Titre : Duo dans l'instant.
Source : Gundam Wing AC
Auteur(e) : Lysanea
Genre : yaoi, romance, POV de Duo…
Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient !
Pairing : Duo/Wufei
Personnages : Duo Maxwell, Wufei Chang, allusion à Heero Yui Trowa Barton, Quatre Raberba Winner (allusion).
Résumé : Les derniers adieux de Duo…
Notes de l'auteure : voici le dernier chapitre ! l'épilogue suivra de très près puisqu'ils vont ensemble… Mes excuses à ceux à qui j'avais promis ce dernier chapitre mercredi, j'ai eu un petit contre temps. J'espère que ça vous plaira à tous ! Enormes bises pour vous remercier pour votre soutien.
Duo dans l'instant : un nouveau départ.
Je regarde la navette disparaître dans le ciel, emportant Trowa et Quatre vers leurs Colonies d'origine, puis je me tourne vers Wufei en souriant.
- Reste plus que moi !
- T'as le temps de prendre un dernier verre ? me demande-t-il alors qu'on quitte le spatioport.
- Largement ! Ma navette ne décolle que dans quatre heures. Tout le temps que tu peux m'accorder d'ici-là, je le prends !
- Bien, est-ce que quatre heures te suffisent, dans ce cas ?
Je m'arrête brusquement, surpris.
- T'es sérieux, Wu ?
Il continue d'avancer, me jetant juste un regard rapide par-dessus son épaule.
- Si t'arrives à être supportable, je vois pas où est le problème.
- Et au boulot, t'en auras pas ? je lui demande en le rattrapant.
- T'en fais pas. Je passe juste un coup de fil pour prévenir Une et Sally.
Ce qu'il fait dès qu'on arrive à la voiture, où on s'installe rapidement.
Je profite de son appel pour le regarder le plus discrètement possible.
Une de ses mèches de cheveux a glissé de son attache et caresse sa joue à chacun de ses mouvements.
Ma main me démange, j'avoue, j'ai envie de la replacer derrière son oreille…
Mais je ne m'autorise pas encore un tel geste.
Il coupe la communication et se tourne vers moi.
- C'est réglé. Pourquoi tu me regardais avec ces yeux-là, Maxwell ?
J'ai dit le plus discrètement possible, mais ça voulait pas dire que j'allais y arriver…
- Euh… quels yeux ?
- Ceux de quelqu'un qui veut quelque chose mais qui se retient de le demander.
- Qu'est-ce que tu vas imaginer ! Je remarquais juste qu'une de tes mèches de cheveux, d'habitude extrêmement bien retenus, s'était détachée.
- Oh, et tu te demandais si tu pouvais la remettre toi-même en place, ma ?
Je déteste quand il me devine aussi bien, alors je détourne la tête en croisant les bras sur ma poitrine.
- Ca va, on va pas en faire toute une histoire !
Je sens sa main sur mon épaule.
- Si, Duo, parce que c'est un geste très parlant, et le fait que tu te sois retenu de le faire est aussi éloquent. Tu n'aurais pas retenu ta main si tu avais eu Quatre face à toi, ou même Trowa, et je ne parle pas d'Heero.
L'entendre m'appeler par mon prénom m'a fait sursauter, et le reste de ses paroles me force à me tourner vers lui.
- Ca veut dire quoi, Wu ?
- Que toi et moi, on a des choses à se dire. Je te propose d'aller chez moi, on sera plus tranquilles pour discuter.
- Allons-y !
Mon ton léger ne nous trompe ni l'un, ni l'autre…
Il me lance un dernier regard avant de démarrer la voiture.
Dix minutes plus tard, on est chez lui, dans son appartement de fonction qu'il a si bien su aménager.
C'est vraiment chez lui.
Ce que je veux dire, c'est que quiconque le connaît ne peut que se dire, en y entrant, que c'est bien du Wufei Chang.
