Titre : Duo dans l'espoir.

Source : Gundam Wing AC

Auteur(e) : Lysanea

Genre : yaoi, romance, POV de Duo, flash back, hyper léger lime.

Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient !

Pairing : Heero/Duo (1x2x1) ; 3+4

Personnages : Heero Yui, Duo Maxwell, Trowa Barton, Quatre Raberba Winner, Wufei Chang.

Résumé : Heero ou 01 débarque alors que Wufei tente de rassurer Duo sur ce nouveau conflit qui s'amorce, réveillant son côté sombre, en le serrant tendrement dans ses bras… vive les retrouvailles...

Notes de l'auteure : merci pour votre soutien, vos mails et vos reviews ! Comme je l'ai dit individuellement, je ne sais vraiment pas encore si ça va être un 1x2 ou un 5x2, je laisse les persos évoluer au gré de mon inspiration jusqu'à décider qui des deux sera le plus à même de rendre Duo heureux. J'aime profondément Duo, je ne veux que son bonheur… Un mec tel que lui, ça se mérite, bordel !!! Oups, gomen... Je tenais aussi à préciser que j'ai repris un bout de mon premier os "Heero et moi" pour les besoins de l'histoire. Ce chapitre s'arrête à la veille de Noël, donc à peu près au début de Gundam Wing Endless Waltz Silent Orbital. Bonne lecture !


Duo dans l'espoir

Résidence des pilotes sur Terre, chambre de Trowa et Quatre.

- !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Quatre se redresse d'un coup, réveillé en sursaut.

Trowa l'est aussi immédiatement, alerté par le mouvement de son amant. Il s'assoit dans le lit et pose une main qui se veut apaisante sur son épaule.

- Quatre ?

Le jeune arabe a la main crispé sur sa poitrine.

- Par Allah ! halète-t-il.

Trowa ne dit rien, se contentant de l'entourer de son bras, alors que Quatre laisse échapper un sanglot étouffé. Il se laisse aller contre lui et se force à respirer calmement.

- Heero est revenu, finit-il par expliquer. Je… J'ai senti sa douleur… C'était comme si un poignard avait transpercé son cœur… et le mien…

- Il est ici ?

- Ils sont en bas, tous les trois.

Quatre repousse les draps pour se lever mais Trowa le retient.

- Laissons-les régler ça.

- Mais Trowa…

Le jeune artiste le regarde sans rien dire.

Quatre se laisser raisonner par ses yeux émeraudes, si doux en cet instant, et se rallonge avec son amour. Celui-ci le serre contre lui et embrassez son front.

- Remonte tes barrières, mon ange. Sinon, c'est moi qui descend les calmer.

Quatre se blottit plus fort contre lui et dresse ses barrières, laissant juste son esprit glisser pour effleurer sans insister les esprits et sentiments de ses amis….

Pendant ce temps là, dans la cuisine.

Heero… je murmure, abasourdi.

- … ou 01... ajoute Wufei, en se détachant doucement et complètement de moi.

ET MERDE…

Il est bien là, adossé à l'encadrement de la porte, fidèle à lui-même : jean, débardeur et cheveux fous, regard sombre, douloureux, implacable, qui va de Wufei à moi…

Ce regard qui cloue sur place et bloque mon premier élan qui m'aurait fait me pendre à son cou.

Je me reprend et fait un pas vers lui.

Un seul, ça fait un moment que j'ai oublié d'être suicidaire…

- Heero, tu es revenu…

- Au mauvais moment, visiblement.

- Qu'est-ce que tu racontes ! Dis-nous plutôt comment tu vas, et d'où tu viens ?

- Peu importe. Où est-ce que je peux m'installer ?

Euh… je suis pas sûr d'avoir bien entendu, là…

- T'installer ?

- Je dois travailler et accessoirement, dormir.

- Mais… tu t'installes où tu veux, Heero, c'est toujours chez toi ! Rien n'a changé, depuis ton départ…

- Vraiment ? fait-il avant de se détourner.

Je baisse les yeux et me mords la lèvre.

Et merde.

Il est si froid et distant, si sec et cassant, tout ça ne laisse rien présager de bon.

Bien sûr, je m'attendais au retour de 01, mais quelque part, j'espérais toujours qu'Heero ne serait pas loin.

Je sens une main sur mon épaule.

Un murmure qui me ramène au présent.

- Va le rejoindre.

Je me tourne vers Wufei.

