Vous êtes vous déjà réveillés avec l'intime conviction que vous allez passer une horrible journée? Ce fut l'un de ses matins pour Willy… Le premier mot qui lui vint à l'esprit fut: « merde… ». Suite à sa conversation avec Sirius, elle avait passé une très mauvaise nuit. Elle n'avait cessé de se dire qu'elle s'était mêlée d'affaires qui ne la concernaient pas, et que maintenant que Sirius était amoureux il y avait de grandes chances pour que leur relation privilégiée n'est plus sa place. C'est donc maussade et titubante qu'elle s'extirpa de son lit. Elle se dirigea vers la salle de bain sans passer par la cuisine afin d'éviter son colocataire. Alors qu'elle se brossait les dents, elle sentit une douce torpeur l'envahir… Elle manquait affreusement de sommeil, et allait le rattraper lorsqu'elle sentit sa brosse à dents s'agiter frénétiquement dans sa bouche. Elle sursauta et ouvrit les yeux. A côtés d'elle se tenait Sirius, se rasait de sa main gauche, et tenant la brosse à dents de Willy de sa main droite.

- Continue! Lui dit il d'un air détaché, je m'occupe du reste!

Agacée et gênée, Willy arracha sa brosse à dent à son colocataire, et tourna les talons en direction de la cuisine. Alors qu'elle sortait de la salle de bain, elle entendit Sirius éclater de rire.


Sur les coups de neuf heures, alors que Willy s'apprêtait à sortir du studio, Sirius la rattrapa dans le hall.

- Attends! J'ai besoin de ton avis! Qu'Est-ce que tu en dis?

Il se tenait au milieu du couloir, en costume noir sur chemise bleue, les bras écartés, et un sourire ultra white plaqué sur le visage.

- On te croirait tout droit sorti d'un roman à l'eau de rose… Parfait pour ce que tu vas faire.

- Alors tant mieux! Au fait… Ajouta t-il avec un sourire en coin.

- Oui?

- T'as reçu du courrier.

- Et c'est ça qui te fait rire?

- Ouais… J'avais oublié ton prénom… Tout en parlant il extirpa une enveloppe de la poche intérieure de sa veste.

Willy restait silencieuse.

- Tiens, reprit il en lui tendant la lettre, « Aléthéia Boy Williams »!

- Je suis morte de rire… Railla la jeune femme.

- N'empêche qu'à force de plus l'entendre, je l'avais presque oublié… Ça veut dire quoi déjà « Aléthéia »? Demanda Sirius en riant à demi.

- Pourquoi veux tu que ça veuille dire quelque chose?

- N'élude pas ma question, je me souviens te l'avoir entendu expliquer à James!

La jeune femme leva les yeux au ciel.

- Ça veut dire « la vérité », « le dévoilement »… Voilà, heureux « Sirius »?

- Ah oui voilà… Et pourquoi « Boy »?

- Personne n'a choisi, c'est la première partie de mon nom de famille.

- Comme quoi… Même après un an de vie commune, on en apprend toujours sur l'autre!

- Presque un an.

- Oui, presque… Bon, moi je me lance! A plus tard, Aléthéia…

Et sans prévenir, il passa derrière la jeune femme, lui colla un baiser sonore sur la joue, et ferma la porte derrière lui. Willy resta au milieu de l'entrée, avec sac, manteau et sac à main sur les bras.


- Madame, je…

- Peu m'importe ce que vous aurez à en dire! C'est votre travail! Alors faites le!

- Madame, la pleine lune est dans une semaine, d'ici là j'aurais trouvé le moyen de…

- Je ne supporte pas qu'on me réponde mademoiselle! Où est votre supérieure? Ça ne se passera pas comme ça…

Willy inspira profondément, et répondit d'une voix posée;

- Mrs Kreekenvolt est absente aujourd'hui.

- Ça ne se passera pas comme ça!

- Je sais… Vous l'avez déjà dit. Répliqua Willy, le regard noir.

La femme prit un air pincé, tourna les talons, et sortit de la boutique en claquant la porte.

Restée seule, Willy se détendit un peu. Quelle sale journée… Derrière son comptoir, elle sentit ses jambes flageoler sous elle. Elle manquait vraiment de sommeil. Tenir la boutique seule, n'était pas aussi facile que cela en avait l'air, et elle commençait même à regretter Mrs Kreekenvolt et son aérophagie… Alors qu'elle commençait juste à retrouver le sourire, la clochette de l'entrée tinta…

Une fine silhouette encapuchonnée pénétra dans la boutique.

- Bonjour… Salua poliment Willy en remettant nerveusement une mèche de cheveux dans son chignon.

L'individu ne répondit pas, mais rejeta sa capuche en arrière. Il s'agissait en fait d'une jeune femme, d'environ l'âge de Willy, grande et élancée, très brune, et possédant de splendides yeux de chat. Elle avait une beauté glacée, mais stupéfiante.

- Aléthéia?

Sa voix était profonde et étonnement grave pour une femme, surtout si jeune.

- Oui…? On se connaît?

La jeune femme eut un sourire qui glaça le sang de Willy.

- Non. Pas encore.

- Je peux vous aider?

- Peut être… Je suis Bellatrix Black. La cousine de Sirius. Peut être vous a-t-il parlé de moi?

- Euh… 'Fin… Oui! Balbutia Willy. Sirius avait en effet mentionné sa cousine, mais comme étant une sadique frigide…

A nouveau, Bellatrix sourit.

- Si je suis ici, reprit elle, c'est pour vous prévenir.

- Me… Me prévenir?

- Oui. Sirius va partir.

- Je… Pardon?

- Vous avez très bien compris. Il va partir, et je vous demande de ne pas le retenir.