J'enlève mes chaussures avant de m'installer sur son fameux canapé-lit typiquement chinois, et typiquement Wufei.
Ca s'appelle un lit de luohan et ça ressemble à un canapé parce qu'il y a trois côtés. Wufei nous a expliqué que pour les chinois, ce type de lit sert plus à la méditation qu'au repos.
Heureusement qu'il a une chambre avec un vrai lit - à baldaquin, la classe - pour dormir et se reposer…
- C'est vraiment un super appart, Wu, on s'y sent tout de suite bien, il apaise.
- Merci, c'est le but. Je te prépare un chocolat ?
J'hausse les sourcils.
- T'en as ?
- Pour toi, oui. Il faut bien que je m'équipe pour recevoir mes amis.
- C'est trop cool, merci ! Je veux bien alors, avec plaisir. Tu veux que je te donne un coup de main ?
- Non, reste assis, j'arrive.
Il disparaît dans la cuisine pour mettre l'eau pour son thé et le lait pour mon chocolat à bouillir, puis il vient s'asseoir à côté de moi.
- Tu dois être très attendu, sur L2.
- Hilde me saoule avec la ferraille, t'imagines pas ! On sait qu'elle est capable de s'en sortir seule, elle a pas besoin de moi. J'aimerai tellement qu'elle se rende compte de ses capacités ! Je vais quand même l'aider, mais je vais avoir pas mal de boulot avec l'orphelinat.
- Sans compter tout ce que tu vas devoir faire officieusement pour maintenir de bonnes relations entre les Colonies et la Terre et préserver la Paix.
- Oui, mais j'ai déjà mon réseau de confiance. Même si j'ai gardé cette vieille habitude de toujours faire le boulot moi-même, je sais que je vais pas pouvoir tout assurer tout seul.
- Reconnaître ses limites est une force en soi.
- Venant de toi, je le prend comme un compliment, Wu.
- C'en est un.
Je reste sans voix, un court instant.
Faut le faire, quand même…
- Tu nous as dit que tu avais déjà des missions en tant que Preventer. Je me doute bien que tu ne puisses pas en parler, mais tu penses que ça va te plaire ?
- Ca dépend de beaucoup de choses.
- Comme ?
- Les missions en elles-mêmes, qui peuvent être très différentes, où je suis affecté, pour combien de temps, les objectifs à atteindre. Mais je crois bien que ça va me plaire, oui, y a pas mal de boulot et c'est assez diversifié. Après m'être autant trompé en ayant tant cru aux vertus de la guerre, je souhaite réparer mon erreur et croire en la Paix, en aidant à l'imposer durablement.
- Je comprend.
- Tu es le mieux placé pour. Après tout, tu fais la même chose. Tu veux donner aux orphelins comme toi tout ce qu'il t'a manqué. De la même façon que la guerre t'a rendu orphelin, celle où nous avons combattu et tué les a rendu orphelins aussi. Nous ne pouvons nier notre responsabilité. Nous ne pouvons que tenter de réparer pour trouver la paix en nous.
- On s'en sort plutôt bien, non ?
- On est sur la bonne voie, je suis d'accord.
- En tout cas, j'espère que plusieurs de tes missions t'enverront sur L2, comme ça, on pourra se voir souvent, je lui dit en le regardant droit dans les yeux.
Il me rend mon regard un instant.
- Tu sais, Duo…
Le sifflement de la théière nous fait sursauter.
Wufei grimace et se lève.
Il revient peu après, portant un plateau chargé de mon chocolat, de son thé et de gâteaux.
Beaucoup de gâteaux.
Je le regarde le poser sur la table basse.
- Dis, Wu, tu attendais quelqu'un ?
- C'était au cas où Trowa, Quatre et toi aviez le temps de venir ici prendre un verre. C'est bien que ce soit toi qui sois là, finalement, ça limitera le gâchis. Et s'il en reste, tu pourras en prendre pour le voyage.
