Bonjour à tous !
Voici le nouveau chapitre, avec un peu de retard. Je vous annonce également qu'il me faudra du temps pour rédiger la suite, donc il n'y en aura pas ce week-end, merci de votre compréhension.
Bonne lecture à tous et pensez aux commentaires.
Chapitre 7 : Première journée
Sumireko était absolument lugubre en cette première matinée de cours.
Elle avait fait cette découverte atroce, insupportable et abjecte, ce terrifiant constat qu'elle ne pourrait pas se connecter à internet pendant au moins huit semaines, puisque ce château archaïque ne disposait même pas de l'élémentaire confort pour une étudiante japonaise.
Ses camarades l'avaient regardé étrangement lorsque son visage s'était décomposé, mais elle avait choisi de ne pas s'étendre sur ses besoins en technologie.
En cette matinée, alors qu'elle se dirigeait vers la Grande Salle, la jeune fille ne prêta aucune attention aux regards de ses camarades, dont les réactions allaient de la neutralité à la curiosité, passant par le dédain et la franche réprobation.
Sumireko consulta distraitement son agenda, notant qu'elle avait un cours de potions, un d'enchantements et un d'Arithmancie et que le lendemain, elle aurait enfin celui qu'elle attendait, à savoir la défense contre les forces du mal.
- Sumireko, l'interpella t-on avec un brusque dédain, la tirant de sa rêverie.
La jeune fille cligna des yeux, se retournant pour voir que plusieurs Serpentard étaient appuyés contre un mur. L'un d'eux, un grand garçon pâle et filiforme, dont les traits rappelaient un lapin, trônait dans un canapé avec une certaine négligence.
- Je n'ai pas le souvenir que nous soyons intimes, répondit-elle avec sa voix légèrement plus basse que d'ordinaire. Vous m'appelez Usami, point final.
Sur ce, la jeune fille continua son chemin, alors qu'un raclement de gorge l'arrêta.
- Si vous voulez vraiment discuter, reprit-elle avec un ton hautain, dites-le franchement et faites-le sans produire des grognements animaux.
Alors que l'asiatique bâilla, une main se referma sur son poignet, l'obligeant à s'arrêter.
Un garçon à la peau métissée venait de l'attraper et un frisson la traversa, comme un avertissement qui la mit en garde contre des intentions hostiles à son égard.
- Ne me touches plus jamais, gronda la fière asiatique qui tenta de se dégager brusquement, sans succès.
- On a quelques mots à te dire, sang de bourbe, siffla t-il.
A ce moment, plusieurs autres élèves observèrent la scène. Certains désapprouvèrent l'idéologie raciste du jeune homme, mais ils ne dirent rien pour ne pas se révéler franchement et faire tomber leurs couvertures. Deux jeunes de première année s'arrêtèrent et observèrent la scène de loin, comme des bêtes curieuses. Plusieurs autres élèves firent de même, mais certains agirent avec plus de subtilité, feignant l'indifférence.
Beaucoup observèrent la japonaise d'origine moldue, qui ne jurait que par ses apports et qui avait, à plusieurs reprises, jugé de haut leur société.
Sumireko sentit la puissante poigne lui couper la circulation sanguine. Le garçon avait sans doute voulu l'empêcher de se saisir de sa baguette, mais s'il avait remarqué qu'elle était droitière, il ignorait l'étendue des pouvoirs de l'asiatique.
A cet instant, alors que plusieurs Serpentard pointèrent leurs baguettes sur elle, Sumireko avait déjà compris le danger. Elle savait que les adolescents pouvaient être cruels entre eux et elle ne tenait pas à se faire humilier par ces types-là.
Le colosse musclé sentit ses doigts desserrer leur prise. Il poussa un gémissement, alors que ses tendons craquaient. Contre sa volonté, il libéra Sumireko, dont l'expression était toujours aussi neutre. Soudainement, une force inconnue le projeta en arrière à toute vitesse, alors qu'il fut jeté comme un déchet sur ses autres compagnons.
Deux étudiants n'eurent pas le temps d'esquiver et furent violemment heurtés par le colosse. Les trois s'écrasèrent contre un mur, produisant un sinistre craquement, arrachant une tapisserie au passage.
