Bonjour à tous !

Voici la suite de l'histoire, avec une réponse que vous attendiez tous quant à notre héroïne.

J'espère que ce chapitre vous plaira. N'hésitez pas à me donner votre avis et à commenter.

Bonne lecture !


Chapitre 16 : L'ange des rêves

Avec les yeux clos, la jeune mortelle semblait dormir paisiblement. Son souffle lent et régulier était profond, comme celui d'une personne normale qui se reposait après une longue journée de travail.

Cependant, l'énigmatique observateur savait bien que l'humaine au teint jaunâtre ne dormait pas. A l'heure actuelle, elle était tombée dans un profond coma et son état s'aggravait d'heure en heure.

Un sourire bardé de dents acérées se dessina sur le visage du guetteur, alors qu'il voyait les effluves magiques se dégager du corps fragile.

Le pouvoir de l'humaine était lentement drainé. D'ici peu, cette frêle créature n'aurait plus une goutte de magie en elle, perdant définitivement cette force dont son arrogance se délectait tant.

Bien évidemment, son cœur ne supporterait pas la perte et finirait pas cesser de battre. Cependant, l'observateur pouvait également supposer que ce soit l'esprit de l'humaine qui s'effondrerait en premier, ne laissant qu'une coquille vide.

Quelque soit le résultat, l'humaine serait totalement inutile. Son rôle deviendrait véritablement négligeable et cela nuirait aux plans de nombreuses personnes. Tant de gens escomptaient l'employer et ces stratégies bien bâties s'effondreraient d'ici quelques jours.

A cette pensée, l'être passa une main dans ses cheveux blonds, tournant sur lui même en faisant virevolter sa robe, qui resta agitée et collée à ses jambes, malgré l'absence de vent.

La femme au visage sublime et parfait s'intéressa aux autres personnes qui étaient en sa compagnie. Elle était loin d'être seule dans cet espace obscur et traversé de rayons écarlates.

Elle s'intéressa sur la créature vêtue d'un uniforme militaire, qui gisait au milieu de l'éther prismatique, à seulement quelques mètres d'elle. La combattante respirait faiblement, du sang s'échappait de son genou, tandis que son tibia chaussé d'une rangers gisait à trois mètres.

La lapine agonisait, ses oreilles longues repliées sous son casque, alors que ses yeux rouges et dilatés trahissaient sa terreur.

- Tu as peur ? questionna la femme blonde avec un rictus carnassier.

Un bégaiement fut la seule réponse, faisant rire la personne à la robe immaculée.

- Bien sûr que tu as peur. Vous avez toutes peur. Malheureusement, vous craigniez davantage vos maîtres et vous avez préféré venir vous opposer à moi. Cela m'irrite profondément et je vais vous donner une petite leçon. Ce sera sûrement la dernière, mai elle vous servira dans une autre vie.

Son rire cruel s'éleva, terrifiant la lapine, ainsi que les autres blessées qui jonchaient le néant sombre.

La femme sourit davantage, dévoilant ses dents pointues. Ses doigts caressèrent les mains du soldat lapin.

Lentement, elle agrippa les doigts calleux de la combattante agonisante. Avec un soin particulier, elle retourna chacune des phalanges, brisant méticuleusement les mains de la lapine. Chaque craquement, chaque tendon déchiré, chaque os retourné, chaque râle de souffrance était un pur plaisir à ses oreilles, alors qu'elle jouissait de cette mélodie apaisante.

Elle mutila soigneusement la lapine, caquetant joyeusement, avant que l'hémorragie ne finisse par abréger l'existence de la combattante, faisant de même avec ses souffrances.

- Dommage, murmura la blonde, avant de se diriger vers une autre lapine.

De son regard, elle pouvait immédiatement savoir lesquelles étaient en vie et lesquelles n'étaient plus que de la viande froide.

- Toi, appela t-elle en s'adressant à une lapine dont la colonne vertébrale avait été sectionné par un perfide rayon lumineux. Je me nomme Gengetsu. Quel est ton nom ?

