Disclaimer : Les personnages principaux, les créatures et tout l'univers "Harry Potter" appartiennent à JK Rowling. Je ne reçois ni Gallions, ni Mornilles, ni Noises avec cette histoire, alors pensez aux reviews !

Rating : M (ceci est un slash, donc si vous n'aimez pas la romance entre deux hommes, passez votre chemin…)

NdSs : Bonjour ! Désolée pour la petite attente. L'histoire s'accélère et prend un tournant majeur. J'espère que ça vous plaira toujours. N'hésitez pas à me le faire savoir : tous les commentaires sont les bienvenus !

Dédicace :

De gros bisous à Kissy qui compte sans doute comme moi les jours jusqu'aux vacances... (J-70 avant d'admirer ensemble les trésors de Westeros ! *.*)

Une pensée spéciale aussi à Almayen, et courage à toutes les personnes qui passent des exams pour valider leur année d'études.

Bonne lecture !

(Suggestions musicales pour ce chapitre : "Can't stop this feeling" de Justin T. et "Can't fight this feeling" de Junior Caldera ft. Sophie Ellis Bextor.)


The Big Blaise Theory

3ème partie : L'alchimie des corps

Le lendemain, un samedi matin.

7h23

Draco se réveilla, en sursaut, sur son canapé. Tout habillé. Hormis ses chaussures. Il se rappelait vaguement la soirée au bar, avec Potter, Finnigan et les autres.

Il avait du mal à se souvenir comment il était rentré chez lui. Il avait la bouche sèche, la désagréable sensation dans tout le corps de ne pas avoir assez dormi et trop picolé en prime. Signes classiques de la gueule de bois. Il se leva et se dirigea dans la salle de bain, en mode zombie. Il grimaça en voyant sa tête de déterré dans le grand miroir au-dessus de la vasque d'eau.

Pendant qu'il cherchait dans son armoire à pharmacie, cachée derrière le miroir, une potion qui soulagerait ses symptômes, un souvenir lui revint.

« Hors de question que tu montes sur cet engin ! » avait-il crié à Harry.

Potter avait voulu rentrer, comme il était venu : sur une moto. Un lègue de son parrain Sirius Black, avait-il précisé en tendant à Draco un casque.

« Hors de question que je monte sur cet engin ! » avait-il protesté.

Harry avait insisté. Draco avait refusé encore une fois. Soupirant, Harry avait alors émis l'idée la plus stupide au monde :

« Transplaner !? Et puis quoi encore, Potter ? Je tiens à garder tous mes membres entiers, merci bien !» s'était-il exclamé avec indignation.

« Tu veux marcher, alors que tu tiens à peine debout ? »

Harry l'avait soutenu. Le bras de Draco autour du cou du Sauveur, celui de Potter par-dessous son épaule. Draco avait pu sentir le délicieux parfum de son shampoing.

« Non. J'ai mal aux pieds » avait-il geint en s'agrippant un peu plus fort à Potter.

Il lui semblait qu'Harry avait répliqué : « Et après c'est moi l'ado capricieux... Non, rien... Le Magicobus ? »

« D'accord, on rentre en bus.» avait-il enfin consenti.

Après...

Après...

Argh.

Après, c'était le trou noir complet. Il n'arrivait pas à se souvenir ni du trajet en bus, ni de comment il avait atterri jusqu'à son canapé. Certainement avec l'aide de Potter.

Draco se passa de l'eau sur le visage. Il avait déjà vécu des soirées arrosées, mais au point d'en perdre la mémoire : jamais. C'était inquiétant. Et si c'était le premier signe d'un Alzheimer précoce ? Et s'il avait dit ou fait quelque chose de si terrible que son subconscient avait choisi de faire un blocage amnésique ? Il faudrait qu'il en parle à un médicomage et à Potter. Bizarrement, discuter avec ce dernier l'angoissa plus que d'être atteint d'une maladie neurodégénérative. Ça lui reviendrait peut-être après avoir pris une potion pour arrêter cette douleur lancinante qui lui vrillait la tempe. Encore fallait-il qu'il mette la main dessus. Draco était pourtant sûr d'en avoir au moins une dose. Il lança un tempus. Et merde ! Il serait en retard pour le boulot, s'il ne se dépêchait pas.

Ooo FCRCSM ooO

7h55

Par miracle, Draco arriva au Bureau des Aurors, avec cinq minutes d'avance, douché et changé, mais coiffé un peu à la hâte. Il fut surpris, mais tellement heureux de trouver à côté de son mug rempli de thé fumant, un flacon de potion anti-maux de tête. (Ses réserves personnelles étaient épuisées et il n'avait pas eu le temps de passer chez un apothicaire...) Une note griffonnée à la hâte lui donna le commanditaire de cette charmante attention : "En remerciement pour l'autre fois. Harry."

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8h12

Robards avait mis une cravate bleu ciel à rayures noires. Un choix de sa femme, sans aucun doute. Preuve qu'ils étaient réconciliés. Enfin. Leur dispute avait duré deux semaines cette fois-ci. L'ambiance était plutôt détendue, en salle de conférences. Draco en profita pour parler avec Harry :

« Potter, tu m'entends ? »

Draco vit Harry, assis à trois rangs devant lui sur la gauche, sursauter légèrement. L'Auror à ses côtés le regarda surpris. Potter lui tendit, avec un sourire une plume en sucre qu'il refusa poliment.

« Faut que tu arrêtes ce genre de truc, Draco.

- Faut que tu t'entraînes à mieux bloquer ton esprit, si ça te gêne tant que cela. Je voulais juste te dire : Merci pour le thé.

- Oh, euh de rien. Pas trop dure le réveil ce matin ?

- J'ai connu des réveils plus agréables. Toi ?

- Idem.

- Tu sais Potter, ma chambre est juste à côté du salon, t'aurais pu faire l'effort de m'installer dans mon lit, si déjà tu m'as ramené jusqu'à mon appartement. (La question : "C'est bien toi qui m'as ramené, j'espère ? " était implicite.) J'avais des courbatures partout en me réveillant. Penses-y pour une prochaine fois.