Un des sorciers, qui avait plus de réflexes en raison de son entraînement au Quidditch, avait esquivé. Il tenait toujours Sumireko en joue avec sa baguette, mais deux secondes plus tard, il ressentit une forte douleur. C'était comme si le bois cuisait sa main et lorsque la brûlure devint insupportable, il jeta sa baguette d'orme au sol.
La collégienne à la peau jaune observa la scène avec le même détachement glaçant. Son regard se porta sur les autres étudiants dans la pièce, alors qu'elle s'assurait que personne d'autre ne tente quelque chose de stupide.
A cet instant, la fausse indifférence se mua et la magicienne dévoila son véritable visage. Son sourire malsain trahissait le fait qu'elle jouissait d'avoir du pouvoir entre ses mains et qu'elle avait hâte de pouvoir exercer sa domination.
Elle s'avança calmement, posant son pied sur la main de l'idiot ayant oser la toucher, savourant la douleur sur le visage de son ennemi.
- Pourquoi m'avez-vous attaquée ? demanda t-elle avec un ton indiquant qu'elle était très habituée à avoir des réponses.
Deux secondes plus tard, ce qui était environ la limite maximale que sa patience pouvait endurer, le seul bras libre de son agresseur fut tordu dans une position inquiétante. La pression se fit plus forte, jusqu'à ce qu'une craquement ne se fasse entendre.
- Ce n'est pas grave, murmura t-elle en savourant les gémissements de son ennemi en larmes. Il te reste d'autres membres, mais je ne pense pas que tu admettras ton infériorité. Malheureusement, je n'ai pas le temps de te briser les doigts un par un, ajouta t-elle en faisant glisser son soulier sous le majeur et en le tordant d'une façon inquiétante. Heureusement, j'ai un autre moyen d'avoir des réponses.
La chaleur augmenta autour de Sumireko, formant un halo de flammes. La jeune fille fit danser l'éclat autour de son doigt en l'observant avec une expression apaisée.
- Tous les animaux ont peur du feu, ajouta t-elle en approchant son index du visage de la brute au sol. Les buffles dans ton espèce ne sont guère différents.
- On t'a attaquée parce qu'on voulait te donner une leçon ! répondit-il précipitemment. Nous ne voulons pas de tes gadgets ! Nous en avons assez des moldus qui renient notre monde et qui veulent le changer ! C'était pour t'humilier et t'apprendre le respect envers nos traditions.
Sumireko recula, reniflant de dédain.
- Tu penses vraiment que je veux t'imposer mon confort et mes avantages ? siffla t-elle en songeant à ce réseau dont elle était déconnecté. Je me fous totalement de toi, de ta vie et de tes préjugés. Je constate juste une certaine arriération et quelqu'un de mon calibre est en droit d'espérer disposer du meilleur, ajouta t-elle avec l'arrogance d'un sang-pur à qui tout devait être dû.
Alors que ses agresseurs se relevaient, aidant leur camarade au bras brisé, Sumireko rejeta une de ses couettes. Son regard était encore plus sombre que lorsqu'elle avait loué la mansarde au Chaudron Baveur, lorsqu'elle avait eu un réseau wifi avec un temps de réponse absolument ignoble.
- Par contre, je ne le redirais plus, mais le prochain qui tente quoi que ce soit contre moi ...
Elle laissa sa menace en suspens, avant de se diriger vers la Grande Salle, pour prendre son petit déjeuner.
- Usami, interpella alors la préfète raciste avec qui elle s'était brouillée la veille, pour l'attaque d'un de tes camarades je vais devoir te sanctionner.
La japonaise remonta ses lunettes en utilisant son majeur, répétant le geste d'hier soir à l'égard de Parkinson. Sur ce, elle quitta la salle commune avec un sourire. Elle adorait remettre à leur place ses inférieurs et se demandait si cette brune au visage ingrat tenterait d'aller plus loin.
Sumikeko prit un petit déjeuner, se gavant de bacon et d'œufs sans songer à son poids. Une fois ses toasts beurrés finis, elle se rendit en cours d'Histoire de la Magie, empruntant le couloir menant vers les grands escaliers mobiles, dont la dangerosité n'était pas à prouver. Légèrement désorientée à cause de l'immensité du château, elle suivit les indications données par un portrait, avant d'arriver devant la salle de classe.
La japonaise arriva avec trois minutes d'avance. Elle détestait arriver en avance, puisqu'elle ne supportait pas devoir attendre et passer pour quelqu'un d'anxieux qui craignait d'échouer. Par contre, elle n'aimait pas arriver en retard, parce que passer pour un rustre était tout aussi inacceptable.
