Titre : Duo dans l'après : la fin d'une époque.
Source : Gundam Wing AC, Endless Waltz
Auteur(e) : Lysanea
Genre : yaoi, romance, POV de Duo, flash back, spolier d'Endless Waltz.
Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient, ni la chanson (qui fait partie de la BO de GW)!
Pairing : pas pour ce chapitre...
Personnages : Heero Yui, Duo Maxwell, Trowa Barton, Quatre Raberba Winner, Wufei Chang, Sally Po, Réléna.
Résumé : La guerre est finie et Duo se souvient des moments forts, alors que les bases de leur nouvelle vie se posent et se stabilisent peu à peu, leur avenir se dessine…
Notes de l'auteure : merci pour votre soutien, vos mails et vos reviews ! Voici donc la deuxième partie de « Duo dans l'après ». Quelques éclaircissements et précisions par rapport à la première partie. Avant tout, je rappelle que je révèle beaucoup de choses en reprenant autant le film Endless Waltz, alors ceux qui ne l'ont pas vu sont prévenus… Je rappelle donc que Trowa n'a pas trahi les autres, il est juste infiltré dans le camp de Mariemeia parce qu'il a des choses à faire, des gens à protéger ; le satellite fait partie de sa Colonie d'origine, faut pas l'oublier ; quant à Wufei, c'est bien un soldat de Mariemeia, mais ce n'est pas sa petite aventure avec Duo qui le fait revenir dans le droit chemin, mais bien comme dans le film, son combat avec Heero et les mots échangés. Wufei n'est pas vraiment dans son état normal dans Endless Waltz, il a un peu pété un câble, faut l'excuser… Concernant mon précédent chapitre, j'ai mis en pairing 5x2 à cause de ce qui se passe entre eux, ça ne concerne que le chapitre, pour l'instant. Sinon, Duo raconte tout ça deux mois après la fin de la guerre, ce chapitre vous situera mieux dans le contexte temporel… Voila, je crois que j'ai fait le tour… Bisous et bonne lecture !
Duo dans l'après : la fin d'une époque.
Après l'épisode avec Wufei, je me suis retrouvé à devoir faire la même chose qu'avec Heero lors de la première guerre : enfermer Duo et ses états d'âme au plus profond de moi-même pour laisser agir Shinigami et réussir ma mission.
J'ai rejoint Quatre et Trowa et ensemble on a rejoint Noin et Zechs sur Terre.
J'ai aimé cette bataille, parce qu'on a réussi à détruire les armures et les armes sans blesser les soldats aux commandes.
J'avais toujours cet aspect inquiétant d'une ombre ailée armée d'une faux, qui constituait la seule source de lumière avec les yeux de mon fidèle Deathscythe, qui fondait sur ses ennemis ; mais la Faucheuse n'a pas vraiment fait une bonne récolte…
Finalement, Duo était peut-être pas si enfermé que ça, puisqu'il a su retenir le bras du Dieu de la Mort…
D'après Quatre, il y avait une parfaite harmonie entre les deux parties de mon âme.
J'étais guéri de ma pseudo schizophrénie !
Ce n'était pas encore le moment de m'en réjouir, j'avais autre chose à penser.
Heero, encore une fois, a sauvé le Monde et la Paix sans considération ni pour Wing Zero, ni pour sa propre vie.
J'ai beau l'avoir vu faire plusieurs fois, voir se désintégrer son gundam avec lui dedans me fait toujours cette impression que mon cœur vole en éclat avec eux.
Cette fois encore, j'ai ramassé les morceaux éparpillés et avec les autres, on a couru le chercher dans les décombres du palais de Mariemeia.
Et quand, enfin, on les a retrouvés, tous, la vision de Réléna serrant tendrement Heero contre elle m'a fait un tel effet que j'ai ouvert ma main…
… et tous les morceaux de mon cœur se sont à nouveau dispersés.
Heureusement, Quatre était là…
Flash back.
Duo arrive le premier et se fige.