Il est tellement gentil, je peux pas résister, je lui saute au cou en hurlant un « merci Wufei ! » qui sort du fond du cœur.
Je me rends très rapidement compte de notre position et je commence à me reculer, lorsque je sens ses bras se refermer autour de moi et me serrer contre lui.
- Wu… Fei ?
- Ca va me manquer, murmure-t-il, le nez enfoui dans mon cou. Ca m'a déjà tellement manqué, pendant la guerre et jusqu'à aujourd'hui. J'avais beau être quelqu'un d'autre, il y avait toujours une partie de moi à qui tu manquais, même dans les combats. J'aimais voir ton ombre se tailler un chemin dans les rangs ennemis. Je sais que tu es mal à l'aise avec ça, mais tu étais vraiment un Dieu au combat, beau, cruel, implacable, le bras armé d'une Justice qu'on devait faire seuls. Cette vision me manquait douloureusement, Duo.
- Fallait pas te tromper de camp, je répond sur le même ton.
L'humour, toujours, même dans un moment aussi important que celui qu'on est en train de vivre.
Quand tout est trop fort, il faut faire retomber la pression.
Il se recule pour me regarder dans les yeux, mais garde ses bras autour de moi, m'enserrant toujours aussi étroitement.
Je ne fais pas un geste pour me dégager.
Pourquoi le ferrais-je, je me sens si bien !
- Je ne regrette rien, Duo, j'assume la totalité de mes actes. Est-ce que tu crois que ce qui s'est passé entre nous, dans l'espace, serait arrivé si nous avions été dans le même camp ?
Oups, j'ai jamais vraiment réfléchi à ça…
- Je… je ne sais vraiment pas, Wu.
Il me pince le nez en douceur – je savais même pas que c'était possible – tout en me souriant.
- Ne sois pas si attristé, je n'ai pas la réponse non plus, tu sais.
Il me libère et se recule, et je reprends ma place en avalant un gâteau en silence.
Manger, occuper sa bouche pour reprendre contenance et éviter de sortir des conneries.
- Tu ne m'en veux pas, alors ? je demande, le nez dans ma tasse de chocolat.
Désolé, j'ai pas trouvé mieux…
- J'aurais préféré que ça se passe dans d'autres conditions, mais puisque tu m'as assuré que ce n'était pas une stratégie, je ne t'en veux pas. Et toi, tu regrettes ?
- Comme toi, juste les circonstances, parce que le reste... enfin, je veux dire… euh… tu vois…
Vite, un autre gâteau, et accessoirement, de l'air, que mes joues reprennent une couleur normale…
- Je vois ce que tu veux dire, oui, me répond Wufei avec un petit sourire éloquent. L'important, c'est qu' Heero nous ait pardonné. Enfin, surtout à toi.
- Tu sais, il dit qu'il n'y a rien à pardonner, vu le contexte.
- Alors vous allez vous retrouver, bientôt.
Je pose ma tasse.
- Nous retrouvez ? Non, Wufei, si c'est bien dans le sens d'être à nouveau ensemble. C'est pas possible, après ce qui s'est passé entre toi et moi dans l'espace. C'est pas arrivé sans raisons.
- Alors, c'est fini ?
- Oui. Il pense qu'on a commencé quelque chose tous les deux, là-haut, peut-être même avant, et que je devrai aller au bout de mon histoire avec toi.
- Qu'est-ce qui te dérange, Duo ?
Je soupire avant de reprendre une longue gorgée de chocolat.
- Je n'ai pas choisi, Wu. Je n'arrive pas à savoir ce que j'aurai décidé, si Heero m'avait demandé de revenir avec lui. Aurais-je choisi de le suivre lui ou de le quitter définitivement pour toi ? Tu comprends ?
