Yop !! Voilà le chapitre 7 ! Cette fois, il est réservé à notre Vyvy préféré, comme ça pas de jaloux ! :) Donc euh... comme d'habitude, je vous remercie pour vos review, c'est génial. :) :)
En espérant que ça vous plaise, bonne lecture, et à la prochaine !!
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Chapitre VII
Sale caractère
Noël avait été d'un ennui mortel, du côté d'Envy. N'ayant plus de famille – ses parents étant morts d'un accident de voiture deux ans plus tôt; c'était Lust qui l'hébergeait pendant les vacances scolaires – il devait se coltiner celle de sa meilleure amie, qui, il fallait l'admettre, n'était pas de tout repos. Il en connaissait une bonne partie, mais n'étant pas bien imposante elle non plus, les fêtes s'étaient résumées à lui (toujours citer en premier celui qu'on estime le plus), Lust, Wrath – le petit frère tête à claque de la brune – Mr. Bradley – leur père – et une vieille grand-mère mégère dont Envy n'arrivait jamais à se souvenir du prénom, le surnom «Vieux Croûton» bien trop ancré dans son vocabulaire pour réussir à s'adapter à un autre.
Passé la remise de cadeau à laquelle Envy n'avait pas participé (non, Envy n'offrait pas, il recevait), il s'était enfermé dans sa chambre avec la ferme intention d'y rester jusqu'à la reprise des cours, pour ne pas avoir à supporter la famille de Lust, bien trop encombrante et agaçante pour qu'il puisse qualifier ses vacances de «reposantes». Or, pour lui, des vacances devaient être reposantes.
Il était donc, en ce jour du trente et un décembre, paisiblement allongé sur son lit, paupières clause, savourant cette solitude tant désiré, qu'on ouvrit la porte à la volée, si brutalement qu'elle cogna contre le mur et envoya valser quelques bibelots allant jusqu'à s'éclater contre le sol.
- Wrath, on ne t'a jamais apprit à frapper? lâcha Envy sans même ouvrir les yeux, reconnaissant entre mille les entrées singulières de ce crétin de gamin.
- Envy! Pourquoi es-tu encore ici, tout seul?!
- Parce que vous me taper sur le système.
- C'est faux, tu nous adores! clama bruyamment Wrath en accourant vers lui.
- C'est ça. Je vous adore autant que les pustules qui commencent à apparaître sur ton nez.
Le gamin se stoppa, visiblement vexé.
- Tu es méchant! s'exclama-t-il, tremblant de rage et de frustration, se massant le bout de son appendice machinalement.
- Merci du compliment. Mais tu peux t'en aller, maintenant.
Il hésita, mais aussi têtu que ça sœur, il préféra refermer brutalement la porte de la chambre et sauter entre les jambes d'Envy, le faisant brusquement se redresser, de peur de se recevoir malencontreusement un coup de pied mal placé – on est jamais trop prudent; et puis il en avait encore besoin, de son engin.
- Qu'est-ce que tu fous encore là?! Je t'ai dit de dégager!
- Pas envie.
- Ne m'oblige pas à employer la force, Wrath, menaça le grand brun, excédé.
- Tu ne le feras pas, tu as trop peur que Lust te crie dessus.
Et un point pour le gosse. En effet, Envy n'appréciait pas tellement les hurlements de Lust, surtout quand ils lui étaient destinés. Elle pouvait être effrayante, quand elle voulait. Devant son silence, Wrath ricana:
- Alors, maintenant que tu es d'accord pour parler avec moi, tu vas me dire pourquoi tu portes cette bague?
La mâchoire d'Envy se crispa, et machinalement il porta la main à l'anneau d'argent qui entourait son annulaire droit. Ne souhaitant pas particulièrement penser à Edward en cet instant, surtout devant cet abruti de gamin, il râla froidement:
- Ca ne te regarde pas.
- Tu n'as pas le choix! Tu dois m'en parler!