Elle croisa plusieurs lignes d'élèves venus de différentes maisons et reconnut quelques uns de ses camarades de maison, ainsi que des Serdaigle.
Elle remarqua une belle asiatique parmi eux, aux longs cheveux noirs et soyeux qui coulaient le long de son dos. Cependant, cette demoiselle semblait réservée, presque isolée, ne discutant qu'avec deux autres filles. Ses iris d'un marron doux étaient entourés de vaisseaux rouges et dilatés, alors que son maquillage couvrait bien le tour de ses yeux. C'était comme si elle avait passé de longues nuits sans sommeil et qu'elle cachait son état.
Parmi les Serdaigle, un bel adolescent aux cheveux châtains teinté de mèches cuivrées, dont la cravate était légèrement dénouée pour lui donner une apparence de bad-boy, posa ses yeux sur la nouvelle.
- Bonjour, dit-il en se voulant charmeur, je n'ai pas souvenir de vous avoir déjà rencontrée. Pourtant une jeune fille aussi ravissante ne saurait être oubliée. Je suis Terry Boot, salua t-il.
- Usami Sumireko, répondit la japonaise en sentant sa confiance légèrement entaillée. Qu'est-ce que tu ... souhaites ? demanda t-elle, butant sur le dernier mot qui témoignait qu'elle aurait pu être moins diplomate.
- Je souhaitais juste engager la conversation. Face à une nouvelle personne, je trouve normal de vouloir la rencontrer, la connaître. C'est de la curiosité.
L'asiatique à la robe sombre ne sut pas si elle dut se sentit flattée d'être considérée comme quelqu'un de valeur, où être insultée d'être considérée comme une curiosité.
- Bon, ça suffit Casanova, intervint une autre élève avec deux tresses, tirant Terry en arrière.
Le garçon fut déstabilisé et le charme élégant qui l'entourait sembla disparaître. Il bafouilla, ce qui brisa tout type d'aura qui avait encerclé ce beau-parleur.
Sumireko eut l'impression qu'une douceur avait envahi son esprit, puis qu'elle s'était estompée. Elle plissa ses yeux, adoptant une expression mauvaise.
L'asiatique retourna avec les autres Serpentard, sentant bien qu'il y avait quelque chose d'étrange dans l'air. Même si elle n'aimait guère certains d'entre eux, ils la protégeraient si quelqu'un tentait de s'en prendre à elle.
C'était un réflexe idiot, puisqu'elle savait que si quelqu'un tentait de l'agresser, il ne ferait pas devant tout une classe de témoins. Si l'autre tombeur tentait vraiment de manipuler son esprit, il agirait avec une plus grande subtilité.
Lorsque la porte s'ouvrit, elle entra dans la salle à la suite des autres et s'installa sur un des bancs. Soudainement, un spectre émergea du tableau noir.
A la vue de ce fantôme, Sumireko écarquilla les yeux, devenant livide alors que ses doigts se crispèrent sur le bois et que ses jointures blanchirent.
Face à cette forme paranormale, elle fut traversée par deux sentiments contradictoires.
D'un coté, elle était extatique, ayant face à elle une preuve évidente de l'existence d'une forme de vie après la mort.
De l'autre, faire face à une chose qu'elle n'avait jamais vue, un être contre lequel elle n'avait aucune prise, était absolument terrifiant.
Cependant, les autres n'avaient pas l'air d'être inquiets. Ils étaient habitués et avaient l'expression qu'une personne blasée aurait devant un paysage familier, alors elle se força à reprendre une attitude posée.
Le fantôme s'installa à son bureau et commença à débiter ses notes de cours.
Sumireko se hâta de saisir un stylo et de noter les informations qu'elle put saisir. Elle remarqua d'ailleurs que ses camarades avaient des plumes et des encriers, ce qui la fit soupirer intérieurement. Ces types avaient vraiment un siècle de retard.
La jeune fille prit des notes sur les révoltes de gobelins, mais l'enseignant avait une voix monocorde et si plate, qu'il était incapable de rendre son cours intéressant. Elle nota que plusieurs élèves avaient décidé de dormir ou de lire leurs manuels, considérant le monologue du spectre comme un simple bruit de fond.
