erreurs de jugement, poursuivit la réactionnaire. De même, certaines coutumes anciennes seront conservées à juste titre tandis que d'autres, usées et démodées, devront être abandonnées. Aussi, n'hésitons pas à entrer dans une ère nouvelle d'ouverture, d'efficacité, de responsabilité, avec la volonté de préserver ce qui doit être préservé, d'améliorer ce qui doit être amélioré, et de tailler dans le vif chaque fois que nous serons confrontés à des pratiques dont l'interdiction s'impose.

- Merci beaucoup, professeur Ombrage, pour ce discours très éclairant, remercia le directeur à la longue barbe en s'inclinant vers elle.

Eclairant ? s'inquiéta la japonaise. C'était plutôt inquiétant ! On aurait dit que ce Ministère commençait à s'ingérer dans les affaires de l'école.

Lorsque les deux préfets en chef de la maison se levèrent, tous les élèves imitèrent leurs modèles.

Sumireko suivit le groupe, qui forma une file bien ordonnée. Bien qu'elle exécrait jouer au mouton, elle préférait paraître docile afin de mieux se distinguer et surprendre les autres le moment venu.

Les préfets conduisirent les élèves vers le grand hall d'entrée, dont les lustres portaient de petites chandelles. La colonne d'étudiants se dirigea ensuite vers les souterrains, traversant des couloirs de pierres nues et brutes.

Les lieux étaient plus sombres, remarqua Sumireko. L'ambiance à la fois sordide et obscure était renforcée par les murs massifs qui ne ressemblaient plus aux élégants piliers du reste du château. Les torches projetaient des flammes mauves, qui n'étaient pas tant présentes pour éclairer le chemin, que pour ajouter une touche de surnaturel.

Les cachots étaient labyrinthiques, songea Sumireko, qui compta le nombre de couloirs latéraux pour ne pas se perdre. Plusieurs corridors menaient vers de petits escaliers descendant vers des salles souterraines, dont les entrées étaient barrées de lourdes portes métalliques rappelant à Sumireko les vieux films de Dracula, lorsque la captive était enfermée à la merci du monstre.

Le groupe arpenta les souterrains pendant une dizaine de minutes, avant d'approcher d'un mur de pierres nues. La maçonnerie était encadré de deux piliers et l'ensemble n'avait, au premier abord, rien de différent du reste des murs de ces sinistres souterrains.

- Héritage, prononça alors le préfet.

Le mur se scinda en deux, les pierres se descellèrent et dévoilèrent un couloir menant vers une vaste pièce équipée de canapés et de tables.

La salle ainsi dévoilée était impressionnante à sa façon. Les murs nus et anciens semblaient vibrer d'une énergie ancienne, alors que la lueur verte venant du plafond donnait à l'atmosphère un aspect surnaturel.

Sumireko leva les yeux, observant un plafond de verre légèrement envasé, qui donnait sur les profondeurs abyssales du lac.

A part quelques algues et de petits poissons, elle ne distingua aucune lumière, alors qu'une étrange aura émanait des eaux. C'était curieux, puisque les rayons solaires n'atteignaient que faiblement les profondeurs et elle n'aurait pas du pouvoir observer quoi que ce soit, même en plein jour.

Sumireko était si fascinée, qu'elle faillit heurter l'élève devant elle.

Elle freina de justesse, alors que le rang se figea.

La japonaise ne dit rien, alors qu'une silhouette s'avança depuis l'ombre. La personne en question avait siégé à la table des professeurs. Il s'agissait de l'enseignant vêtu de noir, au nez crochu et aux cheveux gras qui formaient un rideau encadrant son visage. Une aura sombre émanait de lui, provenant plus particulièrement de son avant bras gauche.

- Bonjour à tous, salua t-il d'une voix doucereuse. Je suis le Professeur Rogue, maître des potions et directeur de la maison Serpentard. Tout d'abord je souhaite la bienvenue à notre nouvelle étudiante, Mademoiselle Usami Sumireko, qui nous vient du Japon.

La concernée s'inclina formellement devant son sensei, en un geste poli et respectueux. Certains eurent envie de rire ou de faire des remarques sur cette politesse, mais le silence et la présence de Rogue les en dissuada.

Sumireko ne le remarqua pas, mais une étincelle brilla dans les yeux d'un noir de charbon, tandis que le maître des potions observa ses élèves, nouveaux comme anciens.

- Mademoiselle Usami est parmi-nous, dans cette maison qui est celle de la ruse et de l'ambition. Je n'attends pas moins que l'excellence de la part de tous. Je rappelle quelques règles, que certains n'auraient pas du oublier, ajouta t-il en observant le préfet au menton pointu, perpétuellement flanqué de ses deux gorilles. Vous devez rester unis en toute circonstance face aux autres, vos problèmes ne doivent pas être vus hors de cette pièce. Les conflits se règlent ici uniquement, je ne veux pas de rapports sur un comportement indigne d'un sorcier. Je dois également attirer votre attention sur la nécessité de rester du bon côté du règlement, à moins que vous puissiez trouver un moyen de le contourner.

Et dans l'hypothèse malencontreuse ou l'on était pris, songea Sumireko, il fallait faire plonger ses ennemis avec soi. Si elle perdait, elle emmènerait ses ennemis avec elle, afin qu'ils ne puissent pas savourer leur victoire.

Ses pensées furent confirmées par une énigmatique phrase du sorcier en noir, alors qu'il leur rappelait que son laboratoire était interdit d'accès, sous peine de renvoi immédiat. Seule la porte de son bureau était ouverte à tous les étudiants.

- Je pense que j'ai dit l'essentiel, conclut l'enseignant au teint cireux. Malefoy, vous pouvez continuer.