Souriant sadiquement et bien enclin à clouer le bec de ce préado présomptueux, il l'empoigna brutalement par le col et siffla d'une voix réfrigérante:
- Je ne peux pas te frapper, certes, mais rien ne m'oblige à te taper la discute, et Lust n'aura rien à redire là-dessus. Alors maintenant qu'on est d'accord, tu dégages.
Wrath le repoussa rapidement, en proie à une légère angoisse (Envy lui avait toujours fait peur dans ces moments là) et croisa les bras sur son torse, s'appuyant contre le rebord du lit, ses cheveux d'onyx retombant nonchalamment sur son buste et agaçant plus encore son aîné, qui ne supportait pas de les voir aussi emmêlés.
- Très bien, je ne dirais rien. Mais je reste là, fini par lâcher Wrath, buté.
- Ce n'est pas ce que je t'ai demandé! Dégage de là!
Il ne bougea pas, se bornant à fixer un Envy furieux d'un air narquois. Ce dernier, désormais énervé pour la journée, hésita entre se lever pour gueuler dans toute la maison que Wrath n'était qu'un pauvre gamin mal élevé incapable relever la lunette des chiottes lorsqu'il pissait (c'était véridique, et Envy n'avait aucun scrupule à être mesquin) ou bien resté dans sa chambre, en silence, se roulant dans les couvertures, et pariant sur le fait qu'au bout d'un moment le gosse finirait par déguerpir. Constatant son air médiateur, le gosse en question fut quelque peu paniqué – il savait de quoi était capable Envy pour arrivé jusqu'à ses fins – mais fut profondément rassuré en l'observant se lover dans son lit en grognant des injures lui étant destinées, apparemment trop peu motivé ce jour-ci pour l'humilier comme il savait si bien le faire.
Un moment passa ainsi, Envy ayant délibérément ignoré Wrath et tout ce qui l'entourait, se vidant l'esprit au possible pour tenter de piquer un petit somme, et le gamin observant toujours le jeune homme, s'interrogeant à nouveau sur cette bague mystérieuse. Il l'avait vu, emballer le cadeau, un sourire étrange aux lèvres. Pourquoi étrange? Oh, certes, il était toujours aussi démuni d'une réelle joie et ponctué d'un sadisme terrifiant, mais cette fois, quelque chose avait changé. Son regard, peut-être. Plus tendre, plus sincère, et plus impatient aussi. C'était également la toute première fois qu'Envy prenait la peine d'offrir quelque chose à noël, et de l'emballer avec soin, de surplus. Passant outre le fait qu'il avait ensuite râlé toute l'après-midi sur ces facteurs qui ne pigeaient jamais rien aux adresses, pourtant précises, qu'on leur fournissait, il fallait avouer qu'Envy avait changé. Il ne le montrait pas, ou du moins tentait de le dissimuler, mais pour Wrath qui le voyait si peu souvent,le changement était flagrant. Après tout, même Lust, au téléphone, semblait soucieuse à son sujet – cela aurait eu un rapport avec un certain Elric, un petit blond écervelé qu'Envy ne pouvait pas supporter. Etrange. D'habitude, Envy ignorait toujours tout le monde, et ce n'était sûrement pas les gens qu'il n'aimait pas qui allaient le troubler.
- Tu pourrais pas arrêter de me fixer comme ça? Je sais que tu m'envies mais quand même, tu fais chier, là.
Wrath piqua un phare, surprit de constater que son aîné n'était absolument pas endormi et qu'il semblait avoir remarqué le regard instant qu'il lui portait depuis un moment. Fière de lui et de son imprévisibilité légendaire, Envy enchaîna, sans même daigner bouger d'un pouce, ni même ouvrir les yeux:
- Qu'est ce que tu matais, comme ça?
Wrath, du haut de ses douze ans et de son petit corps maltraité par l'adolescence, fut profondément vexé des insinuations d'Envy, qui l'accusait délibérément d'avoir des vues peu catholiques à son sujet.
- Absolument rien, espèce d'obsédé! Je me demandais seulement ce que c'est que cette bague.
- Tu peux pas me lâcher avec ça! râla le beau brun, à nouveau tiqué par ces sombres pensées, et par la main qui s'agrippait à son annulaire.
