Sirius avait enfilé un jean en vitesse et avait couru après… Daisy. Lorsqu'il remonta à l'appartement, il se précipita dans la salle de bain. Mais elle était vide. Le jeune homme eut un moment de panique durant lequel il s'imagina que Willy était définitivement partie. Ce n'est qu'en revenant sur ses pas qu'il vit que sa colocataire n'avait pas quitté le studio, mais se trouvait dans sa chambre, et changeait ses draps. Elle avait ouvert toutes les fenêtre de l'appartement, mais n'avait même pas pris la peine d'ôter son manteau. Elle semblait dans le vague et très mal en point. Du sang coagulé plaquait ses cheveux sur sa tempe droite, elle était très pâle et ses mains tremblaient.

- Willy? J'aurais pas dû… Je suis désolé. Je me suis débrouillé pour effacer mon image de sa mémoire. C'est fini. Je la reverrais plus.

La jeune femme eut un sourire mauvais.

- Oh… Pauvre Sirius! Tu m'envois navrée! J'en pleurerais!

Le jeune homme baissa les yeux.

- Je l'aimais…

Willy se figea. D'un geste violent, elle rejeta tous ses draps au bout de son lit.

- Tu l'aimais?! Comment pourrais tu aimer alors que tu ignores le sens même du mot « amitié »?!

Les larmes et du même coup son maquillage, s'étaient mis à couler sur les joues de la jeune fille.

- Je t'ai donné mon amitié Willy…

- Alors peut être aurais tu mieux fait de me donner ton respect. Sors d'ici maintenant.

- Bon sang mais qu'Est-ce qui te prend à la fin?! Explosa Sirius, tu crois pas que ta réaction est un peu disproportionnée?!

- SORS! Hurla Willy, hors d'elle.

Les mâchoires du jeune homme se contractèrent violement. Durant un instant, il sembla chercher quelque chose à redire, mais il finit par faire demi tour, et sortir de la chambre de sa colocataire.

Cette nuit là, ils ne dormirent pas. Willy ne cessa de pleurer tout en se repassant le film de sa journée. Elle se sentait seule, humiliée et désemparée. Sirius, quant à lui, passa sa nuit à la fenêtre, à observer Londres dont les lumières s'étendaient à perte de vue. Que pouvait bien faire Daisy à cet instant?

Les semaines passèrent. Le temps passa sur les rancoeurs et les disputes, les atténua sans pour autant les effacer. Progressivement, Sirius sembla oublier Daisy. Le défilé de ses conquêtes reprit à l'appartement. Willy jamais ne lui parla de la visite de sa cousine. Elle-même faisait son possible pour l'oublier. En surface, les choses semblaient avoir reprit leur cours normal. Mais en profondeur, Willy en voulait énormément à Sirius de ne pas s'être plus inquiété le soir de son agression et de lui avoir préféré Daisy. Elle lui en voulait d'autant plus que depuis, jamais il ne l'avait interrogé au sujet de la blessure qu'elle avait à la tempe. Mais elle n'était pas la seule à éprouver de la rancune. Sirius de son côté tenait Willy pour responsable de sa « rupture » avec Daisy. C'est pour cette raison qu'il avait fait mine de ne pas remarquer l'état physique et moral pitoyable où se trouvait sa colocataire…

Un après midi, alors que Willy se trouvait seule à l'appartement, on sonna à la porte… Après avoir pesté contre l'importun qui l'interrompait en pleine lecture, la jeune femme se leva et alla ouvrir la porte. Quelle ne fut pas sa stupeur lorsqu'elle se retrouva face à un garçon inconnu, d'environ son âge, blond comme les blés, très élégant, et affichant un sourire qui lui était familier…

- Euh… Oui?

- Excusez moi, j'ai dû faire une erreur…

Sa voix était chaude et basse. Willy s'en sentit comme envoûtée…

- Je peux peut être vous aider dans ce cas? Se risqua audacieusement la sorcière.

- Je vous remercie, (son sourire était de plus en plus engageant, et Willy se sentait fondre…) sauriez vous m'indiquer l'appartement de Sirius Black?

- C'est ici même! Déclara la jeune femme, soudainement très heureuse d'habiter là.

- Oh! Mais oui! Bien sûr… Vous devez donc être Aléthéia?

Ladite Aléthéia serra les dents.

- Appelez moi Willy, c'est préférable, dit elle en lui tendant la main.

- Je suis Regulus Black, le frère de Sirius, se présenta-t-il en serrant la main qu'elle lui tendait.

Willy eut un instant de doute. Sirius n'avait jamais vraiment parlé de sa famille, mais lorsqu'il l'avait fait, il l'avait présenté comme « une bande de dangereux tarés fanatiques et psychopathes. » Cela c'était rapidement confirmé lors de la rencontre avec Bellatrix, mais Regulus était bien trop charmant, bien trop gentleman… Il ne pouvait être que l'exception qui confirme la règle!C'est donc rassurée, et souriante que Willy invita Regulus à entrer et à attendre son frère.

- Non, je ne voudrais surtout pas vous déranger!

- Mais vous ne me dérangez pas du tout! Insista-t-elle.

- Non je vous assure, merci encore Willy. J'ai été très heureux de faire votre connaissance. Je repasserais un autre jour…

- Très bien, comme vous préférez…

- A très bientôt Willy, et merci de ton accueil!

Après lui avoir sourit une dernière fois, Regulus laissa la jeune femme sur le pas de sa porte. Ce ne fut que lorsqu'il fut hors de son champ de vision que Willy réalisa. Elle s'élança dans la cage d'escalier, mais le jeune homme avait déjà disparut… Comment diable savait il son nom?