- Wu…

- Il n'est pas arrivé au bon moment, il aurait réagi autrement, s'il t'avait simplement trouvé en tête-à-tête avec ton bol de chocolat, alors que c'est aussi un concurrent redoutable.

Wufei qui s'essaie à l'humour ? Le monde va vraiment mal…

- On ne faisait rien de mal, il n'a sûrement pas oublié que j'ai souvent besoin de réconfort.

- Etant donné l'amour qu'il te porte, il est normal qu'il ait vu autre chose, dans notre étreinte, qu'un simple besoin de réconfort de ta part. Et je suis ne suis pas Quatre.

Je grimace.

C'est fou ce qu'on apprend à bien connaître les gens sans réellement s'en rendre compte.

- Qu'est-ce que tu ne me dis pas, Wu ?

Il est rare que Wufei Chang détourne les yeux.

Son regard est toujours franc, droit et honnête, oui, honnête, même quand sa bouche ne l'est pas.

Il parvient à garder un réel aplomb même s'il sort le plus gros mensonge de l'Histoire, parce que dans sa conception des choses, s'il doit en arriver à mentir, c'est pour une raison valable qui justifie forcément le mensonge.

Il s'écarte de moi et va s'appuyer sur la table.

- Parce qu'il devait refouler ses sentiments pour toi, Herero a compris que je faisais la même chose, et ce, très tôt.

- Euh… ça se traduit comment, « très tôt » ?

Il me regarde un moment, je sens qu'il hésite à m'en dire plus.

Mais il craque face à mon regard, forcément.

- Quand tu as été capturé par Oz, j'ai compris certaines choses. Il n'était plus question pour moi de venger la mort de Meiran, plus seulement et plus prioritairement, mais que je leur fasse payer ce qu'ils avaient osé te faire.

Là, j'avoue, je suis sidéré.

Les deux mots d'ordre de Wufei ont toujours été « justice » et « vengeance ». Pour Meiran, dont il a toujours cru que son esprit l'accompagnait au combat, sa femme, dont il s'est aperçu bien trop tard à quel point il l'aimait. Et je ne pensais pas qu'en pleine guerre, alors qu'il ne s'était pas encore vengé et n'avait pas obtenu justice pour sa défunte épouse, il pouvait soudain se réveiller avec un autre objectif me concernant.

- Je ne savais pas, Wufei.

- Personne ne le savait, sauf Heero, qui a tout compris. Moi-même, je refusais de le reconnaître, ça a duré un bon moment. Tu peux imaginer combien ça a été difficile pour moi d'accepter les sentiments que je commençais à avoir pour toi, un mec. Tu sais qu'après la mort de Meiran, je ne voulais plus rien éprouver.

- Le Dieu Dragon a finalement accepté ses sentiments pour le Dieu de la Mort.

- Ce doit être ça.

- Et le Perfect Soldier auquel rien n'échappe s'en est aperçu.

- Oui. C'est pour ça, Duo, qu'il faut que tu le rejoignes et que tu lui parles. Ça l'a sûrement blessé de nous trouver… comme il nous a trouvé.

J'acquiesce en silence, mais je ne bouge pas.

J'entends Wufei qui se décolle de la table et s'avance jusqu'à moi.

- Qu'est-ce que tu fais encore là ? murmure-t-il doucement.

Son visage aussi est doux.

Je lui souris.

- T'es sûr d'avoir des sentiments pour moi ? Parce que tu me pousses dans les bras d'Heero, là.

Je ne peux pas m'empêcher de le taquiner, même pendant un moment aussi grave que celui qu'on est en train de vivre.

- Tout doit être fait dans les règles. Nous devons avoir les mêmes données pour une égalité totale, je ne souhaite pas qu'il soit déstabilisé par ce qu'il a vu et interprété de travers. Il est toujours ton petit-ami, tant que tu n'as pas décidé le contraire.

- Pourtant, j'ai répondu à ton baiser et j'ai ressenti des choses, même si ça ne me fait pas envisager pour autant une rupture définitive avec Heero, ni quelque chose avec toi. Je l'aime toujours plus que tout, pardonne-moi, Wu, si je te blesse.

- Tu l'as dit toi-même, lorsqu'on décide de quelque chose, ce doit être pour les bonnes raisons. Ce n'est pas encore l'heure du choix. Et heureusement, parce que, comme tu le dis implicitement, je n'ai pas beaucoup de chance de mon côté pour le moment. Je le sais.

