Bonjour à tous !

Voici la suite de la fanfic, avec la première confrontation avec le personnage que je déteste le plus dans les romans. Dites-moi ce que vous pensez d'Ombrage.

Bonne lecture pour tous, n'hésitez pas à me faire part de vos remarques.


Chapitre 8 : Dolores Ombrage

S'il y avait un cours qui semblait intéressant et plein de promesses aux yeux de Sumireko, c'était bien celui de Défense contre les Forces du Mal.

Dans l'esprit affûté et retors de la magicienne, l'idée d'utiliser la magie à des fins malveillantes n'était pas restée une simple théorie bien longtemps. Depuis son enfance, à peine avait-elle découvert et expérimenté sur ses pouvoirs, qu'elle les avait employés de façon offensive, de façon à blesser ceux qui lui portaient préjudice.

Ajouter un arsenal de connaissances magiques à ses talents naturels pouvait être extrêmement utile. De plus, c'était un atout de ne pas griller toutes ses cartouches en utilisant toujours les mêmes techniques et les mêmes combinaisons d'attaques, pour ne pas dévoiler toutes ses stratégies à un ennemi. Elle ne voulait pas que les autres se mettent à réagir et à contrer ses dons, surtout si c'était pour se révéler vulnérable.

Le cours tant attendu était commun avec les Gryffondor et Sumireko croisa plusieurs têtes connues dans le couloir, lorsque tous les élèves attendaient devant la porte.

Elle assista d'ailleurs à une énième joute verbale entre Malefoy et le Trio d'or, qui ne serait certainement pas la dernière étant donné la franche hostilité entre ces deux groupes, ce qui ne lui plut que modérément.

Elle n'appréciai pas ces échanges stériles. Elle savait parfaitement, pour en avoir fait l'expérience, que l'on pouvait retirer une immense satisfaction à humilier ses adversaires, mais c'était risqué et on pouvait s'exposer à être soi-même humilié. De plus, on pouvait se mettre à dos des gens qui pourraient peut-être vous aider plus tard. Elle avait toujours pris soin de n'humilier que ses inférieurs et ceux qui lui seraient toujours inutiles. Les masses de muscles, ainsi que les idiots qui ne lui seraient d'aucune aide étaient ses cibles favorites, pas les intellectuels et les gens avec du répondant. Mieux valait que les faibles aient peur et qu'ils s'écrasent en s'écartant de son chemin. A l'inverse, les gens avec une potentielle utilité devaient être mieux traités, de façon à ce qu'ils ne fassent rien contre elle. Cependant, si jamais ils essayaient, ils en seraient pour leurs frais. Ils savaient qu'ils tomberaient dans la catégorie des victimes.

D'ailleurs, le clash se termina bien vite par une victoire de Potter. Face au visage déconfit de Malefoy, elle sourit à peine à Harry. Elle accompagna cependant ce pâle sourire d'un léger geste de la tête, encourageant à sa façon le brun aux yeux ternes.

La porte de la salle de défense contre les forces du mal s'ouvrit alors, comme par magie.

Par magie, corrigea mentalement Sumireko, avant de suivre le mouvement et de s'engouffrer dans la pièce.

Le professeur au cardigan de velours rose les attendait, assise à son bureau. Son visage rond et souriant fit inconsciemment frissonner l'asiatique, qui fit tout pour esquiver ces yeux ne lui disant rien qui vaille.

- Eh bien, bonjour, dit-elle aux élèves, lorsqu'ils furent tous assis aux pupitres qu'ils avaient choisi.

Quelques élèves marmonnèrent un vague bonjour en guise de réponse, tandis que Sumireko s'inclina légèrement en la saluant formellement, se retenant d'utiliser le suffixe de sensei.

- Voyons, voyons, dit le professeur Ombrage avec son insupportable voix fluette, ça ne va pas du tout. J'aimerais bien, s'il vous plaît, que vous répondiez : « Bonjour, professeur Ombrage. » Recommençons depuis le début, si vous le voulez bien. Bonjour, tout le monde !