Sumireko ne comprit rien à ce qu'elle notait. Elle ignorait tout le contexte, incapable de saisir les tenants et les aboutissements de ces conflits, alors elle nota bêtement ce qu'elle put, se jurant d'aller en bibliothèque pour en comprendre davantage. Un tel cours n'avait guère d'intérêt, c'était comme si elle racontait la bataille de Sekigahara sans avoir posé le contexte, ni expliqué les conséquences. C'était un récit de bataille sans intérêt lorsqu'il n'était pas intégré dans une histoire plus globale.
La japonaise étouffa un bâillement, se forçant à noter ces informations sur des créatures qu'elle pensait être mythiques il y a encore un mois. Elle fit cependant l'effort de s'intéresser au babillement de Binns, jusqu'à ce qu'elle soit picorée par derrière. Elle se retourna pour voir qu'un oiseau de papier s'amusait à l'attaquer de toutes parts.
Dans son ancien lycée, Sumireko était connue pour ses traits de caractère, mais la patience n'en faisait pas partie.
Elle serra le poing et l'oiseau s'embrasa, disparaissant en un nuages de cendres.
L'expression surprise sur le visage de Parkinson trahit vite la coupable, puisque la vipère brune était la seule à surveiller la japonaise.
Sumireko l'observa et songea à sa petite vengeance. Elle savait quoi faire, mais elle attendrait plus tard, pour que ses représailles soient plus dérangeantes. Ce n'est pas qu'elle voulait faire ça en fourbe, sans que le coup soit clairement signé, mais elle voulait rendre la punition plus dure.
L'occasion lui fut fournie quatre heures plus tard, en cours de potions.
Pour atteindre les salles ou bouillonnaient des chaudrons, les élèves empruntaient un couloir de pierres nues, faiblement éclairés par des torchères dont les flammes projetaient un petit hâlo orangé sur les moellons gris. Les lueurs dansantes indiquaient le chemin dans les cachots, menant vers une salle plus vaste.
La pièce dont le plafond était orné de voûtes gothiques était faiblement éclairée. Cependant, malgré la pénombre, elle vit que les étagères étaient chargées de bocaux contenant des ingrédients divers et elle frémit en voyant ce qui ressemblait à un fœtus conservé dans une substance jaune.
Sumireko déglutit, avant de trouver une place vide. Elle se trouva à gauche d'un élève au visage carré, qu'elle reconnut comme étant un des sbires de Malefoy. Celui-ci ne lui adressa pas un regard, son expression primaire étant focalisée sur son maître.
Le blond était placé devant, au premier rang et il commença immédiatement à regarder son chaudron, vérifiant soigneusement la température.
Rogue arriva brusquement, ordonnant aux élèves de se taire. Il aurait très bien pu ne rien dire, puisque tous s'étaient tus dès qu'il était entré.
L'homme vêtu de noir s'installa derrière son bureau, observant l'ensemble de ses élèves.
D'un ton calme, il leur présenta le philtre de paix qu'ils allaient devoir réaliser. Il avait choisi de commencer l'année par des travaux pratiques et Sumireko pensa qu'il profiterait d'un créneau horaire ultérieur pour faire ses cours magistraux.
Rogue rappela longuement les mesures de sécurité, au cas ou un cornichon aurait oublié les plus élémentaires règles de sûreté durant les vacances, ou bien que son cerveau soit dépourvu de la plus élémentaire des logiques.
Sumireko eut un petit sourire devant la tournure de phrase, tout en le remerciant de l'informer d'un détail. Elle ignorait qu'il était préférable de placer le manche de la louche sur la droite, de façon à ne pas le heurter accidentellement, tout en pouvant l'atteindre sans avoir à passer sa main au-dessus du chaudron.
Leur enseignant saisit sa baguette et fit apparaître un long protocole expérimental au tableau. C'était comme une recette, mais en plus complexe.
La japonaise lut attentivement les lignes, repérant les moments nécessitant d'être rapide. Lorsqu'elle eut fini, relisant plusieurs fois les consignes pour être sûre, elle se dirigea vers l'armoire et saisit les ingrédients deux par deux, les ramenant à sa paillasse en les alignant selon l'ordre de leur utilisation.
Rogue l'observa silencieusement, observant les gestes de la nouvelle tout en appréciant son sens de l'organisation.
