Fraternité multiple

Auteur: Fontlove

Disclaimer: Ce merveilleux jeu appartient à TobyFox, Underfell à la personne qui l'a créé

Genre: Tranche de vie, Multiverse, Humour, un peu de drame, Amour fraternel ET romantique (inceste), UA, mi chemin entre l'histoire et le drabble

Univers Alternatifs impliqués: Undertale et Underfell

Personnages: Papyrus, Sans, UF!Papyrus, UF!Sans

Rating: T pour ce chapitre car évocations, et ça risque fortement d'évoluer en M.

Note de l'autrice: Ca fait un petit moment que j'ai pas mis cette fic à jour, je bosse sur la deuxième (Woth It) parce qu'elle est beaucoup plus recherchée. Sinon je remercie Quelqu'un de m'avoir laissé une review, ça m'a vraiment fait plaisir. Comme c'était anonyme, je te remercie ici du coup et j'espère que cette suite te plaira comme à tous le monde!

Bonne lecture à tous!


"T'as tout vu, pas vrai?"

Sans ne s'étonnait même pas que son double l'ait cramé, ni même qu'il lui balance ça sur le tapis dès son arrivée au poste de garde. Après l'échange qu'ils avaient eu la veille, c'était inutile d'essayer même de faire semblant. Et maintenant qu'il était au courant, pourquoi s'obstiner à porter les masques? Red n'était pas vraiment du genre à vouloir garder la face à tout prix. Ce genre d'orgueil à maintenir était une perte de temps et d'énergie selon lui. C'est d'ailleurs bien pour ça qu'il se fichait que tout le monde dans son propre univers soit au courant pour lui et son frère.

Ou bien était-ce juste parce qu'il se fichait de tout ça que tout le monde était au courant? Il ne savait pas trop. Il avait juste décidé que puisqu'il ne pouvait plus le cacher longtemps, autant l'assumer.

"Tu me dégoûtes."

Fut la seule réponse du squelette bleu qui avait fermé une orbite en regardant en coin son double, comme si le simple fait de lui accorder cela était déjà trop d'honneur. Il n'arrivait pas à croire que non seulement le squelette en noir ne se sentait pas honteux d'avoir été surpris en plein acte immoral, et en public, mais qu'en plus il semblait l'assumer, ou en tout cas faire comme si ce n'était pas grand-chose. À quel point son autre lui s'était enfoncé dans l'apathie et la décadence pour même ne plus rien avoir à faire du fait que littéralement, il avait une relation malsaine Papyrus!

"Ouai ouai, vous avez l'air bien puritains et donneurs de leçon de ton côté." Fit nonchalant Red avec un ton narquois. "Je pensais que tu serais pourtant un peu plus intelligent que ton frère."

"Ce n'est pas une question d'intelligence." Siffla Sans. "C'est une question de morale. Vous êtes..."

"Frères ouai. Et ça ne l'empêche pas de me baiser dès qu'il en a envie. C'est-à-dire quand il est en chaleur."

Les orbites de Sans devinrent vides. Il avait l'impression que c'était souvent le cas depuis qu'il avait rencontré cet autre univers, à force de passer de mauvaise surprise en mauvaise surprise. Malgré tout, il avait beau être relativement choqué, il n'avait pas envie de faire plaisir à son doublon en le montrant explicitement, vu que ce dernier aimait visiblement créer des remous et bousculer ses opinions. Non, il ne lui donnerait pas cette satisfaction, même si ça voulait dire prendre sur lui et subir ses paroles.

"Je ne peux même pas m'imaginer comment vous en êtes arrivés là. Comment il en est arrivé là et comment... Comment tu as pu laisser faire ça!?"

"Je te dirais bien qu'au début je voulais pas et que j'ai essayé de résister, de l'arrêter... Mais ce serait un mensonge."

