Étape 5

Lorsqu'il se réveilla, il n'ouvrit pas immédiatement les yeux. Son petit rituel matinal était simple mais apaisant. Avant d'entrevoir le monde tel que le percevaient ses iris sombres, il essayait de le redécouvrir par ses autres sens. Ainsi, il avait l'impression que son univers était moins pourri.

Le ressac de la mer lui parvenait étouffé mais immuable. Le clapotis de l'eau qui s'écoulait incessamment dans la grotte ressemblait à une mélodie cristalline. Le vent qui s'engouffrait dans les corridors étroits hurlait comme une âme tourmentée. Plus près de lui un souffle doux et régulier s'opposait à ces clameurs effrayantes par sa sérénité. Il imposait un rythme apaisant à son cœur qui n'avait plus été si détendu depuis un millier d'éternité. Tout autour de lui, l'air mordant attaquait son épiderme en petit pique aigu. Seul contre son cou s'écoulait une chaleur moite...

Il n'était pas seul dans son lit, il le savait parfaitement. La veille au soir, Hinata s'était endormie dans ses bras. Après avoir tant pleuré, toute sa tension s'était relâchée, si bien qu'avant qu'il ne s'en rende compte, elle reposait à ses côtés. Le visage contre son torse et une main serrant possessivement sa taille. Il ignorait exactement par quel miracle, mais au contact de cette fille, il s'était lui-même tant relaxé, qu'il s'était endormi. Une erreur qui aurait pu leur être fatale dans une situation comme la leur. Ils étaient en plein territoire ennemis, l'un des nukenins les soupçonnait et avait peut-être même déjà pénétré une première fois dans cette chambre... ils auraient dû se montrer bien plus vigilants... Pourtant... Depuis combien de temps n'avait-il pas si bien dormi ? Aucun visage suppliant n'avait hanté ses rêves... Il n'avait pas entendu le rire fou de son frère au creux de son oreille... Aucune voix pathétique ne l'avait imploré avant de se fondre dans le silence immobile d'une nuit sans fin...

Il sourit avant d'ouvrir doucement les yeux. Ce matin-là, contrairement à tous les autres, sa petite bulle égoïste lui parût moins sombre qu'à l'ordinaire. Ne pas garder les traces de ses remords imprimés sur la rétine avait éclairé ses perspectives. Il remplit ses poumons d'air et remua un peu. Tout contre lui, Hinata grogna et resserra son étreinte. Il la détailla. Ses cheveux en bataille étaient éparpillés sur le tee-shirt du garçon. Son visage zébré par le tissus contre lequel elle avait dormi, semblait totalement décrispé. Elle était à des kilomètres de lui et de la réalité, vulnérable face à toute attaque. Elle lui avait accordé sa totale confiance... à juste titre. Il avait très envie d'elle et aurait pu profiter de la situation cent fois au long de cette nuit... mais il avait été incapable de la toucher. Il soupira, cette fille était plus dangereuse qu'elle n'y paraissait. Nul doute qu'elle était une sorcière et lui avait jeté un sort. Où pouvait-on voir Sasuke Uchiwa se laisser attendrir par une fille ?

En pensant à la soirée précédente, il fut envahi d'appréhension. Le baiser qu'il lui avait offert avait été spécial pour lui. Il n'avait jamais été si tendre avec une fille. Jamais il n'avait été électrisé par de chastes contacts... Il était effrayé, il ne se reconnaissait pas. Elle le déboussolait totalement. Il ne pouvait pas se laisser aller à tant de douceur, sinon que deviendrait-il ? S'il n'était plus le guerrier froid, sans attache, sans peur, sans sentiment... que serait-il ? Il devait mettre un terme à cette déchéance, avant même qu'il n'y ait un commencement. Il n'aurait qu'à dire à Hinata qu'il s'était joué d'elle. Il se ferait passer pour le salop qu'il avait toujours été. Il lui dirait que rien de ce qui n'avait été dit ou fait devait sortir de ces lieux... et elle l'oublierait. Il sentit un poids au fond de son estomac en pensant ses mots...

Elle voulut soulever ses paupières, mais elles étaient encore bien trop lourdes. Elle n'avait pas envi d'insister, elle était si bien ainsi dans l'étau chaud de sa torpeur. Elle ressentait une étoffe douce et tiède tout contre son visage. Elle frotta un peu sa joue contre le tissu pour mieux ressentir encore son contact chaleureux. L'odeur qui s'en dégageait n'était pas forcément agréable. La terre, les épices et la transpiration se mêlaient, créant une fragrance spéciale, ni agréable, ni insupportable. Bien sûr la sueur n'était pas une senteur particulièrement confortable pour son nez sensible, mais elle lui rappelait avec certitude qu'elle n'était pas seule. Elle était serrée contre un homme qui l'entourait tendrement de ses bras. Lentement, mais sûrement, les mots firent leur chemin vers son cerveau engourdi : serrée... bras... contre... homme... homme ?

