Bonjour à tous !
Voici la suite du récit, avec le tournant du livre, lorsque les étudiants prennent leur destin en main. J'espère que ce chapitre vous plaira.
Bonne lecture à tous !
Chapitre 19 : Association de défense
Le samedi était une journée réservée aux activités de temps libre. Une des principales activités pour les élèves de troisième année et les plus âgés, était la visite du village de Pré au Lard.
Sumireko était l'une des chanceuses, disposant du précieux sésame lui permettant de quitter le château, dont les flèches des tours étaient noyées par la brume de décembre.
La jeune fille à la robe noire au liseré d'émeraude passa devant le vieux concierge au visage buriné et grimaçant. Ce dernier avait une étrange baguette de métal, qu'il faisait passer devant les élèves, en l'attente d'un son strident.
- Mais pourquoi est-ce qu'il fait ça ? soupira un élève. Qu'est-ce que ça peut faire si on amène des choses dehors ? c'est ceux qui entrent qu'il faut surveiller !
Sumireko ne dit rien, mais elle avait compris la manœuvre. Le concierge hargneux s'était rallié à Ombrage, ainsi qu'à sa politique répressive. Il cherchait à trouver des élèves ayant des petites farces et attrapes, afin de les sanctionner et de pouvoir libérer une part de son ressentiment.
Les jumeaux Weasley passèrent à leur tour, adressant un sourire suffisant à Rusard, qui les regardait avec haine. Il sembla s'attarder sur eux, mais son détecteur resta inerte, pour son plus grand dépit. C'est à regret qu'il les laissa passer sans les retenir davantage, songeant qu'il devrait être vigilant lors de leur retour.
Sumireko passa à son tour, rapidement scannée sans que rien ne soit notable.
Elle finit par rejoindre le portail percé dans le mur d'enceinte, retrouvant le fameux Trio d'or, composé de l'inséparable bande du Survivant.
L'asiatique choisit de ne pas se rapprocher. Elle préférait se faire discrète et être attentive, jusqu'à ce fameux rendez-vous auquel elle était conviée.
La jeune fille trouva deux de ses camarades de maison en pleine conversation. Zabini et Moon étaient présents, ensemble, formant un couple heureux et Sumireko sourit. Elle décida de les laisser tranquille, préférant ne pas interférer avec eux.
C'est seule qu'elle franchit la grille, descendant sur la route menant au village, affrontant le vent dont le froid mordait sa peau, même à travers sa cape épaisse.
Après un quart d'heure, elle se retrouva enfin dans la rue principale du village. C'était un village typique, à l'architecture médiévale et dont les maisons à colombage apparents composaient la majorité des ruelles.
Les vieilles pierres avaient souvent étaient recouvertes de chaux et les poutres repeintes, mais les vieux gonds et les enseignes témoignaient de l'ancienneté de certains des bâtiments. Elle pouvait sentir l'histoire écrite et qui se manifestait à elle. C'était différent de ce qu'il y avait dans le château, car là, c'était des pratiques sociales, des habitudes culturelles qui étaient devant elle.
Sumireko se dirigea vers un porche, s'abritant en-dessous pour s'abriter du vent. Elle dégaina le plan de la bourgade qu'elle avait dans sa poche, avec un geste rappelant celui qu'elle avait usuellement lorsqu'elle sortait son téléphone portable.
Le pub qu'elle recherchait, La Tête de Sanglier, ne donnait pas sur la grand-rue. Il se situait dans une ruelle adjacente, à proximité d'un bureau de poste. Plusieurs hiboux s'envolèrent à intervalles réguliers, leurs ailes battant silencieusement dans le vent, loin du bruit disgracieux des pigeons.
Sumireko s'engagea dans une rue, repérant une vieille enseigne en bois, suspendue à une potence de fer rouillée, montrant la tête tranchée d'un sanglier qui imbibait de sang le linge blanc sur lequel elle était posée.
Si l'extérieur était glauque, l'intérieur n'avait rien à lui envier. La petite salle miteuse et crasseuse était envahie par une forte odeur, qui l'incita à relever le col de sa cape. Les fenêtres en saillie étaient tellement incrustées de saleté que la lumière du jour avait du mal à les traverser. Le seul éclairage provenait de bouts de chandelles posés sur les tables en bois brut.
A l'intérieur, elle nota que plusieurs élèves étaient déjà présents, reconnaissables avec leurs robes ornées de blasons. Cependant, rares étaient les gens à montrer leur visage, puisque la plupart avaient des capuchons. L'un d'eux était même couvert de bandages grisâtres de crasse, de sueur et de sang.