Plus condescendante, tu meurs, songea Sumireko, se pliant à cette infantilisante comédie, scandant un « Bonjour professeur Ombrage » qui masqua mal son trouble.

- Voilà qui est beaucoup mieux, dit-elle d'une voix douce mais si hautaine, qu'elle était aussi agréable qu'un crissement de craie sur un tableau. Ce n'était pas si difficile, n'est-ce pas ? Rangez vos baguettes et sortez vos plumes, s'il vous plaît.

Sumireko glissa sa baguette dans son étui, avec un regard sombre. Elle qui était tellement enthousiaste à l'idée de pouvoir apprendre des sorts et de maîtriser la magie, devait ranger sa baguette. C'était le dernier cours de cette première journée dans cette école et elle allait se finir sur un amas de théorie.

Au fond d'elle même, Sumireko espéra que Ombrage ne ferait qu'une brève introduction et que cet enseignant proposerait un travail pratique un peu plus tard dans la séance, parce qu'elle était impatiente de pouvoir utiliser sa baguette.

Lorsque Ombrage saisit sa courte baguette et tapota le tableau, Sumireko vit ses espoirs être abattus, méticuleusement descendus en flammes à chaque ligne inscrite par son enseignante.

La mention « retour aux principes de base » aurait pu être encourageante pour cette novice, mais lorsqu'il apparut qu'Ombrage allait leur faire lire le chapitre 1 de son manuel, Sumireko haussa les yeux au ciel en soupirant.

Surtout, le fait que Ombrage mentionna un « programme de magie défensive centré sur la théorie » sonna comme un glas pour les espoirs de la japonaise.

Elle avait déjà lu le manuel de cours et se souvint de la prose soporifique écrite dans ces pages. Elle se força à ouvrir le manuel pour faire bonne figure, mais lorsqu'elle relut les trois premières lignes, elle se sentit hypnotisée, au point qu'elle usa sa main comme d'un support pour sa tête.

Autour d'elle, tous avaient l'air de s'ennuyer royalement.

Rapidement, Hermione leva la main. L'intellectuelle garda un air neutre et détaché, ce qui impressionna Sumireko. Comment pouvait-on tendre la main aussi haut, sans souffrir de tendinite ou d'élongation des muscles ?

Les têtes se levèrent et beaucoup de regards convergèrent vers la jeune adolescente aux cheveux touffus.

- J'ai une question à propos de vos objectifs d'apprentissage, dit Hermione.

Le professeur Ombrage haussa les sourcils.

- Eh bien, Miss Granger, il me semble que ces objectifs sont parfaitement clairs si vous prenez la peine de les lire attentivement, répliqua le professeur Ombrage d'un ton à la fois aimable et décidé.

- Je ne le pense pas, dit abruptement l'intellectuelle, appréciant peu que l'on dédaigne ses capacités. Rien n'est indiqué au sujet de l'utilisation des sortilèges de défense.

A la stupeur générale, Ombrage rit et annonça que la pratique de la magie serait inutile dans son cours. Plusieurs élèves réagirent instantanément en protestant, mais Ombrage rejeta leurs remarques.

Le ton d'Ombrage était toujours doucereux et faussement aimable, mais son arrogance était des plus détestables.

- Miss Granger, à moins que vous ne soyez une experte formée par le ministère, j'ai bien peur que vous ne soyez pas qualifiée pour définir la raison d'être d'une matière, quelle qu'elle puisse être. Notre nouveau programme d'études a été établi par des sorciers beaucoup plus âgés et intelligents que vous.

Sumireko renifla de mépris, signifiant discrètement son désaccord à propos de l'étron parcheminé qu'elle avait lu. Si Ombrage l'avait entendu, elle n'en tint pas compte, poursuivant sa discussion avec la Gryffondor.

- Miss Granger, vous apprendrez les sortilèges de défense dans des conditions qui garantissent la sécurité et l'absence de risques …

- À quoi ça peut bien servir ? interrogea Harry à haute voix, avec un ton sec et agressif. Si nous sommes attaqués, ce ne sera pas avec…

- Votre main, M. Potter ! coupa la femme dont le visage enflait comme un crapaud buffle.