- Duo, qu'est-ce qu'il y a ? demande Quatre en arrivant derrière lui, suivit de Trowa.
Les deux pilotes regardent dans la même direction que Duo et découvre Réléna qui tient Heero dans ses bras, évanoui ou… pire ?
- Quatre, est-ce qu'il…
Quatre pose sa main sur l'épaule de Duo.
- Il vit, Duo, ne t'en fait pas.
Duo serre les poings et détourne le regard.
- Alors, je suppose qu'on doit les laisser.
- Duo…
- Ca va aller, Quatquat. En plus, vu ce qui s'est passé avec Wu, j'ai rien à dire.
Duo veut partir mais Quatre le retient.
- Est-ce que tu arrives à saisir la force et la nature complexe de notre amitié à tous les deux, Duo ?
- Euh… oui.
Quatre se tourne vers Réléna et Heero.
- C'est approximativement la même relation qu'ils ont, Duo.
- Arrête de te moquer de moi, Quatre, mon cerveau n'a pas encore totalement grillé. Réléna ne considèrera jamais Heero comme un frère ! Ou alors, elle est encore plus tordue et perverse que je ne l'imaginais !
- J'ai dit approximativement. Heero représente beaucoup pour elle, mais je ne ressens pas d'amour ni de désir. Elle l'aime, je te l'accorde, mais pas de cet amour qui font les couples. C'est pareil pour Heero, il l'aime d'une manière bien particulière.
- Heero m'a dit un jour que ce n'était pas Réléna qu'il aimait, mais le symbole et l'espoir qu'elle représentait, intervient Trowa. Depuis, ses sentiments pour elle ont mûri, elle a forcé son admiration par sa pugnacité et son courage. Mais c'est toi qu'il aime, Duo. Son amour pour toi est l'une des rares choses dont il a la certitude, dans sa vie.
- Merci, Tro, je me sens vraiment mieux… grimace Duo.
- Il a besoin de toi, tu peux mettre le reste de côté jusqu'à ce qu'il aille mieux ? demande Trowa.
Duo ne répond pas et s'avance pour rejoindre Réléna et Heero, que des médecins viennent d'installer sur un brancard.
Duo pose sa main sur le bras d'Heero, il a besoin de sentir la chaleur de la vie circuler dans son corps.
- Il n'a rien de grave Duo, rassure-toi, lui dit Réléna. Il t'a appelé. Je lui ai dit que tu allais bien, que tu viendrais le voir dès que possible. Mais je n'en savais rien, je ne savais pas où tu étais. Je me doutais bien que tu viendrais, cependant.
- Merci, Léna.
- De rien. Comment te sens-tu ?
- Tu me reposes la question demain, ok ?
- D'accord. Je vais faire amener Heero à l'hôpital et y attendre Sally, tu peux… non, je veux dire, ça serait bien que tu viennes. En plus, tu as l'air blessé, toi aussi.
- C'est rien de grave.
Il se tourne vers Quatre et Trowa.
- Vas-y, lui dit Quatre en souriant. On s occupe de tout le reste et on vous rejoint dès que possible.
- Wufei est avec les civils, je vais essayer d'entrer en contact avec lui, ajoute Trowa.
- Ok, merci les gars.
C'est ainsi que Duo se retrouve avec Réléna dans l'ambulance qui conduit Heero à l'hôpital, à l'écouter lui raconter ce qu'elle a vécu auprès de Mariemeia.
Fin du flash back.
Trois jours plus tard, Heero était remis.
On a eu du mal à se revoir qu'entre nous, on a été accaparés par des tas de gens à droite et à gauche pour des tas de raisons diverses et variées.
J'ai trouvé le temps de parler à Heero et de lui dire ce qui s'était passé avec Wufei, sans l'inonder de détails pour me justifier.
Je lui ai dit, c'est tout.
Il m'a répondu qu'il comprenait que dans un tel contexte, ça ait pu arriver.