- La prochaine fois, je te laisse sur les pavés froids et humides de la rue, espèce d'ingrat...

- On sait bien que ton complexe du héros t'en empêcherait. Merci quand même. (Draco était soulagé, un mystère d'élucider.)

- De rien, Draco. Tu permets maintenant, indiqua-t-il avec bienveillance, je voudrais écouter ce que dit Peterson.»

Draco interrompit la conversation et reporta son attention sur le discours du chef de la police magique.

Quand Peterson eut fini d'évoquer le cas Lewis et enchaîna sur une autre affaire (un cambriolage chez le bijoutier Ralph Diams), Draco ne put s'empêcher de faire une remarque à Harry :

« Tu n'arrêtes donc jamais de manger ? Pire que Weasley à Poudlard.

- Laisse Ron tranquille. Je n'y peux rien : J'ai faim.

- Tu vas devenir gros.

- Je suis en pleine croissance.

- Tu vas devenir gros et tu as arrêté de grandir à seize ans.

- Je prends des forces pour le sport de tout à l'heure.

- L'entraînement est dans plus de deux heures !

- Mon corps a un métabolisme compliqué et lent.

- Tu vas devenir gros et gras.

- Tu veux dire un gros ingrat comme toi ? »

Draco n'eut aucun scrupule à lui jeter un sort de Rictusempra, en pleine réunion, qu'Harry ne put contrer puisqu'il lui faisait dos.

« Auror Potter ! Pourriez-vous nous dire ce que vous trouver de drôle dans ce que je viens de dire ?

- Hum. Rien du tout, Monsieur. Pardon Monsieur. Poursuivez Monsieur. »

« T'es un vrai connard et un lâche : faire ça, alors que j'ai le dos tourné.»

Malgré l'insulte, le ton était plutôt enjoué.

« Et toi un lèche-bottes.

- Tu me le paieras, Draco.

- Bouhou, j'ai peur.»

Draco stoppa leur échange (un brin puéril, il en avait conscience, mais Potter avait ce don de réveiller en lui le Draco de Poudlard) via la Légilimancie et bloqua l'accès mental à son esprit.

Après deux minutes, Harry tourna la tête et lui lança un regard de braise. Draco resta impassible et ne se formalisa pas de baisser en premier le regard pour poursuivre sa prise de notes. Quelques mèches lui tombèrent devant les yeux.

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11h00

« Ah, enfin le weekend !...» s'enthousiasma Harry en posant sa plume sur sa table de bureau sur laquelle un fouillis à la Potter régnait (comment il faisait pour s'y retrouver dans ce bazar était un vrai mystère pour Draco), et ramassa son sac de sport.

Draco rangea soigneusement sa pile de dossiers, dans un tiroir, débarrassa sa table, la laissant quasiment vide à part une lampe et une vieille photo encadrée de sa mère et lui, et prit son manteau ainsi que ses affaires de rechange.

Harry l'attendait devant la porte et demanda :

« Tu as prévu quelque chose ?... Une autre séance chez le coiffeur peut-être ? »

Posté à ses côtés, Draco s'arrêta et pinça les lèvres. Harry avait donc remarqué sa coupe inhabituelle et il avait attendu jusqu'à ce moment pour faire une remarque désobligeante dessus. Draco soupira et, serrant les mâchoires, il laissa couler la pique. Il ignora Harry et se mit en route pour la salle d'entraînement, située dans une annexe du Département. Harry le rattrapa facilement et se mit à sa hauteur pour dire :

« Ne te vexe pas, je te charriais, Draco. J'aime bien ce nouveau style. Plus… (Harry chercha le mot adéquat) sauvage. Moins parfait. Attention, je ne dis pas qu'avant ce n'était pas bien. Les deux te vont bien en fait. Je parie que même chauve ou avec les cheveux roses, t'aurais la classe. Je... Hum, donc tu fais quoi ce weekend ?»

Les deux Aurors étaient arrivés dans les vestiaires et entreprirent de se changer.

« Il faut que tu arrêtes les sucreries mélangées à la caféine, Harry. Trop de substances excitantes te font parler pour ne rien dire de constructif... Je rends visite à ma mère dimanche pour le thé. Et toi, quels sont tes plans pour le weekend ? Tu vas au Terrier ?»

Harry enfila un vieux tee-shirt rouge délavé avec un smiley diabolique jaune qui tirait la langue. Potter avait ressorti du placard ses fringues d'ado. Hé bien, au moins, ils étaient à sa taille.

« Oui, j'y vais dimanche après-midi.»

Harry ferma son casier et il nouait la ficelle à la taille de son pantalon jogging gris foncé quand il demanda :

« Puisque t'es libre ce soir, ça te dirait de voir un match de cricket à la télé, chez moi ?

- Tes potes Gryffondors seront là, comme la dernière fois ? »

Draco ne voulait pas paraître rancunier, mais il est vrai qu'il s'était senti complètement piégé, entouré par les amis d'Harry, alors qu'il pensait être le seul invité. Draco ferma son casier et fut surpris en voyant Harry si près à ses côtés. Il avait l'air soucieux :

« Tu m'en veux encore pour ça ? Je t'ai dit que je m'excusais. Honnêtement, tu serais venu si je t'avais prévenu de leur arrivée ?

- Ça peut paraître étonnant, mais oui, je serai venu. »

Draco était sincère. Harry le pensa, en tout cas, et il répliqua, plein d'espoir :

« Très bien. Alors, tu viendras ce soir ? Neville et Ron seront peut-être là. Ou pas. Ce n'est pas gênant, n'est-ce pas ? On peut regarder le match que tous les deux aussi… »

Harry termina sa phrase avec une certaine pudeur dans la voix. Draco avait l'impression qu'Harry espérait qu'ils soient seuls. Draco s'imaginait des trucs.