Dans un coin sombre, près de la cheminée, était installée une sorcière enveloppée d'un voile noir et épais qui lui tombait jusqu'aux pieds. Elle était de grande taille, ce qui excluait l'idée qu'il s'agisse d'Ombrage, déguisée.
Sumireko releva la capuche de sa cape d'hiver, afin de s'adapter à la mode locale de ce pub sinistre. A présent, seul son menton était visible, ainsi que la monture écarlate qui l'aidait à corriger sa myopie congénitale.
Elle décida de s'installer à une petite table proche d'eux, de façon à se faire passer pour une cliente, tout en pouvant les écouter.
Ils ne cherchaient pas vraiment à être discrets, même s'ils avaient au moins l'intelligence de ne pas crier leur plan sur tous les toits. Cependant, ils ne chuchotaient pas à voix basse, afin de ne pas se donner de suspicieux airs de conspirateurs.
Le barman à la forte carrure leur déposa plusieurs bouteilles, avant de retourner à sa caisse enregistreuse, qui s'ouvrit en poussant un petit grincement. Il n'adressa plus le moindre regard à ces étudiants, une fois l'argent encaissé.
- Tu sais quoi ? murmura Ron en contemplant le bar d'un air enthousiaste. On pourrait commander tout ce qu'on veut ici. Je parie que ce type serait prêt à nous vendre n'importe quoi, il s'en ficherait. J'ai toujours voulu goûter du whisky Pur Feu…
- Tu-es-un-préfet, gronda Hermione, les dents serrées, détachant chaque mot.
- Ah oui, c'est vrai, admit Ron avec nonchalance, avant de se recroqueviller sous le regard noir lancé par sa camarade, qui ne transigerait pas avec les exigences de sa fonction.
- Alors, qui doit nous rejoindre ? Demanda Harry, décapsulant sa Bièraubeurre, tout en trouvant un moyen efficace de les distraire de leur conversation précédente.
- Hum, juste deux ou trois personnes, l'informa Hermione qui consulta sa montre et jeta un coup d'œil inquiet en direction de la porte. Je leur avais dit de venir à peu près à cette heure-ci et je suis sûre qu'ils savent où ça se trouve.
Sur ces mots, la porte du pub s'ouvrit. Un rayon de soleil pâlot transperça la salle, vite occulté par la foule qui entra.
Sumireko ne connaissait pas la moitié de ces élèves. Il y avait d'abord un garçon au visage lunaire, suivi de près par deux belles jumelles à la peau cuivrée. Elles étaient d'origine Indiennes, ou immigrées de cette ancienne colonie, au vu du point rouge qu'elles avaient sur le front.
L'adolescente devait leur reconnaître un certain charme, tout comme à la chinoise qui entra juste après, gloussant avec une amie qui devait probablement être un chandelier ou un faire-valoir.
La japonaise reconnut sans peine la blonde solitaire et rêveuse, qui avait l'air d'être entrée par hasard, mais qui se dirigea vers le trio d'or. Cependant, la quinzaine d'autres élèves qui entra était presque tous des inconnus, qu'elle n'avait pas eu le loisir de connaître davantage. Elle ignorait même le prénom de la moitié d'entre eux, puisqu'ils appartenaient à différentes maisons.
La masse d'élèves fut fermée par deux joueurs de Quidditch de l'équipe de Poufsouffle, dont les abdominaux attiraient l'attention de plusieurs demoiselles. Ils discutaient en compagnie des célèbres jumeaux Weasley, ainsi que de leur meilleur ami, portant un sac d'ou dépassaient des pétards.
Sumireko sourit, songeant que ces trois-là avaient certainement trouvé un moyen de les faire entrer en douce dans le château. L'expression sur le visage de Harry était également un ravissement, tant il était ébahi.
- Deux ou trois personnes ? reprit-il d'une voix rauque en s'adressant à Hermione. Deux ou trois personnes ?
- En fait, on dirait que l'idée a eu pas mal de succès, répondit-elle d'un ton joyeux. Ron, tu veux bien aller chercher d'autres chaises ?
Au final, ils étaient vingt-cinq. Leur petite idée de groupe avait fait son succès, mais Harry semblait mal à l'aise. Il semblait presque menacé par cette masse d'élèves, dont il ne connaissait pas toutes les attentes, ni même les réactions.
Finalement, les élèves regroupèrent des chaises pour s'installer autour de Harry. Il semblait nerveux et Hermione finit par prendre la parole.