- Non, pas tant que tu ne m'auras pas expliqué. C'est tout de même la première fois que tu fais un cadeau à quelqu'un, et en plus tu portes la même bague que celle que tu lui as offert. Tu es amoureux?
Ce fut comme une boulle de plomb qui s'écrasa dans l'estomac d'Envy lorsqu'il assimila le sens de ces mots. Soudainement prit de panique, il se retourna brusquement sur le dos, empoigna d'un geste compulsif l'un des deux oreillers qui ornait son lit et le balança avec force sur le visage de l'insolent, qui poussa un cri de terreur sous cette violence inattendue.
- Tu ne sais vraiment que dire conneries sur conneries toi! Dégages de là avant que je t'éclate la tronche!
- Tu peux pas tu…
- FERME LA ET DÉGAGE, J'AI DIS ! JE T'AI ASSEZ SUPPORTE, SALE EMMERDEUR !!
Wrath eu un violent sursaut, terrifié par le soudain élan de rage du jeune homme, et c'est en trébuchant et au bord des larmes qu'il se rua sur la porte pour disparaître en un éclair, la respiration et le cœur palpitant par cette terreur soudaine.
Envy s'était levé, souffle haletant par ses hurlements, qu'il se rua sur la porte à peine clause, balançant violement son pied en avant, ce qui eu le don de faire trembler tous les murs dans un bruit assourdissant, puis, peu rassasié, recommença ainsi longtemps. Plus vite. Plus fort.
Il était furieux. Furieux et frustré, même. «Amoureux», lui? N'importe quoi! Et puis de qui? De ce nain? Quelle connerie! Il ne s'en servait que pour son plaisir, rien de plus. Non, rien de plus. Il ne ressentait rien pour ce type, c'était purement physique. Le cœur d'Envy se serra, ses poings avec lui, et il poussa un long hurlement de rage, continuant à s'acharner contre la porte, l'envie de tabasser, la rage et la haine lui martelant les tempes, brûlant en lui comme le feu dansant dans la cheminée. Il fini par s'éloigner, souffle haletant, vue trouble, mâchoire serrée, main gauche entourant compulsivement son annulaire droit.
Pourquoi lui avoir offert cette bague, au fait? Il était simplement passé devant cette boutique, et il l'avait vu, cet anneau d'argent; simple, froid, magnifique, mystérieux. Et que lui avait-il prit, à ce moment là? Qu'avait-il ressentit? Pourquoi ce besoin soudain d'en acheter deux, faisant graver cette unique lettre en son centre? Il n'en savait rien. Cette force, cette attirance, c'étaient elles qui l'avaient poussé. Lui, n'avait pas réfléchit. Pas une seconde. La seule chose qu'il avait en tête, c'était lui. Son visage, son corps, son sourire, sa voix, et sa main, portant un anneau identique au sien. Ce n'était que cette pensée qui le hantait, à cet instant, et jusqu'à ce qu'il lui envoie. Le regrettait-il, maintenant? Devait-il, comme Edward lui avait implicitement suggéré, l'oublier? Devait-il se passer de ce désir qui lui martelait les sens depuis que son absence lui pesait?
Il prit son visage entre ses mains, glissa le long du mur, toujours ce grondement sourd et rauque roulant dans le fond de sa gorge, souffle accéléré par une souffrance et une frustration beaucoup trop présente à son goût. Il prit une grande respiration, fermant les yeux pour qu'elle soit plus profonde encore, puis releva brusquement la tête, sa respiration soudainement calmée, regard décidé et menaçant. Non, il ne regrettait rien. Comme il l'affirmait, il avait toujours eu ce qu'il voulait, et il l'aurait. Pour le moment, et pour une raison inconnue, Edward Elric était l'objet de ses désirs, il les satisferait donc, jusqu'à ce qu'il se lasse. Point, à la ligne.
- Envy! s'écria soudainement une voix féminine à sa gauche, qui le fit légèrement sursauter, et par conséquent le projeta sur terre d'une brusquerie déroutante.
