texte by Keinami
traduction by invi-chan
Chapitre 6 : sleepover !
La dernière chose que Kazuki pensait voir quand il rentra dans la pièce principale de son appartement... n'était probablement pas un Ginji enlacé par Ban, les larmes encore dans les yeux. Il admettait avoir vu des choses plus surprenantes dans sa vie (il aurait souhaité avoir un appareil photo alors qu'il s'était approché d'Emishi qui regardait Titanic en pleurant comme une petite fille). Cependant, cela ne diminuait en rien son ébahissement. Il supposa qu'il n'était probablement pas très poli de rester là avec la bouche ouverte comme il le faisait, mais il ne pouvait simplement pas s'en empêcher.
Il n'avait jamais vu Ban si... doux. Il y avait toujours un petit côté rude, comme tout ce qui venait de Ban, mais Kazuki savait qu'il essayait. La position protectrice de ses bras autour de Ginji, la façon dont il lui chuchotait quelque chose à l'oreille que Kazuki ne pouvait comprendre...
« Il semble que vous deux n'ayiez pas besoin d'aide après tout, » nota Kazuki, un reflet diabolique dans les yeux. Ban et Ginji se détachèrent d'un bond. Jubei semblait assez confus.
« Hey ! Ca n'a rien à voir ! »protesta Ban, mais la petite rougeur sur ses joues le contredisaient facilement.
« Voudrais-tu expliquer ce que c'était ? »demanda Kazuki, en s'asseyant sur l'accoudoir d'un fauteuil à côté du siège qu'occupaient à l'instant Ginji et Ban. Jubei s'assit dans le fauteuil.
« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Jubei, un air toujours autant étonné.
« Ginji avait quelque chose dans l'oeil, et je l'aidais à le faire partir, » dit Ban en même temps que Kazuki expliquait « Ils ont eu une « accolade » »
« Pas du tout ! » hurla Ban.
« Tu vas nous aider, Kazu-chan ? » interrompit Ginji, paraissant soudainement moins larmoyant.
« Vous n'avez pas besoin d'aide, dit fermement Kazuki en continuant rapidement avant qu'un Ban aux airs en colère ne puisse protester, vous savez ce qu'est une romance. Vous l'avez tous les deux vécu avant. Ce n'est pas tellement différent. Faites ce qui vient naturellement. »
« Mais ce n'est pas naturel- » statua Ban avant de se corriger en ayant reçu un regard mauvais de la part de Kazuki (qui était tombé sur les cuisses de Jubei quand ce dernier l'avait attrapé par le bras pour l'empêcher de sauter sur Ban) « pour nous. »
« Vous pourrez vous surprendre, »dit Jubei, et tout le monde sut que la conversation était finie. Le groupe resta assis en silence pendant quelques minutes.
« Nous devrions probablement retourner à la voiture, il va faire nuit, » déclara Ban d'un air légèrement gêné.
« C'est un rude hiver, vous pouvez rester cette nuit. Nous avons une chambre d'invité, » proposa Kazuki. Ban ouvrit la bouche pour protester (il commençait à se sentir très bizarre), quand Kazuki dit « Je vais faire des pâtes pour diner. »
« Kazu-chan ! » s'écria Ginji en sautant sur Kazuki dans sa forme déformée. Il sauta sur les cuisses de Kazuki, faisant grimacer Jubei de surprise. Kazuki se leva, en tenant toujours un Ginji miniature entre ses mains contre sa poitrine.
« Je crois que c'est le tien, » dit-il en le tendant à Ban.
« Uh, merci, » répondit Ban sourdement en posant Ginji par terre. Ginji courut un peu avant de reprendre sa taille normale et sa place sur le canapé à côté de Ban.
« Jubei, peux-tu leur montrer le placard à couvertures pendant que je prépare le diner ? » demanda Kazuki de la cuisine (qui était séparé de la pièce principale par un comptoir).
« Okay, » répliqua Jubei. Il emmena les deux dans un petit corridor avec quatre portes (deux chambres, une salle de bain et le placard.) Il ouvrit une des portes et déposa dans les mains de Ginji des couvertures. Il les amena à une autre porte et l'ouvrit. « Voici la chambre d'invités. Nous n'avons pas retiré les draps depuis que Sakura est venu il y a quelques jours. »dit-il en nettoyant le lit. « La salle de bain est au bout du couloir. »
Jubei quitta la pièce avec les draps sales dans les bras. Ban se laissa tomber sur le lit ignorant temporairement les draps. Il pouvait encore entendre les bruits de pas de Jubei dans le couloir.