« Il faut que j'y réfléchisse. »

Harry paraissait déçu de cette réponse et mettait en doute sa venue. Il dit néanmoins :

« D'accord, au cas où, tu connais mon adresse. Je désactiverai les barrières pour te laisser entrer. Le match commence à 21h00.»

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12h04

« Tu abandonnes, Draco ? Déjà ?

- Petit insolent.»

Draco avait suivi son entraînement habituel : échauffement, course de vingt minutes sur un tapis roulant, une série de développés couchés avec haltères et il venait de faire cinq séries décroissantes de vingt-cinq pompes. Il faisait quelques étirements avant de filer à la douche, quand Harry passa à ses côtés, avec une paire d'haltères en main qu'il rangea sur le portant, à quelques mètres derrière Draco.

Draco écarta les jambes de quelques centimètres et se pencha en avant pour toucher ses pieds. Son tee-shirt noir glissa jusqu'à son nombril. La couleur sombre du vêtement en coton contrastait avec la pâleur de sa peau. Il vit à l'envers Potter rattraper de justesse un haltère qui avait glissé de l'étagère. Il l'entendit jurer.

Draco se releva en souriant, se moquant de la maladresse du Balafré.

Il perdit son sourire quand à peine avait-il fait trois pas, serviette en main pour partir au vestiaire, Harry l'interpella en le retenant par le bras :

« Attends, Draco. Ça te dirait de faire quelques prises de self-défense ?

- Une autre fois, d'accord ? »

Harry parut déçu, encore une fois, mais acquiesça néanmoins.

Quand Harry enleva enfin sa main, Draco la retint pour l'essuyer en s'excusant. Il fit de même avec son bras, couvert de sueur. Ensuite, il s'épongea le front. Il était fatigué, tout transpirant et avait hâte de se laver.

Potter, qui regardait ses pieds, mains dans les poches, le suivit avec un sourire. Draco, qui tournait la tête en direction d'Harry pour éponger sa nuque et son autre bras, prêt à lui demander ce qui le mettait d'aussi bonne humeur, ne vit pas la personne en face de lui, dans laquelle il fonçait.

L'homme l'attrapa par les épaules pour le stopper avant une trop forte collision.

« Oh, désolé... Blaise.

- Hm, ne le sois pas, Draco. Il y a d'autres façons de me culbuter, plus plaisantes, suffit de demander, tu sais... »

Les mains du métis étaient à présent sur les hanches de Draco.

« Lâche-moi, Blaise.»

Draco se recula, exaspéré -mais trop fatigué pour y mettre de la hargne- et gêné. Potter les observait, avec une expression que Draco n'avait plus revue sur le visage du Survivant, depuis leur scolarité à Poudlard. Il savait qu'Harry désapprouvait leur type de relation. Tout ça avait été un sujet de discorde à de nombreuses reprises. Avec le temps il avait certainement appris à contrôler les émotions de son visage, tandis que là, ses traits laissaient entrevoir toute sa haine. Une aura magique semblait émaner de son corps, provoquant la chair de poule à Draco. Blaise s'éloigna de trois pas et la sensation s'estompa faiblement.

Potter était un incorrigible romantique puriste qui ne concevait pas de passer un peu de bons temps sous la couette avec n'importe qui. Draco lui rappela plusieurs fois que Zabini n'était pas le premier mec venu. C'était d'abord son ami. Et il ne faisait pas ça avec tous ses amis ! Blaise était le seul en qui Draco avait trouvé un peu de réconfort de cette façon. En plus, ça faisait quelques semaines que Draco avait arrêté de voir Blaise uniquement sur le plan physique. Au grand dam de Blaise qui avait accepté son choix, mais n'hésitait pas à le titiller juste pour l'emmerder. D'autant plus s'il savait que la vraie raison de cette décision (aux dires du métis, Draco ne voyait pas de quoi il parlait) était à quelques pas de lui.

« Oh, whaouh, Potter.

- Zabini.

- J'avais oublié à quel point t'étais un binoclard maigrichon y'a treize ans... T'es libre ce soir, Draco ? »

Draco mit quelques secondes à lui répondre, guettant la réaction d'Harry suite à l'insulte de Blaise, par l'affirmative. Avant de se souvenir de l'invitation de Potter. Zut... Oh, après tout, Draco ne lui avait pas dit « oui ». Aucune promesse n'avait été faite. Pis, même s'il s'était plutôt bien entendu avec Longbottom, il n'avait aucune affinité avec Weasley. Harry ne lui en voudrait pas trop, s'il déclinait son offre... n'est-ce pas ?

« Fais ce que tu veux. » fut sa réponse.

Harry prit une paire de gants de boxe dans un panier situé près de l'entrée des vestiaires pour hommes, devant laquelle ils se trouvaient.

Draco lui conseilla, mi-exaspéré, mi-soucieux :

« Tu ferais mieux de ménager ton corps. Quand la potion n'agira plus, tu seras bien content de l'avoir préservé.

- Mon corps t'emmerde, Malfoy.»

Harry s'en alla, furieux. Draco mit ça sur le compte des hormones de la crise d'adolescence à retardement. Zabini, qui cria avec un enthousiasme hypocrite un : "Bonne journée à toi aussi, Potter! " qui n'amena aucune réaction de la part de l'interpellé, avait un autre avis sur la question, à en juger sa manière insistante de regarder Draco avec désolation :

« Quoi ? claqua Draco.

- T'es encore plus myope que Potter.

- Et toi aussi inintelligible qu'un Weasley. Tu m'expliques ?

- Rectification : T'es carrément aveugle.»

Zabini soupira à fendre l'âme, en le regardant des pieds à la tête, puis en sens inverse. Draco, lui, observait Potter au fond de la salle qui passait à tabac un sac de frappe. Blaise ajouta :

« Dommage pour moi.

- Ouais, c'est nettement plus clair. Allez, bye Blaise. »

Draco partit sous la douche.