Elle ouvrit brusquement les yeux, repoussa celui contre qui elle se trouvait et bondit à l'autre bout du lit, se recroquevilla sur elle-même pour finalement le regarder avec des yeux d'animal traqué. Sasuke se redressa précautionneusement en massant son bras endolori par le coup de la jeune femme. Peu à peu, les souvenirs de la veille s'imposèrent à sa mémoire, lui faisant prendre une jolie couleur rosée. Elle se mordit les lèvres. Si son père apprenait qu'elle avait passé la nuit dans les bras d'un homme, il la répudierait, la torturerait avant de l'assassiner sans autre forme de procès... ou peut-être exagérait-elle un peu. Mais nul doute qu'Hiashi la renierait. À bien des égards, son père était encore très traditionnaliste, pour ne pas dire arriéré, et l'idée qu'il se faisait des relations homme-femme était de celles qui étaient restées bloquées à la case Moyen-âge. Elle n'eut pas l'occasion de penser plus à sa situation car son coéquipier engagea la conversation.

Dès que Hinata l'avait relâché, il en avait profité pour se lever et s'étirer de tout son long. Il avait eu le temps de réfléchir, entre son propre réveil et celui de la jeune femme. Il se sentait sûr de lui et ne concevait, de toutes manières, aucune autre perspective. Elle allait peut-être le haïr, il allait sûrement la perdre à jamais, mais il ne savait pas comment faire autrement. Il ne se retourna pas, craignant plus que tout de se laisser attendrir par cette fille, et se mit à parler d'une voix égale :

- On rentre aujourd'hui à Konoha. Mais deux choses avant... D'abord, à propos d'hier soir, on oublie ! On dira que la soirée a été bizarre pour tous les deux et qu'on s'est laissé emporter. Quand je t'ai embrassé, s'était un geste dans le feu de l'action, ça ne signifiait rien, pas de quoi en faire un affaire d'état. Donc je propose qu'on fasse comme si c'était rien passé...

- Il s'est passé quelque chose hier soir ?

Surpris, Sasuke se retourna brusquement pour croiser le sourire taquin de la brune. Elle avait l'air détendu, et il se douta immédiatement qu'ils s'étaient parfaitement compris. Pourtant, il voyait un voile de tristesse au fond des iris laiteux de sa partenaire. Malgré tout, quand elle prit la parole, sa voix était ferme et espiègle... peut-être un peu trop assurée pour être naturelle :

- Je ne vous parlerez plus de ça, je vous le promets. Je ne tiens pas non plus à ce qu'on le sache au village, père est strict. Je suis ravie que vous en ayez parlez avant moi, je ne savais comment aborder le sujet...

En dépit de ces jolis mots, son estomac était contracté et son cœur en peine. Elle avait espéré... Elle aurait voulu... quoi au fait ? Qu'il se comporte comme un amoureux ? Qu'il la serre contre lui ? Qu'il l'embrasse avec tendresse ? Qu'il lui déclare un amour passionné ? Qu'il lui jure un amour éternel ? Qu'il la demandât en mariage ? Mais n'était-ce pas de Sasuke Uchiwa dont il était question ? Ne devait-elle pas déjà s'estimer heureuse qu'il lui adressât encore la parole ? N'était-il pas déjà fabuleux qu'il ait l'extrême l'obligeance de lui donner la moindre explication sur leur drôle de mésaventure ? Elle n'avait rien à attendre d'un garçon qui n'avait jamais eu la plus petite attention pour elle. Elle devait se remettre les idées en place. Il n'était pas fait pour elle. Elle n'était pas faite pour lui. Ils s'étaient retrouvés coéquipiers par hasard et s'oublieraient dès que leur mission serait achevée. Point, fin de l'histoire. Il n'y avait rien de plus à ajouter... Alors pourquoi souffrait-elle tant ?

Sasuke regretta immédiatement d'avoir posé ses yeux sur elle. La douleur suintait de tous les pores de sa peau et il mourait d'envie de la réconforter. Cependant il ne pouvait pas, pas après les paroles qu'ils venaient de prononcer tous les deux. Il fit un effort surhumain pour se reprendre, se détourna une fois de plus d'elle et reprit, pour dissiper la gêne qui s'installait.

- Puisqu'on pense tous les deux pareil c'est parfait ! On passe à autre chose.

Elle acquiesça, mais Sasuke ne put le voir. Il continua le discours qu'il avait longuement préparé :

- J'ai essayé de me remémorer les infos que j'ai emmagasinées grâce au Sharingan. Si j'en crois le journal d'Hakkai, il a l'intention d'attaquer d'ici une semaine. Ils sont prêt... enfin presque... Ce qui nous laisse peu de temps... Quand on sait qu'en courant jour et nuit, il nous faudra trois jours pour rejoindre Konoha, que l'Hokage devra retransmettre l'info à Suna et que chacun devra s'organiser de son côté, ça me paraît juste...

- Vous... je... Ne... ne serait-il pas... possible de... de nous séparer ? L'un irait à Suna et l'autre à Konoha...

- J'y ai pensé bien sûr, mais même là ça me paraît dur... de nous deux, je suis le plus rapide, et même en ne me reposant pas et en allant au maximum de ma vitesse, je devrai n'être à Suna que dans cinq jours, ce qui laissera pas assez de temps à Gaara pour se préparer à l'attaque...

- Alors que... que pensez-vous faire ?

- Sabotage... si je m'y prends bien... on peut gagner deux jours... c'est pas énorme, mais ça nous laissera une marge de manœuvre... j'irai directement à Suna, je pense que babaa-sama (1) ne m'en voudra pas... Toi t'iras la mettre au courant... mais il faut qu'on parte ensemble, sinon celui qui va rester sera emmerdé...

- Bien... mais... mais que... que comptez-vous faire ?

