Bonjour à tous !
Je vous avais laissé après un chapitre transitoire, expliquant l'origine du malaise de notre héroïne.
Voici la suite, j'espère qu'elle vous plaira.
Bonne lecture à tous !
Chapitre 17 : Sainte Mangouste
Sumireko ouvrit lentement les yeux, pour ne voir qu'un flou blanc et aveuglant. L'obscurité avait fait place à la lumière, mais elle était toujours perdue, entourée par une teinte unique de couleur, qui semblait dévorer tout le reste du spectre lumineux.
Un faible gémissement émergea de ses lèvres, alors qu'elle tourna sa nuque raide, pour regarder autour d'elle.
Elle vit un mur et une porte, l'ensemble étant toujours flou. Un petit meuble de chevet était situé à côté d'elle. Elle tâta le meuble pour trouver ses lunettes, comme elle les disposait à son habitude, mais elle ne sentit rien.
Alors qu'elle se mouvait et essayait de fléchir ses doigts engourdis, la porte s'ouvrit et une silhouette en blanc approcha.
- Bonjour, Mademoiselle Usami, salua la médicomage. Votre réveil est une bonne nouvelle.
- Ou suis-je ? demanda la jeune étudiante, encore perdue.
- Vous êtes à l'hôpital Sainte Mangouste, pour les blessures et maladies magiques, lui répondit l'infirmière. Vous souvenez-vous de ce qui vous est arrivé ?
La jeune fille chercha dans ses souvenirs, alors que l'infirmière ouvrait le tiroir et récupérait la paire de lunettes aux montures rouges que l'adolescente portait.
Lorsque la femme posa délicatement les lunettes sur le nez de la femme, Sumireko cligna des yeux, revoyant enfin les choses de façon nette.
La femme devant elle était âgée, avec des traits ridés, lui rappelant un peu sa défunte grand-mère, dont elle n'avait que très peu de souvenirs.
- Je me souviens juste avoir eu mal, puis d'être tombée dans le train. Je … je ne me rappelle de rien de plus.
- Vous avez fait un épuisement magique, expliqua la guérisseuse. Nous ignorons ce qui a pu causer ce phénomène et nous n'avons aucune explication à propos de votre miraculeuse guérison. Cependant, à l'heure actuelle, vous semblez être en parfaite santé.
La jeune fille se concentra, focalisée sur son pouvoir. Elle se concentra sur une chose simple, comme un tiroir, le faisant lentement bouger.
Un soulagement viscéral naquit en elle-même, comme si un poids atroce avait soudainement quitté son cœur.
- N'ayez pas d'inquiétude, la rassura l'infirmière. Votre magie semble parfaitement normale et a un taux de présence dans le sang bien plus élevé que la moyenne.
Cela la rassura davantage, voire la conforta dans ce qu'elle pensait. Elle se savait exceptionnelle, mais qu'un spécialiste lui affirme qu'elle était bien différente de la norme la confortait dans la haute estime qu'elle avait d'elle-même.
- Quand est-ce que je pourris sortir ? demanda t-elle avec une certaine insistance. J'aimerais pouvoir retourner à Poudlard.
La dame âgée aux yeux verts cernés de rides sourit. Cette jeune fille lui semblait studieuse et curieuse. Il était toujours bon de voir des jeunes enthousiastes et désireux de quitter ces murs pour retrouver le chemin de l'éducation.
- Nous allons vous garder en observation une journée et demain midi, un de vos enseignants devrait venir vous chercher pour retourner à Poudlard.
Sumireko remercia la femme vêtue de blanc, qui la laissa alors pour pouvoir se consacrer à d'autres patients.
La jeune fille se décida à sortir, afin de marcher un peu. Ses jambes semblaient un peu tétanisées, comme si ses muscles se plaignaient du manque d'exercice.
L'adolescente se leva, gardant ses mains accrochées au rebord du lit. Son pied gauche toucha le sol froid, la faisant frissonner, avant qu'elle ne pose le second. Ses genoux cagneux tremblèrent un bref instant, avant qu'elle ne se reprenne. L'image d'un enfant apprenant à marcher lui vint en tête et la fit sourire brièvement.
Sumireko se chaussa de soquettes et quitta sa chambre, afin de pouvoir faire autre-chose que de regarder ces murs blancs.
A l'extérieur, elle se rendit compte que le couloir n'était pas très fréquenté. Elle décida de marcher un peu, sentant que ses jambes pouvaient tenir, malgré une semaine de coma.
Le couloir n'était pas tellement intéressant, peu de personnes déambulaient. Elle ne vit qu'une vieille femme apporter des fleurs à un couple qui semblait perdu. La femme aux traits fins aurait pu être belle, si ce n'était pour son regard vide et sa démarche rappelant celle d'un zombie.
Sumireko détourna le regard, songeant qu'elle avait laissé sa curiosité aller trop loin, envahissant la vie privée de cette vieille femme.
En même temps, songea t-elle pour se dédouaner de toute responsabilité, ce n'était pas de sa faute si cette dame était très voyante, avec son sac à main rouge et son chapeau orné d'un vautour empaillé.
Alors que Sumireko repartait, la vieille femme l'observa. L'adolescente pouvait sentir le poids de ces yeux verts et inquisiteurs sur son dos, ressentant le regret qui possédait l'âme de cette femme, ainsi que la colère qui couvait dessous.
- Jeune demoiselle, l'interpella t-on.