Et il osait dire ça le plus tranquillement du monde. Il fallut à Sans toute la volonté dont il était capable pour ne pas le projeter en arrière et l'empaler sur ses os. Mais il se doutait que ça ne servirait à rien. Son double avait beau être encore plus feignant que lui (au point d'avoir une silhouette plus grasse), il avait sans doute les mêmes facultés que lui à esquiver et se téléporter. Surtout, la fureur sourde qu'il ressentait avait un arrière-goût extrêmement amer sur lequel il n'arrivait pas à mettre le doigt.

Red Ricanna en voyant sa lutte intérieure.

"Ça vous va bien de nous juger, hein. Vous qui vivez dans un monde paix et je dirais même prospère. Tout le monde est gentil avec tout le monde, personne ne crève de faim, il n'y a pas de lutte de territoire, les faibles et les petits sont protégés par les plus forts et votre roi est si généreux!"

Il cracha littéralement ces derniers mots comme du poison. Son discours laissait clairement sous-entendre que ce n'était pas le cas dans son monde, et Sans n'était pas idiot au point de ne pas l'avoir remarqué plus tôt. Il se doutait, vu le comportement de son alter ego et de son frère, vu leur niveau de violence et les rares indices qu'ils laissaient que leur monde était loin d'être aussi rose que le leur. Le squelette en bleu n'était bien conscient que sans être le paradis, leur Underground était un monde relativement agréable à vivre.

"Cela n'excuse en rien!" Rétorqua-t-il, inflexible.

"Oh mais personne ne demande de l'excuser." Répondit Red sur le ton de l'évidence. "D'ailleurs, personne n'excuse personne chez nous, parce que personne n'est excusable. Tu crois peut-être que Boss est le plus immoral, mais on en parle de la vieille folle de l'autre côté de la porte qui a bouffé les humains qui n'ont pas réussi à passer les Ruines? On en parle de la capitaine de la garde royale qui fait régner la terreur et la tyrannie au profit du roi et s'en fout complètement de protéger les habitants, laissant cette tâche aux bons soins de mon frère? On en parle de cette scientifique dégénérée qui a fait toutes ses expériences foireuses sur des monstres qui n'ont rien demandé, gracieusement fournis par le roi, et qui aux dernières nouvelles a même transformé un fantôme en armes de guerre en le piégeant dans un corps de robot contre son gré? On en parle du roi justement, qui nous garde tous enfermés dans l'underground pour son bon plaisir, utilise la garde royale pour noyer toute tentative de soulèvement et refuse de nous libérer parce que ça l'amuse de nous voir souffrir?"

Sans écouta Red lui décrire des individus qu'il connaissait plus ou moins sous un angle absolument horrible. S'il avait pu devenir plus blanc qu'il ne l'était, il aurait sûrement été transparent. Il soupçonnait ce monde parallèle comme plus violent que le sien, mais certainement pas aussi terrible. La vieille dame si gentille qui voulait juste protéger un humain, la garde royale un peu agressive mais avec un sens de la justice inflexible, la scientifique royale qui n'était qu'une geek ratée mais attachante, le roi qui faisait passer le bien de son peuple avant sa propre famille...

"Alors franchement, entre tout ça..." Continua le squelette en noir. "Tu crois qu'un squelette qui abuse de son propre frère, ça leur fait grand-chose? De toute façon, le sexe est devenu une activité comme une autre, que tu le veuilles ou pas d'ailleurs. Et t'as pas intérêt à venir te plaindre. De toute façon, y a personne à qui te plaindre."

C'était donc ça. Même si Red voulait que ça cesse, tout le monde s'en fichait et personne ne l'aiderait. Si cela aurait pu être un argument pour le dédouaner, ce dernier reprit alors rapidement pour éviter tout quiproquo;

"Et épargne moi tes crises de pitié ou je ne sais quoi. Moi ça m'arrange bien, surtout pour effacer mon ardoise chez Grillby."

Est-ce que son double venait d'avouer qu'il se prostituait en plus à côté de ça?

"Ne fais pas cet air choqué, mec. Qu'est-ce que ça change de toute façon, maintenant que t'es au courant? Tu peux rien y faire et je veux pas de ta sympathie. Tu veux que je te dise un autre secret qui me concerne moi et mon frère?"

