Bonjour à tous mes lecteurs !

Voici la suite, j'espère qu'elle vous plaira.

N'hésitez pas à commenter et à faire part de vos remarques, je les lis avec attention.

Bonne lecture.


Chapitre 12 : Un rêve sombre

Les draps des chambres à Poudlard étaient extrêmement confortables, c'était presque miraculeux de voir à quel point les literies s'adaptaient à leur utilisateur.

Sumireko trouvait le matelas plutôt dur, comme elle les aimait et les couvertures étaient chaudes et agréables, lui permettant de se blottir chaleureusement dedans. C'était un plaisir agréable, lui donnant l'impression de s'enfouir dans un cocon protecteur.

En fait, lorsqu'elle y repensait, elle ne retrouvait nulle part ailleurs ce sentiment protecteur. La dernière fois qu'elle avait été si chaleureusement entourée, c'était il y a quelques années, lorsqu'elle avait été brutalisée à l'école et qu'elle s'était jetée dans les bras de sa mère, pleurant toutes les larmes de son corps.

La jeune fille se jeta au milieu de son lit, se pelotonnant en position fœtale sur les coussins, se couvrant avec les épais draps de laine teinte en un vert émeraude, identique à celui ornant les étendards ornant les murs de la chambre commune.

Elle laissa le sommeil la gagner, tandis que son esprit se sentit flotter dans un nuage cotonneux.

Lorsqu'elle ouvrit les yeux, le doux sentiment apaisant et cotonneux avait disparu.

Elle se trouvait dans un espace vide.

Ce n'était pas vraiment le vide qu'elle connaissait, qui se caractérisait par une absence de présence. Ce n'était pas non plus l'immensité obscure qu'elle appréciait lorsqu'elle scrutait l'infini de l'espace. Ce n'était même pas le vide de l'ennui qui pouvait la saisir par moment, lorsque des bouffées mélancoliques la saisissaient.

Là, elle avait l'impression d'être dans un néant glacé, à peine traversé de lignes sombres et sinistrement perpendiculaires, en un agencement despotique et bien trop ordonné, révélateur d'un esprit dominateur et totalitaire.

Une impression d'asphyxie la saisit et lorsqu'elle voulut mettre une main à sa gorge, elle se rendit compte qu'elle n'avait plus de mains.

D'ailleurs, elle n'avait plus de corps. Lorsqu'elle baissa les yeux, elle constata que son enveloppe charnelle n'était plus là, remplacé par une masse éthérée, avec un voile d'ombre dans son dos formant comme une cape.

Taut autour d'elle, les étranges brumes l'entourant se croisaient et se décroisaient, dessinant des entrelacs abstraits. Ces formes irrégulières n'avaient guère de sens, bien que la geek qu'elle était crut discerner la silhouette d'un Soporifik.

Après une plus grande réflexion, elle songea qu'elle devait sérieusement réduire ses intenses sessions de jeu. Elle était clairement en manque et elle allait devoir faire avec.

Les brumes se condensèrent et l'entourèrent, altérant le paysage, avant de dessiner brièvement deux têtes de serpent. Les motifs s'éloignèrent, mais restèrent persistants dans son champ de vision, dessinant comme une étrange allée.

La jeune fille se sentit agressée par une vague étrange, comme une froideur latente qui s'insinuait dans ses os. Elle avait l'impression que son corps était envahi par un air pur, à l'odeur mentholée et forte, presque agressive.

Le parfum était si fort, l'air si froid et sec, qu'elle se sentait presque étouffer.

Une bourrasque la fit tousser et elle aperçut brièvement une silhouette ailée, avant qu'une nouvelle quinte de toux ne la saisisse.

La brûlure dans ses poumons sortit la japonaise de son sommeil. Elle se redressa brusquement, tiraillée par un pincement entre les côtes, presque pliée en deux dans ses draps.

La collégienne toussa de nouveau, essuyant rapidement ses mains dans les draps, avant d'inspirer profondément, regardant autour d'elle.

Les murs cessèrent de tourner, ils étaient toujours identiques. Sa chambre était toujours la même, avec les murs de pierres nues et la fenêtre donnant sur le lac sombre.

Ses pupilles dilatées reprirent une taille normale, alors que son esprit réalisait qu'elle était éveillée et toujours sur Terre, dans la réalité.

Elle repoussa ses cheveux, essuyant un rideau de sueur glacée qui coulait sur son front avant de remettre ses lunettes à la monture écarlate.

La jeune fille regarda l'heure, qui était tellement matinale qu'il lui semblait indécent de se lever. En fait, à bien y réfléchir, c'était à cette heure qu'elle se couchait après avoir enchaîné plusieurs sessions sur des MOBA.