« Mince, ces murs sont fins. Ils ont intérêt à n'avoir prévu de ne rien faire ce soir, » dit Ban en sortant son briquet.
« On ne fume pas dans l'appartement », dit Jubei depuis l'autre chambre.
« Il y a des fils partout dans les pièces, »avertit Kazuki depuis la cuisine.
Ban soupira longuement, en rangeant avec mépris son briquet dans sa poche.
Jubei retrouva Kazuki dans la pièce juste après qu'il est déposé les draps dans le panier à linge. Il entendit le léger tintement des grelôts alors que Kazuki se tournait pour lui faire face. Il s'approcha de Kazuki par derrière, enveloppant ses bras autour de sa taille.
« Comment tu vas ? » chuchota-t-il dans l'oreille de Kazuki. Kazuki sentit un frisson familier (et agréable) courir le long de son dos. Il se tourna, passant ses bras autour de la nuque de Jubei et se mettant sur la pointe des pieds pour gratifier son amant d'un baiser.
« Je vais bien, »répondit-il aussi fermement qu'il pouvait. Jubei pouvait toujours dire quand les choses allaient pour lui, quelque soit combien il pensait les cacher. Et il se sentait bien. Il aimait faire des choses pour aider Ginji, bien que son inconscient lui dise que Ginji pouvait et devait s'occuper de lui tout seul.
« Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour que ça aille mieux que bien ? » demanda Jubei en pressant Kazuki encore plus contre ses hanches. Kazuki rit et se rapprocha. Leur nez se touchaient, et ils pouvait sentir leur respiration. Les joues de Jubei s'échauffèrent légèrement par anticipation.
« Pourrais-tu, commença Kazuki de sa voix la plus sensuelle, remuer le vermicelle pour moi ? C'est le brûleur devant sur la gauche. »
Ban entendit pouffer dans la cuisine et grogna.
« C'est deux là... »soupira-t-il. Il savait qu'il ne devait pas. Jubei et Kazuki pouvaient faire ce qu'ils voulaient et cela ne le concernait pas. Mais ici ? Il pouvait les entendre. Etre si près de ces deux-là, voir combien ils étaient heureux... Penser à cela faisait mal. Tout allait bien avant qu'il sache qu'ils étaient gay (le mot résonnait dans sa tête, plus lourd que le tonnerre).
Mais maintenant ? Il ne pouvait l'ignorer. Il ne se serait jamais laissé perturber par ça auparavant. Il était Ban Midou. Il était trop fort pour être gay. Sûr, il aimait un peu l'art et la musique, mais il ne zozotait pas. Il n'avait jamais eu l'idée d'appeler ses amis « petite amie », et il n'avait jamais voulu porter une robe. L'homosexualité n'avait jamais été réelle et présente pour lui.
Mais c'était Jubei et Kazuki. Et bien que Kazuki ressemblait presque exactement à une fille (« Il a des hanches pour porter un enfant ! » avait-il dit une fois à Ginji) il n'en était pas vraiment une. Les deux étaient forts et redoutables. Ils ne portaient pas de mini shorts avec un arc-en-ciel et n'avaient pas de petits poignets. Ils étaient... normaux. Savoir que des gens qui étaient aussi normaux et similaires que lui et Ginji pouvait l'effrayer. Cela lui faisait penser que ce ne serait pas si terrible si ce n'était pas qu'un jeu.
Il n'aimait pas être ici. Il y avait une étrange sensation dans l'air, et il détestait ça.
« C'était vraiment très gentil de leur part de nous laisser rester ici, » murmura Ginji directement depuis sa taie d'oreiller. Il était allongé comme ça depuis un moment, et Ban avait cru qu'il dormait.
« Ouais, » acquieça en grognant Ban.
« J'aime bien cet endroit. On peut dire qu'ils sont vraiment heureux, » dit Ginji, en tournant sa tête pour que Ban puisse l'entendre. Ban grogna en réponse. Ginji était sur le point de lui répondre quand il entendit qu'on tapait à la porte.
« Le diner est prêt! » appela Kazuki.