Et accessoirement, l'état dans lequel était Wufei lorsqu'il a voulu l'empêcher de gagner la Terre ; ils se sont battus juste après que Wufei et moi…
Enfin bref, encore une fois, ce n'était pas juste une histoire de camp…
Mais Heero ne m'a rien dit de plus.
Il a voulu savoir si ça voulait dire que j'allais rester avec Wufei.
Je lui ai avoué que je ne savais pas du tout où j'en étais, et que mes principales préoccupations, pour le moment, c'était la construction de la Paix et la contribution qu'on me demandait pour L2.
Qu'on aurait le temps d'en parler ensemble.
C'est aussi ce qu'il voulait, qu'on en parle plus tard.
Par contre, j'ai pas eu le temps d'aborder le sujet avec Wufei.
On s'est donné une accolade des plus fraternelle et puis voilà.
Mais bon, je savais, à ce moment-là, que c'était juste repousser le moment de la confrontation.
Une fois seulement, entre deux portes, il m'a dit qu'il en avait parlé à Heero.
Je le savais qu'il allait le faire, vu sa nature.
Mais aucun des deux n'a accepté de me dire exactement les mots échangés.
Je peux comprendre…
Mais je ne veux pas comprendre…
Donc voilà, aujourd'hui, la guerre est finie depuis deux mois, et on a vraiment pu se poser que maintenant, tous les cinq.
Y en avait toujours un, deux, ou trois d'entre nous en mission diplo ou de reconstruction quelque part, c'était infernal.
C'est avec un naturel déconcertant qu'on s'est retrouvé à devoir faire des allers-retours entre nos colonies respectives et la Terre pour mettre en place cette Paix tant désirée.
Ce soir, tous les acteurs de la reconstruction sont réunis pour un grand banquet.
On a essayé de rester ensemble mais dès que les discours sont finis, durant lesquels on peut pas se parler, bien évidemment, on vient nous chercher, un par un pour voir un tel qui pourra faire ça pour nous ou pour qui nous on pourra faire ça, dans l'intérêt de tous, etcetera, etcetera…
Mais enfin, après une intervention de Réléna, j'ai pu m'éclipser sur la terrasse, en faisant un signe à Heero.
J'ai réussi à capter l'attention des autres mais ils ont l'air bien occupés.
Heero me rejoint, je suis content.
- Réléna m'impressionne, elle a tellement changée depuis deux ans.
- Comme nous tous, me répond-il.
- Tu vas rester avec elle ?
Je fais genre, le ton neutre, la question anodine…
Tu parles, ouais !
- Elle n'a pas besoin de moi.
- Alors… tu comptes faire quoi ?
- Je ne suis pas encore sûr de savoir, mais visiblement, on a besoin de moi aussi sur L1.
Il ne dit rien de plus, et je ne sais pas trop quoi dire non plus.
Je déteste ce silence qui s'installe entre nous.
Avant, ça ne me dérangeait pas trop, je sais que c'est bien aussi parfois, le silence.
Mais il a plusieurs formes, et celui-ci reflète un malaise que je ne souhaite pas voir s'installer confortablement entre nous.
- 'ro…
- C'est bien que tu sortes avec Wufei, me coupe-t-il soudain.
Je reste sans voix une minute entière.
C'est long, une minute…
Il me jette un coup d'œil, puis reporte son regard sur la ville en contrebas.
- Quoi ? Quoi ?
- C'est une bonne chose pour toi.
- Mais, 'ro, je ne sors pas avec lui !
- Ah. Ca ne saurait tarder, alors.
Je me tourne complètement vers lui
- Pourquoi tu me dis ça ? T'essaies de me faire comprendre quelque chose ? Que, par exemple, tu me pardonnes pas ce qui s'est passé avec lui ? Que c'est fini et bien fini, sans appel, sans espoir ?
Il se tourne lui aussi vers moi.
Son regard est triste, mais enfin comme un ciel après l'orage. Il n'y a pas encore cette paix qu'on peut lire chez Quatre et Wufei, et d'autres, ainsi que chez Trowa, depuis hier soir. Des interrogations continuent de troubler cette mer bleue nuit où j'aime tant plonger, quelque soit son état.