- T'inquiète... on se donne rendez-vous à midi dans ta cuisine, je pense pas pouvoir me libérer avant, Hakkai m'a réquisitionné pour la chasse...

- Chasse?...

- C'est le jour de l'approvisionnement. Je suppose que s'il veut attaquer Suna dans sept jours il voudra partir demain ou après demain, c'est sans doute le dernier approvisionnement avant qu'ils se mettent à marcher vers Kaze no Kuni...

- Bien...

- Tiens toi prête pour midi, il va falloir qu'on détale à toute allure...

Après avoir jeté un ultime coup d'œil pour s'assurer de sa solitude, Hinata se glissa subrepticement par la porte qu'elle avait à demi ouverte. Elle venait de pénétrer dans la chambre d'Hakkai.

Depuis le début de la matinée, elle errait dans le repaire dans l'attente d'une occasion comme celle-ci. Il restait peu d'hommes dans les couloirs, la majorité d'entre eux s'étant rendu au ravitaillement. Ceux qui n'étaient pas à la chasse étaient allés acheter du riz et de l'alcool au village le plus proche. Elle ne savait pas très bien d'où venait l'argent, mais les soupçonnait fortement de détrousser les malheureux qui s'aventuraient trop profondément dans la forêt. Elle était révoltée par ce genre de pratique, mais qu'importait à présent, car bientôt ils seraient punis pour tous leurs forfaits.

Donc, il devait rester cinq ou six hommes tout au plus dans la grotte. Pourtant Hinata ne s'était jamais autant sentie surveillée. Elle avait surpris des conversations entre les mercenaires. La plupart d'entre eux brûlaient de savoir ce qui s'était passé entre Sasuke et elle la nuit précédente. Ils n'osaient pas interroger le taciturne brun et savait qu'il n'obtiendrait rien de la muette servante. Ils ne leur restaient alors qu'à les observer et à disserter sur le sujet, pour imaginer toutes les perversités que le garçon avait pu inventer pour se satisfaire. Elle était vraiment très embarrassée par la situation. Non seulement elle était le point de mire de toute la grotte, mais en plus, ils se trompaient totalement sur leur compte. Il ne s'était rien passé d'inavouable, Sasuke avait été correct et elle s'était endormie comme une bienheureuse... Elle ne pouvait évidemment pas le leur avouer, leur couverture en dépendait... Elle devait donc faire avec les regards en dessous, les chuchotis surexcités, les blagues graveleuses et autres gracieusetés du même ton. Si, en temps normal, tout ce cirque lui aurait paru un peu lourd mais supportable, à cet instant ils ne l'arrangeaient vraiment pas. Il lui avait fallu des heures pour se retrouver enfin seule et tenter une incursion dans la chambre du chef rouge...

Elle jeta un coup d'œil à l'espace autour d'elle. La pièce était tout aussi sommairement meublée que celle où elle avait passé la nuit avec Sasuke. Un matelas de paille et de tissus était posé à même le sol. Dans un coin un tabouret en bois grossièrement taillé était presque entièrement dissimulé sous des masses de vêtements. Une malle simple mais assez imposante était disposée juste à côté de lui. Elle n'eut pas besoin de s'en approcher pour le savoir, le coffre était hermétiquement clos et un cadenas en fer en interdisait l'accès. Non loin, une boule de tissuschiffonnés gardait les traces de la nuit qu'Hotaru y avait passé... et enfin, elle vit ce qu'elle cherchait. Les affaires personnelles du chef étaient vomies au sol par un sac oublié là. Elle souffla et se mit à l'œuvre.

Son premier réflexe fut de se barricader dans la chambre. Elle s'approcha de la lourde malle, concentra son chakra dans ses bras et put la soulever sans trop de diffcultés. Elle n'était pas aussi douée que Tsunade ou Sakura pour ses exercices de forces, mais elle avait appris à se débrouiller de son mieux pour combler les lacunes de son corps frêle. Ainsi, elle fut capable de porter le pesant objet jusqu'à la porte et en bloquer l'accès. Dès que ce fut fait, elle se dirigea vers les effets de Hakkai. Elle cherchait un objet bien précis. Elle avait appris, durant ces quelques jours passés avec les nukenins, que les particularités physiques d'Hakkai, notamment ses cheveux et ses yeux rouges, étaient dues à son ascendance. Il était l'un des derniers représentants d'une lignée héréditaire de Tsuchi no kuni (2). Mais sa pigmentation carmine n'était pas la seule particularité de cette lignée. Leur pouvoir ne se déclarait qu'assez tardivement et dès l'instant où il se manifestait, le restant de leur vie n'était que décrépitude et déchéance. Malgré la jeunesse de ses traits, Hakkai n'avait plus qu'une dizaine d'année à vivre... au maximum. Aux dires de ses plus proches guerriers, sa peau avait déjà commencé à se décomposer sous ses vêtements, conséquence directe de ses jutsus surpuissants. Ils lui rongeaient la peau et il n'existait qu'un moyen d'atténuer leur effet...