- C'est juste que je ne sais pas trop où j'en suis.

- C'est bien ce que je dis, Duo. Ce n'est pas le bon moment. Ta place st à ses côtés, pour l'instant. Va le retrouver, maintenant, tu n'as que trop tardé.

- Merci, Wu. Tout ce que tu fais, tout ce que tu as dit, j'en mesure la valeur.

- Je n'en doute pas. Bonne chance, Duo.

Je l'étreins avant de monter à l'étage, une boule au ventre.

Devant la porte de ma chambre, j'hésite.

C'est celle que j'ai partagé avec Heero, jusqu'à son départ.

Elle est restée telle qu'elle, personne d'autre que moi n'y a vécu, depuis.

Et puis quoi, encore ?

J'ai dit à Heero qu'il pouvait s'y réinstaller, mais le ton et l'attitude qu'il a eu me font penser qu'il ne l'a pas fait, et qu'il a sûrement plutôt investi l'une de nos chambres d'amis.

Je soupire et ouvre la porte…

Sombre et vide…

J'ai vu juste…

Je tends la main pour pousser l'interrupteur, mais mes doigts ne l'atteignent jamais…

Une poigne d'acier se resserre sur mon poignet et je me sens violemment attiré à l'intérieur de la pièce.

La porte claque, je me retrouve plaquée dos contre elle.

Un nuage anis-réglisse-menthe poivrée m'enveloppe, mon cœur s'affole alors que mon corps réagit déjà à celui qui se presse contre moi.

- Heero… j'halète, le souffle court.

- Tu te souviens, comment ça a commencé, cette nuit-là ? murmure-t-il d'une voix terriblement froide et sensuelle au creux de mon oreille.

Si je me souviens ? La bonne blague, c'est pas un truc qui s'oublie, dans une vie, la première fois avec la personne qu'on aime le plus au monde…

Flash back.

- Je t'interdis de refaire une chose aussi stupide que ce que tu as fait tout à l'heure, Duo, c'est clair ?

Il faisait référence à ma décision, prise à la dernière seconde, de retourner en arrière, lorsqu'on s'était aperçu que les explosifs n'avaient pas fonctionné.

- Je ne pouvais pas prendre le risque qu'on ait fait tout ça pour rien ! ai-je protesté avec une assurance que je n'avais plus, tant sa proximité, sa chaleur, son odeur, sa présence, son corps

appuyé contre le mien me faisaient perdre tous mes repères.

- Ce n'était pas à toi d'y aller !

- Et pourquoi pas ? Pourquoi un autre plutôt que moi, hein ? On est logés à la même enseigne, non ? Même si je continue de croire qu'on a plus besoin du Perfect Soldier que du Shinigami, 01 de mes deux ! Si c'était à refaire, je recommencerai.

Son poing m'avait pratiquement déboîté la mâchoire.

Je commençais à peine à ressentir la douleur qu'une autre sensation la remplaça : la surprise, et bientôt le plaisir...

Heero avait écrasé sa bouche sur la mienne.

Je n'ai eu qu'une seconde d'hésitation avant de répondre à son baiser, lui dévorant la bouche autant qu'il dévorait la mienne…

Laissant mes mains parcourir et découvrir son corps alors que les siennes me faisaient…

sien…

Et nous avons fait l'amour…

Fin du Flash back.

- Bien sûr que je m'en souviens, 'ro.

- J'étais énervé frustré, j'avais eu si peur de te perdre.

Comment est-ce qu'il fait pour me mordiller le visage et le cou tout en parlant aussi clairement ?

- T'ai-je perdu, Duo ? continue-t-il alors que ses mains glissent sur mes hanches.

- Non ! Jamais…

Il remonte mon t-shirt et me l'enlève carrément.

Je commence doucement à me demander si je rêve, ça finit par faire beaucoup d'émotions pour ces dernières 12 heures…

Le vêtement abandonné, il reprend ses caresses… et ses questions.

- Alors qu'est-ce que tu fous avec Wufei ?

- Je… je profite du… du réconfort d'un ami, comme je… le fais… tout le temps… tu… tu le sais…

- Jusqu'à quel point ?

Sa bouche se referme sur mon téton gauche, alors que sa main s'occupe de ma ceinture.

Je gémis et pose mes mains sur ses épaules, je me rends compte qu'il est torse nu.

Je me brûle presque la peau à ce toucher interdit qui m'a tant manqué.