Cependant, lorsque Sumireko leva la tête, ayant la désagréable impression d'être observée, elle constata que l'homme au regard sombre scrutait les gestes d'une blonde, Greengrass si elle se souvenait bien, avant de passer dans les rangs.
A part le bouillonnement des chaudrons, on n'entendait que le bruit des couteaux et des louches, avec un toussotement de temps à autre, accompagné par le bruit des pas du maître de potions.
Lorsque Rogue eut le dos tourné, Sumireko agita lentement et régulièrement le contenu de son chaudron. Ce n'était pas plus dur que de la chimie ou de la cuisine, songea t-elle en poursuivant l'exercice.
Lorsqu'elle arriva à l'avant dernière ligne, indiquant de laisser reposer dix minutes, elle nota l'heure précise et se mit à attendre.
Au bout d'une minute, la jeune fille commença à s'ennuyer fermement. Elle détestait devoir attendre et son esprit prolixe avait besoin d'être canalisé.
Son regard se tourna vers Pansy Parkinson, qui chuchotait avec sa voisine, tout en coupant un ingrédient en tranches.
Le regard noisette de l'asiatique se plissa, alors qu'une idée gagna son esprit. Un éclat de fourberie scintilla en ses prunelles, alors que sa main droite se tendit. Elle replia ses doigts, à l'exception de son index et de son majeur, restés droits.
Elle fit un petit geste et son ennemie dérapa. La lame d'argent glissa sur la planche à découper et Pansy s'entailla profondément la main.
La brune poussa un cri et recula précipitamment sa main tenant son couteau, heurtant involontairement son chaudron. Le choc ne fut pas fort, mais pour étrange raison, le trépied déstabilisé ne résista pas et l'impact renversa le chaudron d'étain.
Alors que Rogue se dirigeait vers Parkinson, il dégaina sa baguette. Un simple Evanesco, prononcé d'une voix atone, fit disparaître toute trace de la potion.
Son regard sombre se posa sur la main de son élève, alors qu'il murmurait une incantation qui referma la plaie. Il sembla presque soulagé, mais cette impression disparut, lorsqu'il regarda la jeune fille tremblante.
- Ce sera donc un zéro, Miss Parkinson, ainsi que deux heures de retenue ce soir. La prochaine fois, ajouta Rogue avec un ton sec, vous penserez à manipuler à droite de votre chaudron, puisque vous êtes droitière et vous serez plus concentrée sur votre travail que sur vos insignifiants babillages avec votre camarade.
Sumireko sentit une satisfaction gagner son être, la réchauffant comme le soleil d'été. Voir l'expression déconfite de sa camarade, déçue et humiliée devant toute la classe, était un vrai bonheur.
La jeune fille regarda sa montre et songea qu'il ne lui restait plus que deux minutes à attendre, avant de verser la dernière substance.
Le son de la trotteuse semblait lui envahir l'esprit, résonnant dans son crâne, alors qu'elle s'apprêtait à verser la bile noire dans le chaudron.
Sumireko vit le liquide briller d'une couleur grise, tandis qu'une vapeur argentée émanait de son chaudron.
Avec soin, elle baissa le feu et constata que les bouillonnements commencèrent à diminuer.
Sumireko mélangea une dernière fois la substance et saisit sa louche, avant de verser le philtre dans une bouteille étiquetée à son nom.
Elle déposa son échantillon sur le bureau de Rogue, qui l'observa d'un regard normal, sans faire preuve de la moindre approbation.
La jeune fille ne s'en formalisa guère. Elle avait compris que cet enseignant n'était pas du genre à faire preuve de beaucoup de démonstrations sentimentales.
Lorsqu'elle eut fini de nettoyer l'espace de travail, elle rangea ses affaires. Rogue l'observa, de même que les autres élèves.
- Normalement, vous devriez avoir tous fini, siffla t-il en voyant que seules dix fioles étaient présentes sur son bureau. Ceux qui ont effectivement terminé peuvent sortir.
Sur ces mots, la lycéenne salua son enseignant, avant de quitter la salle d'expérimentation, dépassée par Drago Malefoy.
Elle eut juste le temps d'entendre Rogue poursuivre son discours.
- Les autres, ajouta t-il avec une voix qui résonna contre les murs des cachots, vous me ferez quarante cinq centimètres de parchemin sur l'usage de la pierre de lune dans les substances curatives.
L'adolescente sourit, avant de regarder son emploi du temps.