Ooo FCRCSM ooO

16h07

Draco dut écourter son samedi après-midi de libre pour se rendre d'urgence au Département de la Justice Magique, suite à un message par Patronus de Robards.

Harry était déjà sur place quand Draco arriva devant la porte du bureau de leur patron. Draco sentit tout de suite une tension émaner de son partenaire. Une hostilité à son encontre. Super, Harry lui faisait la gueule, à cause du match de cricket. Merlin, Potter était vraiment susceptible par moments. Ce n'était qu'un match entre…il ne savait même pas quelles équipes jouaient ce soir-là. Ce n'était donc pas primordial qu'il le voie…

Draco mit de côté ses états d'âme quand leur chef annonça :

« Lewis est mort.

- Quoi ? Quand ?

- Comment ?

- Un gardien lui a apporté son déjeuner à 12h30 et l'a retrouvé mort dans sa cellule. Le légiste a établi l'heure du décès peu de temps avant.

- Pourquoi sommes-nous informés seulement maintenant ?

- La procédure est plus longue le weekend. »

Draco n'était pas convaincu. Cependant, Harry enchaîna :

« De quoi est-il mort ?

- Un infarctus du myocarde.

- Une crise cardiaque ? Il avait à peine vingt ans...

- Il avait peut-être des antécédents familiaux ou médicaux à risque ? suggéra naïvement Harry.

- Ou finalement ses propres drogues ont eu raison de lui… répliqua-t-il, excédé par le manque d'intelligence de Potter.

- Le légiste n'a trouvé aucun résidu de drogue dans son organisme.

- Surprenant… Il n'a que ce qu'il mérite...

- Belle mentalité, Malfoy… Typique.

- C'est quoi ton problème, Potter ? T'as tes règles ou quoi ? Tes sautes d'humeur commencent sérieusement à …

- Et moi, j'en ai marre de toi !

- Messieurs ! Calmez-vous !... Et asseyez-vous.

- Vous voyez, maintenant, ce que je vous disais ? Vous acceptez ma demande ou pas ?

- Quelle demande ?

- C'est un peu précipité comme décision, non ?

- Quelle demande, Robards ?

- Harry, l'Auror Potter m'a…

- Je veux un autre partenaire. Je ne supporte plus de travailler avec toi, Malfoy.

- Tu… Quoi ?!... Ah c'est la meilleure, ça ! Tu ne supportes plus de travailler avec moi ? Génial ! Parfait, vraiment. Très bien ! Je veux aussi changer de coéquipier, dans ce cas. Je veux quelqu'un qui ne soit pas une tête brûlée, ni bordélique, ni un abruti immature qui ne sait pas se coiffer correctement ! Et qui ne supporte pas qu'on lui dise non ! »

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17h39

« Potter est un crétin.

- Redis-moi comment tu as réussi à te retrouver aussi amoché, sans partenaire et suspendu, tout ça en l'espace de cinq minutes ? »

Harry avait frappé le premier. Draco avait répliqué pour se défendre !

« MESSIEURS ! SEPAREZ-VOUS TOUT DE SUITE ! »

C'était Kingsley (venu à la demande de Robards) qui avait ordonné aux deux Aurors de cesser leur bagarre. L'heure était grave et pour l'instant la demande d'Harry serait en attente car le cas Lewis n'était pas terminé. Les circonstances de sa mort avaient besoin d'être clarifiées. La nécrose des tissus cardiaques était effectivement prématurée pour une personne aussi jeune et des lésions récentes dues à plusieurs sortilèges avaient été trouvées sur son corps.

« Quelqu'un l'aurait torturé jusqu'à provoquer son arrêt cardiaque ?

- Pourquoi sommes-nous informés seulement maintenant ?

- Auror Malfoy, pouvez-vous me dire où vous étiez entre 12h00 et 12h30 ?

- Pourquoi ?... Vous me suspectez ?!

- Draco n'a rien fait… »

Draco perçut faiblement par la pensée le « N'est-ce pas ? » muet de Potter.

« Bien sûr que non ! » s'énerva Draco.

Il se sentait trahi qu'Harry puisse remettre en doute son absence de culpabilité.

« J'étais à la salle de sport, sous la douche, indiqua-t-il au Ministre et à Robards.

- Je peux le confirmer, affirma Harry. »

Draco aurait pu être touché de son mensonge, si Harry n'avait pas pensé il y a seulement dix secondes qu'il était potentiellement coupable et s'il n'avait pas l'œil enflé et un hématome à la joue grâce à Potter. Draco avait été seul à la douche et il n'avait croisé personne pendant ce laps de temps. Il s'abstint néanmoins de le signaler, à cet instant, car il voulait en savoir plus : pourquoi le soupçonnait-on lui et pas un autre ?

'Tu seras toujours coupable de quelque chose à leurs yeux, parce que tu portes la Marque' avait dit son père le jour où il avait reçu son uniforme d'Auror. Sa mère, elle, l'avait félicité et lui avait exprimé sa fierté. Lucius ne lui avait plus adressé la parole pendant presque quatre ans. Le jour de son vingt-cinquième anniversaire, son père lui avait envoyé un paquet et une carte sur laquelle étaient notés les derniers mots exprimés de vive voix : 'Tu seras toujours coupable de quelque chose à leurs yeux, parce que tu portes la Marque' ainsi qu'un autre message : 'Sers-t-en pour changer les choses.' C'était la veille du suicide de Lucius. Après les funérailles, Draco avait mis son cadeau dans un coffre-fort et n'avait plus jamais ouvert la boîte. Il n'avait plus non plus fêté un seul de ses anniversaires depuis cette année-là. C'était même devenu un sujet tabou dans son entourage proche. Ses meilleurs amis, sa mère et Harry savaient qu'il était de mauvaise humeur à cette période de l'année.