Il n'avait rien dit à propos de la femme du Ministère, songea l'asiatique. Soit il ne savait rien, soit il voulait laisser ses élèves réfléchir et choisir la meilleure stratégie à adopter.

Elle pencha pour la seconde proposition. Un homme de ce calibre était loin d'être ignorant, alors il devait certainement en dire le moins possible, afin de ne pas trop dévoiler ses plans ou ses ambitions.

L'enseignant quitta la pièce, se retournant en faisant tourbillonner sa longue cape qui flotta derrière lui, malgré l'absence totale de vent.

Drago Malefoy, récemment promu préfet, s'avança avec un air arrogant, se pavanant comme en terrain conquis.

- Je ne vais pas vous rappeler nos règles, déclara t-il d'un ton hautain, presque aussi insupportable que celui d'Ombrage. Si vous les ignorez, vous ferez comme les autres et vous vous débrouillerez à les découvrir par vous mêmes. Maintenant, vous allez choisir vos chambres. Elles sont individuelles ou doubles et attribuées à l'année. Le ménage est fait toutes les semaines par les elfes de maison, alors attention où vous rangez vos affaires. Il est arrivé que certains devoirs disparaissent au milieu de parchemins chiffonnés.

Il se racla la gorge, desserrant légèrement sa cravate, avant d'observer les nouveaux.

- Bien, il est temps de choisir vos dortoirs, annonça t-il. Je prends celle-là, rajouta t-il en se dirigeant vers une pièce à la porte élégamment ciselée.

Sumireko regarda les élèves de première année, qui ne semblaient guère mieux lotis qu'elle.

La nouvelle n'allait pas se laisser intimider. Elle se dirigea vers une pièce qui lui semblait intéressante et se plaça devant.

- Je prends cette pièce, annonça t-elle en observant un matelas épais, dont les draps étaient d'une teinte d'émeraude.

A cet instant, la fille avec qui elle avait eu un accrochage lors du dîner fit un geste à une blonde, qui répondit d'un léger signe de tête.

- Je ne te veux pas ici, sang de bourbe, cracha la brune au visage écrasé. Cette pièce est trop bien pour toi. Ta seule place, ce sera à nos pieds.

Alors que la brune et la blonde s'avançaient de concert, un éclat amusé naquit dans les prunelles de l'asiatique. L'adrénaline coula en elle, l'excitation du combat pulsa dans ses veines, tandis que ses nerfs frémissaient d'anticipation. Elle adorait toujours ce moment ou elle remettait à leur place les présomptueux s'opposant à elle.

Sumireko se leva calmement. Elle détestait les idiots qui se croyaient supérieurs, sans avoir les moyens d'exercer leur domination. Elle-même était extrêmement arrogante et hautaine, mais à raison.

La japonaise se tourna légèrement vers Pansy Parkinson et remonta ses lunettes, utilisant son majeur.

La brune au visage ressemblant à un carlin dégaina sa baguette, menaçante.

Sumireko ne fit rien, à part sortir une petite cuillère en argent, qu'elle avait dérobé lors du service.

Tous l'observèrent avec stupéfaction, alors que quelques rires légers montèrent.

- Regarde bien la cuillère, demanda alors l'asiatique. Observe la bien, dit-elle en la levant haut, afin que tous la voient.

Alors que Parkinson commençait à s'impatienter, Sumireko plia l'argent par sa seule volonté.

La seconde qui suivit, Pansy Parkinson fut heurtée par ce qui semblait être un mur invisible. La brune s'écrasa au sol, le nez brisé et arborant une impressionnante contusion sur la joue droite.

Sumireko avança, montrant la cuillère nouée par la force de sa volonté.

- Tu vois ? questionna t-elle par pure forme, observant la préfète qui saignait du nez. Je n'ai même pas besoin de baguette pour te battre. La prochaine fois que tu m'adresses la parole pour me menacer, c'est ton bras que je plie, menaça t-elle en jetant la cuillère aux pieds de son adversaire.

Un silence tomba, alors que quelques personnes plus malignes choisirent leurs places dans cet intervalle.

Drago Malefoy se contenta de faire un petit geste de son menton pointu, avec un regard respectueux et approbateur.

Décidément, songea t-il en adressant un regard complice à un garçon à la peau sombre, cette jeune fille était étrange. Sa magie était d'un genre différent, plus sauvage que celle qu'il utilisait.

Cependant, elle n'était pas à sous-estimer. Elle venait d'humilier Parkinson, comparant une sang-pur à un vulgaire couvert, ce qui était une grave insulte.

Malefoy avait presque hâte de voir si Parkinson rongerait son frein, où si elle tenterait quelque chose pour se venger. Ce serait amusant à voir et il se promit de garder un œil attentif sur l'étudiante étrangère. De toute façon, il gardait un œil sur tout le monde dans le nid de serpents, en particulier sur Montague, Nott, Greengrass, Parkinson, Selwyn et Moon, pour ne citer que les plus dangereux.

Alors que les élèves se trouvaient une place, un préfet de septième année observa la scène, l'air satisfait.

Finalement, lorsque tout le monde eut choisi sa chambre, les malles apparurent instantanément, amenées par les elfes de maison chargés de l'entretien du château.

- Bien, cria t-il en tapant des mains pour attirer l'attention. Maintenant que vous êtes installés, est-ce que l'un d'entre vous aurait des remarques où des questions à poser avant d'aller se coucher ?

- J'en ai une, demanda alors l'étudiante étrangère, agitant une étrange plaque sombre, dont la surface semblait lisse comme un marbre poli.

Sumireko tenait sa tablette, dont le dos était orné d'un hexagramme rouge, contrastant avec le plastique noir.

Tout le monde l'observa, curieux de savoir ce qu'elle allait bien pouvoir demander.

- Comment fait-on pour se connecter au wifi ?