Il s'arracha à ses pensées et constata son amie Lust, debout dans l'encadrement de la porte, poings sérés sur ses hanches, visiblement furieuse. Il se releva (c'était mieux pour lui que le pied de Lust ne soit pas à la hauteur de son visage) et lui fit face, mimant une indifférence éhontée.
- Quoi? s'enquit-il, plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu.
- Je peux savoir ce que tu as fais à Wrath, encore?! Il est effondré dans le salon, il n'arrête pas de pleurer!
- Qu'il continu, il pissera moins, suggéra Envy d'un ton limpide.
Elle vira à l'écarlate, et le jeune rebelle réprima un frisson d'appréhension.
- Envy, je sais que tu as encore du mal à te faire à cette nouvelle vie, avec nous, mais il faut que tu admettes que tes parents ne reviendront pas et que désormais, la famille à qui tu dois le respect, c'est nous!
Les dents du concerné grincèrent dangereusement: il détestait qu'on aborde le sujet de ses vieux, surtout si c'était pour un problème plus personnel que jamais.
- Ca n'a aucun rapport, idiote! Et puis quoi? Tu veux que je m'agenouille devant ce guignol?! C'est à lui de devoir le respect devant ses aînés!
- Wrath t'admire, il rêve de te ressembler, et toi tu n'as de cesse de le rembarer! clama-t-elle, sidérée et furieuse.
- Je ne veux pas qu'on me ressemble, c'est clair?!
- Il te considère comme son grand frère, c'est normal que…
- Je n'ai pas de petit frère, Lust, je n'en aurais jamais, et quoi qu'il fasse, jamais Wrath ou bien même toi ne serez de ma famille! C'est ainsi et pas autrement, et si tu n'es pas capable de t'accommoder avec ça, dans ce cas je ne vois aucune raison de rester!
Les mots d'Envy dépassaient sa pensée, la colère le guidait, et sa conscience encore calme se désolait de son imbécillité. Tout était faux, il adorait Lust et Wrath, jamais il n'aurait voulu leur faire du mal…
Trop tard, cependant.
Lust serra les dents, les yeux brillants de larmes, tandis que la rage d'Envy semblait palpable. Un instant s'écoula ainsi, tandis que les deux amis se dévisageaient en chien de fusil, puis la brune sulfureuse rompit le silence dans un soupire, gorge nouée mais accentuée d'un ressentiment et d'une colère profonde:
- Très bien. Alors fait comme tu veux, je ne te force à rien. Quelqu'un qui est agacé rien qu'en notre présence n'a pas obligation de passer les fêtes avec nous.
Envy se raidit, blessé (même s'il l'avait cherché) et c'est dans un accès de fierté superflue qu'il se détourna de son amie, prit quelques affaires éparpillées sur le sol, les fourra dans un sac, et lança d'un ton aussi froid que la glace et aussi cassant que les verres de cristal qui ornait la cuisine du Vieux Croûton:
- Parfait. Alors je te dis à la rentrée. Passe de bonnes fins de vacances.
Il la contourna et s'enfuit de la maison, ignorant ses appels implorants, encore trop furieux et fier pour daigner se retourner. Il s'éloigna d'un pas rapide, ne souhaitant pas qu'on le rattrape, et arriva bien vite en pleine cambrousse, complètement seul, ne sachant où dormir. Après tout, qui aurait l'idée d'installer un hôtel ici? Et puis il était facilement retrouvable, s'il restait dans cette ville.
Il fit brièvement le compte de sa fortune (encore assez imposante, heureusement), et s'interrogea un instant: que souhait-il faire, là, maintenant? Un sourire sournois et des yeux brillants d'excitation ornèrent son visage, et en un rien de temps il eu rejoint le quai de gare, et d'une voix rauque, ferme et antipathique, il exigea à la pauvre caissière intimidée:
- Un billet pour le prochain train vers Central.
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Voilà ! J'espère que ça vous a plu, n'hésitez pas à me dire ce qu'il ne va pas (ou ce qui va, évidement XD). Gros bisous !!