Il attrape ma natte et tire affectueusement dessus.
- Il n'y a rien a pardonné. Ca fait partie de mon apprentissage de la vie et des relations humaines. Aimer, être aimer, trahir, être trahi, haïr et être haï, mais ça, c'est du passé. Aussi paradoxal que ce soit, tous ces sentiments sont ressentis dans le respect de l'autre et de ses propres valeurs.
- Je…
- Tu dois aller au bout de ton histoire avec Wufei ou tu le regretteras un jour, Duo. Je ne veux pas que tu me rendes responsable, si tu ne le fais pas, et que ça nous détruise, si on redevient « nous » un jour.
- Je t'aime, Heero.
- Et tu aimes Wufei, différemment. Quelque chose de fort vous unis, sinon ça ne serait pas arrivé, dans l'espace. Va au bout, vis à fond, et ensuite fais ton choix. Tu sauras au moins à quoi tu renonces, que tu décides de rester ou de le quitter. Que tu reviennes vers moi ou non.
- Tu me demandes de sortir avec Wufei pour prendre ma décision ?
- C'est la meilleure chose à faire, Duo, et je ne te le proposerai pas si je n'avais pas tant d'amour pour toi. C'est ça aussi, l'égalité. Laisse-lui une chance de te rendre heureux, comme tu m'en as laissé une, il y a un an.
- Et tu m'attendras ? Je veux dire, si je me rends compte que c'est avec toi que je veux être…
- Je ne peux rien te promettre, Duo. Qui sait de quoi demain sera fait ? Nous aurons chacun des nouvelles régulières des autres mais nos routes se séparent quand même. Pour un temps encore indéterminé.
- Mais nous nous sommes fait la promesse d'essayer un jour de vivre à nouveau sous le même ciel, à défaut du même toit. On doit tout faire pour tenir cette promesse, 'ro.
- Ca se ferra, mais rien ne presse. Nous avons grandis trop vite, tout a toujours été trop vite pour nous. Nous avons enfin la possibilité d'aller à notre rythme, de prendre notre temps, celui de décider de nous-mêmes ce que nous voulons… ou pas. C'est un très beau cadeau, non ?
- J'ai du mal à y croire, dis-je en serrant la croix du Père Maxwell dans ma main. J'ai encore peur qu'on ne vienne m'arracher mon bonheur, je préfère profiter au jour le jour, ne rien remettre à plus tard.
- Il ne s'agit pas forcément de remettre à plus tard, mais de construire lentement, mais sûrement. Hâte-toi lentement, dit un proverbe français. Aller doucement n'empêche pas d'arriver, en dit un autre africain.
- Je comprends ce que tu veux dire, je vais essayer aussi.
- Tu as déjà bien avancé, en réconciliant les deux parties de ton âme. Wufei aussi, c'est pour ça que vous serez probablement heureux ensemble. Je vous le souhaite. Pour ma part, je dois finir de me construire avant d'envisager de construire quelque chose avec quelque un.
- On avait pourtant bien commencé, ensemble.
- Oui, mais nous étions en danger, Duo. Nous construisions un « nous » sans que les deux parties qui le formait n'aient conscience de ce qu'elles étaient chacune de leur côté. Grâce à ce que tu ressens pour Wufei, tu en apprends un peu plus sur toi, ce que tu veux ou non. Tu es différent avec lui, ta personnalité s'affirme en dehors de nous.
Je ne dis rien un moment.
- Et toi, Heero ?
- Je pars tenter de faire la même chose. Déterminer qui je suis en dehors du Perfect Soldier et de Heero qui t'aime et que tu aimes.
- Pourquoi on ne se contenterai pas de ça, ro ? Ca ne me dérange pas d'être juste Duo qui t'aime et que tu aimes.
- Tu sais que ce n'est pas suffisant. On a essayé d'en faire une base et on a échoué.
- Je sais.