Non, il ne voulait pas. Parce qu'il sentait que ce serait quelque chose qui allait finir de briser son intégrité par rapport à son double et à Papyrus. C'était une image de lui-même qu'il avait en face, une image différente, mais cela concernait quand même son identité. Apprendre qu'il avait ce genre de relation avec Papyrus avait déjà bouleversé quelque chose, il ne voulait pas achever ça.

Red n'en tint pas compte, et s'approcha pour lui susurrer;

"Mon frère est un sadique. Son trip, c'est la torture, physique et psychologique. Il adore ça en plus des pièges. Du coup, il teste régulièrement différents moyens de faire mal le plus sournoisement, et tu sais qui est son cobaye préféré?"

Lorsque les yeux blancs de Sans rencontrèrent ceux rouges de son miroir, il put y lire une sorte de délectation.

"Ouai, c'est moi. Cet enfoiré me torture, tous les jours, il me fait mal et m'humilie. Je parie que tu l'avais remarquée, hein."

Il fit teinter le collier de chien en cuir noir avec des pic, reliés à une chaine qui pendait autour de son cou. Bien sûr qu'il l'avait remarqué, mais il avait fait comme s'il n'existait pas, pour ne pas se poser de questions qui le mèneraient sur une pente dangereuse. Pente qu'il était actuellement en train de dévaler sans possibilités de s'arrêter parce que son double l'y avait poussé de force.

"Il m'a offert ça à mon dernier anniversaire. Une gentille attention de sa part pour me rappeler que je suis juste son chien. "

Sans avait envie de vomir. Il n'aurait pas imaginé un jour que son propre frère, même dans un monde aussi malsain, puisse tomber aussi bas. Au point de traiter son propre frère, son grand frère, de la sorte et lui nier toute intégrité. Comment Red pouvait-il même supporter cela? Comment pouvait-il se supporter lui-même? Pouvait-il encore se regarder dans le miroir sans avoir honte? Avait-il encore un soupçon de dignité?

"Ne sois pas si dépité, mon pote." Nargua-t-il. "C'est si jouissif de lui donner l'impression qu'il a le contrôle. Ça m'arrange qu'il se défoule sur moi, je peux en profiter pour exploiter tous mes vices en lui donnant insidieusement les idées de ses punitions."

Toute empathie qu'il aurait pu ressentir venait de disparaître en un éclair lorsque Red avoua plus ou moins explicitement qu'il se complaisait dans cette situation et qu'il l'avait même provoquée. Est-ce que cela voulait dire qu'il était aussi responsable de cette relation malsaine avec son propre frère? Cela semblait logique. Ce Papyrus était cruel et violent, mais... mais quelque part, il n'arrivait pas à imaginer que ce soit lui qui ait initié tout ça, tout seul. Il se connaissait bien lui-même, il n'aurait jamais laissé les choses aller aussi loin. N'est-ce pas?

"Tu sais, c'est tellement bon de le sentir exploiter le moindre de mes os, ça me donne la sensation qu'il est à moi et que jamais il ne pourra disparaître."

"Ferme la"

"Oh allez, tu sais bien de quoi je veux parler."Siffla Red, son sourire étiré dangereusement. "On sait tous les deux qu'il y a des choses qui ne changent pas. Le fait de vouloir garder Papyrus pour nous, et rien que pour nous en fait partie. Tu connais ce sentiment hein. Il représente tout pour moi, je suis prêt à tout sacrifier pour lui et c'est de bonne grâce que je le laisserais me prendre dans tous les sens."

"Je t'ai dit de la fermer."

"T'es en colère, hein? Mais pas uniquement parce que t'es outré. Non, ce n'est pas ton genre de l'être, même dans un monde de naïf. Ouai, je le vois bien... En fait, t'es jaloux."

