Bonjour à tous.
Je voulais commencer par m'adresser à tous mes lecteurs et à mes lectrices.
Comme vous l'avez remarqué, j'ai été absent pendant neuf mois sur ce site.
La faute réside certes en un manque de temps, mais surtout à un gros blocage de ma part. Manque de confiance en moi, perte d'envie, manque de motivation.
Du coup, j'avais laissé cette histoire de côté.
J'ai cependant retrouvé l'envie d'écrire et j'ai un peu continué. De fait, j'ai écrit la suite et je décide de la publier. En raison de mes difficultés, je ne reprendrais pas le rythme d'avant. Je publierais un chapitre toutes les deux semaines.
Quoi qu'il en soit, je suis vraiment désolé de l'attente.
N'hésitez pas à commenter, donner votre avis.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Chapitre 10 : Le récit de Harry
S'il y avait bien une chose que Sumireko détestait, en plus de devoir socialiser avec la sous-race mono-neuronale de son monde, c'était de ne pas pouvoir faire ce qu'elle voulait lorsqu'elle avait du temps libre.
Depuis qu'elle avait découvert qu'elle ne pouvait pas recharger sa console portable, son humeur n'avait cessé d'empirer. Certes, il lui restait toujours son téléphone, mais l'accès à Internet était compromis en ces lieux isolés au cœur des Highlands. La magie ambiante perturbait les signaux et même la 4G de son mobile passait pour digne d'un vieux modem 56K.
Sa si précieuse technologie, celle dont elle était devenue tellement dépendante, lui était désormais presque inaccessible. Ce n'était pas le temps pourri qui allait non plus améliorer son humeur, son chargeur solaire ne s'avérant pas d'une grande utilité dans les montagnes d'Ecosse, actuellement noyées dans la bruine automnale.
En ce beau matin de septembre, la jeune femme s'était levée d'une humeur massacrante, songeant que ses talents de joueuse de haut niveau allaient rouiller sans participer à des sessions de jeu en ligne.
Irritée, elle n'avait guère l'envie et la patience de supporter des gens, alors elle avait décidé de se réveiller particulièrement tôt, espérant éviter plusieurs de ses camarades. Malheureusement, elle n'avait pas eu cette chance. Elle se retint de dire quoi que ce soit, sachant que lorsqu'une journée commençait par être pourrie, c'était comme pour donner un avant goût du reste.
Essuyant un quolibet que son agacement laissa glisser sur le ciré de son indifférence, Sumireko était partie prendre son petit déjeuner, avant d'explorer la bibliothèque.
L'experte auto-proclamée en occultisme s'était réfugiée dans ce sanctuaire contenant de nombreux ouvrages, cherchant à assouvir ses envies, notamment en complétant ses connaissances partielles de cet univers particulièrement mystérieux dans lequel elle était désormais plongée.
La collégienne avait essayé de demander la permission d'accéder à la réserve, mais la féroce bibliothécaire aux cheveux gris l'avait sèchement renvoyée, puisqu'elle n'avait pas d'autorisation pour y accéder.
D'une humeure encore plus massacrante, Sumireko s'était alors rabattue sur d'autres manuels moins intéressants, mais dont les titres étaient cependant accrocheurs.
La lycéenne avait parcouru de nombreuses pages, curieuse et intriguée, mais son esprit ne put s'empêcher de divaguer. Cette réserve devait sans doute comporter de multiples merveilles magiques, qu'elle imaginait pouvoir caresser et lire autant qu'elle le désirait.
Sumireko poussa un soupir amoureux, comme une amante dont l'être adoré serait à la fois si proche et si loin.
Son livre à la couverture sombre, qu'elle avait acheté chez Barjow et Burke lui revint en tête et elle ne put s'empêcher de penser à quoi elle allait passer ses prochaines nuits.
La magicienne soupira et consulta distraitement sa montre. La trotteuse grignotait les secondes, avec une implacable réalité et l'étudiante dut renfermer le grimoire, puisqu'elle ne tenait pas à arriver en retard à son prochain cours.
Le reste de la matinée se déroula très calmement. Sumireko ne fit pas de vagues, cultivant son image de jeune femme travailleuse, polie, active et intéressée. Les apparences étaient parfois trompeuses, mais un paravent pouvait s'avérer extrêmement utile tant qu'on ne l'éventait pas.