- Ca ne nous concerne pas uniquement. Il est impératif qu'on se sépare tous, nous avons été trop liés, trop proches, trop dépendants sans l'assumer pleinement pendant la guerre parce que trop risqué. C'est en train de nous retomber dessus, on doit s'en protéger pour ne rien perdre du lien que nous avons tissé tous les cinq.
- Tu parles comme Quatre, là, ça fait bizarre.
- On peut tous parler de ce sujet de cette façon, Duo.
- Vrai. N'empêche, c'était une super expérience de vivre tous ensemble. Mais tu as raison, comme toujours, il vaut mieux se détacher un peu pour avoir une vie des plus normales possible au contact d'autres personnes. Et puis, il nous reste tant de choses à faire sur nos Colonies respectives.
Heero et moi, on se retourne au même moment parce qu'on a entendu des pas.
Et effectivement, nos trois amis nous rejoignent.
- Tu le dit fort bien, Duo, il nous reste beaucoup à faire pour excuser l'égoïsme premier que nous avons manifesté à la fin de la première guerre, nous dit Quatre.
- Égoïsme ? relève Heero.
- Oui, en nous installant tous les cinq ensemble sur Terre, nous avons un peu trahi nos Colonies en les abandonnant.
- Tu exagères, je le gourmande gentiment.
- Pas tant que ça, Duo. Nous aurions dû y rester ou juste y passer plus souvent, être attentifs, veiller à ce qu'aucun Dekim Barton n'y soit. Nous savions pertinemment que l'Opération Météore telle que nous l'avions menée n'était pas celle prévue. Mais nous n'avons pas cherché à savoir ce qu'il était advenu de ses instigateurs, nous ne nous sommes pas assurés que personne, dans les Colonies, n'en avait après la Terre et la Paix.
- Nous allons y veiller dorénavant, assure Trowa.
- Mais ce n'était pas à nous de le faire forcément, l'an dernier, proteste Heero. Les Preventers ont été crées pour ça, c'était le rôle de la Nation Mondiale Unie de veiller à ce qu'elle le reste.
- C'est vrai, on ne pouvait pas nous reprocher aussi de vouloir une vie normale en oubliant tout ça. Ni d'essayer de nous construire une famille et un chez nous qu'on a volontairement choisi, après tout ce qu'on a donné pour cette opé, j'ajoute en haussant les épaules.
- Nous sommes de toute façon plus mûrs et plus alertes, plus responsables, aussi. Les erreurs et les épreuves nous ont fait grandir. C'est à retenir.
- Nous avons encore du chemin, nous rappelle Heero.
- Dommage qu'on ne puisse pas le faire ensemble…
- Il est fort probable que nos routes finissent par se croiser à nouveau, avant d'aller dans la même direction, affirme Wufei, silencieux jusque là. Un proverbe chinois dit que les cœurs les plus proches ne sont pas ceux qui se touchent.
J'échange avec Heero un regard lourd de sens.
- Oui, acquiesce Quatre, quelle que soit la distance qui séparent nos Colonies, nous serons toujours liés. Comme je l'ai déjà dit, nous sommes comme les cinq doigts de la main. Rien ni personne ne pourra nous enlever ça.
- A nous de faire en sorte de se voir chaque fois que nous le voulons, ajoute Trowa, son bras enserrant sa taille affectueusement.
- Ca ne devrait pas être si compliqué.
On se regarde tous en souriant plus ou moins.
Je lève les yeux vers la Lune et soupire.
- La Lune comme on la voit depuis la Terre va autant me manquer que vous.
- Tu sais aujourd'hui qu'elle a une autre face, belle et rayonnante, loin de la vision que tu en avais depuis L2, sombre et sinistre, me dit Quatre en posant sa main sur mon épaule. Tout comme nos Destins.
Nous nous perdons tous les cinq dans la contemplation du ciel jusqu'à ce que Sally ne nous rejoigne
- Alors, nostalgiques, les garçons ?
- On disait juste au revoir à la Lune.