- C'est toi, apparemment, qui n'as pas compris. Tu as le choix, Duo. Heero t'a donné son avis, que tu n'es pas obligé d'écouter. Tu peux rester seul ou le suivre. Tu n'as pas hésité à lui désobéir lors de certaines missions, aujourd'hui qu'il te donne un conseil et non un ordre de mission, tu penses à obéir comme à un ordre. Il serait ravi de l'apprendre !
Je repose ma tasse, surpris de ne pas avoir compris ça tout seul, tellement c'est évident…
Pt'ain, je suis tellement habitué à ce qu'Heero ait raison et qu'il ait toujours pris les bonnes décisions, que j'ai suivi son raisonnement sans broncher.
Même si, encore une fois, il a raison, et m'a proposé la meilleure solution, en apparence, je n'ai pas à faire ce qu'il m'a conseillé si ce n'est pas ce que je veux.
Je lève les yeux sur Wufei, son regard accroche le mien un long moment.
Ce que je veux ?
C'est si évident que je n'ai pas réagi aux propos d'Heero, ne protestant que faiblement.
Je veux…
… Wufei.
Je lui souris, avalant un énième gâteau sans le quitter des yeux.
Un proverbe chinois dit que le véritable chemin pour toucher le cœur d'un homme passe par son estomac…
Wufei me rend mon sourire, je crois qu'il a compris ce que moi-même je viens de réaliser, je le vois à la lueur qui traverse son regard sombre.
- Une de mes missions consiste à établir une base de Preventers sur les Colonies.
Euh… pourquoi il me dit ça, j'ai l'air de vouloir m'engager ?
Et pourquoi il change de sujet ?
Je ne le quitte pas des yeux alors qu'il repose sa tasse et se tourne complètement vers moi.
Dans son mouvement, sa mèche, toujours aussi indisciplinée, glisse de nouveau de son attache.
C'est sans aucune hésitation et sans vraiment m'en rendre compte que cette fois-là, je tends ma main pour la remettre en place.
- Je peux m'occuper de celle qu'on projette d'installer sur L2, continue-t-il. Si tu es d'accord.
Ma main se fige alors que je viens de replacer la mèche derrière son oreille.
Il a bien compris ce qui s'est passé dans ma tête.
Et moi je comprend qu'il n'a pas changé de sujet, absolument pas…
Je le regarde, il sourit, mais je sais qu'il n'est pas si sûr de lui qu'il n'y paraît.
Il a peur que je dise non.
Les mots sont parfois insuffisants pour rassurer.
Alors je pose ma main sur sa nuque et attire son visage vers le mien.
Et je pose mes lèvres sur les siennes.
Il ne tarde pas à les entrouvrir à la demande de ma langue qui les caresse, provocante.
Mais c'est lui qui approfondit notre baiser en investissant ma bouche de la sienne tout en m'attirant contre lui.
Je répond avec la même fougue, en y mettant tout ce que je ressens pour lui, même si je n'arrive pas encore à le définir.
Mais c'est très fort.
C'est un baiser passionné que nous échangeons durant un long moment, jusqu'à ce qu'on ne puisse plus respirer.
L'intensité de notre étreinte nous a fait basculés, et je me retrouve allongé sur lui.
Je dégage ses mèches qui ont glissé en nombre sur son visage et lui sourit tendrement, avant de rouler sur le côté.
Il se réinstalle aussi, et on finit par se retrouver allongés tous les deux sur le côté, face à face, l'un contre l'autre, jambes entremêlées.
J'ai une main sur son cœur, qui bat si vite, et l'autre dans son dos, qui le caresse doucement sous sa chemise.
Il a son bras sous ma tête et l'autre qui caresse ma hanche sous mon pull relevé, m'envoyant des frissons dans tout le corps.
J'ai parfois ma langue dans sa bouche et parfois la sienne dans la mienne.
J'ai ses yeux qui plonge dans les miens ou les miens qui se noient dans le puits sans fond de son regard sombre.
J'ai le cœur qui cogne si fort dans ma poitrine que j'ai l'impression de l'entendre résonner, et le sien lui répond en écho, avec la même puissance, le même rythme effréné.