Hinata brandit un petit pot en porcelaine fine qui était précieusement emmitouflé dans de la soie rouge. Hakkai n'avait que ce baume pour calmer sa maladie. Il en prenait particulièrement soin, car seule une guérisseuse de son pays natale en connaissait le secret et qu'il n'avait pas toujours l'occasion de lui rendre visite. La jeune femme eu un pincement au cœur. Hakkai n'était pas un homme mauvais, juste trop ambitieux peut-être. Il n'était qu'une vie éphémère qui, refusant de disparaître dans l'oubli, voulait inscrire son nom dans l'histoire, par n'importe quel moyen. Elle se blâmait pour ce geste, mais n'avait guère le choix. Elle était fidèle à son Hokage, à son pays et à ses alliés. Elle ferma les yeux, se concentra sur ses objectifs et porta une main à l'encolure de sa tunique. Elle la fit glisser de ses épaules, puis retira son soutien-gorge. Elle prit le sous-vêtement entre ses doigts fins, et en examina de près l'un des bonnets. Elle passa son auriculaire dans une petite fente proche de la baleine et d'un geste sec tira le tissu. Dans un crissement sec, la fermeture céda et découvrit le contenu du vêtement. En guise de rembourrage, ce soutien-gorge était fourré d'une multitude petit sachet rempli de poudres de différentes couleurs ou d'herbes sèches. Hinata était une herboriste de talent, elle pouvait tuer ou soigner, selon son bon vouloir, à l'aide de quelques feuilles. Elle s'était toujours plus ou moins intéressée aux effets des plantes, mais avait gardé son don caché jusqu'à ce que Tsunade la forçât à l'exploiter pour ses missions. Depuis, elle gardait toujours un certain nombre de produit dans un endroit sûr, comme celui-ci.

Elle s'était décidé à empoisonner la crème de Hakkai suite à sa discussion avec Sasuke le matin-même. Ils devaient gagner du temps pour alerter les autorités nécessaires, mais ce mauvais coéquipier égoïste refusait de lui dévoiler son plan. « Contente toi de leur faire la popote et sois là à midi, avait-il craché d'un ton froid, je m'occupe du reste. » Pourtant, elle ne pouvait décemment pas lui faire aveuglément confiance. Si pour une raison quelconque, indépendante de leur volonté, il ne parvenait pas à mener à bien son plan qu'adviendrait-il alors ? Le Junnin avait bien trop l'habitude d'agir en solitaire et avait oublié le sens des mots « travail d'équipe ». La sage Hinata avait donc décidé de prendre quelques précautions supplémentaires.

Elle ouvrit le baume d'Hakkai et le sentit pour en déterminer la composition. Il lui fallut quelques minutes pour que le nom de tous les ingrédients lui viennent à l'esprit et elle choisit l'une ses poudres en conséquence. Celle qu'elle versa dans le produit ne serait pas réellement dangereuse pour la santé du chef rouge. Il aurait juste quelques coliques, durant quelques jours. C'était un poison à pénétration cutanée, il n'en sentirait donc les effets que deux à trois jours après le départ des ninjas de Konoha. Avec un peu de chance, il ne ferait pas le lien entre ses problèmes intestinaux et les deux traîtres. Elle tira une des ses aiguilles d'acupuncture de sa manche et touilla énergiquement le mélange. Incolore, inodore, il s'était parfaitement fondu dans l'onguent parfumé. Elle sourit, referma le pot et remit les affaires tel qu'elle les avait trouvé. Avant de se rhabiller, elle choisit un autre petit sachet de poudre, elle coiffa ses cheveux en un chignon négligé et y dissimula son second poison. Elle remit de l'ordre dans sa tenue et se releva vivement.

Il ne lui restait plus qu'une chose à faire. Dans peu de temps, les hommes partis au village rentreraient avec une réserve de saké capable de contenter un géant. Elle avait l'intention d'y adjoindre un sédatif très léger de son cru. En temps normal, le médicament se contentait de détendre les muscles et d'apaiser les nerfs. Cependant, associé à de l'alcool, il provoquait torpeurs et engourdissements qui ressemblaient à une simple fatigue passagère, pourtant assez ténu pour rendre paresseux un hyperactif. Elle espérait ainsi ralentir les troupes d'Hakkai. Elle jeta un regard à la pendule du chef et se décida à sortir. Il lui restait moins d'une heure avant son rendez-vous avec Sasuke.

Elle se pencha vers Shigure pour lui servir un plein bol de riz. Il posa ses yeux sombres et soupçonneux sur elle, mais ne prononça pas un mot. Elle soupira et jeta un coup d'œil vers Sasuke qui, indifférent, mangeait au côté de Hotaru. Depuis la veille, le nukenin barbu la surveillait plus que d'ordinaire. À son plus grand agacement, il ne semblait pas oser s'approcher de trop près de Sasuke et par conséquent, se rabattait sur Hinata. Elle voulut se lever, mais il grogna à son encontre, comme un chien menaçant. Elle fit mine de l'ignorer et se dirigea vers un autre homme.

Elle renifla une fois de plus. Depuis quelques minutes déjà, elle était incommodée par une odeur inhabituelle. L'air semblait âcre, saturé et lourd, d'ailleurs il faisait une chaleur inhabituelle pour cette saison. À bien y regarder, l'atmosphère était plein d'une brume légèrement jaunâtre qui piquait les yeux...

- AU FEU !

Tous se dressèrent comme des ressorts, pendant que l'homme qui venait d'arriver par le corridor expliquait qu'un incendie s'étendait dans les chambres. Ce fut la débandade. Chacun se précipita pour aller sauver leurs maigres possessions et, pourquoi pas au passage, leur asile. Avant qu'elle ne puisse s'en rendre compte, Hinata était seule. Par chance, il était très exactement midi, mais devait-elle réellement attribué ce hasard à la chance ? Elle ne chercha cependant pas à comprendre et se précipita vers la cuisine où Sasuke l'attendait déjà. Il lui fit signe de le suivre et quittèrent furtivement la grotte enflammée des nukenins.