- Va falloir que vous disiez aussi au revoir à Wufei, on a du boulot. Mais avant, on ne bouge plus, on se serre et on me sourit ! ordonne-t-elle en sortant un petit appareil photo.
Elle en prend au moins une dizaine avant de nous libérer.
Wufei se tourne vers nous.
- Duo, Trowa et moi, nous passerons te dire au revoir au QG des Preventers avant de partir, lui rappelle Quatre.
Il nous serre la main, puis fait face à Heero.
Je les regarde et je comprend soudain que je les aime vraiment tous les deux et pourquoi c'est si difficile de choisir.
- Tu restes à Sank ? demande Wufei.
- Juste le temps de dire correctement au revoir à Réléna.
- Tu comptes accepter la proposition du Gouverneur et aller sur L1 ? veut savoir Quatre.
- Oui, mais je vais m'en servir comme couverture.
- Comment ça ? je demande, intrigué par son ton.
- Un ami m'a dit un jour qu'il est possible de vivre sans passé, mais que le poids de ce vide est un obstacle dans la construction de sa vie et de son identité, répond-t-il en fixant Trowa. J'aurais préféré ne plus avoir affaire avec J. mais il a une partie des réponses dont j'ai besoin. L'autre partie y est sûrement aussi là-bas, ou alors en moi, mais les clés sont assurément sur L1. Le dossier que tu nous a remis, Sally, me donne pas mal de pistes à suivre.
Le souvenir de ces fichus dossiers nous fait un peu grimacer.
Sally nous les avait remis la veille…
Flash back.
Ce soir-là, enfin, les cinq pilotes se retrouvent ensemble pour la première fois depuis la fin de la guerre, deux mois plus tôt ; ils ont chacun été accaparés à droite ou à gauche et n'ont pu véritablement se retrouver et parler, voir simplement passer un peu de temps tous ensemble.
Il y a encore tant de questions et de points à éclaircir entre eux cinq uniquement…
Mais avant de les laisser seuls, Sally les réunit dans le salon et dépose devant chacun d'eux un dossier.
- Un petit cadeau qui peut vous aider à commencer une vie à peu près normale : ce sont vos dossiers médicaux, récupérés par les ingénieurs, puis par nous. Vous avez les informations concernant votre identité aussi loin qu'il a été possible de remonter, ainsi que tous les tests que vous avez subis, tout ce qui vous est arrivé jusqu'à aujourd'hui. Et ce qui vous attend, à cause de certaines manipulations génétiques qui ont été honteusement pratiquées. Je ne suis pas le seul médecin de l'univers, mais je reste la seule, pour l'instant, qui en sait autant sur vous cinq. Nous allons donc être amenés à nous revoir régulièrement, à moins que vous ne souhaitiez voir une autre personne et la mettre au courant.
- Tu sembles oublier que nous ne pouvons pas envisager de vivre sur Terre pour le moment, Sally.
- Je m'en souviens très bien, Quatre. J'ai prévu de faire ma tournée tous les mois ou tous les deux mois. Vous savez tous que je ne tiens pas en place…
- Je ne pense pas trop m'avancer en disant que tu seras toujours la bienvenue chez chacun d'entre nous.
Un hochement de tête collectif confirme ce que Duo a dit.
- C'est gentil à vous. Mais à la lecture de vos dossiers, vous en comprendrez la nécessité, au-delà du plaisir de ma visite. Je vous laisse en prendre connaissance, conclut-elle en s'asseyant un peu en retrait pour observer leurs réactions. Si vous avez des questions…
Heero, fidèle à lui-même, ouvre son dossier sans une seule hésitation, l'expression indéchiffrable. Il y découvre son nom : Hereban Ywane et des choses qu'il sait déjà : son nom de code, Heero Yui, le nom de ses deux tuteurs, Odin Lowe puis le Docteur J. Il a la confirmation que ses capacités ne sont pas naturelles, car ses structures musculaire et osseuse ont été modifiées pour un renforcement de son potentiel. Il a été conditionné pour ne rien ressentir, ni douleur, ni sentiments. Une note de bas de page lui arrache un sourire involontaire : il y aurait eu quelques déficiences dans le système parce qu'il aurait manifesté ses sentiments au lieu de les réprimer pour accomplir certaines missions. Son taux de réussite étant de 99,99, il reste cependant le soldat parfait, l'arme ultime sur laquelle tous les espoirs de la réussite de l'Opération Météore ont reposés.