Les heures qui suivent ne sont plus une succession de minutes mais de baisers et de tendres caresses.
On ne peut pas aller plus loin, parce que la nuit d'avant, c'est avec Heero que j'ai fait l'amour.
Même si ce n'était qu'un adieu, que ça ne doit pas plus compter que ça, on l'a fait.
C'est trop tôt, je me sens trop mal à l'aise pour le faire avec Wufei si tôt après l'avoir fait avec Heero.
J'ai encore des images d'Heero et moi, des pincements au cœur, des coups de chaud, je ne veux pas tout mélanger.
J'aime toujours Heero, ça ne s'efface pas, ce genre de sentiments, c'est ancré en moi.
Mais j'ai de profonds sentiments pour Wufei et je veux être avec lui, aujourd'hui.
Il me faut juste un peu de temps pour stabiliser tout ça.
Wufei me comprend et m'approuve, ça me suffit et me rassure.
Ce qui est génial, c'est qu'on ne ressent aucune frustration, on est tellement bien, dans les bras l'un de l'autre.
C'est étrange, parce que je ne pensais pas que je pourrais ressentir ça avec quelque un d'autre qu'Heero.
C'est différend.
Mais tout aussi agréable.
Tellement agréable que ça ne me dérangerais pas de rester des jours entiers comme ça…
Malheureusement, j'ai une navette à prendre.
On s'autorise un dernier câlin et il me raccompagne au spatioport.
- J'ai une chose à te confier, me dit-il alors qu'on vient de se garer.
Je referme la portière de la voiture, comme j'allais descendre.
- Je t'écoute.
- Mon obsession de Treize ne venait pas seulement de ce qu'il était le créateur d'Oz, responsable de la mort de Meiran et de la destruction de ma colonie. Vous m'avez demandé, un jour, si je le connaissais avant.
- Oui, et tu nous as juré que non.
- Non, je ne le connaissais pas avant ce premier duel sur son bateau. Mais je l'ai revu après, deux fois. En secret. Les deux fois, on s'est battus, puis on s'est aimés. Exactement comme nous deux, dans l'espace.
On m'a toujours dit que j'avais les yeux ronds, mais là, ce devait être des cercles parfaits.
Wufei et… Treize Kushrenada ?
Mais… mais… mais… c'est, enfin c'était un vrai pédophile, ce type !
Bon, j'exagère…
Ils avaient quoi… neuf ans d'écart ?
Je peux comprendre, nous n'avions de nos quinze ans que l'apparente fragilité.
Moi, j'avais un peu la connerie en plus, mais côté déconne parce que mon QI n'était pas celui d'un ado en pleine crise, mais bien d'un surdoué que je me serai bien passé d'être…
Bref, je peux comprendre que Treize avec son code d'honneur et son goût pour toutes les valeurs anciennes ait craqué pour Wufei, la Tradition incarnée, le seul survivant du réputé et respecté clan du Dragon…
Je comprend aussi Wufei, non seulement Treize était pas mal du tout, mais c'était aussi un vrai chevalier, un vrai gentleman, avec des valeurs et des principes équivalents ou presque à ceux que défend notre Dragon.
Je comprend enfin combien ça a dû être difficile de le voir mourir et d'en être responsable, même si c'était dans le cadre d'un combat loyal…
Et je lui ai fait revivre ça, lorsqu'on s'est battus et aimés dans l'espace…
Quel abruti !
- Je suis désolé, Wu…
Il me regarde, surpris.
- Pourquoi t'excuses-tu ?
- Je ne savais pas…Bien sûr, j'ai pas vraiment contrôlé ce qui s'est passé là-haut, mais bon…
- Je ne suis pas sûr que ça aurait changé quoi que ce soit. Je ne le voulais pas, avec Treize, et pourtant…
- Tu l'aimais ?