Alors que Harry brandit le poing, Ombrage trouva un dérivatif en interrogeant une autre élève, qui était scandalisée à l'idée que l'on puisse passer une épreuve pratique sans jamais s'être entraînée, la question soulevée par Harry fit réagir plusieurs élèves.

Même certains Serpentard levèrent la main, signe que la fronde contre ces méthodes ahurissantes n'était pas limitée à ceux répartis dans une maison connue pour sa fougue et son audace.

- Professeur, à quoi nous servira la théorie dans le monde réel ? intervint Harry en tendant à nouveau le poing en l'air.

Le professeur Ombrage leva les yeux et même Malefoy se tut, observant attentivement le jeu de regards.

- Ici, nous sommes dans une école, Mr Potter, pas dans le monde réel, répondit-elle avec

douceur.

- Alors, nous n'allons pas nous préparer à ce qui nous attend dehors ? tança le brun dont la mauvaise humeur était clairement perceptible.

- Voyons, interrogea Ombrage d'un ton si sirupeux, qu'il écorchait les tympans de tous. À votre avis, qui aurait l'idée d'attaquer des enfants comme vous ?

- Mmm, voyons…, répondit Harry en faisant semblant de réfléchir. Peut-être… disons… Lord Voldemort ?

Plusieurs élèves poussèrent de petits cris, ressemblant à des couinements dignes de marcassins tout à fait pathétiques. Sumireko observa avec dédain Parkinson frémir et Longdubat tomber de son tabouret. Ils avaient peur d'un nom, c'était lamentable. Même les Moldus, pourtant méprisés par les sorciers, ne craignaient pas de dire les noms des plus abjects tyrans.

- Dix points de moins pour Gryffondor, Mr Potter, annonça t-elle alors qu'un silence de mort était tombé sur la classe et que tous observaient les deux duellistes.

Ombrage menait, songea Sumireko. Elle restait calme, tandis que Harry s'emportait, ce qui lui faisait perdre en crédibilité. Il aurait pu être convaincant, puisqu'il parla de la résurrection de ce mage noir avec pas mal de détails rendant le récit crédible, mais sa colère le desservait.

- M. Potter, vous aurez une retenue, conclut Ombrage d'un air triomphal, comme si ce moyen pouvait mettre un terme à la discussion. Je le répète, il s'agit d'un mensonge.

L'enseignante s'assit derrière son bureau, mettant un terme à la discussion. Par bravade, Harry se leva.

Même avec son expression colérique et son visage rouge, Il exerçait une sorte de fascination, comme un rebelle charismatique.

- Alors, selon vous, Cedric Diggory est mort de son plein gré ? demanda Harry, la voix tremblante.

- Attendez ! s'exclama alors Sumireko, se levant en coupant brusquement la discussion. Il y a eu un mort dans cette école ?

Elle les regarda tous les deux, le teint blême et avec une expression choquée, puisqu'elle n'avait pas été mise au courant de ce fait lors de son inscription et de sa présence dans le monde sorcier. C'était comme un tabou, comme si quelqu'un s'acharnait à étouffer la réalité et à poser une chape de plomb sur ce décès.

- La mort de Cedric Diggory a été un tragique accident, déclara Ombrage d'un ton glacial. Miss Usami, vous n'avez aucune crainte à avoir, reprit Ombrage avec un ton plus doux, toutes les mesures ont été prises pour ne pas qu'un tel drame n'ait à se reproduire.

- C'était un meurtre, répliqua Harry.

Sumireko allait se rasseoir, mais le ton sec du brun la saisit. Il ne mentait pas, elle sentait qu'il disait la vérité, les tremblements dans ses bras, son regard, tout concordait avec les signes d'une personne qui ne mentait pas et qui était victime de l'incrédulité des autres.

Elle pouvait imaginer ce que ressentaient les grands esprits et les intellectuels qui affrontaient le scepticisme de ses contemporains.

- Voldemort a tué Cédric et vous le savez très bien, poursuivit Harry.