Ils retrouvèrent l'air pur assez rapidement et coururent sur le sentier pour remonter au sommet du cap. Enfin, aux portes de la forêt, ils bondirent chacun sur une branche et continuèrent leur course sous la cime des arbres. En sautant de branche en branche, comme ils le faisaient, ils s'arrangeaient pour laisser le moins de traces possibles de leur passage. Les ennemis ne pourraient donc pas engager de poursuite et ne sauraient sûrement jamais où ils se rendaient.

Soudain, Sasuke, qui menait le mouvement, ralentit le pas pour se trouver au niveau d'Hinata et lui lança :

- Je t'emmène à l'endroit où j'ai caché nos affaires. On se séparera là-bas.

- Bien... souffla-t-elle, puis, hésitante mais curieuse, elle demanda, c'est... c'est vous qui...

- Ais mis le feu ? Ouais, un peu avant le déjeuner, au lit d'Hakkai, j'y ai jeté son journal. Il en avait besoin pour mettre au courant le reste des hommes. Il y'avait des cartes et tout, je pense qu'il lui faudra un peu de temps pour les redessiner...

- D'autant plus de temps, qu'il risque d'être un peu malade ces prochains jours...

Il la détailla du coin de l'œil, d'abord étonné par une telle assertion, mais lorsqu'il avisa son sourire sûre et espiègle, il sut où elle voulait en venir. Comme beaucoup de ninja de sa génération, il connaissait la réputation d'herboriste d'Hinata. Sa science des végétaux lui avait valu une confiance totale et aveugle de l'Hokage. Bien malgré lui, il fut impressionné et ne put s'empêcher de la trouver formidable. Elle avait pris de bonnes initiatives et avait su réagir mieux que lui-même. Elle ne s'était pas contentée, comme nombre de ses anciens partenaires, d'obéir bêtement à un de ses ordres insensés et narcissiques que sa fierté lui dictait. Il sourit et voulut reprendre de l'avance, mais elle l'interpela. Il se tourna vers elle pour découvrir son visage crispé. Des veines palpitaient autour de ses yeux aux iris blancs qui semblaient irradier d'un éclat argenté :

- Nous... nous sommes suivis..., déclara-t-elle d'une voix grave, c'est Shigure.

- Ok... On va se débarrasser de lui. Trouve-moi une clairière dégagée...

Elle acquiesça et se concentra de nouveau sur son byakugan. Il ne lui fallut que quelques secondes pour indiquer à son partenaire le chemin d'une petite zone découverte, à peine quelques mètres plus loin. Ils bifurquèrent, rejoignirent le lieu en quelques bonds, puis attendirent leur adversaire à couvert des arbres.

Ils le virent bien avant qu'il ne les atteigne. D'une part, Hinata n'avait cessé de surveiller sa progression à l'aide de son byakugan et d'autre part, sa silhouette immense ne passait pas inaperçu. Shigure parut à leur vision plus immense qu'il ne l'était au quotidien. La montagne de muscle atterrit au centre de la clairière et observa son entourage. Pendant une fraction de seconde, Sasuke eut la folle impression de voir un chien colossal qui humait l'air à la recherche d'un gibier. Bien que légèrement arqué, Shigure avait manifestement le double de la corpulence normale d'un homme. Inquiet, le ninja de Konoha demanda à sa coéquipière d'analyser la nature de son chakra :

- Il est du type Doton et Kinton (3), affirma bien vite Hinata, il utilise une semi-métamorphose. Si j'en crois son flux de chakra, il a renforcé sa capacité physique et développé son odorat... pour l'instant nous sommes sous le vent, il ne nous a pas repéré... mais si le vent tourne...

- On lui laissera pas le temps... tu restes là, je vais m'occuper de lui...

- Uchiwa-san, vous ne pouvez pas... je suis votre coéquipière, je...

- Et je suis le chef d'équipe ! C'est qu'un tas de muscle sans cervelle, je n'aurais aucun mal...

- Il utilise le Doton, mes techniques de Suiton seront plus efficaces ! De plus sa métamorphose est proche de celles qu'utilise Kiba, je suis...

- Le Katon s'opposera très bien au Kinton, et je n'ai jamais perdu un combat ! Donc tu te tais et tu m'obéis !

Elle voulut protester, mais il ne lui en laissa pas le temps. Il se redressa et passa à l'attaque. D'une poussée, il sauta hors de sa vue et réapparut au dessus de la tête de son adversaire. Il eut l'honneur du premier coup. Son talon heurta le sommet de crâne de Shigure qui s'écroula sous l'impact violent. Hinata ne put qu'admirer la rapidité dont Sasuke avait fait preuve. Il ne démentait pas cette réputation qui faisait de lui l'un des meilleurs shinobi du village. Elle se crispa sur le tronc de l'arbre le plus proche et étudia le combat grâce à son byakugan.