Duo, lui, a une seconde d'hésitation avant de parcourir son dossier. Sa jeunesse et son passé sont assez sombres, il le sait, il n'est pas sûr de vouloir le voir écrit noir sur blanc…
Mais sa curiosité est plus forte que son appréhension.
Duncan Oliver Eaglin, orphelin de guerre, pris en charge par le très connu Solo, puis par le Père Maxwell et la Sœur Hélène, et enfin par le Docteur G. Connu sous le nom de Duo Maxwell. Très fort dédoublement de personnalité. S'en suivent toute une liste de caractéristiques, et Duo visiblement hésite entre le rire et la stupéfaction, ce qui lui fait arborer une grimace quasi permanente.
Trowa hésite aussi, mais finalement parcourt son dossier avec détachement. Il est heureux d'avoir ces renseignements, mais en même temps il préférerait s'en souvenir directement…
Il est Triton Bloom, fils de circassien, il a été séparé de sa famille par la guerre lui aussi ; recueilli et élevé par des mercenaires, on l'a toujours connu amnésique ; il prend l'identité de Trowa Barton à la mort de celui-ci et le remplace sur le projet de l'Opération Météore, en prenant couverture d'un cirque ambulant. Cirque où se produit sa sœur, Catherine Bloom.
Catherine lui avait fait part de ses doutes, et il avait fini par croire comme elle que la vie les avait réunis après les avoir séparés dans des circonstances tragiques. Ses lèvres s'étirèrent en un demi-sourire lorsqu'il pense à la joie qu'allait sûrement éprouver Catherine lorsqu'il lui confirmerait.
Le dossier insiste surtout sur son incroyable capacité à l'infiltration ; il n'est personne et peut être tout le monde, c'est toute l'histoire de sa vie… Son intelligence est également soulignée comme un élément à surveiller.
L'identité de Quatre et celle de Wufei restent inchangées, aussi sont-ils seulement curieux de savoir ce qu'ils pouvaient ignorer sur eux…
Ils apprennent tous les deux qu'ils ont été soumis, très tôt, à de nombreux tests.
Quatre a beaucoup de mal à concevoir que son père ait pu laisser faire de telles choses à son fils, mais il se doute que quelques unes de ses nombreuses sœurs sont derrière tout ceci.
Il apprend une chose qui le bouleverse, mais il ne se confiera et ne se libérera du poids apparu sur son cœur que le soir, dans les bras de Trowa ; il est le seul enfant naturel de son père, et sa mère est morte en lui donnant la vie.
En définitif, c'est Wufei le moins surpris, qui ne s'étonne pas que son clan, qui l'a marié de force à 13 ans avec une fille qu'il détestait alors, se soit laissé influencer…
Chacun des cinq pilotes lit son dossier et sans même se concerter, avec un naturel qui fait sourire tendrement Sally, témoin de cette complicité, ils se les transmettent les uns aux autres.
La confiance et l'amitié qui existent entre eux sont confirmées, voire renforcées par ce partage.
Si une nouvelle menace devait se profiler à l'horizon serein de la Paix, Sally ne doute pas un instant qu'encore une fois, ces cinq amis improbables la réduiront à néant avant qu'elle ne se matérialise réellement…
Fin du Flash Back
- Fais attention, 'ro, réveiller le souvenir d'Odin Lowe, aussi bien dans ta tête que là-bas, ce n'est pas très prudent.
Je m'inquiète pour Heero, parfois, il vaut mieux ne pas remuer son passé…
- Ca ira, Duo.
- Ca ira parce que si tu as le moindre problème, tu feras appel à nous.
Le ton de Trowa n'admets aucune contradiction.