Quelques minutes plus tard, Regulus pénétra dans l'allée des embrumes. Le jeune homme avenant qui avait charmé Willy quelques instants plus tôt avait fait place à un garçon au regard sombre et au visage austère. Une aura de haine et de mépris se dégageait de tout son être. Après avoir regardé attentivement autour de lui, il bifurqua soudainement dans une ruelle sombre et encombrée de détritus. Là, une jeune femme brune portant une cape à large capuche, l'attendait.

- Alors?! Comment ça s'est passé? Demanda-t-elle d'une voix où perçait l'impatience.

- Il était absent.

- Oh non…On s'y prend vraiment comme des débutants…

- Oui, et ça ne risque pas de s'arranger si tu me fournis des informations fausses! S'exclama Regulus en lançant un regard noir à sa cousine.

- De quoi tu parles au juste?

- Bellatrix! Tu m'avais décrit Aléthéia comme étant une horrible vache molle et acéphale!


- C'est deux tablettes de chocolat.

- Et alors? Si j'en mets trois ça sera meilleur…

Sirius et Willy se trouvaient dans leur minuscule cuisine, et la jeune femme tentait d'inculquer les bases de la pâtisserie à son colocataire.

- Non, ça sera juste loupé.

- A vos ordres, j'enlève la troisième.

- Il faut un verre d'eau maintenant, tu t'en occupes?

- aguamenti!

- Non! Merde Black! On avait dit pas de magie!

- Oh! Pourquoi?

- Mais parce que!

- Comme tu es constructive…

- Parce que ça dénature tout! Voilà pourquoi! On fait de la pâtisserie pas de la magie!

- Bon très bien! D'accord! De toute façon je ne pense pas être fait pour ce gente d'activités… Je vais m'asseoir là, et te regarder faire.

Joignant le geste à la parole, Sirius débarrassa ses manches de la farine qui les maculait, et alla s'installer à l'angle de la table, où il se mit à regarder Willy fixement.

- Commence pas à m'agacer…

- T'agacer? Mais comment pourrais je faire ça? Demanda-t-il, l'air innocent.

- Tu me regardes! Ça m'énerve!

- Et ça… Ça t'agaces? Provoqua Sirius en lançant une pincée de farine sur Willy.

Celle-ci ferma les yeux et prit une profonde inspiration.

- Je sais parfaitement ce que tu essayes de faire: tu n'y arriveras pas.

- Ah oui? Demanda malicieusement le jeune homme en lançant cette fois ci une poignée de sucre sur sa colocataire.

- Ok, t'as gagné, abdiqua celle-ci.

Sans plus perdre de temps, elle se saisit du verre doseur qui contenait la farine. S'en suivit une bataille alimentaire sans pitié. Le combat fut rude jusqu'à ce que Willy glisse dans une flaque de blanc d'œufs et s'étale de tout son long sur le sol de la cuisine. Sirius éclata de rire.

- C'est de ta faute… Gémit Willy.

- J'ai déjà entendu ça… Répliqua Sirius en lui tendant la main.

Mais au lieu de la prendre pour se relever, la jeune femme tira sur la main du sorcier, le faisant glisser à son tour.

- Nous voilà quittes! S'exclama la jeune femme en tentant de se relever. Mais Sirius ne l'entendit pas ainsi. Avant qu'elle n'est pu se remettre sur pieds, il la saisit par la taille, et la fit à nouveau basculer au sol. Puis, sans lui laisser le temps de réagir, il s'allongea sur elle, la bloquant de tout son poids.

- T'es vraiment maladroite… La nargua-t-il.

La jeune femme, gênée par la situation, ne sut quoi répliquer. Devant le trouble grandissant de Willy, Sirius se mit à sourire d'un air moqueur. Il replaça une mèche de cheveux blanchit par la farine, derrière l'oreille de la jeune femme, puis sans cesser de sourire, il susurra au creux de son oreille:

- Quoi de neuf Boy?

La gêne de Willy se dissipa instantanément: elle allait renverser la situation.

- Ton frère est passé.

Contre sa poitrine, la jeune femme sentit Sirius bloquer sa respiration.

- On a rapidement fait connaissance. C'est un garçon charmant.

- Je… Tu… Regulus?

- Bien sûr! Tu n'as qu'un frère non?

- Charmant?

- Oui, très. Il a dit qu'il repasserait pour te voir.

Lentement, le jeune homme libéra Willy, et s'assit à ses côtés.

- Merde… QU'Est-ce qu'ils sont en train de préparer…

- Mais t'es parano! Il est juste venu pour prendre de tes nouvelles…

Sirius tourna brusquement la tête vers Willy.

- Ça fait quatre ans que je n'ai pas vu ma famille, et que je m'en porte très bien! Et aujourd'hui, Regulus viendrait pour une simple visite de courtoisie? C'est ridicule!Tu ne les connais pas Willy, tu ignores de quoi ils sont capables, et tu ne peux même pas l'imaginer. Si jamais il repasse en mon absence ne lui ouvre surtout pas. C'est compris?

- Tu ne penses pas que tu…

- C'EST COMPRIS?!

Devant l'air furieux de Sirius, Willy ne put qu'opiner vigoureusement du chef.

Ils n'échangèrent pas un mot de la soirée. Willy savait que Sirius avait été chamboulé par l'annonce de la venue de son frère cadet. Il paraissait inquiet et en colère à la fois. Willy quant à elle ne savait que faire, et n'osait pas lui parler…