Sasuke venait de frapper Shigure à la tête, mais même en amplifiant son coup grâce au chakra, il parvenait à peine à étourdir le monstre que son ennemi était devenu. Excédé, il fit appel au sharingan pour saisir et anticiper les mouvements de Shigure. Il ne comprenait pas très bien où résidait le pouvoir de l'homme car celui-ci ne faisait même pas mine de se défendre. Il avait l'œil vitreux et sa bouche était déformée par sa mâchoire canine. Sa pilosité s'était étrangement développée, le rendant plus bête qu'humain. Il avait était énorme, une véritable masse musculeuse dont les vêtements avaient été déchirés par la brusque croissance. Il lui était difficile de bien déterminer le type de jutsu qui l'avait ainsi changé, mais pour le savoir, il devait l'obliger à manifester son pouvoir.

Cette fois, Sasuke voulut l'attaquer de front, voir si Shigure réagirait en le voyant. Il fit quelques signes et souffla un goukakkyuu katon (4) que l'homme reçut de plein fouet. Quand les flammes se dissipèrent, le brun eu la surprise de découvrir l'autre indemne. La seule différence notable, fut une lueur d'intelligence qui brilla furtivement dans sa pupille dilatée, quand il grommela d'une voix proche des grognement du loup :

- Uchiwa ? Vous de Konoha... traîtres... tuer...

Sans plus attendre il fonça sur Sasuke qui bondit pour l'éviter, mais se dressant de toute sa gigantesque hauteur, il le rattrapa par l'une des chevilles et le projeta violemment au sol. L'Uchiwa se réceptionna douloureusement et roula pour se relever, puis se précipita vers les jambes de Shigure. Quand l'homme-bête l'avait touché, il avait eu un doute, il devait le confirmer. Il se retrouva à quelques centimètres de l'homme et détailla sa peau. En moins d'une seconde, il obtint ce qu'il voulait, il fit une pirouette et apparu dans le dos de son ennemi. Il donna un coup dans ses genoux qui le fit basculer vers l'avant et s'étaler de tout son long. Sasuke fit un bond en arrière pour se laisser le temps de réfléchir. Son examen rapproché venait de confirmer sa pensée. La peau du nukenin s'était mutée en une matière proche de la roche. Elle était aussi solide que de la pierre volcanique et, bien sûr, ne craignait pas le feu. Il ne pouvait compter que sur sa seule force physique. Mais s'il devait se battre à pleine puissance contre le géant de pierre, aurait-il encore la force de courir à plein régime jusqu'à Kaze no Kuni ?

Un jappement résonnant se fit entendre alors que Shigure se remettait sur ses jambes. Qu'importe le voyage jusqu'à Suna, il trouverait toujours un moyen. L'essentiel pour le moment était de rester en vie s'il voulait pouvoir accomplir sa mission jusqu'au bout. Il désactiva son sharingan dont il n'aurait pas besoin dans l'immédiat et concentra tout son chakra dans ses membres. Fort de son imperturbable assurance, il se jeta sur l'homme-chien et lui décocha un coup de poing qui aurait fait pâlir d'envie Tsunade et sa force herculéenne. Shigure vacilla, mais ne céda pas. Tenace, le brun prit son élan et revint à la charge. Il lui asséna une série de coup qui aurait pu s'apparenter en vitesse et en style au Hakke Hyaku Nijuha Sho (5) des Hyûga. Il distribua près de cent vingt coups de poing qui touchèrent trois des zones les plus sensibles de l'anatomie humaine. Une telle technique aurait dû se révéler mortelle, mais elle ne fit que blesser l'homme-loup. Celui-ci, rendu fou par la douleur, poussa un hurlement de bête. Il fondit gueule béante sur Sasuke, le mordit à l'épaule, se releva, entraînant le corps du garçon avec lui, secoua sauvagement la tête et recracha sa proie contre un arbre. La pauvre victime lâcha une exhalation rauque sous la brutalité du choc et s'écroula au sol. Pourtant, il ne lui fallut pas longtemps pour se relever. L'obstination mutine de Naruto l'avait contaminé depuis bien longtemps et ce fut en souriant qu'il défia son vis-à-vis du regard. Malgré sa blessure sanglante à l'épaule, il avait l'air de s'amuser. Depuis combien de temps n'avait-il pas été mis à mal par un ennemi ? Depuis quand n'avait-il pas ressenti cette excitation folle qui dansait dans ses entrailles ? Depuis son dernier combat contre Naruto, il n'avait plus jamais vécu ces agréables sensations... S'il en avait eu l'occasion, il aurait fait durer encore un peu son plaisir... Toutefois, il n'avait pas le temps de s'amuser, la sécurité d'un pays tout entier dépendait de cette mission. Il eut un rictus amusé. Il comprenait mieux l'assurance d'Hakkai, il ignorait combien de monstres de cette espèce comptait la bande, mais si un seul d'entre eux pouvait lui tenir tête, alors il rivaliserait aisément avec une dizaine de ces Junnin de force moyenne qui composaient généralement les troupes militaire d'État...

Il réfléchit à un moyen pour achever Shigure. L'idée d'utiliser Kusanagi l'effleura un moment, néanmoins la crainte d'abîmer sa précieuse arme retint sa main. Il ne voyait vraiment que la force physique. Peut-être qu'en continuant à l'attaquer sans répit il parviendrait à créer une brèche dans sa défense démesurée. Il pouvait encore utiliser le Chidori. Convaincu par cette idée, il concentra son chakra dans sa main. Peu à peu, l'énergie pris une forme de boule électrique lumineuse et crépitente, alors que le chant d'un millier d'oiseau s'élevait dans la clairière éclairée par le soleil de midi. Puis, il fonça de nouveau sur son ennemi, prêt à lui asséner un poing fatal. Il vit Shigure lever la main, prêt à abattre son poing large comme un ballon de basket, pivota à moitié et frappa vers l'arrière. Un cri aigu retentit. Surpris, Sasuke stoppa sa course pour aviser de la situation. Quelques mètres plus loin, Hinata percuta un arbre avec force et tomba inerte au sol.