Les tremblements de Sans s'arrêtèrent d'un coup et il regarda son double avec des orbites vides. Il avait l'impression qu'on venait d'arracher son âme de son corps pour la mettre à nu, sans défenses, et la transpercer de mille aiguilles. Cette réaction ne satisfait qu'encore plus le Sans en noir qui émit alors un rire vainqueur qui se transforma petit à petit en rire fou. Il réussit au bout d'un moment à se calmer alors que son alter ego n'arrivait pas à trouver quoi répliquer, confirmant ses dires. Autant continuer alors;

"Y'a des choses qui ne changent pas, hein. Mais si tu le veux vraiment, pourquoi tu ne lui sautes pas dessus tout simplement. Il a l'air tellement à l'ouest que ce serait tellement facile de le chopper avant même qu'il comprenne ce qui lui arr..."

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'il se retrouve expulsé en arrière au sol par la magie bleue de son double. Tellement prévisible. Il n'avait même pas utilisé d'os parce qu'il savait qu'il ne pouvait pas supporter un seul dommage. Si mignon de sa part, vouloir préserver sa vie alors même qu'une fureur brûlait dans son oeil illuminé de bleu et de jaune. Patience et justice. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait plus ces traits-là. Seule la haine persistait, sous la couleur carmin, au sein de ses iris.

Son miroir s'était avancé jusqu'à l'intérieur de son monde juste pour le saisir par le col de son t-shirt noir et le soulever d'une main, l'autre tenant un os bleu.

"Je te promets que si tu sous-entends encore une seule fois quelque chose sur mon frère, je vais vraiment te faire mordre la poussière!"

"Héhé, j'ai touché un point sensible on dirait. C'est si mignon ~ Tu veux préserver son innocence? Ça se voit à des kilomètres qu'il ne serait pas aussi naïf si t'étais pas là pour l'isoler. Mais au fond, peut-être que celui contre qui tu devrais le plus le protéger, c'est toi-même hein?"

"Tu tiens vraiment à crever!"

"Tu sais que j'ai raison, sinon tu me l'aurais déjà enfoncé." Ricana Red sans se démonter alors même que son crâne suait. "Admets-le. Tu veux baiser ton propre frère, comme moi."

Red sentit l'os traverser son corps entier sans lui causer le moindre dommage, et pour cause, il s'était figé face à la couleur azure du projectile. Ne pas bouger pour ne pas être blessé. Il savait que ce n'était pas une négligence de ce crétin drogué au ketchup. Il ne pouvait simplement pas le faire, quand bien même il était consommé par la colère et mis en face de ses propres péchés. Rien ne pouvait plus faire jubiler le squelette en noir que de le voir ainsi au pied du mur. Enfin, il fissurait le masque de cet hypocrite qui se donnait des bons airs.

Il n'aut cependant pas le temps de savourer sa victoire plus longtemps qu'il fut projeté de nouveau avec une certaine violence contre un arbre.

Au loin, la silhouette de son autre lui le toisa d'un oeil enflammé, comme s'il hésitait à invoquer un Gaster Blaster. Finalement, il déclara:

"Je ne veux plus te revoir. Cette foutue barrière n'a pas besoin de deux sentinelles, alors débrouille toi comme tu veux, mais tu as intérêt à n'être présent qu'un jour sur deux. Sinon je te vire moi-même d'ici."

Sur ces paroles, il retourna dans son propre monde et se téléporta loin d'ici, laissant Red victorieux mais dépité d'une telle réaction. Au bout d'un moment, il finit par se relever de la neige et prit sa place à son poste comme si de rien n'était. Il s'y était attendu, bien sûr, mais quand même...

"S'il croit que m'éviter lui permettra d'ignorer ce qui s'est passé. C'est trop tard maintenant, mon pote. Je me demande juste combien de temps il va tenir avant de craquer..."

Si ça prenait trop longtemps, il se ferait une joie d'intervenir, parce que après tout, ce petit jeu avait commencé dès lors qu'il avait découvert sa relation avec son Boss.

Il n'y avait plus de point de retours depuis un bon moment déjà.