Elle comptait juste utiliser cette facette d'étudiante modèle, de façon à décrédibiliser Ombrage. Si les autres enseignants ne tarissaient pas d'hommages sur elle, il n'y aurait que cette politicienne qui aurait à redire à propos de son comportement. Ce serait un moyen de plus pour créer des différences d'opinion entre Ombrage et le reste du corps professoral.
C'était également autre moyen, à peu de frais, d'instiller la discorde autour de cette ignoble femme que la japonaise avait définitivement prise en grippe.
A la fin de la matinée, alors que tous les élèves fourraient leurs parchemins et leurs encriers dans leurs sacs, Sumireko remercia McGonagall pour son cours clair et instructif. Même si la métamorphose était une activité extrêmement difficile, même si l'adolescente éprouvait des difficultés évidentes, la jeune asiatique avait eu ce sentiment d'être encadrée et soutenue.
Sumireko avait encore des choses à faire. Elle avait notamment une conversation à mener avec Potter, qu'elle avait trop longtemps repoussée. C'est ainsi qu'après le déjeuner, elle attendit Harry au niveau de l'antichambre devant la grande salle.
Lorsqu'elle repéra le brun, elle l'accosta directement, indiquant clairement qu'elle ne le laisserait pas filer. Il s'était démené pour l'éviter deux semaines durant et elle n'allait plus lui laisser d'échappatoire.
Harry soupira. La nouvelle était très tenace et la manière dont elle barrait le couloir, les poings sur ses hanches, était révélatrice du fait qu'elle voulait des réponses et qu'elle les voulait maintenant.
Le brun sortit sa baguette, sachant qu'il ne pouvait plus esquiver cette conversation.
- Alohomora, incanta t-il en visant un miroir situé à proximité, laissant le verre coulisser et dévoiler un passage secret.
Sumireko le regarda, les yeux écarquillés, avant de lui emboîter le pas.
Dès qu'ils eurent franchi le cadre, se glissant dans l'alcôve de pierre, le miroir reprit sa position initiale, les laissant dans cette petite pièce contenant juste une armure.
- Mais ... comment ? s'étonna t-elle.
- Poudlard dispose de très nombreux passages secrets, lui avoua Harry. J'ai découvert celui-ci en seconde année, mais je suis certain qu'il y en a d'autres dont je n'ai pas encore découvert l'existence.
La Serpentard était sidérée, mais elle se reprit bien vite.
- Ecoute Harry, commença t-elle avec calme, je veux savoir ce qu'il se passe. Si tu ne veux pas tout me dire, je le comprendrais. Cependant, j'aimerais comprendre l'essentiel. J'aimerais avoir la vérité de la part d'un des acteurs et pas une version censurée comme ce qu'il y a dans les archives de la Gazette.
Harry soupira.
- D'accord, commença t-il sans le moindre enthousiasme. Es-tu au courant du Tournoi des Trois Sorciers qui s'est déroulé à Poudlard l'an passé ?
- Le quoi ? Le questionna Sumireko, révélant son ignorance.
Harry soupira derechef. Cette discussion allait tirer en longueur, alors qu'il aurait bien aimé la raccourcir au maximum.
Il expliqua toute l'histoire du tournoi, en synthétisant les informations, se concentrant sur la dernière épreuve, Ce n'est que lorsqu'il conta avoir récupéré le trophée, qu'il devint plus précis.
- Cédric et moi, on s'est retrouvé dans un cimetière, continua t-il avec un ton lugubre. C'était un piège et Pe ... un mangemort l'à tué.
Sumireko nota le lapsus, mais ne dit rien. Elle le laissa continuer, alors que Harry racontait calmement tout ce qu'il s'était passé.
Il ne négligea aucun détail à propos du rituel de résurrection, ni le chaudron de pierre, ni les trois ingrédients permettant de ramener Voldemort à la vie.
- Voldemort ? s'étonna t-elle, prononçant son nom sans crainte. Ce n'est pas son véritable nom j'espère ?
- C'est un anagramme, avoua t-il. Il s'appelle Tom Elvis Jedusor en réalité.