- Alors, heu… bon, vous savez pourquoi vous êtes ici. Heu, j'ai eu l'idée… que ce serait peut-être bien pour les gens qui veulent étudier la défense contre les forces du Mal - et je veux dire étudier vraiment, pas se contenter des idioties que nous fait faire Ombrage, parce qu'on ne peut pas appeler ça des cours de défense contre les forces du Mal…
- Bien dit, approuva un beau blond, alors que plusieurs autres personnes approuvèrent, hochant la tête, redonnant du courage à Hermione.
- Donc, j'ai pensé que nous devrions peut-être prendre nous-mêmes les choses en main. J'entends par là apprendre à nous défendre pour de bon, pas seulement en théorie, mais en jetant réellement les sortilèges.
Elle déglutit, soufflant longuement, avant de reprendre.
- Plus encore, je veux suivre un véritable entraînement défensif parce que … parce que … parce que Lord Voldemort est de retour.
La réaction fut immédiate et prévisible. Plusieurs poussèrent de pathétiques cris, alors que d'autres eurent quelques frémissements et autres toussotements. Cependant, tous regardèrent Harry, avec même une certaine avidité.
- Où est la preuve que Tu-Sais-Qui est de retour ? demanda d'un ton assez agressif le garçon blond qui jouait dans l'équipe de Poufsouffle.
- Écoute, reprit aussitôt Hermione, ce n'est vraiment pas l'objet de cette réunion…
Harry soupira, comprenant que beaucoup attendaient d'entendre son récit. Il n'avait cependant pas du tout envie de le répéter, puisqu'il ne voulait pas revoir ces scènes qui quittaient peu à peu ses cauchemars.
- Ce qui me fait dire que Vous-Savez-Qui est de retour ? demanda-t-il en regardant le poursuiveur droit dans les yeux. C'est que je l'ai vu. Je n'ai pas du tout l'intention de perdre l'après-midi à essayer de convaincre qui que ce soit. Si tu es venu pour entendre raconter ce qui se passe exactement quand Voldemort assassine quelqu'un, je ne peux rien pour toi. Je ne veux pas parler de Cedric Diggory, d'accord ? Alors, ceux qui sont venus pour ça peuvent repartir tout de suite.
Alors que Hermione allait revenir au sujet, une jeune fille interrogea Harry sur la question de son Patronus. La question était intrigante, au point de déstabiliser tout le monde. Sous son capuchon, Sumireko tourna la tête en direction du brun. Elle était située juste derrière les jumeaux Weasley, lui permettant de tout entendre, voire même de regarder dans le sac des deux farceurs.
Finalement, les élèves interrogèrent Harry sur ses différents exploits. L'assemblée fut bouche bée devant l'amas d'informations. Cet adolescent avait affronté Voldemort à quatre reprises, sans parler des créatures mortelles qu'il avait du affronter à de multiples reprises. Sumireko était devenu livide, observant le contenu de son verre. Elle avait lu certaines choses sur le Basilic et les Acromentules, ce qui lui avait fait confirmer son impression qu'elle ne voulait pas du tout rencontrer ces créatures.
Il avait même découvert la Chambre des Secrets, une pièce légendaire abritant la créature de Serpentard depuis mille ans. L'idée qu'il puisse exister une salle secrète la surprit, mais devint très intéressante.
Sumireko était fasciné par les mythes et les légendes, surtout lorsqu'elle trouvait le fond de vérité qui leur avait donné naissance.
- C'est ça, songea t-elle en souriant. La Chambre des Secrets doit-être l'endroit où se cache ce que je cherche.
Alors qu'elle songeait à son objectif, Harry essayait de calmer le jeu, mais il ne pouvait pas nier qu'il avait eu une vie trépidante et emplie de risques.
- Ecoutez, dit-il avec un geste de la main, pour couper à toutes ces discussions. Ce que je veux savoir, c'est si vous êtes d'accord pour que nous organisions des sessions privées pour apprendre à nous défendre ?
Même si les élèves avaient tous des impératifs avec le Quidditch, ils étaient prêts à adhérer à ce club.
- Il y a autre chose, ajouta alors Sumireko, qui était restée dans l'ombre depuis le début.
Beaucoup de têtes se tournèrent alors vers elle. La plupart d'entre eux n'avaient même pas pris attention à elle.
- Depuis quand es-tu ici ? s'étonna Lee Jordan, surpris.
- Depuis le début, souffla t-elle, repoussant son capuchon.
- Une Serpentard, siffla un Poufsouffle. Tu es ici pour nous espionner ? Tu travailles pour Ombrage ?
La japonaise ricana, rehaussant ses lunettes.