Sumireko décida de se recoucher, mais elle ne parvint pas à se rendormir. Elle resta avec un regard d'une désespérante fixité sur le plafond, resassant les bribes de ses visions.

Au final, elle se résigna à attendre, jusqu'au petit matin.

Elle suivit sa routine matinale, s'habillant convenablement. Ce n'est qu'une fois dans la Grande Salle, qu'un déclic lui parvint pour résoudre l'énigme qui la turlupinait depuis le matin.

En réalité, une solution lui sembla évidente, au moment où elle écouta Granger critiquer une fois de plus la Divination et le fait que cette branche de la magie était nébuleuse.

La japonaise fit abstraction de cette dispute qui tenait de la querelle idéologique mais qui dénotait aussi l'envie obsessive pour Granger d'imposer sa supériorité. Cependant, les mots avaient allumé une étincelle en son esprit.

Même si la divination pouvait être extrêmement nébuleuse, comme pour toutes les disciplines occultes qui ne faisaient qu'effleurer les insondables mystères de l'esprit, cet art pourrait peut-être lui permettre de comprendre cette étrange vision.

Elle approcha le fameux trio, sous les regards désapprobateurs de plusieurs serpents. Cependant, ils ne lui diraient rien, mais ils espéraient qu'elle ne se comporterait pas de façon indigne.

- Potter, interpella t-elle sans familiarité mais sans non plus la moindre animosité, pourrais-tu me dire ou se trouve cet enseignant de divination dont tu as fait mention ? J'aurais des questions à lui poser.

A ce moment, Hermione roula des yeux, tellement prévisible.

- La divination, c'est très vague, commença t-elle.

- J'en jugerais par moi-même, merci, coupa sèchement la myope, avant de se retourner vers le brun le plus célèbre du pays.

Hermione sembla avoir reçu une gifle en plein dans son minois d'intellectuelle obtuse, mais elle ne dit rien, bien que sa grimace n'échappa pas à ceux suivant la discussion.

- Elle reste le plus souvent dans ses appartements, situés au sommet de la tour nord, l'informa le Gryffondor. Pourquoi ?

Sumireko resta silencieuse quelques secondes, avant de répondre.

- J'ai fait un rêve hier, commença t-elle. Ce n'était pas un rêve ordinaire, j'en ai l'intime conviction. C'était plus diffus, comme ...

Elle ne savait pas trop comment décrire l'étrange sensation qui l'avait agressée, la traitant comme un simple germe qu'on se retenait de désinfecter. Elle avait eu l'impression qu'on aurait pu l'effacer, si on s'était donné la peine de chasser l'insignifiante crasse qu'elle était. C'était comme si sa présence honnie avait juste été tolérée, tant on la jugeait négligeable.

- J'ai vu un étrange couloir sombre, avec des serpents dansants et je veux savoir ce que ça signifie, conclut-elle en se retournant, quittant la salle en passant dans le hall encombré par plusieurs dizaines d'étudiants.

Dans sa hâte à se rendre à son prochain cours, l'asiatique ne vit pas que les trois lions restèrent figés, s'observant étrangement.

Harry fronça les sourcils, se dirigeant vers son cours d'Histoire de la Magie, accompagné de ses meilleurs amis.

L'enseignement du spectre se déroulait toujours de la même façon.

Binns débitait ses notes d'un éternel ton plat et monocorde, comme s'il mettait un point d'honneur à être le plus ennuyeux et monotone possible.

La majorité des étudiants dormaient durant l'heure, seuls quelques irréductibles besogneux étaient attentifs, bien que deux garçons blonds de Serdaigle avaient décidé de lire un manuel ensemble, plutôt que de porter attention au discours soporifique du fantôme flottant au-dessus de son bureau.

Au fond, le fameux trio d'or était installé, pas spécialement désireux de travailler. Hermione était la seule à prendre des notes, mais aujourd'hui, elle n'avait pas le cœur à étudier.

Ron Weasley avait immédiatement fait preuve d'une fausse indignation, voyant sa studieuse camarade être prête à rater un cours, mais le regard sombre de l'intellectuel le fit bien vite taire, sous le sourire léger de Harry.

Lorsque le trio eut fini avec leurs petites querelles amicales, ils se reprirent bien vite au sérieux.

Le brun aux cheveux désordonnés regarda ses amis, ainsi que les alentours.

Hermione comprit bien vite et chuchota un sortilège, isolant le trio d'éventuelles oreilles indiscrètes et les deux autres la remercièrent bien vite.

- Tu es inquiet à propos des mots d'Usami, c'est ça ? demanda Hermione juste pour la forme, parce qu'elle avait bien lu l'expression sur le visage de son camarade.