La lapine lui cracha un glaire ensanglanté au visage, alors que ses bras s'agitaient nerveusement.

L'ange sembla ravi de cette résistance, plongeant ses pouces dans les yeux, ses ongles déchirant la frêle membrane et raclant l'intérieur des orbites. Ses autres doigts griffèrent le cuir chevelu, avant de forer un passage dans le crâne et de malaxer le cerveau.

L'agonie fut plus brève mais plus intense, Gengetsu sachant parfaitement quelles zones atteindre pour maximiser les souffrances, sans pour autant transformer trop vite la cible en légume.

Elle se dirigea alors vers un troisième lapin, fixant ce tas de chair à canon. Ou plutôt de chair à danmaku, si elle voulait être exacte.

- Toi …

- Je … je m'appelle Sayû, murmura la lapine terrifiée. Je …

Elle ne dit rien d'autre, que l'ange pesa de tout son poids sur la cage thoracique, écrasant les côtes, les brisant, perforant les poumons.

- Je m'en moque totalement, rétorqua la tortionnaire, s'éloignant.

La lapine voulut dire quelque chose, mais ne le put pas. Tout ce qu'elle put faire, c'est observer avec impuissance le filet rouge s'échappant de sa bouche, ainsi que l'étouffante odeur cuivrée qui lui obstruait la trachée. Ses plaies internes amenaient le sang dans ses poumons, la laissant se noyer, agonisant dans le liquide vital qui maculait son gilet et sa tunique de camouflage.

Gengetsu se dirigea aléatoirement dans l'espace, cherchant ses petits jouets. Sur les quinze-mille lapins qui l'avaient attaquée, il n'en restait que dix-sept en vie, éparpillés sur des kilomètres, dans un état variable.

Ce fut un florilège de sadisme, un éloge de la cruauté, un hymne à la libération de ses plus abjectes pulsions.

Yeux pendant hors de leurs orbites, oreilles dévorées à vif, incisives arrachées, membres concassés et autres tortures déployées avec une cruauté raffinée s'ensuivirent.

Tout ce qu'il pouvait y avoir de plus effroyable sembla pouvoir naître dans l'esprit pervers du démon et ressurgit sur ces soldats.

Les lapines survivantes attendirent, impuissantes. Leur esprit et leur entraînement ne les avaient pas préparées à une telle débauche de cruauté. Ce qui émergeait des tréfonds de cette entité maléfique était bien pire que les horreurs qu'elles avaient pu imaginer.

Une par une, elles périrent, tétanisées par une effroyable inconnue : quand leur tour viendrait-il et comment allaient-elles agoniser ?

Alors que la masse de chair, de sang et d'autres fluides s'écoulait partout, s'estompant ou formant des bulles selon le gré de ce monde onirique, l'air fut empli de râles, de cris et de prières, par moment couverts par les caquètements hystériques de l'angélique démon.

Alors qu Gengetsu jouait avec la dernière, l'écorchant lentement, elle fut cependant dérangée par l'arrivée de trois nouvelles personnes.

Agacée par cette nouvelle intrusion, elle acheva sa lapine, avant de regarder les êtres. Ils avaient un aspect humain, mais leur aura de pureté indiquaient qu'il s'agissait de Lunariens.

- Ah, enfin ! s'extasia t-elle. J'en avais assez des sous-fifres des corps de défense lunaire. Je vois que les chefs sont enfin ici. Vous venez vous excusez de l'attaque de vos troupes ? Vous venez pour rapatrier vos hommes ? Parce qu'il va bien falloir récupérer les corps … ou éponger c'est selon.

Deux femmes s'avancèrent. L'une était une blonde féminine, vêtue d'une élégante robe et tenant un petit éventail à la main, tandis que la seconde avait noué ses longs cheveux violets en une queue, sans doute pour ne pas être gênée lorsqu'elle utilisait le katana attaché à sa ceinture. Etonnamment, leurs iris avaient la même couleur que leurs chevelures.

Derrière elles, se trouvait une déesse avec une seule aile, qui observait la scène.