Heero lui sourit et pose sa main sur son épaule, un court instant, avant de se tourner vers Wufei.
- Bien, Wufei, il est temps de se dire au revoir, je ne sais pas quand nous nous reverrons.
- Je ne sais pas non plus, Yui, mais n'hésite vraiment pas, si tu as besoin de moi, ou des ressources des Preventers.
- Nous pouvons avoir le bras aussi long que l'était celui équipé du Dragon fag du gundam de Wufei.
- S'il est tout aussi redoutable, ça me donne une raison supplémentaire de vous rejoindre. Yui…
A la surprise général, Heero s'avance et donne une franche accolade à Wufei.
- Fais attention à toi, Wufei, et prends soin de Duo. Si tu le blesses, je te tue. Avec ton propre sabre, pour sauvegarder ton honneur, mais sans une hésitation.
- Je m'en souviendrai, sourit-il en lui rendant son étreinte. Fais aussi attention à toi. A très bientôt, Heero.
Il nous serre la main avant de s'éloigner avec Sally.
Ils croisent Réléna, qui s'arrête un moment leur parler avant de nous rejoindre.
- Tout va bien ? demande-t-elle.
- Oui, et toi ? répond Quatre.
- J'ai dit tout ce que j'avais à dire, j'ai réussi à m'éclipser quelques minutes.
- Besoin d'air ?
- Tu n'imagines pas, Duo. Mais je suis surtout venue vous chercher. J'ai demandé à une ancienne amie de Lycée de chanter, et je tiens à ce que vous l'écoutiez. Non seulement elle chante très bien, mais ses chansons auront beaucoup de sens pour vous.
Heero et Trowa lèvent chacun leur sourcil gauche, Quatre et moi les deux ensemble.
J'hausse les épaules, en plus.
- Pourquoi pas ! Mais après, tu nous laisses disparaître qu'on puisse passer notre dernière soirée ensemble, ok, Léna ?
- Je promets même de vous couvrir, Duo Maxwell. Allons-y.
L'entrée de Réléna dans le grand salon donne le signal.
Sur la scène, une jeune fille aux longues boucles rousses se tient devant le micro, tout sourire.
Elle est vraiment jolie…
Et sa voix…
Je ressens juste le rythme de l'émotion
Les battements effrénés de mon cœur
Te suivront partout, là où tu iras
Si loin de moi
Même si la douleur me tiraillait
Je ne voudrai plus baisser les yeux
Mais vivre intensément ces passions qui sont miennes !
Toi qui m'a permis de ne jamais plus abandonner mes rêves,
Je t'en prie, laisse-moi t'embrasser !
Je ressens juste le rythme de l'émotion,
Par-delà nos erreurs et douleurs,
Il existe une voie au bout de laquelle
Nous pourrons trouver la lumière finale.
Je ressens juste le rythme de l'émotion
Les battements effrénés de mon cœur
Te suivront partout, là où tu iras
Si loin de moi.
Oui, Réléna a raison, cette chanson nous correspond et nous touche profondément.
Dès le premières paroles, Quatre s'est appuyé contre le torse de Trowa, leurs deux mains gauches se sont entrelacées. La main droite de Quatre a glissé dans la mienne, mon autre main a saisi celle d'Heero, sur l'épaule de qui est venue se poser la main droite de Trowa.
J'aurai juste préféré que Wufei soit avec nous, pour nous sentir vraiment complet.
Réléna nous sourit et nous fait un clin d'œil.
Il est temps pour nous de nous éclipser discrètement, afin de profiter de notre dernière soirée avant je sais pas combien de temps.
On a vraiment fait une grosse soirée d'adieux à cinq, hier, mais on a encore envie d'être juste entre nous, ce soir, même s'il en manque un.
Une nouvelle vie commence pour nous.
C'est con qu'on doive se séparer pour se donner une chance qu'elle vaille la peine d'être vécue…
Mais puisqu'il le faut…
Fait chier…
Merci d'avoir lu et à bientot pour la suite ? Kisu ! Lysanea