- Tu te trompes d'ennemi. Si je travaillais pour Ombrage, je ne me serais pas révélé. Cependant, dit-elle en désignant un homme dans le coin, ce type n'a pas arrêté de vous écouter. Il ne sait pas que je vous ai révélé son rôle, puisqu'il est sous un sort d'assourdissement. Cependant, il sait et je ne peux pas l'empêcher de partir pour dévoiler votre plan. Vous aurez une petite surprise plus tard.
- Evidemment, dit Hermione, irritée. Fudge et son administration nient le retour de Vous-Savez-Qui. Ombrage ne veut pas nous former à la défense contre les forces du Mal, car elle a une sorte d'idée folle selon laquelle Dumbledore pourrait se servir des élèves de l'école pour constituer une sorte d'armée privée. Elle pense qu'il cherche à nous mobiliser contre le ministère.
Le petit groupe subversif resta pensif, alors que Suireko annulait son sort sur l'homme couvert de bandages.
- On essayera de trouver un lieu et une date, dit Hermione. Nous enverrons un message à tout le monde lorsque ce sera fait.
Elle fouilla dans son sac, pour en sortir une plume et un parchemin, avant de le tendre à tout le monde.
- Je crois que nous devrions tous écrire notre nom, simplement pour savoir qui était présent à cette première rencontre. Mais je pense également que nous devrons tous promettre de ne pas crier sur les toits ce que nous avons l'intention de faire. Donc, si vous signez, vous vous engagez à ne rien révéler de ce que nous préparons, ni à Ombrage, ni à quiconque d'autre.
Les élèves se passèrent la feuille et signèrent. Certains étaient enthousiastes, d'autres hésitèrent plus longtemps, mais finirent par accepter.
Finalement, la totalité des élèves posèrent leur nom sur la feuille, comme un contrat qu'ils s'engageaient à respecter.
Sumireko avait bien senti quelque chose dans le parchemin, lorsqu'elle avait signé. Elle se doutait bien que Hermione avait du prévoir quelque chose. Elle n'était pas du genre à agir sans réfléchir, il était évident qu'elle allait se prémunir.
Les élèves se mirent en route, quittant le bar par petits groupes, afin de profiter du reste de leur journée.
Le trio d'or partit en dernier, accompagné par Sumireko. Les quatre élèves sortirent et dès qu'ils furent éloignés dans la rue, Sumireko ressentit quelque chose.
- Ne vous arrêtez pas, dit-elle en continuant de marcher, mais le type qui nous écoutait est dans la rue. Si vous tournez la tête, vous pouvez le voir.
Ils se rendirent compte qu'elle disait vrai, alors qu'ils étaient suivis par un individu encapuchonné.
- Nous sommes malheureusement grillés et il nous faudra donc redoubler de vigilance. A moins que vous souhaitiez que nous l'en empêchions.
- Tu suggères quoi ? questionna Ron, alors qu'ils atteignaient la grand rue.
- Un sort d'amnésie, par exemple. J'ai croisé un de ces types à Sainte Mangouste. Gilderoy Lockhart, si je me rappelle bien.
Le nom fit sursauter les autres, mais Ron ne se laissa pas distraire.
- Et les autres options ? dit-il en voyant qu'ils s'éloignaient et que l'homme atteignait aussi la rue principale, prêt à s'éloigner du village. Il va bientôt s'échapper.
- C'est plus radical et du genre … définitif. Je n'ai jamais essayé mais …
Le sourire qu'elle avait était proprement glaçant.
Sa proposition fut rejetée, mais elle s'en doutait. Elle n'avait pas le cran pour le faire de toute façon.
Sur ce, les élèves se séparèrent. Sumireko laissa le trio de Gryffondor et se dirigea vers une autre boutique.
Ron l'observa avec suspicion, avant de faire part de ses doutes à ses amis.
- Tu penses qu'on peut se fier à elle ? questionna t-il. Elle est à Serpentard, elle côtoie Malefoy tous les jours.
- Elle n'a aucune raison de nous trahir, tempéra Harry. Elle n'a pas d'intérêts politiques dans cet affaire, elle ne supporte pas certains de ses camarades de maisons et surtout, elle s'est déjà opposée à Ombrage. De plus, elle est avide d'en connaître plus. Elle restera avec nous.
Ron sembla se rallier à l'opinion de son ami. Il adressa un dernier regard à la jeune fille, qui entra dans une boutique dont le verre était en partie couvert de givre.
Sumireko entra, seule, sans être suivie par un fanboy, un pervers ou par un boulet.
Seule, comme elle en avait la sinistre habitude.