- Il… ne s'est rien passé… 'ro…

Il se redresse en traçant un sillon humide avec sa langue jusqu'à mes lèvres, où elle s'arrête.

- Je gagnerai cette guerre, Duo, me souffle-t-il doucement.

Je ne suis plus sûr de savoir de quoi il parle, ni qui j'ai face à moi.

Mais je craque, il m'a tellement manqué, et le sentir contre moi, sentir son désir et son envie de moi, ça me rend dingue. Aux Enfers, les doutes, les interrogations, il me veut, il est là, et je suis tellement peu sûr de notre avenir que j'aurai tort de ne pas en profiter.

Je l'entoure de mes bras.

- Tu m'as manqué, 'ro.

Je le sens refermer ses bras sur moi et me soulever.

Immédiatement, je noue mes jambes autour de ses hanches.

Il m'entraîne jusqu'au lit sur lequel on s'effondre, toujours enlacés.

Dans un état proche d'un planage total après abus d'opium et autres substances illicites, je remarque qu'il a encore pris du muscle, même s'il reste fin.

Il vaut mieux se méfier de sa force.

Son étreinte peut être d'une grande tendresse et d'une grande douceur, n'empêche, elle a su s'avérer mortellement et diablement efficace par le passé. Si Heero me l'a fait oublier, lorsque nous étions ensemble, je sens trop la présence de 01 pour être en totale confiance.

- Alors, je t'ai manqué ? me demande-t-il en continuant ses caresses.

- Tu n'imagines pas à quel point.

Il se redresse et le reflet de la lune illumine son visage où se dessine un sourire torve.

- Alors montre-moi.

Je ne peux empêcher un long frisson de désir et d'appréhension mêlés de me parcourir.

Je l'embrasse, il répond immédiatement à mon baiser, je me perds dans cet échange d'une rare intensité.

Mon Dieu, comme il m'a manqué…

Je me rends compte combien ce que j'éprouve pour lui est intense, et différent des sentiments que j'ai pour Wufei.

Parce qu'effectivement, j'en ai…

C'est plus qu'incongru comme moment et endroit pour me rendre compte que j'éprouve aussi quelque chose pour Wufei, de non négligeable.

Mais je décide de laisser ça de côté, pour le moment.

Notre étreinte se fait plus fougueuse et passionnée alors je roule sur lui, avant de me redresser.

Il a ce geste si tendre de me caresser la joue, la vraie tendresse d'Heero, et j'en suis bouleversé.

- Qui ai-je réellement face à moi ?

- Heero est parti se débarrasser de 01, mais la situation fait qu'on a de nouveau besoin de lui. Nous sommes là tous les deux. Chacun sa guerre, Duo, à toi de décider qui tu veux avoir maintenant.

Je frissonne malgré moi : est-ce que tout recommence, est-ce un nouveau cycle ? La guerre, la paix, la reconstruction, la guerre, la paix, la reconstruction, la guerre… ? 01 et 02 en pleine guerre, Heero et Duo qui s'effacent pour laisser les soldats se battrent, puis qui triomphent avec la paix, puis qui doivent à nouveau s'effacer pour que les soldats retrouvent le front non parasités et mis en danger par leurs sentiments…

Je ne suis pas sûr de le vouloir.

- 'ro…

- Ca suffit, tu parles et réfléchis trop, c'est pas le moment.

Avant que je puisse de nouveau l'ouvrir, il presse ses lèvres contre les miennes et s'empare de ma bouche qu'il dévore avec application.

J'oublie tout de mes doutes, de ma peur, de mes pressentiments pour me consacrer à lui et à nos retrouvailles, dont j'ai tellement rêvées, même si elles avaient lieu dans un autre contexte plus favorable à notre avenir.

Au fur et à mesure de notre étreinte, j'ai cette impression absurde mais réelle que la présence de 01 s'estompe.

Je suis bien en train de faire l'amour avec Heero, mon Hee-chan, je reconnais sa douceur, son touché, sa chaleur, je retrouve sa tendresse, ses caresses, son amour qui m'enveloppent et me font toucher les étoiles avant de me redéposer sur terre et de me bercer.

Sa tendresse encore dans « l'après », où nous nous remettons doucement de cette explosion de nos sens qui nous a fait atteindre le Paradis…

… ou l'Enfer…

Cet « après » durant lequel je me blottis dans ses bras et où il referme les siens autour de moi, dans un doux cocon qui donne l'illusion que rien ne peut nous atteindre ou nous toucher.