Sumireko n'en put plus. L'un des deux mentait et elle commençait à avoir une petite idée sur lequel disait la vérité.

Elle détestait les incertitudes et les doutes. Elle voulait lever le voile de l'inconnu et n'hésitait pas à fouiller et à poser des questions, y compris si elles étaient dérangeantes.

A son tour, elle décida de se lever.

- Professeur, qu'à dit le rapport d'autopsie ? questionna t-elle avec politesse. Une enquête à t-elle été menée ? Y'a t-il moyen d'interroger le fantôme de la victime ?

Ombrage sembla figée, tandis que Harry se détendit. Les questions de Sumireko étaient à la fois pertinentes et légitimes. De plus, même si la jeune fille n'avait pas admis qu'elle le croyait, elle n'avait pas été du côté d'Ombrage. Elle semblait peser les différents arguments et attendait de pouvoir se prononcer.

- Monsieur Potter, reprit Ombrage, cessez de répandre vos mensonges. Quant à vous, Miss Usami, poursuivit rapidement l'enseignante du Ministère, ne soyez pas si crédule.

- Je ne suis pas crédule, riposta t-elle. Je ne crois pas aveuglément à ce que dit Potter. Je pose juste des questions et l'école est là pour nous amener à réfléchir. De plus, j'estime que ce genre d'affaire mérite des éclaircissements. Avec tout le respect que je vous dois, j'exige le droit à la connaissance la plus impartiale et véridique. Personne n'a le droit de m'en refuser l'accès.

Sumireko se rassit, attendant alors la réponse de son enseignante. Tandis que Harry était resté debout, les doigts crispés sur son pupitre, Ombrage se désintéressa du brun. Elle se tourna vers l'asiatique qui attendait avec calme, sans faire preuve de la moindre insolence.

- Vous serez également mise en retenue ce soir même, Miss Usami, conclut Ombrage.

L'étudiante étrangère sentit l'injustice la tarauder. Personne ne l'avait jamais collée, elle n'avait jamais été punie sans raison bien valable ou sans flagrant délit.

Cette gourde était définitivement devenue son ennemie songea t-elle.

L'asiatique allait donc jouer au même jeu, celui consistant à mettre son ennemie en colère.

- Pourrais-je savoir pour quel motif ? questionna la japonaise. Pose des questions ? ajouta t-elle avec un timbre trop narquois pour passer inaperçu.

- Pour votre insolence, répliqua Ombrage en saisissant l'occasion. Maintenant, si vous voulez une réponse à votre question, sachez que le décès de Cédric est un accident.

- Professeur, ajouta Sumireko avec un ton beaucoup moins calme, je ne fais jamais confiance aveuglément. Je ne suis pas et ne serais jamais un mouton. J'ai déjà vu des membres du gouvernement japonais maquiller des vérités historiques lorsqu'elles étaient trop peu flatteuses. J'étudie des sources multiples, je les croise et je me fais ma propre opinion. Je ne suis pas un mouton. Je doute, c'est d'ailleurs l'un des fondements de la philosophie de Descartes. Je doute de tous et de tout.

Sumireko pâlit légèrement en se souvenant que cette femme appartenait également au gouvernement magique britannique.

Là, elle était allé trop loin.

A ce moment, Ombrage retourna à son bureau et sortit deux morceaux de parchemin. Elle griffonna dessus, couvrant la peau d'une écriture serrée, employant une encre rose et de mauvais goût.

Elle scella les documents, avant d'appeler les deux étudiants.

- Allez donc porter ceci au professeur McGonagall, cher Mr Potter, dit le professeur Ombrage en lui tendant le rouleau. Quant à vous, Miss Usami, vous ferez de même chez le professeur Rogue.

Les deux élèves prirent le parchemin. Harry partit le premier, quittant la classe en faisant claquer la porte.

Sumireko gratifia l'enseignante d'un remerciement peu sincère, avant d'emprunter le même chemin.

Personne ne dit rien, observant les deux collégiens qui venaient de réussir à se faire exclure le premier jour.