- J'ai aussi fait un rêve étrange la nuit dernière, mais différent, commença t-il.

Les deux autres étaient suspendus à ses lèvres et semblaient complètement absorbés par son récit. Il avait toujours été bon conteur.

- J'étais aussi dans un long couloir sombre, se remémora t-il. Les murs et le sol étaient faits de pierres froides et lisses. Il n'y avait que de petites torches bleutées et le corridor s'ouvrait sur de multiples portes. J'ai commencé à m'avancer, rampant sur le sol froid, avant de me diriger vers une porte. Soudainement, alors que j'allais l'ouvrir, je me suis réveillé.

- Est-ce qu'il y avait des motifs de serpent ou des décorations ? questionna Hermione en se souvenant parfaitement des mots de l'asiatique.

- Rien du tout, confirma le brun. Il n'y avait aucun détail, juste de la pierre dure et lisse, avec des candélabres. Ils dégageaient d'étranges lumières, comme du vert, du violet et du bleu. Ce n'était pas naturel, c'était ...

Harry s'interrompit. C'était magique, c'était évident. Cependant, il avait l'impression qu'il y avait une autre signification. Si quelqu'un avait voulu éclairer un couloir avec un feu d'origine magique, pourquoi ne pas avoir employé la même couleur ?

C'était sans doute un code, conclut-il, sans toutefois en avoir la certitude, ni même la compréhension du code employé.

Harry fronça les sourcils, regardant son cahier, dont la couverture de cuir lui rappela des souvenirs.

Le toucher du cuir le ramenait trois ans en arrière, lorsqu'il avait eu entre les mains le journal de Voldemort. Alors qu'il revoyait cet affrontement avec la version adolescente de son ennemi juré, un éclat de compréhension traversa ses yeux verts, alors qu'il repensait aux mots de la japonaise.

Il avait déjà arpenté un long couloir verdâtre, dont les dalles étaient couvertes d'une eau croupie aux relents de moisissure. Il se souvenait bien des piliers ornés de têtes de serpents qui encadraient le corridor menant à une statue géante.

Cependant, s'il ne se fourvoyait pas sur l'interprétation de cette vision, il ne pouvait que se demander pourquoi avait-elle rêvé de la fameuse chambre des secrets ?

C'était très étrange. Même si elle était à Serpentard, il y avait des centaines d'élèves qui étaient passé dans cette maison et seulement un avait réussi à trouver la salle. De plus, elle n'était pas une raciste comme Jedusor.

Elle devait avoir des talents cachés, mais cette nouvelle énigme était encore très floue.

Harry resta songeur, essayant d'échafauder de maigres théories, rendues nébuleuses par le fait qu'il ne connaissait quasiment rien de cette nouvelle. Il connaissait bien mieux Malefoy, son pire ennemi, de même que Voldemort.

Usami restait un mystère et s'il y avait bien une chose qu'il n'appréciait guère, c'était ces inconnues autour de lui. Trop de choses lui étaient cachées et parfois depuis trop longtemps. Elle était imperceptible et même s'ils avaient discuté il y a peu, il ne savait quasiment rien d'elle.

Une tape sur son épaule le tira de sa profonde réflexion. Harry regarda autour de lui pour voir Ron et Hermione l'entourer.

- Qu'est-ce qui t'arrive ? s'inquiéta Ron. T'as trouvé quelque chose ?

- Rien, admit Harry, après quelques secondes de réflexion. Je ne sais pas quoi en penser.

- En tout cas, surenchérit Hermione, il y a quelque chose qui te tracasse. Je me demande bien ce que cela signifie. Il est cependant hors de question de refaire comme il y a trois ans pour nous infiltrer chez les Serpentard. Les poils de chat, j'ai donné.

Harry était d'accord. Il ne comptait pas refaire de Polynectar. Il n'avait guère envie de boire cette atroce mixture ressemblant à de la vase et du goudron.

- Je pense qu'il vaudrait mieux attendre, suggéra Hermione. Il est possible qu'elle s'ouvrira davantage plus tard. Elle n'aime pas demander de l'aide ...

- Comme toi, ajouta Ron, très amusé.

Le roux se prit un coup de coude entre les côtes et cessa de persifler.

- Elle n'aime pas demander d'aide, reprit la née-moldue, sauf lorsqu'elle veut gagner du temps où lorsqu'elle fait relativement confiance aux gens.

Les deux garçons se rallièrent bien vite à l'avis de leur amie. Elle était la plus douée lorsqu'il s'agissait de psychologie, ainsi que lorsqu'il s'agissait d'autres sujets très théoriques nécessitant de longues lectures.