Sumireko se retourna, surprise, mais se rendit compte qu'il ne s'agissait pas de la vieille dame. Cette voix appartenait à un homme aux cheveux blonds et impeccablement fixés par une tonne de gel. A lui seul, il devait être responsable de la moitié du trou de la couche d'ozone, pensa t-elle, sarcastique.
- Qui êtes vous et que voulez-vous ? Demanda t-elle, imperceptiblement agacée.
- Je suis Gilderoy Lockhart et voulez-vous que je vous signe un autographe ?
Elle sembla figée, surprise par cette demande pour le moins incongrue.
- Hors de question, répondit-elle.
- Regardez ! s'exclama t-il sans tenir compte de la réponse négative, traçant des lettres avec une plume sur un papier rose. J'arrive à attacher les lettres maintenant !
Sumireko se tendit. Il était préférable de ne pas trop contrarier les fous, même s'il n'était pas dangereux en apparence.
Elle prit doucement le papier, sur lequel le nom de l'homme était tracé avec une élégante graphie. Les boucles élégantes étaient régulières et elle devait admettre qu'il avait un certain don. Elle ignorait ce qu'il faisait ici, mais il semblerait qu'il n'avait pas perdu toutes ses facultés.
- Merci. Vous avez une belle écriture, complimenta t-elle en se forçant à être gentille.
L'homme sembla heureux, un peu comme un enfant à qui on disait qu'un tas de bonhommes-bâtons étaient beaux. Il s'éloigna, un large sourire sur les lèvres, retrouvant le chemin de sa chambre.
Sumireko continua sa promenade une petite demi-heure, avant de regagner la pièce qu'elle occupait. Elle avait retenu le numéro, de même que la plante verte qui se trouvait dans un coin du couloir, près d'un chandelier.
La jeune fille retourna dans sa chambre et resta pensive.
Elle fixa le mur et se demanda si elle devait tester ses nouvelles découvertes. Alors qu'elle croisa les doigts, elle se ravisa.
Sumireko ignorait si un nouveau test pouvait lui être fatal et si ce n'était pas l'usage de cette technique de séparation qui avait drainé son énergie. Séparer l'esprit de l'enveloppe charnelle n'était pas anodin et devait avoir des répercussions sur l'organisme et ses canaux de magie.
Elle jugea qu'il était préférable de ne pas pratiquer pour le moment, elle voulait être certaine d'être en pleine forme, avant de retenter ce sortilège.
Le reste de la journée se passa de façon très monotone. A part deux ou trois visites pour apporter le repas et pour s'assurer de sa bonne santé, elle s'ennuya assez. Elle joua avec une petite flamme, la faisant danser et essayant de la faire vivre, comme si elle pouvait créer la vie. Ce n'était rien qu'une illusion, une fantaisie d'enfant, mais cela l'amusait de se prendre pour une démiurge.
Le lendemain, vers dix heures, on toqua à la porte de la chambre aux murs immaculés.
Lorsqu'elle ouvrit, elle eut la surprise de voir le Guérisseur, en compagnie de McGonagall.
Le visage fermé de l'enseignante se dérida légèrement en voyant son élève.
- Bonjour professeur, salua poliment la convalescente.
- Bonjour Miss Usami, répondit l'écossaise. Je suis ravie de constater que vous allez mieux. Je suis venue pour vous ramener à Poudlard.
L'adolescente récupéra le peu d'effets qu'elle avait, y compris sa baguette qu'on lui avait restituée lorsqu'elle s'était réveillée. Elle s'était déjà changée, prête pour son départ.
- Je suis prête, Professeur, dit-elle en suivant l'écossaise.
L'étudiante et le professeur se dirigèrent vers le grand hall.
Durant leur marche dans les couloirs, Sumireko ne put s'empêcher de questionner l'enseignante sur ses devoirs et le programme. McGonagall sourit, appréciant la curiosité de la japonaise.
- A ce propos, ajouta t-elle, comment ça se passe avec Ombrage ? Harry à réussi à se contenir ?
Elle écarquilla les yeux, songeant qu'elle n'avait jamais fait preuve d'autant d'insolence, surtout auprès d'un autre enseignant.
La vieille dame sembla fulminer un instant, avant de reprendre son calme.
- Notre grande inquisitrice continue son travail avec zèle et application, répondit la vieille dame en serrant les dents.
Le message était clair pour Sumireko, mais tourné d'une façon qui ne pouvait pas être reproché à l'enseignante. Personne ne pourrait l'accuser de déloyauté envers le Ministère.
- Quant à votre ami, je pense que vous pourrez lui poser la question par vous même.
L'enseignante et son élève arrivèrent dans le hall. La femme signa quelques documents et invita la sorcière à signer le registre de sortie.
Une fois dans le hall, McGonagall demanda à la Serpentard de tenir son bras fermement et de ne pas la lâcher.
Sumireko obéit et à peine eut-elle agrippé la robe de l'écossaise, qu'elle se sentit immédiatement tractée et comprimée. Son corps lui fit mal un bref instant, comme forcé dans un tuyau, avant qu'elle ne reparaisse devant les grilles de Poudlard.
La japonaise se sentit barbouillée, mais après quelques inspirations, sa nausée disparut.
Elle était de retour à Poudlard, Elle avait retrouvé sa magie et le chemin du château.
- Je m'attends à vous revoir demain en cours, Miss Usami, déclara l'écossaise aux cheveux gris, ouvrant les grilles de fer forgé, encadrées par des piliers de briques surmontés de deux statues de sanglier.
- Je n'y manquerais pas, professeur, promit l'asiatique, franchissant l'enceinte.
Enfin, sourit-elle. Elle était de retour.