« C'est con, j'avais le cadeau parfait pour toi, cette année. T'es sûr de ne pas vouloir changer d'avis d'ici demain ? »

Draco voulait fusiller Blaise du regard, mais son œil le faisait souffrir. Il lui pria de se dépêcher de lui appliquer du dictame et de se taire. Il avait besoin de se concentrer pour se remémorer la conversation dans le bureau de Robards.

« Très bien, mais pouvez-vous m'expliquer pourquoi c'est votre signature magique qui a été enregistrée en dernier pour ouvrir la cellule de la victime, Stephen Lewis ? »

Silence.

Draco ne savait pas.

« Quelqu'un a peut-être volé ma baguette et l'a replacée pendant que je me lavais ?

- Est-ce que quelqu'un a vu Draco entrer dans la cellule ?

- Non, mais…

- Donc vous avez une preuve supplémentaire qu'il dit la vérité, j'en suis sûr ! Il n'a aucun mobile en plus. Quel intérêt aurait-il pu avoir à le tuer ?

- Obtenir des aveux... Faire justice lui-même… Le Magenmagot aura ce genre d'arguments, ne me regarde pas comme ça, Harry. »

Kingsley avait soupiré et décidé de suspendre provisoirement Draco de ses fonctions, le temps d'éclaircir la situation.

Draco était parti, sans dire un mot de plus. Il avait frappé à la porte de Blaise parce qu'il ne voulait pas rentrer chez lui. Il avait besoin de réconfort. Blaise avait ouvert sa porte, mais il avait repoussé les avances de Draco parce qu'il savait que ce n'était pas la solution à son problème. Furieux, Draco avait voulu partir, mais Blaise l'avait retenu pour qu'ils discutent. Blaise avait préparé une concoction pour aider à soigner le visage mal-en-point de son meilleur ami, pendant que celui-ci lui racontait l'entretien avec Robards, le Ministre et Potter.

« Ton Murlap n'a pas l'air en forme, remarqua Draco, après dix minutes de silence.

- Hector a presque retrouvé son état normal. Ça sera bientôt le cas pour Potter également. D'ici lundi, je pense.»

Draco ne fit aucun commentaire. Il s'en fichait d'Harry Potter… Il le détestait. Ne plus travailler avec lui serait probablement une bonne chose.

Probablement.

Ooo FCRCSM ooO

21h07

« Tu sais Blaise, tu me fais penser à de la glace.

- Pourquoi ? Parce que tu veux me sentir fondre sous ta langue ?

- Non, parce que tu me donnes la migraine. (Draco avait renouvelé son stock de potions anti-maux de tête et augmenté le dosage. Sa dernière prise remontait à deux heures et il sentait qu'il devrait en prendre une autre très bientôt. Ses blessures au visage étaient quasiment estompées.) Tu peux me dire pourquoi tu m'as fait venir dans ce bar ? Si tu me dis que tu es nostalgique de la première fois où tu m'as fait venir dans les toilettes de ce bar, je n'hésiterai pas à te frapper.

- C'était ici ?... Quelle mémoire !... Avoue que c'était le bon vieux temps.

- Tu fais bien d'employer le passé car si tu penses réussir à m'avoir à nouveau, alors que t'as pas voulu cet après-midi, c'est raté.

- Oui, oui. Change de disque, veux-tu : celui-ci est un peu rayé. De toute façon, j'ai d'autres plans en tête. »

Il marqua une pause, certainement pour un effet dramatique à la con, puis révéla :

« Potter et toi. »

Nouveau silence. Draco, impassible, cligna des yeux, sans comprendre... ou il avait peur de comprendre le plan tordu et pervers de son soi-disant meilleur ami :

« Couche avec Potter, si tu veux, mais ça sera sans moi. Je me casse. »

Draco se leva. Il savait qu'il n'aurait pas dû venir ici. Il avait envie d'aller chez Harry. Pour lui mettre son poing dans la figure ou s'excuser, il n'était pas décidé.

« Je ne parlais pas d'un plan à trois, voyons !... »

Faire la paix, au moins, et le faire changer d'avis sur cette décision soudaine de changement de partenaires. Draco avait réfléchi et ce n'était définitivement pas une bonne idée de changer de coéquipier.

Passer ensuite la soirée avec lui, et ses amis, s'il le fallait vraiment. Même Weasley. Harry valait bien ce sacrifice.

« Cela dit, maintenant que tu m'as mis l'idée en tête… »

Mais il doutait qu'Harry l'accueille joyeusement. Draco n'avait pas envie de se battre à nouveau et à trois (voire plus si d'autres convives étaient présents) contre un.

« Je plaisante, reviens t'asseoir.»

Draco ne savait vraiment pas pourquoi il lui obéissait – « Lâche ! » lui cria sa conscience - et retourna s'asseoir. Il but le reste de son eau pétillante.

« Tu as toujours regretté de ne pas avoir tenté ta chance quand vous étiez à Poudlard, Potter et toi. C'est peut-être l'occasion rêvée, non ?

- Faut vraiment que j'arrête de te parler, Blaise.

- Dans ce cas, parle-lui. Potter, on est là ! »

OooooO

Draco était abasourdi. Potter était là. Dans une tenue complètement inappropriée pour passer une soirée entre potes devant la télé, afin de voir un match de cricket, nota-t-il.

D'ailleurs qu'est-ce qu'il faisait là alors que ses amis devaient être chez lui ?

Harry était devant leur table. Il avait l'air aussi perdu que Draco qui tentait de ne pas déshabiller Harry du regard. En vain. Harry semblait sortir d'un magazine de mode. Draco pouvait sentir son eau de Cologne. Ça lui donnait une furieuse envie de se mettre à genoux pour s'excuser de son comportement et faire tout ce que voudrait Harry si ça l'aidait à regagner sa confiance et le reprendre comme coéquipier.

Il reprit contact avec la réalité grâce à un coup de coude pas si discret de Blaise. Harry lui parlait. Il s'adressait à Draco :

« Je ne comprends pas. Tu disais dans ta lettre qu'on serait seuls pour parler. Qu'est-ce que Zabini fait là ?»