- Je ne vous suis pas… Où Sirius va-t-il partir?

- Là n'est pas la question. Encore une fois, je vous demande de ne pas vous interposer. Ni de lui parler de ma visite.

- Et pourquoi Est-ce que je…

Bellatrix s'était rapprochée brusquement du comptoir.

- En fait non! Je ne le vous demande pas. Je vous l'ordonne.

Willy sentit la moutarde lui monter au nez. Elle fit le tour du présentoir, et s'avança vers Bellatrix.

- DEHORS! Sortez de ma boutique!!! IMMEDIATEMENT!

Elle voulu se saisir du bras de la sorcière brune, mais à peine l'eut elle effleuré qu'une douleur terrible lui traversa le corps. Elle voulut hurler, mais son cri s'étouffa dans sa gorge. Sa vue se brouilla, et elle sentit ses jambes se dérober sous elle. Puis, plus rien.

Lorsqu'elle rouvrit les yeux, Willy était effondrée sur le sol de la boutique plongée dans les ténèbres. Dehors il faisait nuit. Une douleur lancinantes lui vrillait les tempes, et lorsqu'elle porta sa main à son crâne, elle sentit un liquide visqueux lui encoller les cheveux.

- Je saigne…

Tout lui revint alors en mémoire: Bellatrix, la dispute, le maléfice… Sa tête avait dû heurter le sol lorsqu'elle s'était évanouie. Tant bien que mal, Willy se redressa. Plus que la douleur physique, c'était la douleur morale qui l'empêchait de se tenir debout. Elle se sentait faible et humiliée. Des larmes perlèrent à ses paupières. Avec difficulté, elle enfila son manteau et ferma la boutique. Sur le chemin de Traverse, tout les gens qu'elle croisait la regardait comme si elle avait un niffleur perché sur la tête. Jamais elle ne se sentit aussi seule…


Lorsqu'elle pénétra dans l'appartement après que le magicobus l'ait déposée, elle sentit immédiatement que quelque chose clochait. Pour elle, la journée n'était pas encore achevée…

Ses craintes furent confirmées lorsqu'elle vit Sirius sortir de sa chambre, complètement nu et sifflotant gaiement. Arrivé au milieu du couloir, il stoppa net, et tourna la tête en direction de Willy. Il eut un violent sursaut.

- Willy?! S'écria-t-il rougissant jusqu'aux oreilles.

Il se saisit alors du premier objet qui lui tomba sous la main - à savoir un vase de fleurs- et s'en servit comme cache-sexe.

- Je peux savoir ce que tu faisais dans ma chambre? Interrogea la jeune femme, folle de rage.

-Je… Sirius remarqua alors le piètre état dans lequel se trouvait sa colocataire, ainsi que la blessure sanguinolente qu'elle avait à la tempe.

- Mon Dieu, reprit il, mais qu'Est-ce qu'il t'est arrivé?!

Un bruit de verre brisé et un hurlement de terreur provint alors de la chambre de Willy. Celle-ci s'y précipita.

- Attends! S'écria Sirius, tentant de la rattraper.

- Laisse moi!

- Les hôtels étaient blindés, et elle voulu le faire dans chaque pièce de l'appartement!

Lorsqu'elle pénétra dans sa chambrette, Willy y trouva d'abord son lit complètement défait, puis une jeune fille portant son peignoir, recroquevillée sur le sol près de son bureau, se tenant le nez de ses deux mains. Elle était entourée de nombreux débris de verre.

En un instant, Willy compris la situation.

- Viens vite m'aider! Cria-t-elle à Sirius.

A deux, ils relevèrent la fameuse Daisy, et l'obligèrent à retirer les mains de son visage. La jeune femme tremblait et gémissait à fendre l'âme. Lorsque son nez fut découvert, Willy découvrit avec horreur qu'il avait déjà pris la forme d'une racine de mandragore…

- Oh non… Ne vous inquiétez pas! Je vais arranger ça.

Elle se saisit alors d'une petite fiole qui avait été posée sur une étagère au dessus de son bureau.

- J'aime autant vous prévenir, il y une chance sur deux pour que votre nez explose littéralement, je n'ai pas encore eut le temps de la tester… Mais c'est la seule solution…

Daisy, à l'idée que son nez puisse exploser avait pousser un couinement de bête apeurée. Mais avant qu'elle n'ait pu opposer une quelconque résistance, Willy avait fait signe à Sirius de lui tenir les mains, et la sorcière pulvérisait déjà, à l'aide d'une pipette, la potion dans son nez.

D'abord, ledit nez sembla enfler, puis rétrécir jusqu'à être microscopique. Puis, d'un seul coup, il s'allongea et éjecta le petit cadavre bleu du mille patte cobaye, pour enfin retrouver sa forme normale.

Il y eut d'abord un silence glacé dans la chambre, puis Daisy se mit à hurler:

- MAIS QU'EST-CE QUE VOUS ÊTES AU JUSTE?!!

Willy regarda Sirius, hébétée.

- Attends une seconde… C'est une moldue?

- UNE QUOI?! Se remit à hurler Daisy.

- Bah… Oui, un peu…

- Je peux pas le croire! Tu as amené une moldue ici?!

- UNE MOLLE DU QUOI?!?

- Je ne pensais pas qu'elle…

- Mais c'est bien ça le problème Black!!! Tu ne penses pas!!!

Comme une seule femme, Willy et Daisy sortirent de la chambre. L'une se précipita hors de l'appartement après s'être saisie de ses vêtements, et l'autre s'enferma dans la salle de bain où elle laissa libre cours à ses larmes… La journée était enfin finie pour Aléthéia Boy Williams…


Bonne chance à tous ceux qui passent leur BAC durant la semaine!!!