- Inutile petit moustique... pas douleur... inutile être pathétique, grogna l'homme-loup en se détournant totalement de Sasuke.

Il se dirigea sur elle, une forte aura meurtrière entourant son corps à la silhouette bestiale. Le brun perdit son sang froid. Une rage incommensurable et une peur folle lui nouèrent les entrailles. Personne ne ferait de mal à sa poupée de cire. Personne ne blesserait plus la jolie kunoichi aux yeux blancs. Il refusait qu'elle ne souffrît plus. Il la protégerait envers et contre tous...

D'un bond, il se retrouva au dessus de la tête voûtée de Shigure. Il nota une marque violacée au centre de son dos nus et musculeux qui n'était pas de son fait. N'en tenant pas compte, il mit toute son énergie dans le chidori qui fit tomber Shigure et l'éloigna d'Hinata. Un détail frappa alors l'assaillant. Il repensa à la marque... le milieu du dos... de l'autre côté de la cage thoracique se trouvait l'estomac et tout prêt le temple du chakra...

Sans hésitation, Sasuke brandit Kusanagi, apparut juste sous le menton de Shigure et planta son épée dans sa mâchoire. La pointe de la lame réapparut au sommet du crâne.

L'ennemi resta un moment sans réaction la tête embrochée sur l'arme de son adversaire. Brusquement, le brun retira sa lame et Shigure poussa une plainte déchirante. Il posa ses doigts gros comme des saucisses sur ses joues dont l'épiderme était devenu souple comme une peau de bébé. Il s'effondra en criant et pleurant de douleur. Il se convulsait sous le regard neutre de son bourreau. Ce dernier le laissa à sa souffrance pour rejoindre sa coéquipière qui ne s'était pas relevée. Il s'accroupit près d'elle. Elle ne s'était pas évanouie et leva ses grands yeux ivoire vers lui. Il lui accorda un sourire tendre. C'était grâce à elle qu'il avait pu achever si rapidement Shigure. L'hématome lui avait mis la puce à l'oreille. Grâce au Jûken (6), elle avait modifié les affluences de chakra de leur ennemi et il avait pu porter le coup fatal. Comment avait-il pu penser un jour qu'elle était inutile. Elle avait été une coéquipière parfaite, la première à rompre son ingrate solitude depuis que la team 7 avait été dissoute. Dans un souffle, il murmura :

- Merci.

Pour toute réponse, elle lui sourit douloureusement.

- Tu vas pouvoir te relever? S'enquit-il

- Je risque d'avoir un peu de mal... avoua-t-elle avec difficulté, mon genou s'est déboîté pendant la chute.

- Fais-moi voir.

Il la força à s'asseoir et constata qu'effectivement sa jambe décrivait un angle bizarre. Il lui tendit Kusanagi, qu'il tenait toujours et lui conseilla d'en mordre fortement le manche. Puis il se saisit du membre blessé et d'un coup sec remboîta l'articulation, arrachant un hurlement étouffé à la jeune femme. Une larme coulait le long de sa joue blanche souillée de terre quand, haletante, elle retira l'arme de sa bouche. Elle tremblait mais ne se plaignit à aucun moment. Sasuke se releva et déclara :

- Je vais te faire une atèle, tu pourras rejoindre Konoha ?

- O... oui, balbutia-t-elle, je... j'ai des... des anta... des antalgiques avec moi... Uchiwa-san, laissez-moi vous soigner. Il faut arrêter le sang de votre blessure ou jamais vous n'atteindrez Suna...

- Plus tard! On doit se débarrasser du corps de ce chieur et se tirer avant que Hakkai en ait fini avec cet incendie... Tu t'occuperas de moi quand on aura rejoint l'endroit où j'ai caché nos affaires...

Elle ne protesta pas, puis tenta de se relever. Sasuke se précipita vers elle et la souleva pour la porter sur son dos. Hinata rougit devant tant d'attention. Il s'était toujours montré froid et distant, il avait une renommés de glaçon cruel, pourtant elle le trouvait bien plus humain que nombre de ses anciens coéquipiers. Elle posa son front sur la nuque du garçon. Elle avait craqué, c'était trop tard. Elle était encore une fois tombée amoureuse d'un garçon qui lui paraissait inaccessible.

Il sentit le corps de la jeune femme se détendre contre son dos. Il sentait les reliefs de ce corps féminin et son désir revint au galop. Il serra ses mains sur les cuisses qu'il soutenait et soupira. Elle le rendrait fou. Il n'avait jamais eu autant envie de protéger quelqu'un, pas même ses chers amis. Il n'avait plus été aussi bien auprès d'une personne depuis une éternité. Il était prêt à la garder comme partenaire aussi longtemps qu'elle le supporterait. Il était empli d'un sentiment étrange qui avait comblé le vide qu'avait laissé l'assassinat de son frère. Se pouvait-il qu'il se soit trouvé une raison ?