Quelle lettre ? De quoi est-ce qu'il parlait ? Draco se demandait s'il ne devenait pas réellement fou ou amnésique, car il était certain de n'avoir jamais écrit la moindre lettre à Harry au cours des douze dernières heures, quand Blaise expliqua :

« Tout doux, Potter. Rentre tes griffes de lionceau à peine pubère et écoute : J'ai envoyé le message, en imitant la signature de Draco.»

Les deux partenaires s'offusquèrent dans un parfait synchronisme :

« Quoi ?! »

« Potter, va donc te chercher un truc à boire et après vous discuterez, tous les deux.

- Je me tire d'ici.

- Je n'ai rien à lui dire !

- Pourquoi t'es venu dans ce cas ? » demanda Zabini en empêchant Draco de glisser hors de la banquette pour s'enfuir.

Silence.

Dégageant son bras de l'emprise de Blaise, Draco fixa Harry, avide de connaître sa réponse.

« Je reviens » indiqua le brun au bout de trente longues secondes, en se dirigeant vers le bar. Blaise tapota l'épaule de Draco et avec bonne humeur lui dit : « Joyeux pré-anniversaire, Draco. »

Zabini se leva et ordonna à Draco de ne surtout pas bouger. Draco en était incapable. Blaise devait avoir mis quelque chose dans la boisson qu'il lui avait offerte en arrivant ou il lui avait jeté un sort de paralysie. Il vit Blaise s'avancer à son tour vers le bar et se demanda s'il était judicieux d'écouter son imbécile d'ami, en phase avec son imbécile de cœur.

OooooO

« Tes papiers.

- J'ai trente-et-un ans, j'ai le droit de boire de l'alcool !

- Tes pa-piers.

- D'accord, je fais plus jeune que mon âge, mais je suis majeur.

- Tes papiers, sinon tu dégages.

- Vous savez à qui vous parlez ? »

Harry se pencha sur le comptoir du bar pour annoncer, discrètement :

« Je suis Harry Potter.

- Écoute fiston, t'es pas le premier à me faire le coup de "je suis Harry Potter" pour avoir un verre gratuit. T'es bien trop jeune pour être le Survivant. »

Le barman le délaissa pour s'occuper d'un autre client qui lui réclama la carte des cocktails. Boudeur, Harry s'assit sur un tabouret.

« Un problème, Harry ?

- Zabini, dit-lui qui je suis et quel âge j'ai, s'il te plaît.

- Ah, parce que maintenant tu as besoin de mon aide, tu acceptes enfin de me parler, hm ?

- Laisse tomber.

- Qu'est-ce que tu veux boire ?

- Une bièraubeurre.

- Ah, Potter, tu me déçois. Ce n'est pas parce que t'as le look d'un ado qu'il faut que tu boives comme tel. Mettez-moi un gin-tonic et un… »

Blaise feuilleta la liste des bièraubeurres, puis dit, avec un rictus moqueur : « Un Feu-de-Dragon pour mon… petit frère.»

Le barman le regarda d'une manière torve. Il accepta néanmoins de le servir quand Blaise précisa, sur le ton de l'évidence : « Demi-frère » et déposa un gros billet sur le comptoir.

OooooO

Draco n'aimait pas ce qu'il voyait. Blaise et Harry discutaient au bar depuis dix minutes. Il y avait eu une certaine tension, qui disparut au fil des minutes, quand le barman avait déposé leurs boissons sur le comptoir et qu'ils trinquèrent. Au bout des dix minutes, Harry interpella le barman pour une autre commande.

Draco devait être victime d'hallucinations. Il se frotta les yeux et quand il les rouvrit, Potter et Zabini avaient disparu. Draco les chercha des yeux dans la foule et fut surpris quand un serveur baraqué qui tenait Harry, excédé, par le bras, tonna :

« Vous pouvez dire à votre fils d'arrêter d'importuner mon collègue pendant qu'il travaille ?

- Est-ce que j'ai une tête à ressembler à son père, non mais franchement ?!» s'insurgea Draco.

Le serveur l'ignora et s'en alla. Harry était assis à ses côtés, baissant la tête. Penaud… Du moins, c'est ce qu'il crut. Il avisa le sourire du Balafré, qui éclata de rire quand Draco s'offusqua :

« T'as dit que j'étais ton père ?! C'est quoi ton problème, Potter ? »

Harry secoua la tête et avoua entre deux spasmes de rire :

« Pas moi… Blaise… (Blaise ? Il l'appelle Blaise maintenant ?!)

- Haha, tu aurais dû voir ta tête, Draco » intervint Blaise en déposant une chope de bièraubeurre devant Harry, qui tentait de retrouver son calme, et un autre verre d'eau pétillante à Draco. Ce dernier repoussa le verre et dit :

« Je crois que je préférais nettement quand vous vous détestiez.

- Oh, tu entends ça, Harry : Draco est jaloux de ne plus être ton meilleur ex-ennemi numéro un. Ne t'inquiète pas, Draco, je n'ai pas l'intention de te le piquer. Il est tout à toi. D'ailleurs, si vous voulez bien m'excuser, je vais aller faire la connaissance de ce charmant inconnu qui se trémousse sur la piste. Avec un peu de chance, il voudra voir mon Boursouf. Passez une bonne soirée, les amou... amis. Soyez pas trop sages. »

OooooO

Draco fixait ses mains. Il ne savait pas quoi dire. C'est Harry qui parla en premier :

« Je suis désolé de mon comportement de cet après-midi. J'ai manqué de tact, j'aurais dû te prévenir de ma décision, avant d'en parler à Robards.

C'est juste que ça m'a fâché et blessé de vous voir comme ça à la salle de sport. Blaise et toi. J'aurais voulu que tu ne dénigres pas mon invitation pour lui, surtout après ce que tu as dit hier soir. Zabini m'a affirmé que votre relation est depuis longtemps seulement amicale.