- Tu m'as manqué aussi, mon baka, murmure-t-il soudain, ses doigts jouant avec quelques unes de mes mèches de cheveux.

Je ne dis rien et enfoui mon visage au creux de son cou, heureux.

- Je t'aime, Heero.

- Et lui ?

Et merde…

Je pousse un long soupir de protestation.

- Tu es sûr de vouloir en parler maintenant, ' ro ?

- Plus besoin, tu as répondu à ma question.

Je me redresse en grognant.

- Non, Heero, ne va pas te faire tes propres réponses à partir du peu que je t'ai dit ! D'accord, t'as gagné, on va en parler. J'ai des sentiments pour Wufei, je ne te le cacherai pas. Mais ça n'a rien à voir avec ce que j'éprouve pour toi.

- Pour l'instant.

- Heero…

Il me force à me rallonger contre lui.

- Nous sommes tous très liés, Duo. Tu as un besoin d'amour, une présence que je n'ai pas su t'apporter, il est compréhensible que tu te sois tourné vers un autre d'entre nous, durant mon absence.

- Je ne sais même pas comment c'est arrivé, je n'en avais pas encore conscience il y a quelques heures, tu sais. Mais maintenant, tu es là, je n'ai besoin que de toi.

- C'est la situation qui m'a fait revenir, Duo.

- Je sais. On a fini la première guerre alors que nos sentiments grandissaient de jour en jour. Nous pouvons reprendre le combat sans avoir peur d'être gênés par ce que nous ressentons, pas vrai ? J'ai pas à craindre que tu te fasses abattre en voulant me protéger ?

- Je laisse Wufei s'en charger.

- Tu es cynique.

- Je suis amoureux.

Je l'embrasse, touché par la spontanéité dont il fait preuve, parfois.

- Tu ne m'as pas perdu, 'ro. Mais moi, j'ai peur de te perdre. J'ai la trouille que ma plus grande peur qu'Oz a su utiliser ne se matérialise. Si on doit retourner au combat, je t'en prie, Heero, reste en arrière.

- Tu n'as pas à t'en faire, Duo. Cet instant n'est qu'une nouvelle parenthèse. J'ai de très mauvaises nouvelles, nous partons dès demain. Il est hors de question que nos sentiments nous empêchent d'accomplir nos missions. Cette fois, nous devons mettre un terme à ces velléités guerrières une bonne fois pour toutes. Nous n'aurons pas le temps de jouer aux amoureux.

Je soupire.

- Je sais bien.

- Profitons de ces heures qu'il nous reste, ce sont peut-être les dernières que nous vivons.

- Je t'ai connu grâce à une guerre, je t'ai perdu pendant la Paix et tu me reviens à cause d'une nouvelle guerre. Merde, 'ro, c'est ça notre destinée ?

- Je ne sais pas, tenshi.

- Est-ce qu'on est maudits ?

- Ca ne m'étonnerait pas, avec tout le sang qu'on a fait couler.

- On a toute une vie pour racheter nos fautes, même si ça ne ramènera jamais les morts à la vie.

- Encore faut-il qu'on nous en laisse l'occasion.

Je dépose un baiser sur son épaule.

- On s'en sortira, 'ro.

- Je ne peux pas te faire la promesse qu'on s'en sortira tous, juste que je ferai en sorte que toi, tu t'y arrives.

- Sans toi, je ne vois pas où est l'intérêt.

- Demande à Wufei.

Il m'a cloué le bec pendant deux secondes, faut le faire !

- Tu sais quoi, 'ro ?

- Hn ?

- Je t'emmerde.

- J'ai mieux à te proposer, réplique-t-il en se saisissant de ma main, qu'il porte jusqu'à sa bouche pour faire glisser deux de mes doigts entre ses lèvres, autour desquels il enroule amoureusement sa langue.

Il s'en occupe avec tant de ferveur et de passion que je n'ai soudain plus qu'une chose en tête : me perdre en lui, à nouveau, comme avant.

Une dernière étreinte avant que le matin n'arrive et que commence ce combat que je dois mener contre cette guerre, qui veut me prendre mon âme et mon cœur, ce que je suis et celui que j'aime.

Ceux que j'aime.

Shinigami, mon double, mon pire et meilleur ennemi, mon Dieu, mon guide, profite de tes dernières instants de sommeil…

Demain, je t'emmène en balade…


Merci d'avoir lu ! Kisu ! Lysa