Bonjour à tous !
Je publie la suite, après un mois de pause. J'en suis navré, mais j'avais beaucoup de chose à faire et j'étais un peu découragé. Je n'avais pas envie d'écrire et j'ai finalement surmonté ce blocage.
Je souhaite à tous mes lecteurs un joyeux Noël et une heureuse nouvelle année.
Bonne lecture à tous !
Chapitre 18 : Le retour de Sumireko
Au moment où la jeune fille retourna dans le dortoir de la salle commune, beaucoup de têtes se tournèrent vers elle, mais personne ne lui adressa la parole.
Ce n'était pas plus mal, songea t-elle. Au moins, cela lui évitait de faire face à beaucoup d'hypocrisie et de faux semblants.
Cependant, le soir même, lorsque la salle se vida, elle resta seule sur un des canapés en compagnie de Nott et de Greengrass Junior. Ils étaient assez tolérables, bien moins obtus que Malefoy ou Parkinson et avaient des conversations d'un niveau assez élevé.
- Alors, comment les choses se sont passées ? questionna t-elle en saisissant des grains de raisin dans une coupelle, apportée par un elfe de maison au nez en trompette.
- Comme d'habitude, répondit calmement Astoria Greengrass, une jeune Serpentard de Troisième Année. Le monde n'a pas cessé de tourner.
Sumireko sourit à cette pique acérée, bien placée.
- Certes, admit la japonaise, mais il suffit qu'une personne manque pour que tout vous semble dépeuplé.
Astoria ne sut s'il s'agit d'une citation où d'une menace, mais elle se tendit par réflexe. Elle était habituée à tout interpréter, pour ne rien laisser au hasard. Sa sœur l'avait mise en garde et lui avait appris à être attentive à chaque instant.
L'asiatique se saisit d'une tasse de thé, reposant la bouilloire, avant de faire tourner le liquide pour dissoudre le sucre.
- Sinon, j'ai appris que le prince des serpents a encore perdu de sa superbe, fit-elle en sirotant le liquide, tout en observant la réaction de Nott du coin des yeux.
Théodore Nott, resta impassible. Son visage fin et filiforme lui rappelait les traits d'un lapin.
- Je ne porte guère d'intérêt aux rumeurs, répondit le jeune homme.
Nott était impassible. Cependant, il n'avait rien affirmé, ni infirmé. La jolie petite rumeur courant à propos de Malefoy était de son fait, ce qu'elle savait, mais une rumeur était bien plus dangereuse lorsqu'on ne pouvait remonter à son origine.
- Tu devrais pourtant, répondit Sumireko avec un ton songeur.
- J'ai plus utile à faire, rétorqua t-il. Par exemple le devoir de potions pour demain.
L'asiatique haussa les épaules. Etant donné son hospitalisation, elle avait pu échapper à cette corvée.
Elle ne leur fit pas part de ses doutes, ni de ses questions. Elle avait horreur de passer pour une faible ou pour une incompétente.
Le trio se sépara après un autre quart d'heure, chacun vaquant à ses affaires. L'asiatique retourna dans son dortoir, là où sa valise avait été déplacée et où toutes ses possessions l'attendaient.
Sumireko n'avait plus grand-chose à faire et elle préféra se coucher tôt. Même si elle était guérie, elle ne se sentait guère capable de rester à veiller tardivement.
Le lendemain, elle assista tout naturellement à ses cours. Elle agit avec sérieux et diligence, comme si sa maladie n'avait été qu'une petite parenthèse déjà oubliée.
Ce qui l'intéressa surtout, c'était la lettre que Harry lui avait envoyée durant les vacances. Elle saisit l'occasion de lui parler lors de la pause méridienne et que la salle de cours se vidait.
- Potter, appela t-elle doucement, nous devons discuter.
Le brun à l'expression morose se retourna, comme s'il s'y attendait. Vu que c'était leur seule heure de cours en commun de la journée, le moment était évidemment bien choisi.
- C'est à propos de ta lettre, expliqua t-elle, bien qu'il s'en doutait.
- Qu'en penses-tu ? demanda t-il. J'ai pensé qu'on aurait besoin d'un sérieux entraînement pour nous préparer et compenser l'absence de pratique d'Ombarge.
Sumireko haussa un sourcil à ce nouveau surnom, mais répondit.
- Je suis d'accord, répliqua la japonaise. D'ailleurs, quand comptes-tu commencer le groupe ?
- Je réunis quelques personnes intéressées samedi, lors de la sortie à Pré-au-lard. Rendez-vous 14 heures à la Tête de Sanglier.
- J'y serais, lui répondit-elle. Si tu veux discuter d'autre chose …
Elle laissa sa phrase en suspens. Elle n'aimait pas trop s'éterniser sur les banalités.
Harry ne répondit rien. Il ne lui posa pas de questions sur son absence et elle le remercia intérieurement. Il était de plus en plus introverti et son tempérament devenait explosif avec les contrariétés. Il savait parfaitement que beaucoup de monde n'aimait pas être questionnés sur certains sujets et il se doutait qu'une forte personnalité comme elle, ne voudrait pas être prise en pitié.
Elle détestait la condescendance et les faux semblants, notamment les gens qui faisaient preuve d'hypocrisie. Les phrases du genre « je comprends » et « je suis comme toi » l'énervaient tout particulièrement.
Deux heures plus tard, Sumireko redescendait dans les cachots pour assister au cours de potions donnés par l'antipathique chef des Serpentard.
Une désagréable surprise l'attendit, avec la présence du crapaud. Ombrage était présente pour faire une inspection et il semblerait que Rogue allait devoir la supporter. Elle attendit presque de voir le match se dérouler. Ce serait un petit régal, surtout avec la personnalité acerbe du maître des potions.