- Lors de notre dernier combat qui lui a coûté la vie, je n'ai cessé de lui répéter qu'il me faisait horreur, que je le détestais. Mais d'une manière bien particulière, je crois que oui, je l'aimais. Je ne sais pas quel forme d'amour c'était. Parce que par-dessus, il y avait toute ma haine, ma rancœur, ma soif de vengeance, et la honte d'être si faible face à l'ennemi qui avait causé tant de douleur parmi les miens.
- Et tu avais aussi peut-être un peu honte de ce que tu ressentais pour lui, tu devais bien te rendre compte qu'il t'attirait, puisque vous avez couché ensemble ? Personne ne peut te forcer, Wufei.
- Oui, j'ai été faible en lui cédant, mais aujourd'hui, je ne regrette plus de l'avoir fait. Ca fait partie des souvenirs que je garderai de cet homme qui représente beaucoup pour moi, encore aujourd'hui. Sa mort m'a bouleversé. Je respectais l'homme et la manière dont il défendait ses principes, même si je n'adhérai pas à ceux-ci.. Mais c'est fini, tout ça. Je tenais juste à ce que tu connaisses cette partie de mon passé récent, qui est importante.
- Merci de ta confiance, Wufei, merci de m'en avoir parlé.
- Je n'ai pas fait ça pour que tu te sentes obligé de dire oui, mais… est-ce que tu accepterais de me parler un peu plus de Solo, un jour ?
Je me crispe, comme à chaque fois.
- Je vous en ai déjà beaucoup dit, tu sais, même si ça vous paraît peu.
- Je sais, Duo. Sache seulement que si tu veux me parler un jour, je serais ravi d'en apprendre plus sur l'homme que j'aime.
- Même ses zones d'ombre ?
- Surtout elles. « Au lieu de maudire les ténèbres, allume donc une petite lumière.» ou on dit aussi « Il vaut mieux allumer une bougie que maudire l'obscurité. » C'est ce que tu as fait, avec nous. Tu peux continuer, même juste avec moi, tu sais.
Je lui souris avant de l'embrasser.
- Merci.
- Merci à toi. Allez, tu vas louper ta navette.
- Ca ne me dérangerai pas tant que ça, si je n'étais pas si attendu par les gosses.
On sort de la voiture et on avance jusqu'au hangar.
Je dépose mes affaires dans la soute et revient lui dire au revoir.
On se retrouve face à face.
- Cette fois, c'est l'heure.
Il hoche la tête.
- Je t'aime, Duo.
- Wufei… je… euh…
Merde, je me sens trop con...
Mon cœur bat super vite, je ressens plein de choses, mais je ne peux pas encore lui dire ces mots-là…
Je crois qu'il comprend.
Dis donc, il comprend beaucoup de choses, en ce moment…
Il pose un doigt sur mes lèvres.
- J'ai besoin de te le dire, parce que je me suis fait la promesse de ne plus jamais laisser une personne que j'aime partir sans lui avoir dit ce que je ressens avant.
Meiran… je comprends mieux.
- Je sais que tu as des sentiments forts pour moi, continue-t-il, ça me suffit. Enfin, pour l'instant.
- D'accord. Alors à bientôt, Wu.
- A très bientôt, Duo.
C'est lui qui s'approche pour m'embrasser.
Moi, j'aurai pas osé pour pas le gêner, il est très pudique.
En tout cas, ce dernier baiser est doux et chargé de promesses.
Oui, à très bientôt, Wufei…
Sur un dernier clin d'œil, je grimpe dans ma navette.
Je décolle mon visage de la petite fenêtre que lorsqu'il n'est plus qu'un point minuscule parmi tant d'autres.
Ce qu'il ne sera jamais dans ma vie, pas plus qu'Heero, Trowa et Quatre…
Notes : ma signifie n'est-ce pas, c'est vrai en chinois.
Merci d'avoir lu encore une fois ! l'épilogue dans quelques heures...