- Après ce que j'ai dit hier soir ?

- Oui, tu sais, quand le Magicobus nous a déposés et que je t'ai accompagné jusqu'à ton appartement... À ta tête, j'en déduis que tu ne sais pas de quoi je parle.

- Non, en effet. J'avoue ne pas trop me rappeler comment je suis rentré chez moi, et encore moins après. Je n'ai rien fait d'embarrassant, j'espère ?

- Non, je te rassure ! C'était plutôt adorable en fait. Je... Tu ne te souviens pas du tout ?... Tu as dit...

- J'ai dit... ?

- Tu m'as dit de t'appeler par ton prénom.

- Ah. Bon, ça reste correct.

- Oui, tu es un vrai gentleman, Draco. » annonça Harry, avec un sourire en coin, en portant sa pinte à la bouche.

Draco plissa les yeux :

« Pourquoi ai-je l'impression qu'il y a autre chose ?»

Harry but une longue gorgée, qui laissa une fine moustache de mousse que le brun fit disparaître d'un coup de langue. Il avait le rouge qui pointait aux joues quand il répondit :

« Tu as aussi entrepris de me relooker, mais tu t'es endormi avant d'avoir fini. »

Draco était confus : relooker Harry, qu'est-ce que ça voulait dire au juste ? Il observa la tenue d'Harry et se demanda s'il y était du coup pour quelque chose. Il chassa cette pensée de la tête et demanda, plus grave :

« Tu veux vraiment changer de partenaire ? »

Harry le regarda, peiné et acquiesça. Draco sentit un poids dans son estomac.

« Je ne peux plus travailler avec toi, Draco. C'est trop difficile.

- Pourquoi ?

- Tu savais qu'il est interdit d'avoir une relation intime entre deux collègues ? »

Draco ne voyait pas le rapport…

« Je ne peux plus travailler avec toi, Draco, parce que je t'apprécie. Beaucoup. »

Oh.

Harry avait à nouveau le nez dans sa pinte de bièreaubeurre. Cette fois-ci, il resta une fine pellicule de mousse au coin de sa bouche. Draco aurait pu lui tendre une serviette en papier. Oui, il aurait pu. Pourtant, c'est avec l'aide de son pouce qu'il nettoya le visage si innocent de Potter. Jeune et plein de vie. Il rayonnait et dans ses yeux brillait une lueur dans laquelle Draco se perdit un instant, si bien qu'il en oublia ses inquiétudes liées à ses actions de la veille. Détournant le regard, il essuya son doigt sur la serviette de table.

« Je t'apprécie aussi, Harry. »

« Tu veux danser ? » proposa Harry.

Draco leva les yeux et fut captivé par le regard émeraude qui le fixait.

C'était tentant de demander : « Tu sais danser ? » Mais cela aurait détruit l'alchimie du moment.

Pour toute réponse, Draco saisit la main d'Harry et l'entraîna sur la piste.

OooooO

Draco était agréablement surpris : Harry se débrouillait plutôt bien en danse. Bon, fallait pas non plus avoir fait le Conservatoire de Danse et Dramaturgie de Londres (ou une autre école prestigieuse du même gabarit) pour bien danser sur le genre de musique entrainante qui passait dans le bar. Il suffisait de bouger un peu les pieds de gauche à droite, balancer ses hanches, secouer légèrement la tête et mouvoir ses bras. Harry n'était pas complètement raccord avec le tempo de la musique. Mais bon, il semblait suffisamment détendu pour ne pas s'en soucier.

Par contre, Draco n'aimait pas ces mecs qui envahissaient l'espace vital d'Harry et le frôlaient d'un peu trop près et trop souvent pour que ça soit de simples accidents. Ce dernier ne semblait même pas s'en rendre compte, tant il était pris à présent par la musique. Aussi, Draco se rapprocha de son ex-partenaire qui leva un peu la tête et lui sourit. Quelqu'un bouscula par mégarde Harry qui trébucha en avant et se cogna contre le torse de Draco. Par réflexe, Draco le rattrapa en lui tenant les bras, au niveau des épaules.

Le temps sembla se suspendre un court instant. Les cheveux de Potter chatouillaient son visage. Ses mains effleuraient son buste et l'une d'elles vint se poser sur sa hanche et l'agrippa. Son souffle caressait son cou. Un pied vint buter contre sa chaussure. Ses yeux s'ancrèrent aux siens et Draco perdit l'once de raison qu'il lui restait.

Il glissa une main derrière la nuque du brun, l'autre s'était aventurée dans son dos, et se pencha pour capturer les lèvres d'Harry qui répondit aussitôt à son baiser.

Une autre danse commença alors. Plus sensuelle. Enivrante. Envoûtante. Addictive. Excitante. Plus du tout en phase avec le rythme de la musique. En totale adéquation avec le corps de l'autre. Ils se mouvaient l'un contre l'autre et plus rien n'avait d'importance.

Une minute plus tard ou peut-être dix, Draco ne savait pas, Harry se recula légèrement pour dire :

« Emmène-moi chez toi, maintenant. »

Ooo FCRCSM ooO

Draco avait un peu de mal à défaire les derniers boutons de sa chemise et il fit tomber sa baguette. Il tentait de ne rien laisser paraître de son trouble, mais la nervosité le rendait maladroit. Potter, quoiqu'il dût songer à l'appeler Harry, (après tout, ce dernier était allongé sur le dos, nu, sur son lit) lui souriait avec tendresse et une pointe de malice.

« Arrête de te moquer, Harry.» ordonna Draco qui avait ôté son pantalon et ses chaussettes et les ramassait pour les poser sur une chaise.

« Ça n'est pas le cas. Je te trouve adorable en fait.»