- Ouais, c'est vraiment pourri comme pseudo, ajouta t-elle. Enfin, nuança t-elle, pas pire que darksasuke ou kawaimagicalgirl. J'en ai connu des cas-sociaux qui voulaient faire les malins avec des pseudos faussement dark qui ... Désolée, s'excusa t-elle après s'être rendu compte qu'elle avait interrompu Harry.
Potter eut un petit sourire. Elle n'avait pas peur de Voldemort et venait même de rire de lui, mais il devait la mettre en garde.
- Il est dangereux, ajouta t-il. Beaucoup ont peur d'utiliser son nom, en raison du fait qu'il s'est montré particulièrement cruel envers ceux qui osaient le prononcer durant la guerre.
- Je te crois, répondit l'asiatique. Cependant, je ne laisserais pas la peur dicter ma vie. Le rire décrédibilise et aide à guérir.
Sur ces mots, elle laissa Harry conter le duel qu'il avait mené contre Voldemort.
Même si elle se méfiait de tous, elle avait l'intime conviction qu'il ne mentait pas. Elle le sentait au plus profond de sa chair, alors que l'aura du Survivant était toujours plus lumineuse.
Le respect qu'elle éprouvait pour lui monta d'un cran.
Oser affronter un seigneur sombre n'était pas à la portée de n'importe qui. Survivre à un mage noir disposant de soixante-dix ans d'expérience et en revenir vivant, était digne d'admiration.
- Je ... je ne sais pas quoi dire, murmura Sumireko, lorsque Harry eut fini son récit, s'achevant par le refus du Ministre de la Magie de croire à l'évidence. Je te remercie d'avoir été sincère, même si ça à du être dur de revivre ces événements. Maintenant, je sais à quoi m'attendre.
Elle se racla la gorge, avant de regarder Harry dans les yeux.
- Je pense que tu devrais commencer à distribuer les coups à ton tour. Je ne sais pas ce qui se passe entre toi et le directeur et je m'en moque. Ce que je peux t'assurer, c'est que si l'on avait traîné ma réputation dans la boue, j'aurais contre-attaqué. Si la justice ne te soutiens pas, utilise la presse. Pourquoi ne donnerais-tu pas ta propre version des faits à un autre média ?
Harry se figea. Cette idée n'était pas mauvaise. Elle était même d'une implacable évidence. Pourquoi est-ce que c'était toujours les filles qui l'entouraient qui formulaient les idées les plus logiques ?
Il n'avait pour l'heure guère d'idée sur le média à employer afin de réaliser ce coup d'éclat, mais il y réfléchirait plus tard.
Ce serait peut-être le meilleur moyen de lutter contre Ombrage et le Ministère. L'information était une arme puissante et il pourrait peut-être convaincre quelques personnes qu'il disait la vérité.
Maintenant qu'il avait la tête froide et que la colère qu'il avait encore laissé éclater récemment s'était dissipée, il considérait la proposition de Sumireko comme intéressante. Peut-être que le statut de Survivant, qu'il détestait absolument, pourrait être utile. Sa renommée et sa gloire étaient des fardeaux dont il aurait aimé se séparer, mais il savait que ces titres le suivraient toute sa vie. Il devait faire avec, il le savait, alors peut-être qu'un peu de pragmatisme n'était pas dénué d'intérêt.
Après tout, il n'avait jamais rien demandé. Il ne s'était jamais servi de sa célébrité à dessein. Les ennuis lui tombaient dessus sans qu'ils ne le veuille, alors autant faire avec et se contenter de ce qu'il avait.
Lorsqu'il regardait Sumireko, il devait admettre qu'il l'enviait. Même si elle adorait qu'on la regarde avec crainte ou respect, ce qu'il avait du mal à concevoir, elle avait toujours sa famille. Il savait que les regrets ne l'aiderait pas, puisque les morts ne pouvaient revenir à la vie, mais …
Il chassa ces idées de son esprit et se concentra de nouveau sur l'étrange brune aux lunettes rouges, essayant de percer les mystères terrés derrière les prunelles étrangement scintillantes de la sorcière.
Elle était clairement une adepte de l'emploi de la manière forte, utilisant tous les atouts disponibles pour arriver à ses fins. Peut-être qu'il devrait adopter une philosophie similaire, songea t-il en réfléchissant. Peut-être qu'il fallait sérieusement rendre les coups pour que le message rentre.