Avant même qu'ils n'entrent dans la salle, Rogue les croisa et les salua.
- Mademoiselle Usami, salua t-il de son ton grinçant. Votre absence la semaine dernière a été notée. J'ose espérer que vous êtes désormais remise.
Cela signifiait qu'il s'inquiétait de sa santé, même s'il ne l'admettait pas à haute voix.
- Votre sollicitude me touche, Professeur. Je suis en parfaite forme.
- Il est également souhaitable que vous ayez fait preuve de prévenance avant votre arrivée.
A traduire par : Vous avez intérêt à avoir rattrapé les cours, ou lu votre manuel, pour compenser.
Elle n'était pas sûre de la traduction littérale la plus exacte, mais elle avait capté l'idée générale.
- Je suis certaine de faire preuve de suffisamment de prévenance, du moins assez pour satisfaire vos attentes, Monsieur.
Rogue la regarda, avant de lui faire signe de s'asseoir. Visiblement, il estimait qu'elle s'était suffisamment justifiée ainsi.
Sumireko prit place à un pupitre, à proximité de Nott et loin de Malefoy.
- Vous noterez que nous avons une invitée, signala t-il de sa voix basse et narquoise, désignant le professeur Ombrage, qui était installé dans un coin encore plus obscur que le reste du cachot.
Rogue leur ordonna de saisir leur livre, avant de leur faire lire l'un des articles, écrit par Edger Jewnets.
Après quelques minutes, il les regarda.
- J'espère que vous avez pris des notes. De quel article à t-il découvert les propriétés ? Quelle méthode expérimentale a t-il utilisé et comment à t-il démontré sa découverte ?
Etudier un processus scientifique était toujours intéressant, pensa t-elle. Le faire en gardant à l'esprit ces questions était basique, songea t-elle. Rogue ne se répétait pas sur les réflexes élémentaires, surtout sur une méthode aussi simple.
Ombrage nota quelque chose dans son carnet, avant de se lever et de regarder le chapitre en question.
- Cette classe me semble très avancée par rapport au niveau habituel, dit-elle brusquement, dans le dos de Rogue. Je me demande toutefois s'il est très raisonnable de leur apprendre une potion comme la solution de Force. Je pense que le ministère préférerait la voir disparaître du programme.
Rogue se redressa lentement et se tourna pour la regarder.
Sumireko se douta qu'il était furieux. Il avait des exigences élevées parce qu'il détestait la médiocrité et qu'il voulait inciter ses élèves à donner le meilleur d'eux-mêmes.
- Maintenant, dites-moi… Depuis combien de temps enseignez-vous à Poudlard ? Demanda Ombrage, la plume suspendue au-dessus de son bloc-notes.
- Seize ans, déclara t-il d'un ton pincé. Toutes ces données devraient se trouver dans mes états de service, ajouta t-il abruptement.
Sur ce, il se tourna vers Miss Moon, l'interrogeant sur sa synthèse, avant de la confronter avec celle de Malefoy. Visiblement, le blond avait de l'esprit, en plus d'avoir les faveurs du maître de potions.
Il poursuivit son cours, expliquant plusieurs points. Dès que les élèves furent de nouveau mis face à un document, Ombrage reposa ses questions.
- Il me semble que vous avez d'abord posé votre candidature au poste de professeur de défense contre les forces du Mal ? demanda Ombrage.
- Oui, répondit Rogue à mi-voix, cachant son agacement.
- Mais sans succès ? Poursuivit-elle, désireuse de voir comment la chauve-souris des cachots réagirait.
- De toute évidence, répondit-il, les lèvres pincées au point de n'être qu'une ligne rosâtre au milieu de son teint cireux.
- Avez-vous une idée de la raison pour laquelle Dumbledore vous a systématiquement refusé cette matière ? interrogea Ombrage.
- Je vous suggère de lui poser la question vous-même, répliqua Rogue d'une voix hachée.
- Je n'y manquerai pas, assura le professeur Ombrage avec un aimable sourire, qui donnait au professeur l'envie d'utiliser des sortilèges qu'il avait employés lorsqu'il était Mangemort.
- Il est vraiment indispensable d'évoquer ce sujet, j'imagine ? dit Rogue en plissant ses yeux noirs, songeant qu'il y avait des témoins.
- Oh oui, répondit le professeur Ombrage. Le ministère souhaite connaître le mieux possible les… heu… différents éléments de la personnalité des enseignants.
Elle le laissa sur place, avant de s'approcher de Pansy Parkinson, pour lui poser quelques questions à propos des cours de potions en général. Ombrage regarda la jeune fille qui résumait un extrait, utilisant une méthode simple mais essentielle.
Si en cinq ans d'études un élève ne l'avait toujours pas comprise et qu'il était incapable de la retenir, songea Sumireko, il était plus que temps qu'il se fasse stériliser pour le bien de la race humaine.
Evidemment, les deux trolls escortant Malefoy semblaient avoir du mal à déchiffrer le texte, bien que Crabbe écrivit quelques lignes. Ceci le plaça entre le mollusque et le singe, songea cyniquement la japonaise.
Le reste du cours se passa dans une ambiance glaciale et pas seulement à cause de la fraîcheur régnant dans les souterrains.
Lorsque la cloche sonna, Rogue fixa ses élèves.
- M. Goyle et Miss Moon, vous rédigerez le bilan sur l'usage de la pierre bethariane. Demain, 8 heures sur mon bureau au plus tard. Vous pouvez disposer.
Une trentaine de chaises raclèrent le sol de pierre, alors que les élèves disparurent bien vite. Ombrage resta un peu plus longtemps avec Rogue, mais Sumireko ne resta pas pour assister à cet échange professionnel. Sa curiosité avait des limites, notamment l'instinct de survie.