Encore ce mot : adorable. Draco préférait être qualifié de charmant... ou sexy. Il ne faisait pas confiance à sa voix pour le moment pour en informer Harry. Celui-ci devait avoir perçu son agacement quant au choix de son vocabulaire, ça ou alors il pouvait lire dans ses pensées, car il dit :

« Pardon, j'oubliais ce que tu m'as dit l'autre soir : tu es charmant. »

Harry passa une main derrière la tête, ses doigts emmêlés dans sa chevelure noire, tandis que son autre main caressait son ventre, évitant soigneusement d'aller plus bas. Sa jambe gauche était pliée, son pied sur le matelas, ses cuisses légèrement écartées. Il était l'image même de la débauche.

« Hm, tu vas l'enlever bientôt ce caleçon ou tu comptes me faire languir toute la nuit ?...»

Son dernier vêtement à terre, qu'il poussa avec son pied vers la chaise, Draco rejoignit Harry qui l'accueillit au-dessus de lui, à bras ouverts, avec un soupir de contentement. Draco l'embrassa avec fougue : sa langue plongeant dans la bouche entrouverte d'Harry pour aller à la rencontre de sa consœur. Le contact de leurs corps nus lui procura une douce chaleur et une sensation incroyable de plaisir. Il avait désiré longtemps ce moment et voilà qu'il se concrétisait enfin. Il détacha brièvement ses lèvres, le temps de dire :

« Je compte surtout te faire l'amour toute la nuit, Harry.»

Pour toute réponse, Harry grogna de plaisir et resserra leur étreinte en passant ses jambes autour de la taille de Draco. Il captura ses lèvres et Draco ferma les yeux, savourant chaque instant et chaque sensation grisante qu'il éprouvait en compagnie de l'homme qu'il… aimait.

Ooo FCRCSM ooO

« Draco, réveille-toi. »

Hmm, Draco ne voulait pas se réveiller car il faisait un superbe rêve dans lequel Harry et lui s'étreignaient passionnément… Une minute. Ça n'était pas un rêve. D'ailleurs, c'était Harry, appuyé contre son dos, qui lui bisoutait le cou et lui demandait de se réveiller. Mince, il espérait qu'il ne s'était pas honteusement endormi sans prévenir.

« Quelle heure est-il ?» demanda-t-il la bouche un peu sèche, en se retournant, pour passer un bras autour de la taille d'Harry. Les yeux mi-clos, qu'il avait du mal à garder ouverts, il réajusta le drap et se serra contre le corps chaud d'Harry, prêt à se rendormir.

« Quatre heures vingt du matin. On a dormi deux heures. (L'emploi du "on" rassura Draco.) Je me suis levé pour aller aux toilettes. Je ne voulais pas te réveiller, mais il y a quelque chose qu'il faut que tu voies. Tu peux ouvrir tes jolis yeux, pour moi, s'il te plaît ? »

Draco soupira de bien-être (Harry caressait ses cheveux, sa joue, et de nouveau ses cheveux) et souriant, il ouvrit les yeux. Harry l'observait. Il souriait lui aussi, dans l'expectative. Draco écarquilla les yeux de surprise et se redressa sur un coude. Il venait de comprendre. Harry avait retrouvé son état normal. Il avait à nouveau le même âge que Draco. C'était idiot à dire, mais ce visage lui avait manqué.

Draco posa une main sur la joue du Gryffondor qui piquait un peu (Il lui faudrait se raser au petit matin) et l'attira pour l'embrasser tendrement. Il se recula et du bout des doigts, il traça le contour du bas de son visage. (Ou il pouvait le laisser se pousser la barbe ?) Puis son cou. Il effleura ses lèvres avec son pouce. Harry ouvrit très légèrement la bouche. Il embrassa son doigt puis saisit la main de Draco, sa bouche descendant sur la partie charnue de son pouce. Il fixait Draco droit dans les yeux. Draco laissa échapper un gémissement quand la langue mutine d'Harry entra en contact avec sa peau, puis lécha le creux de sa paume à plusieurs reprises. Son pouls s'accéléra. Il avait chaud. Draco était complètement réveillé, à présent, tout comme son désir. Harry guida la main humide le long de son torse, plus imposant que la veille, son ventre qui se contracta et enfin sous le drap… à la rencontre de son sexe tendu, chaud, soyeux, qui durcissait sous ses caresses appuyées.

Un bruit sourd contre la vitre les fit sursauter et stopper tout mouvement. Avec agacement, Draco reconnut le hibou de Blaise. Le timing était plus que mal choisi pour envoyer du courrier. Il l'ignora et demanda à Harry d'en faire de même. Draco reprit possession des lèvres de Harry. Ce dernier profita de l'interruption pour saisir Draco par le poignet et changer de position. Harry était à présent à califourchon sur Draco et il avait les deux mains dans les cheveux de Draco. Ils s'embrassèrent avec fougue.

Le volatile tapa du bec avec insistance.

La bouche d'Harry s'aventura dans le cou de Draco. Ses mains exploraient son corps, s'attardant sur son torse, ses côtes et tous les points sensibles découverts la veille.

Tap, tap, tap

Harry se redressa et posa ses mains à plat sur le ventre de Draco.

« Il finira bien par partir… » déclara Draco qui caressait le dos de son amant et le retenait pour qu'il n'ait surtout pas l'idée stupide de se lever pour ouvrir la fenêtre.

« C'est peut-être ohh… important… » dit Harry alors qu'il guidait le sexe de Draco entre ses cuisses pour le faire doucement pénétrer à l'intérieur de lui.

Tap, tap, tap

« Mhm, toi et moi… ça c'est important. »

Harry se pencha en avant, avec un sourire, et l'embrassa brièvement.

Ses mains encadraient le visage de Draco et vinrent se perdre dans sa chevelure. Perdu dans le regard émeraude si intense, Draco se mordit la lèvre, de peur de laisser échapper les mots qui exprimaient ce qu'il ressentait envers l'homme au-dessus de lui.

Tap, tap, tap

Les mains de Draco agrippaient les hanches d'Harry et quand ce dernier se mit en mouvement, ils oublièrent complètement le hibou.

Rien d'autre n'avait d'importance.

A suivre…