Harry n'était cependant pas convaincu par le bien fondé d'utiliser la violence contre la violence, soucieux d'éviter une escalade. Il observa davantage la jeune fille, car de plus près, elle était étrangement familière. Il ne savait pas pourquoi, mais elle dégageait une aura sinistre et il voyait quelque chose d'étrange en elle.
Lorsqu'il détaillait les paillettes sombres dans ces yeux noisette, les iris fixes lui rappelaient un regard qu'il avait déjà vu il y a trois ans, lorsqu'il avait fait face au souvenir de Jedusor. Le spectre avait eu une expression acérée comme l'acier, fixe et déterminée. Il était prêt à tout pour revenir à la vie, refusant de se laisser arrêter.
Voldemort n'hésitait pas, il était prêt à broyer ce qu'il y avait sur sa route, même s'il devait la paver de cadavres. La seule chose qui l'avait perdu, c'était son arrogance et sa trop grande confiance en lui.
- Est-ce que tu ne crains pas de tomber sur plus fort que toi ? La questionna t-il, à la fois curieux et inquiet. Je sais que tu disposes de pouvoirs bien plus développés, mais ...
- Je sais parfaitement que je ne suis pas toute puissante, le coupa t-elle. Rien, ni personne, n'est invincible. Tout à une faiblesse, mais je sais quelles sont mes faiblesses et mes limites. Je suis juste confiante en mes capacités, finit-elle en souriant.
Même si cette expression était juste amusée, Harry eut la désagréable impression que ce sourire cachait quelque chose d'autre, comme si une bête fauve se terrait, prête à surgir en déchirant ce voile.
Il avait l'impression qu'elle savait manier la menace et les flatteries avec brio, séduisante et violente, en un curieux mélange qu'il ne trouvait pas très naturel, sans même parler d'être sain.
Pour être exact, il ne savait pas comment la considérer. Cependant, pour avoir lui-même utilisé à plusieurs reprises cette expression, il savait que ce sourire était absolument faux.
Harry haussa mentalement les épaules. Il lui ferait confiance pour le moment et verrait si ce choix s'avérait bien fondé ou non plus tard.
- Je te remercie, conclut Sumireko. Cela n'a pas du être facile de te confier. Nous ne sommes pas amis, nous sommes dans deux maisons qui sont rivales, je suis une étrangère, mais pourtant tu l'as fait. Merci, cela compte beaucoup pour moi.
- C'était pour te rendre la pareille, avoua Harry, un peu gêné de ne pas lui dire toute la vérité. Tu as bien tenu tête à Ombrage.
Sumireko fronça les sourcils, passant une main sur son poignet droit, se massant l'articulation.
- Je pense que c'est loin d'être fini avec elle, concéda sombrement l'asiatique. Elle cherchera la petite bête pour nous pourrir la vie. Je vais jouer le jeu avec elle, je vais ronger mon frein tant qu'il faudra. Cependant, si ses prochains cours sont aussi inintéressants que ceux que j'ai déjà du subir, je profiterais de la bibliothèque pour travailler cette matière.
Harry resta figé. Il n'imaginait pas comment elle ferait pour rester calme devant cette femme malfaisante. D'ailleurs, lui-même ne savait pas s'il tiendrait le coup. Chaque jour, il avait envie de crier sa vérité, mais il savait qu'il ne pouvait pas gagner dans un duel frontal, ne serait-ce que parce qu'elle avait davantage de pouvoir que lui.
- Par contre, rajouta Sumireko, si jamais elle veut jouer au jeu du plus con avec moi, c'est à ses risques et périls. Peu importe le temps qu'il faudra, ajouta t-elle en serrant les dents, je ferais en sorte qu'elle perde. Tout se paye, tôt ou tard.
Sur cette menace, qui avait des accents de promesse, Sumireko quitta la petite pièce. Elle se retourna cependant, adressant un petit sourire à Harry.
Ce n'était pas un petit rictus sardonique où même l'un de ses sourires dissimulant un mauvais coup. Ce n'était pas un sourire lumineux empli de joie ou un sourire qui trahissait un véritable bonheur. C'était juste un remerciement sincère.
C'était peu.
Mais pour Harry, c'était déjà beaucoup.