- Toyohime, Yorihime, nomma t-elle avec une expression sérieuse, soyez prudentes. A deux, vous n'avez aucune chance.

Sur ces mots, elle s'effaça et disparut, laissant les gardiennes de la Capitale Lunaire seules, faisant face à la créature ailée.

Les deux femmes semblèrent légèrement rassurées, bien que ce fait ne plut pas du tout à Gengetsu. Les mots de la déesse semblaient avoir fait vaciller la confiance de l'ange.

- Toyohime, héla brutalement le démon, ouvre ton éventail en entier. Je veux voir ce que vous valez réellement !

La blonde ne se fit pas prier. Elle dégaina le fin objet accroché à sa ceinture et l'agita.

Au moment ou elle donna un léger coup de poignet, ouvrant l'élégant éventail en ivoire et en soie, une déflagration d'énergie magique explosa. La vague de magie provoqua une onde de choc et une muraille de flammes, qui s'étendit en arc de cercle devant elle, dévastant ce qui semblait être des kilomètres.

Gengetsu ne bougea pas. Elle replia ses jambes et laissa ses deux ailes l'envelopper, encaissant l'assaut magique de plein fouet.

Elle disparut derrière la rafale d'un blanc étincelant, dont les bordures irisées éclairaient les tréfonds de cet obscur univers.

Alors que l'explosion arrachait des lambeaux de matière au néant sombre qui l'entourait, la princesse lunaire se couvrit les yeux, essayant d'épargner sa vision face à la violence de son pouvoir titanesque.

Les effets de l'attaque ne furent pas aussi aisément visibles que sur un continent fait de matière, mais les volutes agités de magie, ainsi que les éclats de particules violacées colmatant des trous dans l'obscurité indiquaient que l'explosion avait eu des répercussions sur cet univers onirique.

- Alors c'est ça le pouvoir de la race supérieure ? minauda une petite voix absolument horripilante. Je dois avouer que je suis déçue, la réputation des Lunariens est visiblement surfaite.

Tandis que l'éclat apocalyptique se mourait en une vague de poussière, Gengetsu était toujours en train de flotter. Elle chassa quelques grains de poussière sur sa robe, dont l'éclat était plus pur que celui de l'attaque magique de l'une des deux sœurs.

- C'est tout ? s'amusa le démon. C'est dommage d'être aussi faible, les provoqua t-elle en projetant une volée de projectiles aussi rapides que létaux.

Yorihime hurla et chargea, passant alors devant sa sœur. La princesse dégaina son katana et fila comme un rayon de lumière, vibrant à travers l'air et la matière. Sa queue de cheval se redressa, parallèle à son corps qui volait comme une flèche porteuse de mort, fendant l'air et traversant sans dommage le rideau mortel envoyé par son ennemie.

Lorsqu'elle arriva au contact de l'ange, Yorihime frappa de toutes ses forces. Sa lame irradia d'une étrange lueur verte, alors qu'elle arracha l'air sur son chemin, séparant les molécules avant de fendre la créature qui leva son bras en un dérisoire effort pour se protéger.

La lame produisit un petit tintement d'acier, qui résonna, magiquement amplifié, lorsqu'elle percuta l'index levé par l'ange sadique.

Gengetsu observa négligemment l'arme qu'elle avait arrêtée, avant de refermer ses doigts sur la lame acérée.

- Tu as eu ta chance, siffla t-elle, voyant le regard stupéfait de la guerrière aux cheveux violets, dont les yeux mauves s'écarquillèrent.

D'un mouvement de poignet, le démon brisa la lame, faisant éclater le métal empli de magie en de multiples fragments.

- Comment oses-tu ? s'étouffa Yorihime, injuriant son ennemie, tout en observant sa précieuse arme réduite à un morceau de fer brisé à dix centimètres de la garde. Gengetsu lui sourit, alors que le reste du métal sembla s'effriter et tourbillonner autour de l'ange.

Gengetsu s'amusa, riant devant ses ennemies, soufflant les particules de métal au visage de Yorihime.