Ils se rapprochèrent de Shigure. Bien que faible, ce dernier se débattait encore contre la mort. Sasuke l'observa froidement. Hinata eut un haut le cœur. Elle posa une main sur sa bouche et murmura :

- Tuez-le je vous en prie! Nous ne pouvons le laisser ainsi, c'est horrible !

Il ne réagit pas immédiatement, son visage de marbre reflétant une intransigeance sanguinaire. Pourtant, au bout d'un certain temps, il brandit son épée et décapita l'homme. Puis, il souffla une gerbe de flamme bleutée qui s'accrocha au cadavre et le consuma avec une rapidité déconcertante. Il tourna les talons. Il savait que ce feu ne brûlerait que ce qu'il était destiné à détruire et disparaîtrait sans laisser la moindre trace. Il s'assura donc qu'Hinata était bien accrochée et repartit pour mettre un terme à cette mission qui se révélait être le point de départ d'une toute nouvelle relation.

FIN

Notes :

1- babaa-sama : obaasan veut dire grand-mère, babaa est une forme un vulgaire et méchante de dire ce mot. Il pourrait se traduire par la vieille.

-sama, est une particule de politesse. Comme -san, elle veut dire monsieur ou madame, mais elle est bien plus polie que cette dernière. -sama, se dirait pour une personne à qui ont doit un respect énorme (par exemple, souvent dans l'anime Naruto les plus polis disent Hokage-sama) mais ici, c'est entre la moquerie et le respect que Sasuke se situe. Bien sûr il respecte la personne qui lui a donné une nouvelle chance, mais il se moque d'elle. C'est ce qu'on appelle l'amour vache XD

2- Tsuchi no Kuni : le pays de la terre. L'un des cinq grand pays ninja. Son kage est le Tsuchikage et son village caché est Iwa.

3- Doton, Kinton, Suiton, Katon : respectivement la terre, le métal, l'eau et le feu. Il s'agit des affinités du chakra avec les élèments.

4- Goukakyuu katon : l'une des techniques relatives au feu, l'une des bases des techniques du clan Unchiwa. Pour le goukakyuu, l'utilisateur concentre son chakra sans ses poumons et crache une énorme quantité de flames.

5- Hakke Hyaku Nijuha Sho : littéralement : technique de la déferlante des poings, les 128 coups divins. C'est l'une des techniques les plus complexes du clan Hyûga. L'attaquant touche 128 tenketsu(7) de l'adversaire. Il faut donc être rapide et maîtriser son byakugan et les technique de Jûken.

6- Jûken : littéralement : le poing souple. C'est une technique de taijutsu propre au clan Hyûga, elle s'oppose au gôken (le poing fort, pratiqué par Lee par exemple, mais aussi la majorité des ninjas) C'est un style de combat fluide et souple qui accompagne les mouvements de l'adversaire et, associé au byakugan, permet d'obstrué les tenketsu de l'adversaire et de réduire peu à peu sa capacité à utiliser le chakra. (obstruction des tenketsu, destruction des méridiens, ...) Il provoque aussi des dégâts invisibles en détruisant les organes internes.

7-Tenketsu : Ce sont des orifices invisibles à l'œil nu que seul les utilisateurs du byakugan peuvent voir. Même une pupille aussi proche que le sharingan ne peut les percevoir. Ce sont des orifices à chakra qui jalonnent les méridiens, il en existe 361.

Quelques mots de l'auteure :

Merci à tous ceux et celles qui ont suivi cette fiction.

Je suis désolée d'avoir traînée pour pour poster ce cinquième et dernier chapitre, mais un cruel dilemme s'offrait à moi : La fin, telle qu'elle vous ait présenté, me convenait parfaitement. Mais l'on m'a suggérer d'allonger la fic et de faire une fin plus explicite. J'ai longtemps réfléchi à la question et me suis même lancée dans l'écriture d'un sixième chapitre. Néanmoins il était loin de me satisfaire et me décevait dans tous les points, car pour moi mon rôle dans cette histoire était fini. J'aime laissé le lecteur à ses rêveries et l'avenir d'Hinata et Sasuke ne dépend que de vous. Chacun doit pouvoir être libre d'imaginer et à mon humble avis, tout ce que j'avais à dire a été dit.

Voilà, j'espère que cette fin vous convient et ne vous décevra pas.

Aux lecteurs d'un baiser sur mes lèvres qui passeraient par là :

Je suis désolée de tout ce temps sans le moindre petit chapitre à se mettre sous la dent. Je me suis laissé déborder par mes problèmes personnels et j'ai eu un gros passage à vide en ce qui concerne l'écriture. Je sais que ce n'est pas marrant pour les lecteurs, mais ça l'ai encore moins pour l'écrivain qui reste des heures face à une page blanche et que tous les mots qui pourraient apparaître sous sa plume (ou devrait dire sous son clavier) lui parraissent d'une nullité affligeante ou vide de sens.

Mais j'ai recommencé à écrire et avec un peu de chance je pourrai mener à bout un nouveau chapitre d'un baiser sur mes lèvres...

Un dernier mot pour ceux qui m'avait dit être intéressé par un groupe de discussion sur le couples Origeinaux dans Naruto. Voici l'adresse de mon forum. Il vous suffit de vous inscrire et d'intégrer le groupe N.O.P. (Naruto Original Pairings) pour accéder au salon de discussion de ce sujet.

walkonmyline.kanak.fr/

Je vous dis donc à bientôt

En espérant que vous serez toujours là pour me lire.

°oO°OoTsubaki no TsukioO°Oo°