- Maintenant, je pourrais vous tuer sans difficultés, provoqua la plus effroyable des créatures de ce plan. Cependant, j'ai mieux en ce qui vous concerne. Je vais vous faire une petite offre, siffla t-elle avec un sourire de mauvaise augure. Une offre qui ne se refuse pas.

Les deux sœurs se turent. Elles venaient d'employer leurs plus puissantes attaques sur l'ange et cela n'avait eu aucun effet. Cet être n'avait fait que les bloquer, sans esquiver ou même disparaître.

Amener une autre armée et détourner des moyens militaires était totalement inutile, étant donné la débâcle qu'ils venaient de subit. De plus, cela dégarnirait davantage la capitale lunaire, alors qu'une menace s'annonçait à l'horizon, regroupant ses forces avant de frapper fort.

- Nous vous écoutons, déclara Toyohime, plus pragmatique que sa cadette.

- Je sais ce que vous êtes venues chercher ici, déclara le démon. Dans ma grande mansuétude, j'accepte de mettre fin au sort affectant l'humaine que vous comptez utiliser dans votre plan d'invasion de Gensokyo. N'essayez pas de nier ni de feindre la surprise, je sais tout des projets de cette pathétique déesse qu'est Sagume et je devine ce qui se trame dans la masse d'excréments remplissant les crânes de vos chefs.

- Tsukuyomi-sama est bien au-delà de votre niveau ! s'égosilla Yorihime.

- Ce n'est qu'un dieu, rien de plus, rétorqua Gengetsu. Or, quand un dieu fait un cauchemar, c'est mon visage qu'il voit ! Votre souverain ne peut rien ici !

Sur ce, elle regarda les deux princesses, avant de contempler le visage livide de Sumireko qui se dessinait dans les tréfonds de cette réalité.

- Le temps presse, dit-elle en tictaquant, comme une horloge. Choisissez vite si vous voulez que je sauve votre pion. Mais en échange de vous rendre ce service, je veux briser la fierté de l'une d'entre vous et la posséder pendant un mois. Alors, laquelle me léchera les pieds ? Laquelle me servira de toilettes ? Laquelle pourra partir tout en sachant que je suis en train d'avilir sa sœur ?

Les deux sœurs déglutirent, observant Gengetsu qui regardait négligemment ses ongles, alors qu'un sablier se dessinait derrière elle.

- Le temps presse, répéta t-elle. La vie du cafard ne tient plus qu'à un fil et il se dévide à chaque instant.

Toyohime regarda sa sœur, qui avait le regard rivé sur son katana brisé. Sa cadette avait déjà été assez blessée comme ça. De plus, c'était elle qui était l'aînée, elle avait la responsabilité de protéger sa sœur.

La blonde avança, avant de s'incliner devant le démon.

- Je t'en prie, ne fais pas ça ! s'égosilla Yorihime. On peut trouver un autre moyen.

- La mission d'abord, répondit la blonde aux longs cheveux dorés. Je suis ta supérieure et je te demande d'accepter cette négociation.

- Cette reddition, contredit Gengetsu. Je veux te l'entendre dire.

Toyohime s'agenouilla, le front contre le sol, devant l'ange.

- Je me rends et je me soumets à vos ordres, Gengetsu-sama, s'humilia la princesse.

- Bien, jouit le démon en donnant un violent coup de pied dans le visage de la princesse, la rejetant comme un chien galeux. Commence donc par lécher mes chaussures. Si jamais tu refuses un seul ordre ou que ta sœur cesses de regarder, le marché ne tient plus. Je t'assure que je te coupe les paupières si ty refuses de me regarder. Si tu oses me contredire, je t'arrache la langue. Comme-ça, elle pourra toujours se promener sur mon corps.

Toyohime n'avait guère le choix et elle dut se soumettre.

Malgré sa joue douloureuse et son nez brisé, elle ouvrit la bouche pour le plus grand plaisir du démon.

Alors que la langue de la princesse blonde humidifiait le cuir des souliers vernis, Gengetsu chassa Yorihime, qui ne se fit pas prier pour partir.

Dans le même temps, Gengetsu abolit son contrôle sur la magie de Sumireko.